Publié le 31 Juillet 2018

Dans la peau

L'Androgyne avait peur de son corps. Il n'avait rien de laid, la beauté est une idée des Hommes. Ce qui lui manquait, c'était l'Harmonie, la satisfaction de voir chaque choses à sa juste place, ni plus, ni moins. Ce corps était musclé, proportionné de manière idéal, étroit comme celui d'un jeune garçon. L'Androgyne s'en contentait, avait malgré tout cette pudeur qu'ont les filles à cacher leur poitrine, lorsqu'au bain elles sont nues. Mais ses seins étaient imaginaires. 

Il fallait pour aller avec ce corps, l'allure légère d'un cou déployé, la franchise d'un visage dégagé, la nonchalance d'une main qui ébouriffe la chevelure sans jamais la désordonner. 

L'Androgyne a coupé ses cheveux, très court, pour que l'Harmonie revienne habiter ce corps et donner à chacun sa juste part, entre le masculin et le féminin.

Il faut parfois un agréable sacrifice pour être en paix avec son corps.

 

 

Photos: Fany Meil

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 30 Juillet 2018

Photo: Jonathan Daniel Pryce

Photo: Jonathan Daniel Pryce

Dans cette rue qui dévale, tu glisses avec le courant, un rythme presque trop lent. Tu gardes la tête en l'air, le regard à l'affût d'un visage connu, d'un sourire inconnu. Et puis tout à coup il y a ce profil bronzé, ce cou plus pâle, cette chevelure taillée, châtain blondi par le soleil, la mèche dans les yeux.

Tu ne sais plus que penser. Tu scrutes les détails, les indices. Et en l'observant, tu remarques toutes ces petites choses qui te séduisent. Cette bouche si bien ourlée par des lèvres charnues, ce nez si bien dessiné et tout juste proportionné, ces joues de velours. La coupe de cheveux est récente. La nuque tondue a laissé la peau claire qui devait être encore masquée du soleil il y a peu... Si c'est une fille tu vas l'aimer, si c'est un garçon tu vas l'admirer... Ou l'inverse, c'est selon. Mais en réalité, à cet instant la question n'a pas de sens. Qu'importe la réponse, un garçon féminin ou une fille masculine. L'être est de genre humain, à l'esthétique raffinée et de ton belvédère la seule chose qui importe, c'est de nourrir ton âme de ce que tu trouves beau lorsqu'il te côtoie.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 29 Juillet 2018

Agata Descroix, correspondante permanente et universelle des Femmes aux cheveux courts est une personne positive. Et en tant que telle, son message est extrêmement clair: "Vous êtes androgyne? Quelle chance! Pourquoi s'enfermer dans des catégories quand on peut être multiple?"

Avec la complicité de son amie Zu Reyes, elle invite, par cette vidéo à ne s'imposer aucune limite et à n'avoir de style que celui de ses envies. Pas bête hein?

Mais il y a mieux encore! Suivez Agata sur son site Be Strong Stay Kind, elle a encore plein de choses à nous dire...

Tout compris

Agata Descroix @agatacruz

Be Strong, Stay Kind bestrongstaykind.com

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 27 Juillet 2018

Oslo Grace

Oslo Grace

Le monde change, tout bouge, tout avance... Pourtant j'ai des doutes. Je me demande parfois si, par je ne sais quel sortilège, on ne serait pas en train de se perdre. Ou peut être est-ce moi qui finalement accuse mon âge?

Durant des années, nous nous sommes tous gargarisé de tolérance, d'acceptation de soi, de confiance. Cela semblait tellement naturel. Et puis voici qu'émerge de nouveaux ayatollah, des talibanes, certaines de détenir LA vérité, tellement pressées de prendre la relève des vraies féministes qu'elles en deviennent grotesques.

Célébrer l'avénement de la non-binarité, le choix que fait le monde de la mode, d'effacer les genre, de les rendre neutre, parler de trans-identité, d'androgynie, soutenir avec bienveillance toute initiative de tolérance, voilà qui est enthousiasmant! Encore faut-il pour ça être légitime et pour parler légitimement de l'homme qui se noie, il faudrait se noyer soi-même. 

Oslo Grace

Il y a quelques années, les lectrices, ici, s'étonnaient en découvrant qu'un homme pouvait si bien parler des femmes et de sujets souvent inabordés. On trouvait ça épatant, respectueux, sensible et la plupart aimait. La plupart aime toujours, bien sûr, mais voilà qu'apparaissent, en périphérie, des commentaires, des remarques, des interrogations, de la part de certaines, qui entendant parler de ça, sans même y jeter un œil, viennent contester le droit à ce" mâle, blanc, cis et hétéro" d'évoquer des sujets qu'elles se considèrent seules capables de comprendre et de défendre. Pensez donc, un "vieux con" qui s'intéresse aux jeunes et jolies androgynes... C'est louche non?

Alors ça défile dans les rues, ça marche en brandissant des pancartes, ça réclame du respect en hurlant la mort des oppresseurs et de leurs privilèges et ça ne tolère pas qu'un homme qui ne serait pas opprimé, minoré ou objet d'une .phobie, se permette un regard bienveillant. Sa seule "catégorie" le rend suspect. Mais surtout on ne veut pas catégoriser les êtres humains hein? Mais là si... 

Nous sommes bien bizarre, nous les humains, à nous plaindre d'être rejetés et à rejeter nous même les autres.

Du coup je me demande si nous sommes vraiment prêts. Moi je le suis, mais les autres? Prêts a voir des personnes sans genre et ne parler que d'esthétique, d'image et de convictions, prêts à ne juger rien ni personne...

Oslo Grace

... à accepter la présomption de bienveillance.

Peut être que ce blog devrait durer encore 10 ans pour tenter de faire changer les choses?

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 24 Juillet 2018

Photo: Ed Dabican

Photo: Ed Dabican

J'en connais qui font mine de ne pas s'intéresser plus que ça à la manière dont elles se coiffent, un coup de peigne, une main passée dans les cheveux et hop! L'affaire est faite. Mais souvent je n'en crois pas un mot. Cette désinvolture en apparence est rapidement trahie par quelques détails, des petits "presque rien" qui révèlent toute l'importance au contraire qui est attachée à la coiffure faussement négligée. Je souris, je ne dis rien, je savoure en secret, la fausse harmonie de la tignasse en bataille, les nuances d'une coloration discrète, la netteté d'une nuque toujours bien rasée qui se fait oublier quand le reste de la chevelure semble partir dans tous les sens...

J'en connais qui se moque un peu de tout ça, mais qui auront toujours une attention presque maniaque sur leur jolie nuque. Si vous leur posez la question, elles balbutieront, diront que non et ne sauront pas expliquer pourquoi... Mais moi je sais, je vois et je comprend...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 19 Juillet 2018

Cette exquise pâleur

C'est un trait fin, une ligne qui éclaire de manière presque incongrue, les contours de la coupe. Une marque que le soleil a prémédité, un peu en secret, donnant à la peau ce teint de vacances d'été, patiemment. 

Mais les cheveux courts ne le sont jamais définitivement. Ils ont, un temps, préservé la peau délicate des rayons ardents mais lorsque la routine revient et que ciseaux et tondeuse mettent un terme à la luxuriance, alors apparaît cette pâleur exquise. Et si l'été et les vacances aiguisent l'envie de tailler plus court encore ces cheveux qui le sont déjà, ils s'en trouvent soulignés par la peau claire soudainement dévoilée aux rayons du soleil.

  Pas à pas, Bertille s'essaie à cette pâleur dévoilée par les cheveux trop courts, qui ne parviennent plus à masquer le tour des oreilles, les tempes et la nuque. Et de quelques photos, elle s'encourage, se rassure et s'amuse de cette coupe nouvelle, soulignée par ce trait de pâleur et illuminée par son sourire...

Photos: Bertille L.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 14 Juillet 2018

fétichisme

nom masculin : 

  • Déviation des pulsions sexuelles d'un sujet sur un objet érotique de substitution qui peut être aussi bien une partie déterminée du corps (cheveux, seins, fesses) qu'un objet (vêtement, chaussure).
  • dilection
  • nom féminin : 

  • Littéraire. Amour tendre et purement spirituel porté à quelqu'un ; préférence parfois secrète pour quelqu'un ou quelque chose.
© josi_urban

© josi_urban

A présent qu'on s'approche de la fin, je peux bien le dire. Que certain.e.s aient pu considérer ce blog comme l'expression d'un fétichisme m'a longtemps peiné. De savoir par ailleurs, qu'effectivement, certains ne sont intéressés ici que par quelques photos qui pourraient exciter leur libido, m'agace.

C'est la raison pour laquelle j'ai toujours parlé de dilection et je sais que la plus grande majorité de celles et ceux qui viennent ici partagent mon point de vue. Mais on est jamais à l'abri d'un manque d'intelligence et des fans de préjugés, qui sans même prendre la peine de lire ce qui s'y trouve, condamnent l'ouvrage par leurs simples suppositions.

Cela démontre s'il le fallait encore, la puissance émotionnelle liée à notre chevelure, ce qu'on en fait, comment on la traite. Et que bien souvent, je me laisse aller à décrire amoureusement la nuque d'une femme qu'elle a elle même pris plaisir à faire tondre ou raser, ne fait pas de moi un fétichiste, ni volontairement de ce blog un catalogue à la disposition de ceux qui se branlent devant leur écran.  

Tout ici n'est que dilection, une nuance sémantique qui fait la différence entre le gratin et le fond de la casserole, comme disait ma grand mère

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Juillet 2018

Comme un étendard

Elles ont tout juste 20 ans, ou un peu plus, ou presque et réinventent le monde chaque jour. On en a le pouvoir à cet âge. Elles se révoltent, s'apitoient, compatissent et grondent de colère, parfois... mais s'inquiètent de savoir ce que leur monde sera. En attendant elle font des études, sans trop savoir où aller, histoire de retarder le plus possible l'échéance de la vraie vie. Elle voudraient être aimées autant qu'elles aiment, frôlent les genres, brouillent les cartes parce que c'est cool. Pour avoir cet exaltant sentiment d'être uniques, elles colorent en bleu leurs cheveux, les taillent, les rasent, gardent cette mèche dans le regard, rebelles. Percer leur corps ne leur fait pas peur, ça fait genre, comme les tatouages. Toutes sont photographes, ou modèles, selon l'estime qu'elles ont d'elles mêmes et réclament autant d'égards que de vraies professionnelles. C'est leur art. 

La jeunesse n'a pas changé, c'est le monde qui va trop vite, qui fait oublier le respect pour le paraître et transforme l'illusion en notoriété... virtuelle. Mais elles, leurs bras trop maigres alourdis de bracelets et de bagues, leurs épaules frêles et leurs torse plat, les cheveux au ras des yeux et la nuque rasée, oui elles, sûres de tout et pourtant inquiètes, fanfaronnant dans les manifs et marches de toutes sortes, si elles n'y prennent pas garde, n'auront presque plus rien de ce que leurs ainées ont conquis... il y a si longtemps déjà.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 10 Juillet 2018

35° à l'ombre

Depuis le temps que j'écris sur ce blog, je n'ai jamais fait autre chose que l'éloge des femmes aux cheveux courts, sans jamais les opposer aux partisanes des cheveux longs d'ailleurs. C'est aussi un de mes nombreux paradoxes, que de bien aimer les belles chevelures vigoureuses, saines et bien entretenues. Et puis là, soudain, suffoquant un peu sous la chaleur de l'été caniculaire, en regardant cette photo, je sens une goutte de sueur couler le long de mes vertèbres et je l'imagine, elle, passant la main sous sa chevelure épaisse pour caresser sa nuque, moite et transpirante. Je n'y peux rien, c'est psychologique. Ça me donne chaud!

Vous aussi? 

C'est peut être comme ça qu'est née cette alternative, cette hybride, ce compromis entre cheveux longs et cheveux courts qui permet parfois d'avoir tous les atouts des uns et des autres, selon l'humeur et la température...

35° à l'ombre

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 9 Juillet 2018

Photo: Joana S.

Photo: Joana S.

Je sais depuis un bon moment que rien n'est plus insupportable que de ne pas trouver de réponses aux questions qu'on se pose. Une sorte de torture intellectuelle. Et je sais aussi, jusqu'à quel point beaucoup sont capables d'aller pour avoir les réponses.

Mais...

Il existe des domaines de recherche où la simple "envie", voir la curiosité, ne donnent pas de prétexte légitime pour entrer dans la vie d'inconnu.e.s à peine croisé.e.s. Simplement parce que la réponse n'existe pas, voyez vous. Ou du moins n'est-elle pas limitée aux seules deux cases que vous avez à votre disposition. Parce que vous n'êtes pas prêt, voilà tout. Je le sais, ça m'arrive souvent. Et par chance, j'en connais de ces êtres délicats, fragiles comme des nouveau-nés mais caparaçonnés d'armures robustes qui leur donnent des manières de soldat en permission. Ils en ont souvent la nuque et les tempes rasées et rivalisent dans ce style avec les plus maniaques. Le trouble dans vos esprits nait souvent de ça. Les vêtements aujourd'hui n'ont - presque - plus de genre eux mêmes. Mais la coupe de cheveux, alors là, oui! Ça reste un marqueur important et cela devient intolérable pour vous de voir ces nuques "blanchies" à la tondeuse et ces tempes rasées, qui ne parviennent pas à s'accorder dans vos têtes étroites avec ces voix fluettes, ces visages fins et ces formes camouflées par des vêtements flous. Seulement voilà, la case vous manque. Alors il faut vous contenter de chercher pourquoi, pourquoi votre regard a été attiré et savoir si ce que vous avez découvert vous plait, ou vous déplait. Si cela vous déplait, tournez la page et allez votre chemin. Si vous êtes fasciné, que vous aimez, alors soyez respectueux et bienveillant, comme nous le sommes tous avec les gens que nous aimons...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #gayfriendly, #Humeurs, #Tendresses

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