Publié le 4 Mars 2015

Elle ne dort pas vraiment...

Elle ne dort pas vraiment, elle est dans un crépuscule de rêve...

Une langueur délicieuse qui appelle des songes brûlant. Lovée dans son propre corps, la tête dans les bras, elle respire sa peau tiède empreinte d'un parfum familier. Doucement, les doigts d'une main longue et fine s'agitent sur sa nuque, parviennent à caresser le cou presque jusqu'à la gorge. Cette main soudain n'est plus la sienne et l'hypnose l'attribue à l'Autre...

Et l'Autre aime glisser ses doigts sur l'épiderme de soie, envelopper le pilier de chair étroit et robuste, suivre les courbes de l'anatomie parfaite.

Et puis... et puis, parvenir jusqu'à l'orée des cheveux et parce qu'ils sont fraîchement coupés, caresser cette bordure où ils sont si ras qu'ils râpent la pulpe des doigts et suivre leur contour jusque derrière l'oreille, puis redescendre, tout doucement suivant l'arête du maxillaire, revenir encore vers le creux de la nuque et se recroquevillant, échouer à les saisir dans un poing fermé.

Un seul doigt alors s'aventure sur le sillon entre deux tendons et glisse vers l'échine faisant naître un frisson, hérissant la peau comme une risée sur une eau calme...

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Publié le 3 Mars 2015

Forever young

Qu'ils aillent au Diable tous ceux qui, à peine vieillis, sont prompts à briser les élans, se prenant au sérieux plus qu'ils ne devraient et rabâchent volontiers " Tu n'as plus 20 ans " comme un anathème, maudissant celle ou celui qui malgré les ans a gardé son âme d'enfant, son esprit d'adolescent, son coeur de jeune adulte, l'esprit ouvert sur le monde, attentif, créatif, enthousiaste...

Est-ce que cette mère de famille devrait abandonner ses rêves en sortant de la maternité, ou bien est-ce qu'au contraire elle ne devrait pas montrer à sa progéniture l'exemple de son indépendance, de sa liberté et de l'audace qui toujours l'ont accompagnée? Est-ce qu'il faut à 40 ans abandonner son baggy et ses Doc Marten's parce "on a plus 20 ans"? Renoncer à ses cheveux courts, à cette nuque rasée, à ces anneaux qui tintent aux oreilles, à son Perfecto et ses lunettes noires?

Dieu merci j'en connais, qui n'ont même pas conscience du temps qui passe ou qui accueillent avec sérénité les premiers sillons qui marquent leur visage, donnant un charme nouveau à leur allure d'éternelle tomboy, comme une décoration pour le mérite, un ruban à la boutonnière pour dire à tous le respect qu'on lui doit... et s'en foutre.

Illustration: Delf Gillot

 

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Publié le 2 Mars 2015

On s'imagine, parce qu'on est une femme aux cheveux courts, qu'on a déjà ça dans les veines, qu'on est une femme audacieuse et déterminée que ça va être facile. Et bien pas tant que ça...

Facile à dire

Aujourd'hui c'était un grand jour. Et malgré son habitude des cheveux courts, Wiebke, la plus jolie anglaise de Montpellier, était un peu nerveuse.

Forcément, il y avait cumul des épreuves. Une nouvelle coiffeuse, un nouveau salon et l'envie d'une coupe plus courte que jamais...

Il fallait le soutien de Rachel, la deuxième plus jolie anglaise de Montpellier et l'expertise de Régine, la coiffeuse des Femmes aux cheveux courts, pour surmonter toutes ces appréhensions.

Facile à dire

Malgré tout, il faut se livrer, s'abandonner, faire confiance. Petit à petit, presque imperceptiblement, l'allure change. Les cheveux humides semblent plus foncés et puis on se rend compte que les pointes blondes qui éclaircissaient la chevelure ont disparues... La coiffeuse, attentive, fait une pause et c'est la main qui va juger la différence... Au début, on reste concentré.

Facile à dire

Rachel, la complice, la bonne copine, est là pour rassurer. Elle glisse elle aussi la main sur cette nuque presque tondue... Plus court? Un sourire, un regard... Oui, plus courts encore!

Quelques coups de ciseaux de plus, quelques passages de tondeuse supplémentaires et puis les cheveux séchés donnent une nouvelle allure.

Le trac est envolé. Wiebke ébourriffe ses cheveux, c'est comme ça qu'elle s'aime et sous ses doigts elle découvre une nouvelle sensation.

Facile à dire

Enfin libérée, la nouvelle Wiebke illumine le salon de son sourire.

Nouvelle et toujours aussi jolie, plus femme aux cheveux courts que jamais, fière d'avoir surmonté ses appréhensions, la voilà qui exulte enfin.

Parce que c'est facile à dire... mais il faut tout de même se faire confiance, avoir de l'audace pour bouleverser un peu son image et oser les cheveux "très" courts.

Facile à dire
Facile à dire

Bientôt elle retrouvera un peu de blondeur et peut être même que, conquise, elle pensera qu'elle aurait bien pu les couper encore plus court...

Merci Wiebke.

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Publié le 1 Mars 2015

Et ta soeur!

Sous prétexte d'une coupe de cheveux très courte, certaines imaginent qu'elles sont capables de faire aussi bien qu'un(e) professionnel(le) en s'armant d'une tondeuse. Erreur fatale!

Evidemment je ne parle pas d'un geste radical qui consisterait à suprimer tout ce qui s'élève au delà de quelques millimétres au dessus du cuir chevelu et ce sur la surface totale du crâne, non. Encore que, même pour ça, il faut de la constance et de la précision...

Parce que couper les cheveux requiert une certaine passion pour le sujet, un goût esthétique, un sens du "beau", de l'élégant, de l'harmonieux, si l'on ne veut pas finir avec la coupe "j'en ai marre de la vie" que certaines affichent sans vergogne.

Par ailleurs, ce n'est rien d'autre qu'une simple estime de soi qui oblige la fille aux cheveux courts à refuser l'offre de la bonne copine qui tente de la convaincre de la laisser lui couper les cheveux qui, souvent pour des raisons de budget, commencent à être insupportablement longs.

Comme s'il s'agissait "bêtement" de passer la tondeuse, même armée d'un sabot de plastic, pour satisfaire le besoin d'avoir une petite tête bien proprette ou une coupe plutôt sauvage... Pas aussi simple, tout est dans le détail, dans la finesse, dans le dégradé, les contrastes et les volumes.... Toutes choses extrêmement moins faciles en réalité qu'il ne parait aux yeux de la copine pétrie de bonne volonté et un peu excitée. Oui, parce qu'il y a quelque chose d'un peu excitant à tailler cette matière souple et soyeuse...

Bref! Tout cela est bien trop sérieux pour être pris à la légère.

Photo: Chad Mickael Ward

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Publié le 28 Février 2015

Le mépris

Sa peur était un jour de ne plus apparaître dans son regard, ce jour là, d'être le fils du vitrier, transpercé sans qu'elle ne le voit plus, qu'il parle sans qu'elle ne l'entende ou que tout ce qu'il fasse la laisse définitivement indifférente...

Plus que le désamour, le mépris serait une seconde mort.

Pourtant il la verrait toujours, la côtoierait sans doute, pourrait sûrement lui dire des mots, des mots qu'on dit quand on est amoureux ou désespéré, mais il n'aurait plus que le silence ou l'absence comme seul interlocuteur. Un refus, une révolte, une colère même serait préférable à cette condamnation à ne plus exister...

Petit à petit il n'aurait plus que son dos , cet autre visage d'elle qu'il adorait, cette nuque de marbre clair, nue et lisse, qui s'élevait dans la masse de ses cheveux sombres, tranchés net. Mais plus rien ne vibrerait et ses mots seraient désormais impuissants et son souffle ne parviendrait plus jusqu'à sa peau, ni ses lèvres, pour faire naître une vague de frissons sur sa chair. Elle vivrait hors de lui, sourirait, parlerait à d'autres, mais plus à lui.

D'un amour qui s'éteint, croit-il, il reste toujours quelque chose qui s'adoucit avec les ans, un souvenir heureux, une amitié ou juste une affection. Le mépris, lui, efface l'idée même qu'il y ait eu un amour et cela serait pour lui la pire cruauté...

 

Photo: Alexey Dubinsky

 

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Publié le 27 Février 2015

Laora voit rouge

Un dernier élan, un dernier gémissement et nous nous retrouvions Laora et moi, pantelant et presque nus, adossés à la commode de la tante Giulietta...

Quelques minutes plus tôt, à peine rentré d'une journée assez banale, la jeune transalpine m'avait littéralement sauté au cou, spontanée et survoltée comme souvent. Sans vraiment parler elle m'avait dépouillé d'une partie de mes vêtements, me trainant à travers l'appartement dans lequel nous semions elle et moi nos frusques, au fur et à mesure. Je résistais alors avec vaillance, il faut le dire, à une fellation un peu sauvage, qui me permis néanmoins de constater que la florentine était fraîchement passée chez le coiffeur, ce qui sans doute expliquait son attitude. Nous optâmes pour une levrette plus conventionnelle durant laquelle, en plus de ses reins, elle m'offrait le spectacle de sa nuque délicieusement rasée. Pour finir elle me fit face et sauta à califourchon sur moi, croisant ses fines jambes autour de ma taille, ce qui nous amena sur le plateau de marbre de la fameuse commode où dans un ensemble digne d'un numéro de cabaret nous atteignîmes un orgasme selon moi mérité.

Alors que je reprenais mon souffle, Laora avait allumé une cigarette et glissé vers le canapé où elle s'affala, ébourrifant ses cheveux courts et exhibant sa poitrine d'adolescente, pendant que je tentais de me rhabiller tant bien que mal.

Laora "- C'est qua même pas normal qu'oune femme elle dis qu'elle peut pas aller chez le coiffeur comme elle veut, non?

Moi - Qu'est ce qui te fait dire ça chevreau?

Laora - Ma c'est oune coupine qué je l'ai rencontrée l'autre jour. Elle mé dit " Ouhla! Moi pas question qué jé coupe mes chéveux, sinon mon mari il mé toue" Tou crois ça toi? C'est qua même le scandale non? Et pourtant c'est oune femme qu'elle est évolouée, elle a la classe et c'est oune bon milieu tou vois. Ma jé crois qu'elle est comme la femelle tou vois, docile, amoureuse, qué elle vit pas pour elle ma elle vit pour lui. Et loui jé crois qu'il est un peu con con et qu'il aime le foot, l'apéro et les femmes qu'elles ressemblent à des poupées.

Moi - Hélas je crains que le mari de ta copine fasse partie de la grande majorité des hommes et que ta copine soit elle aussi une partie de la majorité des femmes...

Laora - Ma tu rends compte, alors nous on est les extraterrestres no? Jé voudrais bien voir moi oune mec qu'il m'interdit de faire cé qué jé veux avec mes chéveux... ou mes habit, ou ma peau.

Photo: Thomas Whiteside

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Publié le 25 Février 2015

Le col boutonné
Le col boutonné

C'est tout de même frappant de voir comment un détail, d'un sexe à l'autre et d'une époque à une autre, de total ringard devient ultra chic.

Il n'y a pas si longtemps et sûrement aujourd'hui encore, un homme qui oserait le col de chemise boutonné sans porter une cravate passerait pour le plus plouc des bouseux du quartier. Ajoutez un pantalon en velours côtelé avec un ourlet de dix centimètres et le tableau est achevé... comme la réputation de ce pauvre homme.

Cependant, cet effet sera presque totalement inverse si le col boutonné de la chemise est porté par une jeune femme. Amusant non?

Il y a quelque chose de terriblement chic dans cette façon de mettre en valeur ce col de chemise et en même temps cela semble être une manière de s'approprier un code masculin, bizarrement.

Un col ouvert exprimerait une décontraction classique, voir une recherche de séduction si le décolleté se prolonge, alors que ce col fermé, loin d'être austère, appelle à considérer d'autres atouts...

Bien sûr cela donne une touche androgyne, justement grâce au caractère masculin du détail, alors que chez n'importe quel homme cela donnerait une touche de "plouquitude", voir... quelque chose d'efféminé. Allez comprendre ça.

Le col boutonné

Photos: de haut en bas et de gauche à droite: Michelle Salas, Jolijn Snijders, Alasdair McLellan, Aaron Feaver et Meri Bjorn

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Publié le 24 Février 2015

Le garçon en Elles

J'en connais une poignée, je pourrais en connaître cent, des femmes qui se conjuguent sans pronom, qui ont encore dans leur regard une enfance à courir la campagne ou à explorer les villes, le godillot claquant sur le pavé avec la bande des garçons...

De leur adolescence sans genre, de leur corps androgyne, elles composent une image qui fascine plus qu'elle ne heurte.

Ici la féminité est épurée, elle est une quintescence qu'il faut lire en transparence. De chaque élément, fragile et délicat, l'assemblage produit un être sublime et sans faiblesse.

L'âge mûrit les choses et consolide la conscience d'être à part, cette femme avec ce garçon quelque part à l'intérieur. Ce qui pouvait faire peur ne le fait plus et l'acceptation n'est pas une résignation mais un atout, une carte joker.

Il y avait une peur, celle de ne pas avoir sa place, celle d'être prise pour un autre. Il fallait des artifices, quelques bijoux discrets, des cheveux longs, coiffés comme les filles. Mais quand enfin on sait où se trouve l'essentiel, chacun, de la fille et du garçon, prend sa place, sagement, et la femme idéale enfin rassurée, laisse l'androgyne triompher.

J'en connais cent, je pourrais en connaître mille, des femmes qui se conjuguent sans pronom...

Photo: Fany Meil

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Publié le 23 Février 2015

Bioutifoul Pipeul

Je ne vais pas mentir, j'aime bien ces événements qui nous montrent les acteurs dans leur monde de strass et de paillettes. Enfin surtout les actrices.

Autant dire que mon weekend était chargé, entre Césars et Oscars, ce déballage Haute Couture, cette concentration de bon sentiments, ces duels de sourires un peu faux derche... J'adore.

Mais bon... Ça c'est comme les Fashion Weeks. J'ai toujours l'impression d'avoir à faire à des gens qui vivent dans un autre monde que le mien et dont les fonctions vitales, manger, boire, dormir et faire pipi-caca ne sont pas les mêmes que les miennes. Et pourtant...

Bref! La merveilleuse Lupita Nyong'o, la délicieuse Cate Blanchett et l'adorable Scarlett Johansson, voilà ce qui a fait mon miel pour la soirée.

Question coupe de cheveux, évidemment, l'Oscar est pour Scarlett selon mon goût. Je trouve ça assez remarquable d'ailleurs, cette persistance depuis plusieurs mois, pour cette coupe, toujours plus millimétrée.

Bioutifoul Pipeul

Tout le monde sait bien qu'une actrice est souvent tributaire des castings et des rôles pour son image. Pourtant rien de précis ne semble s'annoncer pour Scarlett, qui motiverai le choix pour cette coupe en particulier. Donc on peut imaginer qu'il s'agit d'un choix personnel, un désir, une volonté et là je dis, alléluhia! J'aime tellement cette façon de se démarquer de la foule, ce révélateur de caractère, cette manière de tourner une page ou de monter une marche dans sa propre vie.

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Publié le 22 Février 2015

Rock it!

Quelle satisfaction, quel plaisir quand, après avoir hésité, après avoir été un peu angoissée en imaginant le résultat, on se rend à l'évidence et on s'accorde aux commentaires des autres pour admettre qu'on a bien fait d'oser.

Quand finalement on trouve LE bon style, celui qui fait vibrer, donne confiance en soi, celui qui semble naturel, dans lequel on est comme dans un vêtement confortable. Ah oui...

Après, on peut toujours tenter quelques variantes, de nuances, de couleurs, de longueurs, mais jamais bien loin de l'original. Ça ne semble rien, mais c'est difficile de supporter lorsque les cheveux poussent, qu'ils viennent masquer le rebord de l'oreille ou lorsqu'on parvient à les saisir du bout des doigts, sur la nuque, alors qu'ils sont habituellement tondus.

Par contre on imagine toujours plus facile d'aller plus loin, d'oser plus court, de tenter ce dégradé "skin fade" qui vous met les côtés presque nus et qui s'accorde si bien avec cette "Pompadour" de rocker dont on ne peut plus se passer...

Et c'est comme si cette image idéale de soi même avait toujours été là, maîtrisée. Comme si cette coupe de cheveux était une marque déposée et qu'elle parle de vous mieux que tout.

Photo: H. James Hoff

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