Publié le 24 Août 2019

Beli et Lara

Beli et Lara

Il y a sur ce blog une atmosphère particulière en ce moment. Une odeur de fin de règne. Peut être avais-je été trop habitué aux éloges et à la complicité? Voilà que ces jours-ci on me conteste, on me remet en question, on me critique... Je ne parle pas des viragos que j'évoque dans l'article précédent. Elles méritent à peine les pixels que je leur ai consacré. Non je parle cette fois de lectrices plutôt "acquises" à ma cause, de celles qui viennent là régulièrement, un peu dans l'ombre, discrètement, pour lire et contempler. Et puis à force de lire et de contempler et de ne pas être totalement satisfaites, l'une d'elle finalement m'interpelle...

C'est sous forme d'un commentaire et ça commence comme ça:

LLIl n y a pas que les femmes aimant les femmes qui portent les cheveux courts ! Vos photos ne représentent qu elles. Je les reconnais puisque ce sont des copines. Elles sont où celles qui sont un peu plus féminines. L androgynie au féminin est pas mal aussi !

Ce à quoi je réponds volontiers en acquiescent, au moins sur la première affirmation. La seconde me semble plus contestable. Dire que mes photos ne représentent que "les femmes aimant les femmes" est tout à fait arbitraire, personne ne leur ayant demandé leur orientation sexuelle pour apparaitre sur ces pages. Bref! Je me contente d'un like et de répondre que c'est vrai! ( qu'il n'y a pas que les femmes aimant les femmes qui ont les cheveux courts )

Mais la réplique semble un peu agacée:

LLAlors pourquoi ne les voit on pas sur votre blog !?

Du coup, le dialogue prend une autre tournure. Imaginant que cette personne s'est contentée, comme beaucoup, de feuilleter les dernières pages parues, je l'invite à explorer davantage les quelques 2753 articles édités, affirmant que le choix des photos ne se fait que sur les critères de qualité et d'esthétique. Et là, enfin, mon interlocutrice lâche sa tirade contestataire:

LLJe ne parle pas d orientation sexuelle, je parle de la féminité des femmes aux cheveux courts qui n a pas été représentée depuis au moins 2014 sur votre blog. Pourquoi ? Elle est là ma question. J ai 54 ans. Je suis coiffeuse pro. Rock n roll et glamour. Adorant les hommes mais l image que vous renvoyez des femmes aux cheveux courts n a vraiment rien d agréable aux yeux des hommes. Bref, le mieux est d en rester là mais je ne dirais plus grand chose de bien à votre propos !

Alors bien sûr quand on me dit qu'on a plus rien de bien à dire à mon sujet, ça me peine. Et puis en relisant, je me dis que c'est un peu exagéré. D'abord je sens qu'on fait là allusion à une forme de féminité. L'androgyne "féminine", les femmes aux cheveux courts "féminines"... Qu'est-ce que cela veut dire? L'androgyne par essence n'est ni féminine ni masculine et la féminité des femmes aux cheveux courts ne s'exprime pas dans leur coupe, on est bien d'accord. La féminité est un état intrinsèque, une femme l'est ou ne l'est pas et la longueur de ses cheveux ne change rien à l'affaire. Puis arrive le coup de grâce, l'estocade. L'image que ce blog renverrait des femmes aux cheveux courts, n'aurait rien "d'agréable aux yeux des hommes"? Vraiment? Réellement? Je lis bien là? C 'est dire que sur 10 ans d'existence de ce blog, durant 5 ans il aurait véhiculé une image des femmes qui ne plairait pas aux hommes? Du coup je ne sais plus trop de quelle moitié il s'agit, vu que mon propos n'a jamais été de parler de femmes " agréables aux regards des hommes ", mais plutôt agréables à leurs propres yeux.

Mais je fais peut être l'âne pour avoir du son... En réalité j'ai bien compris que si LL insiste tant sur le fait qu'elle "adore" les hommes, c'est parce qu'elle me reproche de ne montrer ou de ne parler QUE de femmes qui aiment les femmes comme elle dit. Et c'est vrai, depuis que j'écris ici j'ai rencontré en vrai, beaucoup d'homosexuelles et quelques une d'entres elles sont devenues des amies. J'ai exploré l'univers LGBTQI+, connu des personnes trans tout au long de leur transition, été invité par des collectifs "féministes", participé à des soirées, discuté. Je me suis fait montrer du doigt aussi, insulté simplement parce que je n'étais pas de la famille et que certaines me considèrent comme un privilégié... mais au final, si ce n'est qu'une toute petite partie de ce blog , j'avoue que j'ai pu me laisser dériver. Cela ne se produira plus. Je l'affirme solennellement, j'en ai fini avec la communauté LGBT et le bilan que je peux en tirer... je le garde pour moi. Quant à vous, mes amies, je vous embrasse affectueusement.

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 16 Août 2019

Photo: Patrick Demarchelier

Photo: Patrick Demarchelier

Parfois le doute m'étreint... Est-il possible, après tout, que l'Humain soit fondamentalement con, prétentieux et destructeur et que, au bout du compte seules quelques exceptions fassent illusion en paraissant intelligentes? Bon enfin, l'Humain, n'exagérons pas, disons une catégorie seulement...

Mais de quoi parle-je? Malgré une somme d'efforts considérables, déployés depuis des années ici même, je m'aperçois que non seulement le mythe persiste, mais qu'en plus il est entretenu par celles-la même qui en sont l'objet. Aujourd'hui encore et depuis toujours et pour toujours, dire qu'une femme aux cheveux courts est "sûrement" lesbienne est une ineptie de première qualité. Jusque là tout va bien et toute personne un tantinet instruite et à l'ouverture d'esprit même moyenne parvient à le comprendre et à l'admettre. Cependant la bêtise crasse qui enveloppe les réseaux sociaux a tout de suite raison du moindre bon sens...

A peine mis en ligne sur Facebook, l'événement qui devrait rassembler pas mal de monde à la fin du mois au Rosa Bonheur des Buttes Chaumont à Paris, surgit de nulle part, une poignée de jeunes filles hystériques s'empare du sujet. Au départ alléchées par le titre et croyant avoir affaire à une soirée " entre meufs" au calme, voilà que le simple fait de préciser qu'il s'agit en réalité de la célébration d'un blog dont l'auteur est un homme, met notre joyeuse bande dans un état de fureur démesurée et la fait hurler proprement au scandale!

Mais comment ose-t-il? C'est à vomir, beurk!... Le dégoût les submerge et le "réseau" fait le reste. Sans même savoir de quoi l'on parle tout le monde y va de son commentaire, plus violent, plus menteur, plus outré que jamais et tout cela résonne dans leur microcosme, échauffant leur cervelle de militantes féministes, dont Dieu merci, le Féminisme a su se priver pour faire avancer les choses.

La morale de cette histoire n'est pas tant dans l'intolérance, la calomnie et la discrimination, c'est simplement que malgré tout, dès que l'on parle de "Femmes aux cheveux courts", certaines lesbiennes s'imaginent que l'on parle d'elles, ( quelle prétention ) se trouvant décontenancées lorsqu'on leur dit que cela n'a rien à voir, perpétuant ainsi ce mythe, ce préjugé qui empêche parfois certaines femmes d'être, enfin, elles mêmes.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 8 Août 2019

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Ça n'a l'air de rien comme ça et pour un peu on y prêterait à peine attention. Pourtant, depuis un peu moins d'une dizaine d'années, la tendance se confirme, le style s'affirme et aujourd'hui on trouverait presque banal - oui enfin n'exagérons rien tout de même - de croiser dans la rue une jeune femme aux cheveux courts, coupés à la manière de certains hommes, les côtés et la nuque extrêmement dégagés, presque rasés et pourtant inspirant une réelle féminité, par l'allure et le comportement. 

Parce que les femmes aux cheveux courts ont ce pouvoir d'inventer une autre image de la féminité, en assumant des choix qui sont au-delà du cadre ancestral. Et il ne faut pas s'y tromper, c'est un pouvoir immense.

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Cette image nouvelle pourrait être une voie inattendue vers la dé-construction de mentalités exécrables qui laissent croire aux garçons que tout est possible et que tout est permis dans les rapports qu'ils ont avec les femmes, tant que celles-ci correspondent à l'idéal patriarcal... Allez savoir?

Autre conséquence de cette appropriation, ce style ne s'enferme plus dans la communauté homosexuelle, qui avait tendance à l'accaparer, affichant ainsi une forme de militantisme. Le manque de discernement de nos contemporains suffisant à faire l'amalgame entre femmes aux cheveux courts et lesbiennes...

Enfin, bien des témoignages et des expériences le révèlent, la féminité étant intrinsèque et naturelle, elle se trouve exacerbée lorsqu'on efface les artifices et très souvent, plus les cheveux sont courts, plus elle se dévoile. Etonnant non?

 

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 4 Août 2019

Ria Serebryakova

Ria Serebryakova

La réalité n'était pas tant qu'il préféra les femmes aux cheveux courts, mais plutôt qu'il avait horreur de l'excès de féminité, la fragilité élevée au rang de statut et les atouts féminins à celui d'appâts. Ce jeu de séduction fondé sur l'artifice et l'esbroufe l'écœurait. Et du coup, il sentait dans l'allure d'une femme qui s'affranchirait de tout cela, une forme de complicité, de traitement d'égalité. 

Malgré tout, il avait tout de même tenté l'effort de chercher à savoir, si en dehors du volet "séduction", il y avait un avantage particulier à s'accoutrer comme le font certaines. Le soutien-gorge avait forcément une fonction autre que celle de faire "pigeonner" la poitrine pour qu'elle déborde du décolleté. Certes! Mais les talons hauts? Les jupes et les robes? Les ongles longs, les faux cils... Alors oui, les cheveux longs, il pouvait comprendre que la matière elle même pouvait mériter d'être soignée, embellie et entretenue dans une certaine longueur. Le problème c'est que cela formait un tout et que bien souvent pour rompre avec ce schéma, le moyen le plus spectaculaire était de couper ces cheveux. C'était le préliminaire à l'affranchissement, les reste suivait...

On pouvait bien lui rétorquer qu'il y avait tout de même un aspect "plaisir personnel" et que cela devait être respecté, mais il ne parvenait pas, peut être pour ne l'avoir jamais essayé, à trouver du plaisir à être jambes nues en plein hiver, les chevilles tordues par des talons qui ne pouvaient pas avoir d'autre fonction que surélever la personne et de "galber" son mollet, ou passer un temps précieux à camoufler les imperfections de son visage sous des poudres et des crèmes hors de prix. En fait tout cela venait de tellement loin, de la nuit des temps peut être même. Peut être même que la femme, femelle du mammifère humain, n'était après tout pas fabriquée comme lui? Cela expliquerait beaucoup de choses certainement...

Alors il se contentait de dire qu'il aimait les femmes aux cheveux courts, leur allure, leur détermination, leur envie de se départir de l'image conventionnelle de la femme. Et voilà!

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Rédigé par jeaneg

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