Publié le 28 Février 2015

Le mépris

Sa peur était un jour de ne plus apparaître dans son regard, ce jour là, d'être le fils du vitrier, transpercé sans qu'elle ne le voit plus, qu'il parle sans qu'elle ne l'entende ou que tout ce qu'il fasse la laisse définitivement indifférente...

Plus que le désamour, le mépris serait une seconde mort.

Pourtant il la verrait toujours, la côtoierait sans doute, pourrait sûrement lui dire des mots, des mots qu'on dit quand on est amoureux ou désespéré, mais il n'aurait plus que le silence ou l'absence comme seul interlocuteur. Un refus, une révolte, une colère même serait préférable à cette condamnation à ne plus exister...

Petit à petit il n'aurait plus que son dos , cet autre visage d'elle qu'il adorait, cette nuque de marbre clair, nue et lisse, qui s'élevait dans la masse de ses cheveux sombres, tranchés net. Mais plus rien ne vibrerait et ses mots seraient désormais impuissants et son souffle ne parviendrait plus jusqu'à sa peau, ni ses lèvres, pour faire naître une vague de frissons sur sa chair. Elle vivrait hors de lui, sourirait, parlerait à d'autres, mais plus à lui.

D'un amour qui s'éteint, croit-il, il reste toujours quelque chose qui s'adoucit avec les ans, un souvenir heureux, une amitié ou juste une affection. Le mépris, lui, efface l'idée même qu'il y ait eu un amour et cela serait pour lui la pire cruauté...

 

Photo: Alexey Dubinsky

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 27 Février 2015

Laora voit rouge

Un dernier élan, un dernier gémissement et nous nous retrouvions Laora et moi, pantelant et presque nus, adossés à la commode de la tante Giulietta...

Quelques minutes plus tôt, à peine rentré d'une journée assez banale, la jeune transalpine m'avait littéralement sauté au cou, spontanée et survoltée comme souvent. Sans vraiment parler elle m'avait dépouillé d'une partie de mes vêtements, me trainant à travers l'appartement dans lequel nous semions elle et moi nos frusques, au fur et à mesure. Je résistais alors avec vaillance, il faut le dire, à une fellation un peu sauvage, qui me permis néanmoins de constater que la florentine était fraîchement passée chez le coiffeur, ce qui sans doute expliquait son attitude. Nous optâmes pour une levrette plus conventionnelle durant laquelle, en plus de ses reins, elle m'offrait le spectacle de sa nuque délicieusement rasée. Pour finir elle me fit face et sauta à califourchon sur moi, croisant ses fines jambes autour de ma taille, ce qui nous amena sur le plateau de marbre de la fameuse commode où dans un ensemble digne d'un numéro de cabaret nous atteignîmes un orgasme selon moi mérité.

Alors que je reprenais mon souffle, Laora avait allumé une cigarette et glissé vers le canapé où elle s'affala, ébourrifant ses cheveux courts et exhibant sa poitrine d'adolescente, pendant que je tentais de me rhabiller tant bien que mal.

Laora "- C'est qua même pas normal qu'oune femme elle dis qu'elle peut pas aller chez le coiffeur comme elle veut, non?

Moi - Qu'est ce qui te fait dire ça chevreau?

Laora - Ma c'est oune coupine qué je l'ai rencontrée l'autre jour. Elle mé dit " Ouhla! Moi pas question qué jé coupe mes chéveux, sinon mon mari il mé toue" Tou crois ça toi? C'est qua même le scandale non? Et pourtant c'est oune femme qu'elle est évolouée, elle a la classe et c'est oune bon milieu tou vois. Ma jé crois qu'elle est comme la femelle tou vois, docile, amoureuse, qué elle vit pas pour elle ma elle vit pour lui. Et loui jé crois qu'il est un peu con con et qu'il aime le foot, l'apéro et les femmes qu'elles ressemblent à des poupées.

Moi - Hélas je crains que le mari de ta copine fasse partie de la grande majorité des hommes et que ta copine soit elle aussi une partie de la majorité des femmes...

Laora - Ma tu rends compte, alors nous on est les extraterrestres no? Jé voudrais bien voir moi oune mec qu'il m'interdit de faire cé qué jé veux avec mes chéveux... ou mes habit, ou ma peau.

Photo: Thomas Whiteside

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 25 Février 2015

Le col boutonné
Le col boutonné

C'est tout de même frappant de voir comment un détail, d'un sexe à l'autre et d'une époque à une autre, de total ringard devient ultra chic.

Il n'y a pas si longtemps et sûrement aujourd'hui encore, un homme qui oserait le col de chemise boutonné sans porter une cravate passerait pour le plus plouc des bouseux du quartier. Ajoutez un pantalon en velours côtelé avec un ourlet de dix centimètres et le tableau est achevé... comme la réputation de ce pauvre homme.

Cependant, cet effet sera presque totalement inverse si le col boutonné de la chemise est porté par une jeune femme. Amusant non?

Il y a quelque chose de terriblement chic dans cette façon de mettre en valeur ce col de chemise et en même temps cela semble être une manière de s'approprier un code masculin, bizarrement.

Un col ouvert exprimerait une décontraction classique, voir une recherche de séduction si le décolleté se prolonge, alors que ce col fermé, loin d'être austère, appelle à considérer d'autres atouts...

Bien sûr cela donne une touche androgyne, justement grâce au caractère masculin du détail, alors que chez n'importe quel homme cela donnerait une touche de "plouquitude", voir... quelque chose d'efféminé. Allez comprendre ça.

Le col boutonné

Photos: de haut en bas et de gauche à droite: Michelle Salas, Jolijn Snijders, Alasdair McLellan, Aaron Feaver et Meri Bjorn

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 24 Février 2015

Le garçon en Elles

J'en connais une poignée, je pourrais en connaître cent, des femmes qui se conjuguent sans pronom, qui ont encore dans leur regard une enfance à courir la campagne ou à explorer les villes, le godillot claquant sur le pavé avec la bande des garçons...

De leur adolescence sans genre, de leur corps androgyne, elles composent une image qui fascine plus qu'elle ne heurte.

Ici la féminité est épurée, elle est une quintescence qu'il faut lire en transparence. De chaque élément, fragile et délicat, l'assemblage produit un être sublime et sans faiblesse.

L'âge mûrit les choses et consolide la conscience d'être à part, cette femme avec ce garçon quelque part à l'intérieur. Ce qui pouvait faire peur ne le fait plus et l'acceptation n'est pas une résignation mais un atout, une carte joker.

Il y avait une peur, celle de ne pas avoir sa place, celle d'être prise pour un autre. Il fallait des artifices, quelques bijoux discrets, des cheveux longs, coiffés comme les filles. Mais quand enfin on sait où se trouve l'essentiel, chacun, de la fille et du garçon, prend sa place, sagement, et la femme idéale enfin rassurée, laisse l'androgyne triompher.

J'en connais cent, je pourrais en connaître mille, des femmes qui se conjuguent sans pronom...

Photo: Fany Meil

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 23 Février 2015

Bioutifoul Pipeul

Je ne vais pas mentir, j'aime bien ces événements qui nous montrent les acteurs dans leur monde de strass et de paillettes. Enfin surtout les actrices.

Autant dire que mon weekend était chargé, entre Césars et Oscars, ce déballage Haute Couture, cette concentration de bon sentiments, ces duels de sourires un peu faux derche... J'adore.

Mais bon... Ça c'est comme les Fashion Weeks. J'ai toujours l'impression d'avoir à faire à des gens qui vivent dans un autre monde que le mien et dont les fonctions vitales, manger, boire, dormir et faire pipi-caca ne sont pas les mêmes que les miennes. Et pourtant...

Bref! La merveilleuse Lupita Nyong'o, la délicieuse Cate Blanchett et l'adorable Scarlett Johansson, voilà ce qui a fait mon miel pour la soirée.

Question coupe de cheveux, évidemment, l'Oscar est pour Scarlett selon mon goût. Je trouve ça assez remarquable d'ailleurs, cette persistance depuis plusieurs mois, pour cette coupe, toujours plus millimétrée.

Bioutifoul Pipeul

Tout le monde sait bien qu'une actrice est souvent tributaire des castings et des rôles pour son image. Pourtant rien de précis ne semble s'annoncer pour Scarlett, qui motiverai le choix pour cette coupe en particulier. Donc on peut imaginer qu'il s'agit d'un choix personnel, un désir, une volonté et là je dis, alléluhia! J'aime tellement cette façon de se démarquer de la foule, ce révélateur de caractère, cette manière de tourner une page ou de monter une marche dans sa propre vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 22 Février 2015

Rock it!

Quelle satisfaction, quel plaisir quand, après avoir hésité, après avoir été un peu angoissée en imaginant le résultat, on se rend à l'évidence et on s'accorde aux commentaires des autres pour admettre qu'on a bien fait d'oser.

Quand finalement on trouve LE bon style, celui qui fait vibrer, donne confiance en soi, celui qui semble naturel, dans lequel on est comme dans un vêtement confortable. Ah oui...

Après, on peut toujours tenter quelques variantes, de nuances, de couleurs, de longueurs, mais jamais bien loin de l'original. Ça ne semble rien, mais c'est difficile de supporter lorsque les cheveux poussent, qu'ils viennent masquer le rebord de l'oreille ou lorsqu'on parvient à les saisir du bout des doigts, sur la nuque, alors qu'ils sont habituellement tondus.

Par contre on imagine toujours plus facile d'aller plus loin, d'oser plus court, de tenter ce dégradé "skin fade" qui vous met les côtés presque nus et qui s'accorde si bien avec cette "Pompadour" de rocker dont on ne peut plus se passer...

Et c'est comme si cette image idéale de soi même avait toujours été là, maîtrisée. Comme si cette coupe de cheveux était une marque déposée et qu'elle parle de vous mieux que tout.

Photo: H. James Hoff

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 21 Février 2015

rétrospective /ʁe.tʁo.spɛk.tiv/ féminin

Document définissant chronologiquement, l’histoire, l’évolution d’un fait, du passé jusqu’à son aboutissement

C'est toujours amusant, quand on feuillette l'album de photos, de voir la tête qu'on avait, avant...

Il y a celle de l'enfance, où finalement on ne décidait pas grand chose, livré(e) plus ou moins aux goûts des parents qui assuraient "la maintenance" capillaire. Le coiffeur de papa, ou celui de maman, le "fait à la maison", les oreilles trop dégagées, la frange de traviole... on en passe.

Et puis, quand finalement on prend le destin de notre tignasse en main, il y a celles qui poursuivent la ligne tracée, celles qui prennent le total contre-pied de ce qu'elles ont "enduré" tout au long de cette jeunesse et puis il y a les autres...

J'en connais qui pour rien au monde ne changeraient d'un poil et d'autres qui sont de véritables "aventurières du cheveux". Longueurs, couleurs, styles, d'années en années, il faut parfois une recherche ADN pour les reconnaitre.

D'aucun dirait que cela dénote une quête de personnalité. Ouais... possible. J'y vois plutôt un certain sens artistique, de l'originalité, un besoin de différence, un accompagnement de l'évolution.

Comme pour Emma.

En guise de rétrospective

D'années en années, du lycée à la Fac, elle a sombré petit à petit dans l'addiction...

Quelques coups de ciseaux dans les boucles brunes... une frange pour l'été... puis carrément carré... et plus court encore, jusqu'à tondre sous le carré pour enfin adopter cette coupe au bol dans laquelle tous la reconnaissent.

En guise de rétrospective
En guise de rétrospective

Et c'est pas fini!

Au gré des saisons, ses cheveux poussent, sont coupés et repoussent... Parce qu'elle est ainsi Emma... elle aime ça.

Aujourd'hui c'est cheveux courts... et ça pourrait être encore plus courts. L'idée est là, l'envie aussi. Ce sera la tondeuse, et court comme ... Emma... Thompson

Peut être...

En guise de rétrospective

Photo: Emma Allaire et Jake Chessum pour Emma Thompson

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Quartier Libre

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Publié le 20 Février 2015

Une raison pour chaque chose

Je le vois bien autour de moi, tout le monde a toujours besoin de trouver une explication à chaque chose. C'est un constat, peut être même une fonction humaine inévitable. C'est fâcheux!

Ben oui, admettez le, cela freine considérablement l'épanouissement personnel, la créativité et le bien être. Tout justifier, tout le temps...

Et si vous même ne donnez aucune raison, on en trouve pour vous. Comme pour cette femme élégante avec son Loden bon chic, son allure bourgeoise, son maquillage discret et de bon goût... Je suis sûr que si j'interrogeais mon épicière sur ce qu'elle pense de sa coupe de cheveux, elle me trouverait une bonne raison pour qu'une femme de cette qualité ait les cheveux tondus ainsi. Elle invoquerait certainement la maladie, imaginant que cette femme se remet d'une chimiothérapie. Quoi d'autre? Un deuil, ce serait un peu trop mélodramatique... et puis ça ne se fait plus... Plus jeune et moins sophistiquée, on aurait pu invoquer une révolte quelconque, une provocation, une sexualité "déviante"

Bon voilà, dans l'esprit de ma voisine et définitivement, seule la maladie pourrait justifier cette coupe de cheveux.

Mais imaginer simplement que cela soit par goût, par envie, par plaisir, par habitude, que cette femme s'obstine à demander à son coiffeur, chaque mois, de tondre les quelques millimètres qui ont poussés depuis son dernier rendez vous et ainsi conserver cette image d'elle qu'elle adore, ça non! Impossible à admettre.

Impossible non plus de ne pas chercher ces raisons qui pourraient bien être, après tout, toutes celles évoquées à la fois. Comme si cela pouvait rassurer ma pauvre épicière.

Photo: Elisabeth Weinberg

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Février 2015

 Liberté chérie

Peut être que sur les barricades de demain, la Liberté guidant le peuple aura cette allure là? Et à bien y réfléchir, elle ne serait pas plus impudique que celle de Delacroix... il y a près de 200 ans.

C'est le vêtement qui change... et la coupe de cheveux.

Mais quel élan cela donnerait à tous les révoltés de la Terre? Et quelle image de la liberté mieux inspirée que cette femme totalement hors des critères, des dogmes et des tabous édictés par les sociétés patriarcales d'âge en âge. Une liberté qui n'imposerait aucun genre et qui en toute égalité mènerait le combat, qui serait Marianne et Gavroche à la fois. Un charisme irrésistible...

Sans doute existera-t-il toujours des esprits assez étroits pour ne voir là qu'une femme à moitié nue. Hélas.

Dieu merci d'autres y reconnaîtront leur soeur, leur compagne de combat, leur équipière, leur chef, leur idole, celle qui, brandissant une arme ou un drapeau, saura élever les coeurs et donner du courage aux damnés de la Terre enfin debout.

Il faut le croire... et le vouloir...

"Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te
nommer

Liberté."

Photo: Steven Meisel

Citation: Liberté - Paul Eluard

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 18 Février 2015

Forcément, ça ne nous rajeunit pas. 25 ans... meeeeerde! J'ai pas vu le temps passer. Faut dire que l'écossaise n'a pas trop changé.

Il parait qu'en 2000 elle avait les cheveux longs, mais ça ne change rien. Aujourd'hui elle est comme à 17 ans... She don't want a lover...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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