Articles avec #nouvelles et petites histoires tag

Publié le 26 Mars 2017

Elle était le seul garçon que je connaissais. Je ne sais pas si c'est son allure qui m'a attaché à elle, ou sa façon de gouailler comme un beau voyou, mais si je ne l'avais jamais été, je crois que j'aurais pu être amoureux d'elle et cela me troublait.

Je n'aimais rien tant que sa mine boudeuse, le cou engoncé dans un col de fourrure qui masquait sa nuque toujours rasée et sa blondeur n'adoucissait pas son regard froncé qui voulait transpercer celui des autres.

Trop de fierté, trop de craintes, elle se protégeait sans cesse et cela lui donnait un charme terrible et provoquant qui obligeait constamment à marcher sur le fil d'un rasoir fatal.

Je crois que je l'aimais comme un garçon, juste parce que je la savais fille. Cela effaçait toute la vulgarité du masculin dont elle se parait, le regard hautain, la cigarette aux lèvres, la bière à la main. Cette illusion ne parvenait pas à me tromper. Au contraire, elle me fascinait, m'attirait comme un aimant. Elle donnait l'illusion de n'avoir besoin de personne et moi, si je m'éloignais de lui, mon coeur me faisait mal.

Photo: Txema Yeste

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 12 Mars 2017

Photo: @clai.rence

Photo: @clai.rence

C'était un dimanche matin. Un peu de pluie avait arrosé les rues de la ville mais l'air était doux comme au printemps. A cette heure l'endroit n'était pas très agité, on entendait un air de jazz au fond du bar, quelque chose de lent et suave. Le serveur avait à peine prête attention à elle, se contentant d'apporter le thé noir qu'elle avait commandé et de laisser la note, coincée sous un cendrier.

Sur son Moleskine elle avait gribouillé deux trois choses que l'atmosphère lui inspirait, une perspective, comme un chemin vers l'horizon, une bouche pulpeuse qui souriait, une silhouette sans visage, à la tête ronde... Elle esquissa un sourire, passa une main derrière son oreille, caressant les cheveux encore ras, ébouriffa vainement le dessus, encore trop dru, trop court pour être décoiffé, caressa la nuque rasée... Tant de choses avaient changé.

Elle se mit à écrire, d'une belle écriture ronde et légère.

"Ce jour là, ma vie a changé..." sans s'arrêter, sa plume courrait sur le papier, la délivrant de son histoire. Elle racontait sans le nommer, comment "il" l'avait enfermée dans sa propre vie, comment sa "gueule d'amour" l'avait trompée, comment "il" l'avait manipulée, bafouée et toutes ces rivières de larmes qu'elle avait versées... Jusqu'à ce mot: Adieu!

Elle est partie, brûlant tout derrière elle, ne laissant aucune trace. Elle s'est installée loin, dans une nouvelle vie. Dans cet élan, pleine de courage, elle a coupé ses cheveux, pas juste un peu, pas pour se plaire, non. C'est comme si en se dépouillant de sa chevelure elle renaissait, nouvelle, plus forte, enfin vivante. Sa tête fraîchement tondue lui est apparue familière, comme lorsqu'on retrouve une amie adorée et perdue de vue depuis trop longtemps. Son coeur cognait fort, elle était exaltée, excitée par cette peur au fur et à mesure qu'on la rasait. Elle souriait, les yeux bordés de larmes tout en se sentant infiniment légère, libre de tout. Elle s'est plu.

Depuis elle garde ses cheveux très courts, caressant volontiers sa tête comme l'enfant se rassure en serrant son doudou et à chaque fois se régénère, retrouvant un peu de cette exaltation du premier jour de sa nouvelle vie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 11 Février 2017

Photo: Eleonora Sabet

Photo: Eleonora Sabet

Il arrive parfois que céder à ses envies donne le sentiment d'atteindre la folie. Comme lorsque, presque distraitement, le coiffeur vous demande si ça va comme ça, ou si "on" fait plus court... Et là... Comment dire?

Dans la fraction de seconde, vous sentez ce fluide étrange, ce court-circuit qui met la machine hors de contrôle. Il n'y a pas d'odeur de brulé, il n'y a pas d'explosion, ni de fusible fondu, apparemment, mais d'un seul coup vous vous entendez dire... "oui oui, plus court!" Et c'est dit avec tellement de conviction, tellement d'assurance, que même le coiffeur est pris à contre-pied.

Finalement, c'est un peu comme une jolie surprise, un truc auquel personne ne s'attendait et tout le monde semble ravi. Le coiffeur abandonne sa paire de ciseaux rassurante pour une tondeuse qui donne un peu le trac. Mais c'est la folie, alors on plonge la tête en avant, à la grâce de Dieu, les hommes et les enfants d'abord et puis zut! Depuis le temps que vous vous dites qu'il faut le faire, que vous en avez envie et que cela vous tente et qu'à chaque fois vous renoncez parce que vous vous dites que "les autres" ne vont pas vous reconnaitre, vont vous faire des reproches, vont se moquer... pour finalement s'en foutre.

Alors c'est le moment! Et ce qui n'était qu'un rendez vous de routine devient le jour du changement. Tout le monde vous connaissait avec cette coupe bien sage, un peu "féminisée", pas trop court, même si déjà cela semblait trop pour certain(e)s. Eh bien ce temps est révolu. Une poignée de minute après ce "coup de folie", vous voilà avec les tempes nues et la nuque rasée, comme vous vous êtes souvent imaginée. Et l'image que vous avez de vous, là, maintenant, est tellement plus belle que celle dont vous rêviez, que vous avez presque envie de vous embrasser pour vous remercier d'avoir autant de courage, pendant que votre main qui caresse ce cou tondu n'en revient pas de découvrir enfin cette sensation évoquée par celles qui ont depuis longtemps osé...

La folie fut passagère... mais quel bonheur.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 8 Février 2017

Julia Cummings par Stef Mitchell

Julia Cummings par Stef Mitchell

Peut être qu'à la poursuite du lapin blanc, tu es tombé(e) dans le trou et que tu t'es retrouvé(e) au Pays des Merveilles? Et là, Cendrillon assise sur une citrouille, discutait le bout d'gras avec une belle gosse habillée en chevalier alors que plus loin Blanche-Neige coachait une équipe de rugby à 7 en modèle réduit. Peut être?

Du coup, tu t'es dit que tu avais toutes tes chances, dans ce coin là, pour rencontrer... la Princesse Charmante! Parce que oui, franchement, c'est pas dans les contes du vieux Charlie Perrault que tu as trouvé ton bonheur. Avec lui, il n'y a que les princes qui sont charmants, qui arrivent sur de beaux chevaux blancs, zigouillent les dragons et emballent les princesses, endormies comme des pauvres demeurées.

Toi ton rêve, ce serait plutôt une princesse bien badass, harnachée façon Furiosa, qui déboulerait au volant d'une Caterham et te ferait un clin d'oeil pour embarquer avec elle...Ben oui! Une dure à cuir qui aurait la peau douce comme un lever de soleil sur la mer, un regard plein de malice et des envies de tendresse. Une princesse aux cheveux courts, bien sûr, qui s'inquiéterait de son prochain rendez vous chez le coiffeur, pas comme l'autre blondasse qui s'inquiète de la pendule pour pas se retrouver avec une citrouille à la place du carrosse... Qui aurait la nuque douce comme un vison et les oreilles dégagées d'une guerrière, avec des yeux de biche et des lèvres gourmandes comme un fruit d'été... Aaaaah!

Bon alors, reprenons:

Il était une fois.... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 29 Novembre 2016

Suzanne Rivère

Suzanne Rivère

Alors voilà! C'est l'histoire d'une petite fille atteinte de leucémie. Elle va bien, son traitement est en train de la sauver, sans doute. Mais c'est dur pour elle qui a 11 ans, de voir sa tête dans le miroir. Ses cheveux commencent à peine a repousser et partout où elle porte son regard, nulle part elle ne voit d'exemple, d'image à laquelle s'accrocher pour se persuader que la maladie ne lui a pas enlevé aussi son état de fille... Jusqu'au jour où elle croise une jolie jeune femme, élégante, fraiche, souriante, sophistiquée et visiblement bien dans sa peau. Elle est blonde et ses cheveux sont tondus. Enfin, coupés très courts, tondus c'est un mot trop brutal pour elle. Et voilà que tout change dans le regard de la petite fille. Elle découvre une belle femme, belle malgré les cheveux ras, comme les siens, tellement belle qu'on la remercierait presque d'avoir les cheveux si courts, persuadé qu'elle le serait peut être moins sans cela. 

La petite fille s'approche, sourit. La jeune femme lui rend son sourire. Elle a un transport à prendre mais elle sent que ce moment là est important. Elle s'assoit, dit bonjour et la petite fille lui demande si elle aussi elle a été malade. Alors la jolie jeune femme dit que non, qu'elle aime bien avoir les cheveux très courts, qu'elle trouve que cela lui va bien et que l'essentiel pour elle est d'être comme elle se plait. Puis elle regarde la petite fille et elle la sent triste de ne pas avoir de beaux cheveux longs comme les autres fillettes. Alors elle lui dit qu'elle la trouve jolie et que puisqu'elle ne peut pas faire autrement, il faut qu'elle s'aime quand même parce qu'elle est unique ainsi et que tout les gens qui l'aiment l'aiment telle qu'elle est...

La petite fille fait une jolie moue, elle lâche: " Moi aussi j'aime bien, mais c'est juste que j'avais jamais vu personne comme toi et que je me disais que je ne pourrais pas rester ainsi une fois guérie"

Depuis cette rencontre, la petite fille a décidé qu'elle garderait les cheveux très courts, juste pour dire que ce n'est pas la maladie qui l'y a contrainte, mais parce qu'elle aime bien ça, comme la jolie jeune femme blonde.

Photo: Juste RM

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 30 Octobre 2016

Ekaterina Volkova

Ekaterina Volkova

De loin il l'a vu s'approcher. Imperceptiblement il a ralenti, le regard fixé sur la silhouette gracieuse. Elle avait une allure franche, un peu altière, un pas souple. Marchant sur le même trottoir, leur rencontre était inéluctable. De plus près il percevait d'autres détails, la qualité de son vêtement, la délicatesse de ses doigts qui tenaient une cigarette avec une certaine élégance, du bout des phalanges...

L'insistance avec laquelle il la dévisageait attira son regard à elle. Ils se croisèrent des yeux avant de se croiser du corps. Son visage seul émergeait des lainages, son cou mangé par un col roulé de cachemire. Le fard était discret et de bon goût, comme ses lèvres au dessin parfait, à peine soulignées de maquillage. Ses paupières lourdes étiraient ses yeux en amande et ses pommettes saillantes accentuaient cette impression d'Europe Centrale au léger parfum d'Asie.

Ses cheveux étaient tondus, une coupe si courte que l'épaisseur d'un doigt aurait suffit à les mesurer. Sans doute avaient ils été plus courts encore, presque rasés et repoussant, ils prenaient cette allure de pelage, soyeux et dru. Et cela donnait à sa féminité un charme particulier et envoutant.

Ils se sont croisés, sans se quitter du regard, le visage neutre, sans sourire ni inquiétude. Il n'a pas osé se retourner, a écouté ses talons claquer sur le trottoir au rythme de sa démarche, ni lente ni pressée. Le bruit s'est estompé, puis a disparu. Il n'a voulu gardé que le souvenir de son regard, bleu comme la mer de Kara.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 14 Août 2016

Shila-Garner-par-Dylan-Duvall.jpg

L'air sentait le bois huilé, l'acier et la graisse d'arme. Une vieille banquette de cuir, une table en formica meublaient la pièce. Sur la table était posé le M24. Sans doute son seul compagnon... 

 

Les gens se demandaient comment une jolie fille comme ça pouvait en arriver là. Les gens oui, pas elle. D'ailleurs ça l'agaçait qu'on la traite de "jolie fille". La réalité c'est que depuis longtemps elle se considérait sans genre définit. Elle était parvenue à s'extraire de ce cadre normalisé et à évoluer dans la vie sans aucune contingence liée au masculin ou au féminin. Affranchie de ces limites, elle ne voulait rendre compte à personne. C'était son choix. Toujours là où on ne l'attendait pas. Mais son coeur était vide. Pourtant elle séduisait et se laissait séduire, garçon, fille, au gré de ses désirs, mais jamais rien ne l'attachait. Le corps tatoué, les cheveux courts, le regard maquillé, elle agaçait ou elle attirait, mais son coeur restait vide...

 

D'une boite de carton bistre elle a extrait une longue cartouche de 7,62 au laiton luisant et doucement l'a laissé glisser dans la culasse du fusil. Presque sans effort elle a poussé le levier vers l'avant, verouillant l'arme. Sa respiration s'est faite plus lourde. Elle a passé une main dans ses cheveux ras, glissé un doigt sur ses lèvres, puis doucement a couché sa joue sur la crosse et ajusté son regard à la lunette déjà réglée... 

 

Au jour le jour, sans personne à aimer durablement, solitaire mais pas dans la solitude. C'était le prix à payer, parfois élevé, parfois dérisoire...

 

 

Modèle: Shila Garner

Titre: Mon légionnaire - Edith Piaf

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 13 Août 2016

Amra Cerkezovic for Ter et Bantine 05

Certains jours, sur cette terre sauvage battue par la mer furieuse et écrasée par un ciel d'orage, si la chance sourit, on l'aperçoit, de loin, parcourir la lande sans qu'elle paraisse contrainte par la tourbe et les bruyères, aussi légère et mystèrieuse qu'une fée. Elle prend l'apparence d'une androgyne aux cheveux courts, coiffés par le vent et marche à grands pas, faisant flotter son étole de fourrure. Rien ne semble pouvoir la détourner et les grands cerfs l'accompagnent du regard. On ne serait presque pas étonné de voir à sa suite quelques gnomes et lutins. Pourtant elle n'est ni Morgane ni Viviane et aucun elfe ni nymphe ne l'accompagnent...

A la pierre plate elle s'abrite du ciel qui menace, étale sa pelisse et s'allonge. L'imaginaire s'affole et on voudrait la voir se dévêtir au son d'incantations promettant un étrange rituel... 

La réalité est plus belle lorsqu'on découvre la brune androgyne accueillant dans ses bras un jeune homme aussi blond que les fleurs d'ajoncs qui marquent le chemin. Ils s'étreignent, se serrent, se bousculent, comme assoiffés l'un de l'autre. Leurs mains comme celles d'aveugles effrénés, parcours leur corps, ébourriffent leurs cheveux...

Au loin l'orage tonne et dans l'air tiède on sent l'odeur de la terre qui se mouille. Mais les enfants, leurs lèvres soudées dans un baiser sans fin, illuminent la lande...

 

Photo: Boo George

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 1 Août 2016

Cahier de vacances - "Un intellectuel assis va moins loin qu'un con qui marche" 10/2014

Par inadvertance sans doute, j'ai eu la fâcheuse idée, ce matin là précisément, d'aller déposer un chèque de rançon que me réclamait depuis longtemps l'organisation "Trésor Public" sous peine de me jeter à la rue moi et toute ma descendance.

Et comme un malheur n'arrive jamais seul, je me suis retrouvé à faire la queue juste derrière monsieur Maurice "Momo" l'épicier qui paru fort content de trouver une oreille familière pour y déverser sa bile verbale, le thème du jour étant : "Plus rien ne marche dans ce pays et où va le monde, j'vous d'mande un peu..."

N'ayant aucune échappatoire et rien d'autre à faire j'encaissais sa diatribe sur les bons à rien qui nous gouvernent, jusqu'au moment inévitable où monsieur Momo en vint à parler de mariage pour tous, de pma et de gpa, tous sujets auxquels il n'entendait rien sauf à considérer que ces pauv' homosexuel(le)s ne faisaient rien pour arranger les choses...

"Figurez vous, me dit-il, que bientôt les femmes seront toutes plus tatouées qu'un bataillon d' Coloniaux. Dans l'temps y avait guère que les marins, les soldats ou les taulards qui s'faisaient piquer. Aujourd'hui, des fois on sait même plus à qui on a à faire. Les cheveux courts, les costumes, les tatouages, tout ça c'est des trucs d'homme, non? Alors forcément si les femmes se mettent à la place des hommes, y a un twist que'que part..."

J'avoue que j'ai lâchement fait la moue et opiné du chef. Je n'imaginais pas lancer un débat sur le genre et l'égalité des choix, dans cet endroit où visiblement j'aurais pu finir lynché avant la fin de ma première phrase.

Photo: Terra Juana

Citation: M. Audiard - Un taxi pour Tobrouk

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Juillet 2016

Ruben-Jacob-Fees.jpg

Tout ceux qui la connaissent disent la même chose. C'est une fille douce et gentille, souriante, toujours aimable. Personne ne lui connaît d'histoire. Une allure de lycéenne, mignonne, la coupe au carré toujours impeccable... C'est fou comme on croit connaître les gens...

Une voix, un message sur son répondeur et le regard juvénile s'est voilé, les yeux bleus ont virés au noir. Elle n'est pas rentré chez elle, a pris un taxi qui l'a déposée devant un hôtel de luxe. Au bar à côté d'elle, un homme a oublié son journal. Elle est ressortie en déchiffrant le message dans les petites annonces. Gare du Nord, direction Bruxelles, le Thalys de 15h25. Blonde, des lunettes de soleil. Dans les toilettes de la voiture 24, sous la trappe de plancher elle récupère un P99 avec un silencieux qu'elle glisse dans sa ceinture. Bruxelles 18h30. Elle est dans le hall de l'immeuble, elle attend. Le type a passé la porte cochère, entre dans le hall, appelle l'ascenseur. Une voix de femme derrière lui l'interpelle: "monsieur Van Der Luyne?" Dans le demi jour il se retourne et répond: " Oui....? " Puis sa vie s'arrête. La première balle est entrée dans l'oeil en fracassant les lunettes. Deux autres ont frappé son coeur.

Elle se penche, palpe l'aorte, ramasse les 3 étuis de 9 mm et disparaît dans le métro.

Boulevard Léopold II elle jette l'arme dans le canal et file vers la gare du Midi. 20h15

22h00 elle retrouve son appartement rue de Clignancourt, au pied du Sacré Coeur. Madame Berthelot a glissé un mot sous la porte pour dire que son mari passerait demain changer l'ampoule de la cuisine... Un travail d'homme assurément.

 

Photo: Ruben Jacob Fees

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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