Publié le 8 Décembre 2014

Frida me console

J'avais les yeux presque clos, la tête appuyée sur l'accoudoir du Chesterfield, dans le cabinet maintenant familier de ma thérapeute bavaroise. Sans doute s'attendait-elle à ce que je la questionne une fois encore sur les origines de ma dilection et ses répercutions sur ma vie affective, pourtant depuis quelques jours j'avais une autre préoccupation, beaucoup plus fondamentale à mon sens...

Moi " - Dis moi Frid', est ce que tu crois que l'on peut vivre sans amour?

Ma Psy - Holly shit! Mais keske tu me dis là? Je n'ai bourdant pas l'imprezion que tu zois à blaindre...

Moi - Oui... non, je sais, tu vas dire qu'avec toi et Laora, je serais un sacré foutu goujat si je me plaignais d'un manque d'affection... Mais c'est pas ce que je veux dire. Non je voulais ton avis sur.... Est-ce que tu ne crois pas que tout le monde a besoin de reconnaissance, que chacun a besoin de sentir que ce qu'il fait est bien, qu'on le lui dise de temps en temps... ou bien est-ce que c'est un truc de midinette?

Ma Psy - Liebe, kesky t'arrive? C'est noufeau ça non? Tu aurais besoin qu'on falide ta façon de fivre, ta façon d'être toi même et le mode de vie que tu as choisi?

Moi - Non c'est pas ça, pas vraiment. J'aime trop les gens, je cherche toujours à faire plaisir et ça devrait être sans arrière pensée, sans rien attendre en retour. Mais là, c'est comme si j'avais besoin qu'on me caresse la joue, qu'on me sourit ou qu'on me témoigne de la gratitude... sinon je me sens vide et sans intérêt. Tu comprends?

Ma Psy - Ja ich verstehe, c'est parfaitement humain, mais tu es trop zenzible. Tu ne pourras pas changer les autres, il faut que tu trouves la zoluzion en toi même. Tu ne peux pas être aimé par tout le monde et ta gentillesse n'est pas une monnaie pour obtenir quoi que ce soit... C'est juste un peu de déprime... Et...

Moi - Oui? Quoi?

Ma Psy - Je crois que j'ai un truc qui pourrait te remonter le moral...

Moi - Dis toujours...

Ma Psy - Ce soir l'italienne et moi on va chez le coiffeur... et après... ça va être ta fête!

Photo: Angie Hill

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

Repost 0

Publié le 7 Décembre 2014

Filles manquées

Il s'y connait, pour avoir autour de lui des femmes toujours un peu exceptionnelles, un peu rock, un peu punk, toujours authentiques.

Pascal Pierrou a encore une fois posé son objectif sur ces filles aux cheveux courts qui nous fascinent.

Androgynes? Pas forcément. Ambiguës? Pas par choix. Plus sûrement à la recherche d'elles même, mais sur la voie de la sincérité. Elles ont "fait" les filles un temps, plus jeunes, lorsqu'elles avaient les cheveux longs. Mais les cheveux courts c'est un dénominateur commun, une façon certaine de rompre avec les conventions, de se sentir plus "vraies".

Le reste, le Perfecto et la mine grave, c'est de la mise en scène, ces vraies filles manquées sont des femmes évidentes, audacieuses, impulsives, qui tracent un chemin sans avoir réellement conscience d'entrainer dans leur sillage d'autres jeunes femmes qui se reconnaissent enfin.

Les cheveux courts sont une partie de cette vérité, une façon, radicale ou originale, de montrer qu'elles n'appartiennent qu'à elles même, un goût divertissant pour s'approprier des codes que certains voulaient garder pour eux, une envie de transgression, ou un simple plaisir esthétique... Rien n'est jamais anodin avec les cheveux...

Photo: Pascal Pierrou avec Marie, Mathilda et Fany

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 6 Décembre 2014

Mystérieuse

Elle avait cet air d'un portrait Renaissance qu'aurait signé Boticelli ou Signorelli, sauf que les lunettes, forcément, ça ajoutait du mystère au tableau...

C'était sans doute son profil d'éphèbe et cette coupe, lisse, nette, un peu baroque, un casque de cheveux blonds, presque blancs qui masquaient son front mais laissaient deviner sa nuque rasée.

Elle glissait dans la galerie, de tableaux en tableaux mystérieuse et intrigante, le visage sans expression et le regard masqué par ses lunettes noires.

Dans cette ambiance, on imaginait une scène de film où Steve Mc Queen apparaîtrait accompagné de Faye Dunaway et Thomas Crown ne serait sûrement pas indifférent au charme de la blonde mystérieuse...

Devant un Turner lumineux elle s'arrêta définitivement. Elle retira ses lunettes pour dévoiler un visage d'enfant. La tête s'inclina un peu et une main posée sur la nuque caressait doucement les cheveux ras...

Photo: Nora Vai pour Totokaelo

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

Repost 0

Publié le 5 Décembre 2014

Rigueur et certitudes

Je ne sais pas ce que les autres imaginent, j'en ai une petite idée tout de même, mais je préfère garder mes certitudes. Sans doute les femmes en uniforme me séduisent elles parce qu'elles endossent un rôle généralement masculin et qu'en le faisant elles expriment une volonté de ne pas se laisser exclure, démontrant que rien ne doit leur être étranger. Mais surtout parce qu'elles le font sans chercher à dénaturer la fonction, sans chercher à "adoucir" un métier d'armes, violent, qui peut vous entraîner jusqu'à la mort. Défendre et protéger amène souvent à se battre...

Cette femme là n'a pas les cheveux courts pour "effacer" sa féminité, la féminité ne se mesure pas à la longueur des cheveux, c'est juste qu'elle a le sens pratique, que son rôle n'a pas réellement de genre, qu'il requiert simplement de l'abégation, du courage, de la volonté... l'esprit de sacrifice, le sens du devoir, le respect de principes et de valeurs qui l'attache à son pays, gardienne de la liberté de chacun des membres de sa communauté et que pour tout cela elle n'a pas besoin des appâts d'une bimbo de téléréalité.

Photo: Paolo Verzone - Exposition "Cadets" - Hôtel national des Invalides, du 8 décembre 2014 au 24 janvier 2015

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 3 Décembre 2014

Merci à toutes, sauf...

Je peux dire que j'ai de la veine, si si. Depuis que j'écris ce blog, j'en ai fait des rencontres et des belles!

Des personnes magnifiques, chaleureuses, triomphantes, d'autres plus réservées, délicates et subtiles.

Des photographes de talent et des modèles pleines d'audace. Des "madametoulemonde" et de moins inconnues. Des " à peine jeune femme" et d'autres comptant davantage de printemps, des tomboys à l'aise dans leur baggy et de belles androgynes stylées...

Toutes m'ont émerveillé et m'ont séduit avec leur histoire, leurs mots pour dire les maux, leur enthousiasme, leur force et leur fragilité souvent bien camouflée et surtout leur gentillesse dont je me suis nourri.

Grâce à toutes celles là, je peux oublier les autres, celles qui m'ont affecté par leur mépris ou leur condescendance, celles qui promettent puis se renient, celles qui sont venues puis ont disparues, effaçant toutes traces de cette compromission, comme un acte honteux, celles qui ne sont intéressées que par elle même, celles qui sont prêtes à manifester pour un arbre qu'on pourrait abattre et qui rêvent d'un monde meilleur mais qui sont incapables de la gentillesse du quotidien et puis celles qui ont reçu un boitier à Noël et qui depuis s'imaginent photographe et chipottent l'utilisation qu'on pourrait faire de leurs chefs-d'oeuvre...

Pourtant il faut que je leur rende hommage aussi finalement, puisque tout cela ne donne que davantage de valeur aux autres.

Alors...

Merci à toutes et de tout mon coeur!

Photo: Camille Albane

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 2 Décembre 2014

Gémeaux

Il y a forcément de toi en ELLES. Il y a du IL, il y a du ELLE.

ELLES sont identiques et pourtant différentes et uniques.

Androgynes merveilleuses comme des Dioscures féminins d'une nouvelle mythologie, les voici dépouillées des artifices du genre, le front dégagé et la nuque rasée, le corps à peine voilé...

Elles sont fille/garçon, pile et face, jumelles de tout, du bien comme du moins bon et libre de choisir Juliette ou Roméo, car ELLES sont idéales.

ELLES sont l'évidence, délicate et rugueuse, alliance de grâce féminine et d'âpreté masculine, pourtant douce, ELLES ne sont fragiles qu'à l'intérieur et le reste, depuis longtemps est rompu aux sempiternels combats qu'il faut mener pour échapper au monde des mortelles.

Il y a forcément de toi en ELLES...

Photo: Christophe Panepinto

Facebook

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 1 Décembre 2014

Ô Captain, my Captain!

Elle est d'une armée sans nom, soldat perdue d'une révolution oubliée.

Elle a trouvé dans cette grande malle un uniforme sans âge, une vareuse aux boutons de cuivre et aux galons dorés. Pour jouer elle l'a enfilé sur sa peau nue et s'est plantée devant le long miroir au tain piqué.

L'image était saisissante et romanesque. Les épaulettes en fil d'or avaient du mal à tenir leur place sur sa carrure un peu frêle, mais sa mine grave et ses cheveux ras assuraient une allure guerrière. Quelques bijoux hétéroclites lui donnaient un air baroque et sauvage...

Elle prenait la pose devant la psyché poussiéreuse et en écho se retrouvait face aux plaines sans fin, balayées par le khamsin brûlant, tournait sur elle même faisant virvoleter les pans de la redingote et apparaissait cette fois sur la passerelle d'un galion, à l'ancre dans une baie mystérieuse ceinturée de cocotiers. Encore un tour et la voici au coeur de l'Armée des Indes, dans une parade bruyante et colorée où le pas lent des pachydermes rythment la cadence...

Et puis elle s'affale sur le grand fauteuil d'osier, caresse sa tête tondue dans un geste familier et rassurant, se pelotonne dans l'épaisse vareuse et s'endort sur ces rêves d'aventure.

Photo: Harper Smith

Modèle: Cuba Scott

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 30 Novembre 2014

L'insurgée

Je ne vais pas aller par quatre chemins, je ne suis pas du genre à couper les cheveux en quatre ( huhu! ). Quand on aime le cinéma, on aime tous les cinémas. C'est ce goût de l'éclectisme qui m'a amené à voir cette année les deux films dans lesquels le rôle principal est tenu par Shailene Woodley que d'aucun classerait dans la catégorie "actrice pour films d'ados" Peu importe!

Il y a donc eu The Fault In Our Stars, sirupeux et plein de bons sentiments où la jeune femme apparait, cheveux courts, malade mais parfois rayonnante, forte jusqu'à la rupture et puis il y a eu The Divergent, un film d'anticipation.

Les arcanes de la production et de la distribution ont fait que le premier tourné est sorti plus tard que le second, si bien que dans The Divergent, Shailene s'y trouve avec sa magnifique chevelure d'adolescente, longue, saine et épaisse.

L'insurgée

Un film d'action dans lequel elle est parfaitement crédible, tiré d'un roman triptyque depuis longtemps bestseller.

Et dans le deuxième volet donc, qui devrait être sur nos écrans au printemps, Shailene Woodley a cette petite tête bien faite qu'on découvre dans le trailer et sans trop me forcer je pense que, pour un film d'action, avec un héros féminin dans le rôle principal, c'est un peu plus vraisemblable. C'est pas dans Hunger Games qu'on aurait vu ça ... ( Rhooo mais non j'déconne... )

Bon enfin, voilà ce que ça donne

Résumé de l'épisode précédent...

... et trailer de l'épisode à venir

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Repost 0

Publié le 28 Novembre 2014

Dans ce parfum

De la nuit il ne reste qu'un mélange de subtiles parfums et d'odeurs familières. La couche à moitié abandonnée, la tiédeur du drap et ces effluves qui collent à la peau. Encore alanguie elle perçoit chaque nuance, chaque ton et doucement caresse son corps comme on froisse les pétales d'une fleur pour en extraire davantage d'essence. Elle retrouve ici et là son odeur, la devine, s'ennivre.

Et ses doigts brûlent et ses tempes battent. Sa peau frisonne sous la caresse quand elle parcourt sa nuque, tellement nue, tellement soyeuse. Ses doigts fourragent dans ses cheveux et des senteurs s'exhalent encore.

Sa peau embaume et à chaque inspiration son ventre se contracte, ses seins durcissent. Les doigts se crispent sur la nuque rasée et son corps tout entier ondule comme un cygne... Jusqu'à ce que le souffle lui manque et que toute sa chair se tende comme un arc bandé.

Un peu de sueur a perlé faisant naître une autre fragrance et sa peau luit, drainant une goutte de cet élixir dans le creux des reins.

Encore un frisson, long, presque sans fin.

Photo: Solenne Jakovsky

Le shooting de Sand

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost 0

Publié le 27 Novembre 2014

Mathilde, à la manière d'un Quartier Libre

Mathilde est un concentré de jeune femme moderne. Indépendante au caractère bien affirmé, elle se déplace en moto, cultive son allure androgyne, aime le mélange des genres et les contrastes, s'approprie son corps, transgresse les normes, fait du sport...

Au départ elle est graphiste et la qualité de ses aquarelles en atteste, mais depuis toujours ce qu'aime Mathilde c'est couper les cheveux. Ses frères, sa mère, ses copines, tous en profitent et personne ne s'en plaint parce que ce qui est fait avec passion est toujours bien fait.

A 19 ans elle coupe les siens, comme un affranchissement. Elle a conscience de l'importance qu'ont les cheveux sur notre image et l'expression de qui l'on est réellement. Pour être elle même, Mathilde un jour va se tondre complètement pour remettre à zéro les compteurs de sa vie, tourner une page et repartir. Et puisque c'est ça qu'elle aime vraiment, elle devient coiffeuse, pour de vrai!

Mathilde, à la manière d'un Quartier Libre

Petit à petit sa coupe se radicalise, elle adore la sensation des cheveux bien tondus, le contraste du très court et du plus long ensemble, la délicatesse d'une nuque rasée, à la fois douce et "piquante".

Dans le salon où elle travaille, Mathilde coiffe les hommes autant que les femmes et parfois même les enfants, mais ce qu'elle préfère ce sont celles qui se coiffent "comme les garçons". Elle aime lire l'enthousiasme, la surprise, l'étonnement, la fierté, dans le regard de celles qui viennent à la recherche d'elles même. Elle aime l'émotion que procure une transformation totale et ce sentiment d'être la créatrice d'un bonheur nouveau.

C'est la première fois qu'une coiffeuse et femme aux cheveux courts à qui ces pages sont dédiées s'exprime ici. Et franchement, je suis heureux d'avoir fait cette rencontre avec Mathilde.

Photo: Mathilde Defresne

Voir les commentaires

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

Repost 0