Publié le 24 Mars 2017

Hier, Jordane s'est fait couper les cheveux. Elle était un peu loin de ses habitudes, mais décidée à ne plus supporter sa coupe trop longue, elle est entré dans ce salon de coiffure...

"La peur du nouveau salon. Pitié, faites qu'elle ne fasse pas la tronche quand je lui demanderai de couper. 
Trépigner sur le siège. Appréhender le premier coup de ciseaux, revivre au doux bruit de la tondeuse. Ouf. L'angoisse de l'inconnu envolée. J'ai trouvé mon nouveau repaire. 
Le plaisir retrouvé de la nuque nette. Mes "cheveux de peluche", comme ils disent.
Ma coupe de petit garçon sage, ou de pétard, selon l'humeur du jour. /Je me sens comme un putain de phoenix"

Ce n'est jamais rien de s'aventurer dans un salon qu'on ne connait pas. il faut de l'audace, de la conviction. Surmonter une petite peur irraisonnée. Mais est-ce que ce trac est plus fort selon qu'on pénètre dans un salon à quelques kilomètres de chez soi ou à l'autre bout du monde, où qu'on entre dans un salon "pour hommes"?

Pas sûr... Mais l'audace, l'audace... n'est-ce pas une des qualités que montrent toujours les femmes aux cheveux courts?

Photo et extrait: Jordane L.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 23 Mars 2017

Laissez moi mourir!

BREAKING NEWS

Bon ben voilà, la nouvelle est tombée, relayée par toute la presse ( enfin presque ) 

M'ame Cordula, celle que le bon peuple sans imagination prend constamment pour exemple quand on parle de femme aux cheveux courts, la plus connue de toutes les coupes de cheveux du PAF, vient de révéler "le prix qu'ça coûte"!

Et franchement, ça me fait mal aux côtelettes d'apprendre ça.

Bon alors comme toute femme aux cheveux courts qui se respecte, madame va chez le coiffeur chaque mois pour rafraîchir sa coupe que je qualifierai de "basique" et que d'autres diraient "garçonne", ce qui est aujourd'hui quasi un titre générique ( oui comme les médocs , fait une petite couleur pour "couvrir" ses cheveux blancs ( ben oui 52 balais le top model quand même... ) et tout ça pour...  je vous l'donne Emile : 450,00€

Ok, on respire par la bouche, on contrôle... pas de panique. Evidement, à ce prix là, on est pas sur du coiffeur de quartier. Non non non, c'est pas le barbier du coin. C'est un "grand salon parisien" comme on dit, où le coup de ciseaux est facturé.. je sais pas moi... environ 25€ pièce. 

Non mais franchement! Est-ce que c'est un exemple ça? Est-ce que c'est comme ça qu'on fait la promotion des femmes aux cheveux courts, de la femme authentique, de l'audacieuse, de la badass, de celle qui ne doit rien à personne... Bon aller... laissez moi mourir.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 22 Mars 2017

Une question se pose

Une question oui, mais laquelle?

Deux corps se tiennent l'un l'autre, enlacés et on ne les voit que de dos. Deux corps plutôt fins surmontés chacun d'une tête, l'une blonde l'autre brune. Le vêtement n'est d'aucune information, un t-shirt noir, une chemise blanche...

Reste la coupe de cheveux. Et c'est à partir de là qu'une question se pose et selon le degré d'évolution, cette question diffère de l'un à l'autre.

Les deux têtes ont la nuque rasée, proprement, minutieusement. La tête blonde a le reste coiffé un peu au bol tandis que la brune a une raie sur le côté... Un esprit peu ouvert et mal dégrossi verra d'un seul coup d'oeil deux garçons se tenant tendrement et en sera révolté. Un autre à l'esprit plus large, mais peu éveillé verra lui aussi deux garçons, sans y voir d'anomalie. Un troisième, peut être plus malin, ou plus observateur, devinera un garçon aux cheveux brun et une fille blonde. Il se dira que la fille a les cheveux bien courts "pour une fille". 

Mais qui, sans voir leur visage, pensera voir deux jeunes femmes? A cette révélation, l'esprit peu ouvert en sera toujours révolté, mais moins, après tout les filles ensemble, c'est mignon (sic), l'autre esprit, plus large, se demandera pourquoi diable deux filles se coupent les cheveux si courts et le troisième ne voudra pas croire ce qu'on lui dit... Pourtant c'est juste la question qui fait naitre l'anomalie. Du coup nos trois esprits n'auront plus qu'une seule question: pourquoi deux jeunes femmes se coupent elles les cheveux si courts, au point de les avoir mis tous en défaut? 

Celui ou celle qui ne se la pose pas, ne verra que deux êtres qui paraissent s'aimer et se manifestent de la tendresse. Et si on lui révèle qu'il s'agit de deux femmes, il ou elle les trouvera bien stylées, audacieuses et sexy... Voilà tout.

Photo: Elisa & Cannelle

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 21 Mars 2017

Comment diable est-ce qu'on peut passer 8 ans à parler quasi quotidiennement des femmes et de leurs cheveux courts sans passer pour un être futile qui n'a sans doute pas grand chose à faire de ses journées pour se consacrer à autant de frivolité?

C'est certainement la question que pourraient se poser toutes celles et tout ceux qui se sentent en sécurité dans les schémas ancestraux d'une bonne vieille société patriarcale. Je l'avoue, ce blog n'avait d'autre but, à l'origine, que d'assouvir mon envie de révéler l'admiration que je voue aux femmes et la dilection que j'ai à parler de leurs cheveux courts. Et puis, petit à petit, j'ai perçu très clairement qu'il n'y avait rien d'anodin dans tout ce qui touchait les cheveux et la longueur qu'on leur donne. Ainsi, ces femmes aux cheveux courts que j'adule se sont rapidement révélées des pionnières, des aventurières, des militantes, des exceptions. Certaines ne voient que l'esthétique de leur coiffure, ce qui leur va le mieux, d'autres, habituées des minorités, démontrent à quel point elles ne veulent pas entrer dans les cases, d'autres encore ont cette dilection pour les sensations renouvelées à chaque passage chez le coiffeur...

Il faut être aveugle pour ne pas voir à quel point la coupe de cheveux est tout sauf une chose futile. Celles qui en sont adeptes connaissent la force que cela leur donne, la confiance qu'elles en acquièrent, les messages qu'elles peuvent véhiculer ou juste la satisfaction qu'elles ont à être, sans contraintes, maitres de leur image, en accord avec leur vraie nature et leur caractère.

Je sais bien moi, combien il est difficile pour certaines de résister plus de trois semaines avant de retrouver la légèreté de leur petite tête bien faite, la douceur de leur nuque dégagée, le style qui les rend invincible. Il n'y là rien de frivole, croyez moi.

Photo: Coline

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 17 Mars 2017

Un vendredi soir d'octobre, à 20h30, ma mère m'a emmenée chez un coiffeur. 

Croyez-bien que je l'ai relativement mal pris quand elle me l'annonça : je pris ça pour un genre de message subliminal, qui me disait '' ta coupe, c'est affreux, on va tenter de résoudre le problème ''. Merci Maman. Ne m'en veux pas si tu lis ça.
Et puis, quelle idée d'y aller si tard ?  Elle tenta de me le vendre à tout prix, et je finis par céder : la coiffeuse savait ce qui m'irait : elle faisait des miracles, paraît-il. Bon.
Situé au premier étage d'un vieil hôtel particulier au toit vernissé, muni d'une immense porte cochère, le salon semblait vouloir se dissimuler au regard des passants.
Je suis rentrée : un grand espace à l'architecture traditionnelle mais agencé avec modernité. Les murs en pierre apparente étaient rehaussé de unes de journaux. Une immense pile de livres en tous genre était apposée dans un coin ; dans un autre, une vitrine exposant des bijoux ; un immense miroir face à un siège ; une longue table en bois trônait au centre, recouverte de magazines, tels GQ, Elle... Une enceinte diffusait une musique lounge dans toute la pièce.
Ma mère s'assit sur une chaise, et je fis de même. Louise, la coiffeuse arriva : elle nous salua d'un grand sourire chaleureux.
Le temps de finir avec une cliente, et ce fut mon tour. Elle passa sa main dans l'immense tignasse que j'avais sur la tête. Cash, elle dit : '' Ca va pas du tout. C'est moche. On est dans de l'intermédiaire. '' Je commençais sérieusement à me dire que c'était un coup monté.
N'ayant pas d'autre choix que d'approuver, je hochais la tête.
Et là, le monde s'est écroulé. Pas le mien. Celui de ma mère. La coiffeuse s'est exclamée '' il faut raser '' ; j'ai jubilé, ma mère s'est effondrée. Le visage crispé, les bras croisés, un aveugle aurait pu voir sa réticence. Tentant de la rassurer vainement, la coiffeuse gagea que ce ne serait pas trop court.
    Une fois lavés, mes cheveux allaient expérimenter leur premier rasage. Ce fut une sensation étrange, puisque nouvelle. La délicatesse alliée à son professionnalisme me fit aimer immédiatement ce sentiment. Un petit peu hédoniste sur les bords, ce plaisir ressentit fut libérateur et apaisant. Je me promettais intérieurement de recommencer.
La nuque dégagée, un rasage léger sur les côtés, les oreilles nettes, une coupe fraîche : c'était parfait et innovant. Une mèche relevée pour un effet rock'n roll, ajoutée à mon blouson en cuir brun et mes converses montantes dessinaient un portrait adéquat. C'était cela qu'il manquait à ce look particulier : une coupe de cheveux.
    Ce fut approuvé par le cercle familial : parfait. Que demander de mieux ?
Plus court. Plus marqué, plus net. Changer encore.
La fois suivante, je changeais les règles du jeu. Je choisis ma coupe, et cela eu pour conséquence un incident diplomatique catastrophique. Ma mère, monarque souverain, émis un droit de veto : si je refaisais plus court encore une fois, ce serait votre humble serviteur qui devrait se débrouiller dans le financement de ses rendez-vous mensuels chez le coiffeur.
Je vous laisse deviner le choix que je fis.

 

Texte et photo: Marie C.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Chronique de Marie

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Publié le 17 Mars 2017

On vous souhaite un Beau Séjour

N'allez pas croire que je passe ma vie à regarder la télé, non non non. Mais en général je fais confiance à Arte pour occuper ma soirée quand je suis à la maison. Bon! A part cette révélation fondamentale sur ma vie privée, je dois aussi avouer que j'aime bien les fictions dont le personnage principal est féminin. Alors du coup, depuis quelques semaines je regarde " Beau Séjour", parce qu'au départ j'aime bien ce personnage de Kato, cette jeune femme d'aujourd'hui qui ressemble tellement à toutes celles que je croise chaque jour.

Un drame policier, tinté de métaphysique où l'héroïne, assassinée, cherche elle même les traces de son tueur parmi les vivants, dont certains peuvent encore la voir et l'entendre... Bref! 

On vous souhaite un Beau Séjour

Pas tellement de stéréotypes dans cette fiction belge. Au contraire même, familles recomposées, ambiance rurale... Kato ( Lynn Van Royen ), allure de tomboy, est une fille intelligente et aventureuse, qui fait de la moto et sort avec le beau gosse du coin. Mais on devine bien que sa vie n'est pas aussi lisse qu'il y parait...

L'enquête, la vraie, est menée par un couple de policières, bien loin elles aussi des stéréotypes du genre. Et j'avoue que c'est reposant.

On vous souhaite un Beau Séjour

Ah! Un dernier détail... Kato, si elle a un air d'adolescente, avec ses cheveux courts, son blouson et son sweat à capuche, est incarnée par une actrice de 28 ans, mère de famille. Belle performance! Comme quoi, les cheveux courts ça donne de la maturité aux ados et ça rajeuni les autres... CQFD

Bon ben du coup, le jeudi soir, vous savez où me trouver hein?

"Beau séjour" sur Arte le jeudi soir 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 16 Mars 2017

Question de style - Un portrait de Lena

 Pour rien au monde Lena ne voudrait avoir une autre nature de cheveux. Souple et lisse, une belle nature à l'évidence. Une chevelure épaisse, drue, soyeuse, idéale pour le style qu'elle affectionne... Et là, alors que toutes les jeunes femmes de son âge tenteraient de cultiver cette manne, pour les avoir longs en guise, pensent-elles, d'atout maître de leur féminité, et bien Lena, elle, adore qu'on les lui rase.

 

Question de style - Un portrait de Lena

Mais ce n'est pas juste histoire de prendre le monde à contre-pied. C'est sa façon à elle de surmonter la timidité, d'exprimer sa personnalité, de se rassurer et d'acquérir une confiance qui lui faisait défaut. 

Etonnement, alors que la plupart, timides et réservées, auraient conservé ce magnifique paravent, à la fois refuge et appât, Lena a eu besoin d'affirmer son androgynie. Alors, un peu avec le trac, mais déterminée, elle a tout fait couper, dans ce style qui allie si bien les genres. Depuis, toutes les deux semaines, elle a besoin de souligner à nouveau cette allure ambiguë, de retrouver sa nuque et ses tempes mises à nu... Paradoxalement c'est ce qui aujourd'hui la rend populaire auprès de son entourage et des inconnu(e)s du monde entier qui la suivent sur les réseaux sociaux. 

Question de style - Un portrait de LenaQuestion de style - Un portrait de Lena

Un style sans faille que finalement peu sont capables d'assumer, mais qui sans erreur possible désigne une jeune femme de tempérament, audacieuse et déterminée qui, à la manière des comédiens qui avouent leur timidité, se met en lumière pour lutter contre sa réserve naturelle.

 

Photos: Lena Cordiez

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 15 Mars 2017

Photo: Jason Bennett

Photo: Jason Bennett

Quand elle était petite, elle boudait lorsqu'une fois sur deux, ou sur trois on l'emmenait avec son frère chez le coiffeur. A chaque fois elle voulait qu'on lui coupe les cheveux comme le garçon, mais toujours elle ressortait avec cette coupe au carré de petite fille qu'elle détestait...

Et puis elle a grandie, elle est devenue femme. Mais cela n'a rien changé. Dans ses contes d'enfance c'était elle le prince charmant, pas la fille endormie, elle était Peter Pan, pas Wendy et quand adolescente elle lisait Jack London c'est bien elle qui barrait le Snark...

Aujourd'hui elle va toujours chez ce vieux coiffeur qui lui coupait les cheveux au carré. Mais à présent c'est à elle qu'il tond la nuque et le tour des oreilles. Elle est pourtant femme, adore souligner son regard de mascara et peindre ses lèvres. Elle porte des bijoux, glanés ici et là, des bagues d'argent et des colliers de turquoise. Elle s'aime en pantalon, en laine et en coton, se chausse en cuir parce que c'est plus pratique pour la moto... Elle n'en est pas moins femme. 

Au mur chez elle il y a cette grande carte du Monde où elle plante des épingles aux têtes colorées, ici des photos sans cadres et là des bibelots étranges... Parfois son coeur se laisse attraper, par un garçon ou une fille qui lui plait, mais l'appel du large la préserve des serments intenables. C'est le prix de sa liberté...

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 14 Mars 2017

Allez allez, on remballe Freud, Lacan et Dolto. Arrêtez de penser, chaque fois que vous voyez une fille avec les cheveux coupés très courts, que c'est parce que cette personne souffre de troubles de la personnalité, qu'elle a du mal à définir son genre, que bien que fille, elle se voudrait garçon et bla-bla-bla...

Essayez un peu d'élargir le champs , de desserrer l'étau dans lequel on maintient votre cerveau depuis trop longtemps et puis surtout essayez de ne pas tout mélanger.

D'accord, il y a des personnes qui n'aiment surtout pas qu'on les prennent pour des filles... Ok, certaines cherchent à se rendre visibles pour une communauté. Vrai encore, certaines apaisent leur dysphorie de genre en coupant leurs cheveux à la manière d'un garçon... 

Mais...

Il y a surtout des personnes qui affirment leur personnalité, des femmes qui n'ont pas peur d'inventer leur féminité, des filles qui aiment les codes masculins et ne craignent pas de se les approprier, des jeunes femmes bien dans leur peau, affranchies du regard de ceux qui à part médire ne savent rien de leur intimité et des raisons pour lesquelles elles aiment avoir cette allure qui cultive leur part de masculin et fait grincer les grincheux. Il y a des conquérantes, des guerrières, qui ont chacune un combat à mener. Surtout!

 

Photo: Kriss Photography

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 12 Mars 2017

Photo: @clai.rence

Photo: @clai.rence

C'était un dimanche matin. Un peu de pluie avait arrosé les rues de la ville mais l'air était doux comme au printemps. A cette heure l'endroit n'était pas très agité, on entendait un air de jazz au fond du bar, quelque chose de lent et suave. Le serveur avait à peine prête attention à elle, se contentant d'apporter le thé noir qu'elle avait commandé et de laisser la note, coincée sous un cendrier.

Sur son Moleskine elle avait gribouillé deux trois choses que l'atmosphère lui inspirait, une perspective, comme un chemin vers l'horizon, une bouche pulpeuse qui souriait, une silhouette sans visage, à la tête ronde... Elle esquissa un sourire, passa une main derrière son oreille, caressant les cheveux encore ras, ébouriffa vainement le dessus, encore trop dru, trop court pour être décoiffé, caressa la nuque rasée... Tant de choses avaient changé.

Elle se mit à écrire, d'une belle écriture ronde et légère.

"Ce jour là, ma vie a changé..." sans s'arrêter, sa plume courrait sur le papier, la délivrant de son histoire. Elle racontait sans le nommer, comment "il" l'avait enfermée dans sa propre vie, comment sa "gueule d'amour" l'avait trompée, comment "il" l'avait manipulée, bafouée et toutes ces rivières de larmes qu'elle avait versées... Jusqu'à ce mot: Adieu!

Elle est partie, brûlant tout derrière elle, ne laissant aucune trace. Elle s'est installée loin, dans une nouvelle vie. Dans cet élan, pleine de courage, elle a coupé ses cheveux, pas juste un peu, pas pour se plaire, non. C'est comme si en se dépouillant de sa chevelure elle renaissait, nouvelle, plus forte, enfin vivante. Sa tête fraîchement tondue lui est apparue familière, comme lorsqu'on retrouve une amie adorée et perdue de vue depuis trop longtemps. Son coeur cognait fort, elle était exaltée, excitée par cette peur au fur et à mesure qu'on la rasait. Elle souriait, les yeux bordés de larmes tout en se sentant infiniment légère, libre de tout. Elle s'est plu.

Depuis elle garde ses cheveux très courts, caressant volontiers sa tête comme l'enfant se rassure en serrant son doudou et à chaque fois se régénère, retrouvant un peu de cette exaltation du premier jour de sa nouvelle vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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