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Publié le 29 Novembre 2016

Suzanne Rivère

Suzanne Rivère

Alors voilà! C'est l'histoire d'une petite fille atteinte de leucémie. Elle va bien, son traitement est en train de la sauver, sans doute. Mais c'est dur pour elle qui a 11 ans, de voir sa tête dans le miroir. Ses cheveux commencent à peine a repousser et partout où elle porte son regard, nulle part elle ne voit d'exemple, d'image à laquelle s'accrocher pour se persuader que la maladie ne lui a pas enlevé aussi son état de fille... Jusqu'au jour où elle croise une jolie jeune femme, élégante, fraiche, souriante, sophistiquée et visiblement bien dans sa peau. Elle est blonde et ses cheveux sont tondus. Enfin, coupés très courts, tondus c'est un mot trop brutal pour elle. Et voilà que tout change dans le regard de la petite fille. Elle découvre une belle femme, belle malgré les cheveux ras, comme les siens, tellement belle qu'on la remercierait presque d'avoir les cheveux si courts, persuadé qu'elle le serait peut être moins sans cela. 

La petite fille s'approche, sourit. La jeune femme lui rend son sourire. Elle a un transport à prendre mais elle sent que ce moment là est important. Elle s'assoit, dit bonjour et la petite fille lui demande si elle aussi elle a été malade. Alors la jolie jeune femme dit que non, qu'elle aime bien avoir les cheveux très courts, qu'elle trouve que cela lui va bien et que l'essentiel pour elle est d'être comme elle se plait. Puis elle regarde la petite fille et elle la sent triste de ne pas avoir de beaux cheveux longs comme les autres fillettes. Alors elle lui dit qu'elle la trouve jolie et que puisqu'elle ne peut pas faire autrement, il faut qu'elle s'aime quand même parce qu'elle est unique ainsi et que tout les gens qui l'aiment l'aiment telle qu'elle est...

La petite fille fait une jolie moue, elle lâche: " Moi aussi j'aime bien, mais c'est juste que j'avais jamais vu personne comme toi et que je me disais que je ne pourrais pas rester ainsi une fois guérie"

Depuis cette rencontre, la petite fille a décidé qu'elle garderait les cheveux très courts, juste pour dire que ce n'est pas la maladie qui l'y a contrainte, mais parce qu'elle aime bien ça, comme la jolie jeune femme blonde.

Photo: Juste RM

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 30 Octobre 2016

Ekaterina Volkova

Ekaterina Volkova

De loin il l'a vu s'approcher. Imperceptiblement il a ralenti, le regard fixé sur la silhouette gracieuse. Elle avait une allure franche, un peu altière, un pas souple. Marchant sur le même trottoir, leur rencontre était inéluctable. De plus près il percevait d'autres détails, la qualité de son vêtement, la délicatesse de ses doigts qui tenaient une cigarette avec une certaine élégance, du bout des phalanges...

L'insistance avec laquelle il la dévisageait attira son regard à elle. Ils se croisèrent des yeux avant de se croiser du corps. Son visage seul émergeait des lainages, son cou mangé par un col roulé de cachemire. Le fard était discret et de bon goût, comme ses lèvres au dessin parfait, à peine soulignées de maquillage. Ses paupières lourdes étiraient ses yeux en amande et ses pommettes saillantes accentuaient cette impression d'Europe Centrale au léger parfum d'Asie.

Ses cheveux étaient tondus, une coupe si courte que l'épaisseur d'un doigt aurait suffit à les mesurer. Sans doute avaient ils été plus courts encore, presque rasés et repoussant, ils prenaient cette allure de pelage, soyeux et dru. Et cela donnait à sa féminité un charme particulier et envoutant.

Ils se sont croisés, sans se quitter du regard, le visage neutre, sans sourire ni inquiétude. Il n'a pas osé se retourner, a écouté ses talons claquer sur le trottoir au rythme de sa démarche, ni lente ni pressée. Le bruit s'est estompé, puis a disparu. Il n'a voulu gardé que le souvenir de son regard, bleu comme la mer de Kara.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 14 Août 2016

Shila-Garner-par-Dylan-Duvall.jpg

L'air sentait le bois huilé, l'acier et la graisse d'arme. Une vieille banquette de cuir, une table en formica meublaient la pièce. Sur la table était posé le M24. Sans doute son seul compagnon... 

 

Les gens se demandaient comment une jolie fille comme ça pouvait en arriver là. Les gens oui, pas elle. D'ailleurs ça l'agaçait qu'on la traite de "jolie fille". La réalité c'est que depuis longtemps elle se considérait sans genre définit. Elle était parvenue à s'extraire de ce cadre normalisé et à évoluer dans la vie sans aucune contingence liée au masculin ou au féminin. Affranchie de ces limites, elle ne voulait rendre compte à personne. C'était son choix. Toujours là où on ne l'attendait pas. Mais son coeur était vide. Pourtant elle séduisait et se laissait séduire, garçon, fille, au gré de ses désirs, mais jamais rien ne l'attachait. Le corps tatoué, les cheveux courts, le regard maquillé, elle agaçait ou elle attirait, mais son coeur restait vide...

 

D'une boite de carton bistre elle a extrait une longue cartouche de 7,62 au laiton luisant et doucement l'a laissé glisser dans la culasse du fusil. Presque sans effort elle a poussé le levier vers l'avant, verouillant l'arme. Sa respiration s'est faite plus lourde. Elle a passé une main dans ses cheveux ras, glissé un doigt sur ses lèvres, puis doucement a couché sa joue sur la crosse et ajusté son regard à la lunette déjà réglée... 

 

Au jour le jour, sans personne à aimer durablement, solitaire mais pas dans la solitude. C'était le prix à payer, parfois élevé, parfois dérisoire...

 

 

Modèle: Shila Garner

Titre: Mon légionnaire - Edith Piaf

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 13 Août 2016

Amra Cerkezovic for Ter et Bantine 05

Certains jours, sur cette terre sauvage battue par la mer furieuse et écrasée par un ciel d'orage, si la chance sourit, on l'aperçoit, de loin, parcourir la lande sans qu'elle paraisse contrainte par la tourbe et les bruyères, aussi légère et mystèrieuse qu'une fée. Elle prend l'apparence d'une androgyne aux cheveux courts, coiffés par le vent et marche à grands pas, faisant flotter son étole de fourrure. Rien ne semble pouvoir la détourner et les grands cerfs l'accompagnent du regard. On ne serait presque pas étonné de voir à sa suite quelques gnomes et lutins. Pourtant elle n'est ni Morgane ni Viviane et aucun elfe ni nymphe ne l'accompagnent...

A la pierre plate elle s'abrite du ciel qui menace, étale sa pelisse et s'allonge. L'imaginaire s'affole et on voudrait la voir se dévêtir au son d'incantations promettant un étrange rituel... 

La réalité est plus belle lorsqu'on découvre la brune androgyne accueillant dans ses bras un jeune homme aussi blond que les fleurs d'ajoncs qui marquent le chemin. Ils s'étreignent, se serrent, se bousculent, comme assoiffés l'un de l'autre. Leurs mains comme celles d'aveugles effrénés, parcours leur corps, ébourriffent leurs cheveux...

Au loin l'orage tonne et dans l'air tiède on sent l'odeur de la terre qui se mouille. Mais les enfants, leurs lèvres soudées dans un baiser sans fin, illuminent la lande...

 

Photo: Boo George

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 1 Août 2016

Cahier de vacances - "Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche" 10/2014

Par inadvertance sans doute, j'ai eu la fâcheuse idée, ce matin là précisément, d'aller déposer un chèque de rançon que me réclamait depuis longtemps l'organisation "Trésor Public" sous peine de me jeter à la rue moi et toute ma descendance.

Et comme un malheur n'arrive jamais seul, je me suis retrouvé à faire la queue juste derrière monsieur Maurice "Momo" l'épicier qui paru fort content de trouver une oreille familière pour y déverser sa bile verbale, le thème du jour étant : "Plus rien ne marche dans ce pays et où va le monde, j'vous d'mande un peu..."

N'ayant aucune échappatoire et rien d'autre à faire j'encaissais sa diatribe sur les bons à rien qui nous gouvernent, jusqu'au moment inévitable où monsieur Momo en vint à parler de mariage pour tous, de pma et de gpa, tous sujets auxquels il n'entendait rien sauf à considérer que ces pauv' homosexuel(le)s ne faisaient rien pour arranger les choses...

"Figurez vous, me dit-il, que bientôt les femmes seront toutes plus tatouées qu'un bataillon d' Coloniaux. Dans l'temps y avait guère que les marins, les soldats ou les taulards qui s'faisaient piquer. Aujourd'hui, des fois on sait même plus à qui on a à faire. Les cheveux courts, les costumes, les tatouages, tout ça c'est des trucs d'homme, non? Alors forcément si les femmes se mettent à la place des hommes, y a un twist que'que part..."

J'avoue que j'ai lâchement fait la moue et opiné du chef. Je n'imaginais pas lancer un débat sur le genre et l'égalité des choix, dans cet endroit où visiblement j'aurais pu finir lynché avant la fin de ma première phrase.

Photo: Terra Juana

Citation: M. Audiard - Un taxi pour Tobrouk

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Juillet 2016

Ruben-Jacob-Fees.jpg

Tout ceux qui la connaissent disent la même chose. C'est une fille douce et gentille, souriante, toujours aimable. Personne ne lui connaît d'histoire. Une allure de lycéenne, mignonne, la coupe au carré toujours impeccable... C'est fou comme on croit connaître les gens...

Une voix, un message sur son répondeur et le regard juvénile s'est voilé, les yeux bleus ont virés au noir. Elle n'est pas rentré chez elle, a pris un taxi qui l'a déposée devant un hôtel de luxe. Au bar à côté d'elle, un homme a oublié son journal. Elle est ressortie en déchiffrant le message dans les petites annonces. Gare du Nord, direction Bruxelles, le Thalys de 15h25. Blonde, des lunettes de soleil. Dans les toilettes de la voiture 24, sous la trappe de plancher elle récupère un P99 avec un silencieux qu'elle glisse dans sa ceinture. Bruxelles 18h30. Elle est dans le hall de l'immeuble, elle attend. Le type a passé la porte cochère, entre dans le hall, appelle l'ascenseur. Une voix de femme derrière lui l'interpelle: "monsieur Van Der Luyne?" Dans le demi jour il se retourne et répond: " Oui....? " Puis sa vie s'arrête. La première balle est entrée dans l'oeil en fracassant les lunettes. Deux autres ont frappé son coeur.

Elle se penche, palpe l'aorte, ramasse les 3 étuis de 9 mm et disparaît dans le métro.

Boulevard Léopold II elle jette l'arme dans le canal et file vers la gare du Midi. 20h15

22h00 elle retrouve son appartement rue de Clignancourt, au pied du Sacré Coeur. Madame Berthelot a glissé un mot sous la porte pour dire que son mari passerait demain changer l'ampoule de la cuisine... Un travail d'homme assurément.

 

Photo: Ruben Jacob Fees

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 4 Juin 2016

Photo: Jerry Hsu

Photo: Jerry Hsu

Elle apparaît dans le miroir, nue et le sein étonné. D'une main elle griffe ses cheveux courts, avec complaisance d'abord, puis en les soumettant à l'inspection de son regard sévère et circonflexe. Une paire de ciseaux qui trainait par là, soudain l'inspire...

Un sourire espiègle éclaire un instant le visage, réprimandé par un front qui se plisse dans la concentration. La voilà, lames en main, tirant sur les mèches insolentes qui désharmonisent son casque de cheveux noirs.

Elle aurait bien pu patienter, quelques jours, une semaine, peut être deux et en toute confiance abandonner au coiffeur la taille de sa frange. Mais elle trouve ça amusant, ce jeu dans l'espace où il faut tout faire à l'envers, l'oeil rivé sur la glace.

Elle tient une première mèche, tire un peu dessus, pas trop malheureuse! Et doucement, craignant de lui faire mal, la laisse mordre par le ciseau qui d'un seul coup claque au bout de la course de ses lames, la faisant presque sursauter. Elle regarde, amusée, le copeau de cheveux qui lui reste dans les doigts, inerte, puis le jette dans le lavabo, agitant son pouce et son index comme elle se débarrasserait de quelques miettes.

Fière de son fait, elle se redresse, la poitrine impertinente et tourne la tête, à droite, à gauche, le regard dans les coins, cherchant où exercer son nouveau talent. Les ciseaux crissent, un peu affamés et une pluie de petits cheveux coupés tapissent les épaules nues... La nuque reste inaccessible au regard, mais qu'importe, à l'aveugle, les cheveux sont encore assez longs pour qu'il n'y ait pas de préjudice. Elle tente un moment d'imiter les gestes d'un professionnel, soulevant une pointe pour la trancher de biais... Et la frange? Pourquoi pas?....

Mais la conscience lui revient. Elle s'arrête, essoufflée, laisse tomber les ciseaux sur la céramique où le bruit est presque étouffé par les cheveux qui jonchent la vasque.

Elle retrouve son image dans le miroir, secoue sa chevelure, y agite ses doigts écartés, donne du volume, du mouvement et se rassure de n'être pas allé trop loin. Elle sourit à nouveau, en songeant à son coiffeur qui va encore la gronder, la prochaine fois.

"Quel mufle! Il pourrait au moins me trouver incertain talent (... quitte à mentir )"

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Publié le 17 Mai 2016

Photo: Erwin Verweij

Photo: Erwin Verweij

Avec des gestes précis et mesurés, elle avait introduit un chargeur et actionné le système d'armement du MP7, avant de le laisser pendre sur le côté. Puis elle avait vérifié son arme de poing.

Son équipier avait fait de même et les deux semblaient prêt à l'action. Quant à lui, il avait toujours trouvé ce genre de démonstration de force un peu superflue, mais après tout, il se sentait assez fier de la présence de ces deux "professionnels" dont l'Etat le gratifiait, prenant ça pour une marque d'estime...

Comme elle marchait devant lui, il se mit à l'observer dans sa démarche féline, un peu chaloupée sans doute à cause des équipements. Elle avait quelque chose de sensuel, ses bras nus peut être, dont la peau bronzée laissait à peine deviner les tatouages, ou bien son corps athlétique, masqué par le vêtement ample et le harnais, mais qu'il imaginait souple et musclé. Elle avait les cheveux plus courts que son coéquipier, tondus sur la nuque où la peau semblait plus pâle, preuve que la coupe devait être récente. Dessus, ils étaient drus et épais et tenaient dans un mouvement vers l'avant qui lui donnait un air juvénile...

Le parcours en voiture dura moins d'une demi-heure, mais il sentait une tension mesurée chez elle. Son regard était toujours en mouvement, elle semblait comme une lionne en chasse. Arrivé à la résidence, elle avait ouvert sa portière avant même que le luxueux 4X4 ne s'arrête devant le pérron et l'arme au poing elle avait déjà scruté les environs avant d'ouvrir la porte au passager. L'homme s'était extrait de la voiture et leur regards se croisèrent à ce moment là...

"Bonne soirée monsieur" La voix un peu rauque, calme et posée achevait de le séduire...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 31 Janvier 2016

Equivoque

Personne alentour n'aurait parier un kopeck sur son genre, il en était convaincu. Pourtant, lui avait la conviction que l'androgyne était féminin. En tout cas ça lui faisait du bien de le penser...

Aussi discrètement que sa bonne éducation l'y autorisait, il cherchait en l'observant, les détails, les indices qui pouvaient étayer son opinion. Il fallait à tout prix faire abstraction du costume et des accessoires, manifestement trop masculins pour ne pas être de fausses pistes.

Il y avait, lui semblait-il, beaucoup de fluidité dans son attitude et ses gestes et cela l'encourageait à dire "elle" lorsqu'il voulait la nommer. Il suffirait d'un sourire, ou même qu'elle abandonne un instant cet air sévère, pour révéler davantage de féminité... Mais visiblement, elle n'y tenait pas plus que ça.

Par quelques regard furtifs il avait remarqué ses joues imberbes, son cou, sa gorge où les hommes ont souvent le cartilage du larynx plus visible, les plis de sa chemise qui ne laissaient deviner aucune forme... Bien sûr il luttait pour ne pas se laisser influencer par la coupe des cheveux, presque rasés au dessus de ses oreilles. Après tout, si elle préférait jouer de son ambiguité, quel meilleur moyen que d'avoir les cheveux coupés d'une telle manière?

Néanmoins pas un des critères qu'il avait énumérés, ne permettait d'affirmer qu'il s'agissait d'un garçon. Donc il décréta que son jugement était le bon et que cette merveilleuse androgyne était... androgyne... et accessoirement de sexe féminin.

Il en était là de ses considérations, lorsqu'une femme qu'il avait remarquée un peu plus tôt, belle bourgeoise aux cheveux gris permanentés et aux mains chargées de bijoux, quitta sa table et s'approchant de l'androgyne lui déclara avec un sourire presque maternel : " Que vous soyez fille ou garçon, vous êtes magnifique. Merci..."

L'androgyne sourit enfin, ne révélant rien de plus finalement que sa vraie nature...

Photo: Alanna Milaney

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tendresses

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Publié le 19 Décembre 2015

Ouanseuponeutailleme...

Il était une fois...

... une princesse de rêve, comme celles que l'on découvre en lisant les contes pour enfants, douce, gentille, belle et délicate, avec un sourire magnifique et toujours un mot attentif pour les autres.

Les prétendants ne manquaient pas bien sûr, mais hélas le niveau de vocabulaire n'y était pas, bien que celui dont ils usaient fut suffisamment explicite : "wow mam'zelle t'es bonne, tu donnes ton 06 ? " Enfin bref! C'était un peu trop succinct pour s'accorder avec ses désirs de princesse.

Et puis un jour, comme par hasard, un prince charmant itinérant déboula dans la vie de la jeune femme. Celui là avait un peu de conversation, des vêtements soignés et une hygiène irréprochable. Il paradait un peu, certes, mais elle sentait qu'elle pourrait bien se laisser séduire par son allure de conquistador magnifique. Il lui contât donc fleurette, en bonne et due forme, au moins jusque derrière la gare où un formidable élan physique les poussât dans le rayon paluches et gamelles...

Un peu ébouriffés et l'air benêt, ils sortirent de là, bras dessus, bras dessous pour se montrer dans la galerie marchande du Super U, faisant l'admiration de tous les sujets et la fierté des commerçants.

C'est alors que, posés devant un goûteux smoothie et encouragé par leur toute nouvelle proximité physique, le bellâtre croyant sans doute être légitime à donner son avis déclarât:

" Tu es vraiment très belle, la plus belle que j'ai connu... mais c'est dommage que tu aies les cheveux courts..."

WHAAAAT THE FUCK?

Le sang de la princesse ne fit qu'un tour. Dommage? Non mais, dommage? Vraiment?

Le malotru de passage n'avait donc d'autre sentiment que celui de coller à son bras une poupée suffisamment attractive pour flatter son ego et mettre en valeur sa plastique de candidat de téléréalité... Ce n'était donc que son image qu'il "kiffait" et encore, eut-il fallu qu'elle eusse les cheveux longs, pour parfaire ce consternant cliché... Le blaireau n'était donc pas plus charmant que les autres avec leur vocabulaire de QCM.

Après avoir renversé le milk-shake sur la braguette de son voisin et lui avoir claqué le beignet d'une pichenette, elle jura qu'on ne l'y reprendrait plus et fila tout droit chez son coiffeur...

Photo: Carlos Serrao

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Nouvelles et petites histoires

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