Publié le 7 Décembre 2016

Photo: Flora Vrc

Photo: Flora Vrc

Lolo et Lola ne se connaissent pas, pourtant ils se ressemblent. Même style, même allure, un subtil mélange de genre. Question fringues, la qualité, la réputation de la marque, le prestige c'est Levi's et le must c'est le 501. Et quand Lola achète le sien cela lui coûte 129,00€. Quand Lolo achète le même, cela lui coûte 119,00€... Hum hum hum... 

Lola a les cheveux courts, depuis longtemps. Et même en ce moment plutôt très courts, comme Lolo. Alors tous les mois elle va chez sa coiffeuse, dans un salon un peu chic. Elle y a ses habitudes et puis elle a dû batailler au début pour avoir la nuque bien rasée. Shampooing à la camomille, coupe aux ciseaux, à la tondeuse, au rasoir, coiffage. A chaque fois cela prend une bonne heure et au moins elle en a pour ses 35,00€. 

Lolo, lui va chez son barbier, un salon "old school". Shampooing, coupe à la tondeuse et aux ciseaux, coiffage... Il en a pour une bonne demi-heure et paie bien 20,00€ chaque mois... Hum hum hum...

Alors du coup je me demandais... Est-ce que par hasard, au niveau de la soupe au potiron ou du spaghetti bolognese, il y aurait aussi une différence, selon que c'est Lolo ou Lola qui se l'enfile?

Photo: Flora Vrc

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 30 Novembre 2016

Quartier Libre: Suzanne

Suzanne est modèle et photographe à la fois. Une âme sensible comme un film argentique. Quand je lui ai proposé cette page pour un Quartier Libre, je ne m'attendais pas à un tel choc. Un récit puissant...

Il y a quelque chose de franc et de brut dans l'acte de se raser la tête. Ca faisait trop longtemps que les choses étaient en suspens, que j'attendais patiemment qu'un truc se passe, un bon coup de pieds au cul, un réveil brutal, une grosse averse. Quelque chose quoi. J'ai finalement décidé de me raser la tête, de tout enlever, tout nettoyer. J'ai mis du temps avant de comprendre vraiment d'où m'était venu ce désir si ardent de tout décaper sur ma tête. J'avais 15 ans quand c'est arrivé. Je me suis faite violer. Je sais maintenant que le rasage de tête a été une étape dans la guérison de cette blessure. Et même si je sais qu'on guérit jamais vraiment de ce genre de choses, avoir la tête rasée me protége de ce que j'ai pu être avant. Me protège de ce que je ne veux plus renvoyer aux autres, me montre aussi tout le chemin que j'ai pu parcourir depuis deux ans et demi.

Quartier Libre: Suzanne

Aujourd'hui je n'ai que 18 ans, et certains matins quand je me réveille j'ai la sensation d'en avoir 40. C'est clair que c'est pas facile d'avoir les cheveux courts, très courts. Je les ai eu super longs jusqu'à mes 17 ans, c'est un bon moyen de se cacher d'avoir les cheveux longs, de se montrer sans se montrer de rester dans le contrôle de sa propre image (c'est comme ça que je l'ai vécu), je suis quelqu'un de très timide, je rougis beaucoup et quand j'avais mes cheveux qui tombaient sur ma face j'avais l'impression que personne ne pourrait jamais voir mes joues bouillantes.

Maintenant c'est plus la même, faut en imposer et rester droite. J'adore. J'ai le sentiment de faire un énorme doigt d'honneur au monde. Je me venge de tout et de tout le monde. Peut-être que c'est juste le résultat de la colère et que ça me passera, mais pour l'instant j'ai besoin de ça. Je suis persuadée que derrière une femme aux cheveux courts se cache une hsitoire bien particulière. D'autant plus quand elle se rase carrément la tête. C'est un peu l'image du dessin animé Mulan, la scène où elle se coupe les cheveux pour partir au combat. Moi je le vois comme ça.

Quartier Libre: SuzanneQuartier Libre: Suzanne

Les gens sont curieux, les gens posent des questions « pourquoi t'as fait ça ?, ça te fait quoi ? T'es lesbienne ? », au début ça me faisait bien marrer toutes ces mêmes interrogations qui se répétent en boucle. Et puis plus le temps passe et plus ça me rend profondément triste de voir que même là, dans un acte complétement personnel, intemporel, délié de toute formalité, les gens cherchent encore des excuses, une justifation capable de combler quelque chose en eux. Il y a ceux qui posent les questions, et il y a ceux qui regardent, qui scrutent sans gène, qui me dévisagent et c'est une chose que j'ai du mal à supporter.

J'ai pas d'histoire de coiffeur à raconter par contre. Moi je m'en fiche pas mal tant qu'on me rase la tête...Je peux dire quand même que la première fois c'était le 6 août 2015 , perdu dans le fin fond du Cap Corse, c'est mon amoureux qui me l'a fait, ça l'a fait beaucoup rire. Et je sais qu'au début j'avais quand même très peur de ressembler à un garçon. (enfin peur c'est un grand mot) J'étais inquiète qu'il ne me désire plus. Parce qu'on nous apprend qu'une femme c'est avec des cheveux longs, que c'est comme ci, comme ça. Ca m'est vite passé, j'ai jamais été autant femme que depuis que j'ai plus de cheveux. Alors même si cet acte porte une lourde histoire derrière lui, je sais que tant que j'aurais la possibilité de le faire (c'est à dire tant que les tondeuses existeront), j'aurai toujours moyen de me sauver dans les coups dur. De me permettre de renaître. De dire fuck au reste, et de me pardonner.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 29 Novembre 2016

Suzanne Rivère

Suzanne Rivère

Alors voilà! C'est l'histoire d'une petite fille atteinte de leucémie. Elle va bien, son traitement est en train de la sauver, sans doute. Mais c'est dur pour elle qui a 11 ans, de voir sa tête dans le miroir. Ses cheveux commencent à peine a repousser et partout où elle porte son regard, nulle part elle ne voit d'exemple, d'image à laquelle s'accrocher pour se persuader que la maladie ne lui a pas enlevé aussi son état de fille... Jusqu'au jour où elle croise une jolie jeune femme, élégante, fraiche, souriante, sophistiquée et visiblement bien dans sa peau. Elle est blonde et ses cheveux sont tondus. Enfin, coupés très courts, tondus c'est un mot trop brutal pour elle. Et voilà que tout change dans le regard de la petite fille. Elle découvre une belle femme, belle malgré les cheveux ras, comme les siens, tellement belle qu'on la remercierait presque d'avoir les cheveux si courts, persuadé qu'elle le serait peut être moins sans cela. 

La petite fille s'approche, sourit. La jeune femme lui rend son sourire. Elle a un transport à prendre mais elle sent que ce moment là est important. Elle s'assoit, dit bonjour et la petite fille lui demande si elle aussi elle a été malade. Alors la jolie jeune femme dit que non, qu'elle aime bien avoir les cheveux très courts, qu'elle trouve que cela lui va bien et que l'essentiel pour elle est d'être comme elle se plait. Puis elle regarde la petite fille et elle la sent triste de ne pas avoir de beaux cheveux longs comme les autres fillettes. Alors elle lui dit qu'elle la trouve jolie et que puisqu'elle ne peut pas faire autrement, il faut qu'elle s'aime quand même parce qu'elle est unique ainsi et que tout les gens qui l'aiment l'aiment telle qu'elle est...

La petite fille fait une jolie moue, elle lâche: " Moi aussi j'aime bien, mais c'est juste que j'avais jamais vu personne comme toi et que je me disais que je ne pourrais pas rester ainsi une fois guérie"

Depuis cette rencontre, la petite fille a décidé qu'elle garderait les cheveux très courts, juste pour dire que ce n'est pas la maladie qui l'y a contrainte, mais parce qu'elle aime bien ça, comme la jolie jeune femme blonde.

Photo: Juste RM

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 27 Novembre 2016

Attention fragile

Je laisserai le lit comme elle l'a laissé
Défait et rompu, les draps emmêlés
Afin que l'empreinte de son corps
Reste gravée dans le décor
Je resterai là, immobile
Les bras croisés, presque tranquille

Je laisserai la chambre comme elle l'a laissée
L'odeur de Camel, Gauloises mêlée
Afin que la lumière retienne
Son ombre nue dans les persiennes
Au bout du quai tombe le jour
Je reste là sentant l'Amour

Dans ce port de fêlés juste à l'envers du monde
Où d'énormes soleils me renvoyaient mes ondes
Où les normes basculent au fond des volcans sourds
Où je traînais mes bottes gaspillant ton Amour
Attention fragile
Attention fragile

Je laisserai ma peau comme elle l'a laissée
Sueur et cannelle, orange poivrée
Afin que ma mémoire revienne
Me dessiner cette Eurasienne
Cette criola de secours
Quand je titube au petit jour

Je prendrai ma vie comme elle l'a laissée
Avec un sourire en coin, un secret
Afin d'accepter la tendresse
Que j'avais refusée sans cesse
Avec l'impression d'être fort
Le sommeil, c'est presque la mort

Dans ce port de fêlés juste à l'envers du monde
Où d'énormes soleils me renvoyaient mes ondes
Où les normes basculent au fond des volcans sourds
Où je traînais mes bottes gaspillant ton Amour
Attention fragile
Attention fragile

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 25 Novembre 2016

Edie Campbell

Edie Campbell

Oui enfin... les bigoudis c'est pour la rime. Mais ce qui me plait c'est de voir la régularité métronomique avec laquelle certaines de mes connaissances choisissent le vendredi pour rendre visite à leur coiffeur. Que le rythme soit mensuel, bimensuel, bihebdomadaire ou carrément hebdomadaire, c'est souvent le vendredi que cela se passe...

Bon, coïncidence ou nécessité du calendrier, les emplois du temps ne sont pas toujours propices à d'autres choix. Et puis peu importe, c'était juste pour faire un titre rigolo.

Pourtant, si j'y réfléchi un instant, je trouve amusant de voir à quel point cet impératif qui était, il n'y a pas si longtemps, totalement masculin, est devenu une routine pour elles aussi. Amusant de rappeler aux plus jeunes qu'à une époque, les garçons se faisaient montrer du doigt dès que leurs cheveux touchaient à peine les oreilles, que l'instituteur ou la maitresse d'école ne manquaient pas de rappeler les "rebelles" à l'ordre, qu'on moquait ceux qui avaient manqué leur rendez vous mensuel en affirmant que leur coiffeur était en prison... Mouhahaha! la bonne blague!

Une sorte de verrou social a sauté. Aujourd'hui, plus personne n'est "obligé" d'aller chez le coiffeur et la contrainte est devenue plaisir. Ce sont les femmes aux cheveux courts au dégradé précis et minutieux qui s'imposent elles mêmes la régularité du passage chez le coiffeur pour être toujours "clean" et stylées  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 23 Novembre 2016

Le champs des soupirs

C'est sur ce creux de chair tendre que souvent, que toujours, le regard de l'être aimé s'attarde et se contente. D'une caresse, quelques doigts enfouis dans les cheveux courts, naissent des flots de frissons délicieux et agaçants. Et le cou se tortille, se cambre, se cabre.

Un baiser dans un souffle provoque des soupirs et l'air s'emplit de plaintes et de gémissements qui ne sont pas de douleur. L'âme soeur connait les sortilèges, elle excite de ses doigts, de sa langue, de ses lèvres, la peau de satin au bord des cheveux, que par désir on fait raser, mêlant ainsi à la douceur charnelle le piquant du chaume dru...

Alors ses épaules nues, son cou presque fragile et sa nuque offerte son un champs de plaisir où poussent les soupir, ceux du désir et de l'impatience.

Photo: Chloé P.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 19 Novembre 2016

C'est bien beau de parler des cheveux courts, de faire à longueur de pages l'apologie des femmes qui les ont et de vanter le caractère de ces dernières, mais à partir de quand peut-on considérer que les cheveux sont courts?

Ce n'est pas la peine d'esquisser un sourire en soupçonnant une quelconque ironie dans mon propos. Non! c'est un sujet des plus sérieux. Pensez donc, si même moi je ne suis pas capable de savoir précisément de quoi je parle, où va-t-on?

Alors voilà, c'est mon amie Anne qui vient me taquiner en me montrant un sujet sur la chanteuse Laura Pergolizzi que tout le monde connait sous ses initiales LP, en disant: "Pas besoin d'avoir les cheveux courts pour en avoir le caractère... "

Bon, LP question androgynie rien à dire, plus, on peut difficilement. Son morceau Lost on you j'adore, vraiment je suis fan et franchement, rien que pour ça elle est déjà à mes yeux une femme aux cheveux courts. Mais selon les critères de mon amie Anne, elle serait donc une femme aux cheveux courts... aux cheveux longs, ce que j'aurais volontiers admis si la jeune femme avait eu... les cheveux longs. Vous suivez ou bien?

D'accord, question coupe, LP ce serait plutôt le style caniche en rupture de ban qui n'aurait pas connu les joies du toilettage depuis bien longtemps. La tignasse bouclée, la frange sur les yeux, c'est pas le genre le plus représenté sur ce blog. 

C'est court comment?

Alors disons qu'à mon avis, on peut dire que les cheveux sont "courts", lorsque le cou et/ou les oreilles sont visibles. Evidemment, les cheveux bouclés compliquent toujours les choses et peut être que ces critères ne sont applicables qu'à une nature de cheveux "standard"... Mouais, bon... En réalité, depuis toujours, je l'ai dit ici, les femmes aux cheveux courts sont celles qui se reconnaissent dans ce blog, à travers les photos, ou à travers l'écriture. Tout est question d'humeur. En conséquence, Anne, je crois que l'on peut dire que LP est une femme aux cheveux courts....longs. CQFD

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 17 Novembre 2016

Camelia Raji

Camelia Raji

J'aimerai bien savoir par quelle magie, une jeune femme deviendrait subitement garçon à l'instant même où, sortant de chez le coiffeur avec les cheveux courts, elle rencontre le regard "des autres"... Quel est ce sortilège qui transforme son image féminine dès qu'apparaissent ses oreilles et sa nuque désormais dévoilées par une coupe de cheveux?

Est-ce que les victimes de cet ensorcellement ne seraient pas simplement des esprits faibles qui, sentant vaciller leur raison ne sont capable de rien d'autre en guise de sauvegarde? Ces pauvres gens, mâles et femelles, à qui l'ont a toujours et depuis toujours, appris que la féminité s'habillait en robe et entretenait une belle et looooooongue chevelure pour séduire....

... Séduire qui d'abord? Est-ce que sérieusement on peut persister à croire aujourd'hui que l'essentiel dans la vie d'un humain serait d'être physiquement au goût de l'autre? Je ne crois pas non. Enfin j'espère...

La séduction, puisqu'il faut la considérer, est certainement davantage dans l'aura provoquée par l'épanouissement personnel, le rayonnement du bien être de celles et de ceux qui sont bien dans leur peau, authentiques avec eux mêmes, en harmonie avec leur caractère, que dans des appâts artificiels, des subterfuges et des ruses.

Mais c'est pourtant difficile de révolutionner les esprits, de les ouvrir à d'autres idées que celles qui depuis l'Antiquité, en passant par le Moyen Âge et encore au XXeme siècle laissaient à croire qu'en coupant les cheveux des femmes ont leur ôtait tout pouvoir de séduction.

C'est peut être en cela que les femmes aux cheveux courts, s'imposant elles mêmes ce "châtiment", sont des révolutionnaires,  

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 15 Novembre 2016

Beli Klein

Beli Klein

Sans doute que, comme à d'autres, on leur a dit que cela n'était pas dans l'ordre des choses, que cela ne se faisait pas, ce n'était pas bien, pas correct, pas prévu... C'est justement là leur différence, leur superbe singularité.

En réalité ce n'est pas si compliqué. La plupart se sont contentées de suivre leur instinct, de ne pas se mentir. L'amour et la bienveillance autour d'elle à pu les aider à ne pas se tromper. Pour d'autre il a fallu batailler, lutter contre les conventions, les idées, les préjugés, des gens obscures, dogmatiques et sûr d'eux. C'est vrai aussi, toutes ont a y faire face.

Finalement c'est sûrement cela qui les rend formidables à mes yeux, cette apparente aisance à nager contre le courant, cette certitude d'être sur le bon chemin, cet entêtement à ne pas croire ce que personne ne cherche contredire...

Leur force est de ne rien voler aux autres pour n'être qu'elles mêmes, de se placer au dessus et loin des mesquins qui se rabougrissent dans leurs pensées étriquées, de penser en humain plutôt qu'en femme, sans rien perdre des mystères et des privilèges de la féminité.

Ces femmes là n'attendent rien de moi ni des autres hommes, sinon qu'on les aiment telles qu'elles sont. Elles n'ont pas besoin "d'appâts", elles aiment qui leur plait et chevauchent le vent.  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Humeurs

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Publié le 13 Novembre 2016

Y a rien à faire

Difficile de comprendre cette envie, ce désir. Il ne peut pas y avoir de statistiques, rien ne peut être catégorisé. Pas moyen d'invoquer une quelconque excuse, de se dire " Ah ben oui, elle a toujours été plutôt garçon manqué... " parce que ce n'est pas la vérité...

C'est un peu une idée qui serait là depuis toujours, une sorte de fantasme auquel certaines ne veulent pas résister.

Un jour, dans l'intimité d'une salle de bain, ou le confort d'un salon de coiffure, avec un(e) ami(e), un(e) professionnel(le) ou bien seule, en tête à tête avec son envie folle d'être vraiment elle (il n'y a pas de règles vous dis-je), les lames fines aux petites dents acérées d'une tondeuse viennent dévorer cette chevelure dont elle ne veut plus. Et ce jour là, à cet instant là, elle a peur, elle a chaud, elle a froid, elle est excitée, troublée... avant de sourire, d'une façon dont elle ne se savait pas capable. Et ses yeux s'écarquillent, ses joues rosissent, ses mains, irrésistiblement viennent caresser cette nouvelle tête. Le sentiment se décrit difficilement, fierté, liberté, audace, folie, authenticité, vérité...

La matière est nouvelle. Il reste peut être un bon centimètre de cette chevelure d'avant et les cheveux qui étaient souples, fluides, lourds sont à présent plantés droit comme une brosse soyeuse, pas un ne dépasse, drus comme un pelage de vison. Les mains ont beau fourrager en tous sens, rien n'y fait. Elle frôle la nuque, la trouve terriblement nue, caresse les tempes, contourne les oreilles... La paume de la main sur le front glisse et rebrousse doucement ce crâne nouveau. Et toujours ce sourire, presque béat.

Enfin il faut reprendre pied avec le monde, retrouver la rue, la famille, les ami(e)s. Ça peut être effrayant, mais elle est tellement fière d'elle, sûre de son image... les regards torves, les remarques acides, le désespoir ou l'enthousiasme qu'on lui témoigne importe peu... Celle "d'avant" n'était pas totalement elle. Voilà qui est réparé.

Photo: Coline

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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