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Publié le 17 Octobre 2017

Photo: Kriss Photography

Photo: Kriss Photography

Je les vois, jeunes et belles, posant à la manière d'un duo pop sur la pochette d'un vinyle, effrontées, provocantes, insolentes, défiant le monde ou le considérant avec compassion, pauvre monde incapable de comprendre. Elles ont le teint clair et les cheveux courts. Par jeu, elles ont aussi le même vêtement qui donne un air d'uniformité, celui qui dit-on fait naitre l'ennui. Mais c'est un pied de nez, un mimétisme juvénile, juste pour s'entendre demander si elles ne sont pas... frères jumeaux.

Il n'en faut pas davantage, un pull sombre, une coupe de cheveux... "Tu seras un homme ma fille!" comme si tout les coiffeurs du monde avaient le pouvoir de transformer les genres.

Mais ces deux là sont légions. Elles ont jeté les vieux carcans, abandonné aux pauvres d'esprit le droit de les juger, libres des vieilles règles et des dogmes patriarcaux. 

La vague les porte et sans doute montrent-elles le chemin. Il leur suffit d'un rien pour être qui elles veulent, sans lois. Un peu de maquillage leur donnera de la douceur, un coup de tondeuse sur la nuque, du caractère et le mélange des deux les rendra unique.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 10 Octobre 2017

Modèle: Cajsa Wessberg

Modèle: Cajsa Wessberg

Elle a gardé ça... Peut être pour conserver un peu d'originalité? Comme si avoir les cheveux rasés ne suffisait plus. Comme pour rappeler avec délicatesse qu'auparavant elle avait, elle aussi des cheveux plus longs. 

Deux mèches d'or, qui glissent sur ses joues et caressent son cou, dernier vestige d'une image passée, celle d'une jeune femme sage et sans histoire. Enfin, sans histoire... Qui pourrait dire ça? Des histoires on en a tous. Certain(e)s en parlent, d'autres pas. Elle n'en parle pas et pourtant on devine dans son regard tellement de tourments. Heureusement, l'instant d'après elle sourit et ce regard devient malicieux. 

Ces deux mèches? C'est pour faire parler les cons. Et puis tondre ses cheveux finalement, ce serait presque trop facile. Mais cette envie était furieuse, depuis toujours croit-elle, avoir les cheveux courts, très courts, plus courts encore, toucher son crâne, se voir nue, sentir sous ses doigts les cheveux ras, toucher sa nuque et frissonner, caresser ce pelage, devenir sauvage...

Mais garder ces deux mèches blondes comme vestiges d'une douceur, comme témoins, pour apaiser ses colères... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 4 Octobre 2017

Photo: Vincent-Alexandre Baudiffier

Photo: Vincent-Alexandre Baudiffier

L'androgyne était nue, apaisée et sereine. Pas encore déesse, plus tout à fait mortelle. Il fallait être attentif si l'on voulait deviner un genre ou un autre, ce qui n'aurait pas été loyal. Elle était femme, ce n'était pas secret, mais on pouvait l'imaginer jeune homme, comme ces garçons imberbes au regard doux. 

Pourtant chaque détail voulait convaincre, la douceur du visage inspirait le féminin quand les cheveux rasés ramenaient au masculin. Dans l'ombre du plaid, on devinait l'esquisse d'un sein quand le corps tout entier était court et musclé... Aucun mortel ne pourrait même comprendre, s'il cherchait à définir l'androgyne.

Sans doute songeait-elle à cela, avec malice, lorsqu'elle offrait sa nuque à la tonte, prenant des allures de guerrière médiévale, troublant les esprits et souriant avec un air d'enfant...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 28 Septembre 2017

Feat. Flora V. et Beli K.

Feat. Flora V. et Beli K.

Toutes sont venues, connues et habituées, les autres aussi... Excitées par l'événement, curieuses et amusées ou juste pour passer une soirée amicale.

Cependant il y avait une atmosphère particulière, peut être celle d'un rendez vous amoureux, avec l'impatience de se rencontrer et le soin particulier qu'on apporte à son allure. Bien sûr, l'occasion était idéale, puisque les cheveux courts étaient le plus grand dénominateur commun. 

Alors peu importe la date du dernier rendez vous, il fallait que la coupe soit fraîche, de la veille ou du matin même. Pour certaines c'était le hasard d'un calendrier déjà arrêté, pour d'autres une détermination calculée... Néanmoins ce soir là toutes sont venues partager leurs cheveux courts, leur style, leur allure. Un peu comme un signe de reconnaissance, parfois une main glissait sur une nuque plus rasée que les autres, un geste d'initiées, de complices...

Celles qui avaient imaginé laisser pousser un peu leur cheveux, n'ont pas tardé, le surlendemain, comme revenues à la raison, à trouver le coiffeur rédempteur, où qu'elles soient.

Un moment de bonheur simple, de rencontres, de regards, de découvertes ou de retrouvailles.

Photo: Roxanne Valin 

NB: Samedi 23/09/2017 c'était l'Apéro des Femmes Aux Cheveux Courts 4ème édition, au Rosa Bonheur des Buttes Chaumont à Paris. Si vous ne voulez pas manquer le prochain, restez connecté(e)s

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 20 Septembre 2017

Gisele Fox par Dominic Beyeler

Gisele Fox par Dominic Beyeler

Sur un coin de la nappe il avait esquissé son visage, puisant dans des souvenirs en partance... Les traits essentiels, quelques mèches courtes sur un visage presqu'enfant, des lèvres pleines et toute une galaxie de tâches de rousseur pour rehausser des yeux de chat...

Malgré bien des efforts, il ne parvenait pas à chasser cette image de son esprit et les gestes sont venus comme ça, presque incontrôlables. Il a pris un grand carnet, le plus grand et il a recommencé, traçant, estompant, coloriant le visage de la fille-garçon, l'adolescente-femme, l'enfant-adulte... L'androgyne inattendue.

Elle aurait sans doute été une jeune fille invisible, elle l'a d'ailleurs été, jusqu'au jour où elle est revenue avec ses cheveux coupés. Ce jour là, lorsqu'il l'a vue son sang s'est écoulé, brûlant dans son coeur, ses mains, ses tempes. Elle s'est approchée, laissant tomber son front sur sa poitrine et il a caressé sa nuque, ébouriffé sa coiffure sage. Ils ont eu un grand soupir commun qui sans doute signifiait comme un soulagement de la savoir enfin elle-même.

Sans aucun doute il l'aimait déjà, c'est juste que cet aboutissement et la fierté qu'elle en retirait exhaussait aussi son bonheur. Elle était devenue unique et ambiguë, mystérieuse aux regards des autres et cela lui donnait le sentiment d'être privilégié...

Jusqu'au jour où, dans un terrible fracas, son bonheur s'est enfuit, ne lui laissant que la nostalgie sur les pages de son carnet à croquis.

Illustration: Dominic Beyler 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 14 Septembre 2017

Presque nue

Dans cette lumière diffuse chaque parcelle prenait du relief. Elle n'avait pour seul rempart qu'un plaid et l'encre de sa peau pour détourner les regards de son corps androgyne en captant l'attention sur ses oeuvres marines.

Vaine illusion... 

La diversion ne parvenait pas à ses fins. Impossible de lutter contre la courbe du sein éclairée par le jour, ni celle du cou, nu et troublant. Tellement nu et si troublant... Un corps de voyageuse, parcourant les mers, hissant des voiles, tirant des bords et jetant des ancres. Mais pas un corps de matelot. Sa nuque à la peau rasée avait encore la pâleur des enfants et sa chevelure taillée en rond, une douceur juvénile. 

La tête penchée, le regard posé sur ce sein discret, faisait saillir quelques muscles sous la peau de velours et les vertèbres dessinaient vers la nuque une architecture délicate que rien ne voilait...

Elle était ainsi, presque nue.

Photo: Vincent-Alexandre Baudiffier

Modèle: Coralie Robin

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 1 Septembre 2017

Photo: Iris Erlings

Photo: Iris Erlings

Pour l'occasion, elle avait mis cette petite robe toute simple, la seule qu'elle ait jamais envisagé de porter et puis elle avait maquillé son regard et ses lèvres. Cela lui donnait une allure inhabituelle, élégante et adoucie, laissant voir une féminité que la plupart ne soupçonnait pas.

Elle avait patienté, sagement, concentrée sur le travail de l'artisan, sans s'occuper du regard des autres, puis son tour venu, presque timidement elle s'était installée dans le fauteuil large et confortable. A cet instant, le plus naturellement du monde, elle croisa les jambes avec élégance, les bras nus posées sur les accoudoirs de faïence, elle avait une allure de princesse, un peu altière, installée sur un trône. 

Elle n'a rien perdu de cette grâce au moment où on l'enveloppa de la camisole rayée, bordant son col de papier crépon. Elle se scrutait dans le reflet du miroir, la mine grave, le visage masqué par ses cheveux sombres. Pour répondre à l'interrogation du coiffeur, elle lui montra une photo capturée sur son portable. L'homme fronça gentiment les sourcils, insista pour entendre sa voix et s'assurer qu'elle était fermement décidée. 

Les choses alors sont allées assez vite. L'homme avait les gestes précis, techniques et elle trouvait cela apaisant. Malgré tout elle sentait son coeur battre et s'emballer un peu plus chaque fois qu'une mèche, plus lourde que la précédente, venait mourir au creux que le nylon formait sur ses jambes croisées. Les ciseaux tranchants les cheveux faisaient un bruit déchirant, un lent crépitement et l'instant d'après le peigne semblait glisser plus aisément dans la chevelure. Enfin le silence se fit. Ses yeux pétillaient de malice en voyant la petite tête déjà dégagée de la masse sombre. Mais la dramaturgie montait d'un cran. Cette fois l'atmosphère se remplie toute entière du bourdonnement de la tondeuse qui rugit comme un petit monstre affamé. Elle baisse la tête, sans soumission, la relève, la penche, à droite, à gauche à chaque vibration qui effleure son crâne, elle se sent un peu plus légère, un peu plus libre. Malgré tout l'émotion la submerge lorsque l'appareil impitoyable ratiboise son front et enlève tout marque d'une quelconque coquetterie. La voilà tondue, rasée, ne supportant plus qu'à peine un demi centimètre de cheveux sur le sommet de son crâne et son visage explose dans le reflet du miroir où elle ne voit plus désormais que ses yeux immenses, son front large, ses pommettes saillantes, son nez fin aux narines qui palpitent. Ses yeux brillent et elle sourit irrésistiblement...

L'homme à présent fignole, harmonise, ne voulant pas laisser un seul cheveux dépasser, comme un jardinier amoureux sur son gazon de luxe...

Enfin le voile de nylon s'efface et lui redonne son corps d'où la féminité exulte dans la petite robe toute simple. Elle s'approche du miroir, époussette son visage, passe une main étonnée sur ses cheveux ras. Son visage s'éclaire, comme si elle venait de reconnaitre son amie la plus chère qui lui tendait les bras... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 14 Août 2017

Photo: Dustin Condren

Photo: Dustin Condren

Après que sa main ait glissé doucement vers ses seins, elle ferma les yeux et l'image qui lui vint en premier fut celle de cette fille, la blonde qui lui avait coupé les cheveux.. Elle avait un regard doux et des gestes délicats. Puis tout de suite après vint l'image de cet homme qui lui souriait dans la rue. Elle l'avait croisé, il avait fait un compliment, sans même s'arrêter, elle n'avait pas répondu, ne s'était pas retournée et avait caché son sourire dans sa main en baissant la tête...

La main des seins descendit sous la surface de l'eau, vers le sexe et l'autre main sur laquelle la tête était appuyée, commença un massage de la nuque, doucement, comme pour jouir de ce touché exceptionnel que procuraient les cheveux rasés.

Elle caressait ses cheveux courts et là, seule dans ce bain, elle voulait ignorer l'étrangeté de ce surcroit d'excitation que cela lui procurait. Elle n'avait pas honte, non, mais elle savait qu'elle rougirait peut être d'avouer ce genre de "bizarrerie". Qu'importe, son esprit se peuplait de fantasmes étranges, stimulés par ses caresses... à moins que ce ne soit l'inverse?

Son corps échauffé, elle voyait défiler dans sa tête cet homme au compliment sincère et imaginait avec lui une aventure soudaine et brutale alors que tout à coup la blonde venait s'associer à leurs ébats, sans cesser de couper ses cheveux... La main plongée dans l'entre-jambe faisait clapoter l'eau avec frénésie et l'autre affolait son imaginaire, ébouriffant les courtes mèches de sa chevelure.

Soudain le corps se tendit comme un arc, le souffle lui manqua quelques interminables et délicieuses secondes, elle étouffa de petits cris et repris doucement sa respiration... Les yeux toujours clos, la caresse sur sa nuque devint distraite et sensuelle et son corps glissa un peu plus dans le bain chaud.

 

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 5 Août 2017

Photo: Fany Meil

Photo: Fany Meil

Là-bas au bout des terres c'est le vent qui a façonné la lande, verte aux reflets pourpres de bruyère. Les pins y ont l'allure d'un coup de pinceau qui aurait glissé de la toile, maladroitement. La mer s'est chargée du granit et l'a découpé à coups de burin de ses vagues tempétueuses... Elle est d'ici, héritière de la mer et du vent, comme cette terre brute et fascinante.

Elle a dans la tête des récits d'aventures et des courses au bout du monde sur des goélettes triomphantes mais tous les trésors sont cachés dans son coeur. Comment pourrait-elle être différente de cette androgyne aux cheveux courts et à l'allure de matelot? Elle est Jack London, elle est Jim Hawkins, elle est une héroïne d'Hemingway...

C'est ici qu'elle est née et qu'elle renait, à chaque fois. Peut être que vous la verrez, un jour sur la falaise, tendre les bras vers l'océan, escortée par les goélands qui hurlent dans le vent...

Citation: V.Hugo  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 1 Août 2017

Photo: Samuel Bouget

Photo: Samuel Bouget

Elle avait un visage d'enfant éternelle, un peu pâle, que soulignaient des lèvres pulpeuses comme un quartier de mandarine. Pour gommer cette image d'adolescente, un jour, elle a coupé ses cheveux. Mais, comme pour conserver un reste de cette juvénilité, elle a fait cette coupe, stricte et droite qu'ont parfois les petites filles. Et puis, en guise d'affirmation, pour renier ce style enfantin, elle a fait raser la nuque, très court, très haut et dans cet espace nu elle a fait graver à l'encre de Chine un symbole étrange, façon de se rappeler chaque fois qui elle est vraiment...

Elle était devenue alors ce paradoxe de femme et d'enfant, au visage androgyne qui ne veut rien avouer, ni son âge, ni son genre. Un équilibre fragile qui pouvait être trahi par un sourire de gosse ou une ride sur le front.

Mais tout cela ne trompait que les adultes, empêtrés dans leur idées toutes faites et leurs jugements archaïques. Tout ceux qui regardaient mais ne voyaient pas. Les coeurs purs, vierges ou amoureux y découvraient bien autre choses. Un jour l'un d'eux le lui a dit...

"Tu es comme le ciel de mes nuits d'été, où les étoiles sont par milliers..."

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tendresses

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