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Publié le 22 Mars 2017

Une question se pose

Une question oui, mais laquelle?

Deux corps se tiennent l'un l'autre, enlacés et on ne les voit que de dos. Deux corps plutôt fins surmontés chacun d'une tête, l'une blonde l'autre brune. Le vêtement n'est d'aucune information, un t-shirt noir, une chemise blanche...

Reste la coupe de cheveux. Et c'est à partir de là qu'une question se pose et selon le degré d'évolution, cette question diffère de l'un à l'autre.

Les deux têtes ont la nuque rasée, proprement, minutieusement. La tête blonde a le reste coiffé un peu au bol tandis que la brune a une raie sur le côté... Un esprit peu ouvert et mal dégrossi verra d'un seul coup d'oeil deux garçons se tenant tendrement et en sera révolté. Un autre à l'esprit plus large, mais peu éveillé verra lui aussi deux garçons, sans y voir d'anomalie. Un troisième, peut être plus malin, ou plus observateur, devinera un garçon aux cheveux brun et une fille blonde. Il se dira que la fille a les cheveux bien courts "pour une fille". 

Mais qui, sans voir leur visage, pensera voir deux jeunes femmes? A cette révélation, l'esprit peu ouvert en sera toujours révolté, mais moins, après tout les filles ensemble, c'est mignon (sic), l'autre esprit, plus large, se demandera pourquoi diable deux filles se coupent les cheveux si courts et le troisième ne voudra pas croire ce qu'on lui dit... Pourtant c'est juste la question qui fait naitre l'anomalie. Du coup nos trois esprits n'auront plus qu'une seule question: pourquoi deux jeunes femmes se coupent elles les cheveux si courts, au point de les avoir mis tous en défaut? 

Celui ou celle qui ne se la pose pas, ne verra que deux êtres qui paraissent s'aimer et se manifestent de la tendresse. Et si on lui révèle qu'il s'agit de deux femmes, il ou elle les trouvera bien stylées, audacieuses et sexy... Voilà tout.

Photo: Elisa & Cannelle

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 15 Mars 2017

Photo: Jason Bennett

Photo: Jason Bennett

Quand elle était petite, elle boudait lorsqu'une fois sur deux, ou sur trois on l'emmenait avec son frère chez le coiffeur. A chaque fois elle voulait qu'on lui coupe les cheveux comme le garçon, mais toujours elle ressortait avec cette coupe au carré de petite fille qu'elle détestait...

Et puis elle a grandie, elle est devenue femme. Mais cela n'a rien changé. Dans ses contes d'enfance c'était elle le prince charmant, pas la fille endormie, elle était Peter Pan, pas Wendy et quand adolescente elle lisait Jack London c'est bien elle qui barrait le Snark...

Aujourd'hui elle va toujours chez ce vieux coiffeur qui lui coupait les cheveux au carré. Mais à présent c'est à elle qu'il tond la nuque et le tour des oreilles. Elle est pourtant femme, adore souligner son regard de mascara et peindre ses lèvres. Elle porte des bijoux, glanés ici et là, des bagues d'argent et des colliers de turquoise. Elle s'aime en pantalon, en laine et en coton, se chausse en cuir parce que c'est plus pratique pour la moto... Elle n'en est pas moins femme. 

Au mur chez elle il y a cette grande carte du Monde où elle plante des épingles aux têtes colorées, ici des photos sans cadres et là des bibelots étranges... Parfois son coeur se laisse attraper, par un garçon ou une fille qui lui plait, mais l'appel du large la préserve des serments intenables. C'est le prix de sa liberté...

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 12 Mars 2017

Photo: @clai.rence

Photo: @clai.rence

C'était un dimanche matin. Un peu de pluie avait arrosé les rues de la ville mais l'air était doux comme au printemps. A cette heure l'endroit n'était pas très agité, on entendait un air de jazz au fond du bar, quelque chose de lent et suave. Le serveur avait à peine prête attention à elle, se contentant d'apporter le thé noir qu'elle avait commandé et de laisser la note, coincée sous un cendrier.

Sur son Moleskine elle avait gribouillé deux trois choses que l'atmosphère lui inspirait, une perspective, comme un chemin vers l'horizon, une bouche pulpeuse qui souriait, une silhouette sans visage, à la tête ronde... Elle esquissa un sourire, passa une main derrière son oreille, caressant les cheveux encore ras, ébouriffa vainement le dessus, encore trop dru, trop court pour être décoiffé, caressa la nuque rasée... Tant de choses avaient changé.

Elle se mit à écrire, d'une belle écriture ronde et légère.

"Ce jour là, ma vie a changé..." sans s'arrêter, sa plume courrait sur le papier, la délivrant de son histoire. Elle racontait sans le nommer, comment "il" l'avait enfermée dans sa propre vie, comment sa "gueule d'amour" l'avait trompée, comment "il" l'avait manipulée, bafouée et toutes ces rivières de larmes qu'elle avait versées... Jusqu'à ce mot: Adieu!

Elle est partie, brûlant tout derrière elle, ne laissant aucune trace. Elle s'est installée loin, dans une nouvelle vie. Dans cet élan, pleine de courage, elle a coupé ses cheveux, pas juste un peu, pas pour se plaire, non. C'est comme si en se dépouillant de sa chevelure elle renaissait, nouvelle, plus forte, enfin vivante. Sa tête fraîchement tondue lui est apparue familière, comme lorsqu'on retrouve une amie adorée et perdue de vue depuis trop longtemps. Son coeur cognait fort, elle était exaltée, excitée par cette peur au fur et à mesure qu'on la rasait. Elle souriait, les yeux bordés de larmes tout en se sentant infiniment légère, libre de tout. Elle s'est plu.

Depuis elle garde ses cheveux très courts, caressant volontiers sa tête comme l'enfant se rassure en serrant son doudou et à chaque fois se régénère, retrouvant un peu de cette exaltation du premier jour de sa nouvelle vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 2 Février 2017

Photo: source inconnue

Photo: source inconnue

La première fois c'était un défi. L'idée était là depuis longtemps, l'envie couvait tranquillement, jusqu'au jour fatidique où elle a senti que l'heure était venue. Ce jour là, le coeur battant plus fort que d'habitude, au fur et à mesure que l'on coupait ses cheveux, elle a découvert un monde nouveau, une personne nouvelle, des gens étranges autour d'elle et une nouvelle force l'a envahie. L'expérience a été terrible. Jamais avant ce jour elle n'a été aussi fière d'elle, pleine d'assurance, invincible...

Et puis le temps est passé, les cheveux ont repoussés, un peu, pas trop, suffisamment pour qu'elle se plaise toujours, mais chaque fois que la longueur revenait par dessus ses oreilles, masquait une partie d'elle même, elle ne le supportait plus.

Mais l'idée était toujours là... Comme un virus, définitivement installé dans sa tête, un poison subtil dont elle ne voulait pas guérir. Elle l'avait fait une fois, elle savait tout ce que cela impliquait, elle avait aimé, s'était découverte sans fard, belle... Alors pourquoi pas?

C'est venu ce matin là comme un retour aux sources. L'envie était trop pressente et le coeur battait, plus fort, comme la première fois, mais cette fois d'impatience, d'excitation et de plaisir. Une rechute. Elle a coupé ses cheveux, très courts, jusqu'à les tondre et c'était comme si elle se retrouvait après une longue absence...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 10 Janvier 2017

Photo: Shervin Lainez

Photo: Shervin Lainez

Des questions auxquelles tout le monde voudrait des réponses, des pourquoi et des comment, de l'enthousiasme et des regrets aussi... Elle s'avance, esquisse un sourire, passe une main sur sa nuque, comme pour dire "oui je sais, ne dites rien" et ce geste inspire une sorte de compassion, rappelle sa timidité.

C'est tout le paradoxe. Elle est secrète, discrète, préfèrerai sans doute passer inaperçue. Pourtant elle décolore ses cheveux jusqu'à les avoir presque blancs et les coupe si court qu'on les dirait rasées. Et soudain, tous les regards se posent sur elle, l'éclairent, comme l'artiste seule en scène, plongeant les autres dans l'obscurité. C'est le signal de sa part que tous attendaient, la voilà plus proche, plus accessible, alors tout le monde lance sa question. Auparavant bien sûr personne n'aurait osé demander pourquoi elle avait les cheveux si châtains, pourquoi elle les portait si longs... L'absence d'intérêt la rendait invisible semble-t-il.

Et puis voilà, la discrète, la secrète, celle que personne ne voyait, exulte. Pourtant elle ne souhaite pas se raconter davantage. Mais sa coupe de cheveux, au moins, ne trompe personne. La voici elle même, telle qu'elle s'est toujours vue et c'est comme si les autres ne la découvraient que maintenant, à travers la pâleur de sa nuque tondue, de ses oreilles nues, de sa blondeur extrême... Elle n'en dira pas plus, mais à présent, ses vêtements ont du sens, son allure, son caractère aussi. Ceux qui ne voyaient qu'une fille "comme les autres", perçoivent enfin une autre nature... Timide, mais conquérante!

 

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 29 Décembre 2016

Sortilège

Elle est délicieuse cette sensation étrange de montrer son audace et d'apparaitre dans la lumière avec cette coupe que tout le monde autour de soi trouvait "osée". D'abord il y a eu la peur, ce trac qui vous noue un peu l'estomac dès qu'il s'agit de bouleverser son image... Le shampooing, la couleur, tout ça c'est plutôt réconfortant. Et puis revient ce petit noeud dans le ventre, mélange d'appréhension et d'excitation. Une respiration, un souffle et la tondeuse à même la peau efface les cheveux jusqu'à la tempe. Le regard s'élargit, surpris, curieux, la bouche sourit. Voilà c'est fait. Inutile d'envisager un retour en arrière, le pas est franchi...

La machine ronronne, glisse, caresse, donne de petits coups, ici, là, revient, repasse puis se tait.

Sortilège

Lorsque tout est achevé, alors qu'on s'attendait à la retrouver plus "masculine", c'est tout le contraire. Le contraste révèle toute la finesse de son visage, la délicatesse de ses traits. La voici qui apparait nouvelle. Les vêtements sont les mêmes, le visage est le même, la personne est la même, pourtant le regard pétille, curieux il cherche à travers le miroir ce qui diable a pu se transformer à l'intérieur... La fierté, la confiance, cette satisfaction d'être exactement celle qu'elle voulait être et qui subitement se voit.

Sortilège

Ensuite il y a ce geste auquel personne ne résiste. Le regard quitte le miroir, la tête se baisse et la main, doucement, vient se poser sur la nuque. Le contact fait naître un sourire, qui s'efface, puis les doigts, délicatement, caressent la peau hérissée de cheveux ras et les frissons qui parcourent les épaules font presque rougir...

Elle se reprend, s'admire un instant et sûre d'elle retrouve le monde... Invincible!

Coupe: Dexter Dapper

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 24 Décembre 2016

Les affranchies

Je sais ce que disent les gens, je vois leurs regards, un peu fuyants. Bien sûr, de temps à autre, il y a un sourire, un clin d'oeil, mais le plus souvent tout cela respire la réprobation. Allez savoir pourquoi ils ne parviennent pas à s'empêcher de juger...

Peut être sont ils vexés de ne pas savoir nommer ces deux personnes qu'ils croisent, alors ils se vengent, font dans l'excès, dans le dégoût.. et tout est bon, les vêtements, la coupe de cheveux, l'attitude, chaque détail reçoit sa petite goutte de bile...

Mais voyez vous... je vais vous dire, ces filles à la nuque rasée et aux pantalons serrés ne voient pas le monde mesquin des gens étriqués qui voudraient les juger. Elles sont elles mêmes un monde, d'un genre différent, bien meilleur que le leur. C'est peut être ça qui fait grincer les dents des "bonnes gens", qu'elles soient inaccessibles à leur désir, qu'elles se soustraient à leur concupiscence, qu'elles s'affranchissent de leurs règles.

Leurs cheveux trop courts, leur poitrine si peu visible et leurs vêtements confortables les fait échapper à l'attraction des êtres simples qui dénient leur féminité et vomissent leurs amours surnaturelles et idéales.

Passez donc, bonnes gens, marmonnez, ruminez, vomissez...

"les enfants qui s'aiment ne sont là pour personne... "

Photo : ©jeaneg

Citation : Les enfants qui s'aiment - J. Prévert

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 12 Décembre 2016

Annie Lennox par Ian Harrison

Annie Lennox par Ian Harrison

Le temps qui passe l'agace un peu. Il lui faut plus d'attention pour retrouver à travers ses yeux clairs son âme triomphante de trentenaire alors que son corps voudrait la convaincre qu'elle en a le double... Mais elle se fait confiance, un trait de maquillage souligne son regard et un rouge pâle ses lèvres. Le reste, ce n'est que la trace de son parcours, chaque ride un moment de sa vie. On ne se plaint pas d'avoir vécu...

Et puis elle a toujours cet enthousiasme de femme aux cheveux courts, se pliant à une routine qui lui remonte immanquablement le moral... Un peu de couleur pour donner des reflets blonds à ses cheveux blancs, une coupe fraîche qui lui fait retrouver son sourire de jeune fille, comme la première fois où elle s'est découverte enfin elle même pour se plaire définitivement.

Elle terrasse le temps en caressant sa nuque, plus douce, en balayant de quelques doigts les mèches sur son front... La voici à nouveau invincible!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 29 Novembre 2016

Suzanne Rivère

Suzanne Rivère

Alors voilà! C'est l'histoire d'une petite fille atteinte de leucémie. Elle va bien, son traitement est en train de la sauver, sans doute. Mais c'est dur pour elle qui a 11 ans, de voir sa tête dans le miroir. Ses cheveux commencent à peine a repousser et partout où elle porte son regard, nulle part elle ne voit d'exemple, d'image à laquelle s'accrocher pour se persuader que la maladie ne lui a pas enlevé aussi son état de fille... Jusqu'au jour où elle croise une jolie jeune femme, élégante, fraiche, souriante, sophistiquée et visiblement bien dans sa peau. Elle est blonde et ses cheveux sont tondus. Enfin, coupés très courts, tondus c'est un mot trop brutal pour elle. Et voilà que tout change dans le regard de la petite fille. Elle découvre une belle femme, belle malgré les cheveux ras, comme les siens, tellement belle qu'on la remercierait presque d'avoir les cheveux si courts, persuadé qu'elle le serait peut être moins sans cela. 

La petite fille s'approche, sourit. La jeune femme lui rend son sourire. Elle a un transport à prendre mais elle sent que ce moment là est important. Elle s'assoit, dit bonjour et la petite fille lui demande si elle aussi elle a été malade. Alors la jolie jeune femme dit que non, qu'elle aime bien avoir les cheveux très courts, qu'elle trouve que cela lui va bien et que l'essentiel pour elle est d'être comme elle se plait. Puis elle regarde la petite fille et elle la sent triste de ne pas avoir de beaux cheveux longs comme les autres fillettes. Alors elle lui dit qu'elle la trouve jolie et que puisqu'elle ne peut pas faire autrement, il faut qu'elle s'aime quand même parce qu'elle est unique ainsi et que tout les gens qui l'aiment l'aiment telle qu'elle est...

La petite fille fait une jolie moue, elle lâche: " Moi aussi j'aime bien, mais c'est juste que j'avais jamais vu personne comme toi et que je me disais que je ne pourrais pas rester ainsi une fois guérie"

Depuis cette rencontre, la petite fille a décidé qu'elle garderait les cheveux très courts, juste pour dire que ce n'est pas la maladie qui l'y a contrainte, mais parce qu'elle aime bien ça, comme la jolie jeune femme blonde.

Photo: Juste RM

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 23 Novembre 2016

Le champs des soupirs

C'est sur ce creux de chair tendre que souvent, que toujours, le regard de l'être aimé s'attarde et se contente. D'une caresse, quelques doigts enfouis dans les cheveux courts, naissent des flots de frissons délicieux et agaçants. Et le cou se tortille, se cambre, se cabre.

Un baiser dans un souffle provoque des soupirs et l'air s'emplit de plaintes et de gémissements qui ne sont pas de douleur. L'âme soeur connait les sortilèges, elle excite de ses doigts, de sa langue, de ses lèvres, la peau de satin au bord des cheveux, que par désir on fait raser, mêlant ainsi à la douceur charnelle le piquant du chaume dru...

Alors ses épaules nues, son cou presque fragile et sa nuque offerte son un champs de plaisir où poussent les soupir, ceux du désir et de l'impatience.

Photo: Chloé P.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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