Articles avec #nouvelles et petites histoires tag

Publié le 16 Juin 2017

Stupide Cupidon

Parmi les assistants, qui s'agitaient en s'efforçant d'être efficaces, elle avait finit par remarquer la jeune femme au débardeur noir, celle qui visiblement secondait le photographe, avec son grand réflecteur à la main. D'abord distraitement, pour occuper son regard, puis de manière plus appuyée, sans vraiment savoir pourquoi, elle cherchait à détailler son corps, évaluer sa silhouette, deviner sa poitrine sous le vêtement de coton noir. Ce noir qui contrastait tant avec la pâleur de sa peau. Il y avait de l'harmonie, le corps fin, presque juvénile, le regard clair, les cheveux châtains, coupés si courts qu'au premier coup d'oeil elle avait failli la confondre avec un garçon. Si elle l'avait été, elle l'aurait trouvé beau... et du coup.... elle la trouvait belle. Pourtant elle n'était jamais séduite par les autres femmes, quelques clins d'oeil complices parfois, un sourire... Sans plus. Tout à coup, elle n'en revenait pas, ne la quittait pas des yeux, se projetait vers elle, l'imaginant tout près, trop près... Elle la désirait!

Imperceptiblement elle secoua la tête, comme pour reprendre ses esprits. Ça ne pouvait pas être possible... Elle frotta sa nuque, elle aussi avait les cheveux courts et ce geste l'emporta à nouveau vers l'assistante. Tout en caressant ses cheveux elle imaginait sa main sur la nuque de la jeune femme, à la rencontre de ses mèches dorées, l'ébouriffant, l'enserrant de sa main et collant ses lèvres sur les siennes. Mon Dieu! Cette chaleur qui montait en elle...

Son allure semblait fragile, pourtant à travers la mèche qui lui masquait l'oeil, il y avait dans son regard une force et une détermination surprenante. Une rassurante confiance et cette assurance donnait du charisme à l'androgyne...

La main posée sur son épaule la fit sursauter. Elle inclina la tête, l'homme l'enlaça et il échangèrent un baiser. Elle balbutia un mot gentil, ils se sourirent et bras dessus, bras dessous s'éloignèrent du plateau... Elle tourna la tête, une fois encore... l'androgyne avait disparue.

Photo: Giulia Bertini

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 20 Mai 2017

Photo: Yana Bardadim

Photo: Yana Bardadim

Il était une fois.... Karolina que tout le monde appelle Cléo, une jeune femme qui vit en Pologne. Comme Cléo est bien jolie, elle agrémente sa vie d'étudiante en posant pour quelques photographes et finit par en trouver un qui lui plait bien. 

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Fin...

Non j'déconne!

Donc Cléo est jolie, un regard qui "accroche", des traits délicats, grande et mince, ses cheveux longs et châtains tombant sur les épaules. Mais un jour, parlant de tout et de rien avec son boyfriend, elle s'interroge à voix haute:" Je me demande à quoi je pourrais ressembler avec les cheveux courts...?" Ni une ni deux... ni trois ni quatre d'ailleurs, son petit ami bondit sur son ordinateur et en quelques clics de Photoshop sort une photo avec la belle ratiboisée. Troublant... très troublant. Et amusant. Comme le montage est plutôt réussi, la jeune femme le poste sur son Instagram.

Cléo CwiekLe lendemain, les réactions sont nombreuses...et élogieuses. Alors l'idée un peu folle qui lui trottait dans la tête prend finalement corps et bascule dans la réalité, Cléo va se faire tondre!

Et comme elle est charitable, elle en profite pour faire don de sa chevelure à Locks of Love, une association nord américaine qui aide les enfants malades. D'une pierre, deux coups.

Inutile de dire que la transformation propulse la jeune Cléo sur tous les podiums à travers le monde et bouleverse considérablement sa vie.

Moralité: les idées folles ne le sont pas toujours autant qu'on l'imagine, tant qu'on ne les a pas concrétisées. 

 

Modèle: Cleo Cwiek

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Divers & variés, #Portrait

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Publié le 17 Mai 2017

Emily Gafford

Emily Gafford

Ce sont là des choses bien étranges qu'elle même ne sait pas expliquer. Pourquoi le faudrait-il d'ailleurs? Elle n'est pas tourmentée, ni troublée comme l'adolescent qui découvre sa sexualité. Elle a toujours été ainsi. Une femme avec une personnalité de garçon. C'est naturel, elle se dit même que toutes devraient être comme elle, après tout. Elle n'attend rien, de personne, sinon du respect, comme tout un chacun. Elle a tout appris de son père, de sa mère et de la bienveillance de son entourage. Sans que jamais on lui dise que cela n'était pas possible à cause de son genre. Sa mère lui a montré comment être femme et avec son père, elle était aventurière. 

Depuis toujours elle a les cheveux courts. Petite, la toute première fois elle s'est sentie triste de voir ses boucles blondes rouler, inertes et choir sur le sol carrelé. Mais très vite ce fut un sentiment de plus grande liberté et une image d'elle qu'elle trouvait valorisante. Assez vite elle ne s'est plus contentée d'accompagner sa mère 3 ou 4 fois l'année chez le coiffeur. Elle a voulu suivre son père.  Sa mère fut en colère de voir sa nuque tondue. Elle fit le dos rond, glissant un clin d'oeil à son père complice qui, seul, affronta la tempête.

Devenue presque femme, lorsqu'un jour elle retourna chez ce coiffeur où son père l'accompagnait, ce fut comme une bouffée de nostalgie, un courant d'air venu d'antan. Les yeux clos, la tête penchée en avant, la tondeuse qui moissonnait sa nuque fit surgir plein de souvenir d'une enfance heureuse. Dans ces parfums familiers, elle renouait avec sa vraie personnalité, retrouvait la liberté d'être la femme unique, aimant en elle cette parfaite harmonie de genre.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 26 Mars 2017

Elle était le seul garçon que je connaissais. Je ne sais pas si c'est son allure qui m'a attaché à elle, ou sa façon de gouailler comme un beau voyou, mais si je ne l'avais jamais été, je crois que j'aurais pu être amoureux d'elle et cela me troublait.

Je n'aimais rien tant que sa mine boudeuse, le cou engoncé dans un col de fourrure qui masquait sa nuque toujours rasée et sa blondeur n'adoucissait pas son regard froncé qui voulait transpercer celui des autres.

Trop de fierté, trop de craintes, elle se protégeait sans cesse et cela lui donnait un charme terrible et provoquant qui obligeait constamment à marcher sur le fil d'un rasoir fatal.

Je crois que je l'aimais comme un garçon, juste parce que je la savais fille. Cela effaçait toute la vulgarité du masculin dont elle se parait, le regard hautain, la cigarette aux lèvres, la bière à la main. Cette illusion ne parvenait pas à me tromper. Au contraire, elle me fascinait, m'attirait comme un aimant. Elle donnait l'illusion de n'avoir besoin de personne et moi, si je m'éloignais de lui, mon coeur me faisait mal.

Photo: Txema Yeste

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 12 Mars 2017

Photo: @clai.rence

Photo: @clai.rence

C'était un dimanche matin. Un peu de pluie avait arrosé les rues de la ville mais l'air était doux comme au printemps. A cette heure l'endroit n'était pas très agité, on entendait un air de jazz au fond du bar, quelque chose de lent et suave. Le serveur avait à peine prête attention à elle, se contentant d'apporter le thé noir qu'elle avait commandé et de laisser la note, coincée sous un cendrier.

Sur son Moleskine elle avait gribouillé deux trois choses que l'atmosphère lui inspirait, une perspective, comme un chemin vers l'horizon, une bouche pulpeuse qui souriait, une silhouette sans visage, à la tête ronde... Elle esquissa un sourire, passa une main derrière son oreille, caressant les cheveux encore ras, ébouriffa vainement le dessus, encore trop dru, trop court pour être décoiffé, caressa la nuque rasée... Tant de choses avaient changé.

Elle se mit à écrire, d'une belle écriture ronde et légère.

"Ce jour là, ma vie a changé..." sans s'arrêter, sa plume courrait sur le papier, la délivrant de son histoire. Elle racontait sans le nommer, comment "il" l'avait enfermée dans sa propre vie, comment sa "gueule d'amour" l'avait trompée, comment "il" l'avait manipulée, bafouée et toutes ces rivières de larmes qu'elle avait versées... Jusqu'à ce mot: Adieu!

Elle est partie, brûlant tout derrière elle, ne laissant aucune trace. Elle s'est installée loin, dans une nouvelle vie. Dans cet élan, pleine de courage, elle a coupé ses cheveux, pas juste un peu, pas pour se plaire, non. C'est comme si en se dépouillant de sa chevelure elle renaissait, nouvelle, plus forte, enfin vivante. Sa tête fraîchement tondue lui est apparue familière, comme lorsqu'on retrouve une amie adorée et perdue de vue depuis trop longtemps. Son coeur cognait fort, elle était exaltée, excitée par cette peur au fur et à mesure qu'on la rasait. Elle souriait, les yeux bordés de larmes tout en se sentant infiniment légère, libre de tout. Elle s'est plu.

Depuis elle garde ses cheveux très courts, caressant volontiers sa tête comme l'enfant se rassure en serrant son doudou et à chaque fois se régénère, retrouvant un peu de cette exaltation du premier jour de sa nouvelle vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 11 Février 2017

Photo: Eleonora Sabet

Photo: Eleonora Sabet

Il arrive parfois que céder à ses envies donne le sentiment d'atteindre la folie. Comme lorsque, presque distraitement, le coiffeur vous demande si ça va comme ça, ou si "on" fait plus court... Et là... Comment dire?

Dans la fraction de seconde, vous sentez ce fluide étrange, ce court-circuit qui met la machine hors de contrôle. Il n'y a pas d'odeur de brulé, il n'y a pas d'explosion, ni de fusible fondu, apparemment, mais d'un seul coup vous vous entendez dire... "oui oui, plus court!" Et c'est dit avec tellement de conviction, tellement d'assurance, que même le coiffeur est pris à contre-pied.

Finalement, c'est un peu comme une jolie surprise, un truc auquel personne ne s'attendait et tout le monde semble ravi. Le coiffeur abandonne sa paire de ciseaux rassurante pour une tondeuse qui donne un peu le trac. Mais c'est la folie, alors on plonge la tête en avant, à la grâce de Dieu, les hommes et les enfants d'abord et puis zut! Depuis le temps que vous vous dites qu'il faut le faire, que vous en avez envie et que cela vous tente et qu'à chaque fois vous renoncez parce que vous vous dites que "les autres" ne vont pas vous reconnaitre, vont vous faire des reproches, vont se moquer... pour finalement s'en foutre.

Alors c'est le moment! Et ce qui n'était qu'un rendez vous de routine devient le jour du changement. Tout le monde vous connaissait avec cette coupe bien sage, un peu "féminisée", pas trop court, même si déjà cela semblait trop pour certain(e)s. Eh bien ce temps est révolu. Une poignée de minute après ce "coup de folie", vous voilà avec les tempes nues et la nuque rasée, comme vous vous êtes souvent imaginée. Et l'image que vous avez de vous, là, maintenant, est tellement plus belle que celle dont vous rêviez, que vous avez presque envie de vous embrasser pour vous remercier d'avoir autant de courage, pendant que votre main qui caresse ce cou tondu n'en revient pas de découvrir enfin cette sensation évoquée par celles qui ont depuis longtemps osé...

La folie fut passagère... mais quel bonheur.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 8 Février 2017

Julia Cummings par Stef Mitchell

Julia Cummings par Stef Mitchell

Peut être qu'à la poursuite du lapin blanc, tu es tombé(e) dans le trou et que tu t'es retrouvé(e) au Pays des Merveilles? Et là, Cendrillon assise sur une citrouille, discutait le bout d'gras avec une belle gosse habillée en chevalier alors que plus loin Blanche-Neige coachait une équipe de rugby à 7 en modèle réduit. Peut être?

Du coup, tu t'es dit que tu avais toutes tes chances, dans ce coin là, pour rencontrer... la Princesse Charmante! Parce que oui, franchement, c'est pas dans les contes du vieux Charlie Perrault que tu as trouvé ton bonheur. Avec lui, il n'y a que les princes qui sont charmants, qui arrivent sur de beaux chevaux blancs, zigouillent les dragons et emballent les princesses, endormies comme des pauvres demeurées.

Toi ton rêve, ce serait plutôt une princesse bien badass, harnachée façon Furiosa, qui déboulerait au volant d'une Caterham et te ferait un clin d'oeil pour embarquer avec elle...Ben oui! Une dure à cuir qui aurait la peau douce comme un lever de soleil sur la mer, un regard plein de malice et des envies de tendresse. Une princesse aux cheveux courts, bien sûr, qui s'inquiéterait de son prochain rendez vous chez le coiffeur, pas comme l'autre blondasse qui s'inquiète de la pendule pour pas se retrouver avec une citrouille à la place du carrosse... Qui aurait la nuque douce comme un vison et les oreilles dégagées d'une guerrière, avec des yeux de biche et des lèvres gourmandes comme un fruit d'été... Aaaaah!

Bon alors, reprenons:

Il était une fois.... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 29 Novembre 2016

Suzanne Rivère

Suzanne Rivère

Alors voilà! C'est l'histoire d'une petite fille atteinte de leucémie. Elle va bien, son traitement est en train de la sauver, sans doute. Mais c'est dur pour elle qui a 11 ans, de voir sa tête dans le miroir. Ses cheveux commencent à peine a repousser et partout où elle porte son regard, nulle part elle ne voit d'exemple, d'image à laquelle s'accrocher pour se persuader que la maladie ne lui a pas enlevé aussi son état de fille... Jusqu'au jour où elle croise une jolie jeune femme, élégante, fraiche, souriante, sophistiquée et visiblement bien dans sa peau. Elle est blonde et ses cheveux sont tondus. Enfin, coupés très courts, tondus c'est un mot trop brutal pour elle. Et voilà que tout change dans le regard de la petite fille. Elle découvre une belle femme, belle malgré les cheveux ras, comme les siens, tellement belle qu'on la remercierait presque d'avoir les cheveux si courts, persuadé qu'elle le serait peut être moins sans cela. 

La petite fille s'approche, sourit. La jeune femme lui rend son sourire. Elle a un transport à prendre mais elle sent que ce moment là est important. Elle s'assoit, dit bonjour et la petite fille lui demande si elle aussi elle a été malade. Alors la jolie jeune femme dit que non, qu'elle aime bien avoir les cheveux très courts, qu'elle trouve que cela lui va bien et que l'essentiel pour elle est d'être comme elle se plait. Puis elle regarde la petite fille et elle la sent triste de ne pas avoir de beaux cheveux longs comme les autres fillettes. Alors elle lui dit qu'elle la trouve jolie et que puisqu'elle ne peut pas faire autrement, il faut qu'elle s'aime quand même parce qu'elle est unique ainsi et que tout les gens qui l'aiment l'aiment telle qu'elle est...

La petite fille fait une jolie moue, elle lâche: " Moi aussi j'aime bien, mais c'est juste que j'avais jamais vu personne comme toi et que je me disais que je ne pourrais pas rester ainsi une fois guérie"

Depuis cette rencontre, la petite fille a décidé qu'elle garderait les cheveux très courts, juste pour dire que ce n'est pas la maladie qui l'y a contrainte, mais parce qu'elle aime bien ça, comme la jolie jeune femme blonde.

Photo: Juste RM

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 30 Octobre 2016

Ekaterina Volkova

Ekaterina Volkova

De loin il l'a vu s'approcher. Imperceptiblement il a ralenti, le regard fixé sur la silhouette gracieuse. Elle avait une allure franche, un peu altière, un pas souple. Marchant sur le même trottoir, leur rencontre était inéluctable. De plus près il percevait d'autres détails, la qualité de son vêtement, la délicatesse de ses doigts qui tenaient une cigarette avec une certaine élégance, du bout des phalanges...

L'insistance avec laquelle il la dévisageait attira son regard à elle. Ils se croisèrent des yeux avant de se croiser du corps. Son visage seul émergeait des lainages, son cou mangé par un col roulé de cachemire. Le fard était discret et de bon goût, comme ses lèvres au dessin parfait, à peine soulignées de maquillage. Ses paupières lourdes étiraient ses yeux en amande et ses pommettes saillantes accentuaient cette impression d'Europe Centrale au léger parfum d'Asie.

Ses cheveux étaient tondus, une coupe si courte que l'épaisseur d'un doigt aurait suffit à les mesurer. Sans doute avaient ils été plus courts encore, presque rasés et repoussant, ils prenaient cette allure de pelage, soyeux et dru. Et cela donnait à sa féminité un charme particulier et envoutant.

Ils se sont croisés, sans se quitter du regard, le visage neutre, sans sourire ni inquiétude. Il n'a pas osé se retourner, a écouté ses talons claquer sur le trottoir au rythme de sa démarche, ni lente ni pressée. Le bruit s'est estompé, puis a disparu. Il n'a voulu gardé que le souvenir de son regard, bleu comme la mer de Kara.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 14 Août 2016

Shila-Garner-par-Dylan-Duvall.jpg

L'air sentait le bois huilé, l'acier et la graisse d'arme. Une vieille banquette de cuir, une table en formica meublaient la pièce. Sur la table était posé le M24. Sans doute son seul compagnon... 

 

Les gens se demandaient comment une jolie fille comme ça pouvait en arriver là. Les gens oui, pas elle. D'ailleurs ça l'agaçait qu'on la traite de "jolie fille". La réalité c'est que depuis longtemps elle se considérait sans genre définit. Elle était parvenue à s'extraire de ce cadre normalisé et à évoluer dans la vie sans aucune contingence liée au masculin ou au féminin. Affranchie de ces limites, elle ne voulait rendre compte à personne. C'était son choix. Toujours là où on ne l'attendait pas. Mais son coeur était vide. Pourtant elle séduisait et se laissait séduire, garçon, fille, au gré de ses désirs, mais jamais rien ne l'attachait. Le corps tatoué, les cheveux courts, le regard maquillé, elle agaçait ou elle attirait, mais son coeur restait vide...

 

D'une boite de carton bistre elle a extrait une longue cartouche de 7,62 au laiton luisant et doucement l'a laissé glisser dans la culasse du fusil. Presque sans effort elle a poussé le levier vers l'avant, verouillant l'arme. Sa respiration s'est faite plus lourde. Elle a passé une main dans ses cheveux ras, glissé un doigt sur ses lèvres, puis doucement a couché sa joue sur la crosse et ajusté son regard à la lunette déjà réglée... 

 

Au jour le jour, sans personne à aimer durablement, solitaire mais pas dans la solitude. C'était le prix à payer, parfois élevé, parfois dérisoire...

 

 

Modèle: Shila Garner

Titre: Mon légionnaire - Edith Piaf

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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