Jeudi 18 mars 2010
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Là c'en
était trop! Après cette rencontre brûlante avec Laora, les choses ne pouvaient plus durer. Je ne tenais vraiment pas à devenir un rat de laboratoire, mis à l'épreuve dans des expériences
érotico-scientifiques où la blonde prussienne aurait pu mesurer le taux de stimulus provoqué sur moi par une situation ou un dialogue plus ou moins concentré sur la chevelure de la brune
piémontaise.
Car c'est bien ce qu'elle avait en tête, en me tendant ce piège.
Frida en fut fâchée. "Tu bourrais pien vaire za bour moi nein?", Laora ne comprenait rien " Ma che cosa vi ha...?" Bref, dans la confusion la plus totale un sursaut d'amour propre me saisi et je me
levais en hurlant: " Stop!"
J'avais le sentiment d'avoir été manipulé depuis le début par cette blonde carnassière et le dénouement ne pouvait être que brutal. Sans attendre une quelconque explication je décidais de partir
sur le champs, abandonnant sans doute pour toujours Frida et sa pulpeuse Laora...
Par jeaneg
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Mercredi 17 mars 2010
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10:17

Il y a des matins comme ça, où les envies foisonnent, où le ciel invite à s'habiller léger et à profiter de la tièdeur de l'air. Dans l'odeur du café fort et du pain qui fini de griller, elle passe
en revue ses désirs du moment: Lui, le parc, les boutiques, Lui, cette fameuse expo, un restaurant au bord de l'eau, encore Lui....Et puis l'envie de rien, sinon Lui, au milieu du lit inondé de
lumière...Adopter un Jack Russel, changer les rideaux...Filer chez le coiffeur, juste pour tondre sa nuque, comme elle aime, le retrouver après et Lui laisser la couvrir de baisers...
Photo:
Piotr Zgodzinski
Par jeaneg
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Mardi 16 mars 2010
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11:47

-" Tu sais, je vais partir" Dit-elle. Je l'avais à peine entendue, j'étais trop absorbé par la vision de cette nuque fine où les cheveux tondus avaient la texture d'une moquette rase. Elle avait
ôté son t-shirt pour rester en soutien-gorge sous la cape du coiffeur. Dans ce coin des Caraïbes, les coiffeurs avaient l'habitude des clients un peu dénudés. L'échoppe était toute en bois peint,
ouverte aux quatre vents, la climatisation assurée par la brise de mer.
Elle m'avait entraîné avec elle, dans son rituel capillaire. J'étais resté fasciné par l'ascension de la tondeuse mécanique dans les cheveux soyeux, le petit coup de poignet du coiffeur et les
mèches tranchées qui glissaient presque à regret sur la cape de nylon. En rien de temps Moïra avait retrouvé sa nuque d'éphèbe et son allure de collègien. Mais cette fragilité n'était qu'apparente.
La réalité était un corps musclé et terriblement affûté. En se débarrassant de la cape, elle se frotta le cou, chassant quelques cheveux coupés et me lança:
-" Tu m'as entendu?" Elle endossa son t-shirt et paya sa coupe. Je l'entraînais par le coude vers l'extérieur.
-" C'est de la folie, tu le sais?
- J'ai bien réfléchi...
- Ils ne te laisseront pas faire. Tu leur appartiens, ta vie leur appartient.
- Oui, ma vie, tu l'as dis.
- Tu ne vas pas....
- Si!
- Bon sang Moïra! Ce sont des meutes de tueurs qui vont te chercher. Tu ne pourras pas leur échapper si facilement...
- Personne ne me poursuivra, puisque tu vas me tuer...
Lundi 15 mars 2010
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09:40
Finalement, je crois que je suis terriblement misogyne. A force de crier mon admiration pour les femmes aux cheveux courts, leur détermination, leur courage, leur force de caractère, leur esprit de
conquête, j'en passe et des meilleures, je me rend compte que par réaction, on pourrait croire que je n'ai que pitié, voir mépris pour les autres, ces pauvres filles qui n'ont d'autre ambition que
de se fondre dans le moule ancestral, celui de la femme"femme", objet de fantasme universel et sans cervelle. On pourrait le croire.
Avouez que c'est quand même curieux d'avoir un tel a priori simplement provoqué par une coupe de cheveux. ben oui parce que comme toujours les exceptions sont là pour ébranler les fondements de vos
convictions. Quoi que...Je l'ai sans doute déjà précisé, les cheveux longs ( enfin longs, sur les épaules maxi hein!) me séduisent aussi, à partir du moment où l'on devine l'entretien, la
sophistication. Ce qui me dégoute c'est la chevelure qui pousse à la comme on la pousse justement et où sous pretexte de naturel on laisse la nature faire ce qu'elle veut. Beurk!
Mais en disant tout cela, est ce que je ne suis pas moi même en train de formuler une image de femme, objet de "mon" fantasme personnel et considérer ainsi "la" femme comme un objet de plasir?
Jésus Marie Joseph! Que la vierge me file la vérole si c'est vrai...Non voilà, je ne cherche rien d'autre que la compagnie de femmes qui, dans mon esprit, on fait abstraction de la niaiserie
dont on affuble les poupées Barbie. Et je veux croire que celles qui n'hésitent pas à couper leurs cheveux, qui considèrent qu'elles ont bien d'autres atouts que cette toison sur leur tête, ont par
la même un caractère qui s'accorde au mien...
Faudra que j'en parle à Frida...Ah ben non Frida c'est un peu compliqué maintenant. M'enfin, après tout c'est elle la psy!
Par jeaneg
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Samedi 13 mars 2010
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11:34
A force d'attendre elle s'est laissée aller. Il va venir, elle n'a pas de doute. Mais le premier soleil, tant attendu réchauffe la peau, de son visage, de ses épaules. La margelle est tiède,
presque chaude et tout autour l'air bruisse. Elle a besoin de cette chaleur, son corps s'allonge sur le granit et à travers le tissu ses seins se réchauffent sur la pierre. Elle ferme les yeux et
imagine pouvoir rester là, dans la tiédeur...
Il est venu, l'a trouvée là, comme endormie. Ses cheveux courts brillaient au soleil, éparpillés sur son visage. Sa nuque était chaude lorsqu'il a posé sa main. Il a joué avec les mèches courtes
puis a caressé la joue duvetée.
Elle ne dormait pas, essayait juste de capter le plus de chaleur possible et gardait les yeux fermés pour laisser monter son plaisir. Elle était trahie par son sourire, mais ne bougeait pas. Il
s'est assis près d'elle, veillant à ne pas la mettre dans son ombre, et aussi délicatement que s'il s'agissait d'une oeuvre d'art sans prix, sa main a continué d'effleurer sa peau et ses cheveux,
soyeux et chauds.
Photo:
Ivan
Par jeaneg
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