Publié le 29 Février 2012

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La pluie n'a pas duré. Quelques grosses gouttes, comme une averse d'été. Un coup de vent a tout sèché. Il y a une ambiance étrange, le ponton est désert et les villas du bord de mer ont toutes leurs volets fermés. Pourtant elle est là, seule face à l'océan, comme une déesse antique au profil lisse et altier, le regard perdu. 

Le soleil revient doucement, pas de quoi faire plisser les yeux, juste ce qu'il faut pour éclairer les reflets de ses cheveux châtains encore humides. Des cheveux courts, depuis toujours. C'est son caractère, elle n'y pense pas, c'est naturel et personne autour d'elle ne l'envisage différemment. Une sorte de noblesse, une classe naturelle, le chic et le bon goût... Quand on lui pose la question malgré tout, elle sourit et utilise la métaphore: la chevelure c'est un peu comme une antenne qui transmet à l'extérieur ce que nous sommes à l'intérieur. Et le curieux se débrouille avec ça, l'imaginant, précise, direct, sans artifice, sincère, efficace, déterminée, inventive, audacieuse, sûre d'elle...

Elle se lève, marche avec souplesse sur les planches après avoir remonté le col de son manteau. Au large une nuée de goëlands hurlent à la remorque d'un bateau qui rentre de la pêche. Elle passe une main dans ses cheveux, les ébouriffe un peu. La parenthèse se termine. Au bout de la promenade une limousine noire attend...

 

 

Modèle: Fabienne Terwinghe

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 28 Février 2012

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Nous tenant par la main dans la nuit parfumée,
Nous allions à la source ou rôdions par les landes.
J'ai tressé pour ton cou d'entêtantes guirlandes;
La verveine, la rose et la fraîche hyacinthe
Nouaient sur ton beau sein leur odorante étreinte.
Les baumes précieux oignaient ton corps charmant
Et jeune. Près de moi reposant tendrement,
Tu recevais des mains expertes des servantes
Les mille objets que l'art et la mollesse inventent
Pour parer les filles d'Ionie. 

 

 

Photo: Fox Harvard

Poème: Sapho

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 27 Février 2012

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A deux pas d'ici, j'habite - peut-être est-ce ailleurs ?
Je n'reconnais plus ma vie, parfois je me fais peur
Je vis dans un monde qui n'existe pas
Sans toi je n'suis plus tout à fait moi

A deux pas d'ici j'ai égaré ce que j'étais
Mon nom ne me dit rien, ni la photo sur mes papiers
On peut bien m'appeler untel ou untel
Sans toi peu m'importe qui m'appelle

Comment dit-on bonjour ? Je ne sais plus
Le parfum des beaux jours, je n'le sens plus
Comment fait-on l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
Les mots doux de velours, je ne crie plus
Et le sens de l'humour, je l'ai perdu
Comment faire l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié

A deux pas d'ici j'ai essayé de revenir
De mettre un peu d'ordre à mes idées, les rafraîchir

Je m'suis coupé les cheveux, j'ai rasé les murs
Ce que j'ai fait, je n'en suis pas sûre

Comment dit-on bonjour ? Je ne sais plus
Le parfum des beaux jours, je n'le sens plus
Comment fait-on l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
Les mots doux de velours, je ne crie plus
Et le sens de l'humour, je l'ai perdu
Comment faire l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié

J'ai tout oublié quand tu m'as oublié


Photo: Tumblr

Texte: Marc Lavoine

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Publié le 26 Février 2012

Aline-novaro.jpgParfois les circonstances se conjuguent pour me rappeler la langueur des dimanches soir de mon enfance. Quand on est gosse, on s'ennuie toujours le dimanche soir. Le week-end se termine et cela sent déjà le retour à l'école du lundi...

Aujourd'hui, le beau temps n'a rien pu faire contre un Ecosse-France prometteur. Mais une fois la victoire acquise, on se retrouve... dimanche soir.

Pourtant, je me rappelle que j'avais quelques fois l'espoir de retrouver mes copines avec un nouveau visage à m'offrir, le lendemain au lycée. 

Voilà donc un prétexte pour afficher ici quelques jolis visages...

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Et j'entend ici des mauvaises langues contester le fait que mes copines du lycée aient toutes été aussi jolies. Eh ben... C'est pas Olivia Thirlbybeau la jalousie. Non... pas beau.

 

 

 

 

 

 

Modèles: Aline Navaro, Anna Plitcher et Olivia Thirlby

 

 

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 25 Février 2012

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Parfois elle se demande qui elle serait vraiment si elle n'avait pas osé cela... On a beau dire, cela ne paraît pas grand chose. Pourtant à ses yeux c'était comme le plongeoir de 3 mètres. Il faut monter là haut. C'est déjà presque un exploit parce qu'il a fallu s'encourager à le faire. On pense juste à ne pas manquer une marche, à ne pas trop regarder en bas. Et puis, une fois sur la plate-forme c'est un nouveau challenge. Le coeur bat fort, il faut maîtriser sa respiration, relâcher ses muscles. On s'approche du bord et on découvre l'espace devant soi. Au fur et à mesure les pas se font plus petits, jusqu'à arriver, centimètres par centimètres à l'extrémité. Une fois qu'on y est on a presque envie de hurler tellement on est fier d'avoir réussi ça. Deux ou trois grandes respirations, une impulsion sur les jambes et on se laisse tomber, tout droit, au garde à vous. Une sorte d'abandon à la peur qui fait jouir. On ferme les yeux et on explose dans un tourbillon d'écumes. Le son est différent, un instant on est seul avec soi même, dans la profondeur avant de remonter... Enfin on émerge, le souffle reprend et à nouveau cette envie de crier parce qu'on l'a fait.

Jeune femme étouffée par son enfance, son adolescence, coincée dans cette image de petite fille modèle, accablée par l'amour de sa mère, un jour elle a décidé de rompre le charme. Elle se souvient, ce premier coiffeur, c'était comme le plongeoir de 3 mètres. Après tout le reste fût facile. Ce jour là elle avait pris la barre de son navire. 

 

Photo: Can Dagarslani

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Publié le 23 Février 2012

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Elle aurait pu choisir de m'emmener à Moscou, les salons d'équipements militaires et de sécurité n'y manquent pas, ou bien encore à Odessa pour la régate de printemps sur la mer Noire. Les uns sont bien trop surveillés et l'autre beaucoup trop touristique. Si bien que je me suis retouvé au coeur de l'Ukraine profonde où à Poltava, rien ne se passe. Je ne sais pas ce qu'elle y faisait. Quant à moi je n'ai eu aucun mal à me glisser parmi les occidentaux en mal d'amour, venant en Ukraine chercher leur âme soeur...

Et finalement ce contexte un peu bizarre me convenait parfaitement. J'aimais autant être loin de toute chose connue pour enfiler mon nouveau costume de traître. J'avais décidé de précipiter les choses. Il me fallait savoir jusqu'à quelle extrémité Moïra voulait me pousser. Le jeu était subtil, elle me savait amoureux d'elle et sans doute avait-elle quelques sentiments pour moi. Ses nouveaux maîtres exigeaient sûrement qu'elle profite de cet avantage pour étoffer leurs sources d'informations à Paris. De mon côté, Tao qui malgré tout m'était redevable, constituait un canal d'information direct avec Moïra. J'étais donc prêt à "balancer" quelques dossiers en échange de confidences. 

Malgré tout j'appréhendais cette rencontre la mort dans l'âme. J'aurais aimé que notre relation, même dans le monde auquel nous appartenions, se place bien au dessus des contengences nationales... 

Un taxi me déposa au Palazzo. Elle m'attendait. Brune le cheveux taillé court, la peau mat elle dégageait toujours cette allure d'aventurière qui dès le premier instant m'avait séduit. Mais j'ai tout de suite senti que quelque chose n'allait pas. 

 

Photo: Yurii Yatel

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Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Publié le 22 Février 2012

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Je vous reconnaissais. Vous étiez celle qui dort tout au fond du printemps, sous les feuillages jamais éteints du rêve. Je vous devinais depuis longtemps déjà, dans la fraîcheur d'une promenade, dans le bon air des grands livres ou dans la faiblesse d'un silence. Vous étiez l'espérance de grandes choses. Vous étiez la beauté de chaque jour. Vous étiez la vie même, du froissé de vos robes au tremblé de vos rires.

Vous m'enleviez la sagesse qui est pire que la mort. Vous me donniez la fièvre qui est la vraie santé.

Et puis vous êtes partie. Ce n'était pas trahir. C'était suivre le même chemin en vous, simple dans ses détours. Vous emportiez avec vous la petite robe de neige. Elle ne dansait plus dans ma vie. Elle ne tournait plus dans mes rêves. Elle flottait sous mes paupières, lorsque je les fermais pour m'endormir, juste là: entre l'oeil et le monde. Le vent des heures l'agitait furieusement. L'orage des chagrins la rabattait sur le coeur, comme un volet sur une vitre fêlée.

Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort.

Modèle: Vendela W

Texte: Christian Bobin

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Publié le 21 Février 2012

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Il suffit de presque rien, juste un petit détail. Parfois c'est dans la coiffure elle même, un volume plus important sur le dessus, une mèche plus longue sur le front... Cela peut être aussi un tatouage, évident mais raffiné, ou simplement l'implantation de la chevelure qui rend la coupe délicieuse au regard. Une boucle d'oreille mise en valeur ou juste une perle, tellement chic et féminine... Et du coup, ces cheveux si courts que d'aucun aurait pensé sévères deviennent élégants. On lui trouve du caractère, de la classe, elle fascine par son audace et par son assurance. On l'observe et l'on relève tous ces détails, on se dit "quelle nuque magnifique, mais comment est la mienne?" " humm ces oreilles...adorables!" " Oh ce grain de beauté! Je n'avais jamais remarqué" " Quel regard! " ...

C'est très court, presque trop court, pourtant cela fascine et donne envie. Voir, toucher, sentir, caresser... Et elle, elle qui a tant hésité, elle qui a eut si peur et qui depuis ne cesse de se découvrir, la voici libre et adorable, donnant une valeur insoupçonnée à cette perle de nacre en la plaçant dans ce nouvel écrin.

 

Source photo

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 20 Février 2012

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Aujourd'hui Nanou va chez le coiffeur. Oui je sais, nous sommes lundi et le lundi les coiffeurs sont fermés. Mais pas là où elle se trouve. Et je sais aussi, que même si elle n'envisage pas de faire "radicalement" couper ses cheveux, chaque fois qu'elle confie sa chevelure à un coiffeur, Nanou a une boule dans l'estomac, qui la torture mais aussi l'excite. Des jours avant elle y pense, fait des rêves, imagine des situations improbables... Et puis quand le moment est venu, les papillons qui volettent dans son estomac se calment un peu, elle se concentre sur ses émotions, ses sensations, elle capte chaque moment, chaque bruit. Elle sent sa peau se hérisser quand des doigts experts relèvent ses mèches, touchent sa nuque. Elle tremble un peu en écoutant les ciseaux crisser sur ses cheveux soyeux, son coeur bat plus fort quand une mèche dégringole doucement et termine sa course, inerte, dans un creux du peignoir.

Bientôt elle sortira, resplendissante, le moral au zénith, fière de sa belle chevelure mise en valeur et impatiente de voir dans le regard de son homme l'admiration et l'amour. Et puis cette effervescence appaisée, elle glissera une main sur sa nuque, sous ses cheveux encore longs. Elle fermera les yeux et rêvera au jour où elle pourra sentir, juste là, des cheveux très courts...

 

Photo: Vintage Pier Angeli

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Février 2012

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Il a beau lutter, chaque jour, chaque nuit, petit à petit l'image disparaît, comme dans un contre-jour. Certains détails restent encore très présents et d'autres se fondent dans l'obscurité qu'il scrute au point d'en avoir la migraine. Certaines fois elle n'est plus qu'une silhouette mais parfois, fièvreux, il parvient à distinguer le grain de sa peau, la texture de ses cheveux, la finesse de la dentelle sur son vêtement... Il n'arrive pas à l'oublier. Sa vie depuis n'est qu'une immense colère qu'il ne sait pas vers qui diriger. Alors il se concentre sur la vision, tends ses mains comme pour la toucher, caresser une fois encore ses cheveux très courts, mais se retient. Il voudrait hurler tellement elle lui manque, imaginant un instant qu'elle pourrait revenir, caresser sa joue comme elle faisait souvent, une fois encore. Imaginant qu'il pourrait la serrer sur son coeur, sentir son odeur parfumée, capter le son de sa voix un peu rauque...

Tout ce qui reste c'est cette image dans son souvenir qui doucement disparaît, cette image déjà sans visage et bientôt plus qu'une ombre chinoise...

 

 

Photo: Mauro Brancorsini

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