Articles avec #nouvelles et petites histoires tag

Publié le 14 Août 2017

Photo: Dustin Condren

Photo: Dustin Condren

Après que sa main ait glissé doucement vers ses seins, elle ferma les yeux et l'image qui lui vint en premier fut celle de cette fille, la blonde qui lui avait coupé les cheveux.. Elle avait un regard doux et des gestes délicats. Puis tout de suite après vint l'image de cet homme qui lui souriait dans la rue. Elle l'avait croisé, il avait fait un compliment, sans même s'arrêter, elle n'avait pas répondu, ne s'était pas retournée et avait caché son sourire dans sa main en baissant la tête...

La main des seins descendit sous la surface de l'eau, vers le sexe et l'autre main sur laquelle la tête était appuyée, commença un massage de la nuque, doucement, comme pour jouir de ce touché exceptionnel que procuraient les cheveux rasés.

Elle caressait ses cheveux courts et là, seule dans ce bain, elle voulait ignorer l'étrangeté de ce surcroit d'excitation que cela lui procurait. Elle n'avait pas honte, non, mais elle savait qu'elle rougirait peut être d'avouer ce genre de "bizarrerie". Qu'importe, son esprit se peuplait de fantasmes étranges, stimulés par ses caresses... à moins que ce ne soit l'inverse?

Son corps échauffé, elle voyait défiler dans sa tête cet homme au compliment sincère et imaginait avec lui une aventure soudaine et brutale alors que tout à coup la blonde venait s'associer à leurs ébats, sans cesser de couper ses cheveux... La main plongée dans l'entre-jambe faisait clapoter l'eau avec frénésie et l'autre affolait son imaginaire, ébouriffant les courtes mèches de sa chevelure.

Soudain le corps se tendit comme un arc, le souffle lui manqua quelques interminables et délicieuses secondes, elle étouffa de petits cris et repris doucement sa respiration... Les yeux toujours clos, la caresse sur sa nuque devint distraite et sensuelle et son corps glissa un peu plus dans le bain chaud.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 1 Août 2017

Photo: Samuel Bouget

Photo: Samuel Bouget

Elle avait un visage d'enfant éternelle, un peu pâle, que soulignaient des lèvres pulpeuses comme un quartier de mandarine. Pour gommer cette image d'adolescente, un jour, elle a coupé ses cheveux. Mais, comme pour conserver un reste de cette juvénilité, elle a fait cette coupe, stricte et droite qu'ont parfois les petites filles. Et puis, en guise d'affirmation, pour renier ce style enfantin, elle a fait raser la nuque, très court, très haut et dans cet espace nu elle a fait graver à l'encre de Chine un symbole étrange, façon de se rappeler chaque fois qui elle est vraiment...

Elle était devenue alors ce paradoxe de femme et d'enfant, au visage androgyne qui ne veut rien avouer, ni son âge, ni son genre. Un équilibre fragile qui pouvait être trahi par un sourire de gosse ou une ride sur le front.

Mais tout cela ne trompait que les adultes, empêtrés dans leur idées toutes faites et leurs jugements archaïques. Tout ceux qui regardaient mais ne voyaient pas. Les coeurs purs, vierges ou amoureux y découvraient bien autre choses. Un jour l'un d'eux le lui a dit...

"Tu es comme le ciel de mes nuits d'été, où les étoiles sont par milliers..."

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tendresses

Repost 0

Publié le 30 Juillet 2017

Photo: Philippe Regard

Photo: Philippe Regard

Il suffisait d'un rien, d'un accessoire ou d'un vêtement pour que la princesse devienne prince charmant. Ce n'était qu'un jeu... Et avec le temps, l'enfant devenue androgyne aimait lire le trouble dans les regards, devinait l'incertitude dans laquelle son image plongeait l'entourage. Pourtant il manquait cette touche vitale, indispensable, incontournable qui allait définitivement l'emporter à l'écart de ce monde binaire et convenu...

Elle a savouré l'instant, l'oeil amusé, s'est un peu mordu la lèvre en pensant à sa mère, mais chaque coup de ciseaux plongé dans sa chevelure l'emportait vers son idéal. La coupe presque achevée, elle a insisté, encore, plus court, oui je suis sûre s'est-elle entendu dire. 

Elle était jolie et la voilà devenue belle...Belle dans cette ambiguïté assumée qui ne tourmente que les autres, celles et ceux qui ne savent pas voir les gens heureux. Elle est sortie en caressant sa nuque, comme si elle n'en revenait pas. Elle souriait 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 28 Juillet 2017

Photo: Nick DeWolf - April 1958 Wakefield, Massachusetts - barbershop

Photo: Nick DeWolf - April 1958 Wakefield, Massachusetts - barbershop

C'était un instant mémorable... Celui où "le bonhomme" se saisissait de sa tondeuse et commençait à ratiboiser impitoyablement la nuque et le tour des oreilles de son frère. Elle ne perdait pas une miette de ce spectacle fascinant, comme un entomologiste observe la naissance d'un papillon s'extrayant de sa chrysalide. Elle trouvait son frère incroyablement beau lorsqu'il sortait à son tour du fauteuil du coiffeur et elle rêvait, elle le petit "tomboy" de la famille, d'être à sa place. Mais à chaque tentative, son père, gentiment, la ramenait à la réalité, cette réalité de petite fille... "Ahlala si on fait ça, ta mère va m'écharper!" disait-il en riant, un regard complice avec le coiffeur.

Elle avait le sentiment que cette coupe de cheveux serait, enfin, la reconnaissance de sa vraie personnalité. D'accord elle était fille, enfin, physiologiquement, sans aucun doute possible, mais les histoires des filles l'ennuyaient, les vêtements des filles l'excédaient, les jeux des filles la barbaient. Elle voulait qu'on ne l'importunât plus avec ça, une fois pour toute.

Et bien sûr, il n'était pas question d'accepter le moyen terme! Elle ne voulait pas une de ces coupes "de filles", mi-figue, mi-raisin, où le coiffeur lui-même insiste pour ne pas couper davantage, pour que ce ne soit "pas trop masculin". Non! Non et non! Ce qu'elle voulait c'était qu'on la traite à égalité avec son frère, qu'elle ait droit elle aussi à éclore, à se transformer pour être celle qu'elle était depuis toujours, camouflée derrière cette image de petite fille en queue de cheval. C'était son droit, elle ne comprenait pas qu'on le lui refusât et trouvait les raisons invoquées les plus fumeuses de la Terre. En gros c'était: "Parce que c'est comme ça!"... mais quand donc cessera-t-on de prendre les enfants pour des demeurés?

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 21 Juillet 2017

L'appel de la nuit

" Samedi. L'alcool. Les garçons qui se collent. Les filles qui se cherchent. Les garçons qui se cherchent. Les filles qui se collent..."

Tu t'enfonces dans la nuit noire des stroboscopes et l'atmosphère épaisse agite tes pas au rythme des basses. Les corps se frôlent, des mains se touchent. On se respire, on s'admire, on se repousse... Toi tu glisses dans la foule, le corps déhanché, agité par le son. Des filles échevelées t'observent à travers des battement de cils, des garçons à la peau douce aussi. Regards croisés. Dans les flashes de lumière les silhouettes se confondent. Tes vêtements, ton corps, ta nuque presque blanche d'être rasée. Tu es le miroir des garçons et l'envie des filles mais peut être que tu l'ignores... Tu danses avec lui, mais pas pour lui, une autre le remplace... Comme en transe les corps s'échauffent et les désirs aussi. Tu peux être il ou elle dans la libido de chacun, animer des fantasmes de cunni ou de sodomie sans même rougir.

Au petit jour tu quittes l'endroit, les tympans meurtris et le corps douloureux, mais ça ne compte pas. La prochaine fois tu reviendras pour choisir l'un ou l'une qui te plaira.

Citation et photo: Olivia Zinsou

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 28 Juin 2017

L'un m'a dit: " Oooh non! Pourquoi as-tu coupé tes cheveux? Tu es tellement jolie avec les cheveux longs...."

Un autre m'a dit: " Tu devrais les couper plus court, te raser la nuque et les côtés..."

Un autre encore m'a dit: " Ça te va bien les cheveux courts, sincèrement! Mais ne les coupe pas plus court, sinon ça fait trop "garçon"... "

Personne ne m'a dit: " J'aime la personne que tu es. Tout ce que tu fais me plait! "

Pourtant je n'avais rien demandé, à aucun d'eux. J'ai adoré me couper les cheveux, très court, puis les laisser repousser, un peu. C'est selon l'humeur, la saison, l'état d'esprit, l'âge aussi... 

J'aime la personne que je suis et tout ce que je fais me plait...

Photo: Mario Kroes

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 16 Juin 2017

Stupide Cupidon

Parmi les assistants, qui s'agitaient en s'efforçant d'être efficaces, elle avait finit par remarquer la jeune femme au débardeur noir, celle qui visiblement secondait le photographe, avec son grand réflecteur à la main. D'abord distraitement, pour occuper son regard, puis de manière plus appuyée, sans vraiment savoir pourquoi, elle cherchait à détailler son corps, évaluer sa silhouette, deviner sa poitrine sous le vêtement de coton noir. Ce noir qui contrastait tant avec la pâleur de sa peau. Il y avait de l'harmonie, le corps fin, presque juvénile, le regard clair, les cheveux châtains, coupés si courts qu'au premier coup d'oeil elle avait failli la confondre avec un garçon. Si elle l'avait été, elle l'aurait trouvé beau... et du coup.... elle la trouvait belle. Pourtant elle n'était jamais séduite par les autres femmes, quelques clins d'oeil complices parfois, un sourire... Sans plus. Tout à coup, elle n'en revenait pas, ne la quittait pas des yeux, se projetait vers elle, l'imaginant tout près, trop près... Elle la désirait!

Imperceptiblement elle secoua la tête, comme pour reprendre ses esprits. Ça ne pouvait pas être possible... Elle frotta sa nuque, elle aussi avait les cheveux courts et ce geste l'emporta à nouveau vers l'assistante. Tout en caressant ses cheveux elle imaginait sa main sur la nuque de la jeune femme, à la rencontre de ses mèches dorées, l'ébouriffant, l'enserrant de sa main et collant ses lèvres sur les siennes. Mon Dieu! Cette chaleur qui montait en elle...

Son allure semblait fragile, pourtant à travers la mèche qui lui masquait l'oeil, il y avait dans son regard une force et une détermination surprenante. Une rassurante confiance et cette assurance donnait du charisme à l'androgyne...

La main posée sur son épaule la fit sursauter. Elle inclina la tête, l'homme l'enlaça et il échangèrent un baiser. Elle balbutia un mot gentil, ils se sourirent et bras dessus, bras dessous s'éloignèrent du plateau... Elle tourna la tête, une fois encore... l'androgyne avait disparue.

Photo: Giulia Bertini

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 20 Mai 2017

Photo: Yana Bardadim

Photo: Yana Bardadim

Il était une fois.... Karolina que tout le monde appelle Cléo, une jeune femme qui vit en Pologne. Comme Cléo est bien jolie, elle agrémente sa vie d'étudiante en posant pour quelques photographes et finit par en trouver un qui lui plait bien. 

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Fin...

Non j'déconne!

Donc Cléo est jolie, un regard qui "accroche", des traits délicats, grande et mince, ses cheveux longs et châtains tombant sur les épaules. Mais un jour, parlant de tout et de rien avec son boyfriend, elle s'interroge à voix haute:" Je me demande à quoi je pourrais ressembler avec les cheveux courts...?" Ni une ni deux... ni trois ni quatre d'ailleurs, son petit ami bondit sur son ordinateur et en quelques clics de Photoshop sort une photo avec la belle ratiboisée. Troublant... très troublant. Et amusant. Comme le montage est plutôt réussi, la jeune femme le poste sur son Instagram.

Cléo CwiekLe lendemain, les réactions sont nombreuses...et élogieuses. Alors l'idée un peu folle qui lui trottait dans la tête prend finalement corps et bascule dans la réalité, Cléo va se faire tondre!

Et comme elle est charitable, elle en profite pour faire don de sa chevelure à Locks of Love, une association nord américaine qui aide les enfants malades. D'une pierre, deux coups.

Inutile de dire que la transformation propulse la jeune Cléo sur tous les podiums à travers le monde et bouleverse considérablement sa vie.

Moralité: les idées folles ne le sont pas toujours autant qu'on l'imagine, tant qu'on ne les a pas concrétisées. 

 

Modèle: Cleo Cwiek

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Divers & variés, #Portrait

Repost 0

Publié le 17 Mai 2017

Emily Gafford

Emily Gafford

Ce sont là des choses bien étranges qu'elle même ne sait pas expliquer. Pourquoi le faudrait-il d'ailleurs? Elle n'est pas tourmentée, ni troublée comme l'adolescent qui découvre sa sexualité. Elle a toujours été ainsi. Une femme avec une personnalité de garçon. C'est naturel, elle se dit même que toutes devraient être comme elle, après tout. Elle n'attend rien, de personne, sinon du respect, comme tout un chacun. Elle a tout appris de son père, de sa mère et de la bienveillance de son entourage. Sans que jamais on lui dise que cela n'était pas possible à cause de son genre. Sa mère lui a montré comment être femme et avec son père, elle était aventurière. 

Depuis toujours elle a les cheveux courts. Petite, la toute première fois elle s'est sentie triste de voir ses boucles blondes rouler, inertes et choir sur le sol carrelé. Mais très vite ce fut un sentiment de plus grande liberté et une image d'elle qu'elle trouvait valorisante. Assez vite elle ne s'est plus contentée d'accompagner sa mère 3 ou 4 fois l'année chez le coiffeur. Elle a voulu suivre son père.  Sa mère fut en colère de voir sa nuque tondue. Elle fit le dos rond, glissant un clin d'oeil à son père complice qui, seul, affronta la tempête.

Devenue presque femme, lorsqu'un jour elle retourna chez ce coiffeur où son père l'accompagnait, ce fut comme une bouffée de nostalgie, un courant d'air venu d'antan. Les yeux clos, la tête penchée en avant, la tondeuse qui moissonnait sa nuque fit surgir plein de souvenir d'une enfance heureuse. Dans ces parfums familiers, elle renouait avec sa vraie personnalité, retrouvait la liberté d'être la femme unique, aimant en elle cette parfaite harmonie de genre.

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0

Publié le 26 Mars 2017

Elle était le seul garçon que je connaissais. Je ne sais pas si c'est son allure qui m'a attaché à elle, ou sa façon de gouailler comme un beau voyou, mais si je ne l'avais jamais été, je crois que j'aurais pu être amoureux d'elle et cela me troublait.

Je n'aimais rien tant que sa mine boudeuse, le cou engoncé dans un col de fourrure qui masquait sa nuque toujours rasée et sa blondeur n'adoucissait pas son regard froncé qui voulait transpercer celui des autres.

Trop de fierté, trop de craintes, elle se protégeait sans cesse et cela lui donnait un charme terrible et provoquant qui obligeait constamment à marcher sur le fil d'un rasoir fatal.

Je crois que je l'aimais comme un garçon, juste parce que je la savais fille. Cela effaçait toute la vulgarité du masculin dont elle se parait, le regard hautain, la cigarette aux lèvres, la bière à la main. Cette illusion ne parvenait pas à me tromper. Au contraire, elle me fascinait, m'attirait comme un aimant. Elle donnait l'illusion de n'avoir besoin de personne et moi, si je m'éloignais de lui, mon coeur me faisait mal.

Photo: Txema Yeste

 

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Repost 0