Publié le 31 Mars 2014

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J'avais oublié son regard, ses yeux presque translucides à force de bleu... Du temps est passé, pourtant la reporter semble toujours prête à jeter son sac sur l'épaule.

Je me rappelle de Marie Laure de Decker et d'un autoportrait dans les années 70. Elle avait une tête de moineau, maigre et déplumé. Son crâne rasé estampillait sa détermination. Elle avait abandonné son genre pour faire ce métier qui la fascine. De son propre aveu elle n'a jamais rien fait pour attirer le regard des hommes. Jamais! Ponctue-t-elle. Tout est question de sympathie.

A 20 ans elle part au Vietnam... Dit comme ça, 7 mots les uns au bout des autres, aujourd'hui ça pourrait presque ne pas impressionner. Mais en 70 c'est la guerre, la vraie.. celle qui attire comme un aimant les photographes "qui en ont". Quelques uns en mourront.

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Elle en revient, mariée pour toujours professionnellement à son agence qui bien plus tard la maltraitera. Sordide business...

Dans cette frise de 21 autoportraits c'est presque toute sa vie personnelle. Une vie d'aventurière, entre les plateaux de mode et les sables du Tchad. Une vie de femme aux cheveux courts... Aujourd'hui elle est une référence, son nom parmi les plus grands du reportage photo... et une héroïne dans mon panthéon.

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Photo: Eric Cabanis AFP

Autoportraits: Marie Laure de Decker

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Publié le 29 Mars 2014

Dessange.jpgJ'étais tranquille au bureau, en train de descendre un cappuccino, profitant du soleil printanier et de la vue sur mes contemporains, lorsqu'une amie de passage, m'apercevant de loin, m'annonça son imminent atterrissage à ma table par de grands gestes à la façon d'un matelot de la Marine à voile transmettant un message.

Résigné au sacrifice de ma sérénité, j'accueilli ma passagère et toute son exubérance. Finalement, j'ai beau dire, j'aime ce genre d'imprévu et ce petit grain d'épice qui vient réhausser la tonalité d'une journée banale. Je m'installais donc dans la posture qui me convient le mieux, celle de l'auditeur attentif.

Je passe les détails de la conversation dont le large éventail couvrait en quelques instants le dernier film vu au cinéma, les Oscars, la fashion week à Paris, le mystère d'un avion disparu et la nouvelle coupe de Vanessa Paradis... Cherchez l'intrus...

Et puis comme nous en étions à parler de sa coiffure, qui finalement n'en était plus une tellement elle n'avait pas vu son coiffeur depuis des lustres, elle finit par m'avouer que " oui oh tu sais les cheveux c'est pas si important que ça! "  Inutile de dire que j'ai manqué de peu un AVC, mais pas de m'étouffer avec ma gorgée de café chocolaté. 

Epongeant tant bien que mal mes postillons sur la table, je trouvais enfin la ressource nécessaire pour lui faire comprendre que sous son apparence anodine et futile, ce sujet avait justement quelque chose de fondamental dans notre comportement. Qu'il s'agissait de l'expression, quelques fois inconsciente, de notre personnalité même. Envie d'être soi même, envie de se libérer, envie de tourner la page, envie de se remonter le moral... direction le coiffeur. A ce niveau là, je pense qu'il faudrait sérieusement envisager un remboursement par la Sécu.

D'ailleurs tant qu'on y est, je crois que la lecture de ce blog devrait pouvoir être prescrite par les médecins... Ben quoi?

 

Photo: Publicité J.Dessange

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Mars 2014

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J’ai regardé devant moi
Dans la foule je t’ai vue
Parmi les blés je t’ai vue
Sous un arbre je t’ai vue

Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l’eau et du feu

L’été l’hiver je t’ai vue
Dans ma maison je t’ai vue
Entre mes bras je t’ai vue
Dans mes rêves je t’ai vue

Je ne te quitterai plus.

 

Paul Eluard - Air Vif - Derniers poèmes d'Amour

Photo: Dorith Mous

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Publié le 26 Mars 2014

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Je crois bien que cela a toujours existé. Toujours et partout, quelle que soit la cause, quel que soit le pays, de tous temps des femmes se sont engagées auprès des hommes pour combattre dans les armées. Depuis l'Antiquité, chaque guerre a un exemple à nous offrir...

Sauf que cela leur était la plupart du temps interdit. La seule solution pour ces intrépides, déterminées plus que d'autres, était de se glisser dans la peau d'un homme. Camoufler leur poitrine si elle était trop visible et le plus souvent couper leurs cheveux, parce que quelque soient les époques, les soldats, en vrai, ont rarement eut les cheveux longs. 

Mais je me plais à croire que ce travestissement était l'expression d'un désir et un vrai plaisir à se placer sur le même pied que les hommes et que ces femmes courageuses étaient déjà, avant même l'aventure, des "garçons manqués" comme on dit aujourd'hui. De celles pour qui, naturellement tout était possible et puisqu'un homme le fait elles peuvent le faire aussi, sans se poser de question. Après, la cause, l'engagement transcende tout le reste bien sûr.

Mais quand j'y pense... C'est assez fou tout de même que des femmes aient dû se déguiser en homme pour aller se battre... Un sacrifice encore plus énorme, un summum de l'abnégation, puisque si elles survivaient, une fois la paix revenue il leur fallait retrouver leur vraie identité et ne jamais faire valoir leurs exploits... A méditer.

 

 

Photo: Errol Douglas

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Publié le 24 Mars 2014

En rencontrant Mathilda, j'ai rencontré aussi une foule de ses ami(e)s. Parmi elles j'ai découvert Roberta Carrese, une chanteuse italienne à la voix chaude et grave, qui a bien voulu pour Les Femmes aux cheveux courts, en quelques mots, raconter pourquoi elle avait récemment coupé ses cheveux. Le résultat est stupéfiant...

Roberta-2.jpgI moved to Rome almost

six months ago and the reality I found myself into once in the city was totally (and maybe terrifyingly) different from the one I came from. Here, you're constantly put under pressure by the judgement of people upon your look. Most of the times, it speaks for you. Soon I understood the way I looked didn't conform with the way I felt so I decided to cut my hair short and, at the meantime, cut the past out. This haircut is a sort of clean break with everything I was before; since I cut my hair I've started to look at myself differently and I'm pretty sure others can perceive this metamorphosis too. I needed to discover and find a new me, inside and outside. Moreover I wanted to give my rebel side a voice and I wanted it to be the loudest ever possible, it was like I was saying "Hey, here it is: this is who I am. Can you actually see ME now? I don't need to justify myself or apologize for this". Having a short hair makes me feel closer to men, it has made me stronger and has convinced me that yes, I'm a woman but I got balls! It seems like it's not just a way to spend less time drying my hair after the shower, after all. Don't you think?

"J'ai déménagé à Rome il y a presque 6 mois de cela et la réalité à laquelle j'ai été confrontée une fois dans la ville était totalement ( et peut être de manière effrayante )bien différente de celle pour laquelle j'étais venue.

Ici, on est constamment soumis au jugement des gens qui vous regardent. La plupart du temps d'ailleurs on parle pour vous.

J'ai bientôt compris que je ne me comportais pas comme je sentais que je devais le faire, alors je me suis coupé les cheveux, courts et par la même occasion rompu avec le passé.

Cette coupe de cheveux c'est comme un coup de balai sur tout ce que j'étais auparavant. Depuis que je me suis coupé les cheveux j'ai sur moi même un regard différent et je suis persuadée que les autres peuvent aussi percevoir cette métamorphose.

J'avais besoin de découvrir et de trouver un nouveau moi même, à l'intérieur comme à l'extérieur. Encore mieux, je voulais donner à mon côté rebelle une voix qui soit la plus forte possible, comme si je disais" Hé! Je suis là. C'est ainsi que je suis. Pouvez vous me voir MOI réellement maintenant? Je n'ai pas besoin de me justifier ou de m'excuser pour cela"

Avoir les cheveux courts m'a rapproché des hommes, cela m'a rendue plus forte et m'a convaincue que oui, je suis une femme " qui en a "!

Il semblerait que ce ne soit pas juste passer un peu moins de temps à sècher ses cheveux après la douche.

... Vous ne pensez pas?"

Le discours d'une vraie femme aux cheveux courts en somme....

 

Photo: Jack Rubinstain

Model: Roberta Carrese


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Publié le 23 Mars 2014

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Voyez vous, ces choses là ne sont pas permises à tout le monde. Je sais, c'est trop injuste. C'est une question de personnalité, de charisme. Et paradoxalement, la timidité n'empêche en rien d'avoir du charisme. Personnellement, sans avoir aucun préjugé, simplement par esthétisme, je n'ai jamais vraiment aimé les coupes de cheveux trop "excentriques" et encore moins les piercing dans le nez qui souvent finissent par me faire penser à quelques bovins dessinés par Tex Avery. Bon ben les goûts et les couleurs hein?...

Mais je ne suis pas à un paradoxe près, je suis moi même un paradoxe. Maintenant que je connais un peu Mathilda, j'aurais du mal à l'imaginer coiffée différemment tellement cette coupe est idéalement originale et je finirais presque par trouver le septum élégant, comme quoi...

J'en conclu que c'est la nature, le caractère de ce timide tomboy, révélé par les clichés de Pascal Pierrou, son sourire désarmant et sa simplicité loin de tout effet de séduction, qui provoquent cette réaction chez moi. Et puis il y a aussi peut être l'impression de retrouver, à travers ce portrait en particulier, l'image de Delf, mon amie soeur, mon âme féminine... Bref je suis séduit. Tout comme le presque milliers de gens qui ont "aimé" le sourire de Mathilda sur la page FB de ce blog.

 

 

Photo: Pascal Pierrou

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Publié le 22 Mars 2014

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Elle a saisi fermement le boitier et porte l'objectif devant son oeil. C'est juste une photographie, comme on en fait des centaines quand on aime cet art. Rien n'est vraiment calculé, la lumière est naturelle, elle se concentre un peu sur la mise au point devant le miroir, pour qu'apparaisse, à peine dissimulé, son demi visage et ... clic!

La voilà immortelle.

Si la photo lui plait, elle passera de l'appareil à l'ordinateur puis sur les réseaux et le monde entier pourra découvrir l'androgyne au visage concentré sur ce miroir qui reflète sa silhouette aux cheveux courts. 

Ça n'a l'air de rien, mais c'est important ces cheveux courts, toujours très courts, toujours plus courts. Si on lui pose la question elle est capable de se rappeler la date précise à laquelle elle les coupa la première fois... Presque le premier jour du reste de sa vie, celui où elle s'est sentie enfin elle même, débarrassée des stéréotypes et des désirs des autres...

 

La photo n'est pas mal. Elle en fera d'autre mais n'allez pas vous imaginer qu'il s'agit de narcissisme, c'est juste une photographie, comme on en fait des centaines quand on aime cet art... et que le modèle est joli

 

 

Photo: Pii

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Publié le 20 Mars 2014

Les habitué(e)s de ce blog la connaissent. Elle a illustré plus d'un article avec sa silhouette androgyne et incarné l'image de Tao, ma chère héroïne. 

Dans la vie Courtney McCullough est modèle et actrice ( les plus attentifs l'auront reconnue dans la pub Mini mais elle a tourné aussi dans des courts métrages comme Happy Accidents avec un vrai talent)

Elle est surtout une belle personne, curieuse du monde qui l'entoure, simple et accessible. La preuve c'est qu'elle a bien voulu répondre à mes questions et elle l'a tellement bien fait que je vous livre son texte tel quel, à la façon d'un Quartier Libre...

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I have always had long hair throughout my life until 5 years ago.  I was living in Israel and a friend wanted to cut my hair.  She was not a professional and I felt skeptical but I also thought I might like the change, and in the worst case, I could go to a professional to get it fixed.  She actually did an amazing job and gave me an Audrey Hepburn-esque pixie cut that I kept for another year.  I received many compliments so naturally I thought, “Okay, this doesn’t look so bad.”

Toute ma vie j'ai eu les cheveux longs, jusqu'à il y a 5 ans. Je vivais en Israel et une amie voulait me couper les cheveux. Elle n'était pas coiffeuse et j'étais un peu septique, mais en même temps je me suis dit que je pourrais aimer le changement et que dans le pire des cas je pourrais toujours aller chez un professionnel pour rattraper le coup. Cependant elle a fait un excellent travail et je me suis retrouvée avec une coupe garçonne à la Audrey Hepburn que j'ai gardé un an. Et puis j'ai eu tellement de compliments que naturellement je me suis dit: " Bon, ça me va pas si mal!"  

About a year and half later I was in Amsterdam with another friend and I felt the sudden urge to shave my hair.  It was a Sunday night and the only coiffure open was in Chinatown.  They were about to close when we showed up but we convinced them to stay open a little longer to shave my hair.  Since they didn’t speak English and I don’t speak Dutch, they showed me a magazine image of a bald man to clarify.  The female haircutters were too nervous so they made the male haircutter do it.  I didn’t cry or gasp during the process but I was actually amazed by how much lighter my head felt.  Once outside in the cold Dutch air, I could feel the wind blowing against my head harshly.  That took some time getting used to.  I returned to Israel where I received lots of positive reactions.  At first I wore a lot of makeup to compensate for my lack of perceived femininity but quickly got over it and learned to own it.  My mom saw a picture though and did not like it.  She compared me to Britney Spears.

courtney2.jpgA peu près un an et demi plus tard, j'étais à Amsterdam avec une autre amie, lorsque j'ai soudain senti le besoin irrépressible de me faire tondre. C'était un dimanche soir et le seul salon ouvert se trouvait à Chinatown. Ils étaient sur le point de fermer quand nous sommes arrivées mais nous les avons convaincus de rester encore un peu ouvert, le temps de me tondre. Comme ils ne parlaient pas anglais et que je ne parlais pas hollandais, il m'ont montré une photo de magazine avec un homme rasé pour être bien clair. Les coiffeuses étaient trop nerveuses pour le faire alors elles ont demandé aux hommes de s'en occuper. Je n'ai pas pleuré ni suffoqué durant la coupe, mais j'ai été réellement stupéfaite de sentir combien ma tête était légère. Une fois dehors dans l'air froid de la Hollande, je pouvais sentir le vent souffler durement sur mon crâne. Cela a pris un certain temps pour que je m'habitue. Je suis retourné en Israel où j'ai eu beaucoup de réactions positives. Au début je me maquillais beaucoup pour compenser le manque apparent de féminité, mais rapidement j'ai dépassé cela et me suis approprié mon image. Ma mère par contre a vu une photo et elle n'a pas aimé. Elle me comparait à Britney Spears

I eventually let my hair grow back out to the style it is now.  I think it definitely makes me unique as a commercial actor and model, especially when most Asian woman have long, flowing, dark hair.  For the most part I’ve only received positive reactions but have also lost jobs to women with long hair because it’s a more traditional and feminine look.  But I’ve also booked jobs specifically because of my short hair, so it’s pretty even.  To maintain my short hair I often visit the barbershop because, frankly, they are cheaper than salons. 

Finallement j'ai laissé pousser mes cheveux dans le style qu'ils ont aujourd'hui. Je pense que cela me rend unique en tant que modèle et comédienne de publicité, quand la plupart des femmes asiatiques ont les cheveux longs, noirs et flottants. La plupart du temps j'ai des réactions positives mais j'ai aussi perdu des contrats parce qu'on m'a préféré une femme aux cheveux longs et à l'allure plus traditionnelle et féminine. Mais j'ai aussi décroché des contrats parce que justement j'avais les cheveux courts. Donc finallement c'est même bien. Pour entretenir ma coupe je vais souvent chez les coiffeurs hommes, parce que franchement c'est bien moins cher que les salons pour dames. 

I often hear from other women that they want to cut their hair short but are afraid to, to which I always say, “Just try it, and if you don’t like it, it’s hair! It grows back!”  I think all women should experience short hair at least once in their life, just like all men should experience long hair at least once.  It changes your whole appearance and feelings and also allows you to realize how multi-faceted you are.  

J'entends souvent d'autres femmes dire qu'elles veulent se couper les cheveux mais qu'elles ont peur de le faire. Alors je leur dis: " Essayez et si cela ne vous plait pas ce ne sont que des cheveux, ça repousse". Je pense que toutes les femmes devraient au moins une fois dans leur vie essayer les cheveux courts, tout comme les hommes devraient essayer les cheveux longs. Cela bouleverse votre image et vos sentiments et vous permet de vous rendre compte à quel point vous pouvez avoir différents visages. 

As a result of having short hair I am often described as androgynous and many photographers like to explore this concept through photo shoots where I might wear men’s clothing or look like a little boy due to my youthful appearance.  It is definitely a state of mind.  I don’t consider myself feminine or masculine; I think I have traits that could go in either direction.  Some days I wake up not wanting to put on makeup and wear an oversized shirt and jeans and other days I feel like wearing a dress and makeup.  I don’t think women need to always look one way.  They should just do as they feel, wherever that feeling lands on the gender spectrum.

A cause de mes cheveux courts on me décrit souvent comme androgyne et nombre de photographes aiment explorer ce concept au court des séances photo où je peux porter des vêtements masculins ou avoir l'air d'un petit garçon grace à mon apparence jeune. C'est définitvement un état d'esprit. Je ne me considère pas comme masculine ou féminine. Je pense que j'ai des traits qui me permettent l'une et l'autre. Certains jours je me lève avec l'envie de ne pas mettre de maquillage et porter une chemise et un jean d'homme et d'autres jours je me sens plus robe et maquillage. Je ne pense pas que les femmes aient besoin d'être toujours avec la même apparence. Elles doivent faire comme bon leur semble, quitte à jouer avec les genres.

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Crédit photo: Courtney McCullough.com

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 18 Mars 2014

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Il y a, dans la vie d'une femme aux cheveux courts, toujours un moment difficile. Peut être pas qu'un seul d'ailleurs, mais au moins un qu'il faut évoquer ici.

C'est celui où, après des mois, voir des années de bons et loyaux services, vous devez vous séparer de votre coiffeur/coiffeuse habituel(le). Qu'importe le motif de la rupture, si elle est soudaine ou préméditée, que la mort l'ait emporté(e) ou que vous soyez partie à la frontière borduro-syldave. Le résultat est le même, un mois, voir un mois et demi plus tard, l'impératif besoin de se faire couper les cheveux devient majeur.

Et là, évidemment les idées les plus folles gagnent petit à petit sur la raison, sachant que chaque jour qui passe allonge de 0,33 mm supplémentaire votre tignasse. Je sais, ça n'a l'air de rien, mais quand on est habituée à une nuque et des oreilles bien dégagées, ça compte. La quête d'un nouveau salon de coiffure, entamée dès le premier jour avec un peu de dilétantisme devient une question de survie. Mais on en est pas pour autant prêt à se jeter entre les mains du premier coiffeur venu. Pour peu que l'endroit soit à peu près civilisé, on fait l'inventaire des salons, sans jamais hélas, être conquis. Celui-ci est trop moche, celui-là est trop vieux, cet autre est plutôt "mémère" quant à ce dernier il n'inspire vraiment aucune confiance. Bref! On est devenu difficile.

Alors on se dit que c'est le moment ou jamais de se lancer et de faire ce qu'on a toujours rêvé de faire tout en étant persuadé(e) qu'on ne le ferait jamais: acheter une tondeuse et tout couper. Et plus les jours passent, plus cette idée grignotte du terrain dans votre esprit. Après tout vous êtes loin de chez vous et des gens qui vous connaissent, enfin toute une cargaison d'arguments déboule dans votre cortex, cherchant à vous convaincre, jusqu'à ce que... ben ouais quoi, pourquoi pas? 

Et puis comme par enchantement, un beau jour, une personne de votre - nouvel - entourage, comme si elle avait deviné votre tourment ( en même temps c'est pas trop dur vu que vous finissez par être obsédée par ça et que vous en parlez à tout bout de champ ) vous propose de vous faire connaître son propre coiffeur. Dès lors un lien se crée, vous unissant pour toujours à cette personne qui, sans peut être mesurer la juste valeur de son invitation, vient de sauver votre santé mentale et de remettre sur l'étagère des fantasmes et des ultimes recours, la tondeuse.

 

 

Photo: Margaret Singer

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 16 Mars 2014

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Je me demande parfois jusu'à quel point certains gestes peuvent être anodins, comme cette façon, nonchalante d'empoigner ses cheveux dans leur plus grande masse, comme si c'était une façon d'évaluer leur longueur ou leur épaisseur et rester ainsi un moment, dans une sorte de réflexion. 

Personnellement je trouve ça toujours sensuel, cette façon de faire, comme si de rien était. Cela pourrait être un signe de reconnaissance, entre initié(e)s, les autres n'y voyant rien de remarquable alors que la charge émotionnelle varierait d'intensité selon que la main caresserait négligeamment la nuque ou remonterait doucement sur la tempe... Mes amies aux cheveux courts ne font jamais cela par hasard et nous savons nous comprendre.

Lorsqu'à ce geste se joint en plus la parole, évidemment cela devient irrésistible. Une petite moue, l'air faussement contrarié avant de constater "qu'il faut absolument que j'aille chez le coiffeur". Cela me fait sourire irrémédiablement sachant qu'un quidam n'entendrait là qu'une remarque banale se rapportant à l'agenda de la jeune femme, imaginant qu'elle ne réfléchit qu'à la date où elle parviendra à caser son prochain rendez vous, alors qu'il pourrait s'agir d'un appel du pied, d'une perche lancée pour s'assurer que celui ou celle à qui elle s'adresse est sensible au pouvoir de ses cheveux courts et de l'allure que cela lui confère.

 

Photo: Ina Aydogan

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Rédigé par jeaneg

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