Publié le 16 Août 2017

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

Texte: Charles Baudelaire  "Les Fleurs du Mal"  (1857) - Les bijoux

Photo: S. Borel

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 15 Août 2017

Ces tout petits riens

Un oeil peu attentif ou un regard mal entrainé ne verra pas de différence majeure et reconnaitra Méli, comme il l'a toujours vue, à travers les pages de ce blog.

Eh bien non! Ce n'est pas parce qu'on a l'habitude d'avoir les cheveux coupés très courts, que jamais rien ne change. Si le "fade" est toujours là, comme une marque d'authenticité, un label personnel, la différence réside toujours dans les détails. Depuis longtemps Méli avait l'habitude de se coiffer en arrière, ménageant pour ça une longueur raisonnable qui permettait cette coiffure.

Et puis, tranquillement, presque sournoisement, une envie de changement s'installe. Un modèle masculin vu dans un magazine fait le déclic. Oui, pourquoi pas coiffé vers l'avant, plus court, coupé droit sur le front... Un moment, une angoisse, celle de "faire" trop masculin.. et puis le parti pris de jouer la carte de l'androgyne, plus encore, un désir de nouvelle garde-robe, plus chic, plus "queer", du masculin mais avec toute la saveur du féminin.

Il ne faut pas longtemps à une femme aux cheveux courts pour concrétiser ses envies...

En vacances à Ibiza et encouragée par son amie Sofia, Méli a déjà repéré le "barberìa" qui lui inspire la confiance nécessaire à ce changement quasi radical...

Ces tout petits riens

La qualité du "skinfade" est essentielle. Les tempes et la nuque bien rasées, le dégradé parfaitement fondu, il faut s'habituer à présent à cette frange qui barre le front, à ce "court" dessus, à ce manque de mèches plus longues qui étaient familières...

Enfin l'essai est marqué. Il faudra le transformer au prochain rendez vous chez le coiffeur. En attendant, tout le monde aime Méli!

Photos: Méli et Sofia

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Portrait

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Publié le 14 Août 2017

Photo: Dustin Condren

Photo: Dustin Condren

Après que sa main ait glissé doucement vers ses seins, elle ferma les yeux et l'image qui lui vint en premier fut celle de cette fille, la blonde qui lui avait coupé les cheveux.. Elle avait un regard doux et des gestes délicats. Puis tout de suite après vint l'image de cet homme qui lui souriait dans la rue. Elle l'avait croisé, il avait fait un compliment, sans même s'arrêter, elle n'avait pas répondu, ne s'était pas retournée et avait caché son sourire dans sa main en baissant la tête...

La main des seins descendit sous la surface de l'eau, vers le sexe et l'autre main sur laquelle la tête était appuyée, commença un massage de la nuque, doucement, comme pour jouir de ce touché exceptionnel que procuraient les cheveux rasés.

Elle caressait ses cheveux courts et là, seule dans ce bain, elle voulait ignorer l'étrangeté de ce surcroit d'excitation que cela lui procurait. Elle n'avait pas honte, non, mais elle savait qu'elle rougirait peut être d'avouer ce genre de "bizarrerie". Qu'importe, son esprit se peuplait de fantasmes étranges, stimulés par ses caresses... à moins que ce ne soit l'inverse?

Son corps échauffé, elle voyait défiler dans sa tête cet homme au compliment sincère et imaginait avec lui une aventure soudaine et brutale alors que tout à coup la blonde venait s'associer à leurs ébats, sans cesser de couper ses cheveux... La main plongée dans l'entre-jambe faisait clapoter l'eau avec frénésie et l'autre affolait son imaginaire, ébouriffant les courtes mèches de sa chevelure.

Soudain le corps se tendit comme un arc, le souffle lui manqua quelques interminables et délicieuses secondes, elle étouffa de petits cris et repris doucement sa respiration... Les yeux toujours clos, la caresse sur sa nuque devint distraite et sensuelle et son corps glissa un peu plus dans le bain chaud.

 

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 11 Août 2017

Photo: Kriss Photography

Photo: Kriss Photography

Le récent article de Marie et les commentaires qu'il a suscité, m'ont amené à réfléchir un peu plus particulièrement à cette fameuse "boule à zéro" qui semble se répandre assez facilement chez les jeunes femmes entre 18 et 25 ans.

Depuis bien longtemps et jusqu'à il y a peu, tondre les cheveux était plutôt considéré comme un châtiment humiliant, aussi bien chez la femme que chez l'homme. L'exemple le plus récent,  encore solidement ancré dans les esprits , est la punition infligée aux femmes à l'issue de la Deuxième Guerre Mondiale. Auparavant, ce genre de chose était réservée à des catégories "socio-professionnelles" allant des religieuses aux galériens en passant par les esclaves et les petits écoliers... 

Et puis, nos temps modernes enfin arrivés, la médecine a découvert que certaines substances chimiques pouvaient soigner des maladies mortelles, à condition d'y perdre, momentanément, ses cheveux. Du coup, le crâne rasé a pris une connotation supplémentaire et pas tellement plus glorieuse que les précédentes. Punition, humiliation, drame personnel... Le catalogue n'était pas folichon.

Pendant ce temps là, des mouvements de société, prompt à la provocation et histoire de faire réagir les bienpensants, adoptèrent à leur tour "la boule à zéro", juste par refus de se conformer aux règles. Punition, humiliation, drame personnel et provocation voilà qui n'avait rien de très encourageant pour celles qui n'accédaient à aucun des ces critères mais qui néanmoins s'imaginaient bien "libérées" de l'image de la féminité que les hommes véhiculaient depuis des lustres.

C'est de " l'entertainment" que viendra le salut. Chanteuses, actrices, mannequins soudain se révèlent le crâne nu, tondu pour "le plaisir" ou pour le boulot, mais au final toutes racontent le bien-être et la libération qu'elles ont ressenties à le faire. Un contre-pied total! Finis la honte et l'opprobre, le cheveux ras est sexy! Mais plus encore, il authentifie la vraie personnalité, il permet une découverte incomparable de soi et on met en avant son caractère éphémère pour "jouer" l'expérience sociale et personnelle, une sorte de rite initiatique dont on ne sort qu'enrichi en connaissance de soi même et des autres.

Finalement, quelqu'un un jour dira que tout le monde devrait faire ça au moins une fois dans sa vie.

Est-ce que ce ne serait pas la meilleure manière de chasser l'anathème, d'effacer la honte ou le malaise des malades sans autre choix que de raser leurs cheveux, que montrer qu'on peut être fière et sans peur, que cela n'est pas un stigmate de la maladie, mais une "tenue de combat", qu'il n'y a là, ni punition, ni humiliation, mais au contraire de la détermination et du courage?

Quant à celles qui le font " par plaisir ", est-ce qu'elles ne montrent pas simplement l'envie d'être libres de faire ce qu'elles veulent avec leur propre image? Des sortes de fées qui transforment les citrouilles en carrosses et pourraient faire disparaitre à jamais l'idée que tondre ses cheveux est un châtiment.   

  

De la punition à la ...délectation

Photos additionnelles: Laura Cramer et Violet/ Moda Model

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 10 Août 2017

L'humeur de Marie #11

" Qu'est-ce que tu as fait à tes cheveux ? Pourquoi tu as fait ça? " Ben, pour faire des économies de shampoing, c'est évident. J'ai aussi eu droit à des remarques sur mon manque absolu de sens moral: quant aux gens qui ont un cancer, me raser le crâne était presque un crime contre l'humanité et un manque de respect total. En d'autres termes, arrêtez de boire de l'eau, puisque une bonne partie de la population africaine n'y a pas accès ( tout le monde suit bien l'absurdité du raisonnement? ). Ah, et n'oublions pas la meilleure: je ressemble à un nazi. À un skinhead pour être plus précis. Non pas que cela me gène, mais comme dans l'esprit des gens, tous les skinheads sont nazis, là, ça me pose problème. Vous avez donc devant vous un skinhead dépourvu de sens moral. C'est accrocheur et plutôt vendeur, non?

Cela faisait un bout de temps que cette idée me triturait l'esprit: mais les éternelles excuses revenaient toujours. " Et si ça ne me va pas ", notamment. Alors, lors d'un passage chez Régine au K salon, j'ai franchi le pas. Nous étions parties sur la même coupe que d'habitude. Très court sur les côtés, 3 millimètres, et un léger racourcissement pour l'épaisseur du dessus. Et là, une remarque: " un jour, tu vas finir la boule à z ". Du tac au tac, c'était lancé, après une dernière hésitation. Régine au taquet, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas rasé total! La tondeuse remonte de bas en haut jusqu'au sommet du front; les cheveux tombent, éparses, pour découvrir un crâne net. Je souris. Un peu intimidée de découvrir un autre aspect de moi-même, de ce changement radical et surprenant, un peu émue d'avoir franchi le cap mais sans rien laisser paraître. Je caresse ma nouvelle tête, émerveillée.

L'humeur de Marie #11L'humeur de Marie #11

Ma première sortie fut étrange: cette sensation d'être un inconnu, déambulant dans un corps nouveau. Ma tête et la tenue déconcertent, les passants sont interloqués: une chemise maintenue par des bretelles et un jean retroussé sur une paire de Dr Martens. C'est pourtant bien une femme qui marche dans cette rue. Je demande un renseignement à une dame d'une quarantaine d'années: non seulement elle me répond, mais elle me félicite et me complimente. " Il fallait oser, et cela vous va très bien! J'hésite à le faire ". Plus tard, ce sera une femme encore, travaillant pour la SNCF, sur le quai de la gare de Caen: ma longue veste en cuir noire, une chemise bleu marine et une paire de santiags aux pieds, je marche tranquillement. " Si je peux me permettre, ce style vous va super bien, et avec cette coupe de cheveux c'est génial! ". Ce renouveau a plu: les gens ont réagi de manière surprise, étonnée, admirative parfois. Je ne m'habituais pas tout de suite néanmoins à ce nouveau visage: me voir dans une glace me surprenait toujours autant, et les gestes quotidiens avaient changé. Ne plus se coiffer, se sécher les cheveux, transporter sa cire... On m'a parlé du miroir: mon moi et mes envies s'affrontent en permanence. Une envie de changer, d'essayer de nouvelles tenues, d'arborer un nouveau style, voire de se maquiller. Mais mon caractère profond s'y refuse. C'est une lutte sans merci: le crâne rasé réhausse cette féminité tant refoulée et dissimulée, mais qui s'empêche de ressurgir. Alors je m'arrête, je m'assois face au miroir, les bras entourant mes jambes, et j'observe patiemment et en silence. Que vois-je ? Une déception pour ma mère, blessée et se sentant trahie au plus profond d'elle-même; un dégoût et une laideur. C'est ainsi. Moi, je ne vois que mon reflet. Je suis la même, mais différente: je contemple ce corps recroquevillé aux grands yeux gris, et je me redécouvre.

Texte: Marie C.

Photos: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Chronique de Marie

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Publié le 9 Août 2017

Dans une autre vie, Ellie était une étudiante et une photographe qui ne manquait pas de talent. Il y a 3 ans, elle s'était "livrée" dans un Quartier Libre qui n'a pas tellement vieilli.

Sauf qu'aujourd'hui, Ellie est partie à la recherche d'elle même, parfois très loin et nous le raconte avec beaucoup de lucidité...

"Depuis que je suis gamine j’ai toujours ressenti une attirance particulière pour le milieu militaire. Par le biais de divers reportages à la télé que je regardais avec mon père, je voyais ce métier comme un symbole de force, de protection, de cohésion, qui s’est confirmé par les années lorsque j’ai pris la décision de m’engager. Au départ, je m’y voyais photographe, afin d’éventuellement engager un premier pas vers mon rêve : celui d’être reporter de guerre. Aujourd’hui et depuis deux ans, pour des raisons particulières aussi bénignes qu’inévitables et qui me sont propres, je suis finalement devenue Fusilier Commando de l'Air.

J’avais effectivement une idée de ce qui m’attendait, mais j’étais loin de m’imaginer que le milieu militaire demandait autant de caractère, de mental, de physique. Je parle bien évidemment des formations militaires, où j’ai appris à aller au delà des limites que je m’étais inconsciemment imposée au départ, de puiser l’énergie nécessaire et cachée, que l’on apprend à trouver lorsque l’on se pense incapable d’aller plus loin. Ma rencontre avec la difficulté m’a appris que le corps humain, et particulièrement son cerveau, peut surpasser beaucoup d’épreuves, je ne me suis jamais autant surprise que durant cette période, et je pense avoir muri. Du moins, j’ai beaucoup changé. Mon rapport avec les hommes a beaucoup changé, si aujourd’hui je me sens beaucoup plus proche d’eux, mes premiers mois en leur compagnie étaient néanmoins difficiles. Le métier n’offrant pas la possibilité de, clairement, ouvrir sa gueule, nous devions, homme comme femme, apprendre à nous la fermer, qu’importe les remarques, que les raisons soient justes ou non, que l’on soit en tort ou pas, nous devions prendre sur nous. Nos cadres avaient la facilité de nous dire qu’il n’y a pas de sexe dans l’armée, mais selon mon point de vue, les filles devaient faire leurs preuves plus que les hommes. Nous devions nous situer à un niveau équivalent à celui de l’homme, et voir plus. Autrement, nous avions le sentiment de ne pas être au niveau de l’armée en général. A la moindre erreur, nos compétences étaient remises en question.

Nous n’étions pas nombreuses et j’étais la seule aux cheveux courts. Ce détail n’avait par ailleurs pas laisser mes cadres de marbre, l’armée demandant aux hommes d'avoir le crâne rasé et aux femmes de porter un chignon, je me situais dans un intermédiaire délicat. Je n’étais d’ailleurs pas réellement perçue comme une femme. Plus comme « le bonhomme » du CODO. Et je pense même que mon allure offrait l’illusion d’une guerrière. Plus guerrière que je ne l’étais réellement ! Pour en revenir à ce problème de coupe de cheveux, je ne pense pas qu’un crâne lisse devrait être une règle, je ne comptais pas les laisser me raser le crâne. Pourquoi les laisserai-je me raser le crâne ? Les hommes y ont certainement droit, mais moi, je suis une femme. Les autres femmes ne se laissent pas raser le crâne, cheveux longs ou non, j’en suis une, avec une coupe de cheveux différente, c’est tout. Certains n’étaient pas en accord avec moi, ce que je peux concevoir, je l’admets, les points de vue de chacun était variés et justifiés. Ayant déjà eu les cheveux tondus, l’idée de retenter l’expérience n’était pas ce qui me dérangeait le plus, mais plutôt celle de m’égaliser à l’homme, dans le sens péjoratif du terme… Je veux dire, dans le sens où je n’en suis pas un, vous voyez ? De ce fait, j’avais pris le risque de me faire remarquer. J’ai donc du faire démonstration de mes capacités, plus que je ne le faisais déjà les premières semaines, autant physiquement que psychologiquement. Je voulais me montrer au niveau de chaque et plus encore. Ce n’est certainement pas parce que je suis une fille, que je suis moins forte, certainement pas parce que j’ai eu recours à un refus, que je n’étais pas moins apte à répondre aux ordres que l’on me donnait. Et dans mon travail, il est indispensable de savoir écouter et exercer convenablement un ordre, que cela soit pour un détail ou un entrainement au terrain, pour d’éventuels problèmes intervenants ou autres. Et grâce à ma réussite à ces formations très difficiles, et avec de bons résultats, je pense y être parvenue.

Aujourd’hui j’ai réussi à me trouver une place au sein de cette communauté masculine. Je ne suis effectivement pas vue comme quelqu’un de féminin, puisque je ne le suis pas. Je ne suis toujours pas perçue comme une fille selon mon point de vue et leur manière de se comporter avec moi comme si j’étais « un pote ». Mais je ne me sens pas en dessous d’eux. Mes cheveux sont toujours un problème, ma dégaine est toujours remise en question, « mais Ellie, laisse toi pousser les cheveux, t’as jamais pensé à être plus féminine ? Ça t’irait carrément mieux ! », mais répondre à des attentes qui ne me conviennent pas, ne m’intéresse pas. Le milieu militaire réclame suffisamment d’uniformité, je ne veux pour autant pas ressembler à un mouton et répondre à tout dans le détail le plus absurde au point de remettre en question la personnalité de chacun. Parce qu’il est évident que presque chaque femme ayant intégrée l’armée se soient plus ou moins fait « dragouiller ». Même moi et mes cheveux courts qui, selon eux devraient être longs. Par expérience, par rapport à ce que j’ai vu, de ce que j’ai eu affaire, la femme est définitivement une créature incroyable. Je l’ai vu déterminée, subir, vomir, tenir tête, prendre soin des autres, je l’ai vu passer des étapes que certains hommes n’ont pas toujours été capables de faire, je l’ai vu désireuse de réussir, je l’ai vu réussir. Le travail de militaire n’est pas spécifiquement un travail d’homme. La femme est tout autant capable d’atteindre des objectifs, la femme doit faire partie du milieu militaire. Dans un état d’esprit de compétition rien ne peut l’empêcher d’aboutir à son but et elle peut devenir un élément indispensable à une section. Et c’est ce que j’espère devenir."

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait, #Quartier Libre

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Publié le 7 Août 2017

Photo: Elliott Sailors

Photo: Elliott Sailors

Comme beaucoup, après avoir fait couper ses cheveux pour la première fois de sa vie d'adulte, elle s'est petit à petit confortablement installée dans cette authenticité, préférant les vêtements pratiques d'inspiration masculine et se réjouissant à chaque rendez vous chez le coiffeur de les faire couper toujours un peu plus court que la fois précédente. Cela venait naturellement et correspondait beaucoup mieux à son caractère entier. Pour finir, elle avait acquis suffisamment d'assurance et de confiance en elle, pour s'amuser des regards interrogateurs qu'elle croisait parfois, la scrutant des pieds à la tête sans parvenir à déterminer le genre auquel elle pouvait appartenir...

Et puis un jour, séduite par la devanture d'un salon promettant la coupe à un prix raisonnable, elle est entrée chez un "barbier". L'idée trottait dans sa tête depuis un moment. Après tout, avec sa coupe toujours très courte, quoi de mieux qu'un "spécialiste" de la nuque bien rasée et des oreilles parfaitement dégagées? Et puis c'est amusant, ce frisson, ce petit pincement à l'estomac à l'idée de se retrouver au royaume du rasoir coupe-chou et de la tondeuse électrique précision.

Hélas, le blaireau derrière son comptoir annonce goguenard que chez lui on ne coiffe pas les femmes! Ah tiens! Et pour quelle raison? Ben c'est comme ça, c'est un salon "pour hommes" alors voilà... Vous imaginez si toutes les femmes faisaient comme vous? Où irait le monde, je vous d'mande un peu?

Effectivement... Où irait-il, le monde, si les femmes aux cheveux courts, qui se font couper les cheveux comme le font certains hommes, pouvaient obtenir le même service, au même prix, sans qu'on leur demande d'avoir une paire de couille entre les jambes?

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 5 Août 2017

Photo: Fany Meil

Photo: Fany Meil

Là-bas au bout des terres c'est le vent qui a façonné la lande, verte aux reflets pourpres de bruyère. Les pins y ont l'allure d'un coup de pinceau qui aurait glissé de la toile, maladroitement. La mer s'est chargée du granit et l'a découpé à coups de burin de ses vagues tempétueuses... Elle est d'ici, héritière de la mer et du vent, comme cette terre brute et fascinante.

Elle a dans la tête des récits d'aventures et des courses au bout du monde sur des goélettes triomphantes mais tous les trésors sont cachés dans son coeur. Comment pourrait-elle être différente de cette androgyne aux cheveux courts et à l'allure de matelot? Elle est Jack London, elle est Jim Hawkins, elle est une héroïne d'Hemingway...

C'est ici qu'elle est née et qu'elle renait, à chaque fois. Peut être que vous la verrez, un jour sur la falaise, tendre les bras vers l'océan, escortée par les goélands qui hurlent dans le vent...

Citation: V.Hugo  

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 3 Août 2017

Photo: Patrick Xiong

Photo: Patrick Xiong

Il y a dans nos vies plein de choses terribles qui se passent sous l'aspect d'événements anodins. On ne peut pas prendre au sérieux un blog qui ne parle finalement que de futilités, genre, "les femmes aux cheveux courts", pourtant il se cache souvent des drames derrière certaines envies de cheveux courts.  

Evoquerait-on une trahison, lorsque le plus fort des réprobations vient des personnes les plus proches que l'on puisse connaitre? Les seules sur qui on devrait pouvoir compter aveuglément?

D'une envie folle, un jour, elle a fait son étendard. Ce besoin d'être et de vivre, de ne ressembler qu'à soi même, est passé par les mains habiles d'un coiffeur qui a coupé cette chevelure de jeune fille, sage, jolie, féminine, de bonne famille, bien élevée... révélant l'androgyne, fière, combative, audacieuse et déterminée.

Hélas! Son sang lui même la renie, reprochant par pur égoïsme la disparition de la jeune et jolie jeune fille qui n'était qu'un fantasme. Au lieu de soutenir et d'encourager, de s'émerveiller de cet épanouissement, on craint plus que tout le "qu'en dira-t-on" et la mauvaise réputation. Tristesse.

Parents, ami(e)s, amant(e)s réjouissez vous du courage de celles qui osent être elles mêmes, envers et contre tous, mais pas contre vous dont elles n'attendent qu'un soutien bienveillant pour être tout à fait fières d'être de belles femmes aux cheveux courts...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 1 Août 2017

Photo: Samuel Bouget

Photo: Samuel Bouget

Elle avait un visage d'enfant éternelle, un peu pâle, que soulignaient des lèvres pulpeuses comme un quartier de mandarine. Pour gommer cette image d'adolescente, un jour, elle a coupé ses cheveux. Mais, comme pour conserver un reste de cette juvénilité, elle a fait cette coupe, stricte et droite qu'ont parfois les petites filles. Et puis, en guise d'affirmation, pour renier ce style enfantin, elle a fait raser la nuque, très court, très haut et dans cet espace nu elle a fait graver à l'encre de Chine un symbole étrange, façon de se rappeler chaque fois qui elle est vraiment...

Elle était devenue alors ce paradoxe de femme et d'enfant, au visage androgyne qui ne veut rien avouer, ni son âge, ni son genre. Un équilibre fragile qui pouvait être trahi par un sourire de gosse ou une ride sur le front.

Mais tout cela ne trompait que les adultes, empêtrés dans leur idées toutes faites et leurs jugements archaïques. Tout ceux qui regardaient mais ne voyaient pas. Les coeurs purs, vierges ou amoureux y découvraient bien autre choses. Un jour l'un d'eux le lui a dit...

"Tu es comme le ciel de mes nuits d'été, où les étoiles sont par milliers..."

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tendresses

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