Publié le 28 Février 2014

Louise Donegan1

Quand j'étais gosse je ne comprenais pas vraiment quand une femme disait qu'elle "devait" aller se faire couper les cheveux. Pour moi, ce genre d'obligation n'était pas autre chose qu'un truc masculin, comme se raser le matin ou aller chez le coiffeur histoire d'être "présentable". Un formatage à l'ancienne, du genre les garçons ont les cheveux courts et les filles les cheveux longs, à part quelques excentriques. Du coup, comme il ne pouvait s'agir dans mon esprit que d'une excentricité, il n'y avait forcément pas de caractère obligatoire à se faire couper les cheveux. Bref!

Quelques années plus tard et un solide bagage en Femmesauxcheveuxcourtsologie, je sais.

Je sais à quel point il peut y avoir de l'impatience, de l'envie, du désir à retrouver l'image idéale, un bien être, une satisfaction.

Chaque centimétre, chaque millimétre compte, retrouver l'étrange et délicieuse sensation de sentir ses cheveux ras sur la nuque, sans jamais pouvoir expliquer ce plaisir, voir son visage éclairé, les oreilles à nouveau dégagées, même si elles n'étaient pas vraiment enfouies et sa couleur réhaussée.

Non, bien sûr, il ne s'agit pas de futilités, ni de coquetterie. Juste d'être véritablement soi et bien dans sa peau.

D'où le caractère obligatoire et impératif d'un rendez vous qu'à chaque fois on voudrait plus fréquent et l'envie souvent ressentie de vouloir les couper un peu plus court à chaque fois, comme si cela pouvait prolonger le charme...

 

 

Photo: Instagram Louise Donegan

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 26 Février 2014

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J'imagine bien dans ce métier, comme ailleurs, quantité d'opportunistes qui savent naviguer avec les tendances et certaines qui seraient prêtes à bien des sacrifices pour arriver. De l'extérieur je me dis qu'être mannequin ne permet pas tellement de maitriser son image. Tant qu'on est pas un supertopmodel que les magazines s'arrachent, on ne doit pas avoir tellement le choix. Ainsi certaines brunes deviennent blondes et d'autres belles chevelures disparaissent à grands coups de ciseaux.

Pourtant moi qui suis observateur, je remarque que la plus part des jeunes mannequins, à un moment donné, abandonnent leur queue de cheval d'adolescente pour la jouer "garçon manqué", ce qu'elles ne parviennent pas à être bien sûr. Toujours est-il qu'elles coupent leurs cheveux, souvent très courts, histoire d'attirer la lumière sur elles. Et très souvent ça marche!

Et puis une fois l'expérience terminée, elles retrouvent volontiers leur chevelure d'antan. Après tout la mode est dans le changement. Cependant, dans ce microcosme à l'image de la société, certaines doivent avoir la révélation et découvrir toute l'authenticité que leur donnent les cheveux courts, parce que depuis le premier pas chez le coiffeur, elles persévèrent. Il leur fallait ce coup de pousse, cette étape sacrificielle, pour comprendre que leur chevelure de petite fille, même si cela s'inscrit dans l'inconscient collectif, n'est pas toujours le meilleur atout de séduction et que parfois, sortir de la banalité a quelque chose de plus attrayant...

 

Photo: Louise Donegan

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Février 2014

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C'est étrange comment nait le désir.

Je le vois, le regard attiré vers cette femme. Il observe ses mains, aux doigts longs, aux attaches fines. Pas de bijoux, pas de vernis... juste un bracelet élégant. A la dérobée il y revient, le chemisier déboutonné laisse voir un bout de tatouage sur le haut du sein... Mystère et audace. Elle croise ses jambes sous la table et lui tourne un peu le dos, puis elle a ce geste familier quand sa main vient caresser le haut de sa nuque où les cheveux sont presque ras...

Il fait souvent le même geste... A bien y regarder elle lui ressemble finalement. Alors c'est quoi ce désir que je vois naitre dans son regard?

Il regrette les lunettes un peu lourdes, il admire les cheveux coupés courts et sagement coiffés, il trouve le costume élégant et les manières délicates... Il a envie de la connaître, de lui parler. Elle continue de temps en temps de caresser ses cheveux là où ils sont le plus court et il croit qu'il pourrait faire pareil...

Il désir cette femme, je le vois bien, alors pourquoi n'ose-t-il pas, s'approcher, dire un mot. Un sourire échangé, un regard amical suffiraient... Mais un taxi klaxonne. Elle se lève et sans se retourner s'engoufre dans la voiture... Et je le vois, son image brisée comme celle d'un miroir au travers duquel il la voyait...

Je replonge le nez dans mon café et je me dis que son désir n'aurait sans doute pas été le même, pour une femme aux appâts évidents, la poitrine généreuse, les jambes nues et la chevelure cascadant sur les épaules. 

C'est peut être que là il a juste eu peur d'être à armes égales....?

 

 

Photo: Isabelle Marmat 

Modèle: Alizé Verret

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Publié le 22 Février 2014

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Pendant longtemps cette fleur là on la voyait présenter des émissions improbables et curieuses, qui finalement ne duraient que ce que durent les fleurs et peut être grâce uniquement à son sourire enchanteur.

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Pendant longtemps aussi Eglantine avait cette image  de madone

italienne qui aurait inspiré Da Vinci. Souvent ses cheveux longs attachés ou lorsqu'ils ne l'étaient pas, cascadant en volutes lourdes et soyeuses sur ses épaules, le visage sagement dégagé.

Un visage parfait, une douceur charmante, un sourire éblouissant... Et pourtant derrière ce portrait sans aspérités se trouvait une héroïne qu'on ne soupçonnait pas. 

Récemment je l'ai vu à la télé. Elle avait coupé ses cheveux, très courts et cette petite tête bien sûr me ravissait, alors j'ai cherché un peu et découvert la vie d'Eglantine

Elle ne laissait rien voir et personne n'aurait imaginé en la voyant minauder à la télé que sa vie était un combat de chaque instant pour soutenir un enfant que rien ne pouvait priver de l'amour de sa mère. Une madone...

Alors du coup, ces cheveux courts, cette jolie petite tête aux boucles brunes, c'est l'accord final, le détail qui manquait à cette femme au courage discret que depuis toujours je savais être une Femme aux cheveux courts.

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Publié le 19 Février 2014

Spook

Elle a les cheveux courts. Ils sont blonds, ils sont bleus, mais pour toujours ils sont courts, comme pour souligner définitivement cette ambiguité qu'elle n'a pas choisi. Tellement de choses à accepter, tellement de différences à apprivoiser...

Aujourd'hui, c'est une femme dans ce corps d'adolescente, une forme d'éternelle jeunesse et ses lèvres goûtent aux lèvres des filles, sans scrupules, toujours avec passion, débarrassée de la honte. La malédiction vaincue, l'Androgyne est immortelle, pour toujours mi-fille, mi-garçon, transcendant chaque genre et quintescence de chacun...

 

"Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon

Il nage autour de moi comme un air impalpable

Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon

Et l'emplit d'un désir éternel et coupable." 

 

Photo: Morgane G

Citation: La Destruction - Les Fleurs du Mal - Ch. Baudelaire

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Publié le 17 Février 2014

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Justement j'en parlais hier de ses femmes du Sud, emprisonnées par les traditions et la culture de leurs pays. Evidemment après coup, on perçoit bien que les quelques lignes écrites ici ne peuvent pas être exaustives, que chaque coin autour de la Méditerranée ne peut pas être comparé à celui d'à côté.

Mais une chose est sûre, c'est que l'exemple est certainement une grande vertu, d'où qu'il vienne. Celui-ci vient de la famille royale saoudienne. J'en conviens, il est peut être plus facile de s'affranchir des codes lorsqu'on est dans un milieu aisé et que l'on voyage beaucoup. Mais en même temps, en Arabie Saoudite on peut imaginer que l'image projetée par un membre de la famille royale a valeur de directive politique. Bon je ne suis pas dupe et je sais bien que cette image là est destinée aux occidentaux afin de les convaincre que la condition de la femme est tout à fait irréprochable dans le royaume et que la saoudienne de base ( qui n'a toujours pas le droit de conduire ) n'est pas aussi glamour...

Enfin bref! Toujours est-il que la très princière Deena Aljuhani Abdulaziz n'est pas du genre à dissimuler quoi que ce soit sous un hijab et encore moins à cultiver une longueur de cheveux traditionnaliste.

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Alors je ne sais pas combien de fois le vieux Fayçal s'est déjà retourné dans sa tombe, mais en tout cas il faudrat bien qu'il s'y fasse, hein?

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 16 Février 2014

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C'est sans doute parce qu'il y a dans mon sang du sel de la Méditerranée que je suis toujours sensible aux cultures de tous les pays qui la bordent. Je ne peux pourtant pas dire que l'image de la femme y soit idéale mais je sais que malgré les apparences, elles ont bien plus de pouvoir qu'on ne l'imagine.

Là bas plus qu'ailleurs, il faudrait davantage d'audace et de courage pour rompre les traditions et surmonter les tabous. Pourtant les envies doivent bien être les mêmes, alors comment ça se passe?

Eh bien comme ailleurs je suppose, il faut que certaines s'exposent pour insufler du courage aux autres. Il faut aller jusqu'à la rupture pour avancer vers la liberté, si on la veut.

Passée une certaine lattitude aux alentours du 40ème parallèle, voir une femme aux cheveux courts dans la rue est presque aussi rare que trouver un brin de muguet dans le Neguev...Culture, tradition, religion... Nous même on a parfois du mal , alors?

Pourtant une légère brise commence à souffler, un vent de progrès qui nourrit l'espoir... c'est pour bientôt.

 

Photo: saver_ag

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 14 Février 2014

boyishtomboy.jpgQuelque chose l'avait bouleversée... Elle le ressentait depuis un moment et chaque instant davantage son esprit était grignotté par cette obsession, jusqu'à occuper presque totalement ses pensées.

Raisonnablement ce n'était pas envisageable... elle n'avait jamais eu de doute quant à son orientation sexuelle. Elle était persuadée de ça... Elle tentait de se convaincre que l'allure ambigue, le style androgyne leurraient ses sentiments.

Pourtant elle restait fascinée par l'image de cette jeune femme, presqu'une fille encore, croisée près du canal St Martin.    

La voyant là, leurs regards s'étaient croisés et comme deux paires d'aimants étaient restés collés l'un à l'autre durant quelques interminables secondes. Continuant à marcher elle l'avait croisée, s'approchant dangereusement de ses lèvres à la pulpe rose, de son corps étroit et plat, de sa chevelure rousse désordonnée. La fille se tenait comme un mauvais garçon, les pouces accrochés aux poches de son jean, le menton bas et la fascinait au point que le souffle lui manquait et que les battements dans sa poitrine lui faisaient mal. Il y avait un rayon de soleil qui éclairait l'androgyne à la peau de porcelaine...

Elle avait lutté dans les escaliers de la passerelle pour ne pas se retourner, pour ne pas s'arrêter, pour ne pas faire demi tour et courir vers la fille pour l'étreindre et goûter la douceur de ses lèvres... elle sentait la folie la gagner. 

La fille la suivait du regard. En haut des marches elle s'est arrêtée, appuyée à la rampe, elle a regardé à son tour... La fille a sourit. "Mon Dieu non! Pourquoi sourit-elle?" Ses joues se sont enflammées, elle voulait s'enfuir mais restait figée.

La fille est venue vers elle, jusqu'en haut des marches. Elle a dit bonjour d'une voix claire, mais sa tête bourdonnait et elle n'a pas répondu. Elle lui a pris la main, a effleuré sa joue d'un baiser...

 

On ne choisit jamais vraiment qui on va aimer...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Février 2014

Angie H3

Depuis un moment, un étrange sentiment turlupinait mon esprit habituellement tranquille. Dans cette vie à trois presque idéale, me venait parfois l'idée d'être un imposteur, pris pour ce que je n'étais pas aux yeux de nos ami(e)s qui voyaient en moi le pilier de notre relation triangulaire, une sorte d'homme parfait que les femmes admiraient et que les hommes enviaient. Evidemment je n'en parlais pas à Frida, j'avais trop peur de passer pour un vil prétentieux. Laora, plus frivolle aurait simplement éludé la question d'une jolie pirouette dont elle avait le secret, le tout bordé d'un éclat de rire capable de faire fondre une banquise. 

A ma grande surprise cependant, c'est Frida qui un jour me posa la question. " Tis moi eske tu n'as pas kelke fois l'imprezion ke les chens se trompent zur toi? " J'en restais le menton sur la poitrine, bouche ouverte dans une expression de stupéfaction qu'adoptent habituellement les témoins de phénomènes paranormaux. Est ce que ma psy pouvait être si bonne au point de lire dans mes pensées? Il faut dire que depuis le temps que nous  nous fréquentions, elle avait eu le loisir de percer ma vraie nature...

Moi " - ...Euh... qu'est ce que tu veux dire par là?

Ma Psy - Eh pien que peud être les chens qui ne te konnaissent pas comme moi, peuvent penzer que tu es... une zorte d'homme itéal?

Moi - Ah bon? Parce que d'après toi je ne suis pas cet homme idéal peut être? Amant lesbien, incapable de la moindre jalousie, attentif et attentionné, doué d'une capacité d'écoute exceptionnelle et sensible aux états d'âme féminins...

Ma Psy - Ahaha! Ya z'est comme za ke Laora te foit. Elle t'appelle "l'homme qui parle à l'oreille des femmes"... Mais en frai darling, tu es un sale misogyne. Tu aimes les femmes qui te ressemblent c'est tout, les autres tu les méprises, tu n'as aucune compazion pour elles. Tu n'aimes pas LES femmes, tu aimes certaines femmes qui sont ton reflet féminin... Dis moi ke ze n'est pas frai?

Moi - Mais... euh... non c'est pas vrai. A t'entendre on dirait que tu remets en cause mon hétérosexualité pourtant avérée. Je croyais que cette histoire était définitivement réglée. Tu dis que je n'aime que les femmes qui me ressemblent et me renvoient mon propre reflet, alors soit je suis Narcisse himself ou alors tu me soupçonnes encore d'être gay...

Ma Psy - T'emballe pas darling! Je konnais parfaitement ta personnalité et j'aime l'harmonie entre ton masculin et ton féminin. Je sais bien que tu n'est pas gay. Je dis juste que tu es un vrai misogyne. Pas la peine de monter sur tes grands tréteaux.

Moi - ...grands chevaux.

Ma Psy - Was?

Moi - Grands chevaux, pas grands tréteaux

 

 

Modèle: Angie Hill

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 11 Février 2014

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Elle a ce geste familier de poser la main sur son épaule, à la base du cou, comme on fait souvent pour se relaxer. Ses doigts massent doucement muscles et tendons... Il aime ce geste, il lui trouve de la sensualité, comme sa façon de fumer, en gardant la cigarette juste au bout de ses phalanges, le bras plié...

Souvent il pense à cela, à l'image qu'elle projette. Il s'en voudrait presque de ne rien trouver qui lui déplaise, quoi qu'elle fasse, elle le séduit, toujours.

Elle le taquine parfois, moque son indulgence, affirme que ce n'est pas une façon d'aimer... mais il n'y peut rien.

Pourtant aujourd'hui elle est nouvelle. Il a toujours aimé sa peau ambrée et ses cheveux noirs, héritage de l'Orient. Parfois sa peau devient ocre et ses cheveux renvoient des reflets électriques, presque bleus. Question de lumière.

Mais là, son cou est nu et ses cheveux taillés très courts donnent à ces reflets l'aspect d'un pelage soyeux, brillant comme un vison. Alors ce geste familier, cette main posée sur son épaule, là, près de la nuque, devient presque érotique.

Elle n'a jamais manqué d'audace, ni d'assurance, mais en voyant sa nuque presque rasée, son cou ainsi allongé, ses cheveux courts comme une précieuse fourrure, il la sent fragile, comme on l'est en s'offrant nu au regard des autres et il la désire davantage...

Mais elle se retourne, le visage rayonnant, allume une cigarette qu'elle tient au bout de ses phalanges et caresse sa nuque, amusée...

"Tu aimes?" 

 

 

Photo: Chrysanthe Tan

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Rédigé par jeaneg

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