Publié le 29 Juin 2018

Photo: ©jeaneg

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Des fois je me prend pour un photographe. J'emmène mon modèle boire un verre, partager un repas, en ville, dans un endroit sympa. On discute, on se raconte... De temps en temps l'appareil déclenche. Des fois je dirige un peu, comme ci, ou comme ça, non! Ne souris pas, regarde plutôt par là, tout ça... Mais j'ai l'impression que l'essentiel n'est pas là.

Michelle est un joli modèle. On s'est donné rendez vous parce que la veille elle est allé chez son coiffeur, un "rebeu" du côté de la gare. Elle a jamais eu les cheveux aussi courts. Elle adore, moi aussi. Ce qui m'intéresse c'est son visage, sa tête, son intérieur qui se conjugue avec cette coupe de cheveux qui la rend différente. Elle est grande, mince. Elle fait du sport, ça se voit. J'écoute sa voix grave. Son coiffeur la drague, ce con. Peut être qu'elle n'ira plus le voir, il est trop "lourd" finalement. Pourtant c'est bien pratique, pas cher et efficace. Si elle pouvait elle irait les faire raser chaque semaine, mais elle est raisonnable... Enfin...

Elle aime bien passer la main sur sa nuque, aujourd'hui encore les cheveux rasés râpent un peu la pulpe des doigts. Dans une semaine ce sera différent, plus doux, plus souple.

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On parle de son prénom, un peu suranné. Aujourd'hui elle l'aime bien ce prénom, une phonétique sans genre, c'est cool.

Avec elle pas d'artifices, pas de fioritures, une chaine discrète, une bague en or qui l'est toute autant. Une montre de "runner" et sur ses longs bras, l'encre du tatouage rappelle ce que nous devrions tous garder à l'esprit. "Rappelle toi que tu vas mourir" Memento mori, comme ces généraux romains entrant victorieux dans Rome à qui un esclave, à son oreille, soufflait ces mots... Il y a de ce sang là en elle.

Elle passe une main dans ses cheveux. Son sourire creuse deux fossettes au bas de ses joues. Elle parle de sa famille, de ses envies, de sa vie.

De dos à présent, pour voir cette nuque encore un peu blanche, fraîchement rasée par le double zéro de la tondeuse. Stylée, une coupe pour l'été brûlant du Sud. Nature...

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Instagram @majest-crea

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 28 Juin 2018

Une fille comme lui, un garçon comme elle

Certains en éprouvent un trouble, y sentent une gène, cette peur de ne pas pouvoir définir les choses comme ils le font pour tout. Certaines en souffrent, enfermées dans les préjugés, ou prisonnières de leur corps et puis d'autres en jouissent, comme on jouit de la vie, avec assez de force pour accepter ce qui est et du courage pour accomplir leurs envies. 

Ainsi, il ou elle n'a plus vraiment de sens et deviennent des pronoms désuets, mais le monde est en retard qui ne sait pas encore dire autrement, alors c'est compliqué car l'essentiel est ailleurs. Et puis toutes n'ont pas cette dichotomie. Elles sont elles, mais aiment bien qu'on se trompent et même des fois elles font tout pour ça. Le jeu est excitant lorsqu'on est assez fort pour le jouer. D'un passage chez le coiffeur elle touche à la virilité, mais s'en gardent bien, d'une couleur ou d'une touche délicate qui leur rend leur féminité, tempes rasées et mèche blonde. Seuls les esprits rustiques tomberont dans le piège et finiront par haïr cette femme qui ne cherche même pas à le séduire, comme un affront qu'on lui fait. Les autres, je crois, aimeront cette fierté et se laisseront subjuguer par cette nuque rasée qui ne définit plus, ni la fille ni le garçon. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 25 Juin 2018

Photo: Benthe de Vries

Photo: Benthe de Vries

La tentation est souvent forte lorsque l'été arrive, de faire une de ces choses qu'on ose jamais faire le reste de l'année... Parce que l'été c'est les vacances, c'est le beau temps et la chaleur, parce qu'on est loin des autres, ceux que l'on croise dans la grisaille quotidienne... On s'habille peu, on laisse le peau se tanner, se dorer et on se dit que c'est le moment ou jamais pour tondre ses cheveux, à la manière de ces mannequins qui, de plus en plus, remplissent les pages de magazine. Parce que cette idée là, ça fait un moment qu'elle trotte dans la tête, juste "pour voir" à la façon d'une "Bucket list", ces choses qu'on veut faire absolument avant de mourir. Pas besoin d'être trop sophistiqué, après tout, c'est les vacances, pas de coiffeur, juste la tondeuse et vous... et hop! A l'heure de la sieste, sans que personne ne s'y attende, après avoir changé trois fois de sabot, on a finit par adopter la bonne longueur, quelques millimètres partout, une "boule à zéro" qui n'en est pas vraiment une, une jolie petite tête où il reste encore quelques traces de la décoloration, qui se mélange à la couleur originale et donne l'effet d'un pelage d'animal sauvage. 

C'est rapide, presque trop! On aurait aimé que cela dure plus longtemps, tellement c'était excitant, ce sentiment de transgression, l'impression de faire une bêtise au nez et à la barbe des autres... Et puis c'est doux, c'est net, c'est.... différent et absolument stupéfiant. Le premier plongeon ou la douche qui ruisselle sur cette nouvelle tête achèvera le plein de sensations étranges, presque jouissives...

L'été, on fait toujours bien de ne faire que ce qui nous plait. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 24 Juin 2018

Camarades!

On a tous, quelque part, une envie de Révolution, de tempête qui bouleverserait le monde pour le rendre plus humain, plus doux, plus accessible à des sentiments mal définis... 

Par la magie d'une photo, en noir et blanc, bien contrastée, que le hasard peut être a orchestrée, il arrive qu'on se retrouve, comme Marie, dans une atmosphère du siècle passé qui rappellerai les grandes épopées de l'Humanité. La casquette à la Lénine, la cigarette à la Camus, la peau bronzée à la Kerouac... Une bouteille de mauvais scotch, un téléphone hors d'âge, quelques photos épinglées qui rappellent les camarades.

Et Marie devient un héros d'une époque où les hommes qui avaient été des enfants sages ont refait le monde. Elle a les tempes bien rasées et les cheveux brossés en arrière, comme tous les garçons de ce temps là, la cigarette qui se consume dans les doigts qui jaunissent et la lèvre boudeuse qui rumine ses mots.

Prolétaires de tous les pays...

Photo: Marie Corcelle

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 21 Juin 2018

Photo: Margaux Gayet

Photo: Margaux Gayet

Tu vas ta vie, sans soucis, sous le regard des gens simples qui se demandent toujours où te mettre. Les jours de relâche, un vieux t-shirt et un jean troué font ton costume, une casquette de baseball vissée sur ton crâne et quelques accessoires que tu ne lâches pas souvent. Ainsi tu vas ta vie de petit mec. Parfois tu joues à la fille, avec de beaux habits, des robes et le visage maquillé. Tu aimes bien te glisser dans ce rôle de femme androgyne, même si là encore les gens simples te cherchent sans savoir plus...

C'est la nature qui t'a donné ce corps mi-fille, mi-raisin avec lequel tu peux être qui tu veux, même si ton cœur en pince pour le raisin. Parce que c'est comme ça depuis toujours et que les garçons ont les cheveux courts, tu aimes bien couper les tiens et les garder juste ce qu'il faut pour jouer le jeu. Parfois plus courts, parfois un peu long, pour accentuer ton masculin. Mais personne ne s'y trompe, p'tit mec! 

 

Modèle: Chloé Lobre

 

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 19 Juin 2018

Photo: Luo Yang

Photo: Luo Yang

Dans son exploration de la féminité réinventée par la femme chinoise, la photographe Luo Yang s'est arrêtée sur ce couple. Au-delà de la rébellion, qui par de nombreux moyens, cherchent à briser le carcan de cette image patriarcale de la femme, il n'y a pas seulement un militantisme, assez répandu finalement, dans la tonte de ses cheveux. Cela prend une dimension nouvelle lorsque la femme s'en remet à une autre personne pour le faire et encore davantage si le niveau d'intimité avec cette personne leur permet d'être nus, l'un et l'autre. 

Il y a soudain une sensualité, étrange et fascinante autour de ce couple. Et paradoxalement cela revêt la même tonalité érotique que ces vieilles estampes qui montraient la femme se faisant coiffer, une longue chevelure noire lissée par le peigne que tenait son amant... Ici pourtant c'est l'inverse, totalement et ce corps nu cherche à l'être davantage. Mais les peaux se frôlent, les mains se touchent et personne ne peut être insensible à ces caresses attentives sur le crâne rond, sur la nuque, lorsque la paume vient à la suite des lames de la tondeuse, mesurer l'ouvrage ou chasser quelques miettes de cheveux restées là.

Elle s'en remet à lui, pose les mains sur son sexe, qui frémit peut être, ils érotisent l'instant comme s'il s'agissait de préliminaires. Il peaufine l'étendard qu'elle va porter, montrant sa tête nue et féminine au-delà de l'image elle devient entre ses mains, la quintessence même de la féminité.

 

Photos: Luo Yang

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 18 Juin 2018

Photo: Paolo Hummel / Azur Cosplay Photography

Photo: Paolo Hummel / Azur Cosplay Photography

Moi, quand on m'annonce que mon héroïne préférée revient sur les écrans, je ne boude pas mon plaisir. Et même si je ne sais pas encore vraiment si cette version va me plaire... Parce qu'on en est déjà à la troisième. Ah ben oui quand même! Ceci dit, les goûts et les couleurs, c'est bien connu, ça ne se discute pas. Personnellement j'ai un faible pour la toute première incarnation du personnage, joué par Noomi Rapace. Rapace, badass, ça rime en plus. Et c'est bien ça qui me séduit. 

Les américains, comme toujours ont cru bon de faire la même chose à leur sauce avec une starlette "déguisée" en bad girl et franchement, j'ai pas été convaincu du tout par Rooney Mara dans ce rôle. Trop fragile. Le cuir et les piercings ne font pas tout...

Et voici à présent Claire Foy. La reine de la série  "The Crown" a coupé ses cheveux à coup de sécateur, n'en fait pas trop coté chaines et clous, en vraie guerrière qui sait combien ça peut être douloureux dans un corps à corps, et a troqué la Honda contre une MV Agusta terriblement plus agressive.

Alors du coup je me dis que ça pourrait être pas mal et j'ai hâte de voir ça cet automne

"Ce qui ne me tue pas" Bande annonce officielle

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Juin 2018

Fifty fifty

On a parfois besoin de compromis, des envies et des peurs d'avoir des regrets en même temps... Une chose est sûre, couper ses cheveux est une démarche qui n'est jamais anodine. Encore plus si la coupe envisagée est radicale. C'est une page qu'on tourne, une vie qu'on achève pour entamer quelque chose de nouveau, une découverte ou une révélation de soi même. Tout raser? Oui mais ça veut dire même plus une mèche pour se cacher un peu, certains jours? Ben oui! Le beurre et l'argent du beurre quoi. Et pourquoi pas?

Depuis toujours la féminité se ré-invente, picorant dans les apparences, des pièces qu'on a longtemps crues réservées. Aujourd'hui on joue beaucoup avec les dégradés bien fondus, le "fade". Alors pourquoi pas? Une demi-mesure en quelque sorte 

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Juin 2018

De toutes tes forces

Combien de tempêtes a-t-il fallu pour délaver ce regard, combien d'orages et de tourments? L'encre sur ses doigts n'est plus celle de l'écolière, son enfance est parti, ses boucles blondes aussi, avec son innocence. Pourtant le soleil se lève et chaque fois à travers son miroir, lorsqu'elle souligne de noir ses yeux clairs et qu'elle coiffe ses cheveux courts, elle refait un peu le chemin en arrière. Mais ce ne sont pas les heures sombres qu'elle retrouve. Au contraire, c'est le courage qu'il lui fallu pour chasser le malheur et retrouver la mer calme. 

Bien sûr sa colère et ses doutes ne la quittent pas, mais l'espoir et la lumière éclairent son visage et la blondeur revient même si elle coupe toujours ses cheveux et parfois plus courts encore, parce que ça donne du courage et de l'orgueil.

La vie sait bien y faire, qui efface la douleur à qui lui fait confiance et va jusque au bout...

 

Photo: Jamil Hammadi

Modèle: Suzanne Rivère

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 9 Juin 2018

Photo: Jane Fonda dans Klute

Photo: Jane Fonda dans Klute

Evidemment, quand ça existe déjà, à chaque fois on pense que ça existe depuis toujours... En réalité, c'est Jane Fonda ou plutôt son coiffeur du moment qui a "inventé" ce style "shag" devenu célèbre avec son rôle dans le film Klute de Alan J. Pakula en 1971. Shag est le diminutif ( jeu de mot ) du mot shaggy qui signifie hirsute, en bataille. Du jamais vu à l'époque, court dessus, plus long sur les côtés et derrière, le contre-pied total.

Là où c'est intéressant, c'est lorsque Jane Fonda elle même raconte les conséquences que cela a eut:

"I had just finished filming The She speaks of the experience: Shoot Horses, Don’t They? in New York when I made my way to Vadim’s hair stylist in the Village, Paul McGregor. Hair had ruled me for many years. Perhaps I used it to hide behind. The men in my life liked it long and blond, and I had been a blonde for so long that I didn’t even know what my own color actually was. I simply said to Paul McGregor, ‘Do something’ and he did. It was the haircut that became famous in Klute, the shag, and he dyed my hair darker, like what it really was. I didn’t look as if I were trying to imitate Vadim’s other wives anymore [he had been married twice before, to blond bombshells Brigitte Bardotand Annette Vadim]. I looked like me! I knew right away that I could do life differently with this hair. Vadim sensed immediately that my cutting my hair was the first volley in my move for independence, though he did little more than grumble about it.”  

Ce qui veut dire en substance: "... les cheveux ont gouvernés ma vie durant des années. Peut être même que je me cachais derrière. Les hommes dans ma vie les ont toujours aimés longs et blond et j'avais été blonde depuis si longtemps que je ne souvenais même pas de leur couleur naturelle. J'au juste dit à Paul McGregor ( le coiffeur ) " fais quelque chose " et il l'a fait. C'était la coupe de cheveux qui est devenue célèbre dans Klute, le shag... Je n'avais plus l'air d'imiter les autres femmes de Vadim ( son mari )  - il avait été marié 2 fois auparavant, à des bombes blondes comme Brigitte Bardot et Anette Vadim - Je ressemblais à moi même! J'ai tout de suite su que je pourrais faire ma vie avec cette coupe. Vadim l'a senti aussi, immédiatement, que cette coupe de cheveux était la première étape vers mon indépendance, mais il n'a fait que grogner à ce sujet..."  

Et de l'indépendance, à partir de là, on peut dire que Jane Fonda en a eut

Shaggy

Depuis le style est resté, remis à l'honneur avec le top Freja Beha Erichsen 

Le "shag", une sorte de conquête de l'indépendance... mine de rien.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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