Publié le 31 Décembre 2018

Toutes proportions gardées

Une fois encore la question se pose... Bientôt 100 ans après l'avénement de "la garçonne", des flappers et de ce mouvement mondial d'émancipation qu'ont pu représenter les cheveux courts des femmes dans les années 1920, on en est encore aujourd'hui à donner du "bonjour jeune homme" à une femme, simplement à cause de sa coupe de cheveux. Mais dites moi pas qu'je rêve?

Depuis le temps que je me préoccupe de ces questions là, je ne parviens toujours pas à trouver d'explication rationnelle à ce comportement humain. D'autant que cela paraît obéir à des critères tout à fait précis, car bien sur, on ne donnera pas du "monsieur" à une femme qui porterait un costume 3 pièces et une cravate, pour peu qu'elle ait les cheveux longs flottants sur ses épaules. Non! Le vêtement n'est pas en cause, même s'il peut être un élément aggravant. Par contre, si la personne a les cheveux suffisamment courts pour dégager sa nuque et ses oreilles, alors là oui! C'est bien cela qui provoque le bug mental chez le terrien de base. 

C'est tout de même amusant cette "construction mentale" qui provoque, encore aujourd'hui, l'association cheveux courts=garçon, cheveux longs=fille. Mais je crois qu'il n'y a pas que cela dans l'esprit de l'humain de base. Il pourrait y avoir une perte sévère de la qualité d'observation qui était vitale pour le chasseur-cueilleur, mais qui, visiblement ne sert plus beaucoup à l'épicier de quartier. Celui-ci en serait alors réduit à s'en remettre à ces principes intangibles de l'éducation patriarcale qui le berça naguère, à savoir le rose pour les filles, le bleu pour les garçons et même topo pour les cheveux.

Hélas, connaissant la nature humaine dans son coté le plus obscure, je soupçonne la plupart de celles et ceux qui confondent le genre à cause d'une coupe de cheveux un peu courte, de n'être que des suppôts du patriarcat, manifestant ainsi leur désapprobation de voir les jeunes femmes s'émanciper de la sorte en "piquant" des trucs qui étaient auparavant réservés aux garçons, comme une marque de leurs privilèges.

Mais je peux me tromper...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Décembre 2018

Photo: Kat Ginsburg by Jonathan Valerius

Photo: Kat Ginsburg by Jonathan Valerius

Souvent, dans les périodes de renouveau, fêtes de fin d'année, jour de l'an, cette envie de se lancer des défis ou de prendre des grandes résolutions nous saisi. Quelle drôle d'idée n'est-ce pas?

Etonnamment, on va trouver dans cette liste de choses à faire, au moins une fois dans sa vie pour certaines, se raser la tête. Quelque chose qui semble complètement fou en réalité aux yeux du commun des mortels, tellement préoccupé par son image, mais qui pourtant prend du sens en matière de renaissance et de remise des compteurs.... à zéro!

Les raisons sont toutes personnelles et puisent leurs racines parfois dans l'intimité la plus secrète, mais au final il s'agit tout de même de passer toute cette chevelure, abondante ou pas, longue ou déjà courte, à la tondeuse. Un geste aux allures sacrificielles, expiatoires, ou à l'inverse libératoires. En tous cas tout sauf anodin parce que cette "amputation", aussi indolore soit-elle, n'en demeure pas moins une séparation d'une partie de soi d'avec soi-même. C'est peut être en cela que ce choix semble effrayant, au départ. Tant de questions se posent... Pourtant, si l'on observe bien, il y a autour de nous cette forme de banalité qui existe aujourd'hui, à voir des petites têtes bien rasées. Une visibilité qui renvoie au loin l'aspect lugubre des souvenirs de guerre ou des affres de la maladie. Il s'agirait plutôt de libération et d'exaltation de cette liberté. Une rupture évidente avec le quotidien, la routine, l'uniformisation, les diktats, la consommation et cette vie "d'avant". Avant d'avoir le courage d'apparaître nue, telle qu'en soi même, comme un nourrisson à sa naissance.

Pour certaines, ce sera un "one shot", sitôt la tondeuse reposée commencera l'attente d'une repousse, pour d'autre une période, indéterminée, où l'envie de renouveler le geste se fera plus pressante chaque mois, chaque semaine et un nouveau mode vie associé à cette allure fière et libre. Cela peut durer longtemps, des années. Comment revenir en arrière? Il faudra peut être un nouvel an et de nouvelles résolutions...

Photo: Jonathan Valerius

Modèle: Kat Ginsburg

MUA:  Damaris Santana

Art Director: Yasmin Deliz

Light: Rene Gomez

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 25 Décembre 2018

Photo: Gilles Delacuvellerie

Photo: Gilles Delacuvellerie

Elles sont là, comme deux boxeuses dans le vestiaire, les corps réchauffés par l'atmosphère épaisse. Un combat s'annonce pour ces compagnes d'armes. Sur les peaux nues, la lumière crue éclaire leur nuque fraîchement rasée, leurs muscles qui roulent, l'encre comme des peintures de guerre... Il va y avoir des batailles, des accrochages, des affrontements, mais elles savent se battre.

Dehors la foule gronde, la rumeur envahi les couloirs, des cris et des paroles hurlées. Il lui faut du sang, de la chair fraîche. Tout est bon pour divertir cette masse au cerveau atrophié pour qui l'amour doit être calibré. Panem et circences, du pain et des jeux, c'est ce qu'il faut pour apaiser les gueux. Il faudra soutenir les regards, il faudra encaisser les paroles, chaque jour. Faire front, riposter, décrocher. Un combat sans fin...

Elles sont prêtes à entrer dans l'arène, gladiatrices modernes à l'allure de chevalier médiéval, elles sont des femmes au delà du commun, des combattantes amoureuses.

modèles: Coralie Robin et Vico B.

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Publié le 23 Décembre 2018

101 Tower

Après 3 semaines à faire le tour de Taïwan en passant auparavant par Singapour me voilà quelques jours à Taipei avant de rentrer en France. Session promenade/ repos / shopping à travers la capitale Taiwanaise après un voyage à un rythme effréné. Et voici venu le dernier jour sous une petite pluie qui sonne l'heure du départ mais avant le retour dans notre chère contrée un stop chez un barbier local est de rigueur ! 

Et oui ici les filles aux cheveux courts et même très courts ne manquent pas, alors pourquoi se priver d'un petit rafraîchissement capillaire! 

Quelques préparatifs s'imposent avant de se lancer dans l'aventure :

 

  • Repérer un barbier  : la ville grouille, il y a des coiffeurs à chaque coin de rue mais je veux un barbier un vrai ! Alors je cherche, je fouille et internet m'aide je l'avoue, car la capitale est grande et surtout je n'ai pas le temps de prendre un rendezvous, donc pas de grosses boutiques bondées !

Et là j’ai trouvé un barbier seul dans son petit salon dans le recoin d'une rue bondée non loin de mon hôtel ! Parfait ! 

 

  • En poche une photo de moi les cheveux fraîchement coupés pour pouvoir montrer ce que je veux “grosso modo”. 

 

  • Une prière pour mes cheveux ou l'achat potentiel d'un bonnet pour le retour dans l'hiver français. (nb : on est le 1er décembre à Taïwan  où il fait plus de 20 degrés malgré la pluie ) 

M'y voilà ! 

Je pousse la porte, pointe du doigt ma crinière pour savoir s’ il veut bien les tailler !

Hochement de la tête, il finit la coupe du client installé et ça sera à moi ! J'attends sagement dehors. Et oui le salon est minuscule. 

1 siège 1 miroir 1 barbier 1 client ! 

Le prix est affiché à l'extérieur 400 dollars Taïwanais ce qui équivaut à 11,50 euros. 

Mon tour arrive ! Une pointe d'impatience et d'appréhension. 2 mots et quelques gestes plus tard et c'est parti ! Il y a toujours une petite crainte au premier coup de sabot. Je  vois qu'il coupe bien court, plus court que ce que j'ai l'habitude de faire mais mes cheveux repoussent si vite que je ne m'inquiète pas. 

20 bonnes minutes suffisent à tailler tout ça ! Mon coiffeur du jour est sympa, souriant et attentionné mais je vous dirais que c'est à l'image de tous les Taïwanais que j'ai pu croiser. 

Et voilà le résultat ! 

Un dernier bol de nouilles et je suis maintenant prête à rentrer au pays ! 

Voici les coordonnées et la page Instagram de mon barbier dont j'ignore même le prénom ! N'hésitez pas à y faire un détour lors d'un passage à Taipei ! (je peux vous fournir l'adresse des nouilles aussi ;-).) 

Easonhot10

No. 144, Section 1, Zhonghua Road, Wanhua District, Taipei City, Taïwan 108

Instagram

Texte et photos: Serena ( Envoyée spéciale LFACC )

Suivez la sur Instagram @deambulateur

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Over the World

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Publié le 22 Décembre 2018

Photo: Marie Corcelle

Photo: Marie Corcelle

Il faut étourdir l'esprit, le nourrir sans cesse de choses nouvelles, pour qu'il ne vagabonde pas, ne s'évade pas, ne finisse pas, encore, en ces terres inconnues, ce no man's land que les autres ignorent, tant ils ont de certitudes... L'Androgyne a de ces mélancolies, qui l'entrainent parfois aux marches de la folie, ce sentiment qui avant d'être une fierté est souvent une détresse, celui d'être, si loin, si haut que le vertige lui fait peur. Alors il lui arrive de se recroqueviller, de mettre en boule ce corps étrange dans on l'a affublé, pour ne voir que son intérieur et dans cette intimité se réconcilier avec lui même.

Ses cheveux courts n'en font pas un garçon et ce trait de liner qui souligne son regard n'en fait pas une fille, mais les deux sont un tour de force, abolissant le genre et détruisant les amarres... Tu n'imagines pas la force qu'il faut pour voyager ainsi, loin des routes fréquentées. Il faut savoir se perdre, refaire le chemin, revenir, repartir et ne jamais renoncer...

Ainsi, dans ces instants de mélancolie, l'Androgyne me rappelle un héros de Flaubert et ces mots nous reviennent...

"Il voyagea.

Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.

Il revint."

 

Citation: Gustave Flaubert - L'éducation sentimentale - 1869

Photo: Marie Corcelle - Autoportrait

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 20 Décembre 2018

Parce que, finalement, certaines femmes aux cheveux courts ne désirent rien d'autre que ça...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Décembre 2018

Mon Noël à moi

Il y a des chances que personne ne s'en souvienne, mais j'ai écrit, il y a 5 ans, un article à propos de la série US  "Strike Back",  où je me plaignais du manque de crédibilité des actrices dans les rôles de femmes d'action. Eh bien je découvre ce matin que la série en question a poursuivi son chemin, dans le même esprit, pétaradant et explosif, avec un casting totalement différent, incluant la LC ( Lance Corporal ) Gracie Novin, interprétée par la très tonique Alin Sumarwata. Et là je dis: Yes!

Bon et c'est pas uniquement parce que l'héroïne a les cheveux courts. Dans ce domaine je serais plutôt sensible à l'attitude et à la gestuelle tout autant qu'à l'esprit et à la technique. Alors je suis heureux de voir des femmes d'action que les producteurs ne cherchent pas à sexualiser, préférant les personnages "badass" aux poupées Barbie 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 18 Décembre 2018

Photo: Pauline Théon ( recadrée )

Photo: Pauline Théon ( recadrée )

C'est étrange, ce sentiment de ne pas être de cette planète, de venir d'ailleurs, d'un monde différent... Voir le regard des gens qui ne te comprennent pas. A force, on finit par se méfier de tout. Il n' ya pas de peur, non. Mais petit à petit, la certitude que de toute façon personne ne peut comprendre, alors on se désintéresse, pour se mettre à l'abri et on rumine sa colère...

Mais arrive un moment ou la pression est trop forte. Il faut laisser s'échapper l'humeur et les émotions. Et si on ne peut pas le dire aux autres, on peut leur montrer à quel point on est à la fois fort.e et fragile. Il faut être radical.e. Il faut trancher. Ça parait sacrificiel parfois, mais ça ne l'est pas. C'est plutôt une libération de raser ses cheveux. Ça peut être jouissif aussi. La rupture est totale, avec le passé, avec les idées noires, avec les normes sociales. Cette tête rasée, éphémère et salutaire, appelle l'attention pour expliquer que, oui on souffre, parfois, mais aussi que l'on est bien plus forte que ce que chacun a pu imaginer, qu'on est différent.e. Ça n'explique rien, mais ça fait du bien.

Et puis le coup, qu'on a cru de folie, n'est plus si éphémère que cela, parce qu'à lui seul il a révélé tant de choses, qu'elle y revient, lentement mais régulièrement, retrouvant son excitation à chaque passage de la tondeuse, ce sentiment que cette différence est sa force finalement, dispensant de toute explication.

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 16 Décembre 2018

Photo: Beli Klein

Photo: Beli Klein

On peut dire tout ce qu'on veut, qu'il y a bien des sujets plus importants par exemple. C'est vrai! N'empêche que l'injustice, qu'elle soit petite ou grande, ça reste un sujet toujours crucial. Le problème, quand on est une femme, c'est que les injustices... elles s'accumulent un tout p'tit peu trop!

Mais prenons un exemple... le coiffeur tiens, au hasard! Si vous êtes une femme aux cheveux courts et que vous allez, bras dessus, bras dessous, avec votre compagnon, chez le coiffeur, à la fin de l'opération il vous en coûtera, en moyenne, 60% de plus que lui. Pourquoi? Et bien parce que vous êtes une femme précisément ! Enfin on vous le présentera avec un peu plus de subtilité, disant que votre nature de cheveux est différente, que cela réclame un soin plus attentif, que la coupe est plus "technique", on va vous facturer le shampooing au prix du litre... enfin on va vous enfumer quoi! Et si vous vous rebellez devant autant de mauvaise foi, vous pouvez envisager tout de suite de changer de coiffeur à chaque coupe.

L'alternative la plus efficace, serait de ne fréquenter que les salons ou les tarifs H/F ne sont pas différents. Cela s'appelle un salon pour hommes. Seulement voilà, certains des ces clubs restent extrêmement fermés, en particulier aux femmes, eussent-elles les cheveux aussi courts que leurs clients habituels. Réclamant le droit d'être "entre eux" ces hommes là tentent de reconquérir une virilité, un peu mise à mal ( mâle? ) depuis quelques années. Soit! En attendant, ils ne savent pas ce qu'ils perdent...

Heureusement et parce qu'il n'y a pas de petits combats en matière d'inégalité, la pression se fait de plus en plus forte sur les salons qui pratiqueraient abusivement des tarifs différents pour une coupe, selon qu'elle serait réalisée sur une femme ou sur un homme. Des associations de consommateurs/trices pointent du doigts les mauvais élèves et une pétition circule également pour alerter la ministre déléguée concernée.

Bien des solutions existent, le tarif à l'heure par exemple, qui sans discrimination, considère le temps passé plutôt que le genre de la clientèle. Envisager un tarif "cheveux longs" et un autre "cheveux courts" pour justifier un tarif différent... Bref!

Si pas mal ont fini par trouver le ou la bon.ne professionnel.le avec qui elles ont tissé un lien amical, il faudrait pas oublier que des milliers de femmes aux cheveux courts attendent encore qu'on arrête de les prendre pour des pigeons.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Décembre 2018

Globe-trotter, un portrait de Serena

Ça fait longtemps qu'elle a la bougeotte. Petite, elle passait ses vacances d'été dans le sud de l'Espagne, ou en Corse ou bien en Grande Bretagne, partout où elle a des attaches familiales. Au collège puis au lycée, elle choisit différentes matières en fonction des voyages proposés: le latin pour partir en Italie, l'anglais pour l'Angleterre et l'Ecosse, une section américaine pour voir les Etats Unis... Il en faudrait moins pour chopper le virus et depuis Serena trotte à travers le globe.

Globe-trotter, un portrait de SerenaGlobe-trotter, un portrait de Serena

Elle est devenue femme aux cheveux courts quand elle avait 15 ans. Cet été là, à Valencia en Espagne, elle pousse la porte du barbier en bas de chez sa tante et sans trembler demande que l'on coupe ses cheveux bien courts. Ses parents ne la découvriront ainsi qu'à la fin des vacances. Comme tout semble bien planifié, cela tombe dans cette transition entre collège et lycée, où elle ne connait personne...

Comme beaucoup de jeunes femmes qui aiment bien avoir les cheveux courts et bien taillés, elle va tenter de convaincre plusieurs salon pour hommes à Bordeaux, de lui couper les cheveux au tarif masculin. En vain. Elle retrouve fréquemment son barbier de Valencia et puis un jour, en voyage en Thaïlande, elle s'arrête devant la boutique d'un coiffeur pour homme. Elle reste un instant à observer son travail et puis... prenant son courage à deux mains, elle entre et demande si elle peut attendre son tour. 

L'expérience est concluante et depuis ce jour, elle garde toujours un œil attentif sur les boutiques de barber dans les pays qu'elle visite. Ainsi, c'est le plus souvent son emploi du temps qui l'empêche de s'arrêter à chaque fois pour une coupe "locale".

Vous l'avez compris, il FALLAIT que Serena devienne LA grande reporter de LFACC, rédac' chef de la rubrique "Over the world" pour faire découvrir au gré de ses destinations, les barbershops qui n'ont pas peur des femmes aux cheveux courts. Comme elle l'a fait récemment au cours de son périple entre Singapour et Taïwan, profitant de sa dernière soirée à Taïpé, pour un coup de tondeuse avant de rentrer en France... Mais c'est elle qui le racontera.

Stay tuned folks

Globe-trotter, un portrait de SerenaGlobe-trotter, un portrait de SerenaGlobe-trotter, un portrait de Serena

Serena sur Instagram: @deambulateur

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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