Publié le 31 Janvier 2013

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Inutile de dire que la mission de retour de Genève avait été fraîchement accueillie. La cible avait été "traitée" mais l'hypothèse qu'un témoin puisse resurgir à tout moment dans cette affaire mettait la strass un peu sur les nerfs. Une fois de plus le débriefing de Tao avait été houleux. Le chef de l'équipe de soutien avait plaidé non coupable, même s'il avait effectivement aperçu la fille quitter l'hôtel, il ne pouvait pas imaginer qu'une professionnelle comme Daisy - il ne connaissait Tao que sous ce pseudo - ait pu la négliger. La fille n'avait pas demandé son reste, mais la savoir dans la nature rendait les plus pessimistes nerveux comme des lycéens à la veille du Bac...

Tao était en colère. Elle semblait en vouloir à chacun de ses interlocuteurs, mais en réalité c'est à elle qu'elle en voulait le plus, je le savais. Finalement elle ne parvenait pas à trouver une raison valable à ce qu'elle qualifiait maintenant comme une faiblesse. Pourtant elle avait eu de l'empathie pour cette fille, comme si elle avait trouvé en elle, à ce moment là, une certaine parentée, une fille qui voulait juste vivre dans ce monde, même au prix de quelques "trucs" pas très catholiques...

Mais elle, Tao, n'était pas une victime. Elle était tout sauf une victime. Elle était comme Moïra, la moïra de la mythologie, celle qui décide du parcours de chacun, de la vie et de la mort...

La colère passée, elle considéra que la fille avait eu sa chance, que c'était là un signe du Destin, son maître après tout puisqu'elle même se trouvait être Atropos, la parque qui coupe le fil de la vie...

J'étais effrayé de l'entendre me raconter cette vision. Je ne tenais pas tellement à ce que Tao s'imagine en ange de la mort et que ce délire finisse par l'habiter totalement...

Dans la semaine, un fait divers relevé dans la Tribune de Genève, relatait la découverte du corps d'une jeune femme, une escort connue des services de police. Le journaliste, perspicace, émettait l'hypothèse que son meurtre soit lié à l'assassinat, quelques jours plus tôt d'un banquier italien au Grand Hôtel Kempiski, un règlement de compte unanimement imputé à la ndrangheta, la mafia calabraise...

 

Photo: Courtney McCullough par Thomas Earl White 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Publié le 30 Janvier 2013

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Il y a quelques temps déjà que nous échangions, Sand et moi. Et puis je me suis rendu compte que je n'avais même pas songé encore à lui laisser un Quartier Libre sur le blog. Sandra est modèle et femme aux cheveux courts, résolument. A découvrir chez les meilleurs photographes.

 

"J'ai décidé d'essayer la coupe courte à 19 ans il me semble. A force de colorations, j'avais les cheveux dans un état tel que ça m'a paru être la seule solution. Puis j'avais je crois besoin de changement à cette période. L'adage dit que lorsqu'une femme rencontre un obstacle, elle change de coiffure. Adage certainement stupide, quoi qu'il en soit, la "thérapie capillaire" a été un franc succès. Un an et demi plus tard, sur un coup de tête, je me rasais intégralement le crâne. J'ai eu à ce moment là de bonnes critiques de mes proches, impressionnés par « mon cran » et étonnés pour la plupart que le crâne nu puisse m'aller. Également à cette période, beaucoup de photographes me sollicitaient pour me photographier. Il faut dire qu'une femme aux cheveux rasés, ça ne court pas les rues ! Malheureusement et malgré la soit disant "évolution de l'esprit de dame société", ce n'est pas pour autant facile à porter. Les employeurs n'ont pas été aussi avenants à mon égard. Bien que je ne doute pas que ce soit possible de trouver un emploi avec une apparence particulière, "la norme", autant que "les clichés" perdurent. Mes cheveux sont en ce moment en phase de repousse, une envie qui est arrivée sans prévenir elle aussi. Mais je sais que, même si j'arrive à laisser mes cheveux dépasser les 5cm, je reviendrais bien assez tôt à la coupe courte en envoyant valser les stéréotypes et les clichés que les gens peuvent avoir."


Le book de Sand

Photo: Chill Photograpie

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 29 Janvier 2013

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Pour tout dire, l'orange c'est pas forcément la couleur que j'aurais choisi au départ... Mais bon, j'ai bien compris qu'il s'agit là d'un clin d'oeil en direction du James Bond originel de 1962 où la plantureuse Ursula Andress apparaît dans une scène presque identique, sortant des flots, poignard à la ceinture. Et comment dire... ce qui me fait bicher, 40 ans plus tard et 20 épisodes plus loin c'est de voir une blonde à forte poitrine et à la pommette scandinave, supplantée par une brune sculpturale aux cheveux courts. Un vrai symbole!

Il était temps tout de même, parce que question James Bond girl, à part Carey Lowell au fin fond des années 80, les faire-valoirs, enfin les JBg, ont plutôt fait valoir d'opulentes chevelures tirebouchonnant allègrement sur leur robe de cocktail.

Et là, avec Halle Berry, non! Place à la femme d'action, gros pétard ( je parle de pistolet ) et belle carrosserie ( je parle de bagnole de sport ) cuir et cheveux courts.

Et du coup je me dis que, au moins dans cet épisode là, pour moi, c'est Pierce Brosnan le JBb. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 28 Janvier 2013

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Il y a déjà longtemps que son rire n'éclabousse plus les murs de la maison. Mais le temps ne se compte pas de la même manière pour tous, longtemps c'était hier, ce matin, il y a une heure...

L'absence a cette cruauté qui rend coupable tout ceux qui ne sont pas partis. Alors même qu'il faudrait se tourner vers le présent, la crainte d'oublier le passé, le souvenir de sa chair et l'odeur de son parfum, pèse comme le poids du monde sur les épaules d'Atlas. 

A travers les rencontres de fortune c'est toujours elle qu'il croit reconnaître et la réalité trop souvent le met à terre dans un désespoir qu'il ne sait pas mesurer. La mélancolie devient sa compagne, une nuit encore, malgré les âmes bienveillantes qui cherchent à rallumer le feu...

 

J'étais si prés de toi que j'ai froid prés des autres...

 

Citation: Paul Eluard

Photo: Splice x

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 27 Janvier 2013

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On a beau dire, on a beau faire, si on prend le temps de regarder un peu autour de soi, on voit bien quand même que les choses changent...

Et prendre le temps de regarder un peu autour de soi, ça je sais le faire. Dès que j'ai l'occasion, je m'installe à la terrasse de mon café préféré et j'observe le monde qui tourne sous mes yeux. 

Bon, les choses changent, les choses changent... pas là tout de suite. Mais si on pense, ne serait-ce qu'aux années de notre enfance, on voit bien que ça bouge.

D'accord, en même temps je ne suis pas à la terrasse du café du bourg à St Mathieu-la-Cloche. Ça aide.

Donc ici dans ma grande ville du Sud, je trouve ça plaisant de croiser, presque dans le même temps, une jolie "mamie" sophistiquée tirant son caddie en toile Burberry's, une jeune femme un peu classe à l'allure pressée, jonglant avec son Blackberry et une étudiante aux oreilles cachées par ses écouteurs Sony. Et toutes, chacune dans son style, montrant leur nuque délicieusement nue, finement tondue et dégradée. 

Alors évidemment je le remarque plus que les autres parce que c'est une chose qui me fait vibrer, mais pourtant il y a bien ce mélange, d'âge, de milieu social, de culture même, avec un dénominateur commun. Allez donc voir ça il y a 20 ans seulement...

Et si j'exagère un tantinet ( ça aussi je sais le faire ) j'ai même l'impression qu'il y a une tendance à l'effacement des genres, ou en tout cas à un mélange des plus oecuménique. C'est à ça que je reconnais une femme intelligente et indépendante. En toute mauvaise foi!

 

 

Modèle: Ellie Fox

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Publié le 25 Janvier 2013

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L'image a quelque chose de fascinant et pour peu que l'on parvienne à se glisser dans la peau du personnage il y a une certaine angoisse qui s'immisce. Peut être le calme et la résignation apparente de la brune, peut être la détermination de la blonde...

Il y a peut être moins de sophistication que dans le cliché d'Arnold Mariashin mais l'émotion est identique.

C'est presque un tabou que l'on transgresse, en général les métamorphoses se font loin des regards dans le secret d'une chrysalide. 

On imagine bien le coeur battre plus fort et une douce terreur s'emparer de celle dont on soulève la méche et qui perçoit sans le voir l'acte sacrificiel. Un léger tiraillement, un crissement douloureux des lames sur les cheveux et un claquement à peine entendu... Petit à petit on ne sait plus si cette peur n'est pas du plaisir, comme la douleur sait parfois l'être. 

Les ciseaux déchirent le voile et les cheveux tranchés dessinent les contours de la tête, insensiblement plus légère. Une sorte de délice remplace le noeud qui serrait les tripes, la hâte de se découvrir nouvelle...

Cette chevelure qui était parure n'est plus que lambeaux. Doucement les doigts glissent à travers les mèches et se surprennent d'une douceur nouvelle, d'être sitôt libérés de l'entrave et reviennent, saisissant la toison pour en mesurer l'existence. Le rideau est levé et cette fois le visage est en pleine lumière, porté par un cou qu'on ne savait plus aussi long. Délicatement, les doigts font le tour d'une oreille, caressent ce pavillon, poursuivent vers l'arrière et se posent sur la nuque comme si, nue, il fallait cacher cette intimité qu'on devine exposée.

Souvent on ne sait pas où se mêlent les terreurs et les délices...

 

Photo: Fox Harvard

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Publié le 24 Janvier 2013

isabella-rosselini.jpg

Des rêves on en a tous, des tout simples et des complètement fous. Mais pas un seul n'a moins de valeur qu'un autre. Certains sont du quotidien, d'autres d'une vie entière et on les poursuit avec la même foi... Peut être jusqu'au jour seulement où la réalité nous rattrape dans cette course sans fin.

Ce jour là on a trop d'incertitudes dans la tête pour la tenir haute et on marche seul dans une grande ville où personne ne s'inquiète de nous. 

Et puis un taxi passe plus lentement que les autres et par la fenêtre ouverte vous lance un "Hey mec! Je t'emmène où?"... On continue à marcher, encore un instant et puis l'on se dit que de toute     façon il faut bien aller plus loin. Alors on monte en se disant que son rêve à lui était peut être d'avoir dans son cab une belle nana, qu'il aurait pris au début pour un beau mec... On le laisse baratiner, gentiment.

Le paysage défile dans un quartier qu'on croyait connaître et soudain nait un nouveau rêve. " Arrête moi là!" Son rêve à lui prend fin...

Ainsi des rêves, comme des pierres lisses sur un gué, qui nous emmènent, sautant de l'un à l'autre, chaque fois un peu plus loin sur le chemin...

 

Modèle: Isabella Rosselini


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Publié le 23 Janvier 2013

KimKyungSoo-korean-vogue-3.jpg

On a pas toujours une idée très positive de la Corée, entre le nord maintenu cruellement dans un moyen âge communiste et le sud au commerce outrageusement capitaliste. 

Pourtant il fut un temps où le pays du Matin Calme pouvait faire rêver les voyageurs sur les routes d'Orient qui parvenaient dans ce pays aux montagnes brodées dans la soie

En 2008, voulant renouer avec la tradition et cet âge d'or, le photographe Kim Kyung Soo fit une série pour le magazine Vogue, mettant à l'honneur le hanbok, costume traditionnel coréen. Bien sûr à cette époque, femmes et fillettes avaient des coiffures sophistiquées, des chignons soignés tout comme on imagine les geishas japonaises. Mais là, au contraire, les modèles ont les cheveux coupés, courts, en des coupes très graphiques et qui étonnemment s'accordent merveilleusement bien avec le style, au point qu'on pourrait imaginer que cela aussi est "traditionnel". Une façon élégante et subtile d'associer le passé au présent et la modernité à la tradition...

 

Photo: Kim Kyung Soo

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Publié le 22 Janvier 2013

christy.jpg

Les sentiments se bousculent, se télescopent et s'entrechoquent. Elle cherche dans le miroir son image, aimerait bien voir à travers et se retrouver... Mais il y a de la colère, du chagrin, des remords, de l'amour, de l'envie... Il est parti.

Pourtant elle croit qu'elle l'aime encore... Ou bien est ce juste sa présence qui lui manque? Elle s'en veut de penser encore à lui... mais elle ne pense qu'à lui. Elle soulève la mèche qui barre son visage et se rappelle la façon dont il l'avait surprise quand elle avait eu envie de couper ses cheveux. Il l'avait encouragée même et elle n'avait pas hésité longtemps avant de mettre sa nuque à nu. Elle s'était alors découvert un pouvoir nouveau et leurs caresses et leurs baisers avaient cent fois plus de saveurs... Elle était fière de cette audace, de l'assurance qu'elle lui avait révélé. Parce que finalement tout cela était en elle.

Alors soudain, comme une évidence, lui prend l'envie d'aller chez le coiffeur, cette fois de couper plus courts encore, toujours, mettre au jour une part encore plus importante d'elle même, tourner la page et découvrir une nouvelle image. Toujours sûre d'elle, pour aller plus loin, sans lui... ou avec un autre.

 

Model: Christy Turlington

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 20 Janvier 2013

Sybil-par-Kmie.jpg

Pauvre je ne peux pas vivre dans l’ignorance
Il me faut voir entendre et abuser
T’entendre nue et te voir nue
Pour abuser de tes caresses

Par bonheur ou par malheur
Je connais ton secret par coeur
Toutes les portes de ton empire
Celle des yeux celle des mains
Des seins et de ta bouche où chaque langue fond
Et la porte du temps ouverte entre tes jambes
La fleur des nuits d’été aux lèvres de la foudre
Au seuil du paysage où la fleur rit et pleure
Tout en gardant cette pâleur de perle morte
Tout en donnant ton coeur tout en ouvrant tes jambes

Tu es comme la mer tu berces les étoiles
Tu es le champ d’amour tu lies et tu sépares
Les amants et les fous
Tu es la faim le pain la soif l’ivresse haute

Et le dernier mariage entre rêve et vertu.

 


Texte: Paul Eluard - Derniers poèmes d'amour

Photo: Camille Joly

Modèle: Sybil Rondeau

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