Publié le 31 Janvier 2018

Conforme, non-conforme

Elle se maquille, un peu, use de quelques bijoux pour séduire et se plaire, s'habille avec goût et confort... Tout bien! Elle serait en tout point conforme à l'image d'une jeune femme moderne,

sauf que...

La voilà qui se dévoile, qui ôte son masque et ne joue plus le jeu. Elle a coupé ses cheveux, elle adore ça, se trouve plus forte, moins "vulnérable", elle s'aime davantage, se sent fière d'elle... Mais patatras! On l'assaille de toutes parts

"Mais pourquoi tu as fait ça?"

"Mais voyons, c'est beaucoup trop court!"

"Fais voir, tourne toi.. ohlala, mais c'est vraiment rasé!"

"C'est moche!"

"Tu ressembles à un garçon"... et pire encore...

Soudain elle est sortie de la conformité. A croire qu'elle était toute entière dans ses cheveux longs, que toute sa personnalité se cachait là, sa beauté aussi. Là voilà qui subitement sort du cadre, n'est plus "attractive". On lui fait des reproches, mais pourquoi au fait? A travers tous ces sarcasmes, finalement, on lui en veut d'avoir abandonné l'image d'une féminité rassurante, domestique et docile. Pourtant elle s'habille toujours avec autant d'élégance, se maquille avec bon goût, reste coquette avec ses bijoux, a toujours autant d'esprit et de répartie. Mais ces cheveux...

Tout cela n'est le fruit que du "format". Les filles sont jalouses d'autant d'audace et de liberté, les garçons ont peur de réveiller l'homosexualité qui sommeille en eux. Alors ces esprits étriqués refusent d'accepter ces tempes rasées, cette nuque tondue, encore et encore, comme un défi.

Elle s'en moque, se maquille, un peu, use de quelques bijoux pour séduire et se plaire, s'habille avec goût et confort et se coupe les cheveux comme ça lui plait... Tout bien! 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 30 Janvier 2018

Photo: Chloé Lobre par Yurina Niihara

Photo: Chloé Lobre par Yurina Niihara

Géométrie, contraste, audace, brutalité, originalité... C'est le manque qui nous rend la critique négative. Le manque de référence, le manque d'habitude, le manque d'originalité, d'individualité, d'audace, de confiance. Parce que tout le monde n'a pas besoin de se distinguer, d'attirer sur lui les regards, on se contente de rester dans le flot.

Mais une fois la barrière dépassée, quand on a déjà osé couper ses cheveux courts, très courts, jusqu'à les raser même, qu'à chaque stupéfaction on est encouragé.e par l'image perçue, par le regard des autres, par l'enthousiasme alentour, on peut franchir d'autres étapes encore, inventer, créer ou faire confiance à l'ami qui est aussi coiffeur et donner du contraste à ses cheveux très courts, ne raser que les tempes et la nuque en une géométrie à la fois moderne et médiévale qui selon l'angle sous laquelle on la découvre, bouleverse toutes vos perceptions.

On peut alors paraître un profil de chevalier sans armure, une face d'ange à la coupe de garçonnet ou un dos d'androgyne soignée et à chaque fois ne laisser personne indifférent lorsque finalement la combinaison, au delà de toutes ces apparences, fait triompher une féminité d'un nouveau genre.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Janvier 2018

Photo: Naomi Parker Fraley

Photo: Naomi Parker Fraley

La vieille dame est morte lundi dernier, à 96 ans. Un âge raisonnable pour mourir. Bien sûr, Naomi Parker ça ne dit rien à personne et il faut fouiller dans les dépêches pour connaître la nouvelle. Cela finalement n'intéresse personne... Pourtant, étonnement cette mamie discrète est connue dans le monde entier...

On trouvera aujourd'hui son histoire, celle d'une jeune serveuse que l'effort de guerre, en 1940, amène à travailler dans les usines d'armement, dans quelques journaux. Elle est mignonne, coquette et comme toutes les ouvrières, même si ses cheveux sont courts, à la mode de l'époque, elle porte un bandana qui empêche ses bouclettes de se prendre dans les machines. 

En 1943, son allure séduit l'illustrateur à qui l'on a commandé une affiche pour re-motiver les ouvrier.e.s d'une autre usine et c'est cette affiche que le monde entier découvrira bien des années plus tard pour en faire un étendard.

Illustration: J. Howard Miller

Illustration: J. Howard Miller

Rosie the riveter - N. Rockwell

On la baptisera Rosie la riveteuse, parce qu'à cette époque, toutes les femmes qui travaillaient dans les usines pour faire gagner la guerre étaient surnommées ainsi, les Rosies. Norman Rockwell, le célèbre, en fit lui aussi une affiche, pleine de symbole.

Naomi, elle, deviendra une icône féministe... dans les années 80. Mais personne ne s'était jamais souvenu que c'était elle, l'ouvrière de la Navy qui proclamait " On peut le faire! " en montrant son biceps.

Ce n'est que bien tard qu'on se souvint d'elle.

Juste à temps...

Bye bye Rosie

 

 

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 26 Janvier 2018

Photo: Perla El Raii

Photo: Perla El Raii

Elle se rappelle, petite, comme déjà elle détestait tout ce que tout le monde faisait, les habitudes, les routines dont plus personne ne se souvenait même pourquoi il le faisait. Elle détestait les robes, parce que ce n'était pas pratique, disait-elle, on était toujours obligé de faire attention pour ne pas montrer sa culotte. Elle détestait les cheveux trop longs qui se coinçaient toujours sous les bretelles du sac à dos. Elle détestait être une fille parce que toutes les autres filles étaient toujours trop bêtes et ne savaient même pas tirer à la carabine à la foire...

Et puis le temps a modéré ses jugements, être une fille, tout compte fait, ce n'était pas si pénible quand on savait tenir la dragée haute aux garçons. Personne ne l'embêtait, elle, ou alors c'était arrivé une fois et personne ne s'était après jamais vanté de l'avoir fait. Elle n'aimait toujours pas les habitudes stupides auxquelles tout le monde se pliait. Ne comprenait pas pourquoi il fallait "séduire", sous entendu les hommes, pour réussir sa vie personnelle et quelques fois se sentait perdue dans l'univers, imaginant qu'elle n'était pas de cette planète...

Enfin, elle a adoré être une femme. Une femme comme la petite fille qu'elle était. Plus grande, plus forte, plus belle que cette petite fille, une femme différente, séduisante sans chercher à l'être, raffinée dans le geste, féminine dans l'attitude, même avec une cigarette aux lèvres et le t-shirt aux manches roulées. Oui elle adorait le regard des autres, des femmes, des hommes, qui l'enviait ou la détestait. Elle adorait cette liberté de se laisser séduire.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 24 Janvier 2018

"Hero" by K.Bennet

Partager l'intimité d'une psychanalyste, fut-elle l'inénarrable Frida, a je crois, développé chez moi une propension à vouloir obtenir tout de suite des réponses à mes questions existentielles. Et là, depuis quelques jours, j'étais confronté à certaines d'entre elles qui sans être fondamentales, me torturaient un peu les méninges... Ni une ni deux, je déboulais de bon matin dans le cabinet feutré de la teutonne, après avoir réduit d'une prise de Krav-maga, la secrétaire toujours aussi peu amicale envers moi.

Moi "- Doc! Il faut que tu m'expliques un peu... Tu sais à quel point je suis ouvert à toutes les questions et à celles du genre en particulier. Bon! Alors c'est pas que je ne comprend pas mais il faut tout de même éclairer ma lanterne. Léa, cette fille trans qui est dans une démarche purement intellectuelle pour le moment et qui se fait appeler Johan... Elle est lesbienne, n'est-ce pas? Mais si son but ultime est de muter vers le sexe et le genre masculin, en réalité elle... enfin il est hétéro, n'est-ce pas?

Ma Psy - ....

Moi - Mais d'un autre côté Hortense, qui elle a toujours était très tomboy et qui se revendique garçon ... et c'est vrai qu'il ne lui manque pas grand chose...  en vivant avec son petit ami, elle est gay en fait!

Ma Psy - T'abords, Johan est déchà de chenre maskulin, tout comme Hortenze t'ailleurs...

Moi - Tailleur?

Ma Psy - Ach! T'aill-eurs... Pfffft ! Et donc, l'un et l'autre, tout comme toi, peuvent être gay, hétéro et même les teux

Moi - Laiteux?

Ma Psy - Za zuffit!! Tu foulais des réponses, che te les donne. Mais afoue que z'est tout te même tu nifeau élémendaire tes questions...

Moi - Oui oh ça va hein? Non parce que des fois j'ai l'impression que tous les trans ftm que je connais sont lesbiennes... mais en réalité non?

Ma Psy - Foilààà! Bon aller, dékerpis, chai tu dravail, moi!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 23 Janvier 2018

Photo: Elisa Comas

Photo: Elisa Comas

L'autre jour ma concierge m'a attrapé par la manche et sur le ton de la confidence m'a chuchoté à l'oreille qu'elle soupçonnait la jeune femme du 3e d'être en réalité ... un homme! Comme j'avais un peu de temps à perdre et que je connaissais la jeune femme en question, j'ai pris le ton de conspirateur adéquat pour interroger ma concierge sur les raisons qui lui faisaient dire une telle chose...

Je m'attendais à ce qu'elle énumère tout un tas de détails de son quotidien, sa manière de s'habiller, ses horaires de travail, ses sorties nocturnes... bref, un mode de vie qu'elle aurait assimilé à celui d'un homme, célibataire, indépendant et bon vivant. Non, finalement, tout cela ne la choquait pas vraiment, Vous savez, les femmes d'aujourd'hui ne vivent plus comme à l'époque de ma jeunesse, me dit-elle. J'étais heureux de faire le constat de cet éclair de lucidité,  mais un peu vexé tout de même qu'elle parle de sa jeunesse comme d'un temps très très ancien alors qu'elle ne devait pas être beaucoup plus vieille que moi.

Non, ce qui motivait son désarrois c'était uniquement la coupe de cheveux que la jeune femme avait adopté récemment. Une coupe très courte, où les côtés et la nuque étaient rasés et qui, combinée à son style vestimentaire, lui donnait un caractère bien affirmé et rehaussait son androgynie naturelle. C'est gênant voyez-vous, ça me rappelle mon mari lorsqu'il avait 20 ans, poursuivit-elle. Et là, je voyais bien que la lucidité dont elle avait semblé faire preuve auparavant   n'était qu'une parfaite illusion. Puis brusquement elle s'écarta de moi, levant son nez et m'observant comme si elle me découvrait. Tiens! Tout comme vous. La même coupe! A ses yeux, cette coupe de cheveux seule suffisait à instiller le doute dans son esprit manichéen, troublant ses repères et remettant en cause ses certitudes. Si la jeune femme avait les cheveux coupés de la même manière que moi, je ne pouvais pas, moi, être soupçonné d'être une femme, tandis qu'elle pourrait bien être un homme.

Prenant l'air préoccupé qui saillait à une telle situation, je tentais alors de la rassurer, disant qu'aujourd'hui, chacun était bien plus libre de s'approprier des éléments de style qui étaient injustement réservés à un genre ou à un autre, que rien n'était tout noir ou tout blanc, que juger les gens sur leur seule apparence était toujours une erreur... et ceci et cela... et pour finir je crois que ma concierge m'a pris en grippe, me soupçonnant certainement moi aussi de ne pas être celui qu'elle croyait. Elle me tendit sèchement mon courrier et sans autre forme, claqua sur mon nez la porte de sa loge.  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Humeurs

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Publié le 22 Janvier 2018

Photo: Google

Photo: Google

Ça fait du bien de temps en temps, de jeter un œil, pas trop loin, chez nos voisins européens, pour voir si l'herbe est plus verte. En Allemagne, par exemple, elle l'est! En tout cas pour les femmes aux cheveux courts.

Mathilde habite à Heidelberg. Comme toutes celles pour qui la coupe de cheveux est régulière, elle s'est mise en quête d'un coiffeur capable de lui couper les cheveux, aussi court que ce qu'elle désire et à un prix normal. Quand je dis normal, je veux dire sans être obligée de payer 10 ou 15 € supplémentaire pour cause de genre féminin. Et comme Mathilde n'a pas froid aux yeux, elle a poussé la porte de Der Barbier. Surprise, ce barbier là réserve aussi un espace pour les dames, c'est donc un salon mixte, où comme l'indique la devanture, la coupe coûte 12€ pour les hommes et 13€ pour les femmes. Oui, au début on comprend pas trop. A quoi rime cette symbolique différence?

Eh bien en réalité, que vous soyez homme ou femme, vous avez le choix. A droite, le côté "Damen" si vous voulez une coupe+shampooing+coiffage ( laque, gel, toussa toussa... ) à gauche le côté "Herren" pour une coupe directe et sans chichi. Bon, en réalité le côté homme permet aussi le soin, la barbe, le shampooing et tout, mais c'est plus cher bien sur. Bref! Notre Mathilde aux cheveux courts, qui aime très court, mais pas trop, choisit le barber pour une coupe rapide et bien clean 

Photos: Mathilde FaivrePhotos: Mathilde Faivre

Photos: Mathilde Faivre

Méli, que l'on connait bien ici, habite elle aussi en Allemagne. A Cologne précisément où elle avait l'habitude du même salon depuis longtemps... Et puis récemment elle a poussé la porte d'un barber, qui l'a volontiers acceptée et lui a fait, pour le même prix que celui que paient tous les hommes de ce salon, un skinfade de qualité. 

Photo: Méli Rezeg

 

Bon, il faut dire aussi qu'en Allemagne ils ont mis en place une commission de contrôle qui s'attache à vérifier que pour un même service ou un produit similaire, homme et femme soient astreints au même prix. L'égalité, ça passe aussi par là 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 20 Janvier 2018

Je fais ce que je veux avec mes cheveux

J'en parle facilement, parce que j'aime ça. Il n'y a pas de contrainte. Pourtant, depuis toutes ces années, à écouter et à lire les unes et les autres, me raconter leurs envies et leurs déboires, je me rend compte qu'aujourd'hui encore, dans bien des situations, avoir les cheveux courts représente une transgression. Il y a pire hein, bien sûr. Il y a toujours pire... mais le Diable est dans les détails, tout le monde sait ça.

C'est agaçant de constater qu'il y a toujours des gens pour "interpréter" telle ou telle chose et chercher à déchiffrer les intentions cachées derrière une coupe de cheveux. Comme aux yeux de certains, la démarche est "hors normes", il faut bien trouver une explication: la contestation, le communautarisme, l'indépendantisme... Et pour ces gens là, la seule raison valable pour qu'une femme ait la nuque rasée serait le féminisme, le lesbianisme ou la domination. A aucun ne viendrait l'idée de penser qu'il s'agit juste, d'envie et de plaisir.

Et où ça se range ça, l'envie et le plaisir?

Aaaah ben voilà! C'est pas trop rationnel ça comme considérations, l'envie et le plaisir. Pourtant  je vous le dis tout net, la grande majorité des femmes qui se coupent les cheveux courts, très courts... très très courts... ne le font que parce que cela leur plait. Un point c'est tout.

Photo: Méli Rezeg

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 18 Janvier 2018

Et que ça pousse

C’était il y a un an , à quelques jours près. 

Je me souviens … 

J’avais pris rendez-vous pour me faire couper les cheveux, avec cette envie de changer de tête , de sentir la lame contre ma nuque et les vibrations de la tondeuse sur les tempes. J’avais du retard , je me perdais dans les rues censées me conduire chez mon coiffeur… enfin je finissais par trouver ! Il se mit au travail et hop un travail de fou , un fade , un dégradé de poils sur mes tempes et ma nuque … si je pouvais je le décernerais meilleur coiffeur du monde ! 
 

Heureuse de ma nouvelle tête je suis réparti .. En route j’ai reçu un message de mon meilleur ami , il rentrait de Paris il était complètement malade et me demandais si je pouvais lui prendre des médicaments pour la toux et comme je vivais au moins 3 jours par semaine chez lui il savait que je serai là ce soir ... pendant que je cherchais une pharmacie je m’imaginais sa réaction … je me doutais qu’il n’allait pas aimer. Et après cette pensée j’ai commencé à me dire que j’allais bouder ce soir.  
Je suis enfin rentré , j’ai pris une douche , enfilé ma jolie robe , je savais qu’il n’allait pas tarder à rentrer. En moi se mélangeait l’excitation et l’agacement … enfin j’avais envie de paraître agacée … intouchable par ce que je savais qu’il allait me dire un truc .. Que ça allait être le premier et que son commentaire à lui serait celui qui me serait le plus important. 
Je regardais l’heure … cherchant quoi faire … j’ai pris mon téléphone , mon casque et j’ai fait ce que je faisais tout le temps chez lui … la vaisselle … de toute façon il allait bientôt rentrer ! J’ai mis la musique à fond … mais pas trop quand même histoire d’entendre le bruit de l’ascenseur et de la porte … qui se fit vite entendre .. Je fis mine de ne rien remarquer et d’avoir un air neutre quand il est rentré … intérieurement c’était Bagdad niveau émotion 😂
Il me traita de morue , que c’était moche que je ressemblais à un mec , qu’il n’aimait pas. Je lui ai donné ses médicaments (vengeance le sirops pour la toux était infecte) et lui fis voir ma robe (échec : t’en a déjà une pareille !! - hum non … non pas du tout non ) 
Au fond j’étais déçue … mais je savais que ce n’était pas méchant , qu’il préfère les cheveux longs , qu’il me trouve plus jolie avec , comme beaucoup de monde d’ailleurs. Mais c’est vrai que moi je me sentais mieux avec cette coupe là .. Cette coupe de guerrière … 
Et à partir de ce soir la .. Il y a presque un an … juste avant de s’endormir on a lancé le pari de ne plus y toucher pendant un an ...

Pari tenu!

 

Texte et photos: Erevan G.

Et que ça pousseEt que ça pousse

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 16 Janvier 2018

Photo: Jérôme Bocchio

Photo: Jérôme Bocchio

C'est presque absurde, aujourd'hui, de qualifier une coupe de cheveux de masculine ou féminine. Il y a toujours eu des garçons aux cheveux longs et des filles aux cheveux courts, d'abord. Alors reste le style, mais c'est parce qu'on est pas encore très habitué, ou qu'on refuse de se laisser aller à ce genre d'habitude. Un garçon aux cheveux longs qui prendrait un soin tout particulier à se faire couper les cheveux dans un carré impeccable semblerait éminemment suspect aux yeux de ses congénères. Et les femmes aux cheveux courts qui accaparent les salons "pour hommes" pour se faire raser la nuque et les tempes, le sont toutes autant aux yeux de la ménagère. Evidemment.

Il n'en reste pas moins vrai qu'il apparait à présent des nuances entre le féminin et le masculin pour des coupes de cheveux qui a priori étaient jusque là sans équivoque. C'est bête hein? Oui je sais.

L'autre jour Sohan, un petit gars que j'aime bien, m'est apparu, tout fier d'avoir fait tondre ses cheveux. L'événement n'est pas anodin parce qu'il n'y a pas si longtemps Sohan avait un prénom de fille et que chaque coupe de cheveux le rapprochait un peu plus de l'image du vrai garçon qu'il est en réalité. J'imagine donc que cette étape nouvelle, à quelques jours d'entamer sa transition, avait un sens particulier. Cependant cette "tonte" faite m'a-t-il dit chez le coiffeur de son quartier, avait quelque chose de "féminin", une épaisseur presque uniforme, sur les contours comme dessus qui "adoucissait" ce qui aurait du être une coupe ultime, abolissant le genre, effaçant la fille pour laisser toute la place à Sohan, symboliquement. Je le lui ai fait remarquer, j'espère ne pas l'avoir vexé, je manque parfois de nuance. Et puis peut être que ce n'est que moi, tellement plongé dans mon sujet, qui fait ces différences idiotes?

Enfin bref! Après c'est plutôt marrant pour une fois qu'on dit à un garçon qu'il a une coupe de fille alors qu'il a même pas 1 cm de cheveux sur le crâne... Les temps changent non?

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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