Publié le 22 Mars 2015

Petites douleurs

On a beau dire, on a beau faire, la Vie, cette chienne, vous trimballe là où elle veut, au gré de vos faiblesses. A chaque fois qu'on en ressort, on se dit qu'on ne se fera plus prendre, on badigeonne à nouveau son coeur de béton, croyant le rendre inaccessible à l'avenir...

Ouvrir son âme paraît aussi risqué que chercher à percer les secrets de celle de l'autre. Personne ne parvient intact au bout du parcours. Quelque fois même on vous en veut d'avoir découvert une vérité, celle qui depuis longtemps était enfouie et qu'on croyait inviolable.

Et il faut encore souffrir de l'abandon ou du mépris, souvent des deux, sans jamais pouvoir rattraper le fil de cette histoire qui déjà s'effondre. Mais tout ça n'est rien, c'est ce qu'on se dit pour atténuer son mal... Peut être qu'on s'en veut juste à soi même d'être une fois encore tombé dans le piège.

Et la fois suivante, méfiant et ombrageux, on se persuadera que cette personne là est différente et que l'on est plus fort des expériences du passé. Encore...

Photo: Extrait Iloveshoot

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 21 Mars 2015

... Pas comme avant

Y a comme un goût amer en nous 
Comme un goût de poussière dans tout 
Et la colère qui nous suit partout 
Y a des silences qui disent beaucoup 
Plus que tous les mots qu'on avoue 
Et toutes ces questions qui ne tiennent pas debout 
Évidemment 
Évidemment 
On danse encore 
Sur les accords 
Qu'on aimait tant 
Évidemment 
Évidemment 
On rit encore 
Pour les bêtises 
Comme des enfants 

Mais pas comme avant 

Et ces batailles dont on se fout 
C'est comme une fatigue, un dégoût 
A quoi ça sert de courir partout 
On garde cette blessure en nous 
Comme une éclaboussure de boue 
Qui n'change rien, qui change tout 
Évidemment 
Évidemment 
On rit encore 
Pour les bêtises 
Comme des enfants 
Mais pas comme avant 
Pas comme avant

 

Photo: Evan Browning

Texte: Michel Berger

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

Publié le 20 Mars 2015

Selfie toi même

Faire une photo de soi-même, je crois que c'est quelque chose que tout ceux qui, un jour, ont eu un appareil photo entre les mains ont fait, intuitivement. Cela avait valeur d'exercice pratique, le sujet était disponible, et pour cause!

Publier son autoportrait prend tout de suite une autre dimension. Les grincheux vont parler de narcissisme pour ne pas avouer qu'ils se trouvent trop moches en réalité pour faire pareil...

Sans généraliser, moi je trouve que c'est une sorte de thérapie, un exercice de confiance en soi pour celles qui ne sont pas sûres de leur image ou une façon de communiquer plus simplement pour celles qui, au contraire n'ont aucun problème avec leur ego.

Et comme c'est souvent le cas, j'associe volontier ça à la thérapie du coiffeur, cette façon de se remonter le moral en faisant tailler ses cheveux de manière idéale. D'ailleurs, bon nombre de ces selfies apparaissent sur les réseaux, à peine sortie du salon de coiffure.

Selfie toi mêmeSelfie toi mêmeSelfie toi même

On montre, de face, de profil ou de dos, cette coupe de cheveux qu'on adore et qui donne une si belle image de nous. Et généreuse, on en fait profiter le monde entier, parce que tous les retours, tous les commentaires qui vont accompagner cette image seront autant d'impulsions pour faire remonter le moral au taquet.

Alors moi je dis que les selfies, parfois, ne sont pas juste l'expression d'un orgueil un peu surdimensionné, mais aussi, bien souvent, une façon de se donner de la confiance en soi et d'avoir un peu d'amour en retour.

Photo: Julie M, Barbara K, Kiley C, Amy R.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 19 Mars 2015

Contours

C'est une sorte de réglage interne, un instinct nouveau que ne connaissent que les adèptes des coupes très courtes, celles qui dessinent les contours et taillent les cheveux au plus près.

Une fois le rythme acquis, difficile de dépasser les périodes, deux, ou trois semaines, entre chaque rendez vous chez le coiffeur. L'image s'altère, l'allure est moins nette et puis, ultime indicateur, les doigts qui fourragent à travers les mèches perçoivent immanquablement les intolérables changements.

C'est comme un sortilège, un charme étrange, une potion magique qui agirait dès le dernier coup de ciseaux donné ou l'arrêt de la tondeuse, donnant une énergie insoupçonnée, un feeling étrange et rassurant. Le sentiment d'être irrésistible, idéalement soi même, à tous les étages et les doigts impatients, qui glissent sur les cheveux presque tondus, électrisent davantage ce bien être.

Mais les effets de la potion magique s'estompent peu à peu, de semaine en semaine et nourrit comme une excitation à la perspective de retourner chez le coiffeur magicien. On tente plus court encore, histoire de croire que l'effet sera plus long à disparaitre, mais au contraire l'addiction s'ancre plus profondément, l'excitation s'accroit sans que l'effet du sortilège soit prolongé...

Alors nait la nécessité de ces rendez-vous réguliers qui font souffrir lorsqu'ils ne sont pas tenus.

Photo: Roj Smith

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 17 Mars 2015

Double tabou

Ça m'épate de constater parfois à quel point parler de ses cheveux peut être un sujet difficile pour certaines. Et je ne parle pas de celles qui rêvent secrétement d'une coupe de cheveux radicale tout en se cachant derrière leur chevelure d'adolescente. Non je parle surtout de certaines femmes aux cheveux courts, qui semblent paradoxalement mal à l'aise lorsqu'on aborde le sujet.

Une sorte de tabou, une hypocrisie intime... Elles sont pourtant de celles qui osent et je vois bien, à les côtoyer, qu'elles sont parmi les plus assidues à ne jamais laisser le moindre millimètre en trop et à veiller à ce que leur nuque soit toujours tondue comme un gazon anglais.

Néanmoins, le sujet semble sacro-saint, enveloppé d'un voile de pudeur, comme s'il s'agissait de parler de sexualité, ou presque. Bien sûr, je sais bien tout ce qui peut se bousculer dans une tête, comme fantasmes et idées plus ou moins claires, dès qu'il s'agit de parler de "ça". La puissance érogène des cheveux ne s'exerce pas seulement avec une longue et opulante chevelure. Ce blog en est la preuve et si quelqu'un est capable de comprendre que l'on ose pas en parler spontanément c'est bien moi. Malgré cela, certaines persistent à me donner le sentiment parfois, qu'il y aurait quelque chose de malsain, pour elles, à se livrer sur le sujet... Etrange non?

Photo: Andrew Catlin

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 16 Mars 2015

Au delà des mots

Vendredi soir, dans la banlieue, le feu grogne, souffle, hurle aux fenêtres de la maison. A l'intérieur tout craque, tout claque, le brasier se goinfre. Dans ce fracas, difficile de dicerner le grincement des poutres qui se tordent et des cris humains. Il faut entrer pour être sûr de ne laisser personne en péril. Deux sapeurs s'engoufrent dans l'enfer. C'est leur job, ils le connaissent sur le bout des doigts. C'est même toute leur vie, passionnément.

Ils sont entraînés, savent les gestes, connaissent les ruses de leur ennemi, ils ont le pouvoir pour ça. Ils ont tous signé un pacte avec Hadès, le Maître des Enfers. Ils pourront pénétrer le Feu, ils sauront le combattre et le maîtriser. En échange de ce privilège, leur vie ne leur appartient plus...

L'incendie a recraché les corps disloqués. Sur le trottoir les camarades s'affairent, les ambulances sont là, les hélicoptères arrivent. Malgré la rage, les gestes sont précis, efficaces...

Mais le Feu les a dévoré. L'un des deux sapeurs s'appelle Aurèlie, elle a 25 ans et elle va mourir...

Peut être que dans ce monde de folie, les gens ne se rendent plus compte de la valeur d'une vie. Faire le sacrifice de la sienne pour sauver celle des autres a forcément quelque chose d'héroïque.

J'aime bien, moi, parler des héroïnes...

In Memoriam Aurélie SALEL - Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 15 Mars 2015

La femme-garçon

En s'approchant de la vitre, dans cette lumière idéale, elle a fait naître un reflet. Si on n'y prête pas véritablement attention, on ne verra là qu'une image un peu trouble d'elle même, un banal miroitement...

C'est pourtant un autre personnage qui apparait et l'instant devient surprenant...

La femme-garçon sait depuis longtemps composer le masculin et le féminin, de mieux en mieux peut être. Elle ne craint pas la paleur de sa nuque fraichement rasée ou de ses tempes dégagées. Une mèche, un détail, donne toujours une douceur rassurante... mais trompeuse.

L'avatar, lui, te fixe du regard, une silhouette sans genre où l'on croit deviner les peintures d'une guerrière au bras tatoué et sa main, jointe à celle de son double semble t'avertir de ne pas aller plus loin vers elle. Et tu dois l'abandonner, sinon attendre qu'elle t'invite...

Et tu restes fasciné par la femme-garçon à l'apparente douceur qu'on imagine avoir été élevée par une louve, protégée par un esprit guerrier et dont tu ignores tout.

Photo: Thomas Kervévant

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Publié le 14 Mars 2015

Beau gosse

Je me demande jusqu'à quel point il est raisonnable de remettre en question sa sexualité, éprouvée depuis des lustres, sous pretexte d'une émotion qui pourrait légitimement naître à la vue d'une femme au style ambigu et à la coupe de cheveux indiscutablement masculine. Dit comme ça, écrit noir sur blanc, ça semble même une idée complétement saugrenue...

Mais alors pourquoi rester fasciné par ce portrait, qui pourrait être celui d'un adolescent d'une Amérique profonde et conservatrice?

C'est que l'ambiguité a quelque chose d'envoûtant, que les questions induisent le mystère et que les certitudes rassurent. Sans doute que quelqu'un sortant à peine d'une retraite spirituelle de plusieurs années dans un monastère des Carpates, ou n'étant pas très observateur de la physiologie féminine, en voyant cette photo, ne saurat pas qu'il s'agit d'un mannequin féminin? Et dans ces conditions il sera sincèrement troublé par la beauté du jeune homme, aux longs cils et aux joues imberbes. Qu'on lui révèle que le personnage est une femme et peut être se renfrognera-t-il ou alors sera-t-il soulagé? De toute façon l'expérience bousculera ses convictions. Un instant il aura eu du désir pour une homme, celui d'après, de l'admiration pour cette femme et peut être la conscience qu'une personne, quelque soit son genre peut être aimée pour ce qu'elle est et non pour ce qu'elle représente...

Photo: Wildcart Photos

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 13 Mars 2015

Ouane dé maille prine swill come...

Je me rappelle bien avoir raconté une fois ma stupéfaction, étant invité à un mariage, de voir arriver la vedette du jour, autrement dit " l'épousée", avec un chignon qui pouvait rivaliser de hauteur avec la pièce montée qui nous attendait plus tard. La surprise n'était pas tant la taille du chignon mais le fait que la veille encore la mariée avait les cheveux presque aussi courts que les miens. L'anecdote m'avait tellement fait rire que la mariée avait faillit en prendre ombrage...

C'est marrant tout de même cette attachement quasi rituellique à des clichés surrannés...

Ce n'est pas la première fois que j'entend des commentaires du genre : " il faut que je me laisse pousser les cheveux, j'ai un mariage cet été " ou d'autre plus directement concernées qui disent n'attendre qu'une chose, une fois le mariage passé, c'est de pouvoir couper leurs cheveux.

J'arrive bien à concevoir que ces quelques restes de fantasmes infantiles puissent animer certaines jeunes femmes, qui se voient ce jour là dans la peau d'une princesse de conte pour enfant, mais voir cette débauche d'énergie et de moyens pour transformer son samedi en dessin animé de Walt Disney me dépasse un peu. Bref!

La question demeure... Peut-on être une princesse avec les cheveux courts?

Photo: Kate Middleton © Reuters

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 12 Mars 2015

Cicatrices

C'est le souvenir d'un âge turbulent, la marque chérie ou détestée d'un passé que l'on ne peut changer.

Bien sûr on peut toujours la dissimuler par quelques artifices, lui faire un voile avec ses cheveux longs, ou un maquillage habile. Ou bien l'accepter comme une empreinte, le souvenir de ce que l'on a été...

Souvent la main qui caresse s'arrête, un instant, sur ce trait de chair plus claire, et poursuit, peut être plus délicatement encore, l'exploration de cette peau fruitée, comme on déchiffre un document précieux. Il n'est pas besoin de question et qu'importe la réponse qui pourrait être faite. C'est juste un marque-page sur une histoire intime, glorieuse ou pitoyable.

Comme les guerriers du Nord, le jour venu, cette balafre si minuscule sera comptée et ouvrira peut être les portes du Whallala.

Le temps qui la patine lui donne toujours une certaine noblesse...

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses