Publié le 31 Mars 2016

La mèche

C'est une mèche blonde comme un rai de lumière qui éclaire la mer sous un ciel d'orage. Elle balaie son visage à la manière d'une bourrasque, entrainant toute la chevelure dans un mouvement de tourbillon et voile son regard bleu...

Elle est l'objet de toute son attention, elle la protège, la soigne, l'entretien et veille qu'elle ne soit jamais coupée trop courte. Si elle veut être sage, elle la retient d'une petite barrette sur la tempe, mais le reste du temps elle est sauvage, comme elle et lui donne cet air de sale gosse qu'elle adore.

Dans le vent elle flotte un peu, sous la pluie elle ruisselle sur sa joue, au soleil sa blondeur blanchit. Elle a presque de l'affection pour elle.

Elle n'est plus une enfant, mais parfois, lorsque son oeil se cache, elle a le sentiment d'être encore ce gamin du Pays Imaginaire ou le petit prince blond du désert. C'est une passerelle rassurante et secrète, parce que pour tous les autres c'est la figure d'une femme farouche et déterminée, qui derrière son bandeau de cheveux d'or te scrute...

Photo: Nicolas Larrière

Modèle: Emilie Dcty

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 29 Mars 2016

Péché ( mignon ) avoué...

Pendant longtemps, je fus persuadé que ce péché là était tout masculin. Mais quelle drôle d'idée, avouez le! Comment ce pourrait-il que quoi que ce soit qui fut masculin ne puisse jamais être féminin? Enfin, il m'a fallu quelques années tout de même pour faire mienne cette certitude, alors je comprend bien que cela ne soit pas toujours accessible à un supporter de football...

Bref!

Après avoir réglé le différent qui dans mon enfance m'opposait à tous les coiffeurs de la Terre, je me suis mis à aimer avoir les cheveux courts. Et selon l'axiome maintes fois évoqué ici, l'addiction produisit son effet et je ne me rappelle pas avoir vu s'écouler plus d'un mois avant que je ne retourne confier ma tignasse à un figaro et livrer ma nuque à sa tondeuse.

C'est sans doute extraordinaire, j'en conviens, mais cette sensation du cheveux ras procurait à la fois un plaisir tactile et la satisfaction morale d'avoir toujours un style impeccable.

Et c'est sans doute parce que longtemps les femmes n'ont pas osé certains styles aujourd'hui plus répandus, que l'idée ne m'était pas venue qu'elles aussi puissent avoir de la satisfaction à sentir leur cheveux tondus et à caresser leur nuque ainsi déboisée. Pourtant, je dois l'avouer, le fait est avéré et j'ai parfois rencontré des jeunes femmes bien plus acharnées que moi même.

Que ce soit en une spectaculaire "skin fade" ou de manière plus classique, en un carré bon chic, que cela soit avoué ou non, ce péché mignon qui consiste à dévoiler sa nuque, à lui offrir une nudité presque excitante, ce sentiment trouble de courber la tête pour soumettre son cou aux lames d'une tondeuse, ce péché là, enfin avoué ( et à moitié pardonné donc ), est sans genre.

Alors je dois bien le confesser, cette parité me ravi et c'est certainement ce qui me laisse penser que les femmes aux cheveux courts sont plus proches de l'égalité avec les hommes.

Mais je peux me tromper....

Photo: Floriane Satre

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Mars 2016

Grasse matinée

Elle se dit que c'est dimanche et qu'elle peut bien rester encore au lit. Elle se laisse envahir par la langueur, garde les yeux clos, enfouie sa tête au creux de son bras, tiède.

Elle se dit qu'elle a de la chance et toutes les raisons d'être heureuse. Elle sait bien que tout cela ne dure pas et qu'il faut en profiter lorsque c'est là.

Elle se redresse soudain et les yeux toujours fermés, se gratte le crâne, ébouriffe ses cheveux. Elle se dit que le soleil et la mer les ont un peu desséchés. Elle se dit qu'elle devrait aller chez le coiffeur. Elle se dit qu'elle va les faire couper plus courts et que sa mère va encore la maudire lorsqu'elle l'aura fait. Elle se dit qu'elle aime bien ce blond qui lui donne un air d'ange. Elle sourit.

A travers la baie le soleil commence à mordre... Une odeur de café chaud, de pain grillé... Elle se réfugie sous le drap de coton qu'elle fait voler comme une grand'voile qu'on lance au mat. Elle retrouve la torpeur du sommeil, caresse sa nuque, la tête posée sur le bras...

Elle se dit qu'il faudrait bien profiter de ce beau temps, de ce café chaud et de ce pain grillé... Puis elle s'endort.

Photo: Conie Suarez Bravo

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Mars 2016

De l'ombre à la lumière

Il y a parfois peu à faire pour passer de l'ombre à la lumière. Mais il ne faut pas croire qu'il s'agit juste de se mettre dans le soleil... Si on n'y prend garde, on peut passer toute son existence dans une ombre que l'on croit confortable.

Je me rappelle bien ce que me disait une amie récemment: " Avant j'étais bien sûr comme toutes les autres, même type de vêtements, même style en général et les cheveux longs... banale... invisible. Et puis un jour, j'ai pris une paire de ciseaux et j'ai coupé mes cheveux, même pas très courts, une sorte de carré. Et c'est comme si les gens me découvraient, on venait me parler, on me regardait. J'avais été transparente et à présent j'existais..."

Je crois que j'en aurais des centaines de récit comme celui là.

A force de se fondre dans la masse, que l'on croit rassurante, on finit par être inaperçu(e). Et quelque fois, une simple coupe de cheveux vous fait passer dans la lumière.

Avoir du style, être soi même et ne pas avoir peur de le montrer, c'est déjà réussir une partie de sa vie...

Photo: Chris Born

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 25 Mars 2016

Paradoxalement

Les paradoxes ça me connait, j'en suis un moi même.

D'ailleurs je me demande s'il y a vraiment une incompatibilité entre audace et timidité? A priori, on a l'impression d'évoquer un mot et son contraire, mais finalement je ne le pense pas.

Cette "réserve" de bon aloi, héritage parfois d'une bonne éducation, que certains confondent avec la timidité, est bien loin d'être un frein à l'audace dont saurait faire preuve une femme aux cheveux courts.

Audace et impudeur peut être... Pourquoi je raconte tout ça moi?

Parce que je sais qu'il y a comme une nudité dans cette nuque dévoilée. Que ce cou allongé et nu, aux tentons saillants, à l'occiput tondu, est un attentat à la pudeur, soft et bien élevé, livré par une personne au naturel réservé mais à la sensualité avérée. Une sorte de paradoxe...

Photo: Jack Oconnor

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 23 Mars 2016

La nuit n'est jamais complète...

La nuit n'est jamais complète

Il y a toujours puisque je le dis

Puisque je l'affirme

Au bout du chagrin une fenêtre ouverte

une fenêtre éclairée

Il y a toujours un rêve qui veille

Désir à combler faim à satisfaire

Un coeur généreux

Une main tendue une main ouverte

Des yeux attentifs

Une vie la vie à se partager

Paul Eluard

Photo: Lily Olsen

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 22 Mars 2016

Point break

C'est tout de même agréable et confortable de savoir qu'on peut très bien avoir le crâne rasé un jour et six mois plus tard arborer une jolie coupe courte très tendance. Cette assurance d'avoir quelque chose en nous qui repousse systématiquement après qu'on l'ait coupé et qui soit plus glamour que nos ongles de pieds, c'est quand même plaisant.

Cependant, malgré cette certitude, il y en a encore qui considèrent une coupe de cheveux comme une véritable amputation, qui pleurent et qui geignent pour peu qu'elles perdent quelques centimètres de leur toison, comme ces apprenties modèles qu'on voit dans certains programmes de télévision.

A l'inverse, il y a des femmes aux cheveux courts qui, comme tout un chacun, aiment bien "changer". C'est humain et selon ce bon Houdar de la Motte, "de l'uniformité, un jour naquit l'ennui". Alors pour ne pas s'ennuyer, on abandonne un temps les visites chez le coiffeur, le plus dur étant les six premiers mois. Après c'est Terra incognita.

Pourtant, j'ai moi cette conviction que les femmes aux cheveux courts, les vraies, celles qui ont le caractère à ça, celles qui l'ont été depuis longtemps, où qui l'ont toujours souhaité avant de le réaliser, celles là, même si elles font un "écart", quelques temps, juste pour voir, reviennent toujours à leur petite tête avec une sorte de soulagement, un plaisir infini et inexplicable et l'infaillible assurance qu'elles sont des femmes aux cheveux courts.

Modèle: Vlada Cox pour Schwartzkopf

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 19 Mars 2016

Quartier Libre: Lucile

« «- Alors, tu vas vraiment faire ça ? « Evoquer tes souvenirs d’enfance »… Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux « évoquer tes souvenirs »… Il n’y a pas à tortiller, c’est bien ça. »

C’est ainsi que Nathalie Sarraute entame son roman Enfance et l’enfance est précisément le point d’ancrage de l’histoire de mes cheveux courts. Non parce que je les arborais tondus enfant, bien au contraire. Mais parce que c’est à partir de cette période que s’est construit le désir de déconstruction du genre qu’on m’assignait alors. Comme bon nombre de petits êtres, j’étais le fruit de l’amour d’une union hétéroparentale. Petite fille modèle d’une mère qui faisait de moi la Camille ou autre Madeleine de Fleurville des livres de la Comtesse de Ségur qui peuplaient ma bibliothèque. Avec mon père, au contraire, l’enfant rangeait ses robes à volants et les petits nœuds fleuris de ses longs cheveux pour enfiler une paire de vieux jean, des bottes défraichies et un intemporel chapeau de feutre pour aller courir les bois.

Une dualité très vite marquée que traduira a posteriori ma coupe de cheveux alors synecdoque de mon identité.

L’être grandit et prend conscience des mécanismes qui font d’elle ce qu’elle est. Evoluer dans une société hétéropatriarcale régie par le principe de binarité homme/femme, masculin/ féminin et l’ordre sacro-saint sexe-genre-désir engendrent paradoxalement des foyers de résistance dont les cheveux courts ne représentent qu’une déclinaison.

Rapidement, un désir de rupture se fait sentir, l’envie de se construire contre (hors ?) cette image que ma famille et la société projettent en moi devient de plus en plus pressante. Mon identité entre en questionnement et s’accompagne d’un processus de déconstruction en vue d’en extraire l’essence, ces pièces dépossédées de tout diktat que je réutiliserai dans ma future composition. Qui suis-je, qui se cache au fond de moi ? Dès lors, je comprends que je suis/ est un sujet à l’aube d’un important travail, le work-in-progress peut commencer.

C’est finalement à mes vingt et un ans que je fais mon entrée au monde, la nuque découverte et le visage dégagé. C’est également l’âge à partir duquel je m’engage sur la scène militante. Mon corps en voie de réappropriation se découvre être une véritable arme politique, un moyen de lutte contre les stéréotypes de genre doublé d’un outil très efficace capable de renverser les codes et de créer dans une autre zone une prise de position affranchie de tout clivage.

Derrière mes cheveux courts se cache un plaisir évident, un goût tout particulier pour le travestissement corroboré par le port de costumes et de nœuds papillon, par exemple. M’appeler Lucile et avoir les cheveux courts devient un acte de subversion et la prise de conscience que mon corps est politique.

Quartier Libre: Lucile

Somme toute, les années passent et la tondeuse devient l’allié indispensable à cette nuque que j’aime impeccablement taillée. J’imagine que d’un point de vue esthétique, au-delà du charisme que peut être en mesure de révéler une coupe très courte, s’instaure un certain engouement, une addiction. Surprenant au début, mais rapidement, on ne peut déjà plus s’en passer. Comme la première gorgée de bière, le premier coup de tondeuse…

Finalement, se définit une nouvelle zone -queer- qui « ne consiste pas à établir le féminin via une voie de différenciation ou d’exclusion du masculin, ce qui consoliderait la hiérarchie et les relations binaires à travers une inversion des valeurs dans lesquelles les femmes représentent le champ des valeurs positives. Face à une stratégie qui renforce l’identité des femmes et via un procédé exclusif de différentiation, [nous autres, femmes aux cheveux courts] en propos[ons] une autre, de réappropriation et de reformulation subversives des « valeurs » qui au début semblaient correspondre au champ masculin ».

Or, porter les cheveux courts alimentent l’archétype et le cliché lesbien ; là est le paradoxe des pratiques subversives lesquelles, comme le rappelle Judith Butler dans Trouble dans le genre, « courent toujours le risque de devenir des clichés qui assoupissent à force d’être répétées, et surtout, en étant répétées dans une culture dans laquelle tout est considéré comme marchandise, et dans laquelle « subversion » a une valeur marchande ».

Déstabilisant paradoxe qu’est finalement celui d’encenser la différence pour finir par converger vers un groupe homogène (tout du moins en apparence), celui des femmes aux cheveux courts…


Texte & photos: Lucile Dampierre

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 19 Mars 2016

Le jour se lève...

De ses rêves nocturnes il reste quelques traces encore. Le jour qui se lève est sur le point de l'éveiller, mais la douceur du drap et la chaleur du corps l'entraînent à vagabonder parmi ses fantasmes. Sa libido n'en manque pas, c'est ainsi lorsqu'on ne tourne le dos à aucun plaisir, toutes ces images qui impriment sa mémoire, estampillées du sceau du désir... Selon l'humeur du jour, ce sera ce beau gosse tout juste débarqué de sa Bonneville, comme Eastwood descend de son cheval ou cette blonde au regard carnassier chez le coiffeur, qui faisait tondre sa nuque... L'image reste un peu floue, tourne en boucle, tandis que d'une main agile, de doigts experts, elle caresse son sexe déjà humide. Elle repousse le drap et d'une autre main pétrie son sein, excite le téton presque dur... Le scénario se met en place, le désir s'élance au fur et à mesure des images qui défilent dans son théâtre intime. Elle souffle, plus vite, plus court, ses reins se tendent, elle se cambre, la tête enfouie dans l'oreiller et bientôt gémit. Son ventre brûle et le sang tape sur ses tempes, son corps tout entier se tend comme un arc et brusquement un terrible éclair la foudroie lui arrachant un cri qu'elle n'a fait aucun effort pour retenir.

Les doigts poisseux se frottent sur le ventre dur, asséchant la cyprine, tandis qu'elle respire plus lentement à présent et que son corps frissonne, comme parcouru de décharges de courant résiduel... Le jour est levé.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

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Publié le 18 Mars 2016

Rédigé par jeaneg

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