Publié le 30 Avril 2011

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 ... Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

... Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:

- S'il te plaît... apprivoise-moi ! dit-il. (...)

 

... Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche:

- Ah! dit le renard... Je pleurerai.

- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien sûr, dit le renard.

- Alors tu n'y gagnes rien !

- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret. (...)

Et il revint vers le renard:

- Adieu, dit-il...

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.


Antoine de Saint Exupéry - Le petit Prince- chapitre 21- Extrait

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 30 Avril 2011

mereth-hopland-pour-vogue.jpgParfois le doute m'étreint... L'autre jour j'ai croisé ma factrice. Enfin celle de mon ancien quartier. Je ne l'avais pas vue depuis longtemps et j'ai été surpris de voir qu'elle avait à présent les cheveux longs. Je l'avais connue plus conquérante, les cheveux courts, l'allure déterminée et je la retrouvais coulée dans le moule comme un clone des jeunes femmes de son époque. Sa coiffure qui n'en était pas une tentait de composer entre nécessité de service et désir de "féminisation", si bien que le spectacle était celui d'une sorte de queue de cheval retenue en chignon, négligemment, si bien que des mèches un peu hirsutes partaient dans tous les sens. Et lorsque je m'enquérais de ses nouvelles je ne pu m'empêcher de lui faire remarquer comme les cheveux courts lui allaient bien, dans le temps. La réponse fut fatale. Elle avait rencontré un homme et pour lui faire plaisir avait retrouvé ses cheveux longs, qu'elle était obligée d'attacher pour le travail... C'était donc ça... J'aurais pu comprendre une envie de changement, un désir de nouveauté, une expérience, qui immanquablement l'auraient conduite, tôt ou tard, à retrouver son allure de femme aux cheveux courts, juste par bon sens. Mais non, c'était pour satisfaire le mâle. Elle avait renoncé à être elle même, juste pour devenir l'image qui plaisait à son homme qui lui même devait avoir assez peu d'imagination pour ne pas voir à travers la femme qu'il aimait une personne, mais seulement un faire valoir. Consterné, au bord du suicide, je passais mon chemin en maudissant mes contemporains qui chaque jour me donnaient le sentiment d'appartenir à une autre planète...

Model: Mereth Hopland pour Vogue

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Avril 2011

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Depuis le temps, nous avions mis en oeuvre tout Hemingway et entre "Pour qui sonne le glas" et "Jardin d'Eden" Laora et moi ne manquions jamais de nous accompagner mutuellement chaque fois que l'un ou l'autre éprouvait le besoin de faire tailler ses cheveux. Parfois même Frida était des nôtres, mais il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre que cette situation l'exaspérait.

Ma Psy " - Che de zig- nale doute même que l'idalienne, z'est moi qui de l'ai brézendée.

Moi - J'en conviens mais tu ne voudrais quand même pas faire valoir un droit de cuissage non?

Ma Psy - Was kuizache?... Che n'y beux rien, barvois che zuis malheureuze....Et beud'êdre même chalouze..."

J'ai toujours eu du mal, j'avoue, à trouver des petits noms affectueux dans mes rapports avec la prussienne. Mon cabri du Tyrol, mon poussin de la Ruhr, ma belette de la Forêt Noire, franchement je sentais trop que cela sonnait faux... D'autant que dans mon esprit je l'assimilais davantage à une femelle VoPo, la petite fille de Goebbels ou l'enfant naturelle de Karl Marx. Cependant mon affection pour elle était évidente et la sentir malheureuse ternissait mon bonheur. Je la comprenais d'autant mieux que si elle me remplaçait dans le coeur de la vénitienne je ressentirais la même douleur. Le trio semblait inéluctable.

Laora " - Ma che causa? Et perche jé dévrais choisir la Frida ou tuo? Jé vous aimé les due tout pareil." L'italienne quant à elle avait tranché.

L'avenir paraissait incertain pourtant. Allions nous devoir nous partager le temps et l'espace, un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires comme dirait un juge des affaires familiales? Ou devions nous réinventer la vie conjugale? Frida en bonne thérapeute de l'ego recommanda que personne n'envisage de s'installer chez l'autre, pour le moment...

Model: Agyness Deyn

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 27 Avril 2011

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Comme le matin clair inondait la chambre d'une lumière pâle, elle se retourna, fuyant le jour. Son corps roula sur le drap de coton blanc froissé et la tête enfouie dans le creux de son coude, sa main vint reposer sur les cheveux courts de sa nuque... Dans ce contre-jour le satin de sa peau semblait duveteux comme la peau d'un fruit d'été et les monts et les vallées de ce paysage charnel étaient émouvants.

Les doigts fins, irrésistiblement, comme autant de tentacules, se glissèrent à travers les mèches de cheveux, exposant à la lumière le châtain boisé et provocant des reflets d'ambre et de caramel. Puis, encore plus doucement, la pulpe de ses doigts vint caresser la fourrure de sa nuque où les cheveux tondus avaient le soyeux d'un pelage.

Dans ce petit matin douillet un frisson, long et lent, parcouru son corps et la peau s'hérissa sur ses épaules et ses bras. Son bassin ondula faisant glisser le drap et un soupir langoureux accompagna sa fantasmagorie. Elle rêvait.

Photo: Tara.noelle

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 26 Avril 2011

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Les beaux jours reviennent, les tenues se font plus légères, finies écharpes et bonnets. Petit à petit, les rues retrouvent les flâneurs et les flâneuses qui me ravissent. Comme beaucoup j'aime me poser et regarder les gens autour de moi. Les jolies femmes ne manquent pas par ici et je pense souvent à ce que me disait Vivianne, la fée aux longs cheveux bouclés, il y a une dizaine d'années " L'avantage que l'on a c'est que pour nous l'objet du désir est tout à fait visible..." C'est tellement vrai. Là où mes congénères doivent faire des efforts d'imagination pour deviner la courbe d'un sein ou la rondeur d'une fesse il me suffit à moi de poser le regard sur une nuque bien taillée ou la brillance d'une chevelure entretenue. J'y devine le passage récent ou non des ciseaux ou du rasoir qui ont ciselé l'implantation du cheveux au gré du relief cervical et j'admire sans retenue la pointe ou l'accolade, le double v ou le creux des tendons laissé nu. J'apprécie la netteté d'une coupe au carré ou le flou de quelques boucles qui captent le soleil. Je me rassasie de quelques pattes fines taillées en pointes ou effacées d'un coup de tondeuse, j'aime l'allure et le style, d'un simple coup d'oeil, à la terrasse de mon café préféré...

Elle est pas belle la vie?

Photo: Kelly Framel

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Publié le 25 Avril 2011

5489014024 99dd50a198 bDans ce moment d'intimité et après toutes ces années, Moïra finissait par se livrer un peu plus. Elle osait finalement parler de ses démons sans crainte de se rendre vulnérable à mes yeux. La confiance avait finit par sceller un pacte entre nous. 

Son retour d'Italie avait été brillamment fêté. Comme pour évacuer la fatigue nerveuse et les toxines d'adrénaline qui empoissonnaient son sang, elle s'était déchaînée dans le stupre, infatigable jusqu'à l'épuisement. 

J'étais éveillé depuis un moment et jouissais de cet instant, Moïra blottie contre mon torse. Je caressais presque distraitement ses cheveux sur la nuque, au rythme de sa respiration apaisée, comme pour accompagner ses rêves.

"Honey, tu sais pourquoi j'aime avoir les cheveux courts?" Sa voix un peu rauque me surpris. Je la croyais endormie...

" Ca me replonge dans mon enfance chez aunt Dorothy. Chez elle j'étais un petit mec tu sais. Mais à la fin, vers 15 ou 16 ans ça me faisait trembler de rage quand elle m'appelait depuis la cuisine pour que je vienne docilement me faire couper les cheveux. Je haïssais cette scène où je la voyais m'attendre au pied de la chaise, le bout de drap à la main, ciseaux et tondeuse sur la table... Je mettais mon poing dans ma poche et je la laissais me tondre comme un garçon, sans pleurer." Je retenais presque mon souffle tellement je devinais son besoin de confession. Je ne l'interrompais pas

" Presque 10 ans plus tard, j'avais les cheveux bien longs tu peux me croire. Et puis, le jour où j'ai accompli mon premier contrat, je me sentais dans un tel état d'excitation... C'était presque normal, pendant des années on m'a conditionnée pour ce job. Pas de honte ou de scrupules. Aucun remord, que des réaction physiques. Je me suis mise à penser à mon enfance chez Dorothy et j'ai eu envie de conjurer ces moments d'humiliation. Cette fois c'était moi qui décidais. J'ai choisi un coiffeur pour homme et j'ai demandé qu'il me coiffe comme un garçon....Et j'ai joui. Mais vraiment, j'ai joui sur le fauteuil pendant qu'il me tondait la nuque. Je pensais à Dorothy, mais aussi à ce contrat, mon doigt sur la détente, le coup qui part comme une explosion et dans la lunette ce gros porc dont la tête éclate... En sortant de chez le coiffeur je me suis dit que j'étais folle... Pourtant depuis j'ai toujours besoin de ça pour jouir pleinement. Mais peut être que je "guéri" avec toi...

- C'est vrai... 

- Mais je vais quand même aller me faire couper les cheveux ce matin... J'ai repéré une petite coiffeuse tout à fait délicieuse sur le boulevard..."

Photo: Lockenconny

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Avril 2011

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"Une histoire qui s'achève est toujours la promesse d'une autre à venir."... Et pourquoi donc avait elle cette idée dans la tête. Qui avait bien pu énoncer une pareille sornette. Et si elle n'en avait pas envie, elle, d'une autre histoire? Est ce que quelqu'un s'était posé cette question? Fallait il donc qu'elle soit dans une "histoire" pour que son entourage soit rassuré? Est ce qu'elle n'avait pas le droit d'être triste et en colère au point de refuser de croire à toutes les promesses? Elle avait mieux à faire à présent, qu'à jouer dans ce jeu de dupes où l'on finit toujours par pleurer finalement. Elle lui en voulait de ne pas avoir su la comprendre, mais après tout, peut être qu'il fallait avoir le coeur en lambeaux pour devenir plus lucide. La plaie allait guérir, les morceaux se recoller les uns aux autres et devenir moins fragiles... Elle en voulait à elle surtout, d'avoir pu croire que tout était scellé et immuable. Du coup elle se sentait stupide de tant de naïveté. La leçon avait le mérite de la faire grandir. Tourner la page devenait le cap à suivre. Etre elle même quoi qu'il arrive et penser d'abord à elle... Egoïste? Peut être... L'envie d'aller chez le coiffeur était un bon début...

Photo: Honeyjazz

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Avril 2011

sybil rondeauOui je sais, il y a mieux pour un dimanche matin, de Pâques de surcroît, que de parler statistiques. Pourtant il y a un petit bouleversement dont il me faut vous entretenir. Jusqu'à présent le sondage des visiteurs montrait que les visiteuses étaient les plus nombreuses, oh à un ou deux près, si bien que la parité semblait presque parfaite si on répartissait les autres catégories à part égales dans les deux premières.

Et puis là, subitement et sans raison, il y a un afflux masculin inexpliqué. Bon je vais pas faire le bêcheur, ces nouveaux visiteurs sont les bienvenus. Mais je sais, un peu par expérience et puis parce que l'arsenal statistique permet de voir via quel site la fréquentation est la plus importante, que beaucoup parmi les mâles sont peu sensibles à la littérature ou à la musique. Si bien que, comme depuis quelques jours c'est un peu de ça que je me préoccupe, visites et pages vues sont en chute libre. J'ai jamais été très fort en maths, ( malgré une professeure dont j'étais amoureux en 6eme... ) mais forcément, comme les visiteurs masculins venant via d'autres sites et forums consacrés aux cheveux courts sont plus nombreux et que seules les images ( dommage, y a rien à colorier... ) sembles les intéresser, alors du coup les statistiques en pâtissent.

Bon, je dis ça, mais c'est juste parce que je me lève et qu'il pleut. Et puis comme d'habitude je suis d'une mauvaise foi de dentiste, parce que dans les faits rien n'a changé, les commentaires sont tous féminins ( à un près ) et je crois que c'est là l'essentiel. 

Et puis dans un éclair de lucidité je pourrais aussi avouer que je trouve peut être moins d'inspiration en ce moment, mais c'est comme ça, ça va, ça vient, et quand ça vient, ça va comme disait mon oncle le chanoine...

Photo: Sybil Rondeau, autoportrait.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 23 Avril 2011

lorena-nosic-decku-sam-suvozac-na-reli-utrkama-_313x444n_13.jpgJe me rappelle bien à présent avoir parlé il y a longtemps avec Laora de ce livre. Et soudain aujourd'hui, les circonstances nous ramenaient à cette littérature en nous plaçant dans les rôles du roman...

Depuis le temps, les cheveux de la belle lombarde avaient repoussés et malgré les efforts, de soins et de coiffure qu'elle s'inventait, il fallait bien avouer que certains matin elle avait une allure de "tête de loup", ces grandes brosses rondes qui fixées au bout d'une canne servaient à attraper les toiles d'araignée haut perchées.

Ce soir là, toute excitée elle me sauta au cou dès mon entrée, l'édition de poche du livre à la main.

Laora " - Hey darling! Tou dévines pas che j'ai lis, là tou dé souite?

Moi - Tu penses... J'ai tout de suite reconnu la couverture. Et voilà que ça t'excite à ce point là maintenant?

Laora - Ma, 'vidament che cé commé notre histoire no?

Moi - Euuuuuh... Oui enfin c'est tout relatif. J'ai jamais eu trop le sentiment d'être dans le maquis espagnol dans cet appartement...

Laora - Ma bien sour qué no, stupido! Ma cé passage dou livre, tou sais quand Jordan il dit à Maria commé séra après la guerre..."

Evidemment que je le connaissais ce passage. Je lui pris le livre et le tenant d'une main, l'autre caressant ses cheveux, je me mis à lire à voix haute:

"... J'ai réfléchi à tes cheveux, dit-il. Et à ce qu'on pourrait en faire. Tu vois, ils repoussent en ce moment sur toute la tête de la même longueur, comme la fourrure d'un animal; c'est agréable à toucher et j'aime beaucoup ça; ils sont jolis tes cheveux, ils s'applatissent sous la main et se relèvent comme les blés dans le vent.

- Passe ta main dessus."

Il le fit, puis laissa sa main ainsi posée et continua à parler contre la gorge de la jeune fille; il sentait sa propre gorge se gonfler. " Mais, à Madrid, nous pourrions aller ensemble  chez le coiffeur, et on te les couperait proprement sur les côtés et la nuque comme les miens; cela serait mieux pour la ville, en attendant qu'ils repoussent.

- Je serai comme toi" dit elle en le serrant contre elle. " Et je ne voudrai plus jamais changer... "

 

Extrait: "Pour qui sonne le glas" ( For Whom the Bell Tolls ) - E. Hemingway- 1940

Model: Lorena Nosic

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 22 Avril 2011

Y a des jours comme ça, où j'écoute un morceau en boucle et je n'arrive pas à m'en lasser... Sauf quand par un lien j'atterri sur un autre groupe et que j'accroche...

Le morceau qui fait la boucle chez moi c'est Rolling in the Deep d'Adèle. J'adoooooore! Et la suite c'est ça

rococo

Rococo. Vous comprendrez sans doute pourquoi ma curiosité a été piquée?

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Publié dans #Humeurs

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