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Publié le 22 Septembre 2017

Photo: Beli Klein

Photo: Beli Klein

Je m'appelle Bex Walker, 27 ans, née et élevée à Barcelone, en Catalogne et ceci est un peu de mon histoire.

Après avoir travaillé pour un établissement bancaire durant plus de 5 ans, j'ai su que ce n'était pas ce que je voulais faire pour le reste de ma vie. Ne vous méprenez pas, c'était une excellente expérience mais pas pour moi.

Une fois que j'ai fini de travailler pour cette banque, j'ai déménagé à Sydney en Australie. J'ai eu du bon temps, mais je sentais  que je n'avais pas trouvé ma vraie passion, il y avait quelque chose qui manquait, encore perdu et qui voulait me trouver.

Directement de Sydney, j'ai déménagé à Londres, et c'est là que tout a changé. En parcourant les belles rues d'East London, j'ai repéré un beau salon de coiffure, j'ai regardé et vu quelque chose d'incroyable, les gens qui passaient un bon moment, on y jouait des airs entrainants, les barbiers semblaient heureux et les clients semblaient détendus, reposés, bière à la main et cravate desserrée. Cette image s'est collée dans ma tête, je voulais travailler dans un environnement similaire.

Je suis rentré à la maison et j'ai commencé à chercher des cours de barbier lorsque je suis tombé sur l'un d'eux très attrayant à la Londron School of Barbering. Sans même le réaliser, une semaine plus tard, je commençais ma nouvelle vie. 12 semaines de cours, et je suis entré dans le véritable monde du barbier. De toute évidence, le cours vous enseigne les bases et vous apprenez l'affaire réelle une fois que vous êtes dans le travail.

Dans ma brève expérience en tant que coiffeur, j'ai réalisé beaucoup de choses, l'une d'entre elles étant que les barbiers ne font pas que couper les cheveux.

Toute les personnes qui passent dans mon fauteuil, ont une histoire, ils ont peut-être eu une jolie journée de travail, des problèmes familiaux, des problèmes personnels, mais ils viennent à moi pour une coupe, et sans s'en rendre compte, ou peut-être qu'ils le font, ils partent se sentent mieux avec eux-mêmes, mettant de côté leurs problèmes pendant 30 minutes, se détendent et se retrouve le moral regonflé.

Avoir une coupe de cheveux c'est comme une thérapie.

Ce que j'aime le plus dans mon travail, c'est de voir les gens revenir et me dire combien leur coupe précédente a été bien faite, ils ont eu des compliments d'amis ou de filles et ils veulent que vous fassiez de même, mais ce ne sera jamais le même que le dernier, j'essaie de faire mieux que leur précédente coupe.

Quartier Libre - Bex la coiffeuse de Beli

Apprendre à «connaître» mes clients est également une grande chose, ils parlent de leurs enfants, de leur femme, de leur travail ... et évidemment, il faut du temps pour que quelqu'un s'ouvre, mais lorsque vous atteignez ce point, c'est très satisfaisant.

Je tente constamment de me défier tous les jours en construisant ma clientèle et en fournissant les meilleurs services.

Jusqu'à présent, j'ai rencontré des gens étonnants dans l'industrie, dont certains sont mes très bons amis à Londres, et lentement, j'essaie de m'impliquer davantage et de développer mon réseau.

Aussi, j'ai eu la chance de rencontrer des gens que je peux appeler des amis comme Beli, ce qui est amusant, car en tant que coiffeur, 95% de vos clients sont masculins, mais j'ai le plaisir de couper des filles aux cheveux courts. Je crois que le barbering est une industrie axée sur les hommes et exclusivement dédié aux hommes, mais j'aime bien le voir de manière globale, et tout le monde, peu importe le genre, qui aime les cheveux masculins courts, est le bienvenu dans mon fauteuil.

Je suis inspirée par de nombreux barbiers, beaucoup de femmes coiffeurs et je souhaite atteindre ce niveau de professionnalisme dans un avenir proche en travaillant dur et en faisant ce que j'aime.

Les projets à venir sont d'obtenir plus de formations dans plusieurs académies et d'ouvrir ma propre boutique dans quelques années, donc vous savez ... si vous avez envie de vous marrer, et avez besoin d'un rafraichissement, venez dans mon fauteuil, vous ne le regretterez pas.

Photos: Beli KleinPhotos: Beli Klein

Photos: Beli Klein

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 16 Septembre 2017

Quand la page se tourne

On n’est jamais mieux servi que par soi-même dit-on.
Mais pour le coup j’avais bel et bien besoin de ma barbière de quartier punk pour enclencher ma démarche plus ou moins pensée et réfléchie.
Alors je prends rendez-vous, mais je dois attendre une semaine et demie.
Normalement décidée à changer radicalement, je pense aux possibilités qui s’offrent à moi… mais tout aussi à reculer et ainsi m’y rendre pour ma coiffure habituelle.
Une semaine et demie de montagnes russes et de hauts le cœur.
Une semaine et demie où chacun des réveils se traduisent par ma difficulté à prendre une décision.
Mais ça y est, je suis sûre de mon choix.
Le Jour J dans toute sa splendeur.
Je quitte mon domicile les cheveux gras, avec une gueule de bois.
15 minutes pour m’y rendre et de plus en plus de pas qui me rapprochent de mon but, du salon.
15 minutes qui font considérablement monter la pression et aussi l’alcool de la veille qui n’a pas encore été totalement drainé par mon foie.
15 minutes pendant lesquelles je réalise que je n’avais pas ressenti une telle sensation depuis des mois.
Ce genre d’indescriptibles sensations dans les tripes, tout à fait personnelles.
15 minutes décisives en soi.



 

Quand la page se tourne

Et c’est quand j’arrive au salon et me confie à Régine, que les raisons pour lesquelles j’entreprends ce changement se font plus claires. En les expliquant à l’oral je me comprends déjà mieux ; alors que nous n’avions pas encore entamé la transformation.
Une transformation qui après coup, avait sans doute déjà commencé quand j’ai noté mon prénom dans le carnet de rendez-vous pour le vendredi 15 Septembre à 14 heures.
Peut-être même avant, sûrement avant encore.
Après 1 an sur Montpellier, j’ai compris des choses que je n’aurais sans doute pas comprises en restant dans ma ville natale ; dont pourtant j’apprécie les teintes et couleurs à chacun de mes brefs retours.
1 an dans une nouvelle ville et une personnalité qui a évoluée.
Mon statut tout autant… je suis une femme indépendante, à l’énergie débordante, à l’ambition montante. Pourtant le visage que j’aborde n’est plus le mien, il ne correspond plus à ce que je veux être et suis déjà.
Je lui dis que je veux m’asseoir sur le fauteuil, et m’en relever grandissante. Que cette nouvelle coupe soit une prolongation d’une personne changée et changeante.
Que je laisse dans ce salon les résidus d’une personnalité indécise et tremblante. 


 

Quand la page se tourne

A l’heure où j’écris nous sommes le lendemain. Les plus pragmatiques diront que j’aurais très bien pu écrire en rentrant chez moi, battre le fer tant qu’il était encore chaud. Mais j'étais assommée d’une terrible migraine tant la pression s’est manifestée à travers mon cerveau et est redescendue de manière brutale.
 
Mais je me souviens très bien des premières secondes où cette personne qui n’est plus désormais, a senti les premiers coups de ciseaux. Au revoir la routine, Régine commence la coupe comme elle ne l’avait jamais fait auparavant.
Les coups de ciseaux pleuvent, mes mèches sur le sol aussi.
Je sens mon pouls battre dans mes avant-bras, mes doigts.
Mon visage change de tonalité, les traits se dévoilent.
Mon regard change de formes, l’iris se dilate.
Je me lève du fauteuil, mes jambes toujours engourdies peine à me tenir debout.
Mais la personne qui se tient face à ce miroir, se comprend et s’accepte.
Ce miroir qui a toujours déformé mes attentions a été brisé et un nouveau s’est créé.
Pour ainsi et enfin laisser place à Maëva.  



 

Quand la page se tourne

J’embrasse Régine, puis offre mon profil à l’auteur de ce blog et sors du salon.
Je me retrouve hors de mon cocon.
Me disant que la vie est et restera un combat constant avec les autres, mais surtout et toujours avec soi-même.
Tu montes sur le ring, tu commences à donner des coups, les marques sur ton corps et dans ton cœur témoignent de ton mal, mais si tu le veux, tu peux finir par embrasser ton meilleur rival.
Toi.
Et ainsi se relever à deux du tapis.

Quand la page se tourne

Texte et Photos: Maëva Cristofoli

Son travail: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 9 Août 2017

Dans une autre vie, Ellie était une étudiante et une photographe qui ne manquait pas de talent. Il y a 3 ans, elle s'était "livrée" dans un Quartier Libre qui n'a pas tellement vieilli.

Sauf qu'aujourd'hui, Ellie est partie à la recherche d'elle même, parfois très loin et nous le raconte avec beaucoup de lucidité...

"Depuis que je suis gamine j’ai toujours ressenti une attirance particulière pour le milieu militaire. Par le biais de divers reportages à la télé que je regardais avec mon père, je voyais ce métier comme un symbole de force, de protection, de cohésion, qui s’est confirmé par les années lorsque j’ai pris la décision de m’engager. Au départ, je m’y voyais photographe, afin d’éventuellement engager un premier pas vers mon rêve : celui d’être reporter de guerre. Aujourd’hui et depuis deux ans, pour des raisons particulières aussi bénignes qu’inévitables et qui me sont propres, je suis finalement devenue Fusilier Commando de l'Air.

J’avais effectivement une idée de ce qui m’attendait, mais j’étais loin de m’imaginer que le milieu militaire demandait autant de caractère, de mental, de physique. Je parle bien évidemment des formations militaires, où j’ai appris à aller au delà des limites que je m’étais inconsciemment imposée au départ, de puiser l’énergie nécessaire et cachée, que l’on apprend à trouver lorsque l’on se pense incapable d’aller plus loin. Ma rencontre avec la difficulté m’a appris que le corps humain, et particulièrement son cerveau, peut surpasser beaucoup d’épreuves, je ne me suis jamais autant surprise que durant cette période, et je pense avoir muri. Du moins, j’ai beaucoup changé. Mon rapport avec les hommes a beaucoup changé, si aujourd’hui je me sens beaucoup plus proche d’eux, mes premiers mois en leur compagnie étaient néanmoins difficiles. Le métier n’offrant pas la possibilité de, clairement, ouvrir sa gueule, nous devions, homme comme femme, apprendre à nous la fermer, qu’importe les remarques, que les raisons soient justes ou non, que l’on soit en tort ou pas, nous devions prendre sur nous. Nos cadres avaient la facilité de nous dire qu’il n’y a pas de sexe dans l’armée, mais selon mon point de vue, les filles devaient faire leurs preuves plus que les hommes. Nous devions nous situer à un niveau équivalent à celui de l’homme, et voir plus. Autrement, nous avions le sentiment de ne pas être au niveau de l’armée en général. A la moindre erreur, nos compétences étaient remises en question.

Nous n’étions pas nombreuses et j’étais la seule aux cheveux courts. Ce détail n’avait par ailleurs pas laisser mes cadres de marbre, l’armée demandant aux hommes d'avoir le crâne rasé et aux femmes de porter un chignon, je me situais dans un intermédiaire délicat. Je n’étais d’ailleurs pas réellement perçue comme une femme. Plus comme « le bonhomme » du CODO. Et je pense même que mon allure offrait l’illusion d’une guerrière. Plus guerrière que je ne l’étais réellement ! Pour en revenir à ce problème de coupe de cheveux, je ne pense pas qu’un crâne lisse devrait être une règle, je ne comptais pas les laisser me raser le crâne. Pourquoi les laisserai-je me raser le crâne ? Les hommes y ont certainement droit, mais moi, je suis une femme. Les autres femmes ne se laissent pas raser le crâne, cheveux longs ou non, j’en suis une, avec une coupe de cheveux différente, c’est tout. Certains n’étaient pas en accord avec moi, ce que je peux concevoir, je l’admets, les points de vue de chacun était variés et justifiés. Ayant déjà eu les cheveux tondus, l’idée de retenter l’expérience n’était pas ce qui me dérangeait le plus, mais plutôt celle de m’égaliser à l’homme, dans le sens péjoratif du terme… Je veux dire, dans le sens où je n’en suis pas un, vous voyez ? De ce fait, j’avais pris le risque de me faire remarquer. J’ai donc du faire démonstration de mes capacités, plus que je ne le faisais déjà les premières semaines, autant physiquement que psychologiquement. Je voulais me montrer au niveau de chaque et plus encore. Ce n’est certainement pas parce que je suis une fille, que je suis moins forte, certainement pas parce que j’ai eu recours à un refus, que je n’étais pas moins apte à répondre aux ordres que l’on me donnait. Et dans mon travail, il est indispensable de savoir écouter et exercer convenablement un ordre, que cela soit pour un détail ou un entrainement au terrain, pour d’éventuels problèmes intervenants ou autres. Et grâce à ma réussite à ces formations très difficiles, et avec de bons résultats, je pense y être parvenue.

Aujourd’hui j’ai réussi à me trouver une place au sein de cette communauté masculine. Je ne suis effectivement pas vue comme quelqu’un de féminin, puisque je ne le suis pas. Je ne suis toujours pas perçue comme une fille selon mon point de vue et leur manière de se comporter avec moi comme si j’étais « un pote ». Mais je ne me sens pas en dessous d’eux. Mes cheveux sont toujours un problème, ma dégaine est toujours remise en question, « mais Ellie, laisse toi pousser les cheveux, t’as jamais pensé à être plus féminine ? Ça t’irait carrément mieux ! », mais répondre à des attentes qui ne me conviennent pas, ne m’intéresse pas. Le milieu militaire réclame suffisamment d’uniformité, je ne veux pour autant pas ressembler à un mouton et répondre à tout dans le détail le plus absurde au point de remettre en question la personnalité de chacun. Parce qu’il est évident que presque chaque femme ayant intégrée l’armée se soient plus ou moins fait « dragouiller ». Même moi et mes cheveux courts qui, selon eux devraient être longs. Par expérience, par rapport à ce que j’ai vu, de ce que j’ai eu affaire, la femme est définitivement une créature incroyable. Je l’ai vu déterminée, subir, vomir, tenir tête, prendre soin des autres, je l’ai vu passer des étapes que certains hommes n’ont pas toujours été capables de faire, je l’ai vu désireuse de réussir, je l’ai vu réussir. Le travail de militaire n’est pas spécifiquement un travail d’homme. La femme est tout autant capable d’atteindre des objectifs, la femme doit faire partie du milieu militaire. Dans un état d’esprit de compétition rien ne peut l’empêcher d’aboutir à son but et elle peut devenir un élément indispensable à une section. Et c’est ce que j’espère devenir."

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait, #Quartier Libre

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Publié le 13 Juin 2017

Hana Ben Abdessalem pour Lancôme

Hana Ben Abdessalem pour Lancôme

Beaucoup, parmi celles qui lisent ce blog, se reconnaissent souvent dans les articles qui parlent d'expériences personnelles. Le récit de Rahma ne fera pas exception. Sauf que là, il s'agit d'une jeune tunisienne et on comprend qu'il y a, en plus, une pression toute particulière en arrière plan... Je vous le livre, tel quel...

Mon histoire avec les cheveux courts remonte à ma toute petite enfance lorsque ma mère m'emmenait avec elle chez son coiffeur pour me faire couper les cheveux très courts.
À l'époque je détestais ça , pour moi les coupes courtes c'était pour les garçons et les dames âgées , moi je rêvais d'avoir de beaux cheveux longs comme toutes mes copines. Mes rendez-vous chez le coiffeur se soldaient donc généralement par des cris et des pleures .Mais ma mère insistait tout de même , certainement pour le côté pratique.


On peut remarquer ici l'influence de la société et des critères de beauté sur la petite fille que j'étais. Je finis donc, vers l'âge de huit ans, par me laisser pousser les cheveux.
j'entrai alors dans ma phase de cheveux longs qui durera près de 11 ans
Les premières années ça me plaisait ,j'entrais dans la case que la société m'avait assignée. Puis vint l'adolescence et avoir les cheveux longs ne suffisait plus pour être dans cette case ; il fallait me lisser les cheveux moi qui les portais bouclés il fallait plus toujours plus.
C'est là que j'ai commencé à m'interroger sur le sens de tout ça. Pourquoi me compliquerais-je la vie pour des futilités pareils.pourquoi la beauté s'arrêterait-elle sur des cultes tels que les cheveux longs ou la peau blanche.


Petit à petit j'ai commencé à m'éloigner de ces idées reçues, j'ai commencé à voir la beauté un peu partout autour de moi, là où la plupart des gens qui m'entouraient ne la voyait pas.
Et il y'a maintenant 2 ou 3ans je suis tombée sur les photos de ma mère les cheveux courts . Dans ces clichés elle avait une vaingtaine d'années  et je fus frappée par la beauté de cette femme brune aux traits si jolis toute jeune toute fraîche qui assumait si fièrement cette coupe que les gens qualifient de masculine mais qui sur le coup , à mes yeux  était ce qu'il y'avait de plus féminin.


C'est là que j'ai commencé à m'intéresser aux coupes courtes et à leur fragilité mélée de révolte et d'insoumission . Il y a chez les femmes aux cheveux courts quelque chose qui m'émeut  qui me procure une sympathie spontanée à leur égard. C'est absurde de dire ça car comme le dit Henry David Thoreau "la valeur d'un homme n'est pas dans sa peau pour que nous le touchions " mais la beauté n'est elle pas subjective ? Ça nous exempte donc de toute explication rationnelle.
Je pris alors la décision ferme de les couper et d'assumer cette beauté qui m'a été  étrangère pendant toute mon enfance tant j'étais aveuglée par l'opinion des autres. Après le Baccalauréat, me suis-je dit, je le fais.


Je fixai mon rendez-vous pour le samedi 30 juillet 2016. Que dire de ce que j'ai ressenti...
C'était un parfait mélange de peur , d'anxiété d'excitation mais surtout de curiosité. 
C'était vraiment ça le plus fort : la curiosité, celle d'expérimenter cette nouvelle vie et de remplacer , L'image de soi par une autre qui nous est totalement inconnue. 
Lorsque je me suis assise devant le mirroir et que le coiffeur à passé ses doigts dans ma chevelure en me demandant ce que je voulais j'ai souris de tout mon coeur, fière de cette audace qui ne m'a pas fait défaut et qui a réussit malgré tout à m'amener jusqu'à ce fauteuil " couper tout s'il vous plaît " ai-je dis  "vous voulez dire une coupe à la garçonne?" " oui c'est cela " rétorquais-je 
Je ne garde pas beaucoup d'images de ce moment tant l'adrénaline me brouilla les sens.  J'ai juste cette image de mèches qui tombent gracilement sur le sol et ce bruit de ciseaux qui se rapproche  de plus en plus de mon cuir chevelu jusqu'à le frôler dans une douce caresse métallique. C'était tout frais, tout  léger ! 
C'était un moment de pure plaisir, de pure féminité.
Lorsque le coiffeur s'arrêta, mon premier geste fut de passer le bout de mes doigts sur ma nuque dénudée. C'était nouveau. C'était magnifique. 

 

Encore maintenant je me surprend à refaire ce geste , parfois même en public, c'est assez bête et gênant. La seule question que je me posais alors c'était : pourquoi pas avant ? Pourquoi tout ce temps perdu ? 
Peut être parce que toute forme de beauté nouvelle et moderne est le fruit d'un travail personnel et que certaines âmes y sont plus sensibles que d'autres.
Parmi les choses bizarres aussi qui m'arrivent souvent c'est lorsque je me trouve avec une bande d'amis ou juste d'inconnus et où j'ai les cheveux encore plus courts que ceux des garçons présents. Ça me fait rigoler surtout lorsqu'ils sont misogynes...

 

Rahma M.
 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre, #Divers & variés

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Publié le 8 Mai 2017

Quartier Libre - Gaëlle

" Je ne sais pas trop par où commencé, je n'ai jamais rien rédigé sur moi pour quoi que ce soit publié quelque part, en général, je n'aime pas ça. Mais pour une fois, je vais céder étant donné que j'ai pu pas mal conversé avec notre passionné des femmes aux cheveux courts, alors je me suis dit, pourquoi pas.. Je m'appelle Gaëlle, je viens de Belgique et j'ai 21 ans. J'ai toujours été un garçon manqué, depuis toute petite, j'ai grandi entouré de garçon. Je n'ai jamais aimé les robes ni les jupes. J'ai toujours joué au foot, à la guerre avec les garçons dans la cour de recréation. J'ai toujours préféré le côté masculin au féminin. C'est à mes 17 ans que j'ai décidé de couper mes cheveux tout court, jusque là, je les avais toujours eu long. Mais ma coupe ne me plaisait pas particulièrement.

C'est la veille de partir pour un voyage d'un mois en Amérique que j'ai décidé de marquer le coup, un grand changement. Comme un nouveau départ, une nouvelle Gaëlle. Depuis que j'ai coupé mes cheveux, je me suis sentie tout de suite beaucoup mieux, avec moi même. Je peux le dire, et mon entourage aussi, ca me va bien mieux les cheveux court, disons que c'est mon style, avec les cheveux longs, je me sentais moche et c'était le cas. Au delà de se sentir belle ou moche, le fait d'avoir les cheveux court peut faire se sentir bien dans sa peau. Avec les cheveux court, je me suis tout de suite sentie plus à l'aise, plus moi même et j'assumais parfaitement ma nouvelle coupe. On ne peut pas dire que je me suis sentie plus garçon, ce n'était pas le but. Je ne voudrais pour rien au monde être un garçon, ni avoir de sexe masculin entre les jambes, je n'aime pas ça, ça n'aurait aucun sens. C'est une fierté pour moi d'être une fille avec ce côté masculin. Ça a ses avantages comme ses inconvénients. 90% du temps, partout où je vais, on m'appelle jeune homme. Du à mon genre, à mon style, ma façon de me tenir et plus particulièrement à ma coupe. Je n'ai pas de problème avec ça, à partir du moment où on s'habille comme tel, j'estime qu'on doit pouvoir accepter le fait qu'on nous prenne pour un garçon. Ce qui me dérange plus, c'est lorsque que ces gens se rendent compte de leur erreur, ils deviennent alors mal à l'aise. A partir de là, moi même je suis mal à l'aise. Paradoxalement, lorsque je me rend dans des toilettes publiques, chez les filles, on me regarde souvent en me disant que les hommes c'est de l'autre côté. A ce genre de personne, je leur répond fermement que je suis une fille. Ca a ses avantages, d'être considéré comme une fille et un garçon. Dorénavant, lorsque la queue des toilettes est trop longue, je vais dans celles des garçons, ça va plus vite et en soit, je passe crème dans ces cas là, je me fais même moins dévisager que lorsque je vais chez les filles..

Depuis mes 17 ans, j'ai les cheveux court. Plus j'allais chez le coiffeur, plus j'étais tentée de les faire de plus en plus court. Depuis 3 ans maintenant, j'ai rasé mes cheveux pour la première fois. Je n'avais jamais osé auparavant les raser bien que je sois tentée, simplement parce que ma mère a horreur de ça. Je fais partie de ces personnes qui respectent leur mère, pour ma part, mon vécu fait que je dois tout à ma mère. Elle a toujours accepté mon style mais elle déteste les tatouages, piercing, cheveux rasés. Quand je suis revenue pour la première fois avec les cheveux rasés, elle ma dit que c'était horrible, que j'avais l'air d'une racaille, que je faisais crapuleuse. J'ai démarré en n'osant pas trop, j'ai commencé en rasant par 14mm. Me voilà 2 ans plus tard avec du 4mm. Le problème avec les cheveux court, c'est qu'on les veut de plus en plus court. Pour ma part, une fois qu'il ont un peu trop repoussé, ça me démange d'aller les recouper. Le plus intéressant derrière ces coupes de cheveux, ce n'est pas au final de se sentir garçon ou fille, mais de se sentir soi même. Aller savoir, ce qui se cache derrière cette coupe, quelle histoire a forgé telle ou telle personne à se couper les cheveux ou avoir un style quelconque. On ne choisit pas un style pour se donner un genre, mais pour être soi même. La question n'est donc pas " pourquoi avoir fait ça " mais plutôt " Qu'avez vous vécu, qu'avez vous traversé, pour en être arrivé à cette apparence là ?" Et probablement vous ne le saurez jamais, c'est un mystère, tout comme ce qu'elles dégagent. 

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Texte et photos: Gaëlle Lebek

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 4 Février 2017

Ophélie revient - Un nouveau Quartier Libre

Ophélie revient! On avait fait sa connaissance ici et c'était déjà très fort! Le temps a passé et décidément, définitivement, irrémédiablement Ophélie est une femme aux cheveux courts et elle sait le dire...

Ça s'appelle "Repousses"

Sous le couvert d’un effort par rapport à moi-même, j’ai, il y a quelques temps, tenté de me faire repousser les cheveux. Dans une idée idiote, machiste, d’être plus féminine, et peut-être aussi par mélancolie à l’égard de ces jolies coiffures que peuvent être les tresses ou les chignons. Je me suis laissé dompter par l’idée de « Les cheveux courts, ce n’est pas très féminin. ». Au temps pour moi, vous comprendrez bien que je me suis trompé.

Mon dernier écrit sur ce site remonte maintenant à quelques années. Temps nécessaire pour que des expériences se fassent, capillaires ou non. Mais surtout des expériences de vie. Par exemple, il n’y a pas longtemps, j’ai traversé l’océan, une fois de plus, pour rejoindre la personne que j’aime. Il est intéressant de considérer que, durant le voyage, mes cheveux, en repousse depuis quelques mois à ce moment-là, ne me plaisaient pas, malgré mon désir de les avoir plus longs. Coupe bâtarde, un entre-deux, de cinq et/ou sept centimètres épars autour de mon visage, avec des mèches qui commençaient à flirter trop près de mes yeux. Je ne me suis pas trouvée très jolie, alors que j’étais avec mon amie. C’est un peu triste, mais je me suis sentie entravée par ce qu’il y avait sur ma tête. Coupe de cheveux qui m’a fait me poser des questions sur moi-même.

Là, vous pouvez m’interrogez.
Qu’est-ce que je veux vous dire ? Qu’est-ce que je peux vous apporter d’intéressant, avec ce témoignage ? C’est dans la dynamique de répondre à cette question que je me mets à écrire. J’espère apporter quelque chose.

J’ai vingt et un an, bientôt vingt-deux. Je viens de me faire tatouer un crâne de lion sur le biceps, et il y a une semaine, c’était la tondeuse qui venait glisser sur mes tempes, le pariétal et l’occiput. En cet instant présent, je me trouve jolie. Et je tiens à l’écrire ici, pour vous le partager.
Comme une confirmation, dans une appréciation particulière, je me suis rappelé, alors que les mèches se faisaient couper, que je suis ce genre de personne qui aime vraiment être bien coiffée.
Les yeux rivés sur le miroir, le menton vaguement relevé en cette expression un peu hautaine, j’ai contemplé la coiffeuse qui, en silence, m’a permis de retrouver ce que je considère comme « un style propre ». Les repousses, avouons-le nous, sont sérieusement les passages les plus singulièrement insupportables d’une coupe de cheveux. J’ai échoué à mon propre défi de « Voyons-voir jusqu’où je peux me les laisser pousser ». Mais c’est une défaite qui m’a enrichie, car dès l’instant où la tondeuse s’est mise à vibrer, j’ai compris que jamais, jamais je ne pourrais avoir de nouveau les cheveux longs. J’ai besoin de ces millimètres entretenus, lesquels ceignent le tour de mon crâne, comme certaines le font avec des tresses. J’aime le fait de n’avoir désormais à me coiffer qu’avec de la cire, si besoin, mais surtout qu’avec une main. J’aime le fait d’avoir retrouvé une liberté particulière dans mes déplacements, dans mes mouvements. Je m’étais pourtant mis en tête que j’étais trop grosse, pas assez jolie, trop masculine, avec ces cheveux courts. Et dans une attente passive, j’ai laissé les centimètres reprendre du terrain, aussi bien sur mon crâne que sur mon humeur générale. C’était une erreur, et je sais que je ne suis pas la seule à me laisser piéger par les attentes d’une société patriarcale. Nous avons le droit de nous trouver jolie avec le crâne rasé.

Ophélie revient - Un nouveau Quartier Libre

Je ne voudrais que trop conseiller aux filles qui ont les cheveux courts de ne pas regretter. Vous êtes belles, vous êtes particulières. Regardez autour de vous, dans le tram, dans la rue : peu de filles, peu de femmes ont les cheveux courts. Et si elles les ont, alors on les remarque. Elles sont comme des lumières un peu spécifiques, le genre qui accroche les yeux, et qui fait revenir au moins une deuxième fois le regard sur elles. Elles sont jolies, parce qu’elles se démarquent. Elles prennent soin d’elles, dans un mélange idéal de praticité et d’esthétique. Je ne veux plus avoir à croire que les cheveux courts sont masculins, ou attribués directement à une orientation sexuelle. Naturellement, il est aisé de considérer « lesbienne » lorsqu’on voit certains styles. Mais soyons honnête : il y a des coupes courtes qui n’ont rien à voir avec ce cliché lesbien. En tant qu’individu pansexuelle, je ne peux que trop encourager la cause LGBT, bien entendu. Mais combien de fois ais-je été frustrée d’entendre des gens me dire, ou dire à propos de moi, entre mes 17 ans et maintenant, que « ça fait gouine », les cheveux courts. Combien de fois ai-je eu à considérer que non, bordel, ce n’était pas parce que j’avais les cheveux courts que j’étais moche, ou pas féminine. Pourtant, petit à petit, et simplement de manière personnelle, vicieuse, je me suis laissée entraîner dans une perspective de compréhension de ce discours. Pour mes problèmes de poids, d’estime de moi, pour le machisme quotidien, pour les commentaires fréquents, j’ai laissé mes cheveux repousser.

Et c’est tuant. Parce qu’on est sur le rebord de ce fil, en équilibre avec soi-même. Laisser pousser, ou tout couper, et regretter ? L’amertume est un goût régulier, qui apparaît dès que l’on se regarde dans le reflet. On se sent prisonnière, entre deux eaux contraires, et on ne parvient pas à opter. Parce qu’on veut plaire au regard de l’autre, un autre qui n’est même pas vraiment sincère avec nous, et on le sait. Des tresses longues et soyeuses, ou des tempes rasées ? Le cliché romanesque de la jolie fille, ou bien le revêtement de la warrior quotidienne ? On ne parvient pas à choisir, et ça mine le moral.

Et puis, j’ai eu cette discussion, il y a quinze jours, avec mon amie. Celle avec un grand A, au moins mental. Celle que j’ai dans le coeur et dans le sang, et qui est capable de me retourner les viscères avec ses mots. Elle m’a fait la remarque, ce jour-là, en plaisantant, que je devrais me recouper les cheveux. Parce que « short, is the best. ». Elle ne me le cache jamais : elle aime tirer sur mes mèches trop courtes. Trois heures plus tard, j’étais chez le coiffeur.

Toutefois, cette fois-ci, j’y suis allé avec un objectif particulier, précis. Je voulais un style, ce genre qui me permet de me différencier dans une foule de crâne poilus. J’ai imprimé une image de Google, je l’ai montré à la coiffeuse, et elle a hoché la tête. « Très court, donc ? » J’ai acquiescé. Je trace ma combativité dans ces millimètres bruns.

Il me paraît important de rappeler que pour être heureux, il faut être bien avec son corps. Cela commence peut-être avec une coupe de cheveux, notamment si vous avez ce rapport aussi psychologique que moi avec les cheveux. Que l’on soit cis, trans, binaire ou non, il faut savoir apprécier être une personne fabuleuse, et nos cheveux sont un pinceau dans le tableau que l’on fait de notre vie quotidienne. J’aime m’entretenir, et j’aime considérer que des gens peuvent se sentir plus heureux s’ils apprécient leurs têtes. Je m’inquiète, en tant que jeune adulte, de considérer que certaines de mes camarades de promo sont angoissées dans leur féminité, et ont peur de couper leurs cheveux, même si « elles aimeraient bien », parce que cela ferait défaut à leur genre. Je trouve cela dommage qu’une fille avec un visage magnifique puisse se cacher derrière une longueur qu’elle n’apprécie pas. C’est un binarisme violent, qui n’est que trop exploité avec la montée au pouvoir d’un certain mec orange qui lui, aurait bien besoin d’une bonne coupe de cheveux. Je voudrais considérer que d’ici quelques années, une femme avec des cheveux courts ne se fera pas traiter de gouine, qu’elle ait une amie ou pas. Ce sont des cheveux. Cela ne nous définit pas dans notre orientation ; simplement dans la classe et le style qu’on a.

 

Ophélie B.

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Publié le 20 Décembre 2016

Quartier Libre: Jo Jackson "A Regular Badass"

Comment, quoi, qu'est-ce que vous dites? Vous ne connaissez pas Jo, Jo Jackson, cette femme extraordinairement "badass", inventive, attractive, intelligente, cultivée, sportive, polyglotte et terriblement drôle?

Alors pour vous, Jo se raconte un peu, à l'occasion de son dernier passage chez le coiffeur...

Si ce n'est pas Salomé qui me coupe les cheveux, c'est personne. Avec le temps j'ai acquis un bon sens des coiffeurs. Dès que je trouve un bon, ça y est - c'est pour toujours, ou presque. J'ai tendance à cibler des coiffeurs si doués qu'ils sont détournés par des promesses de vies meilleures que ce soit à Berlin ou à Las Vegas. Bref, ils partent tous au bout d'un moment. 
 
Le danger c'est de se faire coiffer par quelqu'un qui a l'habitude des coupes courtes de grand-mère. Quand j'ai quittée le Zimbabwe et j'ai perdu mon coiffeur Chris, j'ai connue une horrible période de coupes de femme de 50 ans, bien que j'en avais que 14. Une fois que j'ai déménagé depuis la campagne jusqu'a Bordeaux, j'ai trouvé un salon de coiffure très branché. Le truc c'est que, j'entrais dans ma période de dénis de sexualité.
 
Depuis toute petite j'ai toujours eu les cheveux courts. D'ailleurs je vais publier un peu de mes écrits sur mes souvenirs d'enfance sur Koeksisters dont un poste sur le jour où je me suis rasé les cheveux à 9 ans avec l'accord de mes parents. J'ai toujours su que je n'étais pas une fi-fille et mes cheveux étais un moyen de le communiquer.
 
Lorsque j'ai commencé le lycée à Bordeaux, c'est alors que je me suis rendue compte que j'étais attirée par les filles. Ça ne me dérangeais pas plus que ça, du moment que je n'étais pas une lesbienne stéréotypée - la Butch quoi.
 

Du coup je voulais absolument avoir les cheveux longs à cette période. Ça ne m'allait pas trop, mais quelque part je voulais prouver qu'une lesbienne pourrait être belle et féminine. Je partageais ces insécurités avec ma première copine avec qui j'ai vécu une histoire secrète pendant plus ou moins 3 de nos 8 ans d'amour.
 
Ce n'est qu'à l'université que j'ai renoué avec mes cheveux courts, au fur et à mesure que je devenais plus confiante dans ma sexualité et mon identité. Je suis un tomboy. Ca m'a pris un peu de temps de l'affirmer comme je le fais maintenant.
 
Sexualité et genre sont deux choses bien distinctes. Mes parents (ma mère en particulier) trouve ma sexualité facile à comprendre et à accepter, mais la façon dont j'exprime mon genre (une femme tomboy, un peu masculine et féminine à la fois) la trouble légèrement. Mais on peut en parler ouvertement. Elle veut tout simplement apprendre et comprendre.
 
C'est drôle, parce que ma mère me trouve très masculine, ma copine me trouve très féminine.
 
C'est dur parfois de savoir ce que je suis lorsque la vision que les autre ont de moi varie autant, et souvent leur visions ne correspondent pas a celle que j'ai de moi-même.
 
Salomé commence a trouver qu'il est temps que je change de coupe. Je suis en manque d'inspiration et c'est rassurant quand on a un "signature look". T'as des suggestions?

Pour en savoir plus:

Koeksisters son site web

Koeksisters sa chaine Youtube ( J'adore les Dubsmash )

Koeksisters son Instagram

Salome Dewet sa coiffeuse

 

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Publié le 30 Novembre 2016

Quartier Libre: Suzanne

Suzanne est modèle et photographe à la fois. Une âme sensible comme un film argentique. Quand je lui ai proposé cette page pour un Quartier Libre, je ne m'attendais pas à un tel choc. Un récit puissant...

Il y a quelque chose de franc et de brut dans l'acte de se raser la tête. Ca faisait trop longtemps que les choses étaient en suspens, que j'attendais patiemment qu'un truc se passe, un bon coup de pieds au cul, un réveil brutal, une grosse averse. Quelque chose quoi. J'ai finalement décidé de me raser la tête, de tout enlever, tout nettoyer. J'ai mis du temps avant de comprendre vraiment d'où m'était venu ce désir si ardent de tout décaper sur ma tête. J'avais 15 ans quand c'est arrivé. Je me suis faite violer. Je sais maintenant que le rasage de tête a été une étape dans la guérison de cette blessure. Et même si je sais qu'on guérit jamais vraiment de ce genre de choses, avoir la tête rasée me protége de ce que j'ai pu être avant. Me protège de ce que je ne veux plus renvoyer aux autres, me montre aussi tout le chemin que j'ai pu parcourir depuis deux ans et demi.

Quartier Libre: Suzanne

Aujourd'hui je n'ai que 18 ans, et certains matins quand je me réveille j'ai la sensation d'en avoir 40. C'est clair que c'est pas facile d'avoir les cheveux courts, très courts. Je les ai eu super longs jusqu'à mes 17 ans, c'est un bon moyen de se cacher d'avoir les cheveux longs, de se montrer sans se montrer de rester dans le contrôle de sa propre image (c'est comme ça que je l'ai vécu), je suis quelqu'un de très timide, je rougis beaucoup et quand j'avais mes cheveux qui tombaient sur ma face j'avais l'impression que personne ne pourrait jamais voir mes joues bouillantes.

Maintenant c'est plus la même, faut en imposer et rester droite. J'adore. J'ai le sentiment de faire un énorme doigt d'honneur au monde. Je me venge de tout et de tout le monde. Peut-être que c'est juste le résultat de la colère et que ça me passera, mais pour l'instant j'ai besoin de ça. Je suis persuadée que derrière une femme aux cheveux courts se cache une hsitoire bien particulière. D'autant plus quand elle se rase carrément la tête. C'est un peu l'image du dessin animé Mulan, la scène où elle se coupe les cheveux pour partir au combat. Moi je le vois comme ça.

Quartier Libre: SuzanneQuartier Libre: Suzanne

Les gens sont curieux, les gens posent des questions « pourquoi t'as fait ça ?, ça te fait quoi ? T'es lesbienne ? », au début ça me faisait bien marrer toutes ces mêmes interrogations qui se répétent en boucle. Et puis plus le temps passe et plus ça me rend profondément triste de voir que même là, dans un acte complétement personnel, intemporel, délié de toute formalité, les gens cherchent encore des excuses, une justifation capable de combler quelque chose en eux. Il y a ceux qui posent les questions, et il y a ceux qui regardent, qui scrutent sans gène, qui me dévisagent et c'est une chose que j'ai du mal à supporter.

J'ai pas d'histoire de coiffeur à raconter par contre. Moi je m'en fiche pas mal tant qu'on me rase la tête...Je peux dire quand même que la première fois c'était le 6 août 2015 , perdu dans le fin fond du Cap Corse, c'est mon amoureux qui me l'a fait, ça l'a fait beaucoup rire. Et je sais qu'au début j'avais quand même très peur de ressembler à un garçon. (enfin peur c'est un grand mot) J'étais inquiète qu'il ne me désire plus. Parce qu'on nous apprend qu'une femme c'est avec des cheveux longs, que c'est comme ci, comme ça. Ca m'est vite passé, j'ai jamais été autant femme que depuis que j'ai plus de cheveux. Alors même si cet acte porte une lourde histoire derrière lui, je sais que tant que j'aurais la possibilité de le faire (c'est à dire tant que les tondeuses existeront), j'aurai toujours moyen de me sauver dans les coups dur. De me permettre de renaître. De dire fuck au reste, et de me pardonner.

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Publié le 3 Août 2016

Grands espaces, un portrait de Cynthia
Grands espaces, un portrait de Cynthia

LFACC: C'est à la manière d'un Quartier Libre que Cynthia, voyageuse, aventurière et blogueuse, m'a livré quelques détails sur sa vie de femme aux cheveux courts au coeur de l'Afrique...

"Je ne sais pas trop par où commencer.. quartier libre sur moi ... et mes cheveux ! Plutôt improbable comme interview. Et je n'ai même une coupe extravagante ou une couleur improbable ! haha Alors je vais commencer par me présenter. Je suis une grande voyageuse, amoureuse des grands espaces. Je travaille dans le tourisme, je suis un peu serial-expat et j'habite en Afrique depuis maintenant 4 ans et hors de France depuis... longtemps. Je tiens un blog voyage dans lequel je raconte mes aventures. Dés que je le peux je prends la route, que ce soit juste pour un weekend, 2 semaines ou 3 mois. Voyager, découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles personnes est devenu un besoin vital. Mais je suis également une grande épicurienne, fan de grande tablées et de bons vins, de musique, de rencontres et de bijoux !

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Je n'ai jamais vraiment été dans "la norme" en grandissant. Principalement à cause (ou grâce?) au fait que j'étais très grande et trés sportive. Quand j'étais plus jeune, j'avais les cheveux longs, je m'habillais comme les filles que je voyais dans la rue et j'essayais de me fondre le plus possible dans la masse pour faire oublier le fait que j'étais très grande et musclée. J'ai même fait du mannequinat pendant quelques années, parce que quelqu'un trouvait que je devait faire ça. Alors il fallait que j'ai les cheveux longs et que mon tour de taille ne dépasse pas X cm. C'est un monde qui aujourd’hui représente pas loin de tout ce que je déteste ! Comme quoi, pas facile quand on a pas la personnalité qui va avec le physique... et inversement. On perd pas mal de temps à se conformer puis à se chercher.

Puis un jour, le ras le bol à prit le dessus et j'ai décidé de quitter la France et de laisser libre court à ma personnalité ! C'est entre autre passé par une coupe radicale de mes cheveux !

J'ai donc les cheveux court depuis de nombreuses année, depuis que j'ai commencé ma vie de voyages et d'expatriations.

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Je coupe mes cheveux soit en France quand je rentre, ou sinon dans le pays dans lequel je vis. Je n'ai pas peur d'aller dans des coiffeurs "locaux", c'est au contraire une expérience assez sympa,; où l'on peut parler et de rire avec d'autres femmes provenant d'autre pays, dans l'intimité du salon. Situation qui n'arriverait sinon pas souvent.

Quand je reste longtemps dans un endroit, je me renseigne et je cherche le meilleur coiffeur local. Je n'ai jamais été déçue. Quand je suis juste de passage dans une ville, c'est au petit bonheur la chance. Mais généralement, du moment que j'ai la nuque bien dégagée, je suis contente. Au pire si c'est la cata je laisse poussé de quelques centimètres et je fais rattraper tout ça vite fait bien fait. Je n'ai pas la phobie du coiffeur ou un coiffeur attitré, je suis assez relax là dessus. Du moment qu'on me passe un coup de tondeuse pour me dégager la nuque et les oreilles, tout va bien.

Grands espaces, un portrait de Cynthia

L'aspect pratique y est certes pour beaucoup. J’habite en Afrique et il arrive souvent que l'on ai plus d'eau chaude, ou plus d'eau tout court. Les pannes d’électricité, la poussière, la moiteur... bref l'enfer pour les cheveux longs ! Je voyage aussi beaucoup et bien souvent dans des pays peu développé avec un minimum de confort, donc la aussi c'est pour l'aspect pratique. Puis franchement, se faire un shampoing en 30 secondes chrono, dans la douche, le lavabo ou bien juste avec un sceau d'eau.. .c'est la libération !

Mais les cheveux courts pour moi, c'est avant tout un état d'esprit. Depuis que j'ai les cheveux, je me trouve plus forte, plus féminine, plus indépendante tout en étant plus sexy ! Oui rien que ça. Haha.
C'est un peu l’affranchissement de tout les stéréotypes qu'on à depuis l'enfance (Genre princesse Raiponce ou Esméralda.. Il y a eu à la rigueur Mulan, mais elle a coupé ses cheveux pour se grimer et passer pour un homme. Super références que l'on inculque à nos enfants.)

Les cheveux courts ça colle avec mon caractère intrépide et impulsif. Je ne me vois pas du tout me laisser repousser les cheveux. Beaucoup de personnes me disent "oh ça te va bien les cheveux courts. Moi je n'oserai jamais, ça ne m'irait pas". Alors je leur répond gentiment, qu'il faut essayer pour savoir. Ce que je ne dis pas (mais que je pense très fort) c'est que ce n'est pas juste de l’esthétique. Loin de là. c'est avant tout un état d'esprit. Ma coupe courte fait partie de ma personnalité à 200% et les avoirs longs serait un peu comme prendre 30 kilos d'un coup ou bien que je me réveille un matin en faisant 1m60 .. ce serait juste pas possible ! haha

Puis c'est fou comme c'est addictif comme sensation de passer ses doigts le long d'une nuque dégagée ou bien tondue... et très sensuelle aussi... à bon entendeur ! haha
Je ne cherche pas du tout l’ambiguïté des genres ou à être androgyne en ayant les cheveux courts, au contraire je trouve qu'il n'y a rien de plus féminin qu'une femme à la nuque dégagée. Ce que j'aime par dessus tout dans les cheveux courts, c'est qu'on ne peut pas tricher, on ne peut pas se cacher derrière une mèche. En découvrant sa nuque aux yeux de tous, on s'expose énormément, on se montre tel que l'on est, sans artifice."

LFACC: Est ce que l’idée t’amuserait, ne serait-ce que pour un article ( j’ai une rubrique « all over the world » à présent et des amies en voyage, en profitent pour aller se faire couper les cheveux sur place et racontent ( j’ai déjà Los Angeles, Montréal et Beijing )

Cyn: "Oui avec plaisir ! Je peux faire quelques photos la prochaine fois que j'y vais."

LFACC: Est ce que les pays que tu connais bien ont cette « culture » de la féminité exprimée à travers les cheveux ( en gros, les cheveux longs font la féminité )?

Cyn: "Je connais surtout l’Afrique et ici la plupart des femmes ont les cheveux rasé ou alors des tissages. Mais je pense pouvoir dire qu'en Afrique, non, les cheveux ne font pas la féminité d'une femme !

Pour finir, un grand merci pour ce blog, qui rentre dans l’intimé de "ces femmes aux cheveux courts" avec pudeur, sensualité et justesse."

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Et pour rêver un peu plus...

sa page FB https://www.facebook.com/Heybluebird-Blog-voyage-lifestyle-1617947058436284/

son Instagram https://www.instagram.com/cyn_dx/

et son blog ( à voir absolument ) http://heybluebird.com

Photos: Cynthia

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Publié dans #Quartier Libre, #Portrait

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Publié le 31 Juillet 2016

Quartier Libre: Loki

Un Quartier Libre original, avec une belle androgyne qui n'a pas peur de dire qu'elle préfèrerai peut être les cheveux longs, si les avoir courts ne lui procurait pas autant d'avantages...

I am androgynous lifestyle blogger, model, revolutionary and propagandist of non-binary society, vegetarian and animal rights supporter, slasher, fujoshi, hedonist, admirer of electronic music, technology, fashion, cinema, Asian/British/American culture, futurism, psychology, education.

Je suis blogueur de style de vie androgyne, modèle, révolutionnaire et militant d'une société non-binaire, végétarien et supporter des droits des animaux, fan de film d'horreur, fujoshi, hédoniste, amateur de musique électronique, technologie, mode, cinéma, culture anglo-américaine, futurisme, psychologie, éducation...

Quartier Libre: Loki

The society I want to build is liberated from gender, religion, traditional family values, slaughter of animals, overconsumption and uncontrolled reproduction. It provides development of intellect and environment regeneration in ideals of mutual care and responsibility. Right now I wear short hair but I'd prefer long if it would be more simple to care for it. I don't think that hair length affects person's lifestyle or defines gender in any way. Though I discovered that a short cut makes my survival in patriarchal society much easier.

La société que je veux bâtir est débarrassée de genre, de religion, des valeurs des familles traditionnelles, de massacre des animaux, de surconsommation et de reproduction incontrôlée. Cela nécessite le développement d'une régénération de mentalité et d'environnement dans des idéaux de responsabilité et de mutuelle attention. A présent je porte les cheveux courts, mais je les préfèrerai longs si cela était plus simple d'entretien. Je ne pense pas que la longueur des cheveux ait une influence sur le mode de vie des personnes ou définisse un genre d'une manière ou d'une autre. Même si j'ai découvert que les cheveux courts facilitent ma survie dans cette société patriarcale

Quartier Libre: Loki
Quartier Libre: Loki

Random people stop hitting on me, I'm taken more seriously and correctly. And this kind of haircut suit to any outfit I have. Well, besides, all the characters I correspond with these days have short hair, so I'm kinda lucky. Long hair can add some aristocracy, fantasy, mystic to your appearance. Hairstyle is just an accessory in creating your unique image. Some people are more comfortable with long hair which can be bonded into a ponytail and left alone, others love short cuts, available to style in various manners. It's just various lengths of hair. Long hair is not a synonym of masculinity or feminity, it doesn't make you a woman or a man.

Les gens de hasard ne m'importunent plus, je suis davantage prise au sérieux et mieux traitée. En plus ce genre de coupe de cheveux colle à la plupart de mes tenues. Et puis, tous les personnages avec qui je correspond ces jours ci ont les cheveux courts, alors je suis assez chanceux. Les cheveux longs peuvent ajouter une certaine aristocratie, fantaisie, mysticisme à votre apparence. La coiffure est juste un accessoire pour vous faire une image unique. Certaines personnes se sentent mieux avec les cheveux longs qui peuvent être attachés en queue de cheval et laissés ainsi, d'autres adorent les coupes courtes qui peuvent être stylisées de manières variées. C'est juste une histoire de longueurs différentes. Les cheveux longs ne sont pas synonymes de virilité ou de féminité, cela ne fait pas de vous un homme ou une femme.

Quartier Libre: Loki

Since masculinity and feminity are far-fetched and compulsory concepts, everything connected to them is false. One and only definition of feminity is motherhood, and the definition of masculinity is fatherhood, that's all. Everything unrelated to giving birth has nothing to do with "male" or "female" definitions. The only hair that can make you more masculine is a beard. Majority of hairstyles is available to any gender. Your best hairstyle choice fully depends on your personal style and looks.

Depuis que masculinité et féminité sont des concepts obligatoires et farfelus, tout ce qui est lié à ça est faux. La seule et unique définition de la féminité c'est la maternité, et la définition de la masculinité c'est la paternité, c'est tout. Tout ce qui est en dehors du fait de donner naissance n'a rien à voir avec une définition de mâle ou femelle. Les seuls cheveux qui peuvent vous rendre plus masculin, c'est la barbe. La plupart des coiffures vont à n'importe quel genre. Votre meilleur choix de coiffure dépend uniquement de votre style et de votre allure.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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