Publié le 30 Septembre 2015

Cette fille là

Tu l'as vue un jour et son allure t'a intriguée. De loin tu ne savais pas, garçon efféminé, fille masculine. Tu l'as suivie du regard, son style te plaisait, contemporain, sans genre mais raffiné, intelligent, élégant. Lorsque tu l'as croisée, tu n'as pas résisté, tu t'es retourné. Elle avait les cheveux coupés si courts, sa nuque en était émouvante. Elle avait la silhouette d'un joli garçon, pourtant sa féminité ne te trompait pas. Etrangement. Tes doutes s'envolaient et cette révélation la rendait soudain désirable...

Dans son sillage, le parfum était masculin, bien sûr, c'était évident, quoi d'autre aurait pu si bien lui coller à la peau?

C'était irrésistible, cette façon qu'elle avait d'être garçon sans camoufler sa féminité. Elle ne jouait pas un rôle, elle ne travestissait pas son personnage et ce naturel troublant séduisait plus qu'il n'intriguait.

Tu étais là, fasciné, sans rien oser, comme si parler, l'aborder et chercher à la connaitre risquait de rompre un charme. Etrange. La merveilleuse androgyne s'est éloignée puis a disparue. Et toi, tu es resté sans bouger, sous le charme, comme un promeneur qui au fond de la forêt vient d'avoir la vision d'une biche et son faon, te sentant privilégié d'une rencontre avec cet humain magnifique...

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 29 Septembre 2015

L'une le fait, l'autre pas

Il y a jumelles et jumelles. Certaines sont très "fusionnelles", d'autres le sont moins et souvent cet attachement provoque des situations intéressantes, lorsque les deux se lancent dans une activité professionnelle qui les exposent médiatiquement...

Dans la mode, il y a les soeurs Bell et les soeurs Venturini. Les unes sont anglaises et les autres italiennes.

On le sait bien, la mode est un monde cruel dans lequel il faut savoir saisir les opportunités si l'on veut garder l'espoir de percer un jour.

Camilla et Giulia Venturini

Camilla et Giulia Venturini

Se démarquer, avoir l'allure différente, attirer l'attention... c'est quelques fois le pari gagnant. Prendre une tondeuse et se raser les cheveux, ça parait simple comme ça et on se dit que ça marche à tous les coups. Sauf que peu des jeunes filles de la mode osent ce pari.

Camilla et Giulia Venturini n'ont pas hésité elles. Déjà un peu "branchées" cheveux courts, c'est Camilla qui a franchi le pas la première, entrainant sa soeur et propulsant la paire sur le devant des podiums.

L'une le fait, l'autre pasL'une le fait, l'autre pas

Pour les soeurs Bell en revanche, c'est Ruth qui a tiré son épingle du jeu. Sans doute lasse d'être le clone de sa soeur et que les jumelles anglaises n'aient finalement guère plus de saveur que deux jeunes et jolies filles aux longs cheveux blonds, comme il y en a des milliers dans les agences de modèles, Ruth coupe radicalement ses cheveux, exprimant ainsi ce que tout le monde avait un peu deviné, un caractère plus "boyish" que sa soeur May

L'une le fait, l'autre pasL'une le fait, l'autre pas

Et la voilà elle aussi, propulsée dans tous les défilés de la Fashion Week, mais cette fois en solo.

Oh bien sûr, il ne faudrait pas croire que la célébrité et le succès dans ce domaine ne sont qu'une question de coupe de cheveux. Ni que ces jolie boules à zéro ne sont que des calculs marketing. Je crois que c'est au contraire l'expression d'un caractère affirmé, d'une volonté d'être soi même, malgré les codes de la profession. Et ce genre d'audace, ça paie toujours.

Who dares wins...

Ruth Bell par Heidi Sliman

Ruth Bell par Heidi Sliman

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 27 Septembre 2015

Satisfaction personnelle

Comment pourrait-elle faire comprendre aux autres, ce plaisir, ce sourire intérieur qui va finir par émerger sur son visage? Ces choses là ne peuvent pas s'expliquer. C'est impossible. Quand le monde entier, ou sa plus grande partie n'aspire qu'à se fondre dans des cadres bien étiquetés, alors que l'apparence voudrait définir chacun(e) dans son rôle, sans doute possible... Elle, elle sort de chez son coiffeur avec cette infinie satisfaction, ce plaisir insondable d'être parfaitement celle qu'elle veut être.

D'ailleurs il n'y a rien à expliquer. Il n'y a aucun militantisme, il n'y a pas de transgression. Elle se sent tellement féminine, elle l'est tout au fond d'elle même depuis toujours et lorsqu'un grincheux insinue qu'elle ressemble à un garçon à cause de ses cheveux trop courts, elle éclate de rire, parce qu'elle sait bien que ce n'est pas vrai, que ça ne peut pas l'être. C'est juste q'avec ses cheveux courts elle ne se confond plus avec les fantasmes plus ou moins obscures des esprits archaïques.

Et au delà de ces considérations elle ne pense qu'à elle, à son allure, à son image, celle qui lui remonte le moral, qui la rend invincible, à ces petits plaisirs, ces sensations uniques, son envie d'ébouriffer ses cheveux sans vraiment les décoiffer, cette douceur qui allonge sa nuque... enfin que des petites choses insignifiantes, pour lesquelles elle ne doit rien à personne.

Photo: Ariana London - portfolio

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 25 Septembre 2015

"Ma mère va me tuer"

Il y a parfois des confrontations que la jeune femme aux cheveux courts ne peut guère éviter...

Elle a beau avoir le caractère trempé, avoir depuis longtemps habitué ses proches à son style affirmé, elle ne parvient pas toujours à esquiver les remarques assassines d'une mère qui définitivement considère qu'elle a 12 ans, ad vitam aeternam.

Alors, quand l'envie d'une coupe encore plus courte que d'habitude nait dans son esprit, qu'elle ne résiste plus au plaisir de s'approprier cette coiffure qui depuis un moment trotte dans sa tête, il y a, en plus de toutes ses incertitudes, de ce petit stress qui lui noue l'estomac au moment de s'installer dans le fauteuil, il y a cette petite voix qui lui chuchote à l'oreille " ... ta mère va te tuer...". Et puis, au fur et à mesure que la tondeuse ratiboise consciencieusement sa chevelure, dégage ses oreilles et sa nuque comme jamais auparavant elles ne l'avaient été, toutes ses angoisses disparaissent, son estomac se dénoue lorsqu'elle se découvre telle qu'elle s'imaginait. Le stress est évanoui, il ne reste que la satisfaction d'être elle même, belle, rayonnante, sûre d'elle.

Et là, en quittant le salon, en caressant cette nouvelle nuque bien rasée, elle sourit et se dit à elle même, avec un certain fatalisme qui voudrait conjurer le sort : " Ma mère va me tuer!"

Photo: Jeaneg©

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 24 Septembre 2015

Une gorgée de café chaud

C'est un matin d'automne où l'air est envahi par l'odeur du café chaud et du pain grillé. Sur les marches, devant sa porte, elle s'est assise, serrant de ses deux mains la tasse fumante. Une silhouette fragile qui fait le dos rond, presque endormie encore quand la tiédeur de la nuit résiste à la fraîcheur du matin.

Sa blondeur désordonnée accroche la lumière et à cet instant, il savoure la douce incertitude, la délicieuse ambiguité que provoque cette vision androgyne.

Elle a depuis quelques jours cette coupe des enfants sages, cette allure de collégien studieux à la nuque proprement tondue qui cautionne la liberté du reste de sa chevelure. D'un geste familier elle glisse une main dans ses mèches blondes et s'ébouriffe sans soucis pour son image, certaine à cette heure matinale de ne pas être jugée. Encore une hésitation, puis elle ne résiste pas à la douceur des cheveux ras et caresse cette nuque déliée où se creuse un sillon délicat.

C'est parce qu'il la connait que cette vision où le genre est troublé le séduit. Il sourit et s'amuse d'imaginer qu'on puisse la voir comme un garçon, juste à cause de ses cheveux courts, alors que c'est une jolie androgyne, posée là, sur les marches de sa maison.

Photo: Jeaneg©

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 21 Septembre 2015

Question de confiance

On aimerait tellement ne jamais se tromper... Mais voilà, personne n'est infaillible et il arrive dans la vie d'une femme aux cheveux courts d'avoir à choisir un nouveau coiffeur et reconstruire avec elle ou lui un nouveau lien.

Nouvelle vie, nouvelle ville, autre ambiance. Une fois que l'essentiel est réglé, il reste ce qui n'est pas superflu, même si cela peut le paraître aux yeux de certain(e)s: Trouver dans un rayon kilométrique raisonnable, le salon de coiffure qui va pouvoir soigner cette image, ce style, cette allure qui fait tant de bien à l'amour propre.

C'est alors parfois que l'évidence fait un clin d'oeil, lorsque, en bas de l'immeuble, de l'autre côté du boulevard, là juste à deux pas, se trouve le petit salon de quartier qui a toute l'apparence d'un salon pour homme. Petite boutique proprette où un jeune homme aux bras colorés de tigres et de dragons semble vous attendre en tapotant sur l'accoudoir de faïence de son imposant fauteuil de barbier.

Alors il faut prendre un peu son courage à deux mains, c'est vrai. Mais avant il faut observer, de loin, mine de rien, voir les client(e)s et la tête qu'ils/elles ont en sortant de là et pourquoi pas entrer, juste pour regarder, évaluer la technique, ce coup de ciseaux précis, cette adresse à manipuler la tondeuse. Parce qu'après tout c'est cela qu'on aime. Tout est question d'ambiance et de feeling... Avant d'être réciproquement adoptée par ce nouveau coiffeur.

Photo: Elizma chez Blindbarber

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 19 Septembre 2015

Au delà du genre

Personne n'imagine le pouvoir de l'Androgyne, cette force qu'elle/lui même parfois ignore...

Certain(e)s croient être enfermé(e)s dans un corps qui ne leur appartient pas, avoir à jouer un jeu avec une mauvaise donne, sans couleur, sans atout...

Jusqu'au jour où le ciel paraît plus clair, une surprise comme lorsque la main trouve au fond d'une poche ce vieux ticket qu'on croyait improbable. De rencontres en découvertes, l'Ange trouve enfin sa chance au delà des genres, capable à la fois d'être fille et garçon sans renier l'une ou l'autre.

Alors son humeur l'embarque, libre de s'approprier tous les styles, tous les codes, elle/il peut oser le vêtement ou la coupe de cheveux qui excite son espiègle besoin de voir l'étonnement dans les regards qu'elle/il croise.

Mais il ne faut pas croire que toutes ces choses sont aussi simples. L'émotion parfois submerge l'Androgyne d'avoir autant d'audace, d'avoir laissé la tondeuse raser sa nuque, l'entraînant un peu plus dans l'ambiguité. Un instant seulement, durant lequel défilent des espoirs et des incertitudes... jusqu'au bonheur d'avoir sur les mortels, ce pouvoir d'être sans genre.

Photo: Jeaneghimself avec Krissmaëva

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 18 Septembre 2015

Photo: Emmanuelle Mann

Photo: Emmanuelle Mann

Vous vous rappelez, le Quartier Libre d'Isabela Gasser ? Une belle rencontre qui n'aurait pas été possible sans la complicité de Sophie.

Petit retour en arrière...

Cet été, Sophie, fan des Femmes aux Cheveux Courts, passe ses vacances au bord de la Méditerranée dans ma grande ville du Sud. Nous nous retrouvons, faisons connaissance, papotons comme j'aime souvent le faire quand j'ai la chance de rencontrer une lectrice. Ainsi j'apprend qu'elle est suisse, vient de Lausanne et qu'elle est déjà en deuxième année d'une formation de ... mécanicienne poids lourd. Et là, d'un seul coup, l'adorable petite blonde aux cheveux courts apparait sous un jour nouveau. Et puis, la discussion se poursuit et deuxième révélation, Sophie m'apprend que sa voisine à Lausanne, n'est autre que la fameuse Isabela et qu'elles sont amies.

Depuis...

Un portrait de Sophie

Les vacances terminées, Sophie est retournée sur les bords du Léman, a repris sa formation et retrouvée son amie et voisine qui très amicalement a bien voulu se raconter un peu sur ce blog.

Sophie, gentiment c'était effacée. Pourtant la jeune femme a bien des atouts à faire valoir pour apparaître, en bonne place, sur ces pages.

Evidemment elle a grandi comme un garçon, évidemment elle joue au foot depuis qu'elle a huit ans, évidemment qu'elle s'habillait comme un sac, plus jeune... Mais depuis, le "tomboy" s'est épanouie, comme un papillon sortant de sa chrysalide. Elle est devenue plus coquette, a affirmé son style, toujours un peu garçon dedans mais jeune femme dehors. Même avec les cheveux courts.

Un portrait de Sophie
Un portrait de Sophie

Si bien que cela semble incroyable de l'imaginer avec sa cote, les mains dans le cambouis, farfouiller la mécanique d'un camion. Le contraste est séduisant, pour moi qui aime les femmes aux cheveux courts, voyant en elles des conquérantes, pleines d'audace et capables, plus que d'autres, de briser les cadres et de ne rien céder dans une lutte légitime pour l'égalité.

Les cheveux courts de Sophie ne sont pas le vestige de son enfance de "tomboy". C'est une part entière de sa féminité. Son boulot, ses loisirs ne sont pas davantage ceux d'un garçon que ceux de n'importe qui décidé à aller au bout de ses envies et de ses passions, en toute authenticité. Et en cela je trouve que Sophie est extraordinaire.

Un portrait de Sophie

Pourtant cela lui semble naturel...

On a attendu des jours pour que les photos soient la parfaite illustration de ce portrait. Sophie était malade, clouée au lit. A peine remise elle a pu filer chez sa coiffeuse, retrouver sa nuque bien dégagée et un joli fondu dans le dégradé des côtés. L'achèvement totale de sa guérison.

La coupe tout juste terminée, il y avait tant de spontanéité dans son message pour me faire parvenir les photos, tant de gentillesse dans ses mots, que c'était bien légitime qu'elle soit en bonne place parmi Les Femmes Aux Cheveux Courts...

Photos: Sophie B.

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

Repost 0

Publié le 15 Septembre 2015

Un peu trop facile...

Il ne faudrait pas tout confondre. Certaines, je le vois bien, s'imaginent parfois qu'il suffit d'une coupe de cheveux pour "endosser" un rôle ou un statut, que leur jeunesse et la finesse de leurs traits leur confèrent une image d'androgyne, dès l'or qu'elles coupent leurs cheveux.

Ce n'est pas si facile. Ce n'est pas facile du tout même... c'est impossible d'ailleurs.

Parce que l'androgyne est un corps, une silhouette, une interrogation constante qui chemine sur le fil entre deux genres. Peu lui importe d'avoir les cheveux longs ou rasés, d'être vêtue comme son frère ou sa soeur.

Les cheveux courts que je chéri, ne sont pas l'accessoire d'un état. Ils sont simplement l'expression d'un caractère, une volonté de montrer que l'on est capable de s'affranchir des vieux codes, que la féminité, si elle est là, ne s'est pas envolée au premier coup de ciseaux ou que l'on préfère la jouer comme Beckham.

On a toujours tendance à qualifier les gens et ce qui vient le plus souvent dans les pages des magazines qui n'y connaissent rien, c'est "androgyne" dès que l'on a affaire à une jeune femme aux cheveux courts. Ou garçonne... Ce qui n'est pas plus juste.

On va dire que je chipote, que je fais mon chieur, que tout le monde comprend bien de quoi l'on parle dans les magazines, mais pourtant j'aime toujours que les chats soient appelés "chat" et que tant qu'à qualifier les styles et les allures, on se creuse un peu la tête pour trouver toujours le mot juste. Sinon, on ne qualifie pas.

Et pissétou!

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 13 Septembre 2015

Fascination d'Orient

Ces choses là voyez vous, ça ne s'explique pas. Personne, pas même Frida, ne pourrait me donner le début d'une piste raisonnable pour tenter de comprendre cette fascination exercée par les femmes d'Asie... Un envoutement démultiplié lorsque ces femmes explorent leur androgynie, brouillant les esprits en assumant leur corps aux formes souvent discrètes. Un rien suffit alors, un vêtement, des cheveux coupés à la manière d'un garçon et le trouble est total.

J'ai le sentiment que plus que toute autre, cette physionomie à la peau imberbe et ambrée, au cheveux noir et lisse, à la silhouette juvénile, efface plus facilement le genre.

Fascination d'Orient

Les exemples seraient nombreux pour soutenir mon propos, je pourrais penser à Courtney McCullough ou à Claire Tran... mais c'est en voyant les photos de Koharu Sugawara que cette évidence m'est apparue. Elle est danseuse, ce qui explique son corps athlétique et si parmi la plupart des androgynes d'Occident, aucune ne me trompe vraiment, j'avoue que j'ai longtemps cherché à identifier le sexe de miss Sugawara, la véritable fascination ne fonctionnant que si j'ai la certitude d'admirer une femme. Sans doute un vieux reste de conformisme...

Cependant, l'androgyne asiatique, quelque soit son sexe demeure un modèle idéal d'humain qui aurait abolit la discrimination de genre et atteint un niveau supérieur de l'esthétique. Alors, androgynes sans genre, un rien suffit, voyez-vous à me les rendre admirable, un vêtement, une coupe de cheveux...

Photo: Koharu Sugawara

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0