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Publié le 10 Octobre 2015

Bonne pioche

Dans la famille " Queer models " il y a Erika, Elliott, Casey... et peut être quelques autres. Moi je voudrais Agata. Oui comme ça, sans h. C'est franco-italo-espagnol.

Agata Descroix est devenue mannequin à 28 ans quand toutes ses consoeurs en ont 17 ou 20. Mais avec du tempérament et une maturité affirmée, il a suffit d'une coupe de cheveux pour révéler sa vraie nature. Pour Les Femmes Aux Cheveux Courts, elle a gentiment accepté de répondre à quelques questions...

« Agata, tu es connue aujourd’hui pour être dans cette tendance des mannequins androgynes. Un style naturel que tu as accentué définitivement en adoptant les cheveux courts.
Est ce que c’est une envie qui remonte à loin ou un choix professionnel?


"L'envie remonte à très loin et c'est elle qui a influencé le choix professionnel. A mes 14 ans, je m'habillais de façon très androgyne, avec des vêtements de skater et un look sportif. C'était le début. J'ai toujours eu beaucoup de mal à me sentir d'un seul côté, ou masculin ou féminin. J'étais plus grande, plus musclée et plus maladroite que mes camarades de classe. J'étais peu aimée à l'école et j'avais tout un monde intérieur et une imagination très fertile. Régulièrement, je m'imaginais plus tard dans la vie; je me rêvais grande, mince et musclée, traversant en rollers de grandes avenues à une vitesse vertigineuse, les cheveux très courts en mohican et décolorés en blond (l'idée du blond m'est passée très vite car j'aime beaucoup ma couleur naturelle).

C'est au Chili que l'envie est devenue insupportable. Lors d'un shooting, le photographe est venu avec une fausse frange. J'ai mis la frange sur ma tête, comme si c'était une crête de punk, et je me suis vue pour la première fois comme je voulais être. C'est à ce moment que j'ai commencé à considérer l'idée sérieusement.

Bonne pioche

La toute première fois qu’on t’a coupé les cheveux, c’était quand?

Je me rappelle très bien d'une coupe de cheveux que j'ai eu à mes 11 ans. C'était la première fois que j'allais chez le coiffeur, ma première vraie coupe de cheveux! Je n'avais pas trop apprécié l'expérience mais le résultat était incroyable. Je voulais me sentir plus féminine, plus parfaite, plus à l'image que voulaient de moi mes parents et mes grands-parents. J'ai opté pour un carré court super féminin et la coiffeuse m'a fait un brushing. J'étais en extase. Mes cheveux étaient lisses alors qu'ils avaient toujours été très crépus et électriques. Je jouais à la petite dame, et je passais le peigne des milliers de fois dans mes cheveux parfaits... Je n'avais pas un seul soupçon que ma crinière indomptable, de nature frisée, allait revenir au naturel. Trois jours plus tard, j'étais en pleurs.

Ma vraie première coupe très courte a été un échec cuisant aussi. En 2013, je suis allée chez un coiffeur Japonais très très connu dans le monde de la mode. Mon agence de mannequin me permettait d'avoir des coupes de cheveux gratuites avec lui si je laissais simplement un pourboire. Ce charmant coiffeur n'a rien compris à mes désirs et m'a fait une coupe et un brushing qui me donnaient l'impression d'avoir 10 ans de plus que mon âge. Les suivantes (faites par un autre coiffeur) ont heureusement récupéré les dégâts.


Quelles ont été les réactions autour de toi et dans le milieu professionnel?

C'est étrange comment les gens peuvent être contradictoires parfois! Tout le monde me dissuadaient de me couper les cheveux courts. Mes copines mannequins me criaient presque dessus en me disant que j'allais être horrible et que j'allais ressembler à un garçon. C'est toujours très délicat de parler d'une idée à quelqu'un. En disant que je voulais couper mes cheveux courts, les gens réagissaient violemment, comme si je leur demandais de couper leurs propres cheveux!
Seuls les coiffeurs professionnels approuvaient l'idée. Ils me disaient tous qu'un pixie m'irait très bien.

Et puis, j'ai franchi le pas et j'en ai profité pour complètement changer de style vestimentaire, pour m'habiller comme j'avais réellement envie, sans me préoccuper de ce que penseraient les clients. J'avais l'impression d'avoir "joué à la fille très féminine" depuis trop longtemps. Je sentais vraiment que je jouais un rôle.

Du coup, sûrement pour la confiance que j'ai récupérée par ce biais, la réaction des gens a été très positive. Tous les gens autour de moi ont été incroyablement surpris et unanimes. "C'est vraiment toi!" j'entendais constamment. Je ne sais pas si tous les commentaires ont été sincères, mais je me suis dit que j'avais au moins l'avantage de me plaire à moi-même.

Bonne pioche

Depuis, est ce que tu as été sollicitée pour laisser repousser tes cheveux?

Une seule fois on m'a demandé d'avoir les cheveux plus longs. J'ai mis fin à ma carrière, cette année, après avoir travaillé à Milan. J'étais avec une super agence, les gens qui travaillaient avec moi m'appréciaient beaucoup et j'ai terminé la saison de façon décente! Mon booker m'a prise à part dans la salle de réunion de l'agence et m'a dit:

"Agata, tu as un style très androgyne, mais tu plais à Milan. Tu pourrais beaucoup plus travailler. J'ai vraiment envie que tu reviennes et que tu te laisses pousser les cheveux au carré. Comme ça, tu pourrais bien bosser dans des rôles de mamans."

J'ai rarement pris un aussi gros coup de poing émotionnel dans la figure. J'étais venue à Milan pour poser et défiler comme femme et homme, mais on voulait me remettre dans les rails d'une personnalité beaucoup plus féminine (dans laquelle je ne me suis jamais sentie bien), pour me donner un rôle de maman!?

C'est ce commentaire qui m'a poussée à finalement prendre la décision d'arrêter le mannequinat. Il fallait bien, à un moment, laisser tomber tout ça et je crois que ça a été un bon moment.


Qui est ce qui te coupe les cheveux actuellement? Tous les combien?

Le seul coiffeur qui touche mes cheveux s'appelle Abraham (et oui, il était destiné à une renommée biblique!!). Il a un look d'enfer, avec une crête de punk qu'il change souvent de couleur et des tatouages partout.

Il travaille dans une chaine de salons qui s'appelle Estilismo, au Mexique. C'est la seule personne qui a su m'écouter, regarder mes références, comprendre mes cheveux et me faire exactement ce que je voulais. Je vais avec lui lorsque j'ai besoin d'une coupe complète, c'est-à-dire, tous les trois ou quatre mois (mes cheveux poussent très lentement). Pour les retouches, je fais ça à la maison avec une tondeuse.


Est ce que c’est quelque chose dont tu ne pourrais pas de passer aujourd’hui, le fait d’avoir les cheveux courts, la nuque tondue, cette liberté?

Je ne m'imagine absolument pas avoir les cheveux longs une fois de plus dans ma vie. J'ai passé tellement de backstages à pleurer en silence de la douleur des cheveux qu'on tiraille, chauffe, tord, attache, que je ne pourrais plus jamais revenir au passé je crois. J'ai détesté mes cheveux une bonne partie de ma vie. Trop fins, trop mous, trop fragiles, trop légers, trop électriques, ils poussaient très lentement et chaque fois qu'on me faisait une couleur, ils étaient encore plus secs et sans forme qu'avant. Ils ont aussi perdu beaucoup de force avec le temps. La coupe courte est quelque-chose d'addictif. Je ne pourrais plus me passer de pouvoir me faire un shampoing en 23 secondes dans le lavabo, au lieu de passer une demie heure à démêler mes cheveux au peigne dans la douche, avec la moitié de la bouteille d'après-shampoing sur la tête. Me coiffer en quelques instants le matin est quelque-chose qui me donne le sourire rien que de l'écrire... Je ne pourrais plus me passer de m'allonger quelque-part sans me coincer les cheveux de partout, passer ma main sur ma nuque sans me faire des rastas et surtout, surtout... Ça ne vole plus dans tous les sens. Je vois clair et lorsque je fais du sport, je ne suis plus préoccupée de ressembler à une barbapapa après avoir transpiré.

Je ne peux pas vraiment décrire l'impact que ça a eu dans ma vie, car personne ne me croirait... C'est comme si on m'avait ôté un fardeau de 20 kilos des épaules.

Bonne pioche


Est ce qu’il t’es arrivé de les couper toi même?

Ouiiiii! Et ça n'a pas toujours été un grand succès, mais c'est assez divertissant. Ado, j'ai voulu couper ma frange une fois, et j'ai oublié que les cheveux se rétractent lorsqu'ils sèchent. J'ai donc terminé comme Jeanne D'Arc....

Il y a juste un mois, je me suis un peu confondue dans les sabots, et je me suis trompée de numéro. J'ai terminé complètement tondue sur les côtés et ça m'a fait un coup au coeur. J'étais un mélange entre un moine Bouddhiste et un punk. Héhéhéhé! Mais je relativise toujours depuis que j'ai les cheveux courts. Les cheveux, ça pousse, même s'il leur faut plusieurs mois, et lorsqu'on les a courts, on peut facilement réparer les dégâts!


Est ce que tu as conscience d’être un exemple, un modèle pour beaucoup de femmes qui souvent n’osent pas couper leur cheveux?

En général, je n'aime pas me considérer ou me penser comme un modèle, mais plutôt comme une motivation ou une inspiration pour que les femmes se libèrent et finissent par se voir comme elles ont réellement envie de se voir dans un miroir et dans leur vie. Je pense que suivre un modèle est un peu comme essayer de copier quelqu'un ou quelque-chose sans prendre en compte notre côté unique. Suivre une inspiration ou se motiver pour quelque-chose ou quelqu'un est un système qui permet de réaliser nos propres objectifs, à notre façon.

Deux femmes avec une même coupe de cheveux s'apprécieront différemment, en prenant en considération leurs traits, mais aussi leur personnalité et leur aura.
Comme j'ai supporté durant des années de ressembler à ce que les gens voulaient de moi, je suis très sensible au fait d'avoir la liberté de se ressembler à soi-même. C'est quelque-chose que je souhaite pour tout le monde. Souvent, les autres ne nous aiment pas plus ou pas moins si nous nous coupons les cheveux courts, mais l'amour que nous avons pour nous-même peut changer d'une façon radicale.

Qu’est ce que tu aimerais dire à ces femmes qui t’admirent mais n’osent pas ou ont peur de se couper les cheveux?

Pendant des années et des années, je me suis regardée dans la glace en pensant que ce n'était pas moi.

C'est quelque-chose que je ne souhaite à personne.

J'aimerais dire à toutes les femmes qui n'osent pas se couper les cheveux courts:

"Est-ce que, dans 10, 20 ou 30 ans, tu regretteras de ne pas t'être lancée? Si oui, alors, fais-le maintenant. Si tu n'aimes pas, dans 10 ans, tes cheveux auront repoussé, si tu aimes, dans 10 ans, tu seras heureuse d'avoir pris la décision de le faire."

C'est généralement ce qui motive toutes mes actions. Je me pose les questions suivantes:

"Est-ce que j'en ai vraiment envie?"

Si je réponds oui, alors je me pose la suivante:

"Est-ce que je regretterai si je ne le fais pas maintenant?"

Si je réponds encore oui, alors, je passe à l'action.

Ne pensez pas aux limites. Pensez seulement que l'une des plus belles choses dans la vie, c'est de se réveiller un jour à 70 ans, regarder sa vie, et voir que nous sommes devenues la personne que nous rêvions d'être lorsque nous en avions 16.


Quel est ton sentiment sur l’androgynie?

J'ai toujours eu beaucoup de mal à me sentir complètement masculine ou complètement féminine et l'androgynie définie très bien où je me trouve: un mélange entre ces deux caractéristiques.

Parfois, les gens autour de moi ne comprennent pas bien cette volonté. Ils veulent me mettre dans une case ou une autre. Ça ne me dérange pas trop, pourvu que j'en change constamment. Je ne m'offusque jamais lorsqu'on me prend pour un garçon. Ça me fait rire et parfois me met dans des situations cocasses. C'est quelque-chose que j'ai très fort en moi.
Je suis une vraie spartiate lorsque je fais du crossfit, du kickboxing ou lorsque je décide de prendre quelque-chose en main, mais j'aime aussi me faire la manucure, avoir une peluche sur mon lit et je suis passionnée de cosmétologie. Ma personnalité englobe deux pôles opposés et c'est parfois dur à vivre car beaucoup de gens autour de moi provoquent des barrières à cette fluidité, par des commentaires, des moqueries, ou simplement une volonté de me ranger définitivement dans un tiroir ou un autre.

L'androgynie, c'est la fluidité dans les genres. Un de mes animaux totem est le serpent. Je pense qu'il représente la fluidité et aussi l'absence de sexe défini. J'aime beaucoup ce symbole et j'ai toujours été fascinée par la confusion des genres. Parfois, lorsque je n'arrive pas à identifier le genre d'une personne, sur une photo par exemple, je transforme les adjectifs espagnols qui se terminent par "a" (féminin) et par "o" (masculin) en "é". Je sais que ce n'est pas correct mais c'est ma façon d'en apprécier pleinement la beauté; en y faisant entrer le masculin et le féminin en même temps.

Bonne pioche

Est ce que tu revendiques cette image de femme androgyne?

Je revendique beaucoup plus la liberté d'avoir une apparence qu'on aime et avec laquelle on s'identifie, que l'androgynie en soi. L'androgynie est quelque-chose que je n'ai pas vraiment choisi. C'est quelque-chose qui s'est imposé à moi. De la même manière que les croyances, le désir de maternité ou l'orientation sexuelle, c'est un paramètre qui fait partie de nous qu'on le veuille ou non. On peut essayer de le combattre, mais on revient toujours au point de départ.

En réalité, je dois avouer que je revendique tout dans la vie, pourvu que chaque personne soit heureuse avec ce qu'elle est et que cette personne n'empiète pas sur la liberté et la sécurité d'autrui.

Si quelqu'un décide de se tatouer complètement des pieds à la tête, ou si une femme porte les cheveux très longs, ou très courts, peu importe la forme, pourvu que cette personne finisse par trouver ce que nous cherchons tous:

Faire la paix avec nous-même."

Un discours plein d'humour et de sensibilité, idéalement dans l'esprit de ces Femmes aux cheveux courts qui font ce blog. Merci beaucoup, grazzie mille, muchas gracias Agata.

Agata Descroix sur Instagram

https://instagram.com/agatacruz/

Photo de couverture: Tzu Reyes Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait, #Quartier Libre

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Publié le 24 Août 2015

Quartier Libre: Isabela Gasser

Souvent quand on voit des personnes connues, on se dit qu'elles sont certainement inaccessibles. Et puis il suffit d'un hasard, d'une rencontre, pour s'apercevoir à quel point on se trompait...

"Je m'appelle Isabela Gasser, je suis américaine x brésilienne... j'ai les cheveux courts depuis 3 ans maintenant mais j'ai toujours aimé changer ma coiffure, cheveux rasés d'un coté , rasés des deux cotés, carré, multicolore... je suis passée par toutes les coupes. Avant de les avoir coupés j'avais les cheveux très longs, depuis mes treize ans j'étais mannequin et les mannequins devaient avoir les cheveux longs pour avoir du travail... tout le monde voulait que je sois la plus féminine possible, j'étais cette fille aux cheveux longs qui aimait faire des trucs de mecs mais qui devait accepter d'être ce que les gens me disaient que c'était bien d'être, mais j'avais le besoin d'être moi même...

Quartier Libre: Isabela Gasser

Je n'étais à l'intérieur pas cette fille féminine et sage que tout le monde voulait que je sois, je ne l'ai jamais été depuis mon enfance j'ai toujours été "the wild child" de la famille, alors lorsque je me suis coupé les cheveux c'était comme si une partie de moi était partie, partie loin, une partie qui n'était pas moi, avec mes cheveux court j'étais moi même, j'étais heureuse et bien dans ma peau, l'intérieur correspond à l'extérieur et vice versa.... en plus les cheveux poussent tellement vite, j'adore expérimenter et faire ce que je veux avec, d'aller chez le coiffeur et lui dire " je te fais confiance, fais comme tu veux aujourd'hui" si j'aime pas ce qu'il m'a fait je ferai juste pas la même coupe et ça poussera...c'est simple...

Quartier Libre: Isabela Gasser

A l'heure d'aujourd'hui je fais maintenant des photos pour le fun, j'adore ça c'est une vraie passion , mais je ne vis plus de ça, j'ai lancé ma marque "Wildsh" il y a 4 ans et je fais des études en architecture, chose que j'ai toujours aimée, je suis quelqu'un de très artistique et j'adore créer tout le temps, mais dans le milieu où je suis maintenant personne n'est tatoué ... les femmes sont très classiques, mais ça ne m'a jamais fait peur d'être différente, bien l'opposée j'ai toujours aimé ça, la normalité m'ennuie énormément. Je suis fière d'être une femme aux cheveux courts, je m'assume et je me sens libre."

​Isabela est sur

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Je dois remercier Sophie et Fiona qui ont été les relais bien sympathiques de cette rencontre.

Les photos sont d'Isabela et de son amie et la coupe d'Oscar chez Haircut Barber à Lausanne

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 15 Août 2015

Quartier Libre: Camille balance tout

Parfois arrive dans ma boite à lettres un message aussi édifiant que celui de Camille, qui ce matin même a voulu me livrer son histoire, entre elle et ses cheveux...

"J'ai 18 ans. Cheveux longs, courts, carré court, longs dégradés, carré plongeant, carré long, carré asymétrique,… Mes cheveux ont depuis toujours été une source de questionnement pour moi. J'ai tout essayé j'avais toujours le droit aux « comme ça te va bieeeen ». Je possède des cheveux lisses et raides … Le rêve des jeunes filles au collège. J'avais donc sans cesse le droit aux « t'as des cheveux de rêve, même pas besoin de les lisser, ils sont parfaits », « tu as des cheveux magnifiques ! » Et c'était je crois bien là mon problème et ce pourquoi je changeais toujours de coupe sans cesse on revenait à la texture et l'aspect de mon cheveux. Moi, introvertie penseuse, j'aime analyser les gens, ce qu'ils dégagent et j'avais l'impression que ce qui transparaissait de moi aux autres c'était une fille aux beaux cheveux pas une fille intelligente, admirable ou autre, non aux beaux cheveux avec un corps svelte. J'ai grandi. Arrivée au lycée, j'ai de moins en moins peur du changement je passe des cheveux longs à un carré asymétrique, qui me vaut d'ailleurs un « ton coiffeur est mort, il a du mal avec les lignes droites» Enfin bref, je me lasse vite de cette coupe, comme toujours et mûrie en moi cette envie… de cheveux courts. Je passais la plus part de mon temps libre à regarder sur pinterest des épingles de femmes aux cheveux courts. J'ai donc voulu sauter le pas. Seulement voulu. Comme d'habitude, je me suis retrouvée face à la coiffeuse (qui malgré mes 17 ans me prenait pour une petite fille) au dépourvu, et lorsque un moment se glisse dans la « conversation » un « si je te raser tout, ça ne te dérangerai pas ?! » je reponds « non pas du tout » « ho non, ma puce, pas toi !» Je me retrouve déboussolée, ne comprenant pas ces dernières paroles, je me suis tue et j'ai fini avec un carré court gonflé au brushing me donnant un air de poupon adulte. L'été arrive et j'ai vu mes cheveux pousser regrettant parfois mon manque de confiance face à cette coiffeuse. C'était une semaine noire d'octobre. Triste, énervée sur un coup de tête je dis à ma mère « coupe moi les cheveux » elle décide de prendre rendez vous. Face à la coiffeuse ce coup ci je dis clairement que j'aimerai couper mes cheveux court m'attendant à la même réprobation de la fois précédente. Mais non. « Tu n'as pas peur du changement, c'est bien on va regarder quelle coupe on pourrait te faire » j'étais aux anges. J'ai vu mes cheveux tomber mèche par mèche, et face à cette coiffeuse qui avait l'air toute jeune je restais calme, impassible, acquiesceant quelques sourires. Dans ma tête un mélange d'excitation et d'intrigue se mélangeait, je découvrais là, face à moi, un nouvel être. Je me suis levée dans ma robe noir cintrée à la taille avec une coupe au bol satisfaite par ce petit air chinois, tout le monde me regardait, vraiment. De tous les articles que j'avais lu sur votre blog une chose revenait régulièrement… et ça n'a pas manqué …. j'ai passé ma main sur ma nuque. « alors ça y est je l'ai fait ». Et je repassé ma main sur ma nuque avec allégresse, je me sentais forte. Chaque fois que je me regardais dans le miroir je regardais une nouvelle personne, femme, garçonne, forte, épanouie. Je n'ai pas eu peur du regard des autres, puisque comme la coutume le veut j'ai eu droit aux « comme ça te va bieeeen ». Mais l'extase devant mes cheveux toujours parfaitement raides était enfin finie on me voyait comme cette fille qui c'était fait la coupe à la garçonne, la fille aux cheveux courts je me suis sentie à part entière, différente. Lorsque je croise des bimbos avec des cheveux longs j'ai l'impression de toujours voir la même. Chaque fille aux cheveux courts que je croise a une singularité aucune ne se ressemble, on ne regarde pas leurs cheveux on regarde leur visage, on se questionne sur qui elles sont. Et c'est en ça que votre blog est merveilleux, il analyse l'esprit de ces femmes qui ont décidé de ne pas se donner de limite. C'est je crois ce qui m'a poussée à « passer à l'acte ». Je lisais vos articles avec admiration, émerveillement, avant même d'avoir les cheveux courts, et je continue encore. Merci.

Camille P."

Reste que ce weekend, la jeune et jolie Camille a une idée qui lui taraude l'esprit depuis longtemps, qui fait surface. Bientôt la rentrée, nouvel établissement, nouvelle vie... et une envie folle de passer carrément à la tondeuse. A suivre alors...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 13 Août 2015

Quartier Libre: Maëva

Un Quartier Libre, c'est la page du jour offerte à une femme aux cheveux courts pour exprimer humeurs et/ou état d'âme. On retrouve donc Maëva, la belle androgyne qui après avoir rencontré Régine, la coiffeuse des femmes aux cheveux courts à Montpellier, a pris goût au style "barbershop"...

"C’est connu, les cheveux courts ont besoin d’être entretenus. Généralement, une fois par mois si nous souhaitons garder l’allure d’une belle nuque dégagée. Mais n’êtes vous jamais arrivée au point de vouloir les couper encore plus courts car la seule chose que vous souhaitez c’est du changement suite à un événement dans votre vie ? C’est ce que j’ai fait, en prenant rendez vous chez un barbier de ma ville. Deux semaines plus tôt, je suis donc partie à la recherche d’un salon qui, en le souhaitant, attirera mon attention... ce fût le cas pour l’un d’entre eux se trouvant dans une ruelle plutôt méconnue. J'ai franchi la porte avec une boule au ventre, de peur de me faire rejeter car je suis de sexe féminin... Les salons masculins débordant habituellement de testostérones et rien d’autre. Mais c’est avec le sourire aux lèvres et le goût du défi, que j’ose demander si c’est possible de prendre ce rendez-vous tant attendu, chose inhabituelle pour ce barbier... puisque que j’ai pu lire la stupéfaction dans son regard ne s’attendant absolument pas à recevoir quelqu’un tel que moi dans son salon qui a ouvert il y a seulement un an mais dont le professionnalisme et la gentillesse m’a tout autant stupéfaite. C’est alors qu’il me sort cette phrase : « Je ne coiffe pas les femmes, mais puisque tu as les cheveux courts pourquoi pas ! » C’est plus tard qu’il me fera la confidence qu’il était auparavant employé dans un salon mixte et que sa réelle envie était de changer. Ca tombe bien, nos motivations sont les mêmes ! J’ai essayé un nombre incalculable de coiffeur mixte, sans trouver une seule fois la perle rare, tombant encore et encore sur des salons qui ne savaient pas s’y prendre avec moi. Il a suffit qu’on m’emmène une fois chez la barbière préférée des femmes aux cheveux courts de Montpellier, Régine... pour que j’y prenne goût. C’est ainsi que j’ai remarqué, la facilité avec laquelle il a cerné mes envies. Ce dernier n’a pas hésité une seule seconde à couper chacune de mes mèches grossières qui cachaient à nouveau mon visage. Plus il dégageait ma nuque, cette mèche devenu trop imposante et plus je me sentais fière d’être qui je suis et propre sur moi. Contrairement aux salons mixtes où la coiffeuse insiste maladroitement pour essayer de comprendre pourquoi on veut les couper courts avec cette intonation exécrable dans la voix qu’est le mépris … oh, en effet...trop dur de comprendre pour de simples faibles d’esprit !

Quartier Libre: MaëvaQuartier Libre: Maëva

Bref, la discussion entre lui et moi, venant naturellement, je lui ai fait part de mon projet photographique concernant les androgynes, genderfluids, queers etc... que je souhaitais voir aboutir sur Montpellier (Il se trouve, qu’il va aussi souvent dans cette région). C’est alors qu’il me dit : « Franchement, les femmes aux cheveux courts ont bien plus de classe ! » Une seconde après, son frère que j’ai cerné comme le comique de service, confirma ses dires. Je me sentais comme chez moi, on dit que notre maison se trouve là où est notre cœur... Je retournerais sans hésitation dans ce salon, puisque je me sens à ma place sans avoir constamment la sensation d’être jugée.

Etant impatiente de faire voir le résultat à mes proches, je retourne donc retrouver celle que je considère comme l’amour de ma vie pour lui montrer cette nouvelle coiffure que j’affectionne tant. On fait souvent l’éloge de la sensation d’une main passée dans des cheveux courts, quelle soit la vôtre ou celle de quelqu’un d’autre. Mais ma copine depuis maintenant quatre ans et avec laquelle je vis, en a décidé autrement. Faisant habituellement les choses différemment des autres... elle me posa un baisé sur cette nuque fraichement coupée. Je ne saurais décrire les sensations qui m’ont traversée, la seule manière que j’ai trouvé pour la remercier c’est de l’embrasser. La remercier non pas seulement pour ce baiser, mais pour toujours m’accepter telle que je suis après toutes ces années, peu importe mes choix... qu’ils soient capillaires ou tout autres.

Quartier Libre: MaëvaQuartier Libre: Maëva

Après cet échange, bien qu’il fut intense mais bref... je suis allé voir mon père, mais disons que la sienne de relation avec les cheveux courts n’est pas des plus joyeuses. Autant dire que le dialogue fut aussi courts que mes cheveux (Aah, humour quand tu nous tiens !) :

« Contente de ta nouvelle coupe ?

-Très !

- Reste plus qu’a les laisser pousser encore un peu, et ça sera plus sympa. »

Il ne s’est jamais autant contredit puisque deux mois auparavant la seule vue de la longueur de mes cheveux l’horripilait et il me suppliait d’aller les faire couper. Disons, que les humains n’ont pas toujours été très doués pour ce qui est de savoir ce qu’ils veulent ! Heureusement, un jour auparavant ma mère me surnommait « mon petit garçon » avec réconfort, de quoi esquisser un sourire, pas vrai ?

Quartier Libre: Maëva

Ca fait un moment que je marche dans la rue avec mes cheveux courts et ces vêtements qui me correspondent en regardant autre chose que le sol...cette nouvelle coiffure ne fait que prouver une nouvelle fois qu’il faut s’assumer... bien que les regards se posent la plupart du temps sur toutes ces personnes ne rentrant pas dans les codes de la société. Mais comme je l’avais dit à une amie : Si les gens te regardent cela signifie que tu attires leurs attention, qu’ils pensent du mal ou du bien, chose dont tu n’as finalement aucune idée, cela prouve que tu n’es pas ordinaire, et rien que cela... C’est une fierté."

Maëva sur Tumblr

et sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 6 Mai 2015

Feminarum capillis brevibus Regina*

Il y a, à Montpellier, un lieu où la rumeur finit toujours par conduire les femmes aux cheveux courts. Un endroit un peu surprenant au premier abord et dans lequel, il y a 5 ans, on ne s'attendait pas à voir autant de jeunes femmes.

C'est un salon de coiffure tout ce qu'il y a de plus masculin, style années 60, avec son lot de formica et de linoléum et deux authentiques fauteuils de barbier. Dans ce petit royaume du cheveux court, Gilles est le roi, mais la reine c'est Régine.

Feminarum capillis brevibus Regina*

Si aujourd'hui Régine est devenue une telle référence pour les femmes aux cheveux courts, c'est d'abord et avant tout parce qu'elle même en est une, depuis .... toujours!

Adolescente punk et extravagante, elle avait déjà la tondeuse agile pour faire des coupes à ses copines et copains du lycée. Elle réussi pourtant à échapper aux affres de l'apprentissage et après des études sans intérêt, bac en poche elle intégre une école de coiffure. Formation classique, CAP homme et femme et puis l'expérience acquise dans différents salons qui l'amènent à quitter son Alsace natale...

Finalement et comme depuis toujours son vrai plaisir c'est de couper les cheveux, elle rejoint son complice Gilles, alsacien lui aussi, avec qui son parcours professionnel s'est déjà télescope auparavant. Ksalon, c'est le bingo!

Un salon hommes, mais pas que, puisque, petit à petit, son savoir faire et l'écoute particulière qu'elle porte aux femmes aux cheveux courts, son expérience et la confiance que lui accordent les clientes qui savent que "elle au moins elle n'a pas peur de couper les cheveux courts", vont rapidement faire l'unanimité.

Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*
Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*
Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*

C'est que mine de rien, cette mère de 2 ados est parfois aussi queer que ses jeunes clientes. Elle sait mieux que personne saisir leurs attentes et percevoir leurs envies. Elle sait que dans le domaine du style, tout se joue au millimètre près. Elle aime ces jeunes femmes audacieuses, parce qu'elle connait le regard des autres, celui des mortels qui lorgnent sur les nuques trop courtes des filles avec une mine de dégoût et ceux qui médisent de ces femmes aux cheveux courts " qu'on ne reconnait plus ma pauv'dame "... Elle a aussi toutes ces audaces, de la boule à zéro au blond platine, du carré court aux extensions "africaines". C'est comme ça vient et selon les envies. Parce qu'elle sait que l'essentiel est bien d'être soi même et fuck les regards des autres. Grâce à cela, il y a comme une complicité, le regard bienveillant d'une "grande soeur", professionnelle néanmoins, qui sait bien comment " fondre parfaitement ce dégradé au dessus du tour d'oreille bien net et cette nuque que toutes aiment caresser une fois sorties du fauteuil...

* La reine des femmes aux cheveux courts

Ksalon, 6 rue du Petit St Jean, Montpellier

04 67 60 47 39

Photos: jeaneg

Avec l'amicale participation de Eva, Maud, Alexane, Romane, Wiebke, Adeline et Julie

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Quartier Libre, #Portrait

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Publié le 28 Avril 2015

卜丽琳 ou Adeline la chinoise
卜丽琳 ou Adeline la chinoise

Adeline voyez vous c'est un peu une icône dans le monde 2.0.

Elle ne manque pas de pseudos d'ailleurs, vindesamants sur Tumblr, loverswine sur Instagram ou encore 卜丽琳 sur Facebook.

Et puis, in real life ( irl ) autrement dit en vrai, la jeune femme étudie les langues et le chinois en particulier. C'est peut être ça, inconsciemment, qui lui a inspiré cette envie d'une coupe façon Garde Rouge.

Ce qui fait mon admiration chez cette jeune femme aux cheveux courts, c'est son style, toujours sûr et assumé. Cela faisait quelques mois déjà qu'elle préparait sa chevelure, toujours habile, elle même, à manier la tondeuse ou les ciseaux.

Mais arrive un moment où, inéluctablement, il faut passer entre les mains d'un(e) professionnel(le). Et ça, c'est l'affaire de Régine, "LA" coiffeuse des femmes aux cheveux courts à Montpellier

卜丽琳 ou Adeline la chinoise卜丽琳 ou Adeline la chinoise卜丽琳 ou Adeline la chinoise

Des contours plus nets, une nuque plus dégagée, une coupe plus structurée finalement... Les deux femmes se comprennent.

Et voilà comment Adeline, la sinologue, finit par fondre son image et donner un parfum d'Extrême Orient à son allure de it girl branchée

卜丽琳 ou Adeline la chinoise

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 21 Février 2015

rétrospective /ʁe.tʁo.spɛk.tiv/ féminin

Document définissant chronologiquement, l’histoire, l’évolution d’un fait, du passé jusqu’à son aboutissement

C'est toujours amusant, quand on feuillette l'album de photos, de voir la tête qu'on avait, avant...

Il y a celle de l'enfance, où finalement on ne décidait pas grand chose, livré(e) plus ou moins aux goûts des parents qui assuraient "la maintenance" capillaire. Le coiffeur de papa, ou celui de maman, le "fait à la maison", les oreilles trop dégagées, la frange de traviole... on en passe.

Et puis, quand finalement on prend le destin de notre tignasse en main, il y a celles qui poursuivent la ligne tracée, celles qui prennent le total contre-pied de ce qu'elles ont "enduré" tout au long de cette jeunesse et puis il y a les autres...

J'en connais qui pour rien au monde ne changeraient d'un poil et d'autres qui sont de véritables "aventurières du cheveux". Longueurs, couleurs, styles, d'années en années, il faut parfois une recherche ADN pour les reconnaitre.

D'aucun dirait que cela dénote une quête de personnalité. Ouais... possible. J'y vois plutôt un certain sens artistique, de l'originalité, un besoin de différence, un accompagnement de l'évolution.

Comme pour Emma.

En guise de rétrospective

D'années en années, du lycée à la Fac, elle a sombré petit à petit dans l'addiction...

Quelques coups de ciseaux dans les boucles brunes... une frange pour l'été... puis carrément carré... et plus court encore, jusqu'à tondre sous le carré pour enfin adopter cette coupe au bol dans laquelle tous la reconnaissent.

En guise de rétrospective
En guise de rétrospective

Et c'est pas fini!

Au gré des saisons, ses cheveux poussent, sont coupés et repoussent... Parce qu'elle est ainsi Emma... elle aime ça.

Aujourd'hui c'est cheveux courts... et ça pourrait être encore plus courts. L'idée est là, l'envie aussi. Ce sera la tondeuse, et court comme ... Emma... Thompson

Peut être...

En guise de rétrospective

Photo: Emma Allaire et Jake Chessum pour Emma Thompson

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Quartier Libre

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Publié le 18 Janvier 2015

L'après midi de Julie

Quand on voyage, qu'on a une âme d'aventurière et qu'on a pas peur d'aller à la rencontre des autres, on se projète sans vraiment penser aux détails, jusqu'à ce que le quotidien vous les rappelle... Et quand on est une femme aux cheveux courts, ce n'est pas un détail certes, mais arrive un moment où il faut mettre la main sur un bon coiffeur.

Lorsque Ju est arrivée dans ma grande ville du Sud, ce rappel des détails commençait à se faire méchament sentir et le besoin d'une coupe de cheveux lui aussi...

Charitable comme je suis, je n'ai pas hésité longtemps avant de lui donner LA bonne adresse pour se faire couper les cheveux à Montpellier, mon coiffeur.

L'après midi de JulieL'après midi de Julie

Venue de son Nord natal et dans la région pour plusieurs mois, Ju ne semble craindre, rien ni personne. Les voyages ont formé sa jeunesse, de Londres à Los Angeles et de Lille à Montpellier, ce qui, je le sais, ouvre l'esprit bien plus largement que le reste.

Alors donc, ce samedi frais mais ensoleillé, je l'ai guidée dans les ruelles animées de la ville, jusqu'entre les mains expertes de Régine, à qui elle s'est confiée après avoir exprimé ses désirs...

L'après midi de JulieL'après midi de JulieL'après midi de Julie

Envie de légèreté, d'oreilles bien dégagée et de nuque fraîchement taillée, Régine a su comme d'habitude, capter l'envie de Julie, tondant par ici, desépaississant là et taillant une coupe boyish à souhait selon le style qu'elle affectionne.

Une demi heure et une poignée d'euros plus tard, Julie sortait de là comme après une cure de vitamine, rayonnante, visiblement satisfaite de son allure et de ce premier rendez vous dans un salon "pour hommes"

L'après midi de JulieL'après midi de Julie

Habituellement, 99% des jeunes femmes, à cet instant, passent la main sur leur nuque tondue et affichent un sourire de contentement qui me ravi. Eh bien Julie est le 1% restant. Sa préoccupation à elle se trouve dans la mèche qui balaie son front... et rien d'autre. Non, si, elle est contente, très contente même, du reste, mais son truc c'est la masse de cheveux au dessus et sur son front... C'est comme ça!

Admirable Julie, pleine d'audace et de détermination, capable de s'aventurer dans une ville inconnue, confier sa tête à une personne toute aussi inconnue ( mais recommandée ) et qui avoue devant une boisson chaude manquer de confiance en elle... Admirable je vous dis!

L'après midi de Julie

Merci pour ce moment... 

Ksalon, 6 rue du Petit St Jean, Montpellier

Photo: Myself

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre, #Divers & variés

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Publié le 16 Janvier 2015

Un Quartier Libre de mère en fille

Il y a deux ans de cela, à la suite d'une rupture amoureuse, Séléna décide de se couper les cheveux. Une réaction classique et bien connue, changer de tête pour tourner la page, jusque là rien de très original...

Si Séléna avait les cheveux longs, c'est simplement parce qu'elle n'avait jamais songé à les couper. Aucun a priori, aucune volonté de "préserver" un quelconque atout de féminité, non. Sa féminité est naturelle, innée. Elle tient ça certainement de sa mère Patricia et aussi loin qu'elle se souvienne, Séléna ne l'a jamais connu autrement qu'avec les cheveux courts...

Un Quartier Libre de mère en fille

Cependant, autre effet bien connu, après cette première coupe au carré, Séléna ne tarde pas à sentir le besoin de les couper plus courts, jusqu'à rejoindre l'image de Patricia, qui elle les porte très courts. On pourrait imaginer qu'il ne s'agit que de simple mimétisme...

De cette "transformation" la jeune femme dira qu'elle représente une sorte de rituel de passage, une étape dans sa vie de femme, entre l'adolescence et l'âge adulte. Les circonstances, le déclencheur sont bien moins importants que la volonté d'aller à la rencontre d'elle même, de se découvrir "vraie"!

Et celle qui n'était qu'une très belle jeune fille, brillante, élégante et ... un peu banale, devient une femme brillante, élégante, authentique et remarquable. Mais ce que sans doute elle n'imaginait pas en accompagnant Patricia chez ses amies coiffeuses, en exprimant son côté "aventurière" elle mettait sans doute ses pas dans les pas de sa mère.

Un Quartier Libre de mère en filleUn Quartier Libre de mère en fille

Parce que sa mère est une aventurière à sa façon et il faut l'être quand la Vie vous bouscule. Dans les années 80 lorsqu'elle entre à l'Ecole de Police, c'est presque un sacerdoce pour elle. Pour l'occasion elle a coupé ses cheveux, ce qui ne ravit pas tout son entourage, mais qu'importe, elle a décidé de prendre les commandes de sa vie.

Cette envie d'aventure on le retrouve chez Séléna, qui rêve de parcourir le monde, pour qui les études, l'avenir, sont indissociables de la cuisine, sa passion.

Mais alors que Patricia n'a guère changé le style de la coupe qu'elle a adopté depuis longtemps, Séléna, elle, explore encore différentes longueurs avec la complicité des coiffeuses dont elle expérimente le talent.

Un Quartier Libre de mère en filleUn Quartier Libre de mère en fille
Un Quartier Libre de mère en filleUn Quartier Libre de mère en fille

Sûre de sa féminité, aujourd'hui, la tondeuse qui rase sa nuque ne lui fait pas peur, au contraire, elle avoue adorer la sensation.

" Les femmes aux cheveux courts attirent certains hommes qui sont en général, plus "open", plus intelligents. C'est un bon filtre pour s'épargner bon nombre de "relous""

Un Quartier Libre de mère en fille
Un Quartier Libre de mère en fille

La mère et la fille, élégantes femmes aux cheveux courts, complices depuis toujours, se retrouvent finalement aussi dans leur image, déterminées et volontaires et c'est bien plus qu'une simple histoire de coupe de cheveux...

Je voudrais les remercier, l'une et l'autre d'avoir accepté de se raconter et d'être des fidèles de ce blog

Photos: Séléna S. et Patricia I.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Janvier 2015

Une histoire américaine

Une histoire qui pourrait bien être d'ici, ou d'ailleurs...

Lorsque j'ai rencontré "virtuellement" Kylei, j'ai d'abord été frappé par la ressemblance que je lui trouvais avec mon amie Sab. Elle était à mes yeux une sorte d'icône américaine, blond californien, machoire carrée, allure saine et sportive, je pouvais l'imaginer cheerleader de son collège durant son adolescence, populaire et courtisée.

Une histoire américaine

Parcourant les photos de son album, cette idée se confortait. J'avais cette impression revigorante que la jeune femme avait découvert sa vraie nature en coupant ses cheveux et s'épanouissait ainsi, enfin fidèle à elle même.

Pourtant, la discussion avec Kylei allait m'apprendre une réalité un peu différente...

Depuis toujours la jolie blonde aux cheveux longs est un vrai tomboy, au plus profond d'elle même. Pourtant, elle joue le jeu auquel on l'invite, fréquente les garçons, puis s'installe avec l'un d'eux. Le couple voit la naissance d'un petit garçon et la vie de Kylei semble toute tracée...

Mais la nature est toujours la plus forte et bientôt cette vie d'artifice devient insupportable. C'est un homme qui mûri dans le corps de la jolie blonde, le garçon qu'elle a toujours été.

Une histoire américaine

L'affrontement est sévère lorsqu'elle révèle à son entourage son homosexualité. Rejetée, menacée, privée de son enfant, Kylei va sombrer dans une vie de paria et devoir se battre. Elle peut compter pour cela sur le soutien de ses amies, mais aussi du pasteur de sa paroisse qui contre toute attente, l'aide et lui apporte un soutien moral... L'Amérique et ses paradoxes.

Une histoire américaine

A la manière d'un conte, le soleil revient dans la vie de Kylei. Elle a depuis longtemps coupé ses cheveux et jeté ses robes. Elle retrouve un job dans les espaces verts, à Virginia Beach, un appartement avec vue sur un lac au bord de l'océan, l'amour auprès de Cierra qui bientôt l'épouse et bien sûr son fils de huit ans qui vit aujourd'hui avec ses deux mamans.

Dorénavant Kylei assume ce rôle masculin. Elle a bien sûr envisagé d'aller plus loin dans la transformation chirurgicale, mais elle pense avant tout à son fils qui lui ne voit en elle que sa maman. Alors elle conjugue. D'ailleurs sa coiffeuse persiste à lui faire payer sa coupe au tarif femme... jusqu'au jour où Kylei ira pour ça dans un barbershop!

Une histoire américaineUne histoire américaine
Une histoire américaineUne histoire américaine

Merci Kylei Cook pour ta confiance... Et pour être une femme aux cheveux courts, déterminée et authentique.

Son Facebook

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Quartier Libre, #gayfriendly

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