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Publié le 28 Décembre 2014

Ce n'est pas vraiment un Quartier Libre, c'est plus que ça!

Ophélie m'a livré ce récit hier. C'est à la fois poignant et terrible, amusant et douloureux... émouvant.

J'ai hésité à le mettre en ligne d'un seul bloc et puis je me suis dit que cette histoire méritait bien qu'on se pose 5 minutes, pour lire et réfléchir.

Confession, ou l'histoire d'Ophélie

Il y a des histoires sur le visage de chaque femme. Des mots que l'on peut parfois lire, accrochés aux mèches, qu'elles soient blondes ou brunes, rousses ou grises. La mienne, mon histoire, elle fait aussi directement parti de ces cheveux-catalyseurs. Laissez moi vous raconter, avec mes mots, ce que vous avez sans doute pu, un jour, si vous m'avez croisé, deviner au travers de mes boucles brunes.

Selon ma mère, je me suis toujours coupé les cheveux, petite. La fois la plus marquante fut celle où, âgée de 6 ans, je m'appliquais avec soin, sur le crâne et sur les sourcils, une lotion épilatoire. Durant quelques semaines, raconte maman, j'étais ainsi cette petite fille reconnaissable à la garderie, car j'avais des trous et des touffes éparses sur le crâne. Je ne me souviens pas de cela, pas plus que des commentaires désobligeants qu'à du essuyer ma maman.

Je me souviens en revanche de mon parcours de vie. Pas vraiment sexuée, sans genre jusqu'à très longtemps, j'étais cette enfant qui voulait les rôles masculins, et qui très tôt, avait une conscience nette de la distinction entre le garçon et la fille. D'une éducation très riche et très intelligente, ma mère ne m'a jamais enseigné que le rose était pour les filles et le bleu pour les garçons. Néanmoins, j'ai eu les cheveux longs longtemps, sans pour autant me considérer comme « fille ». J'étais Simba, j'étais Aladin, j'étais Balto. Car j'avais la sensation, enfant, que les filles étaient ces être caricaturées auxquelles je ne ressemblais pas. Avec mes yeux bleus-verts et mes boucles au milieu du dos, on me disait que j'étais jolie. Avec mes pantalons troués et mes chaussures recouvertes de boue, on me disait que j'étais ignoble, et qu'une fille ne devait pas faire cela.

Je me souviens que mon père, alors que j'avais onze ans, m'a regardé dans les yeux, et m'a dit, à l'instar d'une menace soufflée : « A quatorze ans, tu ne grimperas plus aux arbres : tu t'intéresseras aux garçons. »

J'en ai souri.

C'est simplement resté dans un coin de ma tête.

A quatorze ans, sachez-le, j'émerveillais mes petits frères en escaladant les sapins et les bouleaux.

Ma « féminité » a subi son premier coup lorsqu'un jour, après un choc particulier, je me suis coupé au ciseau toute une moitié du crâne. J'allais au collège, en vélo, j'étais en cinquième, et en chemin, j'avouais à ma meilleure amie mon acte, le casque sur ma tête lui cachant le spectacle. Étonnamment, je me souviens, au milieu de la honte de l'appréhension, une espèce de satisfaction à avoir effectué cet acte. Cet « interdit sociétal ». En entrant en classe, je me souviens du silence de stupéfaction de mes camarades. Je me souviens du rire gras de cette fille que je détestais et qui me détestais. Je me souviens de ses moqueries, mais surtout de l'incompréhension des élèves, qui venaient me voir, ou pas, et des questions. J'avais mes cheveux longs d'un côté, et courts de l'autre. Ça jasait dans les cours de récréation. Presque une semaine plus tard, ma mère, ne supportant plus mon esthétique dissymétrique bâclée, a coupé la moitié longue de mes cheveux, pour tenter d'obtenir un résultat égalisé. A cette période, le fait d'avoir les cheveux courts n'était pas plus qu'une simple idée de distinction. Être l'extra-terrestre du collège ne me dérangeait pas, et avoir les cheveux courts était un moyen comme un autre d'affirmer aux autres que j'existais : ce n'était qu'une pierre de plus. Je n'y accordais pas d'attention.

Mes cheveux ont repoussés. Mon corps, mon esprit aussi. La puberté, la fin du collège, les problèmes de vie. Mon envie, parfois, d'être attirante. La compréhension, -le tout début, du moins-, de l'idée d' « être née femme ». Les seins, les règles … les cheveux longs. J'accordais, à ce moment là, de l'importance à ces boucles. Entre temps, j'étais déjà passé par les mèches, les couleurs (au moins 5 durant le collège), les chignons, les tresses et les queues de cheval. Mais, jamais vraiment satisfaite, je me fixais dans le miroir sans me reconnaître. Mon visage n'était pas le mien, et les mèches qui l'encadraient n'étaient jamais là où il le fallait. Je ne correspondais pas à ce que je voulais être. Je n'ai jamais été une de ces filles qui soupirent devant les model photoshopée des magazines. En revanche, combien de fois n'ai-je pas, en silence, admiré mes camarades de classes aux visages et aux coiffures si adaptées à ce qu'elles étaient.

J'ai mis longtemps avant de me trouver.

Suite à une dispute générée par une dite thérapie familiale, je me suis un jour enfermé dans la salle de bain. En m'emparant d'une tondeuse, je me suis fait un undercut. Le résultat était sympa, je m'en rends compte avec le recul. Mais à ce moment là, de voir mes cheveux tondus, malgré tout le reste de la longueur que j'avais encore, j'avais la sensation de m'être défigurée. De m'être cassée. D'avoir touché le fond au niveau de la laideur de mon apparence. Quelques temps après, je me suis coupé le reste des cheveux, en une sorte de bol long et irrégulier, et j'ai teins mes cheveux en noir. Mon humeur était basse.

Et à ce moment là, les gens ont commencés à me faire des remarques surprenantes. « Tu es jolie ! », « Ça te va bien cette coiffure ! », « Mais ça va super bien avec ton visage ! » « Oh, t'étais jolie avant, hein. Mais cette coiffure là te va vraiment bien ! ». Des compliments, spontanés, qui venaient de partout. Même de mon chauffeur de bus, qui, en me voyant rentrer du collège, m'a ainsi salué, en me disant qu'un visagiste n'aurait pu faire mieux.

J'avais seize ans, et j'ai commencé à me trouver jolie.

A dix sept ans, j'entretenais donc cette coupe « courte ».

Et puis, la nuit du 7 au 8 mai 2012, alors que je sortais de mon entraînement de karaté, un homme de 43 ans, en vélo, vers 23h, a trouvé lui aussi que j'étais jolie, et a tenu à me le faire savoir à sa façon.

Je n'ai pas été violée, ce soir là.

Je me suis battue, dans le but de le tuer, et la police est intervenue rapidement. Certains disent que j'ai eu de la chance. Moi, je sais que c'est parce que je voulais vivre. Vivre en tant que personne, avec le regard levé, et non en tant qu'individu, en tant que victime, en tant qu'être détruit.

Mais cette semaine-là, après l'hôpital et le poste de police, a été difficile.

Je me suis coupé les cheveux, encore. Plus courts.

Mais cette fois, c'était par souffrance, par besoin de décharger.

Le résultat était ignoble. J'avais des trous visible au milieu des cheveux, des mèches plus longues que d'autre, et j'entendais les commentaires que les amis de ma mère marmonnaient dans mon dos. Ayant arrêté l'école à ce moment là pour faire le CNED, je n'ai pas subi le regard des adolescents sur moi. Il n'y avait que le mien, le matin, quand je me levais, et que je me regardais dans le miroir. L'idée d'être jolie a disparue. Ne restait que ce constat amer d'avoir un champs de bataille au dessus du front : un champ de bataille sur lequel était établie la difficulté de la vie.

Et puis, petit à petit, ils ont repoussés. Tout allait bien. J'ai eu 18 ans.

Quelques jours après ma majorité, j'ai proposé à une connaissance Internet de venir crécher chez moi. Il n'avait pas très envie de se payer un hôtel, et je lui rendais service de cette manière. Il avait 5 ans de plus que moi, et une maîtrise martiale plus poussée que la mienne. Est-il nécessaire de préciser que, étant un homme dans la force de l'âge, il était impressionnant par son corps ?

J'étais seule à la maison, ma mère n'étant pas au courant que je proposais à un homme adulte de venir dormir chez moi.

Il m'a fait des avances, que, puérilement, j'ai repoussé. Il est allé dans la chambre d'un de mes frères, tandis que je dormais dans le lit maternel. A un moment de la nuit, il a frappé à la porte, et est entré, à demi nu. Je l'ai fixé, je lui ai dit de sortir, et il s'en est allé.

Quelques heures plus tard, je me suis levé sans un bruit, et je suis allé dans la salle de bain.

Quand il s'est réveillé le matin, il s'est figé devant mon crâne à blanc. Je me suis rasée, complètement. La sensation de mes doigts sur ma peau, nue, était aussi terrifiante qu'impressionnante. Je ne savais pas pourquoi j'avais fait ça. Mais je l'avais fait. Je l'assumais.

Quelques jours plus tard, j'annonçais à cet « ami » que je ne voulais plus jamais entendre parler de lui. (Notez, d'ailleurs, que ce matin-là, une de ses réactions face à mon crâne blanc, a été de dire que je lui faisais penser aux nazis, et aux femmes que l'on tondait pour avoir « couché avec le Bosch ».)

Cela a été très dur à encaisser pour ma mère. Elle n'a pas supporté. Elle m'a acheté une perruque, elle m'a forcé à la porter tout le temps, même à la maison. Je suis passé par des périodes de honte, de provocation, de déprime, de remise en question … Ça n'a pas été des plus facile.

Mes cheveux ont repoussés, petit à petit. En septembre, je suis retourné dans un établissement scolaire, pour faire ma Première. La directrice-adjointe de mon établissement m'avait rencontré, et devant elle, j'avais ôté ma perruque. Mes cheveux, à ce moment là, mesuraient 2/3 cm. Elle m'a dit « Assume toi, tu es belle. ». Ces mots m'ont permis d'aller de l'avant : car elle était une femme que je ne connaissais pas, qui ne me connaissait pas, et qui pourtant, m'offrait un jugement valorisant de moi-même.

Je suis entré en Première, avec deux ans de retard sur mes camarades. Sans perruque, mais avec un bonnet pour les intercours. Durant les cours, pendant les deux premières semaines, je suis resté cette fille un peu à part, qui refusait de rejoindre les autres. D'un, parce que je n'aimais pas l'idée de me mêler à des gamines de seize ans alors que j'en avais dix huit, et de deux, parce que j'avais peur, parce qu'avec mes cheveux courts, et mes différences, je ne connaissais pas autre chose que l'isolement. Et pourtant, ces filles de la Première L ont fait des efforts incroyables. Elles sont venues me voir, elles ont osés dépasser mes regards glacés et mes commentaires secs à leurs propos. Elles sont venues, elles m'ont parlés, et elles m'ont intégrés. Et j'ai découvert le fait formidable d'avoir des liens avec mes camarades de classe.

Pourtant, et c'est sans doute normal, j'ai remarqué qu'il y avait cette espèce de rumeur. Un garçon, d'une classe de S, était venu m'avouer, que certaines filles de ma classe pensaient que j'avais eu une expérience de la chimio ; en plus de mes cheveux courts, j'ai une cicatrice d'escarre sur l'arrière de la tête, ce qui créée comme un creux derrière mon crâne. L'idée du cancer était facile.

J'ai pris la parole devant la classe, avec la permission de mon professeur principal, et j'ai expliqué que, après avoir affronté des hommes qui n'ont que trop voulu me considérer comme un objet, j'ai cherché à me dénaturer, pour ne plus attirer le regard. Il y a eu un silence, et puis quelqu'un, à l'arrière de la classe, a applaudi, et j'ai fait face à une ovation, dont j'étais le sujet.

De signe astrologique lion, je me suis toujours escrimé pour être une battante, une lionne au regard qui porte loin. Mais à ce moment là, face à des jeunes qui ont applaudi pour me soutenir, je me suis senti tellement soulagée, tellement acceptée. Je n'ai plus eu besoin de me battre : on m'acceptait tel que j'étais.

Mes cheveux ont repoussés. En presque deux ans, j'ai pu passer par de nombreux niveaux capillaires. Je les ai laissé assez pousser pour avoir une frange : j'ai coupé. Car je me suis rendu compte que ce qui me va vraiment, ce qui me définit, ce sont ces mèches courtes qui flirtent à peine avec mon front. Ces mèches courtes qui me font assumer mes rondeurs, et qui mettent mon visage en valeur. Ces mèches courtes que la femme que j'aime a pu saisir entre ses doigts et les tirer, pour venir poser sa bouche contre la mienne. Ses doigts dans mes cheveux courts sont une sensation que je n'oublierais pas. Que je ne peux pas oublier. Quand elle se penche sur moi et qu'elle me dit « Tu es belle, coupe toi les cheveux », avec un demi-sourire, je ne me dis pas « Je me coupe les cheveux pour elle ». Pas seulement. Je me coupe les cheveux parce qu'aujourd'hui je me trouve belle, j'ai trouvé l'amour, et qu'il y a milles mots qu'elle m'a soufflé dans les mèches. Des mots à moi, à elle ; une histoire à nous qui est accrochée dans mes cheveux.

Et quand je coupe mes cheveux, je cultive cette histoire.

La mienne.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Quartier Libre

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Publié le 23 Décembre 2014

Ellie se raconte
Ellie se raconte

Ce n'est pas toujours un exercice facile de parler de soi. Il faut de la maturité, un peu de recul sur les choses. Mais aux âmes bien nées...

Ellie est une jeune femme au charisme évident et c'est comme un dénominateur commun à bien des portraits qui sont esquissés ici. D'abord Ellie se raconte, d'une manière un peu formelle, un peu académique:

" Depuis toujours, en l'occurence depuis la maternelle, je ne me suis jamais sentie dans la peau d'une personne féminine. Le terme "garçon manqué" m'est bel et bien destiné. Durant des années je me voilais derrière des aspects féminins qui ne me ressemblaient absolument pas. Je n'étais pas moi, je n'étais que l'image de ce que les autres voulaient que je sois, je n'étais pas bien dans ma peau, derrière mes cheveux longs, mes vêtements féminins, mon maquillage... Puis un jour, lors de mes 14 ans j'ai décidé d'affirmer ma personne, je pense que c'était un déclic, mon style vestimentaire changea"

Ellie se raconte
Ellie se raconte

Puis elle poursuit:

"Puis vient les cheveux. Mon entourage était assez septique sur cette nouvelle coupe qui changea complètement mon allure. Ils me trouvaient différente. Pas moi. Je me sentais moins hypocrite, plus naturelle, et ma personnalité collait enfin à mon physique. Je me sentais moi-même et mes parents me trouvaient plus vivante, plus heureuse je pense. Je me sentais tout simplement plus jolie au fur et à mesure des années qui se succédèrent jusqu'à aujourd'hui. Je me suis affirmée assez tôt je suppose. Je ne me verrais pas aujourd'hui ni demain les cheveux m'arrivant aux épaules, j'aime me dire que je fais partie de ces femmes qui peuvent porter une coupe similaire à celle d'un homme tout en affirmant une personnalité féminine, je suis féminine, à ma manière, je n'ai pas besoin d'être le cliché d'une femme pour en être une."

Ellie se raconte

Et puis on parle, de choses et d'autres, de ses cheveux courts qui ne l'étaient pas autant lorsqu'elle les a coupés à 14 ans, de son amie aujourd'hui, qui, si elle n'est pas très douée avec une paire de ciseaux, sait parfaitement manier la tondeuse... L'été dernier, après une mûre réflexion, elle les a tondus, complètement, comme on tourne une page, on efface l'ardoise pour avoir la place d'en écrire une nouvelle.

Ellie a des projets, photos, vidéos, des choses à dire. Des choses que j'aimerai voir et écouter un jour.

Ellie se raconte

Sa grande gentillesse me séduit, comme son caractère et se mots:

"La femme est belle à sa manière, je ne recherche absolument pas une femme selon mon image, juste une personne qui sache se respecter, s'affirmer, et qui avant tout dégagera quelque chose qui me poussera à me retourner dans la rue lorsque je passerai à côté d'elle."

Merci Ellie!

Ellie Dcb Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 15 Décembre 2014

Quartier Libre: Athina

Parler de ses cheveux, de la longueur qu'on a décidé qu'ils auraient, alors que la prise de décision est si simple. Que le plaisir d'avoir cette nuque, ces oreilles et ce front dégagés est si présent et ce visage reflété dans le miroir est d'une évidence. A contrario, mettre des mots sur cette addiction de sensation de liberté par le simple faite qu'on ait le crâne rasé ou quasi et bien plus compliqué.

Je me suis coupée les cheveux en 2002, l'été de mes 18 ans à cause d'un chagrin d'amour. Je ne parle pas d'un carré mais d'une vraie coupe courte.
Puis au fil des années, j'ai coupé, j'ai laissé poussé etc, mais c'était à chaque fois plus court ... parce que mes cheveux sont extrêmement fins et que je les perds. Jusqu'au au jour où mon coiffeur a sorti la tondeuse et là, c'est la révélation. Je ne peux plus me passer de cette nuque nue, de se visage totalement dégagé et de ce crâne rasé qui exacerbe ma féminité.
C'est également un vrai plaisir de regarder les autres femmes aux coupes courtes. A mes yeux, elles ont un truc en plus inexplicable.

C'est vrai que les cheveux courts ne vont pas à toutes femmes. Mais mesdames, si vous avez cette chance et bien n'hésitez pas :-)

Quartier Libre: Athina
Quartier Libre: AthinaQuartier Libre: Athina

Merci beaucoup Athina pour ce témoignage si spontané.

Athina Alexia

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Novembre 2014

Mathilde, à la manière d'un Quartier Libre

Mathilde est un concentré de jeune femme moderne. Indépendante au caractère bien affirmé, elle se déplace en moto, cultive son allure androgyne, aime le mélange des genres et les contrastes, s'approprie son corps, transgresse les normes, fait du sport...

Au départ elle est graphiste et la qualité de ses aquarelles en atteste, mais depuis toujours ce qu'aime Mathilde c'est couper les cheveux. Ses frères, sa mère, ses copines, tous en profitent et personne ne s'en plaint parce que ce qui est fait avec passion est toujours bien fait.

A 19 ans elle coupe les siens, comme un affranchissement. Elle a conscience de l'importance qu'ont les cheveux sur notre image et l'expression de qui l'on est réellement. Pour être elle même, Mathilde un jour va se tondre complètement pour remettre à zéro les compteurs de sa vie, tourner une page et repartir. Et puisque c'est ça qu'elle aime vraiment, elle devient coiffeuse, pour de vrai!

Mathilde, à la manière d'un Quartier Libre

Petit à petit sa coupe se radicalise, elle adore la sensation des cheveux bien tondus, le contraste du très court et du plus long ensemble, la délicatesse d'une nuque rasée, à la fois douce et "piquante".

Dans le salon où elle travaille, Mathilde coiffe les hommes autant que les femmes et parfois même les enfants, mais ce qu'elle préfère ce sont celles qui se coiffent "comme les garçons". Elle aime lire l'enthousiasme, la surprise, l'étonnement, la fierté, dans le regard de celles qui viennent à la recherche d'elles même. Elle aime l'émotion que procure une transformation totale et ce sentiment d'être la créatrice d'un bonheur nouveau.

C'est la première fois qu'une coiffeuse et femme aux cheveux courts à qui ces pages sont dédiées s'exprime ici. Et franchement, je suis heureux d'avoir fait cette rencontre avec Mathilde.

Photo: Mathilde Defresne

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Novembre 2014

Caméléone

Elle est tout à la fois, chevalier Jedi et seigneur Sith, Milady et D'Artagnan, Billy le kid et Calamity Jane ...

Sara est une guerrière. Une guerrière Grandeur Nature.

Pas la peine de dire comment, gamine, elle courait avec la bande des garçons. Et pas pour jouer la pauv'fille éplorée. Non! Pour se battre comme les héros, hommes ou femmes qui peuplent sa mythologie.

Je l'imagine Shanghaï li dans les steppes d'Asie Centrale à la poursuite de Corto Maltese ou Ansea Latal la flamboyante héritière bataillant aux côté du Scorpion...

Caméléone

C'est un peu comme du théâtre, une chorégraphie de cascadeurs, un jeu de rôle où l'espace d'un week end le quotidien s'efface et l'aventure vous emporte dans le temps. Il y a les costumes, bien sur, mais aussi l'Histoire et les duels. Sara se bat, au sabre laser ou à la râpière...

Caméléone

... et elle peste quand on veut lui faire jouer le rôle d'une courtisane.

Elle a du sang d'héroïne dans les veines. Pourtant sa vie est toute autre. Sara est vétérinaire et se consacre la plupart du temps à "Kiki" et à "Médor". Un travail de passion là aussi.

Caméléone

Il y a du Peter Pan chez cette femme aux cheveux courts, ce pouvoir d'imagination qui préserve à jamais du temps qui passe.

Photos: Sara Erdjka

et pour en savoir plus: http://whoareyouintheweekend.tumblr.com/

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 22 Novembre 2014

A la rencontre de Wiebke

J'ai une vie formidable!

Si si... Ah ben si! Elle est formidable au moins pour une raison, c'est qu'hier j'ai rencontré Wiebke, délicieuse et pétillante jeune femme à la blondeur raffinée qui comme son nom ne l'indique pas est anglaise.

C'est Alexane qui m'avait mis sur le coup et c'est la gentillesse de Wiebke qui a fait le reste.

Une allure de it girl, short en cuir sur collants opaques, bottines de daim clair, t-shirt noir et cardigan de laine peignée... au premier regard vous êtes sous le charme. Avec tout ce noir, un rouge à lèvre pétant qui souligne un visage rieur sous une coupe de cheveux à l'undercut bien nette.

Wiebke, avant d'être femme aux cheveux courts, a été fille aux cheveux courts. Sa première coupe de cheveux c'était à 11/12 ans et depuis, plus question de cheveux longs. Non pas qu'elle revendique quoi que ce soit, mais juste parce que ses cheveux trop fins ne ressemblaient à rien si elle les gardait longs. Aussi simple que ça.

A la rencontre de WiebkeA la rencontre de Wiebke

Etudiante "Erasmus" à Montpellier, elle reste pourtant fidèle à son coiffeur londonien, pour qui elle a servi de modèle et qui depuis est un ami.

Elle a bien tenté un coiffeur sur place, mais visiblement elle n'en fut pas satisfaite et on sait bien à quel point c'est difficile de livrer sa tête à des inconnus.

Elle avoue une admiration pour Sinead O'Connor et quelques fois l'idée lui traverse l'esprit lorsqu'elle passe la main sur sa nuque tondue, qu'un jour... peut être elle aussi...

A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke
A la rencontre de Wiebke

Et moi je suis sous le charme de la belle anglaise, qui se raconte en soufflant sur son chocolat chaud et qui s'amuse beaucoup à l'idée de partager le fruit de cette rencontre avec ses ami(e)s et sa famille.

Ma vie est formaidable j'vous dis!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre, #Divers & variés

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Publié le 9 Novembre 2014

J'aime bien "me faire ami" avec des personnes rencontrées comme ça, au hasard du web. Ça ne marche pas toujours mais en général, avec des gens ouverts, intelligents et sympathiques, il y a toujours un bon contact. A la manière du Quartier Libre, je vous livre "tel quel" ce que Monique, pour Les Femmes Aux Cheveux Courts, m'a écrit.

Quartier Libre: "Monaïque" Bonneau
Quartier Libre: "Monaïque" Bonneau

Hi Jean,

Nice chatting with you the other day! My french is so remedial, I'm hoping I can send you my bio in english to be translated by you?

So let's see ... I am a graphic designer and illustrator, living in the heart of San Francisco, CA. I'm originally from the East Coast, a small town in Massachusetts, and moved west about three years ago. Besides the visual arts, I box, rock climb, do yoga, and play music, right now as the bassist and co-singer in a punk rock band called Sister Sex. I reference much of my style from the 1960's business wear, and occasionally 1940's work wear, and incorporate vintage pieces whenever I can. I sometimes ride the edge of androgyny, but tend toward masculine presenting, while identifying firmly as a woman.

I have been cutting my own hair for a decade and went short about four years ago, and wish I had done it sooner. I was surprised to get as much positive feedback as I have on my short hair - it often becomes a topic of conversation when out or in social settings. For some reason, men especially, love asking me about it, and women love to touch it. Mostly I enjoy this, sometimes it can feel slightly invasive. However, I feel the most myself I've ever felt with short hair, and have found a drastic spike in not only my confidence, but in my professional career and ambition.

I hope this helps! Let me know if there are other, specific questions you'd like answered.

Salut!

Monique

Quartier Libre: "Monaïque" Bonneau
Quartier Libre: "Monaïque" Bonneau

Ce qui pourrait se traduire de la manière suivante:

... Je suis graphic designer et illustratrice et je vis au coeur de San Francisco, Californie. Je suis originaire de la Côte Est, une petite ville dans le Massachusetts d'où j'ai déménagé il y a 3 ans. A côté des arts visuels, je fais de la boxe, de l'escalade, du yoga et je joue de la musique, actuellement comme bassiste et chanteuse dans un groupe punk-rock qui s'appelle Sister Sex. Mon style s'inspire beaucoup du business wear des années 60 et parfois de vêtements de travail des années 40 et j'incorpore des accessoires vintage quand je le peux. Je flirte parfois avec l'androgynie, mais je tends plutôt vers une présentation masculine tout en m'identifiant fermement en tant que femme.

Cela fait 10 ans que je me coupe les cheveux moi même, depuis 4 ans que je les ai courts et je regrette de ne pas l'avoir fait plus tôt. J'ai été surprise d'obtenir autant de commentaires positifs avec mes cheveux courts - cela revient assez souvent comme sujet de conversation quand je suis à l'extérieur ou dans les milieux sociaux. Je ne sais pas pour quelle raison, les hommes particulièrement adorent me parler de ça et les femmes adorent toucher. La plupart du temps cela m'amuse, cela peut parfois se faire sentir de manière un peu intrusive. N'empêche que je ne me suis jamais autant sentie moi même que depuis que j'ai les cheveux courts et cela a provoqué une hausse radicale non seulement dans mon estime personnelle mais aussi dans ma carrière professionnelle...

C'est cool non? Merci beaucoup Monique

Monique Bonneau

Son Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 30 Octobre 2014

La vie idéale de MBP

Une fois, ou deux peut être, Marie Bénédicte a eu les cheveux longs. En tout cas elle a toujours aimé les cheveux courts. Et par bonheur, tout le monde autour d'elle l'aimait aussi avec les cheveux courts. Si bien que naturellement, elle en est arrivé à les tondre.

Une réussite, une sorte d'aboutissement.

L'histoire pourrait être presque banale, surtout dans les pages de ce blog. Ce qui l'est moins c'est la personnalité de la jeune femme. Ne vous fiez pas aux photos glamour. Marie Bénédicte est une guerrière!

La vie idéale de MBP

Elle a même bien failli l'être au sens propre du terme.

Faut dire que MB est plutôt du genre à grimper aux arbres. Randonnée, rafting, parachutisme, moto, équitation... l'adrénaline il lui en faudrait un bol à chaque petit déjeuner.

Ça faisait longtemps qu'elle pensait à cette coupe. Demi Moore l'avait impressionnée en GI Jane et la chance de MB c'est d'avoir un environnement "d'amoureux des femmes aux cheveux courts", son compagnon et son père, tous fans. Les gens dans la rue ou les commerces, les clients dans la banque où elle travaille... tout le monde la connaissait avec les cheveux courts et depuis qu'elle est tondue, pas un ne s'est détourné. Au contraire. C'en est presque idéal.

Bon, elle a bien essayé les cheveux longs, mais franchement, c'est pas son truc. C'est pas le truc de "daddy" non plus, alors il y a peut être de l'inconscient là dedans, mais à chaque fois qu'elle coupe ses cheveux, toujours un peu plus courts, elle est davantage la fille de son père...

La vie idéale de MBP

Mais n'allez pas croire que la jeune femme est resté le tomboy indécrottable de son adolescence. Marie Bénédicte est une lady qui partage autant la sophistication d'une robe élégante et d'un maquillage de bon goût que le teint naturel et les chaps de la cavalière des grands espaces. Ses cheveux courts sont juste l'expression de sa confiance en elle, de son assurance.

Depuis cet été un pas de plus est franchi, un nouveau défi relevé, un nouveau challenge accompli.

La vie idéale de MBP
La vie idéale de MBP

Marie Bénédicte est un modèle de femme aux cheveux courts. Et ce ne rien de dire que j'ai du plaisir à partager cette rencontre...

Marie Bénédicte Petit

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 30 Septembre 2014

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

J'aime l'Espagne! Je l'ai peut être déjà dit, mais j'aime l'Espagne et les espagnoles.

Beli est de là bas, résolument femme aux cheveux courts elle a un coeur de "garçon manqué", chevauchant fièrement sa Triumph de grosse cylindrée et partageant son temps entre Barcelone où elle travaille et Tarragone où elle a grandi. C'est donc en mélangeant anglais, espagnol et catalan que nous sommes parvenus à échanger quelques idées que j'ai recueillies ici...

-Beli, I'd like you tell me first if you have encountered problems in your daily life to fulfill your androgyny? ( Beli, j'aimerai tout d'abord que tu me dises si tu as rencontré des difficultés dans ta vie quotidienne pour assumer ton androgynie? )

"- La veritat és que tinc la gran sort que sempre m’han vingut les coses de cara. Vaig sortir de l’armari amb 17 anys i és clar que sempre hi ha moments complicats, sobretot quan vius en una ciutat relativament petita com Tarragona i no coneixes ningú més que se senti com tu. Et sents confusa i no acabes d’entendre gaire què et passa però tot i això tinc bons records d’aquella època. Per sort puc dir que la tònica general ha estat que la gent sempre m’ha respectat i estimat per qui sóc com a persona, no pel que em pugui atraure sexualment. Considero que l’estimació vertadera és aquella que tan sols es preocupa per la teva felicitat, i per sort, la gent que m’envolta, sobretot meva família i els meus amics sempre han estat allí i han mirat de fer-me feliç, respectar-me i recolzar-me en tot moment.

En réalité j'ai toujours eu de la chance lorsque j'ai du faire face à ces choses là. Je suis "sortie du placard" à 17 ans et bien sûr il y a toujours des moments difficiles, surtout lorsque tu vis dans une petite ville comme Tarragone et que tu ne connais personne qui se sente comme toi. Tu te sens perdue et tu ne comprends pas grand chose à ce que tu es en train de traverser, mais je garde toujours un bon souvenir de cette période. Par chance je peux dire que la tendance générale a toujours été que les gens me respectent et m'aiment pour la personne que je suis, aussi je n'avais pas besoin d'être "sexuellement attirante". Je pense qu'on a raison de penser qu'on ne prête vraiment attention qu'au bonheur et heureusement les gens autour de moi, ma famille, mes ami(e)s, ont toujours été là, essayant de me faire plaisir, me respectant et me soutenant à tout moments.

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

-You seem to have the character of a tomboy, short hair, bikes, all these things have a tendency to categorize you. Is what you do this to assert your membership in a community? (Tu sembles avoir le caractère d'un garçon manqué, cheveux courts, motos, toutes ces choses ont tendance à te classer. Est-ce que tu fais cela pour affirmer ton appartenance à une communauté?

-M’agrada mostrar-me així, tal i com vostè em descriu, potser perquè em sento atreta precisament per un perfil de noies d’aquestes característiques. També és cert que m’agrada que la gent abans de conèixer-me pensi que sóc una noia antipàtica i creguda perquè així només els que realment em volen conèixer sabran del cert com sóc. En realitat, la gent que em coneix mínimament en persona sap que el look així tan dur o fort és una faceta purament física, perquè la meva forma de ser, ja sigui parlar, gesticular i actuar és precisament femenina. Considero que tinc molts més trets que em poden definir com una noia femenina més que masculina.

J'aime bien ça oui, la manière dont tu me décris me correspond, peut être parce que j'aime bien aussi les filles qui ont ce même profil. C'est vrai aussi que les gens au premier abord pensent que je suis une fille dure ou prétentieuse parce que je veux vraiment savoir comment savoir à coup sûr. En fait, les gens qui me connaissent personnellement savent bien que cette allure de base, dure et forte, n'est qu'un aspect physique parce que la façon dont je parle habituellement, mes gestes et ma façon de faire sont tout à fait ceux d'une femme. Je crois que bien d'autres aspects me définissent davantage comme une fille "girly" que comme une fille masculine.

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

The very first time you cut your hair, what was your feeling? ( La toute première fois où tu as coupé tes cheveux, quel était ton sentiment? )

-Des de ben petita m’ha agradat vestir com un nen i portar el cabell com ells. M’encantaven els esports i sentir-me forta. No m’ha agradat mai com s’ha tractat la noia/dona com algú més dèbil o inferior, i potser per això des que tinc ús de raó he volgut sentir-me identificada amb els nois. Recordo que sempre li demanava a la meva mare que em portés a la perruqueria per tallar-me el cabell ben curt, però sempre em deia que tan curt no em quedaria bé i que era massa masculí i que la gent em podria confondre amb un noi. Tot i això, quan demanava coses als meus pares mai em van contestar amb un NO rotund, ja que sempre han mirat de cedir parcialment perquè tant ells com jo estiguéssim contents. Són persones humils, lleials i amb un cor que no els cap al pit. Considero que gràcies a ells he pogut gaudir d’una educació brillant, ja que no només em van dir com havia de fer les coses, sinó que sempre han predicat amb l’exemple. Ja sabem que les paraules se les enduu el vent, que el que importa són els fets.

Depuis que je suis petite j'ai toujours aimé m'habiller et me coiffer comme un garçon. J'ai toujours aimé le sport et me sentir forte. Cela ne m'a jamais plu d'être traitée comme une fille ou d'être considérée comme faible parce que je suis une femme et peut être que j'étais comme ça pour m'identifier aux garçons. Je me souviens que j'ai toujours demandé à ma mère de m'emmener chez le coiffeur pour me faire couper les cheveux très courts mais elle me disait toujours que si c'était trop court ce serait trop masculin et que les gens pourraient me confondre avec un garçon. Cependant, mes parents n'ont jamais opposé un NON catégorique à ce que je leur demandais tout comme ils ont toujours essayé de me donner le meilleur pour que je sois heureuse. Ce sont des gens simples avec un coeur loyal et je pense qu'ils m'ont donné une brillante éducation, non pas parce ce qu'ils me disaient de faire comme ci ou comme ça, mais par leur exemple. Nous savons bien que les mots s'envolent et que seuls les actes comptent.

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I saw some pictures that you did not hesitate to cut your hair very short. Are you going for it in a particular place? ( J'ai vu sur certaines photos que tu n'as pas hésité à te couper les cheveux très très courts. Est-ce que pour cela tu vas dans un endroit particulier? )

- Des que vaig veure la pel·lícula La Teniente O’Neil on la Demi Moore es tallava el cabell al zero vaig dir que algun dia jo també ho faria. Recordo que vaig ser molt feliç contemplant aquella escena del film. No sé perquè quan em pregunten quina és la meva pel·lícula preferida mai penso en aquesta però realment sé que em va marcar un abans i un després. Tot i que és cert que farà un any, al marxar a estudiar el màster de disseny gràfic a Madrid em vaig fer un nou “look” bastant dur i radical no vaig arribar a aquest extrem de rapar-me el cap al zero. Crec que els canvis de “look” venen en moments que necessites capgirar alguna cosa de la teva vida, o en moments que no t’acabes de sentir bé pel motiu que sigui. En el meu cas, cada vegada que em vull afrontar a alguna cosa i necessito forces per fer-ho me’ls tallo. Vaig aprofitar a tallar-me’l així de curt quan vaig marxar a Madrid, ja que els meus pares no em veurien cada dia. Considero que sempre i quan es viu amb els pares s’han de respectar les normes o regles de casa, ja que no hem d’oblidar que són els que manen i els que ens mantenen. Quan ets gran i t’independitzes sempre tens més drets i gaudeixes de més llibertat. Quan estava vivint a Madrid anava a una perruqueria molt especial del barri gay Chueca. La perruqueria es diu O-Level Estilistas i us puc ben assegurar que a més de ser grans professionals rebreu un tracte molt familiar. I ara, que visc a Barcelona aprofito algun cap de setmana que vaig a Tarragona a veure la meva família per concertar cita a l’altra perruqueria preferida: 45 graus Tarragona. Mai m'he tallat jo mateixa el cabell, ja que sóc massa perfeccionista i prefereixo deixar-ho a mans de gent que s'hi dedica, je je.

Depuis que j'ai vu le film "GI Jane" dans lequel Demi Moore se rase la tête, je me suis toujours dit qu'un jour je le ferais. Je me souviens que j'étais excitée de voir cette scène dans le film. Je ne sais pas pourquoi, mais quand on me demande quel est mon film préféré je pense à cela comme si cela marquait un avant et un après.

Pourtant c'est vrai qu'il y a un an, avant de partir pour Madrid faire mon master de graphic designer j'ai adopté un nouveau look plutôt dur, mais sans pour autant aller jusqu'à me raser la tête à zéro. Je pense que les changement de look arrivent toujours à des moments où nous avons besoin de changer quelque chose dans notre vie soit parce qu'on se sens pas bien ou quelque soit la raison. Pour ma part, j'avais besoin de me sentir forte pour affronter cette épreuve. J'ai pris l'habitude de les couper très courts depuis que j'ai quitté Madrid, mais s'il n'y avait pas mes parents je les couperais tous les jours. Mais je pense que aussi longtemps qu'ils sont en vie, on se doit de respecter les usages et les règles de la maison parce qu'on ne doit pas oublier qu'ils sont l'autorité et qu'ils garantissent la stabilité. Quand on est plus grand il est toujours temps d'apprécier plus de droits et de liberté.

Lorsque je vivais à Madrid j'allais chez un coiffeur de Chueca, le quartier gay. Le salon s'appelle O-Level et je peux t'assurer que les coiffeurs sont de vrais pro et que je bénéficiais d'un traitement de faveur. A présent que je vis à Barcelone, lorsque je prend un weekend pour retourner à Tarragone dans ma famille, je prend rendez vous dans mon salon préféré: 45 Degrés. Je ne me suis jamais coupé les cheveux moi même, je suis trop perfectionniste pour ça. Je préfère laisser ça à des mains expertes.

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

A rising trend seems to show female models parading or posing as a male model. What do you think of that? ( Une tendance montante semble montrer des modèles féminins défiler ou poser en tant que modèle masculin. Qu'en penses tu? )

-Considero que estem vivint en un món revolucionari. Un món que canvia constantment i que busca desfiar qualsevol regla o estat predeterminat. Les persones cada cop busquem més trencar amb els estereotips tradicionals perquè sabem que hi ha altres opcions igual de vàlides i, fins i tot, més interessants. No es tracta de repetir una i altra vegada el que sempre s’ha fet, ja que així no evolucionem. Considero que la resiliència i l’acceptació de qualsevol canvi en les nostres vides, així com la superació d’obstacles ens fa més forts, lliures i savis.

Je considère que nous vivons dans un monde révolutionnaire. Un monde en constante évolution où l'on cherche à défier les règles établies et les états de fait. De plus en plus de gens veulent briser les stéréotypes parce que nous savons qu'il existe d'autres options toutes aussi valables et plus intéressantes. Ce n'est pas en répétant encore et encore ce qui a toujours été fait que nous évoluerons vers le mieux. Je pense que le résilience et l'acceptation des changements et des obstacles à surmonter nous rend plus sage et plus libre.

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Spain is a very conservative country apparently. Is what you have yet to experience of other people's look today, because of your style? ( L'Espagne semble être un pays très conservateur. Est-ce que tu as encore à supporter le regard des autres aujourd'hui, à cause de ton style? )

-No puc afirmar ni rebatre que Espanya sigui un país molt conservador, perquè per poder-ho fer hauria de conèixer i haver viscut a altres països i mai no he tingut encara l’oportunitat de fer-ho. Només sé que almenys a Espanya no és delicte estimar a una persona del mateix sexe, per exemple, ni definir-se com transsexual ni bisexual. El nivell d’acceptació i respecte de la ciutadania depèn de la regió en què aquests es troben. Per tant, no és d’estranyar que als pobles i a les ciutats petites encara es menyspreï bastant tot el que no és tradicional. Però repeteixo, donem gràcies que Espanya tot i no ser un dels països més lliberals almenys pots viure tranquil.

Je ne pourrais pas dire si l'Espagne est un pays très conservateur ou non, vu que je n'ai pas encore visité ou vécu dans d'autres pays. Par contre je sais qu'ici ce n'est pas un crime d'aimer une personne du même sexe ou définie comme trangenre ou bissexuelle. Le niveau de tolérance et d'acceptation dépend évidemment de la région dans laquelle on se trouve. Par conséquent il n'est pas surprenant que les villages ou les petites villes méprisent tout ce qui n'est pas tout à fait traditionnel. Mais encore une fois, Dieu merci, l'Espagne n'est pas le moins libéral des pays où l'on puisse vivre en paix.

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

Is that what you think short hair is an essential part of your style? ( Est-ce que tu penses que les cheveux courts sont un élément essentiel de ton style? )

- El cabell curt és bastant important perquè considero que és un dels trets que més destaquen del físic d’una persona. Normalment, vaig a tallar-me el cabell a la perruqueria cada 3 setmanes o 1 mes màxim. El cabell, juntament amb la cara, és amb el que centrem la nostra atenció a simple cop d’ull quan veiem passar a algú o anem a conèixer. Tant si ens agrada com si no, les persones no podem evitar fer-nos una imatge mental de com pensem que pot ser la persona que tenim davant en funció de com és físicament, si té faccions dures.

Les cheveux courts c'est très important, parce que je pense que c'est l'une des caractéristiques la plus remarquable dans le physique d'une personne. Normalement je vais chez le coiffeur me faire couper les cheveux toutes les 3 semaines ou un mois, maximum. Les cheveux comme le visage, c'est ce qui attire l'attention au premier coup d'oeil quand on rencontre quelqu'un. Que cela nous plaise ou non, les gens ne peuvent pas s'empêcher de se faire une idée de qui nous sommes à partir de notre apparence physique...

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

What you would say to a young woman who does not dare to cut hair? ( Que dirais-tu à une jeune femme qui n'oserait pas couper ses cheveux? )

- Simplement li diria que en aquesta vida hem de fer el que sentim, sempre i quan considerem que els nostres actes no perjudiquin la vida de ningú. I que no passa res per tallar-se el cabell, que per sort torna a créixer, je je. Considero que tots som propietaris de la nostra vida i només nosaltres podem decidir què fer amb ella. Criticar quelcom que no és nostre ens fa miserables i egoistes, i penso que si la gent fes més el que sent i li agrada deixaríem de fer malbé el que ens envolta. És una llàstima que amb les penúries que ja passa molta gent a la vida encara ens posem les coses més complicades entre nosaltres.

Je lui dirais simplement que dans cette vie nous faisons ce que nous ressentons, tant que nous croyons que nos actions ne nuisent pas à quiconque. Et il n'y a aucun problème pour se couper les cheveux, qui heureusement repoussent. Je crois que nos vies nous appartiennent et que nous sommes les seul(e)s à pouvoir décider de ce que l'on fait avec. Critiquer les autres nous rend misérable et égoïste et je pense que si plus de gens faisaient ce qu'ils ressentent notre monde serait meilleur."

Voilà, c'était comme une longue discussion avec Beli, à travers laquelle j'ai ressenti une belle personne, une femme aux cheveux courts, dynamique, authentique, sûre d'elle... Et ça me plait bien. Mille fois merci Beli, d'être ce que tu es.

Quartier Libre: Beli Klein, la catalane

Photos: Beli Klein

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 22 Septembre 2014

Laurine et Ela

Il y a chez certaines femmes aux cheveux courts ce caractère fait de passion et de détermination. Quelques fois même avant qu'elles même le sachent. Et puis les choses se révèlent, bousculées parfois par les événements, les sentiments, la Vie quoi...

Laurine est blonde, comme la fourrure de Ela est blanche

Laurine et Ela

Ela c'est un peu toute sa vie, sa passion, son réconfort, son métier et l'âme qui masque le vide laissé dans la vie de Laurine...

Même si elle n'a jamais vraiment eu les cheveux très longs, à 16 ans elle les coupe bien courts, une façon de rompre avec son enfance. Et comme souvent, avec le très court vient aussi le très blond. Mais si Laurine a du style, malgré tout elle n'attache pas une grande importance à sa coupe. Elle entretien sa blondeur mais souvent repasse derrière le coiffeur avec ses propres ciseaux...

Laurine et ElaLaurine et Ela

Les cheveux courts ont aidés le jeune tomboy à se sentir bien dans sa peau. Aujourd'hui, même si parfois elle en rêve, elle se dit qu'elle ne pourrait plus avoir à nouveau les cheveux longs, ce ne serait pas elle.

Et j'ai envie de dire: Tant mieux!

Photos: Laurine Termelet

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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