Partir, revenir...

Publié le 7 Novembre 2018

Photo: Coralie Robin

Photo: Coralie Robin

On échappe pas à sa vraie nature. C'est l'expérience qu'a vécue Coralie. Imaginant que sa nouvelle vie et ce tournant passait aussi par une nouvelle image. Ce qui est vrai dans un sens ne l'est pas toujours en sens inverse et si une femme qui change de vie se coupe souvent les cheveux, Coralie en tout cas n'était pas prête à laisser pousser les siens...

Réveil, aujourd’hui, je ne pense qu’à mon rendez-vous chez le coiffeur. J’ai hâte d’y aller. J’ai hâte de sentir la sensation de la tondeuse sur mon crâne. 13h30, j’y vais. J’entre dans le salon, l’endroit donne envie d’y aller en tout cas. Le salon est grand, avenant, les gens ont l’air sympa. En arrivant, j’explique à la dame ce que je veux. En gros, j’ai besoin de me retrouver. Elle m’a immédiatement dit que les cheveux courts étaient fait pour moi. Et ça m’a fait plaisir. Ça m’a conforté dans mon choix de ne pas les laisser pousser. D’ailleurs, faut que je revienne sur cette idée qui m’a traversé l’esprit. Celle de me laisser pousser les cheveux. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai voulu faire ça. Changement de vie, changement de pays. Le changement, tout simplement. J’ai vu ça comme un nouveau départ, qui irait avec tout le reste. Finalement, au bout d’un mois, je ne me reconnaissais plus. J’avais l’impression de ne plus être moi, avec ces cheveux qui cachaient mon crâne. Ce n’était plus moi. Je suis une femme aux cheveux rasés, et personne d’autre. Cette coupe au bol était mon identité, depuis longtemps. J’ai voulu changer comme j’ai réussi à changer de vie. Mais ça m’a rattrapé. J’ai fait comme une sorte de dépression capillaire. La sensation de la tondeuse sur mon crâne me manquait terriblement. Aujourd’hui, le 6 novembre, il était temps pour moi de me retrouver. C’est tout naturellement que je suis retournée chez le coiffeur ici, dans ma nouvelle ville de Reykjanesbaer. Je me suis installée sur ce fauteuil face aux immenses miroirs, et rien que ça, ça m’a rendu heureuse. Je lui ai expliqué ce que je voulais. Elle a immédiatement dégainé sa tondeuse, et c’était parti. J’ai fermé les yeux, et pris une grande respiration. Et j’ai senti la tondeuse sur mon crâne. Enfin. Après tout ce temps. Je vous laisse imaginer la sensation qui m’a traversée. Intense. Forte. Plaisante. J’ai immédiatement dit « I’m back now, I feel like I’m me, again. It’s so fucking good. » Ça l’a beaucoup fait rire. Je crois qu’elle ne s’attendait pas à ce genre de réaction. Ce ne sont que des cheveux, pas vrai? Je lui ai expliqué que pour moi c’était plus. C’était mon identité que je venais de retrouver. Et rien ne pouvait me rendre plus heureuse. Je peux enfin repasser ma main sur mon crâne, et plus sur des petits cheveux. Je suis sortie avec le sourire aux lèvres et un intense sentiment de satisfaction.

Photos: Margret Sørensen
Photos: Margret SørensenPhotos: Margret Sørensen

Photos: Margret Sørensen

Ainsi on retrouve Robin le petit marin, partie à l'aventure au pays des glaces et Coralie nouvelle, mais avec toujours cette coupe extraordinaire qui la rend unique.

 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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