Articles avec #quartier libre tag

Publié le 5 Août 2014

Quartier Libre: Stacy

Je dois bien avouer qu'une jeune femme en uniforme ne peut pas me laisser indifférent. Encore moins quand il s'agit d'une jolie jeune femme aux cheveux courts. Stacy est américaine et ce qu'on appelle là bas une EMT, pour Emergency Medical Technician, autrement dit ambulancière. Séduit, je lui ai demandé de me raconter...

"Growing up I knew I wasn’t like other girls. While they played with Barbies and went crazy over the newest boy band, I was playing with hot wheels and wondering why I didn’t look like the boys in those bands. The older I got I realized I didn’t necessarily want to be a boy, I just wanted to look like one.

"En grandissant j'ai su que je n'étais pas comme les autres filles. Alors qu'elles jouaient avec des Barbies et perdaient la tête pour le dernier boy's band, moi je jouais avec des voitures miniatures et je me demandais pourquoi diable je ne ressemblais pas aux garçons de ces boy's band. Plus âgée j'ai compris que je ne souhaitais pas nécessairement être un garçon, je voulais juste en avoir l'air.

Quartier Libre: Stacy

Two years ago, when I was 22, I finally managed to find the strength to cut off all my hair, which was very long and curly. One day I sat down in a salon chair and handed the hair stylist a picture of model Ruby Rose and said “Make me look like her.” Feelings overwhelmed me as he chopped off my long pony tail. I was happy but nervous at the same time. I immediately loved it though, my head felt lighter and the breeze felt wonderful.

Il y a deux ans, alors que j'avais 22 ans, j'ai finalement trouvé le courage de couper très courts, mes cheveux qui étaient longs et bouclés. Un jour je me suis assise dans le fauteuil du coiffeur et je lui ai montré une photo de Ruby Rose en disant " Je veux lui ressembler."J'étais submergée par l'émotion alors qu'on me coupait ma longue queue de cheval. J'étais heureuse et en même temps nerveuse. Malgré ça j'ai tout de suite adoré, ma tête semblait plus légère et sentir l'air frais m'a parut merveilleux.

Quartier Libre: Stacy

After it was over I went straight to work and got gasp after gasp from co-workers. Most loved it and others kept asking “Why?” I told them now I feel more like myself, I’m finally comfortable in my own skin. It’s not always easy having short hair, most people get confused while looking at me.

Une fois terminé, je suis allé directement au boulot où là j'ai encaissé les réactions de mes collègues. La plupart ont aimés et les autres n'arrêtaient pas de demander "Pourquoi?" Je leur ai dit à quel point je me sentais enfin moi même et finalement bien dans ma peau. Ce n'est pas toujours facile d'avoir les cheveux courts, la plupart des gens sont embarrassés quand ils me voient.

Quartier Libre: Stacy

I get called sir everyday, at least 5 times a day. If I ask to use the bathroom in a public place, I can see the employee struggling to figure out if they need to hand me the male or female key. I get glances while walking down the street but I barely even notice it anymore. The people who matter in my life say they love the short hair better and say I seem much happier since I’ve cut it. I’m extremely proud of who I am and what I look like, I just wish everyone else in the world could be as open-minded."

Tous les jours on m'appelle "monsieur", au moins 5 fois par jour. Si je demande d'utiliser les toilettes dans un lieu public, je peux voir toute la difficulté qu'à l'employé à déterminer s'il doit me donner la clé pour les hommes ou celle pour les dames. Je vois bien les regards dans la rue, mais je n'y fais même plus attention. Les gens qui comptent pour moi disent qu'ils me préfèrent avec les cheveux courts et que je semble plus heureuse même, depuis que je les ai coupé. Je suis extrêmement fière de ce que je suis et ce de quoi j'ai l'air, j'ai vraiment l'espoir que tout le monde puisse être aussi ouvert d'esprit."

Inutile de préciser que pour sa coupe, depuis longtemps Stacy préfère les "barbershop" de New York aux salons pour dames...

Tumblr de Stacy

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 4 Août 2014

C'est nature, brut et authentique, c'est la voix d'une androgyne. Pour fantastique qu'il soit aujourd'hui et depuis la nuit des temps, il doit lutter chaque jour pour vivre avec lui même. Y parvenir enfin, lui rend sa divinité...

Quartier Libre: Kriss

Je m’appelle Kriss. Un prénom neutre, pour un genre précis non défini.

"Genderfluid", voilà comment je me définis.
C'est ainsi que je me sens en harmonie avec mon corps, et mon esprit.
Je n'ai pas choisi d'être androgyne, cela fait partie entièrement de moi, mais j'ai choisi d'assumer ma fluidité de genre.

Il m'a fallu du temps, avant d'assumer, que je n'étais pas comme la personne, que mon entourage familial, ainsi que les personnes extérieures, voulaient que je sois.
Une fille, aux cheveux longs, jouant à des "trucs de fille", s'habillant de manière féminine, aimant le sexe opposé.. rentrant dans les "normalités" que la société a toujours essayé de nous imposer.
C'est tout ce que je ne suis pas et ne serais jamais.
Mais c'est ce qu'ils voulaient, alors je me suis tu pour ne pas décevoir certainement, surtout quand le modèle familial est une belle blonde, aux yeux clairs.. On a juste tendance à avancer tête baissée, pour ne pas être rejetée. Surtout aussi jeune.

Jusqu'au jour, où je décidai de me couper les cheveux, osant ainsi porter des affaires principalement masculines. Et c'est de cette manière que je me suis sentie renaître une nouvelle fois.
Mais je me souviens encore de ce jour, il a quelques années, où leurs regards, pointés sur moi, me disaient que ce n'était pas "comme ça" qu'il fallait que je sois.
J'ai pu lire une déception flagrante sur leurs visages.

Désormais et avec du temps, je me sens à ma place, avec comme identité deux genres, qui me correspondent.
J'en joue certainement, mais je suis comme ça.. C'est en jouant de mon ambiguïté que j'ai pu dire "merde", et je le dis encore, à ces personnes voulant sans cesse dénigrer mon attitude qui ne correspondait pas à leurs critères.
C'est ainsi que j'ai relevé la tête.

La photographie, fut pour moi, une réelle thérapie, aidant à me guérir de toutes les saletés que j'ai pu entendre à mon égard pendant des années et des abus que j'ai pu vivre.
La photographie est et sera toujours, une passion, une échappatoire, mon monde.
Un monde qui m'accepte tel que je suis, avec ma différence et mes failles.

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 13 Avril 2014

CE1, 7 ou 8 ans.
Première fois que l'homme à la paire de ciseaux coupe ma longue et luisante chevelure arrivant jusqu'aux fesses, pour la transformer en un carré court.
Un premier changement qui fait plus de "mal" à ma mère (qui enferme encore la longue natte dans son armoire tel un souvenir précieux!) qu'à moi, qui découvre la délicate sensation d'une nuque dégagée.
J'ai gardé cette coupe, longtemps.
barbara4.jpg 
4ème, 14 ans, première folie capillaire.
Je sacrifie cette longueur arrivant à mes épaules pour une coupe courte.
Deuxième choc émotionnel pour ma mère.
Premières moqueries de quelques professeurs et de certains camarades.
Ca y est, je sais que je suis (et serai toujours) en décalage et en dehors des cases.
Tant pis pour eux, tant mieux pour moi.
 
Vacances d'été, 19 ou 20 ans, cheveux courts.
Je croise cette nana dont le visage est encore intact dans ma mémoire.
Son visage carré, ses traits fins, son anneau dans le nez (oui ca aussi ca fait des années que j'en ai envie), son style skateuse, et son regard noir et profond.
Et là, ce flash, cette "pensée révélation".
Je veux être comme elle!
Je veux mon crâne tondu, ce regard mis en valeur.
Et je veux que mon amoureux me regarde comme son amoureux la regarde. 
Mais la normalité l'emporte.
Je laisse ma belle chevelure reprendre sa place.
 
23 ans, enceinte de plusieurs mois.
Les hormones et la folie chamboulent mon cerveau.
Je rentre un soir avec ma coupe garçonne tandis que mon amoureux se désintègre sur place.
En une minute, il est passé par environ toute la palette de couleurs d'un artiste peintre, et a frôlé une bonne dizaine de fois l'arrêt cardiaque!
262555_459529327458991_1194396002_n.jpgJe ne m'éternise pas sur sa déception.
 
Je relaisse pousser, encore...
Pour lui re-plaire, encore...
Puis je réitère, plusieurs fois...
 
26 ans, mon mariage.
Mon père tombe gravement malade.
Mon monde s'anéanti...
Puis viennent s'ajouter à cette épreuve mes problèmes de santé.
Mon couple s'anéanti...
J'ai envie de tout envoyer balader, je recoupe JUSTE mes cheveux...
Et je les garde courts.
Malgré les regards et compliments inexistants de mon mari qui reste sur sa position : femme = cheveux longs!
 
28 ans et deux mois, début de mon divorce.
La nouvelle vie qui se construit avec les débris de l'ancienne.
Retour difficile à la vie sociale...
 
Nouveau travail, nouvelles connaissances.
Nouvelles retrouvailles, nouvelles espérances...
Et surtout, cette nouvelle... "naissance" ?
L'envie de penser A MOI, de me plaire A MOI.
28 ans et neuf mois, aujourd'hui.
Je pousse la porte de cet endroit familier dans lequel je me sens exister.
Je suis accompagnée de mon troll (traduisez mon fils! )
J'annonce à la jeune et jolie coiffeuse ce que je désire.
Elle me fixe, bouche bée, sans voix, plusieurs secondes.
Je ne lâche pas son regard et répète ma demande.
Elle me demande trois fois si je suis sûre, je lui répète six fois que oui.
532307_617054245039831_4107880519859657922_n.jpg 
Elle m'installe, mon troll joue...
Je vois mon reflet dans ce miroir et entend le bruit de la tondeuse.
La petite montée d'adrénaline se fait sentir mais ne m'effraie pas, tout sonne comme une évidence.
Je sens la tondeuse sur mon crâne, et , lorsqu'elle remonte doucement, je sens une douce chaleur faire sa place dans le creux de mon ventre.
La fierté m'envahit.
C'est (déjà!) finit.
Et, une fraction de seconde, je vois mon père dans ce reflet, ma fierté n'en n'est QUE plus grande.
 
J'ai ENFIN osé, je l'ai fait.
Les clientes me félicitent et me complimentent.
Je repars avec mon fiston qui me regarde et me prend par la main, en me disant : " T'es belle avec ta coupe de garçon, on dirait encore plus une princesse rockn'roll!"
 
J'ai TOUT gagné... c'est MA liberté.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 20 Mars 2014

Les habitué(e)s de ce blog la connaissent. Elle a illustré plus d'un article avec sa silhouette androgyne et incarné l'image de Tao, ma chère héroïne. 

Dans la vie Courtney McCullough est modèle et actrice ( les plus attentifs l'auront reconnue dans la pub Mini mais elle a tourné aussi dans des courts métrages comme Happy Accidents avec un vrai talent)

Elle est surtout une belle personne, curieuse du monde qui l'entoure, simple et accessible. La preuve c'est qu'elle a bien voulu répondre à mes questions et elle l'a tellement bien fait que je vous livre son texte tel quel, à la façon d'un Quartier Libre...

courtney1.jpg

I have always had long hair throughout my life until 5 years ago.  I was living in Israel and a friend wanted to cut my hair.  She was not a professional and I felt skeptical but I also thought I might like the change, and in the worst case, I could go to a professional to get it fixed.  She actually did an amazing job and gave me an Audrey Hepburn-esque pixie cut that I kept for another year.  I received many compliments so naturally I thought, “Okay, this doesn’t look so bad.”

Toute ma vie j'ai eu les cheveux longs, jusqu'à il y a 5 ans. Je vivais en Israel et une amie voulait me couper les cheveux. Elle n'était pas coiffeuse et j'étais un peu septique, mais en même temps je me suis dit que je pourrais aimer le changement et que dans le pire des cas je pourrais toujours aller chez un professionnel pour rattraper le coup. Cependant elle a fait un excellent travail et je me suis retrouvée avec une coupe garçonne à la Audrey Hepburn que j'ai gardé un an. Et puis j'ai eu tellement de compliments que naturellement je me suis dit: " Bon, ça me va pas si mal!"  

About a year and half later I was in Amsterdam with another friend and I felt the sudden urge to shave my hair.  It was a Sunday night and the only coiffure open was in Chinatown.  They were about to close when we showed up but we convinced them to stay open a little longer to shave my hair.  Since they didn’t speak English and I don’t speak Dutch, they showed me a magazine image of a bald man to clarify.  The female haircutters were too nervous so they made the male haircutter do it.  I didn’t cry or gasp during the process but I was actually amazed by how much lighter my head felt.  Once outside in the cold Dutch air, I could feel the wind blowing against my head harshly.  That took some time getting used to.  I returned to Israel where I received lots of positive reactions.  At first I wore a lot of makeup to compensate for my lack of perceived femininity but quickly got over it and learned to own it.  My mom saw a picture though and did not like it.  She compared me to Britney Spears.

courtney2.jpgA peu près un an et demi plus tard, j'étais à Amsterdam avec une autre amie, lorsque j'ai soudain senti le besoin irrépressible de me faire tondre. C'était un dimanche soir et le seul salon ouvert se trouvait à Chinatown. Ils étaient sur le point de fermer quand nous sommes arrivées mais nous les avons convaincus de rester encore un peu ouvert, le temps de me tondre. Comme ils ne parlaient pas anglais et que je ne parlais pas hollandais, il m'ont montré une photo de magazine avec un homme rasé pour être bien clair. Les coiffeuses étaient trop nerveuses pour le faire alors elles ont demandé aux hommes de s'en occuper. Je n'ai pas pleuré ni suffoqué durant la coupe, mais j'ai été réellement stupéfaite de sentir combien ma tête était légère. Une fois dehors dans l'air froid de la Hollande, je pouvais sentir le vent souffler durement sur mon crâne. Cela a pris un certain temps pour que je m'habitue. Je suis retourné en Israel où j'ai eu beaucoup de réactions positives. Au début je me maquillais beaucoup pour compenser le manque apparent de féminité, mais rapidement j'ai dépassé cela et me suis approprié mon image. Ma mère par contre a vu une photo et elle n'a pas aimé. Elle me comparait à Britney Spears

I eventually let my hair grow back out to the style it is now.  I think it definitely makes me unique as a commercial actor and model, especially when most Asian woman have long, flowing, dark hair.  For the most part I’ve only received positive reactions but have also lost jobs to women with long hair because it’s a more traditional and feminine look.  But I’ve also booked jobs specifically because of my short hair, so it’s pretty even.  To maintain my short hair I often visit the barbershop because, frankly, they are cheaper than salons. 

Finallement j'ai laissé pousser mes cheveux dans le style qu'ils ont aujourd'hui. Je pense que cela me rend unique en tant que modèle et comédienne de publicité, quand la plupart des femmes asiatiques ont les cheveux longs, noirs et flottants. La plupart du temps j'ai des réactions positives mais j'ai aussi perdu des contrats parce qu'on m'a préféré une femme aux cheveux longs et à l'allure plus traditionnelle et féminine. Mais j'ai aussi décroché des contrats parce que justement j'avais les cheveux courts. Donc finallement c'est même bien. Pour entretenir ma coupe je vais souvent chez les coiffeurs hommes, parce que franchement c'est bien moins cher que les salons pour dames. 

I often hear from other women that they want to cut their hair short but are afraid to, to which I always say, “Just try it, and if you don’t like it, it’s hair! It grows back!”  I think all women should experience short hair at least once in their life, just like all men should experience long hair at least once.  It changes your whole appearance and feelings and also allows you to realize how multi-faceted you are.  

J'entends souvent d'autres femmes dire qu'elles veulent se couper les cheveux mais qu'elles ont peur de le faire. Alors je leur dis: " Essayez et si cela ne vous plait pas ce ne sont que des cheveux, ça repousse". Je pense que toutes les femmes devraient au moins une fois dans leur vie essayer les cheveux courts, tout comme les hommes devraient essayer les cheveux longs. Cela bouleverse votre image et vos sentiments et vous permet de vous rendre compte à quel point vous pouvez avoir différents visages. 

As a result of having short hair I am often described as androgynous and many photographers like to explore this concept through photo shoots where I might wear men’s clothing or look like a little boy due to my youthful appearance.  It is definitely a state of mind.  I don’t consider myself feminine or masculine; I think I have traits that could go in either direction.  Some days I wake up not wanting to put on makeup and wear an oversized shirt and jeans and other days I feel like wearing a dress and makeup.  I don’t think women need to always look one way.  They should just do as they feel, wherever that feeling lands on the gender spectrum.

A cause de mes cheveux courts on me décrit souvent comme androgyne et nombre de photographes aiment explorer ce concept au court des séances photo où je peux porter des vêtements masculins ou avoir l'air d'un petit garçon grace à mon apparence jeune. C'est définitvement un état d'esprit. Je ne me considère pas comme masculine ou féminine. Je pense que j'ai des traits qui me permettent l'une et l'autre. Certains jours je me lève avec l'envie de ne pas mettre de maquillage et porter une chemise et un jean d'homme et d'autres jours je me sens plus robe et maquillage. Je ne pense pas que les femmes aient besoin d'être toujours avec la même apparence. Elles doivent faire comme bon leur semble, quitte à jouer avec les genres.

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Crédit photo: Courtney McCullough.com

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 4 Mars 2014

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 On me demande d'écrire un article qui parle de moi, mon allure androgyne. Je trouve que c'est quelque chose de très difficile pour moi de parler de mon apparence androgyne , tout simplement parce que ce n'est pas vraiment quelque chose que j'ai choisi. Pourquoi je suis androgyne ? Je ne sais pas c'est comme ça, j’imagine que je suis née pour l'être. Cela fait partie de ma personnalité, plus jeune j'étais déjà une fille qu'on considérait comme étant garçon manqué. Mais je n'avais pas confiance en mon image, je ne prenais pas vraiment soin de mon apparence, ça n'avait pas vraiment d'importance pour moi. Je n'ai jamais été féminine, ces allures androgynes sont venues naturellement. Pour moi être androgyne ne se résume pas seulement à des traits physiques, une coupe de cheveux et un style vestimentaire. On peut dire que j'ai construit ce style par rapport à ma personnalité. Les deux collent bien ensembles. J'ai toujours pensé que je me considère ni homme , ni femme. Je suis un individu dans un corps de femme qui est capable de penser comme un homme et aussi bien comme une femme. Et puis c'est quoi penser comme un homme, comme une femme ? C'est quoi la différence ? Vous voyez, est-ce que ça a réellement son importance le sexe, le genre ? Nous sommes des individus avec une personnalité , un psychique avant tout.
Je suis persuadée que c'est notre vision des choses, nos désirs, nos convictions, nos goûts qui définissent notre allure générale.
L'autre jour on m'a demandé si j'envisageais de retrouver des cheveux longs un jour, j'ai répondu par un « non » catégorique. Pourquoi tant d'assurance dans ma réponse ? Je dois dire que si j'ai eu les cheveux long pendant mon enfance tendre certes, c'est bien parce que je ne pouvais pas encore affirmer ma personnalité, mes choix, je n'étais encore qu'un gosse. Dès que j'ai eu la possibilité de m'affirmer j'ai couper mes cheveux, je suis passer de long à court puis très court. La période de transition entre court et très court s'est faite pendant mon adolescence. En grandissant ma personnalité s'est affirmée, mes choix aussi, tous ces détails ont eu des conséquences sur ma coupe de cheveux, mon style vestimentaire, j'avais soudainement confiance en mon image. Aujourd'hui j'ai 20 ans et on peut dire que l'évolution de ma coupe de cheveux illustre mon passage de l'adolescente à la jeune adulte. Je sais aussi qu'avec le temps, je couperai encore plus court surement. Je ne peux plus m'imaginer sans se plaisir de pouvoir passer ma main sur mes cheveux fraichement coupés. Couper mes cheveux courts, m'habiller de manière si masculine tout en gardant un coté féminin et fragile est sans aucun doute là pour rappeler que je ne suis ni homme, ni femme, je suis moi, je suis ce que je veux.
Je refuse de me plier à un simple sexe. Je suis libre de penser comme je veux. Je suis libre d'être moi-même sans aucune honte, et je souhaite à tout le monde d'en faire de même, parce que souvenez-vous, chacun de vous en est capable. 

 

Morgane ( Syd Lucid )

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 23 Novembre 2013

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Margot est une belle personne, une jeune femme en quête d'absolu qui sait jouer avec les mots et s'exprimer à travers de belles poèsies. Une femme aux cheveux courts, assurément, déterminée et audacieuse, dont le jeune âge ne laisse pas soupçonner la grande maturité...

 

La première fois j'avais 15 ans. C'était vers Noël, je ne sais pas pour qui ni pourquoi. J'avais envie de changer, tout simplement. La première fois on n'ose pas regarder, on ne fait qu'écouter le crissement de la cisaille dans les mèches lourdes qui s'écrasent déjà par terre. Puis on lit dans le sourire fier de la coiffeuse qu'il est trop tard. C'était une coupe courte « classique ». La première semaine est difficile, difficile de ne pas se retrouver dans le miroir, de ne pas savoir. Les gens disaient « super » mais je n'en étais pas convaincue. Peut être l'effet garçon, je ne sais pas. Et puis doucement au fil des semaines, sans vraiment m'en rendre compte, le doute s'est envolé, emportant quelques centimètres de plus avec lui. Et j'ai su m'apprivoiser, au delà de ce que le miroir de la société pouvait réfléchir.

 

Au mois de juin j'avais les cheveux rasés très près sur les cotés et des mèches qui se dressaient fièrement contre le vent au dessus de mon crâne. Quant au regard des gens, c'est toujours la même chose, les garçons regardent, les filles parlent. Et on finit par comprendre, et on arrête de se cacher parce qu'au fond, si c'est pour ne pas s'assumer pour ne pas moins insatisfaire le regard des autres, à quoi bon mettre de l'argent pour un coup de ciseau ?

 

 

Cette année, le coiffeur a rigolé quand je lui ai dit que je comptais tout laisser repousser. Il avait raison ! Et c'est un très bon échec ! J'ai fondu dernièrement en tombant par hasard sur le clip de Miley Cyrus « wrecking ball », que je connaissais pas du tout. Et j'ai bien été obligée de reconnaître qu'elle est magnifique ainsi !

 

Alors, tout recommence, on en parle autour de soi, on en parle comme si on allait passer sur le billard alors qu'au fond tout le monde sait bien qu' « au pire ça repoussera ». Et voilà, on finit par trépigner pendant l'attente trop longue dans les fauteuils du salon, à sourire quand une des clientes demande au coiffeur de couper, mais juste un peu, parce qu'elle n'ose pas tout à fait, à se retenir de soupirer au contact de la tondeuse, et à sortir de chez le coiffeur très heureuse dès les premiers pas dans la rue !

 

Pour moi ce ne sont pas les cheveux, courts ou long, ni l'apparence quelqu'elle soit qui font la femme, puisqu'il m'a fallu quelques mois avant de pouvoir me penser et me dire femme aux cheveux courts avec tout ce qu'on peut mettre là dedans, tout ceci ne fait que révéler qui nous sommes. Et il y a tellement d'histoires à partager, vivre et raconter, qu'il serait dommage de passer à coté pour une histoire de Diktat des apparences, non ? 

 

 

Photo: Margot R.

Son blog:  Ailleurs si j'y suis

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Octobre 2013

Alex-1.jpgOn a tous et toutes une addiction, nous sommes tous drogué à quelque chose de spécial. Quelque chose qui nous rend heureux, nous fait sourire et nous rend bien. Pour certains, cela peut être une collection quelconque de comics, pour d'autre une addiction aux substances plus ou moins légales, enfin pour une plus petite part de notre communauté, c'est quelque chose d'autre, qui sort de l'ordinaire, une chose plus originale... Une chose que malheureusement, certains ne comprennent pas et ne comprendront jamais.
 
Cette dernière addiction dont je parle, c'est la mienne et celle de beaucoup d'autre; le son de la tondeuse chez le coiffeur. Sentir cet objet miracle passer sur l'arrière de mon crâne et autour de mes oreilles me procure une sensation indescriptible que je vais pourtant tenter d'expliquer ici.
 
Avoir les cheveux courts, et même très courts est toute une religion. Surtout quand on est une fille. Il faut que la longueur nous convienne; pas rasé à blanc, mais il faut que ce soit assez court. Et trouver cette bonne "longueur" n'est pas chose aisée. Pour mon cas, ça se passe au touché. Vous savez, ce geste de passer sa main sur l'arrière de sa tête. C'est seulement comme ça que je peux dire si je suis, ou non, satisfaite où si l'on coupe un peu plus. Ces derniers temps, depuis ma rencontre avec Jean, finalement, je ressors du salon avec une coupe toujours un peu plus courte que la fois précédente... Car oui, ça aussi c'est une drogue bien connue chez les personnes ayant le crâne rasé. L'addiction au toujours plus court. Mais je n'en parlerais pas ici.
 
Revenons plutôt à cette sensation indescriptible. Ce bonheur de passer ma main sur mes cheveux fraîchement rasés. Je ne saurais vous expliquer pourquoi, mais en faisant ce geste, un sourire apparaît quasi instantanément sur mon visage, et il veut tout dire; que je suis satisfaite de cette coupe et que la longueur est juste comme il faut. Mais il y a autre chose, cette satisfaction d'oser me raser le crane, et ce plaisir de sentir cette texture nette et douce quand je fais glisser mes doigts dans le peu de cheveux qu'il me reste. Voilà. Un mélange de fierté, de plaisir et de satisfaction personnelle. Car oui, je me sens vraiment "moi" comme cela. Et ce n'est pas prêt de changer. Voila ma drogue.
 
J'appelle cela une drogue, oui. Car au bout de quelque jours, une fois être sorti de l'endroit miracle, on ressent cette gène quand, après avoir fait ce geste machinal de passer sa main sur l'arrière de nôtre crâne, on y rencontre beaucoup plus de cheveux que prévu, du moins beaucoup plus long. La sensation n'est plus la même, la texture ne plait plus vraiment, ce n'est plus aussi "frais" qu'à la sortie du coiffeur... Car oui, malheureusement ça repousse beaucoup trop vite. Alors on se jette sur le téléphone pour reprendre un rendez vous rapidement afin de retrouver à nouveau cette sensation de bonheur. 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 9 Mars 2013

C'est sous la forme d'une petite nouvelle que Pauline exprime son ressenti et profite de ce Quartier Libre...

 

Toute petite, elle arborait une coupe au carré, avec une frange bien droite, qui laissait apparaître sa jolie nuque fine et son grand père, cet homme impressionnant qui était si avare de démonstrations affectives, se laissait aller quelques fois à déposer sur cette nuque une caresse pleine d'émotion.

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Il était le seul à faire cela et elle était sans doute la seule à recevoir ce privilège de sa part. Malgré son jeune âge, elle en était bien consciente et c'était pour elle une grande fierté.

Il portait bien son nom dont l'étymologie signifiait "la force de l'ours". Il avait tout de l'ours en effet, de la carrure imposante aux mains solides, grommelant souvent de sa voix grave. Jusqu'à son goût pour la solitude, lorsqu'il se repliait dans son petit atelier...

Cet atelier était aussi sombre qu'une grotte, mais à chaque fois qu'elle y pénétrait, elle espérait toujours qu'il lui laisse découvrir les merveilles qui s'y trouvaient, tapies dans l'ombre, attendant paisiblement qu'il les saisisse et les bricole de ses grosses mains tannées, pour mettre à l'oeuvre son petit génie intérieur...

Elle était fascinée par son univers si étrange et elle avait le sentiment qu'elle seule pouvait voir à travers sa carapace, sans vraiment comprendre comment, ni pourquoi. Elle voyait aussi sa colère, sa tristesse et aussi ses peurs... La peur de mourir entre autres.

Alors elle a tout fait pour entretenir ce lien particulier, pour s'imprégner de ces petits morceaux de son être qu'elle aimait tant, comme pour se les approprier et ainsi le tenir vivant plus longtemps, peut être même pour toujours.

Le temps passa, la petite fille grandit et laissa pousser ses cheveux pour jouer à l'adolescente comme les autres. Elle qui était si fière de se sentir privilégiée étant petite, elle a voulu se fondre dans la masse pour être aimée de tous. Mais bien sûr, on ne peut pas être aimée de tous, surtout durant l'adolescence!

Puis arriva ce qui devait arriver, son grand père était vieux, fatigué et malade. Un matin il tenta de se mettre debout, comme pour faire face une dernière fois, faire rugir l'ours face aux vieux démons qui étaient venus le chercher et cet effort le terrassa. L'Ours était vaincu.

Elle n'avait jamais été à un enterrement, elle ne savait pas ce qui se passait dans ces moments là et simplement pas l'envie de le savoir. Mais cette fois, c'était différent. Il fallait qu'elle y aille, il fallait qu'elle rende grâce à ce privilège qu'il lui avait toujours offert. Alors sans se soucier de ce que pourrait penser sa famille, elle décida de "se faire belle" pour cette occasion, de se couper les cheveux, plus court qu'elle ne l'avait jamais fait, surtout au niveau de la nuque.

Et, dans la tristesse de l'assemblée, elle senti sur elle les regards. Elle se fichait bien de savoir si ces regards étaient positifs ou négatifs; ce qu'elle sentait, c'était à nouveau ce privilège de se sentir différente. Elle sentait à l'intérieur d'elle même ce sentiment de porter quelque chose d'unique, sans doute ce quelque chose qui touchait l'Ours en plein coeur.

Depuis, elle sent souvent dans sa nuque courte de femme, des sensations étranges et des regards fascinés. Alors elle imagine recevoir à nouveau, avec le vent, la caresse de l'Ours attendrit...

 

Pauline G.

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Publié le 30 Janvier 2013

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Il y a quelques temps déjà que nous échangions, Sand et moi. Et puis je me suis rendu compte que je n'avais même pas songé encore à lui laisser un Quartier Libre sur le blog. Sandra est modèle et femme aux cheveux courts, résolument. A découvrir chez les meilleurs photographes.

 

"J'ai décidé d'essayer la coupe courte à 19 ans il me semble. A force de colorations, j'avais les cheveux dans un état tel que ça m'a paru être la seule solution. Puis j'avais je crois besoin de changement à cette période. L'adage dit que lorsqu'une femme rencontre un obstacle, elle change de coiffure. Adage certainement stupide, quoi qu'il en soit, la "thérapie capillaire" a été un franc succès. Un an et demi plus tard, sur un coup de tête, je me rasais intégralement le crâne. J'ai eu à ce moment là de bonnes critiques de mes proches, impressionnés par « mon cran » et étonnés pour la plupart que le crâne nu puisse m'aller. Également à cette période, beaucoup de photographes me sollicitaient pour me photographier. Il faut dire qu'une femme aux cheveux rasés, ça ne court pas les rues ! Malheureusement et malgré la soit disant "évolution de l'esprit de dame société", ce n'est pas pour autant facile à porter. Les employeurs n'ont pas été aussi avenants à mon égard. Bien que je ne doute pas que ce soit possible de trouver un emploi avec une apparence particulière, "la norme", autant que "les clichés" perdurent. Mes cheveux sont en ce moment en phase de repousse, une envie qui est arrivée sans prévenir elle aussi. Mais je sais que, même si j'arrive à laisser mes cheveux dépasser les 5cm, je reviendrais bien assez tôt à la coupe courte en envoyant valser les stéréotypes et les clichés que les gens peuvent avoir."


Le book de Sand

Photo: Chill Photograpie

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 1 Janvier 2013

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Le hasard, comme toujours, m'a mis sur la trace de Miranda. Jeune étudiante franco-américaine et blogueuse de talent. Dernière coupe de cheveux il y a 2 semaines, ciseaux et tondeuse chez le petit coiffeur en bas de chez elle. Souvent dit-elle l'envie de les couper plus courts encore lui traverse l'esprit. Un jour peut être?

Pour parler de mes cheveux, j'avais 17 ans que j'ai décidé d'un jour à l'autre de me les couper. (j'étais à New York pour un stage de mode pendant un mois)
Je savais que ça faisait longtemps que je voulais me débarrasser de ces cheveux épais et lourds, mais je l'avais jamais vraiment fait. Un samedi matin, j'ai pris le subway à Brooklyn, je suis descendue 3 arrêts plus loin et je suis rentrée dans le premier coiffeur qui m'est venu ! La coiffeuse ne voulait pas me les couper au début, elle m'a juré que j'allais le regretter. Après une heure de coupe, je me regarde dans la glace. J'ai eu une énorme sensation de légèreté toute la masse que j'avais portée pendant 17 ans était partie ! Depuis, je suis passée par des dizaines de coupes courtes différentes. Je ne pense pas revenir aux cheveux longs (en tout cas pour le moment). J'ai l'impression de me sentir unique, la coupe à la garçonne ça ne marche pas pour tout le monde, il faut bien savoir la porter. On pourrait dire que j'ai eu de la chance ! Ca fait toujours plaisir de marcher dans la rue et d'avoir quelqu'un me dire "oh j'aime beaucoup votre coupe c'est osée !"
Merci Miranda
Son blog: Let's Get Flashy

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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