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Publié le 5 Novembre 2013

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Je ne voulais montrer mon inquiétude à personne. Pourtant un sentiment terrible m'étreignait. Sur place à Larnaca j'avais rejoint l'équipe de nageurs de combat qui était chargée de l'exfiltration de Tao. La veille, leur mission avait avorté. Après 1 heure de stand by au point de rendez vous, les hommes du commando Hubert avaient dégagé la zone, rejoignant au large le sous marin qui les attendait. Tao n'était pas là.

 

24 heures de black out. Cette nuit il fallait à nouveau mettre en place le recueil. Depuis longtemps ma condition physique ne me permettait plus ce genre d'escapade, mais j'aurais donné cher pour aller avec eux, au plus près, tenter le tout pour le tout, durant une heure fouiller les lieux, voir de mes yeux, ne plus rester dans le doute... Je perdais la raison.

 

Tao seule pouvait me sauver de la folie et j'étais son seul espoir de rédemption dans ce monde infernal. Involontairement Moïra nous avait soudés l'un à l'autre.

 

C'était la dernière mission, pour elle comme pour moi, nous l'avions juré... 

 

Depuis 24 heures le sang ne coulait plus dans mes veines, j'avais peur de la réalité. Dans notre monde, la vie, la mort avaient des valeurs bien subjectives et je craignais plus que tout de voir l'équipe de nageurs une fois de plus revenir sans elle, entendre Paris me dire qu'il fallait "laisser tomber". Je savais bien que "Daisy" n'était qu'un nom de code pour désigner une arme, un instrument sans âme d'une valeur toute relative... J'étais le seul à connaître son coeur... Et je priais pour qu'à cette heure il batte encore.

 

 

 

Photo: Courtney McCullough

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 20 Avril 2013

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Dans ce métier tout le monde vieillit plus vite... Et Tao, malgré son air d'adolescente, avait en quelques années du faire le deuil de bien des illusions que l'on peut nourrir à son âge. Elle était parvenu à court-circuiter les connexions qui auraient du lui faire considérer son activité principale comme une erreur. Tuer n'avait rien de criminel pour elle. C'était une activité technique dont elle maîtrisait aujourd'hui parfaitement les savoir-faire.

Pourtant son coeur n'en était pas devenu pour autant un granit froid et dur. Elle devait son parcours à l'amour qu'elle avait connu auprès de Moïra et sans doute avait elle eu le sentiment que suivre ses traces pouvait rapprocher leurs deux âmes. 

Lancée dans une quête de vengeance, sans possible rédemption, son amour s'était consummé dans la violence et ses seules escales dans ce monde sans humanité, restaient auprès de moi, comme une passerelle.

Je savais deviner ces soirs là, lorsqu'elle apparaissait sur mon palier, la mine sombre, les mâchoires serrées...

Souvent appaisée, après avoir passé la nuit avec moi, elle disparaissait, sans laisser son coeur s'ouvrir davantage. Pas ce matin là...

Son corps tiède lové contre le mien, la tête posée sur ma poitrine, je caressais doucement ses cheveux courts, imaginant à son souffle régulier qu'elle dormait enfin.

" Continue, j'aime ça lorsque tu passes ta main sur mes cheveux. Tu faisais ça aussi avec elle? Moi aussi, j'adorai ça, lorsqu'elle venait juste de les faire couper c'était délicieux ce petit picotement sur le bas de sa nuque... Et puis maintenant c'est moi... Tu vois, des fois j'ai peur que plus personne ne m'aime... Est ce que tu m'aimes? "

 

 

 

Photo: Thomas White

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Publié le 31 Janvier 2013

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Inutile de dire que la mission de retour de Genève avait été fraîchement accueillie. La cible avait été "traitée" mais l'hypothèse qu'un témoin puisse resurgir à tout moment dans cette affaire mettait la strass un peu sur les nerfs. Une fois de plus le débriefing de Tao avait été houleux. Le chef de l'équipe de soutien avait plaidé non coupable, même s'il avait effectivement aperçu la fille quitter l'hôtel, il ne pouvait pas imaginer qu'une professionnelle comme Daisy - il ne connaissait Tao que sous ce pseudo - ait pu la négliger. La fille n'avait pas demandé son reste, mais la savoir dans la nature rendait les plus pessimistes nerveux comme des lycéens à la veille du Bac...

Tao était en colère. Elle semblait en vouloir à chacun de ses interlocuteurs, mais en réalité c'est à elle qu'elle en voulait le plus, je le savais. Finalement elle ne parvenait pas à trouver une raison valable à ce qu'elle qualifiait maintenant comme une faiblesse. Pourtant elle avait eu de l'empathie pour cette fille, comme si elle avait trouvé en elle, à ce moment là, une certaine parentée, une fille qui voulait juste vivre dans ce monde, même au prix de quelques "trucs" pas très catholiques...

Mais elle, Tao, n'était pas une victime. Elle était tout sauf une victime. Elle était comme Moïra, la moïra de la mythologie, celle qui décide du parcours de chacun, de la vie et de la mort...

La colère passée, elle considéra que la fille avait eu sa chance, que c'était là un signe du Destin, son maître après tout puisqu'elle même se trouvait être Atropos, la parque qui coupe le fil de la vie...

J'étais effrayé de l'entendre me raconter cette vision. Je ne tenais pas tellement à ce que Tao s'imagine en ange de la mort et que ce délire finisse par l'habiter totalement...

Dans la semaine, un fait divers relevé dans la Tribune de Genève, relatait la découverte du corps d'une jeune femme, une escort connue des services de police. Le journaliste, perspicace, émettait l'hypothèse que son meurtre soit lié à l'assassinat, quelques jours plus tôt d'un banquier italien au Grand Hôtel Kempiski, un règlement de compte unanimement imputé à la ndrangheta, la mafia calabraise...

 

Photo: Courtney McCullough par Thomas Earl White 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Publié le 29 Décembre 2012

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Tout le monde était tombé d'accord pour renvoyer Tao en mission. Le plus vite possible. Le soir même elle partait pour Genève. Sur place une équipe du SA l'attendait dans une villa des hauteurs de Cologny.

Replonger dans l'action pouvait être une bonne thérapie, malgré toute la noirceur de ce monde sans foi ni règles. Comme d'habitude le dossier était déjà ficelé. Tao intervenait uniquement dans l'exécution... dans tous les sens du terme. Elle était tout à la fois pièce maîtresse et fusible. Si elle échouait, elle n'appartenait pas officiellement au Service et finirait certainement sa vie en prison en cas de capture. Sinon, ce ne serait qu'un cadavre de plus pour noircir son âme perdue.

"Pollux" était un banquier italien, grand argentier, entre autre, des groupes terroristes sahéliens. Il avait ses habitudes au Grand Hôtel Kempinski lorsqu'il était à Genève. Il y était justement et lorsque Tao pénétra dans sa suite, elle le surpris dans un bain de mousse parfumée. Avant qu'il pu réagir vraiment la première balle avait pénétrée par l'oeil droit et le pchuuuu du cigare tombant dans l'eau du bain fit plus de bruit que les trois autres coups tirés par le Sig Sauer...

Au moment de quitter la suite, Tao tomba nez à nez avec une jolie blonde qui semblait avoir à peine 20 ans. Mauvaise surprise... Elle hésita. L'instinct lui commandait de ne pas la laisser vivante derrière elle. La fille était nue et semblait terrorisée. Les deux femmes se faisaient face. Finalement Tao tendit le bras et lui caressa la joue: 

"Oublies tout et fous le camp si tu veux vivre". C'était peut être une erreur... une erreur fatale.

 

Photo: Thomas Earl White

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Publié le 9 Décembre 2012

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J'ai découvert cette nuit là, à quel point il y avait de la rage dans le coeur de Tao. Elle ne cherchait pas de réconfort ni même de plaisir je crois. Tout a été violent, brutal, instinctif. Elle avait besoin d'exorciser je ne sais quel démon, peut être de transformer cette image de l'homme qui l'avait agressée, blessée physiquement. A peine débarrassés de l'entrave de nos vêtements elle s'est collée à moi, le sexe sur mon visage, donnant des coups avec son bassin, comme pour m'inciter à aller plus vite, plus loin... Elle a joui, plusieurs fois avant de me libérer et de prendre mes lèvres avec sa bouche, comme pour retrouver le goût de sa propre substance. Elle me griffait, me tirait les cheveux, m'incitait à faire pareil. Enfin, gardant toujours l'initiative elle s'est empalée sur moi, imposant un rythme douloureux, brutal, sans tenir compte de mon plaisir...

Je l'ai laissé faire, je ne me suis pas rebellé. Elle avait besoin de cela... La petite Tao débarquée un soir sur mon palier avait disparu à tout jamais. Adieu les mains délicates aux doigts d'adolescente, le corps presque fragile et trop fin. Les muscles avaient charpenté tout ça, avec harmonie et les mains s'étaient durcies à force de frapper les sacs de cuir.

Une fois vaincue, épuisée par ses orgasmes, elle s'est couchée près de moi, allumant une cigarette. Dans un murmure elle s'est excusée. Je n'ai rien dit. Elle m'a parlé de Moïra...

Je crois que cet épisode à Beyrouth lui avait fait comprendre que son désir de vengeance était vain. Qu'elle avait peu de chance de connaitre la vérité et que même si elle la découvrait elle ne pourrait jamais combattre un état, ni même un service entier. Elle s'en tenait donc à faire vivre l'esprit de celle qui restait son amour et son exemple.

Le lendemain, lorsque je me suis réveillé elle était partie et les souvenirs se bousculaient dans mon esprit, retrouvant à travers la jeune Tao tant de choses de la belle Moïra... 

 

Photo: Peter Nientied

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 4 Novembre 2012

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Le débriefing après une mission qui a échoué n'est jamais une partie de plaisir mais Tao s'en était bien tirée, faisant face avec détermination pour expliquer ses choix et les conséquences qu'ils avaient entrainés, ce combat de rue et l'abandon de l'objectif. Le Service avait conclu finalement que l'attitude avait été la bonne, que la mission n'avait pas été compromise et que donc tout cela n'était que partie remise...

Partie remise... ils en avaient de bonnes, vraiment. Comme si il suffisait de remettre la bobine à zéro et d'appuyer sur "play". Depuis son retour de Beyrouth, Tao était tourmentée, revivant chaque nuit ce combat et méditant sur la Mort avec qui elle avait fait cette danse dans la ruelle d'Achrafieh. Physiquement il n'en restait qu'une balafre sur le haut de son bras, le première, disait elle en fanfaronnant presque fiérement.

En réalité elle était profondément marquée par cette aventure. "Tu vois c'est grâce à elle si je m'en suis sortie". Dans sa volonté de suivre les traces de Moïra et l'espoir de la venger un jour, elle avait elle aussi adopté cette façon de se couper les cheveux très courts. "Chaque fois je pense à ça. Si j'avais eu les cheveux longs il m'aurait égorgée..."

Ce soir là en lui ouvrant la porte je l'ai découverte sublime, en pantalon de cuir et débardeur blanc, son Perfecto sur l'épaule. L'image était la même que celle que j'avais gardée de Moïra le jour de notre rencontre en Bosnie. Tao avait rasé ses cheveux, gardant une brosse soyeuse sur le sommet et formant une petite houppe sur son front, la nuque et les côtés parfaitement dégradés. A peine entrée elle abandonna son blouson et colla ses lèvres aux miennes, me forçant à reculer, repoussant la porte d'un coup de botte. Dans ce baiser il y avait autant de conviction que dans un combat à main nues, une envie extrême de se sentir vivante, un besoin d'amour qui chasserait le spectre de la mort...


Photo: Courtney McCullough par Ezra Spurrier

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Publié le 3 Octobre 2012

Tao

La plaie, un instant coagulée, s'était ouverte à nouveau et un filet de sang coulait le long de son avant bras. Il lui fallait rejoindre le port à présent et disparaître avant que le corps de son ennemi ne soit découvert. Interminablement la scène se rejouait dans sa tête. Sa mission venait d'échouer mais elle avait pourtant le sentiment d'une grande victoire.

Une heure plus tôt, alors qu'elle se dirigeait vers son poste de tir dans un immeuble en construction d'Achrafieh, elle s'est sentie suivie. Un sentiment étrange qui met tout en alerte. Il faut lutter contre la respiration qui s'accélère, l'estomac qui se noue... Tous les sens passent en overdrive, comme si un autre soi même, spécialisé en situation de crise, prenait les commandes. Elle s'est éloignée de l'immeuble pour plonger dans une ruelle entre deux buildings de la reconstruction. Plaquée à l'angle d'un mur elle s'est concentrée sur les bruits de la ruelle déserte... Presque rien. Pourtant à l'instant précis où le suiveur arrivait à l'angle, elle s'est dévoilée et avec toute la force dont elle était capable, lui a balancé son pied botté dans les parties. Cela aurait du suffire à mettre à sa merci n'importe quel clampin... mais celui là n'en était pas un. Il était presque aussi large que la ruelle et dépassait Tao d'une bonne tête. Comme un éclair une lame a jailli. Tao soufflait fort, expulsant l'air de ses poumons comme un coureur de fond. L'homme a bondi, parvenant à saisir les cheveux de la fille et il allait lui trancher la gorge comme un vulgaire mouton de l'Aïd. Tao parvint à esquiver en même temps qu'une terrible brûlure lui déchirait le haut du bras.Son assaillant est resté un quart de seconde stupéfait, se retrouvant avec une masse de cheveux noirs à la main. Un temps mort fatal. Tao frappa violemment la gorge, écrasant la trachée et comme l'homme cherchait à reprendre de l'air elle le frappa à nouveau, de la paume de sa main à la base du nez, projetant les cartilages dans l'orifice nasal. Le poignard tomba au sol. Elle le saisit et le planta dans le cou, au dessus de la clavicule, sectionnant l'artère.

Un instant elle reprit son souffle, ramassa la perruque de cheveux noirs et fila en direction de l'ouest, certaine que l'homme ne reverrait jamais le jour...

 

Photo: Hajime Sawatari - Fake boy by Tao

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Août 2012

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La grande différence avec Tao, c'était que même si parfois elle me montrait de l'affection, nos rapports ne seraient jamais aussi intimes que ceux qui nous liaient, Moïra et moi. C'était un crève-coeur, je dois l'avouer, mais définitivement Tao aimait les femmes. D'autant plus que je la voyais évoluer, se comporter, mener ses opérations, tout comme le faisait Moïra et les similitudes devenaient de plus en plus criantes, jusque dans sa silhouette depuis qu'elle affectait de se couper les cheveux comme le faisait son héroïne. 

Ça me faisait du bien de retrouver le "terrain". Depuis longtemps je n'avais pas trainé mes guêtres sur les bords de la Tamise. Pour ce repérage nous étions en couple et il faut dire que l'ambiance était vraiment agréable tellement Tao savait jouer ce genre de rôle avec moi, même si le soir venu, à l'hôtel, je ne pouvais me contenter d'autre chose que d'un chaste bisou avant de dormir, malgré tout dans le même lit, mais uniquement pour des raisons professionnelles. 

Le dernier jour Tao m'a entraîné du côté de Camden Town et son marché. Ce genre de balad, si elle ne représentait aucun intérêt pour la mission avait le mérite d'étoffer notre couverture de couple en goguette. Et là, dans une ruelle, comme si elle savait parfaitement où elle allait, Tao est entrée dans une boutique que les anglo saxons signalent par une sorte de cylindre à bandes tricolores tournant sur lui même et donnant une impression de vis sans fin... Un barbershop! L'endroit été tenu par un jamaïcain et les portraits de Bob Marley envahissaient les murs. Sans complexe Tao s'était déjà installée sur le fauteuil et je restais spectateur durant la coupe que le fan de reggae exécutait aux accents de "Buffalo Soldier"...

Cette vision nouvelle de Tao brouillait encore davantage mon souvenir de Moïra et la confusion de mes sentiments était totale. Comme pour me punir Tao devenait encore plus désirable et j'étais en train de tomber amoureux d'elle...

 

Modèle: Courtney McCullough

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 15 Juillet 2012

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Faut croire qu'au cours de toutes ces années je n'avais pas porté sur Tao un autre regard que celui du professionnel. Et tout à coup sa métamorphose me sautait à la figure, comme si Moïra me jetait son portrait à la face en me disant:"N'as-tu donc rien dans le coeur?"

La jeune mannequin un peu effrayée que j'avais rencontré sur mon palier avait bel et bien disparu. A tout jamais.

J'avais suivi tous les instants de l'opération en Mauritanie depuis la salle des Ops et avant même que Tao ne soit de retour à Orléans je savais que parmi les quatre cibles qu'elle avait "traitées" deux étaient mortes, une très grièvement atteinte et que la quatrième survivrait... jusqu'à la prochaine fois. Un bilan dont j'étais fier. Tao avait fait la démonstration de ses exceptionnelles qualités et c'était comme si je pouvais revendiquer cette réussite. 

Elle avait débarqué discrètement à Bricy où une voiture du CPES l'avait récupérée. Après deux jours de débriefing elle était de retour à Paris et la femme que j'avais devant moi ce soir, soudain, me transperçait le coeur, à la manière dont Moïra m'avait subjugué lors de notre première rencontre

Son corps s'était étoffé d'une musculature harmonieuse et son allure souple et féline s'était accentuée. Mais derrière l'apparence il y avait ce regard. Un regard dur. Et je suis sur qu'elle n'avait pas ce regard avant cette mission. Toute la métamorphose était là, à l'intérieur. 

Elle est venu se coller à moi, comme pour se réconforter, une dernière fois, et je l'ai enveloppée de mes bras. Presque naturellement ma main a caressé sa nuque et cette sensation m'a ému. " Ca te plait? J'ai pensé à elle tout le temps et en rentrant j'avais qu'une envie, c'était de les faire couper, comme elle..."

 

Modèle: Courtney McCullough

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Publié le 28 Juin 2012

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A cette altitude le froid vous pinçait comme en plein hiver. En chien de fusil sur la banquette de toile, Tao essayait de dormir un peu. Toujours un peu, dès qu'on peut... Le mécano de soute avait sorti pour elle une couverture et l'avait bordée comme un bébé... Le C130 des Opérations Spéciales rentrait plein pot vers Bricy, chargé de palettes et de véhicules. Tao était la seule passagère.

La veille, elle avait débarqué d'un thonier dans le port de Nouadhibou et rejoint Nouakchott par la Nationale 2 pompeusement appelée l'Autoroute. A l'entrée de la ville, un contact l'avait conduit directement au musée désaffecté. Le matériel était là, appareils de vision, jour et nuit, arme de poing, au cas ou et un PGM Ultima Ratio tout neuf avec un canon silencieux intégral. Le poste de tir installé au milieu de la pièce, personne ne pouvait soupçonner quoique ce soit de l'extérieur et à travers les lattes de bois qui obstruaient l'ouverture, Tao avait une vue plongeante sur l'école de garçons, à 200 m. 

Dans l'étouffante chaleur il avait fallut patiemment attendre le soir. Tao luttait pour ne pas laisser ses pensées divaguer vers Moïra. Cette fois elle y était, corps et âme, dans la peau de son héroïne... De temps en temps elle jetait un oeil dans l'optique de son fusil, prenant soin auparavant d'évacuer la sueur retenue par ses sourcils. Le soir venu un convoi de 4X4 Toyota est arrivé. Trois hommes sont entrés dans l'école et les véhicules se sont éparpillés dans le quartier, disposant des hommes armés dans tout le périmètre. Sur la terrasse du bâtiment principal une réunion s'est organisée, protégée des vues aériennes par une tonnelle tendue de toile beige.

L'hôte de la réunion, en boubou blanc et les trois hommes arrivés par la route, étaient installées sur des banquettes autour d'une table basse où le chaï infusait. L'obscurité tombait. Tao jeta un oeil sur sa G-Shock. Maintenant. La respiration mesurée et régulière elle fit une dernière correction, avec le soir le vent était tombé...

Elle tira lentement, un coup chaque seconde. Les deux premières cibles furent hors de combat avant que les deux autres ne comprennent et lorsqu'elles réagirent, les balles qui allaient les tuer étaient déjà sur leur trajectoire. Le quartier restait calme, les gardes n'avaient rien entendu. Tao remballa le matériel qu'elle laisserait dans un recoin. De son sac elle extirpa un boubou bleu, dissimula son visage avec un chèche et sorti. Au coin de l'avenue Nasser un taxi vert et jaune attendait, elle montat à bord et sans qu'un mot soit échangé le taxi démarra en direction de l'aéroport. Arrivé le long du grillage à hauteur du bout de piste, la rue était déserte. Tao glissa hors de la voiture, accroupie remonta la clôture sur une dizaine de mètres avant de trouver le passage. Elle fila jusqu'au bord de la piste, dans l'obscurité. Déjà les turbopropulseurs du Hercules hurlaient sur le tarmac modulant leur grondement au rythme du déplacement de l'appareil qui roulait vers elle. Arrivé en bout de piste, à quelques mètres d'elle, la rampe s'ouvrit et resta positionnée à l'horizontale. Elle bondit de son fossé et, à l'abri des vues de la tour, grimpa dans la soute...

 

Modèle: Courtney McCullough

 

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Rédigé par jeaneg

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