Publié le 20 Septembre 2014

M'en fous pas mal!

Non pas moi, enfin si, j'm'en fous pas mal moi aussi, mais c'est pas le sujet.

Le sujet ce sont ces jeunes femmes que souvent j'interpelle et qui me répondent avec cette expression quand je leur demande quelle a été la réaction de leur entourage lorsqu'elles se sont coupé les cheveux. Et j'avoue que je trouve ça rassurant. Bon il y a tout de même une petite part de fanfaronnade dans ce "m'en fous pas mal", parce qu'il faut être assez costaud pour s'affranchir totalement de l'opinion des autres à son égard, mais je crois que la majorité d'entre elles est sincère. Et tant mieux parce que j'ai l'impression que jusqu'au jour de l'Apocalypse il y aura toujours des blaireaux pour balancer du: "Ooooh c'est dommage!" ou du:"Court c'est joli, mais là.... "

Mais soyons honnête, il ne devrait même pas y avoir d'avis à donner ( à moins d'y être invité ) concernant une décision qui relève d'un choix personnel. Non parce que sinon pourquoi ne pas donner aussi son avis sur les vêtements, le maquillage, la façon de parler ou de marcher, la contraception, l'allaitement, la préférence sexuelle, alimentaire, religieuse... Bref!

Il vaut mieux n'en avoir rien à fiche que de se laisser pourrir la vie par quelques talibans de pacotille qui s'imaginent détenir la Vérité et savent bien mieux qu'une femme ce qui est bien pour elle... eux.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

Publié le 19 Septembre 2014

Une façon de vivre

N'allez pas croire, je ne suis pas spécialement fan de l'extême, dans toutes ses formes. En l'occurrence, j'aime les femmes qui cultivent une certaine ambiguité ou celles qui savent extérioriser leur caractère. J'aime les cheveux courts lorsqu'ils sont l'expression d'une personnalité et la marque d'une certaine sophistication et d'un vrai plaisir d'être soi même.

Il arrive parfois que pour rompre avec un passé, pour marquer un événement, pour s'affranchir d'une situation, on coupe radicalement ses cheveux, à ras. Dans la plupart des cas, cette tête tondue nous réconcilie avec nous même, nous fait un bien fou, même si on a du mal à se reconnaître vraiment tellement on est pas habitué(e) à se voir "en vrai". Cela dure quelques semaines, voir plusieurs mois et puis on laisse tanquillement repousser quelques centimétres, pour retrouver une tête " socialement normale".

Pourtant, certaines, séduites par ce nouveau visage d'elle même, conquises par les bénéfices que cette nouvelle image leur apporte et partisanes d'un genre non normé qui leur donne souvent un rang d'égalité, en tout cas une approche différente dans leurs rapports aux autres, une fois la tondeuse passée, adoptent à jamais le style, finissant par ne maintenir que quelques millimétres de cheveux, régulièrement tondus, sur leur jolie tête.

Et soudainement, cette coupe "extrême", non genrée, adoptée comme style de vie et comme marque personnelle, devient presque banale, en tout cas naturelle, tellement elle sied à celle qui la porte. Si bien qu'on pourrait ne plus reconnaître vraiment cette personne si d'aventure lui venait l'envie de renoncer à tondre régulièrement ses cheveux.

A way of life en quelque sorte...

Photo: Marie Murstad

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Rédigé par jeaneg

Publié le 17 Septembre 2014

Un parfum familier

Combien de temps, dans ce miroir, tu as perdu ton regard? Tu semblais fascinée, capturée par cette image de toi même qui envahissait ton esprit. Ta beauté n'était pas une découverte mais cette allure t'était inconnue. D'un seul coup tout paraissait plus grand, plus détaillé, plus délicat. Tes yeux bien sûr et la gracieuse courbe de leurs sourcils, ton nez, tes lèvres, mais surtout cet angle de ta mâchoire sous ta peau juvénile, ton front, si large, si haut, frangé par tes cheveux désormais si courts. En passant tes doigts écartés tu leurs donnes du mouvement, mais il n'y plus l'épaisseur d'avant et tu sens presque ton crâne sous la douceur soyeuse...

Tes oreilles ne t'ont pas déçue, elles sont ciselées comme une orfèvrerie enchassée dans juste ce qu'il faut pour leur servir d'écrin et ta nuque, si tu oses passer ta main dessus, te fait frissonner tant la chair y est nue.

Comment expliquer pourtant à quel point, à cet instant, tu te sens plus femme encore, d'une féminité absolument exaltée, naturelle et sans fard, juste parce que tes cheveux courts t'exonèrent d'artifice

Te voilà androgyne, autant que ton esprit l'était, enfin révélée, avec grâce et féminité.

Photo: Pamela Hanson

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Publié le 16 Septembre 2014

Le plus inquiet des deux...

Ce n'est pas la peine que je dise à quel point je suis friand des anecdotes que peuvent me rapporter mes amies lorsqu'elles reviennent de chez le coiffeur. L'une d'entre elles, sans doute poussée à bout par la lecture régulière de ce blog, avait décidé de couper radicalement plus courts ses cheveux et pour cela, suivant sans doute mon conseil, elle avait franchi d'un pas assuré la porte d'un salon de coiffure pour homme.

Evidemment, dès cet instant, elle n'en menait pas large me raconta-t-elle.

Quand vint son tour elle s'installa sur le fauteuil et expliqua très précisement au coiffeur ce qu'elle attendait de lui.

"J'étais à la fois excitée et un peu angoissée de cette première expérience, mais quand j'ai décrit la coupe que je voulais, carrément rasé sur les côtés, il m'a semblé voir le type derrière moi pâlir. Du coup il paraissait plus angoissé que moi..."

L'histoire devenait savoureuse, mon amie racontant comment elle dût rassurer son coiffeur, qui pas à pas, de peur d'aller trop loin, lui demandait à chaque instant si cela allait. Finalement, à force de persuasion, elle parvint à obtenir de lui une coupe idéale.

Comme quoi, on a tort parfois de se croire plus effrayé que l'autre.

Photo: Sara Lamharzi

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Publié le 15 Septembre 2014

Question de génération

Ma vieille tante Agathe n'est certes plus toute jeune, mais s'il lui arrive parfois d'oublier comment je m'appelle, rien de mes affaires de coeur ne lui échappe. Après en avoir vu passer quelques unes, la tantine, un jour me pris par le coude et avec une mine de conspiratrice me glissa à l'oreille qu'elle avait remarqué que bizarrement, toutes ces "jeunes filles" avaient les cheveux bien bien courts. Car si l'aïeule avait à peu près aujourd'hui la capacité auditive d'un pot de géranium, sa vue était aussi perçante que celle d'une concierge du 8ème arrondissement et jamais elle n'avait confondu aucune de mes amies avec un garçon, fut-il très beau.

Il me fallut donc lui révéler mon secret et lui dire pourquoi j'aimais tant les femmes aux cheveux courts. Je ne fus pas étonné de sa réaction, je la voyais sourire au fur et à mesure de mon discours. Elle me rétorqua pourtant qu'il n'était pas obligatoire d'avoir les cheveux courts pour être ce genre de femme. Je du donc affûter mon argument et expliquer en quoi, les cheveux courts étaient une sorte de gage, comme une preuve de cette qualité que je cherchais chez une amie... et puis il fallu bien avouer aussi que j'aimais ça, que "l'ambiguité" provoquée par ces nuques bien dégagées, que ces allures androgynes exacerbées par une coupe un peu "masculine" m'excitaient finalement, bien plus qu'une luxuriante chevelure de naïade.

Et là où je craignais de rencontrer une incompréhension légitime, tante Agathe me stupéfia un brin en avouant à quel point elle me comprenait, qu'elle aussi, quand elle était toute jeune, avait bien senti le regard des autres sur elles, filles et garçons précisa-t-elle, le jour où elle avait fait couper ses cheveux. Mais pas question à l'époque de les couper comme un homme, c'était déjà assez mal vu de les avoir courts, comme une "garçonne" mais pourtant elle aurait adoré pouvoir le faire.

Je n'eu pas besoin de m'égosiller sur son Sonotone, un sourire complice scellait notre communauté d'esprit.

Comme quoi, tout cela ne date pas d'hier...

Photo: Antoine Cierplikowski dit Antoine de Paris - début XXème siècle

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Publié le 14 Septembre 2014

Qu'est-ce que tu crois?

Certaines choses ont du mal à évoluer. Tout le monde crois que, depuis toujours, il n'y a pas d'autre alternative que de se positionner dans un camp ou un autre, soit chez les roses, soit chez les bleu(e)s.

On est peut être un peu trompé dans cette prise de position par notre condition physiologique et par l'appareil génital dont on a hérité. Mais peu importe après tout. Naître fille ou garçon ne change rien au problème.

Parce qu'en réalité il y a presque autant de camp qu'il y a d'individus, des filles filles, des garçons garçons, des filles garçons et des garçons filles...

Admettre et cultiver sa vraie personnalité c'est là que se trouve la question. Une question que personne ne voulait poser avant, confondant, le sexe, le genre et la personnalité pour ne considérer que la norme.

S'habiller au rayon des vêtements masculins et se couper les cheveux comme un garçon ne transforme pas une femme en homme. Cela provoque juste un état de bien être et d'harmonie personnelle pour celles qui n'adhèrent pas aux schémas féminins que les hommes ont fabriqués depuis des lustres. Et considérer toutes ces personnalités dans leur individualité c'est tout de même une marque de progrès vers l'égalité... Non?

Photo: Nora Anttonen

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Publié le 13 Septembre 2014

Ces petits riens...

Ne dis rien, c'est inutile! Laisse moi imaginer...

Quand tu es sortie de chez le coiffeur tu avais l'oeil qui pétillait et la mine réjouie. Tu regardais les gens autour de toi dans cette rue, comme si tu cherchais dans leur regard à voir se refléter ton excitation. Tu te retenais bien sur, tes coups d'oeil étaient furtifs, mais tu aurais bien voulu les interpeler tous, les prendre par les épaules et leur dire: Hey! Vous avez vu ma nouvelle coupe? Elle déchire non?

Tu sentais ta poitrine se gonfler et ton coeur battre. Tu marchais d'un pas tranquille, resistant à l'appel de chaque vitrine qui voulait te renvoyer ton image nouvelle. Tu contrôlais ta main qui venait arranger la mèche sur ton front mais tu mourrais d'envie de caresser ta nuque toute tondue. Le soleil n'aveuglait personne mais tu as sorti tes lunettes pour masquer ton regard, guettant celui des autres, tellement tu étais fière de toi et de cette allure que tu t'offrais.

Avoue le, tu étais soulagée. Parce que tout à l'heure, sous la tondeuse, tu n'en menais pas large n'est-ce pas? Tu avais pas mal hésité et puis l'envie était trop forte. Ces cheveux courts quel plaisir, quelle liberté! Tu t'es vue belle plus que jamais, authentiquement belle... et fière.

Photo: Jan Senderek

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Publié le 12 Septembre 2014

Les mots pour le dire

Il arrivait souvent que Frida et moi nous devisions le soir après le diner, de sujets divers et variés, partageant un havane en buvant quelque alcool.

Ce soir là ma thérapeute tyrolienne me parlait de ses sentiments pour la belle italienne, évoquant avec tendresse son exubérance naturelle, sa fraîcheur intellectuelle et sa spontanéité souvent désarmante.

Sans doute attendrie par cette évocation elle en vint presque à faire mon éloge, saluant ma capacité à écouter et à comprendre certains sentiments féminins.

Ma Psy "- Fikures toi par exemple que les femmes atorent parler de leurs cheveux et de la façon dont on z'en okupe. Et afec Laora tu fois bien, za en defient preske érotique... Les hommes en chénéral ne zavent pas faire ça. La plupart sont fite chênés par le suchet. Ou bien ils le conzidèrent comme trop futile, ou bien trop "délikat" pour risquer de s'y perdre. Les hommes comme toi sont assez rares finalement...

Moi - Est-ce que tu ne trouves pas ça étonnant, ce trouble, cette gêne? Forcément cela cache quelque chose de plus profond...

Ma Psy - ... Pien zur! Mais je crois que le plus zoufent c'est chuste parce ke cela les rend plus fulnérables... Et les hommes n'aiment pas être fulnérables...

Modèle: Vlada Cox

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Publié le 10 Septembre 2014

Les choses comme elles arrivent

Ce soir là il avait enveloppé sa vie dans le parfum ambré d'un Glenlivet hors d'âge. Sa mélancolie lui souriait, effaçant pour un temps les affres d'une vie qu'il n'était pas loin de juger médiocre. Il avait beau tenter d'être objectif, pour ne pas noircir le tableau, rien ne pouvait plaider pour lui. Son travail et les gens qu'il y rencontrait l'exaspéraient, son couple avait chaviré, sa vie était un chaos. Il s'était réfugié alors dans les souvenirs de ses jours heureux, le regard dans le vague, souriant à son tour, comme un clown épuisé.

Et puis il y a cette... ce... ce personnage qui est arrivé au bar. Il ne voulait pas spécialement lui porter une attention particulière, mais il était intrigué. L'allure était féminine, le vêtement peu commun mais indéfinissable, les cheveux coupés courts, ébourriffés. D'une étrange voix, un peu rauque, avec un accent qu'il ne ne savait pas définir, il a commandé une bière. Ses mains étaient délicates avec des doigts d'adolescent...

La personne avait croisé son regard et il tentait de se concentrer sur son verre pour ne pas la dévisager. Elle était comme un très beau garçon. Ce seul constat aurait du apaiser sa curiosité, pourtant la confusion le gagnait. Non pas qu'il ne fut pas certain d'avoir à faire à un homme plutôt qu'à une femme, le doute et l'incertitude l'excitaient. Ce qui le troublait c'était que cette question lui importait peu en réalité. Il était séduit par cette beauté sans genre où aucun détail ne lui semblait déplacé et dès lors il avait besoin de s'en rapprocher au risque de mettre en péril ses convictions les mieux ancrées.

Il a offert un verre... l'androgyne a sourit

Photo: Michael Sanders

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Publié le 9 Septembre 2014

Est-ce que trop c'est trop?

Avoir du style, c'est une bonne chose, être "originale" c'en est une autre. Mais le plus souvent quand on cultive son style, on s'inspire de personne que l'on admire et dont on aimerait bien "copier" l'allure. Seulement pour cela il faut déjà posséder un certain charisme, faute de quoi on risque de n'être qu'une "copie"...

Certaines parviennent à être elles même des modèles, ou juste des personnes au style remarquable.

A la question : est ce que parfois on ne risque pas d'en faire un peu trop?

Je réponds : jamais!

A condition bien sûr que ce style ne soit pas factice, qu'il soit véritablement l'émanation d'un caractère, la vitrine d'une âme solide et convaincue. L'androgyne ne joue pas à être androgyne, le "tomboy" non plus. Cultiver sa féminité en aimant avoir les oreilles bien dégagées et la nuque dévoilée, ce n'est pas non plus de l'improvisation, c'est juste l'expression d'une façon d'être soi même.

Alors non, ce n'est jamais trop quand on s'impose à soi même et qu'on dévoile au regard des autres sa force de caractère, son goût, ses envies.

Soyez vraie! Soyez vous même!

Photo: Marie-Ange Clemenceau par Emir Srkalovic

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