Publié le 30 Mai 2010

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  Parfois lorsqu'elle se regarde dans le miroir, elle essaie d'imaginer comment elle pourrait être avec les cheveux longs. Elle plisse les yeux, se concentre sur son visage...Elle n'y parvient pas. Son image de petite fille ou d'adolescente lui revient, mais ce n'est plus elle. Adulte, elle est devenue femme avec les cheveux courts et depuis, de plus en plus courts. Un vrai besoin, un plaisir. Qu'elle partage avec Lui, lorsqu'il pose ses lèvres sur sa nuque fraiche, que ses doigts massent délicatement ses cervicales, et que dans ses yeux elle lit le désir...

 

 

Photos: Darkman Photos

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 26 Mai 2010

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De là où il était, il pouvait l'observer sans que son regard ne pèse sur elle. Il la sentait triste, mais sans imaginer les raisons de cette tristesse. Quelle importance. Il n'allait pas entrer dans sa vie, il voulait juste l'observer. Elle taquinait sa nourriture du bout de ses baguettes, mais il était indifférent à cela. Ce qu'il voyait chez elle avant tout, c'était cette nuque où les cheveux étaient taillés si courts et ce joli visage un peu boudeur. La première était soulignée par l'éclairage, si bien qu'il devinait facilement la texture même de la chevelure, tondue en dégradé. Le deuxième était dans l'ombre, protégé par la lourde frange de cheveux noirs. Il y avait quelque chose de juvénil chez cette fille, qu'on ne pouvait pas discerner en regardant ses vêtements ou son attitude. Et il se dit que sa coupe de cheveux faisait tout.

 

Photo: Luisa Cativo

 

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 25 Mai 2010

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Les choses n'allaient pas très bien pour moi, depuis mon retour en France. Mon "escapade" californienne avait du mal à passer au bureau et l'absence de Moïra me pesait. Un soir en sortant de la Centrale je me suis retrouvé comme souvent dans ce bar de la place Gambetta. Les pensées perdues au fond de mon verre de Scotch, j'essayais vainement de me trouver des raisons valables pour tourner la page, mais sans y parvenir, comme chaque fois que j'essayais de me donner bonne conscience. Ce job m'avait bouffé de l'intérieur. Non pas à cause de la violence et du danger. Les gens qui vivent dans l'action s'accommodent plutôt bien avec les risques et la mort. Devenue compagne de voyage, elle finit par faire moins peur. Mais le mensonge et la perversité étaient des maux bien plus toxiques. Cela rendait Moïra encore plus admirable à mes yeux. Elle avait su rester clairvoyante et s'échapper avant qu'il ne soit trop tard. Mais à quel prix...Elle avait mis sa vie dans la balance pour sauver son âme. Et d'ailleurs la sauverait-elle?

Son souvenir m'obsédait. Souvent dans la rue je croyais l'apercevoir, dès qu'il s'agissait d'une jeune femme brune aux cheveux courts à l'allure un peu sportive. Mon coeur excité ne retrouvait un rythme normal qu'après avoir découvert le visage de l'inconnue.

Pourquoi ce soir là? Après avoir vidé un troisième verre je décidais d'aller jusqu'au cybercafé de la rue des Pyrénées pour me connecter sur la boîte hotmail qui nous servait de contact....Vide depuis des mois. Les gestes un peu lourds et le regard fatigué, mes doigts tapèrent le mot de passe. Un sourire me vint aux lèvres et la fatigue m'abandonna. Il y avait un message...

 

Illustration: Lanpernas

 

 

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Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Publié le 23 Mai 2010

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C'est presque une jubilation. Une schizophrénie maitrisée qui l'excite beaucoup. Ce matin elle était en jean avec une chemise à carreau. Avec la tondeuse elle a rasé ses cheveux, les côtés et la nuque, ne gardant que quelques millimètres. Et dessus rien, sa crinière de cheveux souples reste intacte. Ainsi vêtue elle se trouve joli garçon et cela la fait rire. Et puis, tout change. Elle passe une robe, mets quelques bijoux, maquille son visage de porcelaine. La voilà princesse, comme une gravure de mode. Elle passe doucement sa main sur cette nuque tondue, puis chasse la lourde mèche sur son front. Elle ne s'est jamais sentie aussi féminine.

 

Photo: Liza Savchukova

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Publié le 22 Mai 2010

lisbethagatheFut un temps où Marsouins et Légionnaires se refilaient les adresses, qui souvent les amenaient dans des officines un peu louches où pour quelques piastres l'artiste fixait à jamais le prénom de la dulcinée sur un bandeau flottant au dessus d'un coeur pourpre, sur la peau tanée du dur à cuir. Le tatouage était quasiment un signe de reconnaissance pour ceux qui, à travers l'Empire, foulaient les mêmes pistes de désert ou de jungle.

Le symbole a muté. On a plus de chance aujourd'hui de trouver un tatouage sur la peau d'une fille que sur celle d'un mâle, et puis les grand symboles aussi, ne sont plus les mêmes. Finit les coeurs joufflus, les aigles hurlants et les poignards vengeurs. Sous le cuir des filles ont trouve des citations en guise d'étendard, des poussières d'étoiles ou des sorcières montées sur leur balai... Question de caractère

 

 

 

Photo: J.B. Mondino

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 21 Mai 2010

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C'est l'heure où la lumière donne à toutes les couleurs une chaleur particulière. L'air est encore tiède quand chacun émerge de la sieste. Le pied douillet elle avance sur l'herbe déjà sèche. Loin de son univers de béton et de verre elle semble encore naufragée dans la verdure, pour quelques instants encore...Là bas sur le ponton elle va retrouver ses souvenirs. Les yeux fermés, revoir le cerisier au milieu des vignes, entendre les abeilles dans le tilleul et sentir la tarte chaude qui sort du four. Sur ses paupières fermées le soleil fait danser les ombres du feuillage et un sourire nait sur son visage...Elle s'allonge, la nuque reposant sur sa main et ses doigts doucement caressent les cheveux courts. Elle les trouve longs à cet endroit, mais se dit qu'elle s'en moque, que sa mère s'en chargera, comme avant, et que cela aussi lui fera plaisir...

 

Photo: Matija Drozdek

 

 

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Publié le 20 Mai 2010

Charlotte-1.jpgL'idée me trotte dans la tête depuis quelques jours de faire davantage de "streetshots" . La loi du genre veut donc que l'occasion fasse le larron comme on dit, c'est à dire qu'il faut du temps, un regard " openwide" et puis aussi tomber sur des personnes "cool". 

Et là, aujourd'hui au has

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ard d'une déambulation marchande, mon regard affûté tombe sur... Charlotte au milieu des soutifs et des petites culottes.

Et Charlotte c'est comment dire...  LE sujet idéal pour cette nouvelle rubrique. Je prends mon courage à deux mains, ( on a beau dire, c'est jamais simple d'aborder une jolie fille dans le rayon lingerie d'un supermarché ) et là je tombe sur la personne la plus cool que j'ai rencontrée depuis Delphine et ses robes. Et ça tombe drôlement bien parce en plus d'être cool, jolie, habillée fashion sans en avoir l'air, elle a LA coupe de cheveux  qui tchue. Agyness Deyn, en mieux!

Alors officiellement je déclare Charlotte marraine de la rubrique Streetshot, et j'espère bien qu'elle deviendra une lectrice fidèle du blog...

 

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Publié le 20 Mai 2010

Ce que je craignais est arrivé. Après ces "préliminaires" verbaux, Frida et Laora sont rapidement entrées dans le vif du sujet, m'entrainant dans un délire orgiaque dont je n'avais pas le souvenir. Dans un bref sursaut de clairvoyance je me suis demandé jusqu'où pouvait mener la psychanalise et adressé des voeux pour la mémoire de Sigmund Freud, à l'adresse de Ste Anne, comme il se doit.

Finalement, au bout de ce weekend de luxure, les choses se retrouvèrent bizarrement et heureusement, dans le même état. Enfin, c'est ce que je croyais. Ce matin, retrouvant ma psy dans son rôle éponyme, j'avais un peu de mal à me Eve.jpgconcentrer sur un quelconque travail personnel.

Ma Psy "- Hey darling du zais koi? Che grois ke da bedide jérie va ze kouber les jefeux...

Moi - Nooon?

Ma Psy - Ziii!

Moi - Et qu'est ce qui te fait dire ça?

Ma Psy - Elle m'akombagne temain jez le goiveur...

Moi - Pas possible? C'est toi qui l'as convaincue? Tu as menacé de tuer son canari ou quoi?

Ma Psy - Was? Kanari? Nein nein... Elle m'agombagne chusde bour foir. Elle m'a tit ke zela l'ekzidait peaukoupe.

Mais zi du feux che m'arranche afec le goiveur et on la licode zur le vaudeuil bour lui vaire ein klein koupe...

Moi - ...Mais ça va pas non! Frida, tu m'inquiètes vraiment parfois tu sais...

Ma Psy - Ach... Maiiiis non che blaizande. Ahahaha"

Malgré tout, je voyais bien que son oeil brillait d'un éclat pervers, et ce rire gutural avait tout pour me faire penser à une sorte de Mengele féminin, à cet instant.

En retrouvant Laora j'étais presque inquiét à l'idée qu'elle me confirme l'intuition qu'avait Frida à propos de ses cheveux. Comble du paradoxe, je me sentais prét à plaider pour ses cheveux longs...

 

 

 

Model: Eve Salvail

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 18 Mai 2010

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Un jour quand elle avait 13 ans elle a demandé à sa mère de lui faire couper les cheveux. Elle a eu droit à une jolie coupe au carré. Mais ce n'était pas ce qu'elle voulait. Alors l'été suivant elle est allé avec son frère. Le coiffeur les a pris pour des jumeaux et les a taillés à l'identique, bien dégagés derrière les oreilles, tous les deux. Sa mère a hurlé en la voyant, son père a sourit. Depuis ce jour là elle a toujours les cheveux courts et il arrive qu'on se méprenne sur son genre. Elle est elle même ainsi et ne pourrait pas changer... Mais l'enfance d'hier et la liberté qu'on lui accordait semble s'estomper avec le temps. Aujourd'hui adulte elle sent comme une pression sociale, un poid, des choses qui voudraient la faire entrer dans le moule. Il faudrait plus de robe, plus de rouge à lèvres plus de cheveux longs...Comme elle ne cherche pas à séduire, on lui prête une sexualité réprouvée. Alors de temps en temps, quand elle se pose et que ces idées lui viennent à l'esprit, elle se dit que le monde est bien bizarre de s'imposer ainsi tant de moules dans lesquels chacun devrait trouver à se caser. Elle, ses jeans et ses cheveux courts n'en est pas moins femme...

 

Photo: Fergus Pardel

 

 

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Publié le 17 Mai 2010

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"...Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse,
Un autel souterrain au fond de ma détresse,
Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur,
Loin du désir mondain et du regard moqueur,
Une niche, d'azur et d'or tout émaillée,
Où tu te dresseras, Statue émerveillée...."       Extrait: A une Madone - Ch Baudelaire

 

 

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