Lundi 27 février 2012
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07:23
A deux pas d'ici, j'habite - peut-être
est-ce ailleurs ?
Je n'reconnais plus ma vie, parfois je me fais peur
Je vis dans un monde qui n'existe pas
Sans toi je n'suis plus tout à fait moi
A deux pas d'ici j'ai égaré ce que j'étais
Mon nom ne me dit rien, ni la photo sur mes papiers
On peut bien m'appeler untel ou untel
Sans toi peu m'importe qui m'appelle
Comment dit-on bonjour ? Je ne sais plus
Le parfum des beaux jours, je n'le sens plus
Comment fait-on l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
Les mots doux de velours, je ne crie plus
Et le sens de l'humour, je l'ai perdu
Comment faire l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
A deux pas d'ici j'ai essayé de revenir
De mettre un peu d'ordre à mes idées, les rafraîchir
Je m'suis coupé les cheveux, j'ai rasé les murs
Ce que j'ai fait, je n'en suis pas sûre
Comment dit-on bonjour ? Je ne sais plus
Le parfum des beaux jours, je n'le sens plus
Comment fait-on l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
Les mots doux de velours, je ne crie plus
Et le sens de l'humour, je l'ai perdu
Comment faire l'amour ? Si j'avais su
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
J'ai tout oublié quand tu m'as oublié
Photo: Tumblr
Texte: Marc Lavoine
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Dimanche 26 février 2012
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17:23
Parfois les circonstances se conjuguent pour
me rappeler la langueur des dimanches soir de mon enfance. Quand on est gosse, on s'ennuie toujours le dimanche soir. Le week-end se termine et cela sent déjà le retour à l'école du
lundi...
Aujourd'hui, le beau temps n'a rien pu faire contre un Ecosse-France prometteur. Mais une fois la victoire acquise, on se retrouve... dimanche soir.
Pourtant, je me rappelle que j'avais quelques fois l'espoir de retrouver mes copines avec un nouveau visage à m'offrir, le lendemain au lycée.
Voilà donc un prétexte pour afficher ici quelques jolis visages...
Et j'entend ici des mauvaises langues contester le fait que mes copines du lycée aient toutes été aussi jolies. Eh ben... C'est pas
beau la jalousie. Non... pas beau.
Modèles: Aline Navaro, Anna Plitcher et
Olivia Thirlby
Par jeaneg
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Samedi 25 février 2012
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09:47
Parfois elle se demande qui elle serait vraiment si elle n'avait pas osé cela... On a beau dire, cela ne paraît pas grand chose. Pourtant à ses yeux c'était comme le plongeoir de 3 mètres. Il
faut monter là haut. C'est déjà presque un exploit parce qu'il a fallu s'encourager à le faire. On pense juste à ne pas manquer une marche, à ne pas trop regarder en bas. Et puis, une fois sur la
plate-forme c'est un nouveau challenge. Le coeur bat fort, il faut maîtriser sa respiration, relâcher ses muscles. On s'approche du bord et on découvre l'espace devant soi. Au fur et à mesure les
pas se font plus petits, jusqu'à arriver, centimètres par centimètres à l'extrémité. Une fois qu'on y est on a presque envie de hurler tellement on est fier d'avoir réussi ça. Deux ou trois
grandes respirations, une impulsion sur les jambes et on se laisse tomber, tout droit, au garde à vous. Une sorte d'abandon à la peur qui fait jouir. On ferme les yeux et on explose dans un
tourbillon d'écumes. Le son est différent, un instant on est seul avec soi même, dans la profondeur avant de remonter... Enfin on émerge, le souffle reprend et à nouveau cette envie de crier
parce qu'on l'a fait.
Jeune femme étouffée par son enfance, son adolescence, coincée dans cette image de petite fille modèle, accablée par l'amour de sa mère, un jour elle a décidé de rompre le charme. Elle se
souvient, ce premier coiffeur, c'était comme le plongeoir de 3 mètres. Après tout le reste fût facile. Ce jour là elle avait pris la barre de son navire.
Photo: Can Dagarslani
Par jeaneg
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Publié dans : Tendresses
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Jeudi 23 février 2012
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09:50
Elle aurait pu choisir de m'emmener à Moscou, les salons d'équipements militaires et de sécurité n'y manquent pas, ou bien encore à Odessa pour la régate de printemps sur la mer Noire. Les uns
sont bien trop surveillés et l'autre beaucoup trop touristique. Si bien que je me suis retouvé au coeur de l'Ukraine profonde où à Poltava, rien ne se passe. Je ne sais pas ce qu'elle y faisait.
Quant à moi je n'ai eu aucun mal à me glisser parmi les occidentaux en mal d'amour, venant en Ukraine chercher leur âme soeur...
Et finalement ce contexte un peu bizarre me convenait parfaitement. J'aimais autant être loin de toute chose connue pour enfiler mon nouveau costume de traître. J'avais décidé de précipiter les
choses. Il me fallait savoir jusqu'à quelle extrémité Moïra voulait me pousser. Le jeu était subtil, elle me savait amoureux d'elle et sans doute avait-elle quelques sentiments pour moi. Ses
nouveaux maîtres exigeaient sûrement qu'elle profite de cet avantage pour étoffer leurs sources d'informations à Paris. De mon côté, Tao qui malgré tout m'était redevable, constituait un canal
d'information direct avec Moïra. J'étais donc prêt à "balancer" quelques dossiers en échange de confidences.
Malgré tout j'appréhendais cette rencontre la mort dans l'âme. J'aurais aimé que notre relation, même dans le monde auquel nous appartenions, se place bien au dessus des contengences
nationales...
Un taxi me déposa au Palazzo. Elle m'attendait. Brune le cheveux taillé court, la peau mat elle dégageait toujours cette allure d'aventurière qui dès le premier instant m'avait séduit. Mais j'ai
tout de suite senti que quelque chose n'allait pas.
Photo: Yurii Yatel
Par jeaneg
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Mercredi 22 février 2012
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07:00
Je vous reconnaissais. Vous étiez celle qui dort tout au fond du printemps, sous les feuillages
jamais éteints du rêve. Je vous devinais depuis longtemps déjà, dans la fraîcheur d'une promenade, dans le bon air des grands livres ou dans la faiblesse d'un silence. Vous étiez l'espérance de
grandes choses. Vous étiez la beauté de chaque jour. Vous étiez la vie même, du froissé de vos robes au tremblé de vos rires.
Vous m'enleviez la sagesse qui est pire que la mort. Vous me donniez la fièvre qui est la vraie santé.
Et puis vous êtes partie. Ce n'était pas trahir. C'était suivre le même chemin en vous, simple dans ses détours. Vous emportiez avec vous la petite
robe de neige. Elle ne dansait plus dans ma vie. Elle ne tournait plus dans mes rêves. Elle flottait sous mes paupières, lorsque je les fermais pour m'endormir, juste là: entre l'oeil et le
monde. Le vent des heures l'agitait furieusement. L'orage des chagrins la rabattait sur le coeur, comme un volet sur une vitre fêlée.
Qui n'a pas connu l'absence ne sait rien de l'amour. Qui a connu l'absence a pris connaissance de son néant - de cette connaissance lointaine qui
fait trembler les bêtes à l'approche de leur mort.
Modèle: Vendela W
Texte: Christian Bobin
Par jeaneg
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