Articles avec #tendresses tag

Publié le 25 Juin 2020

Photo: Kriss Photography

Photo: Kriss Photography

Il a suffit d'ouvrir la chemise, de dévoiler l'exquise dentelle enveloppant ce sein juvénile, pour révéler le troublant mystère de l'androgyne. Jusque là, le corps enfermé, boutonné, était celui d'un éphèbe, un être au visage délicat, aux yeux tendres, à la blondeur à peine visible tellement le cheveux était court. Cela seyait aux épaules un peu droites comme au cou charpenté. Cette nuque si bien rasée élançait la silhouette et si le doute persistait on pouvait malgré tout imaginer un garçon à la beauté du diable. Et ce trouble délicieux, exonéré du genre, donnait l'envie d'aimer sans chercher à savoir, juste pour s'approcher et voir chaque détail plus près.

On hésite à lancer un pronom, il ou elle, cela serait indécent tant l'ignorance est grande...

Et puis la chemise s'ouvre, à peine, le visage se détourne vers l'obscurité, laissant le regard se poser sur le bustier de dentelles. Que dire, que penser dans cet instant où se mêlent harmonieusement les genres? Elle est donc femme et ses cheveux si courts n'ont subitement plus rien de masculin, prenant au contraire la valeur d'un merveilleux révélateur.  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 9 Janvier 2020

Photo: Stéphane Courtois

Photo: Stéphane Courtois

D'abord il y a les chiens et les loups qu'on ne distingue plus les uns des autres... Puis comme la nuit avance, ce sont les chats qui sont tous gris... même les chattes. Certaines s'en accommodent bien. Enveloppées de pénombre on se moque de les savoir mâle ou femelle...

Certains êtres sont comme ces loups, ces chiens et ces chats gris, bien heureux qu'on ne les discerne pas plus que ça. Elles glissent dans le clair obscur, silhouettes aux cheveux courts, faisant illusion et confusion. Et puis, dans la lumière, le visage aux traits fins, montre un pâle sourire, comme pour se faire pardonner de la révélation, parce que malgré la nuque rasée, on devine bien que l'ange n'est pas un garçon, même si l'on est pas toujours sûr qu'il s'agisse d'une fille. C'est alors qu'on devine que ce sourire n'est pas tant pour s'excuser, mais plutôt pour se moquer de l'idiot confus. Tout ça c'est à cause de la nuit...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 28 Novembre 2019

Photo: Fany Meil

Photo: Fany Meil

Il faudra un instant de répit, comme on fait pour reprendre son souffle. Et dans cet instant, éphémère et splendide,  imaginer les doigts, délicats, effleurer la peau veloutée, ondulants sur chaque vertèbre, jusqu'à la naissance des cheveux qu'elle ne perçoit plus qu'à peine. Elle s'imagine, presque rasée et en frissonne, d'effroi ou de plaisir... sans doute de l'un plus que de l'autre. Elle en est quasi confuse, de cette audace qui l'emmène aux confins d'une illusion qu'elle connait bien, cette femme que beaucoup imaginent garçon.

Elle a longtemps résisté, comme si sa chevelure était le dernier rempart d'une féminité qu'elle n'a jamais compris. Enfin elle s'est inventée, provoquant ce mensonge délicieux qui l'installe à part, femme différente, à la fois éphèbe et odalisque, dans un paysage onirique. Quelques coups de ciseaux et la morsure inexorable des fines dents d'acier, vibrantes et acérées ont eu raison des esprits simples, les jetant dans la confusion et le doute. 

La voici enfin, telle qu'elle même, androgyne absolue et résolue.                             

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 6 Juillet 2019

Photo: Clara Sechan

Photo: Clara Sechan

D'une ligne qu'on trace devant soi on fait un horizon. Et on s'imagine une vie pleine du meilleur, ne laissant aucune place au pire. De tout ce qui était arrivé auparavant on fait une boule comme on froisse une page écrite et raturée qu'on jette par dessus son épaule avec nonchalance. Soudain on respire plus intensément, on ferme un instant les yeux, pour jouir de chaque sensations, puis on les rouvre pour constater, amusé, que le décor n'a pas changé. Une main posée sur la nuque tiède suffit à rappeler le chemin parcouru. Doucement les doigts s'écartent, la main glisse en remontant sur les cheveux rasés, comme si cette coupe symbolisait à elle seule une renaissance...

Et la plénitude de cet instant fait croire à l'invincibilité. Tout est en ordre dans notre vie et le monde lui même semble trop petit et fragile pour résister à la force qui nous envahi... pour peu que l'on prenne le temps de s'arrêter quelques secondes pour admirer l'horizon.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 2 Juillet 2019

Photo: Manon Flebus par Katja Stückrath

Photo: Manon Flebus par Katja Stückrath

Parfois, elle se tient à l'écart du monde, sans cause à défendre, le dos au miroir et elle a cette pause que peut être, avant, elle enviait aux hommes. Mais ne vous trompez pas, l'Androgyne n'est pas en quête d'identité, elle a juste, plus clairement que les autres, conscience de l'injustice, parce que femme elle tutoie la liberté des hommes et si elle est assez audacieuse, elle peut s'en emparer. C'est juste la liberté qui lui importe, celle de n'être pas toujours apprêtée, celle d'avoir les jambes écartées, un bras sur le dossier de la chaise, celle d'avoir les cheveux assez courts pour être ébouriffés sans que cela heurte le regard ou l'harmonie du portrait, cette liberté qu'ont les hommes sans même en avoir l'idée, dont ils jouissent comme d'un privilège qui viendrait de si loin que personne ne sait plus qui le leur aurait accordé...

L'Androgyne est une inventrice, une magicienne qui transforme sa vie, avec la bienveillance des dieux qui lui ont donné quelques atouts. Elle est femme, le meilleur de l'Humain, dépouillée des artifices qui amusent les hommes et ne réclame rien à personne, juste cette liberté d'être une femme différente et de plaire autrement... A égalité 

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 20 Juin 2019

Photo: Ale Caruso

Photo: Ale Caruso

L'ombre n'existerait pas sans la lumière, cela semble évident, mais réciproquement, la lumière n'aurait pas lieu d'être sans l'obscurité. L'une révèle l'autre, le clair, l'obscur, le jour, la nuit, il faut un contraire à chaque chose pour donner du sens et n'est-ce pas à la confrontation des deux qu'apparaissent les moments le plus précieux? Lorsque la nuit tombe et que le jour n'est pas encore enfuit... 

Il en est ainsi pour ce blond, souligné par le châtain, le plus long révélé par le très court et la lumière qui s'installe, derrière et au dessus, masquant le visage mais éclairant les cheveux ras ou le contour d'une oreille bien dégagée. Ces détails si infimes que la pleine lumière noierait insensiblement ou que l'ombre masquerait totalement. En se conjuguant au contraire, elles dévoilent bien des choses exaltantes, nourrissent l'imaginaire, éveillent les sens donnant envie d'une main qui viendrait toucher chacun de ces détails pour s'en assurer... jusqu'au duvet de la peau.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 23 Mai 2019

Il faut que tu comprennes

Pourquoi tu ne fais pas d'effort? Toujours coincé dans ce confort où tu n'as rien à décider, où tout t'est offert en prêt-à-penser. Sûr de toi, tu vois blanc tout ce qui n'est pas noir, rose tout ce qui n'est pas bleu, comme si les nuances n'existaient pas...

Faut avouer que ce n'est peut être pas si simple, pour un esprit simple. Tu la vois, courir et bondir, habillée comme toi, les cheveux bien plus courts que les tiens et depuis toujours tu ne parviens pas à l'imaginer femme, alors que tu sais bien qu'elle n'est pas un homme... Ça bug! Même la voir nue ne suffirait pas à te convaincre, ses deux petits seins comme des oeufs à la coque, son ventre plat, ses hanches étroites et ce buisson duquel rien n'émerge... Si encore elle avait les cheveux longs, cela pourrait faire illusion, cela pourrait aider. Avoue qu'elle ne fait rien pour aider! Elle ricane si tu lui montres une robe et s'enfuit si tu le lui reproches. Mais elle est jolie et sa voix est douce, sa peau fraîche et son regard pétillant.

Non il n'y a rien à avouer. Si elle n'a pas l'âme d'une femme elle a encore moins l'envie d'être un homme. C'est juste qu'elle est dans ces nuances de violet entre le bleu et le rose, qu'elle aime bien ce sentier où elle est seule à marcher, libre d'aimer qui elle veut, comme elle veut, d'être chat de gouttière et chatte au coin du feu. Il faut que tu comprennes qu'elle est affranchie, libre du petit jeu des trous triangulaires dans lesquels les cubes n'entrent pas.

Photo: Fany Meil

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 4 Avril 2019

Photo: Louise Chabosseau

Photo: Louise Chabosseau

Combien faut-il que tu en essuies, de ces grains terribles qui noircissent le ciel et agitent ton océan quotidien? Combien de coups de tabac, de nausées et de vomis par dessus le bastingage, dont tu te relèves, le visage noyé autant de pluie que de mer, le teint transparent, les mains tremblantes, épuisée d'être ce fétu emporté par tous les éléments... ? 

Il faut encaisser, retrouver la barre qui un instant t'avait échappée et tenir un cap imaginaire en attendant que la houle s'arrondisse, que le ciel se déchire pour qu'un rai de lumière illumine ta route à nouveau. Le soleil revenu, le corps séché, tu vas pouvoir enfin t'assoupir, toujours un peu, quand on peut, souffler et réparer les avaries.

Et tu comprends qu'il n'y aura jamais de fin, que la route est ainsi tracée, entre les couchers de soleil dorés et les orages dramatiques et que certaines choses ne s'apprennent que dans les tempêtes... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

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Publié le 29 Mars 2019

Photo: Marie Corcelle

Photo: Marie Corcelle

C'est comme un sentier obscur, un chemin étroit sur lequel tu dois avancer, coûte que coûte. La marche n'est pas pénible et tu progresses à ton rythme bien sûr. C'est juste que de temps en temps les branches alentour te griffent ou un caillou plus pointu que les autres te blesse. Il faut apprendre à marcher dans ce sentier. Mais tu y es bien, c'est ta route...

Tu ne cultives rien, c'est naturel. Ta façon de porter des fringues de soldat, de fumer comme les mauvais garçons, rien n'est calculé. Tu aimes ta nuque rasée, y passer la main te rassure, te réconforte. Tu as besoin de tout cela pour être toi même, mi-fille, mi-garçon, un genre qui n'en est pas un justement, parce qu'après tout, le genre n'est pas autre chose qu'une classification, une façon qu'on a de vous mettre dans un bord ou un autre. Les gens n'aiment pas qu'on soit au milieu. 

Mais ça va, tu traces ton chemin, tu te moques des "bonjour monsieur" et t'amuses des " oh excusez moi". Tu préfères la vie d'Hemingway à celle de Cendrillon, il y a du Jack Kerouac en toi, mais aussi du sang de toutes ces héroïnes qui n'ont pas fait de leur genre un étendard. Tu n'as rien choisi, sinon d'avoir le courage d'être toi même et c'est comme ça qu'on t'aime...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #gayfriendly

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Publié le 23 Mars 2019

photo: Pauline Théon

photo: Pauline Théon

Bien souvent après que l'audace l'ait saisie et que dans un élan de confiance et de désir elle ait été jusqu'au bout de son envie en rasant ses cheveux, l'étape suivante est une décoloration qui donne une blondeur rassurante et douce à cette nouvelle physionomie qu'elle craint un peu d'être trop dure. S'engage alors un jeu qui pourrait être sans fin entre le cheveux qui pousse et qu'il faut tondre à nouveau et la couleur repoussée aux extrémités par ce même cheveux qui grandit. Il faut décolorer encore si elle veut que la tondeuse n'efface pas la blondeur...

Mais lorsqu'arrive l'entre-deux, il y a une courte période où le mélange est presque harmonieux, où la blondeur s'éclaire dans la lumière, formant une auréole tout autour de la tête, tandis que le brun naturel accentue l'ombre et pointe au fond de la texture pour contraster la douceur. Le mélange donne alors aux cheveux ras de la profondeur et l'étrange apparence du pelage d'un animal sauvage

C'est dans ce moment de métissage qu'elle se pose la question de savoir s'il faut retrouver la couleur, ou laisser davantage pousser ses cheveux, luttant contre l'envie furieuse de les tondre à nouveau. Toutes les options se présentent, laissant à l'Androgyne le choix de déplacer le curseur sur cette règle qui mesure le partage entre masculin et féminin et où, bizarrement, la tondeuse redonne toujours l'avantage au féminin. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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