Publié le 31 Décembre 2012

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Toute l'atmosphère était remplie du parfum si particulier du tabac virginien. Il avait eu droit à une bouffée à peine, en allumant la cigarette et elle la lui avait pris des lèvres, avalant à son tour, voluptueusement, la fumée au goût de miel. Elle avait de l'élégance dans son geste et les volutes bleues nimbaient sa silhouette.

Il était appuyé sur un coude et sans sourire l'observait. Elle faisait mine de l'ignorer, concentrée sur elle même, les bras un peu serrés sur sa poitrine. Elle exhala un nuage terne, ébouriffa la mèche qui barrait son front et le fixa, droit dans les yeux

"- Tu les aimes mes seins?

- Oui...

- Et mes fesses, tu les aimes mes fesses?

- Oui, aussi...

- Et mes épaules?

- Oui...

- Mais tu ne trouves pas que j'ai un corps de garçon un peu?

- Si, je trouve

- Et tu m'aimes malgré tout?

- Je t'aime exactement comme tu es..." 

Elle glissa une main sur sa nuque, cherchant à empoigner les cheveux, y parvenant à peine. Sa main remonta à rebrousse mettant sa chevelure en désordre. Un sourire étira le coin de ses lèvres et son regard devint espiègle

"- J'ai les cheveux longs hein?

- Un peu oui... non je plaisante!

- Mon oeil oui!... Tu m'aimerais aussi si j'avais les cheveux longs? 

- Tu es bête... Ce ne sont pas tes seins, tes fesses ou tes cheveux courts que j'aime, c'est toi. " Totalement, tendrement, tragiquement..."

 

 

Photo: Lundesnombreux

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 29 Décembre 2012

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Tout le monde était tombé d'accord pour renvoyer Tao en mission. Le plus vite possible. Le soir même elle partait pour Genève. Sur place une équipe du SA l'attendait dans une villa des hauteurs de Cologny.

Replonger dans l'action pouvait être une bonne thérapie, malgré toute la noirceur de ce monde sans foi ni règles. Comme d'habitude le dossier était déjà ficelé. Tao intervenait uniquement dans l'exécution... dans tous les sens du terme. Elle était tout à la fois pièce maîtresse et fusible. Si elle échouait, elle n'appartenait pas officiellement au Service et finirait certainement sa vie en prison en cas de capture. Sinon, ce ne serait qu'un cadavre de plus pour noircir son âme perdue.

"Pollux" était un banquier italien, grand argentier, entre autre, des groupes terroristes sahéliens. Il avait ses habitudes au Grand Hôtel Kempinski lorsqu'il était à Genève. Il y était justement et lorsque Tao pénétra dans sa suite, elle le surpris dans un bain de mousse parfumée. Avant qu'il pu réagir vraiment la première balle avait pénétrée par l'oeil droit et le pchuuuu du cigare tombant dans l'eau du bain fit plus de bruit que les trois autres coups tirés par le Sig Sauer...

Au moment de quitter la suite, Tao tomba nez à nez avec une jolie blonde qui semblait avoir à peine 20 ans. Mauvaise surprise... Elle hésita. L'instinct lui commandait de ne pas la laisser vivante derrière elle. La fille était nue et semblait terrorisée. Les deux femmes se faisaient face. Finalement Tao tendit le bras et lui caressa la joue: 

"Oublies tout et fous le camp si tu veux vivre". C'était peut être une erreur... une erreur fatale.

 

Photo: Thomas Earl White

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Publié le 28 Décembre 2012

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Quand j'entends ma voisine, pensant me contenter, déclarer que les cheveux courts c'est bien " parce que c'est pratique et économique" j'ai presque toujours envie de bondir sur ma Kalashnikov et transformer mon paisible quartier en highschool du MiddleWest. Parce que, à moins de se contenter d'une coupe de footballeur de seconde division avec un sabot n°3 sur la tondeuse achetée au supermarché du coin, les cheveux courts c'est tout ce qu'il y a de moins économique. Au contraire même. C'est un style, un état d'esprit, une façon d'exprimer son caractère. Et quand on a du style on supporte difficilement l'approximation et encore moins le négligé. Et donc, à moins d'être sérieusement en cheville avec un coiffeur digne de ce nom, il faut consacrer du temps et des pépètes pour avoir une coupe de cheveux toujours impeccable, la carré tracé au millimètre, le dégradé parfaitement fondu, la nuque finement ciselée et la frange balayée...

Alors en comparaison d'Armande A. ou de Brigitte B. qui, elles, n'ont besoin que d'une aiguille à tricoter ( ou deux ) pour ramasser leur meule de foin et la faire tenir en une motte improbable sur leur tête, c'est sûr, le compte est vite fait.

Non, les cheveux courts ce n'est pas "économique", même si ça peut être pratique. Ce serait plutôt la marque d'une grande estime de soi, un besoin d'accorder son image à son esprit, une façon de se plaire sans aucune concession... Se dire "qu'on le vaut bien". 

 

Photo: Jate Fairy

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 27 Décembre 2012

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Il lui avait dit, un soir, dans un murmure. Cela faisait plusieurs mois qu'il y pensait, chaque jour, sans oser... Et puis de cet amour qu'ils s'échangeaient est née la confiance et la confiance l'a rassuré. Alors il s'est lancé dans cet aveu puisque chacun livrait ses secrets. Et tous ses mots étaient accompagnés par des gestes, délicats, sensuels si bien qu'elle se laissait emporter par l'érotisme de son langage et de ses caresses. Elle l'a laissé parler et leur corps se sont échauffés... Enfin à son tour elle a pris le ton des révélations pour avouer son soulagement. Depuis longtemps elle y pensait et son envie était obstruée par un monceau de clichés.

Soudain ces deux là avaient le sentiment de fusionner. Lui l'amoureux de son corps et de son âme, aimait sa nuque et le satin de sa peau. Il aimait les cheveux courts, comme une toison soyeuse, son cou, sa gorge, ses oreilles, délicates sculptures... Et elle avait cette envie d'être elle même, sans artifice, excitée parfois de révéler, au delà de son caractère, une touche de son masculin. Elle l'aurait fait de toute façon, mais imaginait que peut être son amoureux en serait peiné, le pensant comme tant d'autre attaché à cette image stéréotypée de la femme aux cheveux longs.

L'aveu les avait libérés l'un et l'autre, les rendant plus forts, plus beaux et plus amoureux encore.

 

Photo: inconnu

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Publié le 26 Décembre 2012

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Forcément, c'est une grande résolution. Et l'échéance approche, puisqu'il faut un seuil, une date où tout commence, on s'en remet à Sylvestre, le saint du dernier jour pour avoir le courage de réaliser son voeux à cette date précise. Nouveau jour, nouvel an et nouveau moi. 

Mouais, plus facile à dire, comme toujours. Arrêter de fumer, arrêter le foie gras, arrêter de regarder TF1... tout ça c'est presque un rêve et on voudrait, simplement parce que le calendrier change les chiffres, s'y tenir à la lettre. Pourtant, si on y réfléchit un instant, ce n'est pas grand chose finalement, être soi même. Se couper les cheveux juste parce qu'on en a envie. S'accepter tel qu'on est...

En découvrant dans mon magazine pipole une photo de cette actrice que tout le monde, en cette période de cadeau, voit à longueur de pub vanter les mérites d'un parfum français, vêtue d'une robe de princesse et dont la blondeur s'accorde au métal précieux dont il est question et la voir ainsi au naturel, je me dis :" M....!" ( ou bullshit! si vous préférez ) Comment fait elle? Quelle audace, quel courage. Elle aurait les moyens de toujours paraître sous l'image de la grande et belle blonde, talentueuse autant pour sa plastique que pour son charisme. Eh bien non, cette femme est authentique. jusqu'à ses cheveux poivre et sel et tondus. Et c'est certainement plus compliqué à assumer pour un personnage public que pour vous et moi. 

Alors ça donne du courage et ça fait réfléchir ( et réciproquement ). Une vie dans laquelle on passerait à côté de soi même ce serait moche. S'endormir chaque soir en rêvant sa vraie vie, ou se haïr face à soi même en se brossant les dents parce qu'on a pas été capable d'être authentique, au moins une fois...

 

Photo: Charlize Theron

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Publié le 25 Décembre 2012

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Ce soir le vent qui frappe à ma porte
Me parle des amours mortes
Devant le feu qui s' éteint
Ce soir c'est une chanson d'automne
Dans la maison qui frissonne
Et je pense aux jours lointains

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d'avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

Bonheur fané, cheveux au vent
Baisers volés, rêves mouvants
Que reste-t-il de tout cela
Dites-le-moi

Un petit village, un vieux clocher
Un paysage si bien caché
Et dans un nuage le cher visage
De mon passé

Les mots les mots tendres qu'on murmure
Les caresses les plus pures
Les serments au fond des bois
Les fleurs qu'on retrouve dans un livre
Dont le parfum vous enivre
Se sont envolés pourquoi?

 

Texte: Ch. Trenet

Photo: Ilona Friederici


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Publié le 24 Décembre 2012

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Imaginer que la veille de Noël est un moment opportun pour faire de grandes révélations, ça peut avoir du sens. Après tout, cette période est propice aux absolutions en tout genre, alors pourquoi ne pas en profiter? Débarquer au beau milieu de la famille avec son nouveau fiancé qui affiche 20 ans de plus au compteur, révéler son homosexualité, son nouveau piercing, un tatouage, une scarification ou bien encore apparaître avec la coupe en brosse de Miley Cyrus alors que tout le monde vous connaît depuis toujours avec une magnifique et opulente chevelure...

Oubliez!

Et gardez ça pour les bonnes résolutions à mettre en oeuvre l'année prochaine. Parce que Noël ce n'est pas fait pour ça. Noël c'est juste LA fête traditionnelle et familiale à laquelle il ne faut aucune excentricité. Rien, nada, nothing, qu'dale!

Contentez vous de faire briller la carte bleue, d'acheter foie gras et saumon, de faire des cadeaux que vous retrouverez le lendemain sur Internet et patientez.... jusqu'à la semaine prochaine.

 

Photo: Patrick Demarchelier

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Publié le 23 Décembre 2012

Chadwick Tyler-41

Dimanche matin. Les draps sont encore chauds et l'oreiller marqué de son parfum. La pièce est inondée de lumière depuis un moment déjà, mais ils ont poursuivit leurs jeux, de baisers et de caresses, jusqu'à ce que, soudain, elle se lève et enfile un t-shirt. Sans gémir il l'a regardée s'éloigner vers le contre-jour, fixant dans ses rétines son allure d'éphèbe, les tendons de sa nuque, ses épaules un peu haussées, ses hanches droites et la rose, juste éclose, sur sa fesses rebondie...

Les yeux refermés sur cette vision et le nez enfoui dans ses parfums et ses odeurs, une vigueur nouvelle et douloureuse lui est venue. Il l'a retrouvée en quelques pas et elle a accueilli ses mains autour de sa taille, caressant ses bras nus. Le corps plaqué contre ses reins elle s'est laissé aller, dans un soupir et sa tête en arrière est venue contre sa gorge. De son nez il a parcouru le creux de la nuque et son souffle tiède a déclenché une cascade de frissons qui ont secoués son corps. Ses mains en arrière elle a saisi le membre tendu, l'invitant à son intimité...

Dimanche matin. L'odeur du café et des toasts brûlants... Et leurs odeurs mêlées, de sueur et de parfum, au milieu des ustensiles un peu chamboulés sur le plan de travail. Ils reprennent leur souffle, se sourient et s'embrassent, sans que ses doigts ne puissent quitter cette nuque tondue, provoquant encore, ça et là d'autres soubresauts, comme ces petits séismes qui poursuivent l'éruption du volcan.

 

Photo: Chadwick Tyler


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Publié le 22 Décembre 2012

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Il y a fort fort longtemps, un courant irrésistible a entraîné la société toute entière dans un élan jusque là inconnu. La guerre était passée par là, comme pour sceller définitivement le changement, comme si toute cette horreur avait fait prendre conscience aux hommes et aux femmes que l'essentiel était ailleurs...

Du coup on aurait presque pu croire à une vraie parité. La mode et les tendances ont aidé à "visualiser", mais les mentalités changeaient réellement. Au mépris de la Loi, les femmes se sont mise à porter des pantalons, à fumer en public. Et puis aussi elles ont coupé leurs cheveux. Ca n'a l'air de rien aujourd'hui, on ne l'imagine plus, mais la révolution a été violente avant que l'on puisse voir côte à côte, presque identiques cet homme et cette femme partager le feu pour leur cigarette. Le symbole aurait été parfait si en plus la femme avait été au volant, mais ça... Enfin on était bien parti!

Et puis catastrophe, une autre guerre, différente, est venue tout rebouleverser. Et sitôt terminée, c'est comme si la société était victime d'un accident spacio-temporel. L'homme reprenait le manche et replongeait la tête de la femme dans le seau ménager, parfois même après l'avoir tondue, juste histoire de lui rappeler qui était le maître. Et je crois que de cet accident, malgré les progrès indiscutables, la femme a encore du mal à se remettre.

 

Photo: Paul Wolf

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Publié le 20 Décembre 2012

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Des jours elle pense à ça... Les paroles de la chanson du Boss tournent dans sa tête, elle les fredonne parfois et la mélodie est plus douce, mais l'angoisse reste la même. Ces jours et ces nuits qui se succèdent, qui donnent le sentiment que la vie, sa vie, ce n'est pas ça...

Et elle s'en veut. Elle s'en veut d'être comme engluée dans cette vie là, alors qu'un peu de courage pourrait l'emporter, déchirer son paysage, éclairer son quotidien. 

Des fois l'espoir gonfle son coeur. Un jour l'amour allumera ce feu qui la dévorera et plus rien ne sera comme maintenant. Elle quittera ses vêtements sombres, elle coupera ses cheveux, elle sera nouvelle et lumineuse...

Et puis demain arrive, elle s'étourdi, se fatigue, s'épuise et personne n'est capable de l'entraîner dans la lumière.

Alors elle relève le col de son manteau, cache son regard sous sa frange et rentre sans force...

 

Photo: Anka Zhuravleva

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