Articles avec #nouvelles et petites histoires tag

Publié le 27 Septembre 2017

feat. Flavia et Oriane

feat. Flavia et Oriane

La mère Dugenou, ma voisine, n'en revient pas. Dans le quartier depuis quelques temps, elle croise des gens, des jeunes, sans parvenir à faire la distinction entre garçons et filles. Dans la rue il y a des bars, de la musique, des endroits où l'on danse et toujours plus de cette jeunesse qu'elle ne parvient pas à démêler...

Mais là où ma voisine me surprend le plus, c'est lorsqu'elle m'avoue que finalement, elle aime ça. Et comme elle voit que je suis stupéfait de cet aveux, elle m'explique:

"Ben oui vous voyez, finalement c'est ça les femmes modernes. Aujourd'hui elles n'attendent pas qu'on leur dise quoi faire, elle font. Elles dansent, elles boivent, elles fument, elles s'aiment, boivent des pintes de bière et se coupent les cheveux , s'habillent comme elles veulent... C'est pas comme quand j'étais jeune... Des fois j'ai envie d'aller me mêler à elles... mais je suis trop vieille maintenant..."

J'ai ressenti la tristesse de ces derniers mots... C'est vrai qu'elles sont admirables ces femmes actuelles qui brouillent toutes les cartes et s'affranchissent des vieux codes. Elles paraissent sans peur, indépendantes et pleine d'assurance, ne renoncent à rien, dessinent une nouvelle féminité, sans artifices et sans appâts.

Alors j'ai pris ma voisine par la main, on a traversé la rue pour aller boire une pinte sur le trottoir du bar d'en face, avec ces femmes aux cheveux courts... Et c'était bien.

 

Photo: Camille Feraille

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 20 Septembre 2017

Gisele Fox par Dominic Beyeler

Gisele Fox par Dominic Beyeler

Sur un coin de la nappe il avait esquissé son visage, puisant dans des souvenirs en partance... Les traits essentiels, quelques mèches courtes sur un visage presqu'enfant, des lèvres pleines et toute une galaxie de tâches de rousseur pour rehausser des yeux de chat...

Malgré bien des efforts, il ne parvenait pas à chasser cette image de son esprit et les gestes sont venus comme ça, presque incontrôlables. Il a pris un grand carnet, le plus grand et il a recommencé, traçant, estompant, coloriant le visage de la fille-garçon, l'adolescente-femme, l'enfant-adulte... L'androgyne inattendue.

Elle aurait sans doute été une jeune fille invisible, elle l'a d'ailleurs été, jusqu'au jour où elle est revenue avec ses cheveux coupés. Ce jour là, lorsqu'il l'a vue son sang s'est écoulé, brûlant dans son coeur, ses mains, ses tempes. Elle s'est approchée, laissant tomber son front sur sa poitrine et il a caressé sa nuque, ébouriffé sa coiffure sage. Ils ont eu un grand soupir commun qui sans doute signifiait comme un soulagement de la savoir enfin elle-même.

Sans aucun doute il l'aimait déjà, c'est juste que cet aboutissement et la fierté qu'elle en retirait exhaussait aussi son bonheur. Elle était devenue unique et ambiguë, mystérieuse aux regards des autres et cela lui donnait le sentiment d'être privilégié...

Jusqu'au jour où, dans un terrible fracas, son bonheur s'est enfuit, ne lui laissant que la nostalgie sur les pages de son carnet à croquis.

Illustration: Dominic Beyler 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 1 Septembre 2017

Photo: Iris Erlings

Photo: Iris Erlings

Pour l'occasion, elle avait mis cette petite robe toute simple, la seule qu'elle ait jamais envisagé de porter et puis elle avait maquillé son regard et ses lèvres. Cela lui donnait une allure inhabituelle, élégante et adoucie, laissant voir une féminité que la plupart ne soupçonnait pas.

Elle avait patienté, sagement, concentrée sur le travail de l'artisan, sans s'occuper du regard des autres, puis son tour venu, presque timidement elle s'était installée dans le fauteuil large et confortable. A cet instant, le plus naturellement du monde, elle croisa les jambes avec élégance, les bras nus posées sur les accoudoirs de faïence, elle avait une allure de princesse, un peu altière, installée sur un trône. 

Elle n'a rien perdu de cette grâce au moment où on l'enveloppa de la camisole rayée, bordant son col de papier crépon. Elle se scrutait dans le reflet du miroir, la mine grave, le visage masqué par ses cheveux sombres. Pour répondre à l'interrogation du coiffeur, elle lui montra une photo capturée sur son portable. L'homme fronça gentiment les sourcils, insista pour entendre sa voix et s'assurer qu'elle était fermement décidée. 

Les choses alors sont allées assez vite. L'homme avait les gestes précis, techniques et elle trouvait cela apaisant. Malgré tout elle sentait son coeur battre et s'emballer un peu plus chaque fois qu'une mèche, plus lourde que la précédente, venait mourir au creux que le nylon formait sur ses jambes croisées. Les ciseaux tranchants les cheveux faisaient un bruit déchirant, un lent crépitement et l'instant d'après le peigne semblait glisser plus aisément dans la chevelure. Enfin le silence se fit. Ses yeux pétillaient de malice en voyant la petite tête déjà dégagée de la masse sombre. Mais la dramaturgie montait d'un cran. Cette fois l'atmosphère se remplie toute entière du bourdonnement de la tondeuse qui rugit comme un petit monstre affamé. Elle baisse la tête, sans soumission, la relève, la penche, à droite, à gauche à chaque vibration qui effleure son crâne, elle se sent un peu plus légère, un peu plus libre. Malgré tout l'émotion la submerge lorsque l'appareil impitoyable ratiboise son front et enlève tout marque d'une quelconque coquetterie. La voilà tondue, rasée, ne supportant plus qu'à peine un demi centimètre de cheveux sur le sommet de son crâne et son visage explose dans le reflet du miroir où elle ne voit plus désormais que ses yeux immenses, son front large, ses pommettes saillantes, son nez fin aux narines qui palpitent. Ses yeux brillent et elle sourit irrésistiblement...

L'homme à présent fignole, harmonise, ne voulant pas laisser un seul cheveux dépasser, comme un jardinier amoureux sur son gazon de luxe...

Enfin le voile de nylon s'efface et lui redonne son corps d'où la féminité exulte dans la petite robe toute simple. Elle s'approche du miroir, époussette son visage, passe une main étonnée sur ses cheveux ras. Son visage s'éclaire, comme si elle venait de reconnaitre son amie la plus chère qui lui tendait les bras... 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 14 Août 2017

Photo: Dustin Condren

Photo: Dustin Condren

Après que sa main ait glissé doucement vers ses seins, elle ferma les yeux et l'image qui lui vint en premier fut celle de cette fille, la blonde qui lui avait coupé les cheveux.. Elle avait un regard doux et des gestes délicats. Puis tout de suite après vint l'image de cet homme qui lui souriait dans la rue. Elle l'avait croisé, il avait fait un compliment, sans même s'arrêter, elle n'avait pas répondu, ne s'était pas retournée et avait caché son sourire dans sa main en baissant la tête...

La main des seins descendit sous la surface de l'eau, vers le sexe et l'autre main sur laquelle la tête était appuyée, commença un massage de la nuque, doucement, comme pour jouir de ce touché exceptionnel que procuraient les cheveux rasés.

Elle caressait ses cheveux courts et là, seule dans ce bain, elle voulait ignorer l'étrangeté de ce surcroit d'excitation que cela lui procurait. Elle n'avait pas honte, non, mais elle savait qu'elle rougirait peut être d'avouer ce genre de "bizarrerie". Qu'importe, son esprit se peuplait de fantasmes étranges, stimulés par ses caresses... à moins que ce ne soit l'inverse?

Son corps échauffé, elle voyait défiler dans sa tête cet homme au compliment sincère et imaginait avec lui une aventure soudaine et brutale alors que tout à coup la blonde venait s'associer à leurs ébats, sans cesser de couper ses cheveux... La main plongée dans l'entre-jambe faisait clapoter l'eau avec frénésie et l'autre affolait son imaginaire, ébouriffant les courtes mèches de sa chevelure.

Soudain le corps se tendit comme un arc, le souffle lui manqua quelques interminables et délicieuses secondes, elle étouffa de petits cris et repris doucement sa respiration... Les yeux toujours clos, la caresse sur sa nuque devint distraite et sensuelle et son corps glissa un peu plus dans le bain chaud.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 1 Août 2017

Photo: Samuel Bouget

Photo: Samuel Bouget

Elle avait un visage d'enfant éternelle, un peu pâle, que soulignaient des lèvres pulpeuses comme un quartier de mandarine. Pour gommer cette image d'adolescente, un jour, elle a coupé ses cheveux. Mais, comme pour conserver un reste de cette juvénilité, elle a fait cette coupe, stricte et droite qu'ont parfois les petites filles. Et puis, en guise d'affirmation, pour renier ce style enfantin, elle a fait raser la nuque, très court, très haut et dans cet espace nu elle a fait graver à l'encre de Chine un symbole étrange, façon de se rappeler chaque fois qui elle est vraiment...

Elle était devenue alors ce paradoxe de femme et d'enfant, au visage androgyne qui ne veut rien avouer, ni son âge, ni son genre. Un équilibre fragile qui pouvait être trahi par un sourire de gosse ou une ride sur le front.

Mais tout cela ne trompait que les adultes, empêtrés dans leur idées toutes faites et leurs jugements archaïques. Tout ceux qui regardaient mais ne voyaient pas. Les coeurs purs, vierges ou amoureux y découvraient bien autre choses. Un jour l'un d'eux le lui a dit...

"Tu es comme le ciel de mes nuits d'été, où les étoiles sont par milliers..."

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tendresses

Repost 0

Publié le 30 Juillet 2017

Photo: Philippe Regard

Photo: Philippe Regard

Il suffisait d'un rien, d'un accessoire ou d'un vêtement pour que la princesse devienne prince charmant. Ce n'était qu'un jeu... Et avec le temps, l'enfant devenue androgyne aimait lire le trouble dans les regards, devinait l'incertitude dans laquelle son image plongeait l'entourage. Pourtant il manquait cette touche vitale, indispensable, incontournable qui allait définitivement l'emporter à l'écart de ce monde binaire et convenu...

Elle a savouré l'instant, l'oeil amusé, s'est un peu mordu la lèvre en pensant à sa mère, mais chaque coup de ciseaux plongé dans sa chevelure l'emportait vers son idéal. La coupe presque achevée, elle a insisté, encore, plus court, oui je suis sûre s'est-elle entendu dire. 

Elle était jolie et la voilà devenue belle...Belle dans cette ambiguïté assumée qui ne tourmente que les autres, celles et ceux qui ne savent pas voir les gens heureux. Elle est sortie en caressant sa nuque, comme si elle n'en revenait pas. Elle souriait 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 28 Juillet 2017

Photo: Nick DeWolf - April 1958 Wakefield, Massachusetts - barbershop

Photo: Nick DeWolf - April 1958 Wakefield, Massachusetts - barbershop

C'était un instant mémorable... Celui où "le bonhomme" se saisissait de sa tondeuse et commençait à ratiboiser impitoyablement la nuque et le tour des oreilles de son frère. Elle ne perdait pas une miette de ce spectacle fascinant, comme un entomologiste observe la naissance d'un papillon s'extrayant de sa chrysalide. Elle trouvait son frère incroyablement beau lorsqu'il sortait à son tour du fauteuil du coiffeur et elle rêvait, elle le petit "tomboy" de la famille, d'être à sa place. Mais à chaque tentative, son père, gentiment, la ramenait à la réalité, cette réalité de petite fille... "Ahlala si on fait ça, ta mère va m'écharper!" disait-il en riant, un regard complice avec le coiffeur.

Elle avait le sentiment que cette coupe de cheveux serait, enfin, la reconnaissance de sa vraie personnalité. D'accord elle était fille, enfin, physiologiquement, sans aucun doute possible, mais les histoires des filles l'ennuyaient, les vêtements des filles l'excédaient, les jeux des filles la barbaient. Elle voulait qu'on ne l'importunât plus avec ça, une fois pour toute.

Et bien sûr, il n'était pas question d'accepter le moyen terme! Elle ne voulait pas une de ces coupes "de filles", mi-figue, mi-raisin, où le coiffeur lui-même insiste pour ne pas couper davantage, pour que ce ne soit "pas trop masculin". Non! Non et non! Ce qu'elle voulait c'était qu'on la traite à égalité avec son frère, qu'elle ait droit elle aussi à éclore, à se transformer pour être celle qu'elle était depuis toujours, camouflée derrière cette image de petite fille en queue de cheval. C'était son droit, elle ne comprenait pas qu'on le lui refusât et trouvait les raisons invoquées les plus fumeuses de la Terre. En gros c'était: "Parce que c'est comme ça!"... mais quand donc cessera-t-on de prendre les enfants pour des demeurés?

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 21 Juillet 2017

L'appel de la nuit

" Samedi. L'alcool. Les garçons qui se collent. Les filles qui se cherchent. Les garçons qui se cherchent. Les filles qui se collent..."

Tu t'enfonces dans la nuit noire des stroboscopes et l'atmosphère épaisse agite tes pas au rythme des basses. Les corps se frôlent, des mains se touchent. On se respire, on s'admire, on se repousse... Toi tu glisses dans la foule, le corps déhanché, agité par le son. Des filles échevelées t'observent à travers des battement de cils, des garçons à la peau douce aussi. Regards croisés. Dans les flashes de lumière les silhouettes se confondent. Tes vêtements, ton corps, ta nuque presque blanche d'être rasée. Tu es le miroir des garçons et l'envie des filles mais peut être que tu l'ignores... Tu danses avec lui, mais pas pour lui, une autre le remplace... Comme en transe les corps s'échauffent et les désirs aussi. Tu peux être il ou elle dans la libido de chacun, animer des fantasmes de cunni ou de sodomie sans même rougir.

Au petit jour tu quittes l'endroit, les tympans meurtris et le corps douloureux, mais ça ne compte pas. La prochaine fois tu reviendras pour choisir l'un ou l'une qui te plaira.

Citation et photo: Olivia Zinsou

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 28 Juin 2017

L'un m'a dit: " Oooh non! Pourquoi as-tu coupé tes cheveux? Tu es tellement jolie avec les cheveux longs...."

Un autre m'a dit: " Tu devrais les couper plus court, te raser la nuque et les côtés..."

Un autre encore m'a dit: " Ça te va bien les cheveux courts, sincèrement! Mais ne les coupe pas plus court, sinon ça fait trop "garçon"... "

Personne ne m'a dit: " J'aime la personne que tu es. Tout ce que tu fais me plait! "

Pourtant je n'avais rien demandé, à aucun d'eux. J'ai adoré me couper les cheveux, très court, puis les laisser repousser, un peu. C'est selon l'humeur, la saison, l'état d'esprit, l'âge aussi... 

J'aime la personne que je suis et tout ce que je fais me plait...

Photo: Mario Kroes

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 16 Juin 2017

Stupide Cupidon

Parmi les assistants, qui s'agitaient en s'efforçant d'être efficaces, elle avait finit par remarquer la jeune femme au débardeur noir, celle qui visiblement secondait le photographe, avec son grand réflecteur à la main. D'abord distraitement, pour occuper son regard, puis de manière plus appuyée, sans vraiment savoir pourquoi, elle cherchait à détailler son corps, évaluer sa silhouette, deviner sa poitrine sous le vêtement de coton noir. Ce noir qui contrastait tant avec la pâleur de sa peau. Il y avait de l'harmonie, le corps fin, presque juvénile, le regard clair, les cheveux châtains, coupés si courts qu'au premier coup d'oeil elle avait failli la confondre avec un garçon. Si elle l'avait été, elle l'aurait trouvé beau... et du coup.... elle la trouvait belle. Pourtant elle n'était jamais séduite par les autres femmes, quelques clins d'oeil complices parfois, un sourire... Sans plus. Tout à coup, elle n'en revenait pas, ne la quittait pas des yeux, se projetait vers elle, l'imaginant tout près, trop près... Elle la désirait!

Imperceptiblement elle secoua la tête, comme pour reprendre ses esprits. Ça ne pouvait pas être possible... Elle frotta sa nuque, elle aussi avait les cheveux courts et ce geste l'emporta à nouveau vers l'assistante. Tout en caressant ses cheveux elle imaginait sa main sur la nuque de la jeune femme, à la rencontre de ses mèches dorées, l'ébouriffant, l'enserrant de sa main et collant ses lèvres sur les siennes. Mon Dieu! Cette chaleur qui montait en elle...

Son allure semblait fragile, pourtant à travers la mèche qui lui masquait l'oeil, il y avait dans son regard une force et une détermination surprenante. Une rassurante confiance et cette assurance donnait du charisme à l'androgyne...

La main posée sur son épaule la fit sursauter. Elle inclina la tête, l'homme l'enlaça et il échangèrent un baiser. Elle balbutia un mot gentil, ils se sourirent et bras dessus, bras dessous s'éloignèrent du plateau... Elle tourna la tête, une fois encore... l'androgyne avait disparue.

Photo: Giulia Bertini

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0