Publié le 31 Mars 2013

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De là, posté derrière son épaule juvénile, il observe amusé, la belle qui prend des poses et se découvre, nouvelle, dans le miroir. Tant d'hésitations, tant de doutes et de questions... balayés par les yeux rieurs qui se désirent, les doigts agiles qui ébouriffent les mèches encore blondes, caressent la nuque désormais plus brune. La voici désormais, petite tête authentique et naturelle, espiègle, sûre d'elle plus qu'elle ne l'a jamais été.

Et lui la laisse à ses grimaces, pose son regard sur les cheveux, tondus, qui envoient des reflets d'or et de lumière, sur ce pelage soyeux attirant irrésistiblement la caresse, vers l'ombre de ces oreilles délicates et nues, sur cette peau satinée, pâle et duvetée...

Mais les voilà qui roulent et s'enlacent. Ses doigts agrippent la nuque, elle se cambre et les éclats de son rire le troublent. Elle murmure à son oreille et l'excite tout autant qu'elle s'échauffe...

Elle jure qu'elle s'est enfin trouvée et que jamais, jamais elle ne voudra cacher sa vraie nature... de femme aux cheveux courts.

 

 

Photo: BellieHops 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 30 Mars 2013

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Il y a, la nuit, dans certains endroits de la ville, des existences qui se téléscopent, des vies qui se croisent et s'accrochent... et d'autres qui se dénouent...

Il y a aussi des envies, du désir... et l'oubli. N'attendre personne et ne pas l'être soi même, errer sans avoir envie de rentrer, n'avoir besoin de sourire à personne, ni de parler, ni d'écouter et glisser ainsi dans sa propre existence, comme une barque sans ammarres. Il y a toujours quelques chose ou quelqu'un à oublier et pour oublier vraiment il faut à chaque fois mourir un peu...

Et de tout ces gens qui sont là, sur le quai, la nuit, combien sont l'oubli d'un autre et combien cherchent à mourir un peu pour effacer un morceau de leur vie?

Il regarde, se demande si lui aussi a perdu son gouvernail. Personne ne semble vraiment malheureux, mais personne n'est heureux

Enfin, sans savoir ni comment, ni pourquoi, deux âmes perdues se retrouvent et s'enlacent comme fait le liseron sur un vieux fer forgé, étouffant l'oubli de l'autre, noyé dans un nouveau et luxuriant feuillage.

Il y a, la nuit, dans certains endroits de la vie, des existences qui se nouent...

 

Photo: Juliana Knobel

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 29 Mars 2013

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C'est toujours avec beaucoup de circonspection que j'inspecte ma boîte aux lettres tellement je sais qu'elle peut me livrer de choses plus ou moins agréables et que cela risque d'influencer mon humeur pour la journée entière. Mais lorsque je trouve à l'intérieur autre chose qu'une enveloppe à fenêtre avec l'adresse imprimée, en général je suis plutôt ravi puisque cela annonce quelques nouvelles amicales. Et ça fait toujours plaisir.

Je traite donc ce courrier avec la plus grande bienveillance, le considérant comme un "petit plaisir", lui ménageant du temps et de l'attention. Lorsque le moment propice arrive, je décachette soigneusement et je lis. Mais là, reconnaissant l'écriture d'une amie, je ne parvenais pas à décrypter le ton juste et me demandais au fil de ma lecture, si j'avais à faire à une déclaration d'amour ou à une lettre de rupture. Voici, en substance, ce qu'elle disait:

 

"Toi! Ooooh toi....!

Lorsque je t'ai connu, je ne savais pas à quel point tu pourrais avoir de l'influence sur moi. Je me croyais forte et déterminée, capable d'assumer tous mes choix et de mener ma barque exactement là où je le souhaitais. Et cela dans tous les domaines. Mais si en général j'y parviens parfaitement, il y a une chose contre laquelle je suis incapable de lutter aujourd'hui et c'est totalement de ta faute. Je me demande même si je ne vais pas en arriver à te haïr... Salaud! Pervers! Gourou!

Bon, j'admets que j'y ai mis de la bonne volonté et j'assume ma responsabilité. Mais tu m'as quand même bien embarquée avec ton baratin et ta foutue sensualité de "lesbien"...

J'ai toujours été d'accord avec l'idée, comme toi, que les cheveux courts ont toujours quelque chose de dynamique qui démontre un caractère volontaire et audacieux. Ca me collait bien, même si lorsque je t'ai connu, je cherchais encore à me "camoufler" derrière l'apparence d'une femme bon chic avec mes cheveux sur les épaules. J'avoue, l'envie était là et tu n'as pas eu beaucoup à batailler pour me convaincre d'être moi même, y compris dans ma coupe de cheveux. 

Mais mon salaud, ce que tu ne m'avais pas dit c'est que ce pas franchi, je ne pourrais plus faire marche arrière. J'ai bien tenté pourtant, j'ai essayé de revenir à un carré de bon aloi, ou de retrouver mes cheveux longs, juste pour voir... Impossible! Au bout de quelques mois, je ne me supporte plus, je tourne en rond, je suis en manque, je me déteste et retourner chez mon coiffeur est ma seule thérapie. Je te hais!

Pire encore c'est qu'après avoir renoncé définitivement à les laisser pousser, j'en suis à les faire couper chaque fois un peu plus courts. Je ne sais pas où je vais m'arrêter...   "

 

Heureusement la lettre se terminait sur un ton qui m'a semblé plus amical et la lecture terminée, j'avais un léger sourire qui déformait mon visage habituellement si harmonieux. Pourtant, le post-scriptum me laissait un sentiment partagé, entre amusement et inquiétude...

 

"PS: je me demande ce que Robert pourrait penser de tout cela... Tu sais Robert? Le type qui travaille à la Miviludes. Non je plaisante... ou pas.


 Photo: BellieHops

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 26 Mars 2013

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Le temps n'était pas idéal. Des paquets d'écumes passaient la digue et envoyaient leurs embruns jusque par dessus la jetée. Mais le vent du large ne parvenait pas à la décoiffer et d'où qu'il souffle elle avait toujours ce même casque de cheveux bruns, tantôt à droite, tantôt à gauche... De temps en temps elle repoussait sa frange de la main, à droite, à gauche ou en arrière... Il n'y avait que la nuque qui restait immuable, toujours nue. Et ses deux tentons saillants creusaient un sillon que sa main de temps en temps aimait envelopper.

Il la voyait souvent là, de loin sans jamais oser la déranger et plus que sa silhouette de femme, face à la mer, comme une épouse de marin guettant un retour, ce qui le fascinait c'était sa nuque, toujours nue, à laquelle elle paraissait apporter un soin toujours particulier pour que les cheveux ne la masque pas. Et il se prenait à imaginer qu'elle faisait cela pour une raison précise alors que la réalité était toute autre.

Pas de signal particulier, juste le plaisir, le choix, le goût d'avoir les cheveux courts, assez courts pour que la nuque soit toujours libre et sans voile... Un petit plaisir intime... sans doute. Enfin du moins l'imaginait-elle.

 

Photo: Valentin Chenaille

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 25 Mars 2013

77583_4072187199889_341569833_o.jpgCe n'est pas la première fois, mais à chaque fois cela représente un petit événement. On peut très bien se croiser sur Internet, discuter, partager des points de vue et le plus souvent ne jamais se rencontrer.

Moi j'ai toujours aimé concrétiser ces connaissances virtuelles en partageant un café à la terrasse d'un bistrot. Et si j'y réfléchi, cela n'est pas grand chose, puisque en général on se "connaît" déjà. Juste un peu d'audace pour surmonter une sorte de petit trac que tout le monde a éprouvé, un jour.

Un événement sur lequel on se retrouve, un arrêt en gare pour quelques heures ou une visite bien déterminée, il y a toujours moyen aujourd'hui, avec tout les messages possibles de se rencontrer. Il suffit parfois d'oser. En général "les femmes aux cheveux courts" ne manquent pas d'audace...

Aujourd'hui c'est Florianne qui est de passage dans ma ville du Sud. Sans doute bien des histoires à se raconter en perspective... A suivre 

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 23 Mars 2013

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A cette heure le soleil tutoie encore l'horizon et caresse à peine le tek délavé. Il retient son souffle et capture l'instant...

 

Elle fixe le large et son regard est déjà loin, au delà de la baie. Lui ne voit qu'elle et cette concentration le rend heureux... Il aurait pu être à la manoeuvre, lui aussi fixer les bouées et les signaux, ou laisser cela à d'autres et l'accompagner dans sa nonchalance...

Grâce au ciel il sait capturer l'instant... sortir du cadre pour mieux l'admirer.

Tout ce que ses yeux lui font voir le submerge d'émotions, la couleur de sa peau, soulignée par sa robe de bain, ce bracelet de tissu à son poignet, ce muscle saillant de son épaule et le pli de son cou.

Son souffle a repris, doucement, calmement, la tête un peu levée, comme pour chercher, de là où il est, les parfums qui lui viendraient de ce corps doré, de ces cheveux boisés qui brillent au soleil complice, fermer les yeux et s'enivrer de ces essences. Ne rien perdre, ne rien manquer. Depuis toujours elle est son île au trésor, son rocher de Gibraltar, sa route des Indes et il ne parvient pas à imaginer vivre sans sa force...

Son coeur s'affole, parce que, oui... il la désire.

 

Photo: Anastasia Topolskaia    


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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 22 Mars 2013

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Libération: Nom féminin, action de libérer. Synonymes: affranchissement, délivrance, émancipation.

 

C'est sans doute le mot qui revient le plus régulièrement, en français ou en anglais, dans les commentaires qui sont fait après qu'on ait volontairement fait tondre ses cheveux. L'expression d'un énorme sentiment de liberté qui va au delà des considérations domestiques qui pourraient faire croire qu'on ne parle que de temps ou de contraintes de coiffure.

Non c'est bien plus que ça! Cette découverte de soi même dans toute son authenticité, ce passage à travers le miroir qui vous fait voir aussi les autres différemment selon qu'ils vous admirent ou vous haïssent.

Paradoxalement le mot est justement celui qui rappelle une époque où les cheveux tondus d'une femme étaient lourds de symbole et qui, encore aujourd'hui véhicule des images qui rendent ce choix difficile dans notre Vieille Europe. Il faudra bien pourtant que cela cesse et qu'au lieu de penser, inconsciemment même, humiliation, trahison, déportation et souffrance on ne garde en tête que les synonymes de ce mot et l'image plutôt rayonnante d'une personne qui ne cherche qu'à être soi même, intégralement.

 

Photo: Peter J Wilson

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 21 Mars 2013

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Oui oui je sais, moi ça me fait pareil, je me dis que j'ai déjà vu cette fille plein de fois, mais je ne sais pas où. Le fait est, Amra Cerkezovic est mannequin depuis quelques temps déjà et au moins depuis l'an dernier on peut la voir sur quelques éditoriaux de magazines...

La nouveauté c'est que depuis pas longtemps, la jolie bosnienne, pas complexée par ses oreilles un tantinet vent arrière, fait des ravages parmi les stylistes les plus réputé(e)s et que, succombant comme toutes les filles aux cheveux courts à l'addiction aujourd'hui bien connue, elle apparait volontiers ces temps ci avec les côtés bien bien tondus.

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Alors moi ce genre d'audace me plait d'autant plus qu'en regardant la demoiselle sur des images qui bougent je devine un caractère un peu espiègle, joueur, et un sourire à faire fondre un pasteur luthérien.

Et je veux bien fiche mon billet que cette mignonne envahira bientôt les magazines et les podiums. ( oui je fais dans le pronostic maintenant )

 

 

 

Amra Cerkezovic

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 20 Mars 2013

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Je crois que je suis d'accord avec moi même, il y a cheveux courts et cheveux courts. On peut avoir l'esprit "femme aux cheveux courts" sans avoir la coupe de Louise Brooks et certaines coupes au carré ne sont pas toujours portées par des "femmes aux cheveux courts". Jusque là, je crois que c'est clair.

Et puis, parmi les vraies femmes aux cheveux courts il y a mille et un styles, du classique bon chic au plus flamboyant, l'essentiel finalement n'étant pas la forme, mais le fond.

Le plus remarquable à mon goût, c'est lorsque la personnalité transparaît à travers le style et que la coupe qu'on aurait pu penser audacieuse, devient presque "bon genre". Du coup on ne se pose même plus de question sur le style ou la technique, la personne est tellement en adéquation avec sa coupe que tout semble idéal et naturel.

Une blondeur scandinave, quelques longueurs blayées à travers le front, les côtés et la nuque carrément tondus... C'est étonnant comme fréquemment maintenant, cette façon de tailler les cheveux très courts, associé à un style plus conventionnel trouve sa place sur la tête de jolies femmes et fini par être courant.

Mais je me rend compte après ces quelques lignes, que c'est comme si je cherchais à faire une classification, une hiérarchie, à créer des catégories, "femmes aux cheveux courts", pas "femmes aux cheveux courts", classique, moderne, audacieuse et flamboyante ou bon chic et bon genre... On pourrait se méprendre. L'essentiel c'est d'avoir du style. Après le reste... moi ça me va!

 

 

Photo: Martin Zärhringer

Model: Eileen Heydorn

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Mars 2013

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Je me souviens d'elle, je la revois sur ce marché...

 

Nos chemins s'étaient déjà croisé, elle avait la même silhouette, légère et dégingandée, les mêmes cheveux courts taillés un peu sauvagement, une éternelle cigarette collée aux lèvres. Le parfum du tabac brun valait souvent mieux que l'atmosphère que nous respirions. Elle n'avait, partout où elle allait, qu'un Moleskine noir et un vieux Leica.

Je ne me rappelle pas l'avoir jamais vu sourire. Pourtant elle n'avait pas l'air malheureuse. Juste concentrée, comme si elle se chargeait d'endosser toute l'horreur qui s'offrait à ses yeux, l'assimiler, la digérer et en garder le souvenir pour le recracher quelques milliers de kilomètres plus loin, entre un jeu et une série américaine ou en page 4, après l'accouchement d'une princesse ou la victoire d'un footballeur...

 

Deux obus de mortier avaient déchiqueté une dizaine de femmes, d'enfants et de vieillards quelques minutes à peine auparavant et les secours pataugeaient encore dans le sang et les chairs. Son visage était fermé mais qui la connaissait voyait tout de même la rage que ces moments là faisaient naître dans son coeur...

 

Personne ne lui avait jamais demandé ce qu'elle ferait, après. Est ce que, vivant, on peut survivre quand on a connu tout ça? Il faut écrire, montrer les images disait-elle et puis elle te fixait de son regard clair et s'échappait en comprenant que toi non plus, tu n'y croyais pas...

 

Photo: Jérome K

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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