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Publié le 20 Décembre 2016

Quartier Libre: Jo Jackson "A Regular Badass"

Comment, quoi, qu'est-ce que vous dites? Vous ne connaissez pas Jo, Jo Jackson, cette femme extraordinairement "badass", inventive, attractive, intelligente, cultivée, sportive, polyglotte et terriblement drôle?

Alors pour vous, Jo se raconte un peu, à l'occasion de son dernier passage chez le coiffeur...

Si ce n'est pas Salomé qui me coupe les cheveux, c'est personne. Avec le temps j'ai acquis un bon sens des coiffeurs. Dès que je trouve un bon, ça y est - c'est pour toujours, ou presque. J'ai tendance à cibler des coiffeurs si doués qu'ils sont détournés par des promesses de vies meilleures que ce soit à Berlin ou à Las Vegas. Bref, ils partent tous au bout d'un moment. 
 
Le danger c'est de se faire coiffer par quelqu'un qui a l'habitude des coupes courtes de grand-mère. Quand j'ai quittée le Zimbabwe et j'ai perdu mon coiffeur Chris, j'ai connue une horrible période de coupes de femme de 50 ans, bien que j'en avais que 14. Une fois que j'ai déménagé depuis la campagne jusqu'a Bordeaux, j'ai trouvé un salon de coiffure très branché. Le truc c'est que, j'entrais dans ma période de dénis de sexualité.
 
Depuis toute petite j'ai toujours eu les cheveux courts. D'ailleurs je vais publier un peu de mes écrits sur mes souvenirs d'enfance sur Koeksisters dont un poste sur le jour où je me suis rasé les cheveux à 9 ans avec l'accord de mes parents. J'ai toujours su que je n'étais pas une fi-fille et mes cheveux étais un moyen de le communiquer.
 
Lorsque j'ai commencé le lycée à Bordeaux, c'est alors que je me suis rendue compte que j'étais attirée par les filles. Ça ne me dérangeais pas plus que ça, du moment que je n'étais pas une lesbienne stéréotypée - la Butch quoi.
 

Du coup je voulais absolument avoir les cheveux longs à cette période. Ça ne m'allait pas trop, mais quelque part je voulais prouver qu'une lesbienne pourrait être belle et féminine. Je partageais ces insécurités avec ma première copine avec qui j'ai vécu une histoire secrète pendant plus ou moins 3 de nos 8 ans d'amour.
 
Ce n'est qu'à l'université que j'ai renoué avec mes cheveux courts, au fur et à mesure que je devenais plus confiante dans ma sexualité et mon identité. Je suis un tomboy. Ca m'a pris un peu de temps de l'affirmer comme je le fais maintenant.
 
Sexualité et genre sont deux choses bien distinctes. Mes parents (ma mère en particulier) trouve ma sexualité facile à comprendre et à accepter, mais la façon dont j'exprime mon genre (une femme tomboy, un peu masculine et féminine à la fois) la trouble légèrement. Mais on peut en parler ouvertement. Elle veut tout simplement apprendre et comprendre.
 
C'est drôle, parce que ma mère me trouve très masculine, ma copine me trouve très féminine.
 
C'est dur parfois de savoir ce que je suis lorsque la vision que les autre ont de moi varie autant, et souvent leur visions ne correspondent pas a celle que j'ai de moi-même.
 
Salomé commence a trouver qu'il est temps que je change de coupe. Je suis en manque d'inspiration et c'est rassurant quand on a un "signature look". T'as des suggestions?

Pour en savoir plus:

Koeksisters son site web

Koeksisters sa chaine Youtube ( J'adore les Dubsmash )

Koeksisters son Instagram

Salome Dewet sa coiffeuse

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 30 Novembre 2016

Quartier Libre: Suzanne

Suzanne est modèle et photographe à la fois. Une âme sensible comme un film argentique. Quand je lui ai proposé cette page pour un Quartier Libre, je ne m'attendais pas à un tel choc. Un récit puissant...

Il y a quelque chose de franc et de brut dans l'acte de se raser la tête. Ca faisait trop longtemps que les choses étaient en suspens, que j'attendais patiemment qu'un truc se passe, un bon coup de pieds au cul, un réveil brutal, une grosse averse. Quelque chose quoi. J'ai finalement décidé de me raser la tête, de tout enlever, tout nettoyer. J'ai mis du temps avant de comprendre vraiment d'où m'était venu ce désir si ardent de tout décaper sur ma tête. J'avais 15 ans quand c'est arrivé. Je me suis faite violer. Je sais maintenant que le rasage de tête a été une étape dans la guérison de cette blessure. Et même si je sais qu'on guérit jamais vraiment de ce genre de choses, avoir la tête rasée me protége de ce que j'ai pu être avant. Me protège de ce que je ne veux plus renvoyer aux autres, me montre aussi tout le chemin que j'ai pu parcourir depuis deux ans et demi.

Quartier Libre: Suzanne

Aujourd'hui je n'ai que 18 ans, et certains matins quand je me réveille j'ai la sensation d'en avoir 40. C'est clair que c'est pas facile d'avoir les cheveux courts, très courts. Je les ai eu super longs jusqu'à mes 17 ans, c'est un bon moyen de se cacher d'avoir les cheveux longs, de se montrer sans se montrer de rester dans le contrôle de sa propre image (c'est comme ça que je l'ai vécu), je suis quelqu'un de très timide, je rougis beaucoup et quand j'avais mes cheveux qui tombaient sur ma face j'avais l'impression que personne ne pourrait jamais voir mes joues bouillantes.

Maintenant c'est plus la même, faut en imposer et rester droite. J'adore. J'ai le sentiment de faire un énorme doigt d'honneur au monde. Je me venge de tout et de tout le monde. Peut-être que c'est juste le résultat de la colère et que ça me passera, mais pour l'instant j'ai besoin de ça. Je suis persuadée que derrière une femme aux cheveux courts se cache une hsitoire bien particulière. D'autant plus quand elle se rase carrément la tête. C'est un peu l'image du dessin animé Mulan, la scène où elle se coupe les cheveux pour partir au combat. Moi je le vois comme ça.

Quartier Libre: SuzanneQuartier Libre: Suzanne

Les gens sont curieux, les gens posent des questions « pourquoi t'as fait ça ?, ça te fait quoi ? T'es lesbienne ? », au début ça me faisait bien marrer toutes ces mêmes interrogations qui se répétent en boucle. Et puis plus le temps passe et plus ça me rend profondément triste de voir que même là, dans un acte complétement personnel, intemporel, délié de toute formalité, les gens cherchent encore des excuses, une justifation capable de combler quelque chose en eux. Il y a ceux qui posent les questions, et il y a ceux qui regardent, qui scrutent sans gène, qui me dévisagent et c'est une chose que j'ai du mal à supporter.

J'ai pas d'histoire de coiffeur à raconter par contre. Moi je m'en fiche pas mal tant qu'on me rase la tête...Je peux dire quand même que la première fois c'était le 6 août 2015 , perdu dans le fin fond du Cap Corse, c'est mon amoureux qui me l'a fait, ça l'a fait beaucoup rire. Et je sais qu'au début j'avais quand même très peur de ressembler à un garçon. (enfin peur c'est un grand mot) J'étais inquiète qu'il ne me désire plus. Parce qu'on nous apprend qu'une femme c'est avec des cheveux longs, que c'est comme ci, comme ça. Ca m'est vite passé, j'ai jamais été autant femme que depuis que j'ai plus de cheveux. Alors même si cet acte porte une lourde histoire derrière lui, je sais que tant que j'aurais la possibilité de le faire (c'est à dire tant que les tondeuses existeront), j'aurai toujours moyen de me sauver dans les coups dur. De me permettre de renaître. De dire fuck au reste, et de me pardonner.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 3 Août 2016

Grands espaces, un portrait de Cynthia
Grands espaces, un portrait de Cynthia

LFACC: C'est à la manière d'un Quartier Libre que Cynthia, voyageuse, aventurière et blogueuse, m'a livré quelques détails sur sa vie de femme aux cheveux courts au coeur de l'Afrique...

"Je ne sais pas trop par où commencer.. quartier libre sur moi ... et mes cheveux ! Plutôt improbable comme interview. Et je n'ai même une coupe extravagante ou une couleur improbable ! haha Alors je vais commencer par me présenter. Je suis une grande voyageuse, amoureuse des grands espaces. Je travaille dans le tourisme, je suis un peu serial-expat et j'habite en Afrique depuis maintenant 4 ans et hors de France depuis... longtemps. Je tiens un blog voyage dans lequel je raconte mes aventures. Dés que je le peux je prends la route, que ce soit juste pour un weekend, 2 semaines ou 3 mois. Voyager, découvrir de nouveaux horizons et de nouvelles personnes est devenu un besoin vital. Mais je suis également une grande épicurienne, fan de grande tablées et de bons vins, de musique, de rencontres et de bijoux !

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Je n'ai jamais vraiment été dans "la norme" en grandissant. Principalement à cause (ou grâce?) au fait que j'étais très grande et trés sportive. Quand j'étais plus jeune, j'avais les cheveux longs, je m'habillais comme les filles que je voyais dans la rue et j'essayais de me fondre le plus possible dans la masse pour faire oublier le fait que j'étais très grande et musclée. J'ai même fait du mannequinat pendant quelques années, parce que quelqu'un trouvait que je devait faire ça. Alors il fallait que j'ai les cheveux longs et que mon tour de taille ne dépasse pas X cm. C'est un monde qui aujourd’hui représente pas loin de tout ce que je déteste ! Comme quoi, pas facile quand on a pas la personnalité qui va avec le physique... et inversement. On perd pas mal de temps à se conformer puis à se chercher.

Puis un jour, le ras le bol à prit le dessus et j'ai décidé de quitter la France et de laisser libre court à ma personnalité ! C'est entre autre passé par une coupe radicale de mes cheveux !

J'ai donc les cheveux court depuis de nombreuses année, depuis que j'ai commencé ma vie de voyages et d'expatriations.

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Je coupe mes cheveux soit en France quand je rentre, ou sinon dans le pays dans lequel je vis. Je n'ai pas peur d'aller dans des coiffeurs "locaux", c'est au contraire une expérience assez sympa,; où l'on peut parler et de rire avec d'autres femmes provenant d'autre pays, dans l'intimité du salon. Situation qui n'arriverait sinon pas souvent.

Quand je reste longtemps dans un endroit, je me renseigne et je cherche le meilleur coiffeur local. Je n'ai jamais été déçue. Quand je suis juste de passage dans une ville, c'est au petit bonheur la chance. Mais généralement, du moment que j'ai la nuque bien dégagée, je suis contente. Au pire si c'est la cata je laisse poussé de quelques centimètres et je fais rattraper tout ça vite fait bien fait. Je n'ai pas la phobie du coiffeur ou un coiffeur attitré, je suis assez relax là dessus. Du moment qu'on me passe un coup de tondeuse pour me dégager la nuque et les oreilles, tout va bien.

Grands espaces, un portrait de Cynthia

L'aspect pratique y est certes pour beaucoup. J’habite en Afrique et il arrive souvent que l'on ai plus d'eau chaude, ou plus d'eau tout court. Les pannes d’électricité, la poussière, la moiteur... bref l'enfer pour les cheveux longs ! Je voyage aussi beaucoup et bien souvent dans des pays peu développé avec un minimum de confort, donc la aussi c'est pour l'aspect pratique. Puis franchement, se faire un shampoing en 30 secondes chrono, dans la douche, le lavabo ou bien juste avec un sceau d'eau.. .c'est la libération !

Mais les cheveux courts pour moi, c'est avant tout un état d'esprit. Depuis que j'ai les cheveux, je me trouve plus forte, plus féminine, plus indépendante tout en étant plus sexy ! Oui rien que ça. Haha.
C'est un peu l’affranchissement de tout les stéréotypes qu'on à depuis l'enfance (Genre princesse Raiponce ou Esméralda.. Il y a eu à la rigueur Mulan, mais elle a coupé ses cheveux pour se grimer et passer pour un homme. Super références que l'on inculque à nos enfants.)

Les cheveux courts ça colle avec mon caractère intrépide et impulsif. Je ne me vois pas du tout me laisser repousser les cheveux. Beaucoup de personnes me disent "oh ça te va bien les cheveux courts. Moi je n'oserai jamais, ça ne m'irait pas". Alors je leur répond gentiment, qu'il faut essayer pour savoir. Ce que je ne dis pas (mais que je pense très fort) c'est que ce n'est pas juste de l’esthétique. Loin de là. c'est avant tout un état d'esprit. Ma coupe courte fait partie de ma personnalité à 200% et les avoirs longs serait un peu comme prendre 30 kilos d'un coup ou bien que je me réveille un matin en faisant 1m60 .. ce serait juste pas possible ! haha

Puis c'est fou comme c'est addictif comme sensation de passer ses doigts le long d'une nuque dégagée ou bien tondue... et très sensuelle aussi... à bon entendeur ! haha
Je ne cherche pas du tout l’ambiguïté des genres ou à être androgyne en ayant les cheveux courts, au contraire je trouve qu'il n'y a rien de plus féminin qu'une femme à la nuque dégagée. Ce que j'aime par dessus tout dans les cheveux courts, c'est qu'on ne peut pas tricher, on ne peut pas se cacher derrière une mèche. En découvrant sa nuque aux yeux de tous, on s'expose énormément, on se montre tel que l'on est, sans artifice."

LFACC: Est ce que l’idée t’amuserait, ne serait-ce que pour un article ( j’ai une rubrique « all over the world » à présent et des amies en voyage, en profitent pour aller se faire couper les cheveux sur place et racontent ( j’ai déjà Los Angeles, Montréal et Beijing )

Cyn: "Oui avec plaisir ! Je peux faire quelques photos la prochaine fois que j'y vais."

LFACC: Est ce que les pays que tu connais bien ont cette « culture » de la féminité exprimée à travers les cheveux ( en gros, les cheveux longs font la féminité )?

Cyn: "Je connais surtout l’Afrique et ici la plupart des femmes ont les cheveux rasé ou alors des tissages. Mais je pense pouvoir dire qu'en Afrique, non, les cheveux ne font pas la féminité d'une femme !

Pour finir, un grand merci pour ce blog, qui rentre dans l’intimé de "ces femmes aux cheveux courts" avec pudeur, sensualité et justesse."

Grands espaces, un portrait de Cynthia

Et pour rêver un peu plus...

sa page FB https://www.facebook.com/Heybluebird-Blog-voyage-lifestyle-1617947058436284/

son Instagram https://www.instagram.com/cyn_dx/

et son blog ( à voir absolument ) http://heybluebird.com

Photos: Cynthia

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre, #Portrait

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Publié le 31 Juillet 2016

Quartier Libre: Loki

Un Quartier Libre original, avec une belle androgyne qui n'a pas peur de dire qu'elle préfèrerai peut être les cheveux longs, si les avoir courts ne lui procurait pas autant d'avantages...

I am androgynous lifestyle blogger, model, revolutionary and propagandist of non-binary society, vegetarian and animal rights supporter, slasher, fujoshi, hedonist, admirer of electronic music, technology, fashion, cinema, Asian/British/American culture, futurism, psychology, education.

Je suis blogueur de style de vie androgyne, modèle, révolutionnaire et militant d'une société non-binaire, végétarien et supporter des droits des animaux, fan de film d'horreur, fujoshi, hédoniste, amateur de musique électronique, technologie, mode, cinéma, culture anglo-américaine, futurisme, psychologie, éducation...

Quartier Libre: Loki

The society I want to build is liberated from gender, religion, traditional family values, slaughter of animals, overconsumption and uncontrolled reproduction. It provides development of intellect and environment regeneration in ideals of mutual care and responsibility. Right now I wear short hair but I'd prefer long if it would be more simple to care for it. I don't think that hair length affects person's lifestyle or defines gender in any way. Though I discovered that a short cut makes my survival in patriarchal society much easier.

La société que je veux bâtir est débarrassée de genre, de religion, des valeurs des familles traditionnelles, de massacre des animaux, de surconsommation et de reproduction incontrôlée. Cela nécessite le développement d'une régénération de mentalité et d'environnement dans des idéaux de responsabilité et de mutuelle attention. A présent je porte les cheveux courts, mais je les préfèrerai longs si cela était plus simple d'entretien. Je ne pense pas que la longueur des cheveux ait une influence sur le mode de vie des personnes ou définisse un genre d'une manière ou d'une autre. Même si j'ai découvert que les cheveux courts facilitent ma survie dans cette société patriarcale

Quartier Libre: Loki
Quartier Libre: Loki

Random people stop hitting on me, I'm taken more seriously and correctly. And this kind of haircut suit to any outfit I have. Well, besides, all the characters I correspond with these days have short hair, so I'm kinda lucky. Long hair can add some aristocracy, fantasy, mystic to your appearance. Hairstyle is just an accessory in creating your unique image. Some people are more comfortable with long hair which can be bonded into a ponytail and left alone, others love short cuts, available to style in various manners. It's just various lengths of hair. Long hair is not a synonym of masculinity or feminity, it doesn't make you a woman or a man.

Les gens de hasard ne m'importunent plus, je suis davantage prise au sérieux et mieux traitée. En plus ce genre de coupe de cheveux colle à la plupart de mes tenues. Et puis, tous les personnages avec qui je correspond ces jours ci ont les cheveux courts, alors je suis assez chanceux. Les cheveux longs peuvent ajouter une certaine aristocratie, fantaisie, mysticisme à votre apparence. La coiffure est juste un accessoire pour vous faire une image unique. Certaines personnes se sentent mieux avec les cheveux longs qui peuvent être attachés en queue de cheval et laissés ainsi, d'autres adorent les coupes courtes qui peuvent être stylisées de manières variées. C'est juste une histoire de longueurs différentes. Les cheveux longs ne sont pas synonymes de virilité ou de féminité, cela ne fait pas de vous un homme ou une femme.

Quartier Libre: Loki

Since masculinity and feminity are far-fetched and compulsory concepts, everything connected to them is false. One and only definition of feminity is motherhood, and the definition of masculinity is fatherhood, that's all. Everything unrelated to giving birth has nothing to do with "male" or "female" definitions. The only hair that can make you more masculine is a beard. Majority of hairstyles is available to any gender. Your best hairstyle choice fully depends on your personal style and looks.

Depuis que masculinité et féminité sont des concepts obligatoires et farfelus, tout ce qui est lié à ça est faux. La seule et unique définition de la féminité c'est la maternité, et la définition de la masculinité c'est la paternité, c'est tout. Tout ce qui est en dehors du fait de donner naissance n'a rien à voir avec une définition de mâle ou femelle. Les seuls cheveux qui peuvent vous rendre plus masculin, c'est la barbe. La plupart des coiffures vont à n'importe quel genre. Votre meilleur choix de coiffure dépend uniquement de votre style et de votre allure.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 25 Mai 2016

Photo: Jake Fisher

Photo: Jake Fisher

Marie est arrivée dans mon esprit après qu'Oriane ( Le Shape c'est Oriane ) m'en ait parlé, avec passion. Premier contact, premier échange... le courant passe. Fort. Alors naturellement, je me suis dit qu'elle seule pourrait vraiment parler d'elle, légitimement.

Quartier Libre: Marie

"Quand tu m’as dit que j’avais quartier-libre pour parler de moi, je me suis vraiment demandé comment j’allais orienter ça pour que ça ait du sens. Puis quand tu as ajouté que ce serait bien que je parle de mes cheveux, je suis restée plus perplexe encore. Mes cheveux sont juste des cheveux courts, même pas teints ni décolorés, pas vraiment rock’n’roll. Mais ça m’a trotté dans la tête toute la journée qui a suivi. Là où je n’avais vu jusque là dans ma coupe de cheveux que le fait que je les aime courts, j’ai réalisé que cette particularité avait eu son importance dans ma vie.

J’ai réalisé l’impact que pouvait avoir une coupe de cheveux pour la 1ere fois lorsque j’avais 9 ans. Ma mère a fait un jour l’erreur de me laisser aller toute seule chez le coiffeur parce qu’elle ne pouvait pas m’y emmener. J’ai insisté auprès du coiffeur et suis rentrée les cheveux coupés très court. J’étais vraiment ravie, cette coupe me correspondait parfaitement, et je suis rentrée très fière de moi! Ma mère s’est décomposée en me voyant, et je ne comprenais pas où était le problème. Ma prise de conscience s’est faite quelques jours plus tard. Je suis allée à mon cours d’arts martiaux, et personne ne m’a reconnue, vraiment personne, même ceux avec qui je pratiquais depuis plusieurs années. Puis en cours d’anglais, même situation. Je ne comprenais pas du tout, j’étais exactement la même, en mieux! A partir de ce moment-là j’ai senti que mon apparence pouvait me poser problème. Mais j’ai gardé les cheveux courts, parce qu’ils me correspondaient et que je ne me voyais pas autrement.

Arrivée en 6ème, au collège les gens me regardaient et se demandaient si j’étais une fille ou un garçon, et je me demandais pourquoi ils se posaient cette question, moi j’étais juste une fille aux cheveux courts! J’étais sportive et grande, j’avais les cheveux courts mais je ne voulais pas être un garçon, les gens se posaient des questions que je ne me posais pas.

Partout où j’allais c’était la même chose, la vendeuse de chaussures disant à ma mère « il a les pieds fins », des « jeune homme » à tout va, une copine de classe me disant que sa soeur trouvait que j’étais le mec le plus mignon de la classe. C’était très perturbant. Les gens ne voyaient pas. Je n’entrais pas dans les cases, j’avais du mal à être moi-même quand les gens me prenaient pour quelqu’un d’autre. J’en suis venue à jouer le jeu des autres pour être tranquille. Les gens avaient l’air de penser que j’étais un garçon, si je voulais être acceptée et avoir la paix il fallait que j’en sois un. Je me suis mise à jouer au foot avec des garçons en disant que je m’appelais Nicolas, et je passais les meilleures journées de la terre. Ca a créé au début de mon adolescence de vrais troubles du genre en moi. L’impression que pour être acceptée dans ce monde il fallait que j’accepte d’être un garçon, si c’était ce que les gens attendaient de moi. Mais ça me rendait très malheureuse.

Puis, autour de 14 ou 15 ans j’ai laissé mes cheveux repousser parce que j’en pouvais plus et je suis redevenue « une fille ». Toujours sportive et grande, pas féminine, mais on ne me prenait plus pour un garçon.

Je suis restée quelques années comme ça, avec des queues de cheval tirées, et l’envie de ne pas me faire remarquer.

Quartier Libre: Marie

A 18 ans, j’ai commencé à trainer dans le milieu gay à Paris, et immédiatement recoupé mes cheveux. J’avais découvert un monde qui acceptait mon apparence, un soulagement immense en moi. A cette même époque j’ai quitté la fac pour travailler dans des bars gay. Puisque je ne trouvais pas ma place du tout dans le circuit normal, il fallait que je vive dans un circuit parallèle. Le monde de la nuit était tout trouvé. La nuit, personne ne regardait les autres, et il y avait toujours plus bizarre que soi-même. J’ai vécu plus de 10 ans dans ce monde-là. Mes cheveux courts n’étaient plus un problème. Je suis passée par toutes les phases, de la coupe Tony&Guy, au mulet (oui!), aux cheveux quasiment rasés, aux décolorations, à la coupe homemade pendant des années.

Photo: Jake Fisher

Photo: Jake Fisher

Puis j’ai quitté le monde de la nuit et suis partie habiter seule à la campagne, et j'ai monté mon entreprise de fabrication artisanale de longboards en bois. Mes cheveux sont restés courts mais, vivant seule et loin de tout, je ne cherchais plus à leur donner d’effets. J’étais beaucoup dehors, ils blondissaient l’été et se ternissaient l’hiver. Ca n’avait plus beaucoup d’importance. Avec le travail du bois, mes cheveux étaient sous des casquettes, des bonnets, ou recouverts de poussière. Quand on fait un travail manuel et salissant on trouve une bonne excuse aux cheveux courts et à leur manque d’entretien.

Quartier Libre: Marie
Quartier Libre: Marie

En Californie, où je vis maintenant, les cheveux courts ne sont vraiment pas un problème, on y voit toutes les excentricités. Les femmes peuvent avoir les cheveux bleus et bosser avec des enfants ou dans une banque, il y a quelque chose de très décomplexant et libérateur. Je me fais coiffer chez le barbier, ils ont l’habitude de couper les cheveux des filles. Quelle que soit mon apparence, que j’aie les cheveux très courts ou pas, personne ne se demande si je suis une fille ou un garçons, les gens me complimentent sur mes cheveux et j’aime bien ça.

Quartier Libre: Marie

Marie a créé sa propre marque de longboards que vous pouvez retrouver

sur FB State of Grace Workshop

et sur le Net http://www.stateofgraceworkshop.com

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 19 Mars 2016

Quartier Libre: Lucile

« «- Alors, tu vas vraiment faire ça ? « Evoquer tes souvenirs d’enfance »… Comme ces mots te gênent, tu ne les aimes pas. Mais reconnais que ce sont les seuls mots qui conviennent. Tu veux « évoquer tes souvenirs »… Il n’y a pas à tortiller, c’est bien ça. »

C’est ainsi que Nathalie Sarraute entame son roman Enfance et l’enfance est précisément le point d’ancrage de l’histoire de mes cheveux courts. Non parce que je les arborais tondus enfant, bien au contraire. Mais parce que c’est à partir de cette période que s’est construit le désir de déconstruction du genre qu’on m’assignait alors. Comme bon nombre de petits êtres, j’étais le fruit de l’amour d’une union hétéroparentale. Petite fille modèle d’une mère qui faisait de moi la Camille ou autre Madeleine de Fleurville des livres de la Comtesse de Ségur qui peuplaient ma bibliothèque. Avec mon père, au contraire, l’enfant rangeait ses robes à volants et les petits nœuds fleuris de ses longs cheveux pour enfiler une paire de vieux jean, des bottes défraichies et un intemporel chapeau de feutre pour aller courir les bois.

Une dualité très vite marquée que traduira a posteriori ma coupe de cheveux alors synecdoque de mon identité.

L’être grandit et prend conscience des mécanismes qui font d’elle ce qu’elle est. Evoluer dans une société hétéropatriarcale régie par le principe de binarité homme/femme, masculin/ féminin et l’ordre sacro-saint sexe-genre-désir engendrent paradoxalement des foyers de résistance dont les cheveux courts ne représentent qu’une déclinaison.

Rapidement, un désir de rupture se fait sentir, l’envie de se construire contre (hors ?) cette image que ma famille et la société projettent en moi devient de plus en plus pressante. Mon identité entre en questionnement et s’accompagne d’un processus de déconstruction en vue d’en extraire l’essence, ces pièces dépossédées de tout diktat que je réutiliserai dans ma future composition. Qui suis-je, qui se cache au fond de moi ? Dès lors, je comprends que je suis/ est un sujet à l’aube d’un important travail, le work-in-progress peut commencer.

C’est finalement à mes vingt et un ans que je fais mon entrée au monde, la nuque découverte et le visage dégagé. C’est également l’âge à partir duquel je m’engage sur la scène militante. Mon corps en voie de réappropriation se découvre être une véritable arme politique, un moyen de lutte contre les stéréotypes de genre doublé d’un outil très efficace capable de renverser les codes et de créer dans une autre zone une prise de position affranchie de tout clivage.

Derrière mes cheveux courts se cache un plaisir évident, un goût tout particulier pour le travestissement corroboré par le port de costumes et de nœuds papillon, par exemple. M’appeler Lucile et avoir les cheveux courts devient un acte de subversion et la prise de conscience que mon corps est politique.

Quartier Libre: Lucile

Somme toute, les années passent et la tondeuse devient l’allié indispensable à cette nuque que j’aime impeccablement taillée. J’imagine que d’un point de vue esthétique, au-delà du charisme que peut être en mesure de révéler une coupe très courte, s’instaure un certain engouement, une addiction. Surprenant au début, mais rapidement, on ne peut déjà plus s’en passer. Comme la première gorgée de bière, le premier coup de tondeuse…

Finalement, se définit une nouvelle zone -queer- qui « ne consiste pas à établir le féminin via une voie de différenciation ou d’exclusion du masculin, ce qui consoliderait la hiérarchie et les relations binaires à travers une inversion des valeurs dans lesquelles les femmes représentent le champ des valeurs positives. Face à une stratégie qui renforce l’identité des femmes et via un procédé exclusif de différentiation, [nous autres, femmes aux cheveux courts] en propos[ons] une autre, de réappropriation et de reformulation subversives des « valeurs » qui au début semblaient correspondre au champ masculin ».

Or, porter les cheveux courts alimentent l’archétype et le cliché lesbien ; là est le paradoxe des pratiques subversives lesquelles, comme le rappelle Judith Butler dans Trouble dans le genre, « courent toujours le risque de devenir des clichés qui assoupissent à force d’être répétées, et surtout, en étant répétées dans une culture dans laquelle tout est considéré comme marchandise, et dans laquelle « subversion » a une valeur marchande ».

Déstabilisant paradoxe qu’est finalement celui d’encenser la différence pour finir par converger vers un groupe homogène (tout du moins en apparence), celui des femmes aux cheveux courts…


Texte & photos: Lucile Dampierre

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Octobre 2015

Bonne pioche

Dans la famille " Queer models " il y a Erika, Elliott, Casey... et peut être quelques autres. Moi je voudrais Agata. Oui comme ça, sans h. C'est franco-italo-espagnol.

Agata Descroix est devenue mannequin à 28 ans quand toutes ses consoeurs en ont 17 ou 20. Mais avec du tempérament et une maturité affirmée, il a suffit d'une coupe de cheveux pour révéler sa vraie nature. Pour Les Femmes Aux Cheveux Courts, elle a gentiment accepté de répondre à quelques questions...

« Agata, tu es connue aujourd’hui pour être dans cette tendance des mannequins androgynes. Un style naturel que tu as accentué définitivement en adoptant les cheveux courts.
Est ce que c’est une envie qui remonte à loin ou un choix professionnel?


"L'envie remonte à très loin et c'est elle qui a influencé le choix professionnel. A mes 14 ans, je m'habillais de façon très androgyne, avec des vêtements de skater et un look sportif. C'était le début. J'ai toujours eu beaucoup de mal à me sentir d'un seul côté, ou masculin ou féminin. J'étais plus grande, plus musclée et plus maladroite que mes camarades de classe. J'étais peu aimée à l'école et j'avais tout un monde intérieur et une imagination très fertile. Régulièrement, je m'imaginais plus tard dans la vie; je me rêvais grande, mince et musclée, traversant en rollers de grandes avenues à une vitesse vertigineuse, les cheveux très courts en mohican et décolorés en blond (l'idée du blond m'est passée très vite car j'aime beaucoup ma couleur naturelle).

C'est au Chili que l'envie est devenue insupportable. Lors d'un shooting, le photographe est venu avec une fausse frange. J'ai mis la frange sur ma tête, comme si c'était une crête de punk, et je me suis vue pour la première fois comme je voulais être. C'est à ce moment que j'ai commencé à considérer l'idée sérieusement.

Bonne pioche

La toute première fois qu’on t’a coupé les cheveux, c’était quand?

Je me rappelle très bien d'une coupe de cheveux que j'ai eu à mes 11 ans. C'était la première fois que j'allais chez le coiffeur, ma première vraie coupe de cheveux! Je n'avais pas trop apprécié l'expérience mais le résultat était incroyable. Je voulais me sentir plus féminine, plus parfaite, plus à l'image que voulaient de moi mes parents et mes grands-parents. J'ai opté pour un carré court super féminin et la coiffeuse m'a fait un brushing. J'étais en extase. Mes cheveux étaient lisses alors qu'ils avaient toujours été très crépus et électriques. Je jouais à la petite dame, et je passais le peigne des milliers de fois dans mes cheveux parfaits... Je n'avais pas un seul soupçon que ma crinière indomptable, de nature frisée, allait revenir au naturel. Trois jours plus tard, j'étais en pleurs.

Ma vraie première coupe très courte a été un échec cuisant aussi. En 2013, je suis allée chez un coiffeur Japonais très très connu dans le monde de la mode. Mon agence de mannequin me permettait d'avoir des coupes de cheveux gratuites avec lui si je laissais simplement un pourboire. Ce charmant coiffeur n'a rien compris à mes désirs et m'a fait une coupe et un brushing qui me donnaient l'impression d'avoir 10 ans de plus que mon âge. Les suivantes (faites par un autre coiffeur) ont heureusement récupéré les dégâts.


Quelles ont été les réactions autour de toi et dans le milieu professionnel?

C'est étrange comment les gens peuvent être contradictoires parfois! Tout le monde me dissuadaient de me couper les cheveux courts. Mes copines mannequins me criaient presque dessus en me disant que j'allais être horrible et que j'allais ressembler à un garçon. C'est toujours très délicat de parler d'une idée à quelqu'un. En disant que je voulais couper mes cheveux courts, les gens réagissaient violemment, comme si je leur demandais de couper leurs propres cheveux!
Seuls les coiffeurs professionnels approuvaient l'idée. Ils me disaient tous qu'un pixie m'irait très bien.

Et puis, j'ai franchi le pas et j'en ai profité pour complètement changer de style vestimentaire, pour m'habiller comme j'avais réellement envie, sans me préoccuper de ce que penseraient les clients. J'avais l'impression d'avoir "joué à la fille très féminine" depuis trop longtemps. Je sentais vraiment que je jouais un rôle.

Du coup, sûrement pour la confiance que j'ai récupérée par ce biais, la réaction des gens a été très positive. Tous les gens autour de moi ont été incroyablement surpris et unanimes. "C'est vraiment toi!" j'entendais constamment. Je ne sais pas si tous les commentaires ont été sincères, mais je me suis dit que j'avais au moins l'avantage de me plaire à moi-même.

Bonne pioche

Depuis, est ce que tu as été sollicitée pour laisser repousser tes cheveux?

Une seule fois on m'a demandé d'avoir les cheveux plus longs. J'ai mis fin à ma carrière, cette année, après avoir travaillé à Milan. J'étais avec une super agence, les gens qui travaillaient avec moi m'appréciaient beaucoup et j'ai terminé la saison de façon décente! Mon booker m'a prise à part dans la salle de réunion de l'agence et m'a dit:

"Agata, tu as un style très androgyne, mais tu plais à Milan. Tu pourrais beaucoup plus travailler. J'ai vraiment envie que tu reviennes et que tu te laisses pousser les cheveux au carré. Comme ça, tu pourrais bien bosser dans des rôles de mamans."

J'ai rarement pris un aussi gros coup de poing émotionnel dans la figure. J'étais venue à Milan pour poser et défiler comme femme et homme, mais on voulait me remettre dans les rails d'une personnalité beaucoup plus féminine (dans laquelle je ne me suis jamais sentie bien), pour me donner un rôle de maman!?

C'est ce commentaire qui m'a poussée à finalement prendre la décision d'arrêter le mannequinat. Il fallait bien, à un moment, laisser tomber tout ça et je crois que ça a été un bon moment.


Qui est ce qui te coupe les cheveux actuellement? Tous les combien?

Le seul coiffeur qui touche mes cheveux s'appelle Abraham (et oui, il était destiné à une renommée biblique!!). Il a un look d'enfer, avec une crête de punk qu'il change souvent de couleur et des tatouages partout.

Il travaille dans une chaine de salons qui s'appelle Estilismo, au Mexique. C'est la seule personne qui a su m'écouter, regarder mes références, comprendre mes cheveux et me faire exactement ce que je voulais. Je vais avec lui lorsque j'ai besoin d'une coupe complète, c'est-à-dire, tous les trois ou quatre mois (mes cheveux poussent très lentement). Pour les retouches, je fais ça à la maison avec une tondeuse.


Est ce que c’est quelque chose dont tu ne pourrais pas de passer aujourd’hui, le fait d’avoir les cheveux courts, la nuque tondue, cette liberté?

Je ne m'imagine absolument pas avoir les cheveux longs une fois de plus dans ma vie. J'ai passé tellement de backstages à pleurer en silence de la douleur des cheveux qu'on tiraille, chauffe, tord, attache, que je ne pourrais plus jamais revenir au passé je crois. J'ai détesté mes cheveux une bonne partie de ma vie. Trop fins, trop mous, trop fragiles, trop légers, trop électriques, ils poussaient très lentement et chaque fois qu'on me faisait une couleur, ils étaient encore plus secs et sans forme qu'avant. Ils ont aussi perdu beaucoup de force avec le temps. La coupe courte est quelque-chose d'addictif. Je ne pourrais plus me passer de pouvoir me faire un shampoing en 23 secondes dans le lavabo, au lieu de passer une demie heure à démêler mes cheveux au peigne dans la douche, avec la moitié de la bouteille d'après-shampoing sur la tête. Me coiffer en quelques instants le matin est quelque-chose qui me donne le sourire rien que de l'écrire... Je ne pourrais plus me passer de m'allonger quelque-part sans me coincer les cheveux de partout, passer ma main sur ma nuque sans me faire des rastas et surtout, surtout... Ça ne vole plus dans tous les sens. Je vois clair et lorsque je fais du sport, je ne suis plus préoccupée de ressembler à une barbapapa après avoir transpiré.

Je ne peux pas vraiment décrire l'impact que ça a eu dans ma vie, car personne ne me croirait... C'est comme si on m'avait ôté un fardeau de 20 kilos des épaules.

Bonne pioche


Est ce qu’il t’es arrivé de les couper toi même?

Ouiiiii! Et ça n'a pas toujours été un grand succès, mais c'est assez divertissant. Ado, j'ai voulu couper ma frange une fois, et j'ai oublié que les cheveux se rétractent lorsqu'ils sèchent. J'ai donc terminé comme Jeanne D'Arc....

Il y a juste un mois, je me suis un peu confondue dans les sabots, et je me suis trompée de numéro. J'ai terminé complètement tondue sur les côtés et ça m'a fait un coup au coeur. J'étais un mélange entre un moine Bouddhiste et un punk. Héhéhéhé! Mais je relativise toujours depuis que j'ai les cheveux courts. Les cheveux, ça pousse, même s'il leur faut plusieurs mois, et lorsqu'on les a courts, on peut facilement réparer les dégâts!


Est ce que tu as conscience d’être un exemple, un modèle pour beaucoup de femmes qui souvent n’osent pas couper leur cheveux?

En général, je n'aime pas me considérer ou me penser comme un modèle, mais plutôt comme une motivation ou une inspiration pour que les femmes se libèrent et finissent par se voir comme elles ont réellement envie de se voir dans un miroir et dans leur vie. Je pense que suivre un modèle est un peu comme essayer de copier quelqu'un ou quelque-chose sans prendre en compte notre côté unique. Suivre une inspiration ou se motiver pour quelque-chose ou quelqu'un est un système qui permet de réaliser nos propres objectifs, à notre façon.

Deux femmes avec une même coupe de cheveux s'apprécieront différemment, en prenant en considération leurs traits, mais aussi leur personnalité et leur aura.
Comme j'ai supporté durant des années de ressembler à ce que les gens voulaient de moi, je suis très sensible au fait d'avoir la liberté de se ressembler à soi-même. C'est quelque-chose que je souhaite pour tout le monde. Souvent, les autres ne nous aiment pas plus ou pas moins si nous nous coupons les cheveux courts, mais l'amour que nous avons pour nous-même peut changer d'une façon radicale.

Qu’est ce que tu aimerais dire à ces femmes qui t’admirent mais n’osent pas ou ont peur de se couper les cheveux?

Pendant des années et des années, je me suis regardée dans la glace en pensant que ce n'était pas moi.

C'est quelque-chose que je ne souhaite à personne.

J'aimerais dire à toutes les femmes qui n'osent pas se couper les cheveux courts:

"Est-ce que, dans 10, 20 ou 30 ans, tu regretteras de ne pas t'être lancée? Si oui, alors, fais-le maintenant. Si tu n'aimes pas, dans 10 ans, tes cheveux auront repoussé, si tu aimes, dans 10 ans, tu seras heureuse d'avoir pris la décision de le faire."

C'est généralement ce qui motive toutes mes actions. Je me pose les questions suivantes:

"Est-ce que j'en ai vraiment envie?"

Si je réponds oui, alors je me pose la suivante:

"Est-ce que je regretterai si je ne le fais pas maintenant?"

Si je réponds encore oui, alors, je passe à l'action.

Ne pensez pas aux limites. Pensez seulement que l'une des plus belles choses dans la vie, c'est de se réveiller un jour à 70 ans, regarder sa vie, et voir que nous sommes devenues la personne que nous rêvions d'être lorsque nous en avions 16.


Quel est ton sentiment sur l’androgynie?

J'ai toujours eu beaucoup de mal à me sentir complètement masculine ou complètement féminine et l'androgynie définie très bien où je me trouve: un mélange entre ces deux caractéristiques.

Parfois, les gens autour de moi ne comprennent pas bien cette volonté. Ils veulent me mettre dans une case ou une autre. Ça ne me dérange pas trop, pourvu que j'en change constamment. Je ne m'offusque jamais lorsqu'on me prend pour un garçon. Ça me fait rire et parfois me met dans des situations cocasses. C'est quelque-chose que j'ai très fort en moi.
Je suis une vraie spartiate lorsque je fais du crossfit, du kickboxing ou lorsque je décide de prendre quelque-chose en main, mais j'aime aussi me faire la manucure, avoir une peluche sur mon lit et je suis passionnée de cosmétologie. Ma personnalité englobe deux pôles opposés et c'est parfois dur à vivre car beaucoup de gens autour de moi provoquent des barrières à cette fluidité, par des commentaires, des moqueries, ou simplement une volonté de me ranger définitivement dans un tiroir ou un autre.

L'androgynie, c'est la fluidité dans les genres. Un de mes animaux totem est le serpent. Je pense qu'il représente la fluidité et aussi l'absence de sexe défini. J'aime beaucoup ce symbole et j'ai toujours été fascinée par la confusion des genres. Parfois, lorsque je n'arrive pas à identifier le genre d'une personne, sur une photo par exemple, je transforme les adjectifs espagnols qui se terminent par "a" (féminin) et par "o" (masculin) en "é". Je sais que ce n'est pas correct mais c'est ma façon d'en apprécier pleinement la beauté; en y faisant entrer le masculin et le féminin en même temps.

Bonne pioche

Est ce que tu revendiques cette image de femme androgyne?

Je revendique beaucoup plus la liberté d'avoir une apparence qu'on aime et avec laquelle on s'identifie, que l'androgynie en soi. L'androgynie est quelque-chose que je n'ai pas vraiment choisi. C'est quelque-chose qui s'est imposé à moi. De la même manière que les croyances, le désir de maternité ou l'orientation sexuelle, c'est un paramètre qui fait partie de nous qu'on le veuille ou non. On peut essayer de le combattre, mais on revient toujours au point de départ.

En réalité, je dois avouer que je revendique tout dans la vie, pourvu que chaque personne soit heureuse avec ce qu'elle est et que cette personne n'empiète pas sur la liberté et la sécurité d'autrui.

Si quelqu'un décide de se tatouer complètement des pieds à la tête, ou si une femme porte les cheveux très longs, ou très courts, peu importe la forme, pourvu que cette personne finisse par trouver ce que nous cherchons tous:

Faire la paix avec nous-même."

Un discours plein d'humour et de sensibilité, idéalement dans l'esprit de ces Femmes aux cheveux courts qui font ce blog. Merci beaucoup, grazzie mille, muchas gracias Agata.

Agata Descroix sur Instagram

https://instagram.com/agatacruz/

Photo de couverture: Tzu Reyes Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait, #Quartier Libre

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Publié le 24 Août 2015

Quartier Libre: Isabela Gasser

Souvent quand on voit des personnes connues, on se dit qu'elles sont certainement inaccessibles. Et puis il suffit d'un hasard, d'une rencontre, pour s'apercevoir à quel point on se trompait...

"Je m'appelle Isabela Gasser, je suis américaine x brésilienne... j'ai les cheveux courts depuis 3 ans maintenant mais j'ai toujours aimé changer ma coiffure, cheveux rasés d'un coté , rasés des deux cotés, carré, multicolore... je suis passée par toutes les coupes. Avant de les avoir coupés j'avais les cheveux très longs, depuis mes treize ans j'étais mannequin et les mannequins devaient avoir les cheveux longs pour avoir du travail... tout le monde voulait que je sois la plus féminine possible, j'étais cette fille aux cheveux longs qui aimait faire des trucs de mecs mais qui devait accepter d'être ce que les gens me disaient que c'était bien d'être, mais j'avais le besoin d'être moi même...

Quartier Libre: Isabela Gasser

Je n'étais à l'intérieur pas cette fille féminine et sage que tout le monde voulait que je sois, je ne l'ai jamais été depuis mon enfance j'ai toujours été "the wild child" de la famille, alors lorsque je me suis coupé les cheveux c'était comme si une partie de moi était partie, partie loin, une partie qui n'était pas moi, avec mes cheveux court j'étais moi même, j'étais heureuse et bien dans ma peau, l'intérieur correspond à l'extérieur et vice versa.... en plus les cheveux poussent tellement vite, j'adore expérimenter et faire ce que je veux avec, d'aller chez le coiffeur et lui dire " je te fais confiance, fais comme tu veux aujourd'hui" si j'aime pas ce qu'il m'a fait je ferai juste pas la même coupe et ça poussera...c'est simple...

Quartier Libre: Isabela Gasser

A l'heure d'aujourd'hui je fais maintenant des photos pour le fun, j'adore ça c'est une vraie passion , mais je ne vis plus de ça, j'ai lancé ma marque "Wildsh" il y a 4 ans et je fais des études en architecture, chose que j'ai toujours aimée, je suis quelqu'un de très artistique et j'adore créer tout le temps, mais dans le milieu où je suis maintenant personne n'est tatoué ... les femmes sont très classiques, mais ça ne m'a jamais fait peur d'être différente, bien l'opposée j'ai toujours aimé ça, la normalité m'ennuie énormément. Je suis fière d'être une femme aux cheveux courts, je m'assume et je me sens libre."

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Je dois remercier Sophie et Fiona qui ont été les relais bien sympathiques de cette rencontre.

Les photos sont d'Isabela et de son amie et la coupe d'Oscar chez Haircut Barber à Lausanne

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 15 Août 2015

Quartier Libre: Camille balance tout

Parfois arrive dans ma boite à lettres un message aussi édifiant que celui de Camille, qui ce matin même a voulu me livrer son histoire, entre elle et ses cheveux...

"J'ai 18 ans. Cheveux longs, courts, carré court, longs dégradés, carré plongeant, carré long, carré asymétrique,… Mes cheveux ont depuis toujours été une source de questionnement pour moi. J'ai tout essayé j'avais toujours le droit aux « comme ça te va bieeeen ». Je possède des cheveux lisses et raides … Le rêve des jeunes filles au collège. J'avais donc sans cesse le droit aux « t'as des cheveux de rêve, même pas besoin de les lisser, ils sont parfaits », « tu as des cheveux magnifiques ! » Et c'était je crois bien là mon problème et ce pourquoi je changeais toujours de coupe sans cesse on revenait à la texture et l'aspect de mon cheveux. Moi, introvertie penseuse, j'aime analyser les gens, ce qu'ils dégagent et j'avais l'impression que ce qui transparaissait de moi aux autres c'était une fille aux beaux cheveux pas une fille intelligente, admirable ou autre, non aux beaux cheveux avec un corps svelte. J'ai grandi. Arrivée au lycée, j'ai de moins en moins peur du changement je passe des cheveux longs à un carré asymétrique, qui me vaut d'ailleurs un « ton coiffeur est mort, il a du mal avec les lignes droites» Enfin bref, je me lasse vite de cette coupe, comme toujours et mûrie en moi cette envie… de cheveux courts. Je passais la plus part de mon temps libre à regarder sur pinterest des épingles de femmes aux cheveux courts. J'ai donc voulu sauter le pas. Seulement voulu. Comme d'habitude, je me suis retrouvée face à la coiffeuse (qui malgré mes 17 ans me prenait pour une petite fille) au dépourvu, et lorsque un moment se glisse dans la « conversation » un « si je te raser tout, ça ne te dérangerai pas ?! » je reponds « non pas du tout » « ho non, ma puce, pas toi !» Je me retrouve déboussolée, ne comprenant pas ces dernières paroles, je me suis tue et j'ai fini avec un carré court gonflé au brushing me donnant un air de poupon adulte. L'été arrive et j'ai vu mes cheveux pousser regrettant parfois mon manque de confiance face à cette coiffeuse. C'était une semaine noire d'octobre. Triste, énervée sur un coup de tête je dis à ma mère « coupe moi les cheveux » elle décide de prendre rendez vous. Face à la coiffeuse ce coup ci je dis clairement que j'aimerai couper mes cheveux court m'attendant à la même réprobation de la fois précédente. Mais non. « Tu n'as pas peur du changement, c'est bien on va regarder quelle coupe on pourrait te faire » j'étais aux anges. J'ai vu mes cheveux tomber mèche par mèche, et face à cette coiffeuse qui avait l'air toute jeune je restais calme, impassible, acquiesceant quelques sourires. Dans ma tête un mélange d'excitation et d'intrigue se mélangeait, je découvrais là, face à moi, un nouvel être. Je me suis levée dans ma robe noir cintrée à la taille avec une coupe au bol satisfaite par ce petit air chinois, tout le monde me regardait, vraiment. De tous les articles que j'avais lu sur votre blog une chose revenait régulièrement… et ça n'a pas manqué …. j'ai passé ma main sur ma nuque. « alors ça y est je l'ai fait ». Et je repassé ma main sur ma nuque avec allégresse, je me sentais forte. Chaque fois que je me regardais dans le miroir je regardais une nouvelle personne, femme, garçonne, forte, épanouie. Je n'ai pas eu peur du regard des autres, puisque comme la coutume le veut j'ai eu droit aux « comme ça te va bieeeen ». Mais l'extase devant mes cheveux toujours parfaitement raides était enfin finie on me voyait comme cette fille qui c'était fait la coupe à la garçonne, la fille aux cheveux courts je me suis sentie à part entière, différente. Lorsque je croise des bimbos avec des cheveux longs j'ai l'impression de toujours voir la même. Chaque fille aux cheveux courts que je croise a une singularité aucune ne se ressemble, on ne regarde pas leurs cheveux on regarde leur visage, on se questionne sur qui elles sont. Et c'est en ça que votre blog est merveilleux, il analyse l'esprit de ces femmes qui ont décidé de ne pas se donner de limite. C'est je crois ce qui m'a poussée à « passer à l'acte ». Je lisais vos articles avec admiration, émerveillement, avant même d'avoir les cheveux courts, et je continue encore. Merci.

Camille P."

Reste que ce weekend, la jeune et jolie Camille a une idée qui lui taraude l'esprit depuis longtemps, qui fait surface. Bientôt la rentrée, nouvel établissement, nouvelle vie... et une envie folle de passer carrément à la tondeuse. A suivre alors...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 13 Août 2015

Quartier Libre: Maëva

Un Quartier Libre, c'est la page du jour offerte à une femme aux cheveux courts pour exprimer humeurs et/ou état d'âme. On retrouve donc Maëva, la belle androgyne qui après avoir rencontré Régine, la coiffeuse des femmes aux cheveux courts à Montpellier, a pris goût au style "barbershop"...

"C’est connu, les cheveux courts ont besoin d’être entretenus. Généralement, une fois par mois si nous souhaitons garder l’allure d’une belle nuque dégagée. Mais n’êtes vous jamais arrivée au point de vouloir les couper encore plus courts car la seule chose que vous souhaitez c’est du changement suite à un événement dans votre vie ? C’est ce que j’ai fait, en prenant rendez vous chez un barbier de ma ville. Deux semaines plus tôt, je suis donc partie à la recherche d’un salon qui, en le souhaitant, attirera mon attention... ce fût le cas pour l’un d’entre eux se trouvant dans une ruelle plutôt méconnue. J'ai franchi la porte avec une boule au ventre, de peur de me faire rejeter car je suis de sexe féminin... Les salons masculins débordant habituellement de testostérones et rien d’autre. Mais c’est avec le sourire aux lèvres et le goût du défi, que j’ose demander si c’est possible de prendre ce rendez-vous tant attendu, chose inhabituelle pour ce barbier... puisque que j’ai pu lire la stupéfaction dans son regard ne s’attendant absolument pas à recevoir quelqu’un tel que moi dans son salon qui a ouvert il y a seulement un an mais dont le professionnalisme et la gentillesse m’a tout autant stupéfaite. C’est alors qu’il me sort cette phrase : « Je ne coiffe pas les femmes, mais puisque tu as les cheveux courts pourquoi pas ! » C’est plus tard qu’il me fera la confidence qu’il était auparavant employé dans un salon mixte et que sa réelle envie était de changer. Ca tombe bien, nos motivations sont les mêmes ! J’ai essayé un nombre incalculable de coiffeur mixte, sans trouver une seule fois la perle rare, tombant encore et encore sur des salons qui ne savaient pas s’y prendre avec moi. Il a suffit qu’on m’emmène une fois chez la barbière préférée des femmes aux cheveux courts de Montpellier, Régine... pour que j’y prenne goût. C’est ainsi que j’ai remarqué, la facilité avec laquelle il a cerné mes envies. Ce dernier n’a pas hésité une seule seconde à couper chacune de mes mèches grossières qui cachaient à nouveau mon visage. Plus il dégageait ma nuque, cette mèche devenu trop imposante et plus je me sentais fière d’être qui je suis et propre sur moi. Contrairement aux salons mixtes où la coiffeuse insiste maladroitement pour essayer de comprendre pourquoi on veut les couper courts avec cette intonation exécrable dans la voix qu’est le mépris … oh, en effet...trop dur de comprendre pour de simples faibles d’esprit !

Quartier Libre: MaëvaQuartier Libre: Maëva

Bref, la discussion entre lui et moi, venant naturellement, je lui ai fait part de mon projet photographique concernant les androgynes, genderfluids, queers etc... que je souhaitais voir aboutir sur Montpellier (Il se trouve, qu’il va aussi souvent dans cette région). C’est alors qu’il me dit : « Franchement, les femmes aux cheveux courts ont bien plus de classe ! » Une seconde après, son frère que j’ai cerné comme le comique de service, confirma ses dires. Je me sentais comme chez moi, on dit que notre maison se trouve là où est notre cœur... Je retournerais sans hésitation dans ce salon, puisque je me sens à ma place sans avoir constamment la sensation d’être jugée.

Etant impatiente de faire voir le résultat à mes proches, je retourne donc retrouver celle que je considère comme l’amour de ma vie pour lui montrer cette nouvelle coiffure que j’affectionne tant. On fait souvent l’éloge de la sensation d’une main passée dans des cheveux courts, quelle soit la vôtre ou celle de quelqu’un d’autre. Mais ma copine depuis maintenant quatre ans et avec laquelle je vis, en a décidé autrement. Faisant habituellement les choses différemment des autres... elle me posa un baisé sur cette nuque fraichement coupée. Je ne saurais décrire les sensations qui m’ont traversée, la seule manière que j’ai trouvé pour la remercier c’est de l’embrasser. La remercier non pas seulement pour ce baiser, mais pour toujours m’accepter telle que je suis après toutes ces années, peu importe mes choix... qu’ils soient capillaires ou tout autres.

Quartier Libre: MaëvaQuartier Libre: Maëva

Après cet échange, bien qu’il fut intense mais bref... je suis allé voir mon père, mais disons que la sienne de relation avec les cheveux courts n’est pas des plus joyeuses. Autant dire que le dialogue fut aussi courts que mes cheveux (Aah, humour quand tu nous tiens !) :

« Contente de ta nouvelle coupe ?

-Très !

- Reste plus qu’a les laisser pousser encore un peu, et ça sera plus sympa. »

Il ne s’est jamais autant contredit puisque deux mois auparavant la seule vue de la longueur de mes cheveux l’horripilait et il me suppliait d’aller les faire couper. Disons, que les humains n’ont pas toujours été très doués pour ce qui est de savoir ce qu’ils veulent ! Heureusement, un jour auparavant ma mère me surnommait « mon petit garçon » avec réconfort, de quoi esquisser un sourire, pas vrai ?

Quartier Libre: Maëva

Ca fait un moment que je marche dans la rue avec mes cheveux courts et ces vêtements qui me correspondent en regardant autre chose que le sol...cette nouvelle coiffure ne fait que prouver une nouvelle fois qu’il faut s’assumer... bien que les regards se posent la plupart du temps sur toutes ces personnes ne rentrant pas dans les codes de la société. Mais comme je l’avais dit à une amie : Si les gens te regardent cela signifie que tu attires leurs attention, qu’ils pensent du mal ou du bien, chose dont tu n’as finalement aucune idée, cela prouve que tu n’es pas ordinaire, et rien que cela... C’est une fierté."

Maëva sur Tumblr

et sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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