Publié le 31 Janvier 2015

Besoin de personne

Je me garderais bien de faire des généralités, mais c'est marrant ces temps ci, le nombre de femmes qui m'avouent avoir dans un coin de leur tête, l'idée, un jour, de raser leurs cheveux. Cela peut paraître étrange comme désir, pour un esprit archaïque peu enclin à chercher au delà des apparences, pourtant de manière presque systématique, toutes celles qui ont osé ce geste de façon consensuel bien sûr, sans y être contraintes par la maladie par exemple, ont exprimé le sentiment de fierté et l'extraordinaire sensation de liberté que cela leur avait procuré.

La réalité c'est que tout est matière de caractère et de tempérament, là où la plupart des gens ne voit qu'une question d'esthétique.

A tel point que même celles que le traitement d'une maladie contraint à se raser la tête devraient non pas se lamenter sur la perte illusoire d'une idée de la féminité, mais au contraire montrer avec fierté l'esprit de combativité qui les anime dans cette lutte "à mort".

De façon moins dramatique, lorsque cette idée traverse l'esprit, ce ne sont que des considérations se rapportant aux autres qui freinent ce désir d'être soi même dans toute sa nudité. Comment "les autres" vont-ils percevoir cette transformation? Que vont dire "les autres"?

Ainsi, on s'en remet au jugement du regard de ces "autres" qui ne sont pas les acteurs de notre vie pourtant.

Il faut du courage, c'est vrai, pour affronter sa vraie image, peut être le même que celui qu'il faut pour se jeter du haut d'un pont avec les pieds attachés à un élastique... et exploser de joie en s'apercevant que trois secondes plus tard on est toujours en vie et tellement fièr(e) d'avoir "osé".

Alors moi je dis que la vie est trop incertaine pour ne pas profiter de chaque occasion de faire de nouvelles expériences, juste pour voir si, comme le disent celles qui l'on fait, on ressent soi même cette liberté et cette fierté.

Photo: Maddocman

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 29 Janvier 2015

Pendant que ma guitare pleure doucement...

Un sourire a déformé son visage. En entendant les premières notes du morceau il a fermé les yeux pour mieux voir...

Il aurait presque senti la chaleur du soleil sur sa peau tellement ce souvenir nourrissait d'émotion. Il y avait ce contraste de couleurs, sa peau dorée comme le caramel, son t-shirt blanc lumineux, son short bleu délavé et ses cheveux... ses cheveux de jais, trop courts pour briller au soleil mais dont la simple évocation lui remplissait les narines d'un parfum de jasmin.

La scène se répétait et il revoyait, au moment où elle enlevait son t-shirt, son anatomie saillir sous la peau couleur d'ambre et sa chevelure s'ébouriffer en passant l'encolure du vêtement.

Il imaginait à nouveau ses doigts plongeant dans la toison drue comme une fourrure, par endroit presque rasée comme un pelage, dévoilant son cou étroit et musclé qui faisait naître l'envie de mordre la chair. Et la morsure et les baisers allaient irradier le corps entier et le tendre... comme les cordes de cette guitare qui n'en finit pas de pleurer... doucement.

 

Photo: Nicho Ryan

 

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Publié le 28 Janvier 2015

Qui t'es toi?

Tu l'aperçois et tu te dis qu'elle est belle, mais tout de suite ton cerveau te reprend et tu te dis qu'il est beau... mais tu n'es pas convaincu, tu cherches à savoir, le doute te gêne... est ce que c'est si important? Et important pour qui finalement? Pour toi, l'hétérosexuel, qui soudainement t'en voudrais d'avoir du désir pour un homme si elle en était un? Pour toi, l'hétérosexuelle, qui subitement as le coeur qui bat pour cette fille...

Et elle, emprisonnée dans ce corps, qui se débat parfois ente "elle" et "lui", qui joue l'ambiguité, s'habille volontiers d'une robe, vernis ses ongles longs, rougis ses lèvres pulpeuses et soigne l'épaisseur de ses sourcils... sans doute serait elle plus "identifiable" si elle abandonnait ses cheveux courts?

Evidemment que pour elle aussi le dilemme est terrible. Les cheveux longs lui donneraient le sentiment de se mentir, parce qu'elle aime bien, elle, se sentir garçon aussi. C'est ainsi qu'elle se sent le plus authentique après tout. Elle aime la compagnie des garçons, trouvent les filles futiles et parfois stupides, mais elle est fille, ne le renie pas. Elle l'est juste à sa manière.

Et toi tu l'aperçois et tu te dis qu'elle est belle ou qu'il est beau, cela n'a pas d'importance, tu es juste heureux que cela contente ton regard...

Photo: Alexandria Britt

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Publié le 27 Janvier 2015

Frida parle d'amour

A tout bien considérer, il faut avouer que notre improbable trio fonctionnait malgré tout. Il fonctionnait même si bien que parfois il nous arrivait de sentir le poids de l'ennui qui naissait d'une certaine routine.

Pourtant l'équation était presque parfaite. Une blonde au tempérament nordique, un tantinet rigoureuse et à l'esprit scientifique, bi mais plutôt lesbienne, une brune méditerranéenne au coeur chaud comme la braise du Vésuve, un peu frivole et totalement pansexuelle et un homme hétéro-lesbien, esthète intello un peu déboussolé... Le tout matiné d'un extraordinaire fétichisme qui à lui seul pouvait suffir à nous exciter.

Nous pouvions ainsi à loisir commenter nos sentiments réciproques, les uns et les autres à propos du troisième, ce que nous ne manquions jamais de faire. Ainsi ce soir là, Frida et moi étions vautrés dans le canapé du salon et le passage de Laura, nue comme d'habitude, à travers la pièce, pour aller et venir, inspira notre Walkyrie.

Ma Psy " - La ragazza ezzaie de nous allumer là tu krois? Kand je la vois de tos elle me donne l'illuzion d'être hétéro...

Moi - ... Et moi celle d'être gay. Mais ce n'est pas désagréable.

Ma Psy - ...je ne sais pas... Peut être ça me donne des rekrets de ne pas avoir ce truc que toi tu as entre les chambes... C'est excitant d'imachiner que je l'attrape par derrière...

Moi - Mouais...

Ma Psy - ... Ke che lui arrache un cri lorske je la pénétre et à chaque coup de rein...

Moi - Oh là, oh là ! C'est ton côté nostalgique du Mur de Berlin qui prend le dessus là?

Ma Psy - Nein, mais afec un god c'est pas pareil si tu veux safoir

Moi - Non non, merci je n'y tiens pas!"

Et puis s'adressant directement à l'objet de son fantasme, souvent la conversation se terminait ainsi:

Ma Psy "- Hey liebe! tu feux pas que je te koupe les cheveux?

Laora - Vai a fanculo!" Ce qui en italien signifie "non merci mais je préfère aller chez mon coiffeur"... enfin je crois.

Photo: Neda Rajabi

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Publié le 26 Janvier 2015

Vous reprendrez bien un peu de nostalgie?

La Vie se charge parfois de vous resservir quelques gouttes de ces souvenirs qui vous plongent un peu dans la nostalgie, douce ou douloureuse... souvent les deux.

Une image, quelques mots et on retrouve soudain l'ambiance d'un moment particulier, la terrasse d'un café à deux pas de Montmartre, la chaleur d'un rayon de soleil de printemps... Des mains serrées, des doigts entrelacés, des baisers, une jeunesse qui s'enfuie...

Cet amour à l'allure de garçon manqué, le regard barré par cette lourde mèche qu'elle chassait doucement d'un mouvement de la tête, son corps d'éphèbe et ses poignets fins alourdis de bracelets et de bijoux, ses lèvres rouges comme un fruit et son cou délicat...

Faut il avoir des regrets ou juste de la tendresse pour ces souvenirs d'un temps merveilleux où tant de choses étaient possibles?

Finalement les regrets ne me vont pas et je préfère te garder dans mon coeur comme petit joyaux, un éclat de bonheur.

 

Photo: Vanessa Jackman

 

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Publié le 24 Janvier 2015

Breaking news!

C'est toujours délicieux de partager un moment avec Wiebke. La jeune anglaise avait disparue quelques semaines pour retrouver son Albion natale et nous nous sommes retrouvés hier devant une boisson chaude...

J'avais hâte de la revoir, d'autant que la malicieuse avait laissé imaginer un changement un peu radical dans sa coupe de cheveux en lançant un mystérieux : " Bye Wiebke, Hello Sinéad " sur son compte Instagram. Je savais depuis que ce n'était là qu'une déclaration d'intention, néanmoins le sujet demeurait brûlant.

Breaking news!Breaking news!

Avec son enthousiasme et sa fraicheur habituelle, la jeune femme m'avoua qu'elle était à deux doigts de se faire la tête de Sinead O'Connor, que, au dernier moment elle avait eu le trac, mais que depuis l'idée se faisait de plus en plus présente à son esprit.

Personnellement je ne suis pas du genre à décourager ce style d'envie, cependant il faut être honnête et étudier les arguments avec la plus grande objectivité. Wiebke est jeune, belle et la tête bien faite, si elle ne cède pas à cette envie maintenant ce n'est pas à 40 ans qu'elle le fera.

Pourtant je sentais bien que même si j'avais chipoter, sa décision était sur le point d'être prise. Reste que ma british amie ne connaissait pas à Montpellier de coiffeur capable de réaliser son désir...

Je ne suis pas non plus, du genre à laisser une amie avec ce genre de problème sur les bras. Ni une ni deux, nous sommes parti bras dessus bras dessous dans les ruelles de la ville pour rejoindre le salon de mon coiffeur préféré.

Pas question bien sûr de passage à l'acte mais juste la découverte du lieu, vintage à souhait et la rencontre avec Régine, désignée exécutrice de la noble tâche.

L'adorable Wiebke, toujours aussi enthousiaste, ne cessait de chambouler ses mèches blondes, tentant, en les relevant, de se faire une idée, sans doute pour la millième fois, de sa tête avec juste 1/2 cm de cheveux.

L'affaire fut conclue.

C'est donc très bientôt et en exclusivité pour Les Femmes aux cheveux courts que Wiebke pourra cette fois affirmer: " Bye Wiebke, Hello Sinead! "

Breaking news!

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Publié le 23 Janvier 2015

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

Victor Hugo

Photo: Paolo Roversi

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Publié le 22 Janvier 2015

Un juste retour des choses...
Un juste retour des choses...

On peut bien en parler tout de même!

Moi qui suis un invétéré amoureux des Femmes aux cheveux courts, je comprend bien, peut être mieux que personne, qu'on puisse avoir du plaisir à laisser des mains expertes, façonner sa chevelure, la tailler, la ciseler, la tondre parfois et s'en remettre aux choix d'un salon réputé, qui profitera de l'esthétique de son mannequin pour mettre en valeur sa dernière création

C'est ce que fait Wiebke parfois. Wiebke, vous vous rappelez?

Il faut de l'audace et une confiance aveugle... pour supporter après coup, une coupe que l'on a finalement pas choisie.

Mais le secret de la très jolie Wiebke, c'est que au fond, tout cela n'a pas d'importance pour elle. Son désir secret c'est de raser ses cheveux, comme Sinead O'Connor. Et elle peut bien se moquer du reste, ce ne sont pas ses cheveux qui font sa beauté... Ils la soulignent parfois.

En attendant que le courage la submerge et que vaillamment elle offre sa chevelure à la tondeuse de son coiffeur londonien ( ou montpelliérain? ) elle veut bien faire le mannequin et s'offrir de temps en temps la même coupe que Jeanne d'Arc il y a plus de 600 ans. Ce qui de la part d'une anglaise me va droit au coeur...

Modèle: Wiebke Green

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Publié le 21 Janvier 2015

L'amour du travail bien fait

Je crois que tout le monde aime bien couper les cheveux... En tout cas tout le monde aimerait bien ça.

J'ai remarqué ça dès mon plus jeune âge, lorsque je résistais vaillamment , mais inconsciemment, à mon père qui tenait absolument à me voir avec la coupe en brosse d'un jeune garçon digne de ce nom à l'époque. Tout le monde autour de moi, ma soeur aînée, des amies à elle, chacune tentait sa chance en proposant de me couper les cheveux puisque je refusais d'aller chez le coiffeur de mon père, comme s'il s'agissait d'une gourmandise, d'un loisir délicieux.

Moi aussi, plus tard, j'ai aimé ça... Mais sans jamais céder un pouce sur mes principes. Une coupe de cheveux, c'est trop important pour confier ça à n'importe qui! Et en dehors des professionnels de la profession, je n'ai jamais rencontré de personnes suffisamment amoureuses de cet art pour les laisser s'exercer sur ma tête. Donc j'imagine que les autres sont comme moi.

Pourtant, de nos jours, on dirait que tout le monde veut s'y mettre. Pas un foyer où il n'y ait pas aujourd'hui une tondeuse électrique. Seulement voilà, il ne suffit pas d'avoir une boîte de gouache sous la main pour être Léonard de Vinci. C'est sérieux ces choses là! Même pour se faire la tête de Sinead O'Connor, il faut aimer le travail bien fait et ne pas se contenter de "moissonner" la chevelure comme si on tondait la pelouse de tante Adèle... Sinon c'est pas Sinead... c'est moche!

Par contre, quand on a le soucis du détail, qu'on aime l'harmonie qui frôle le presque parfait, qu'on a du goût et une certaine adresse, là oui, on peut savourer ce plaisir étrange et sensuel.

Photo: Bil Brown

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Publié le 20 Janvier 2015

Ne renoncer à rien

Je me demande parfois si ma voisine ne fait pas exprès, me voyant arriver, d'aborder avec sa commère, des sujets qui le plus souvent me fâchent, ou sinon ne me laissent jamais indifférent.

Je la vois de loin, la bonne femme, appuyée sur le manche de son balai en paille de riz, qui après avoir donné trois coups sur son bout de trottoir, commence à papotter avec le voisinage. Elle connait mon parti pris et c'est comme si elle me provoquait en duel à chaque fois.

J'étais donc ce matin là encombré de mon sac de commissions et de ma baguette de pain frais, lorsqu'elle haussa un peu le ton pour déclarer à sa copine que les femmes qui se coupaient les cheveux trop courts, cela signifiait immanquablement qu'elles renonçaient à quelque chose...

Faisant mine de n'avoir rien perçu de son manège, je m'arrêtais bien sûr, pour m'enquérrir de à quoi diable une femme pouvait-elle bien renoncer en se coupant les cheveux "trop courts".

" Eh bien! A la féminité, à la séduction et donc par conséquant aux hommes..." La faiblesse de l'argument avait de quoi décourager, mais malgré tout je jouais le jeu. " Comme les nonnes qui entrent au couvent vous voulez dire?" Elle parut un peu décontenancée par mon exemple...

"Euh ... Ben oui par exemple. Non mais dans la vie de tout les jours, vous voyez bien, vous en croisez vous, des femmes qui se coupent les cheveux comme des garçons, hein? Eh bien on ne m'enlèvera pas de l'idée que ces femmes là elles renoncent à quelque chose en faisant ça...."

Il y a souvent du bon sens dans l'esprit des gens simples et il serait injuste de ne pas leur reconnaître cette qualité...

" Vous avez raison, je crois." Autant vous dire que ma balyeuse de trottoir s'est mise en mode " qu'est-ce qui m'embrouille lui" dès les premiers mots de ma réponse. "Effectivement, ces femmes là renoncent à une catégorie d'hommes qui n'auraient pas suffisamment d'intelligence et d'ouverture d'esprit pour apprécier une femme authentique et sûre d'elle, c'est vrai. Elles renoncent aussi à écouter tout ces gens qui pensent qu'avoir les cheveux courts vous fait ressembler à un homme, c'est vrai aussi. Elles renoncent à l'image d'une femme traditionnellement soumise aux règles patriarcales d'une société bâtie pour les hommes. C'est pas rien! Elle renoncent à renoncer à leurs envies... Tant de renoncements... Vous avez raison de les plaindre je crois."

Je profitais à ce moment de la bouche bée de mon interlocutrice pour passer le porche et m'engoufrer dans mon immeuble, non sans avoir lancé un jovial " Bonjour chez vous" à la cantonade...

Photo: Soline Rebillard

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