Dimanche 3 juin 2012
7
03
/06
/Juin
/2012
10:00
C'était le fantôme d'Hemingway qui rôdait par là... Il lui venait à l'esprit les héroïnes de ses romans, la troublante lady Ashley ou Catherine Bourne... Des femmes de qualité à l'allure souvent
ambiguë, mêlant leur féminité absolue au costume d'homme ou à la coupe de cheveux de collégien. Il pouvait imaginer en la regardant être au soleil du Grau du Roi ou dans les arênes de Pampelune,
dans le Paris entre deux guerres ou la Côte d'Azur année 50. Il y avait dans son sillage les effluves d'un parfum réputé qui contribuait à lui tourner la tête. Sûr que le vieil Ernest aurait
trouvé un héros à la mesure de cette femme s'il l'avait eu, comme lui, sous les yeux. Lui même en aurait été amoureux puisqu'il savait si bien décrire ces détails dans ses romans. Et comme si la
jeune femme entendait ses pensées, elle abandonna sa main sur sa nuque, laissant les doigts nonchalants caresser ses cheveux tondus... A la différence des garçons, les lignes n'étaient pas
franchement marquées et le duvet courait plus bas sur la peau, ayant échappé au rasoir qui aurait délimité sans pitié la coiffure d'un garçonnet. La texture était douce, soyeuse, animale et elle
semblait se délecter à sa caresse.
Il aurait pu comme Robert Jordan, murmurer à l'oreille de Maria comment ses cheveux allaient repousser, ou comme David Bourne écouter le récit du passage de sa femme chez ce coiffeur de Biarritz.
Cela lui semblait naturel en cette circonstance.
Rompant le charme de cet instant, d'un clin d'oeil il congédia le fantôme du vénérable écrivain, posa une main sur l'épaule de sa compagne et lui attrappa la nuque avant de l'embrasser...
Photo: Silvia Arenas par Albert Madaula
Références: Le soleil se lève aussi - Le jardin d'Eden - Pour qui sonne le glas
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
3
Vendredi 1 juin 2012
5
01
/06
/Juin
/2012
14:49
C'est ton ignorance qui te fait peur. Ce que tu ignores t'effraie. Te voilà soudain troublé par cette androgyne, son allure de garçon, ses cheveux courts et ses hanches étroites. Et tu lui en
veux, sans la connaître, d'être elle même et de paraître indifférente. Pourtant tu la désires tout autant que tu t'en veux de la désirer. Tu as peur de toi même parce que tu crois que ce
sentiment naissant t'entraîne dans la perversité et ce monde que chacun a cherché à te faire haïr, depuis toujours. Et dans tes certitudes tu l'imagines cultiver à dessein ce style ambigu, juste
pour provoquer les esprits simples qui comme toi croient aux choses trop compliquées...
Elle, la jolie garçonne, a bien moins de certitudes, juste à la place de tous tes tabous, l'envie d'aimer et de l'être à son tour, affranchie des codes malsains qui voulaient, à elle aussi, faire
croire que pour aimer il fallait des conditions.
Et tout à coup tu te sens soulagé de la voir embrasser une fille et ton angoisse disparaît pour laisser la haine s'installer. Te voilà légitime dans ta rancoeur et absout de tes mauvaises
pensées... Pourtant si c'était un garçon à qui elle avait sourit, tu lui en aurais voulu tout autant, par dépit, de te voir délaissé pour un autre... Pauvre sot.
L'amour n'a pas de genre, il n'est fait que d'envie et de désir partagé.
Modèle: Dani Shay
Samedi 2 juin 2011
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
5
Jeudi 31 mai 2012
4
31
/05
/Mai
/2012
16:06
Le changement c'est maintenant! Ouais enfin... C'est quand même pas arrivé tout seul hein? Mais l'important c'est que cela arrive.
C'est une première et le moins qu'on puisse dire c'est que pour arriver là cette femme aux cheveux courts doit "en avoir". La voici donc à la tête du Groupe de Protection de la Présidence de la
République, Sophie Hatt, commissaire de police. Une carrière presque toute entière au Service de Protection des Hautes Personnalités et une recommandation de Lionel Jospin dont elle était
l'officier de sécurité lorsqu'il était Premier Ministre.
Alors on peut toujours dire que c'est politique ou démagogique. Il y a peut être une part de ça, c'est vrai. Mais personne ne prendrait le risque de mettre à la tête de la centaine de personnels,
hommes et femmes, gendarmes et policiers, un chef qui ne serait pas à la hauteur de l'entreprise.
Femme de l'ombre et serviteur de l'Etat, une héroïne du quotidien mise un peu en lumière pour les besoin de la cause
Par jeaneg
-
Publié dans : Humeurs
-
3
Jeudi 31 mai 2012
4
31
/05
/Mai
/2012
10:16
Laora n'avait pas pu résister davantage. Et je ne m'en plaignais pas finalement. Elle avait toutes les audaces que l'assurance acquise grâce à ses expériences précédentes lui permettait. Adieu
donc le petit carré court et bien sage, elle nous était revenu un soir avec à nouveau la nuque et les oreilles bien dégagées et une énorme frange qui lui mangeait un peu le visage. Le style était
surprenant mais l'allure que cela lui conférait était superbe.
Laora "- Si jé sé, ma jé né pas piou résister.
Moi - Une rechute en quelque sorte?
Laora - Jé sé pas si c'est réchoute, ma c'est comme oune envie très forte. Jé lé bésoin dé sentir ma nouque qu'elle est rasée très corte ou les chéveux sour les oreilles jé
souporte piou...
Moi - Finalement, tu étais bien loin de t'imaginer tout cela lorsque nous nous sommes rencontré, Frida, toi et moi.
Laora - Si, ma jé crois che pourtant tous nous avons un gout différent. On aime les chéveux courts, ma pas tous dé la même manière... Moi jé crois qué j'aime lé plous cé mé
faire couper les chéveux alora qué Fridolina elle aime voir les autres sé les faire couper, tou vois?
Moi - Oui tu as raison, il y a je crois autant de manières différentes qu'ils y a de gens qui sont comme nous amoureux des cheveux courts...
Laora - Et toi quérido jé sé qué tou aimes tout... "
Et là, quand Laora partait sur ce registre, je savais qu'il n'y avait pas grand chose à faire pour l'affronter, sinon se laisser dévorer. Et de fait, excitée elle même par sa nouvelle coupe, ou
le souvenir de sa réalisation, et moi par sa nouvelle allure et le contact de la matière, nous avions toutes les chances d'être propulsés rapidement au 7e ciel...
Modèle: Ariana London
Par jeaneg
-
Publié dans : Ma Psy et Moi
-
0
Mercredi 30 mai 2012
3
30
/05
/Mai
/2012
17:25
Cette rose qui meurt dans un vase d'argile
Attriste mon regard,
Elle paraît souffrir et son fardeau fragile
Sera bientôt épars.
Les pétales tombés dessinent sur la table
Une couronne d'or,
Et pourtant un parfum subtil et palpable
Vient me troubler encor.
J'admire avec ferveur tous les êtres qui donnent
Ce qu'ils ont de plus beau
Et qui, devant la Mort s'inclinent et pardonnent
Aux auteurs de leurs maux,
Et c'est pourquoi penché sur cette rose molle
Qui se fane pour moi,
J'embrasse doucement l'odorante corolle
Une dernière fois.
Sur la mort d'une rose - Raymond Radiguet ( 1903-1923 )
Modèle: Kate Kondas
Par jeaneg
-
Publié dans : Tendresses
-
4
Derniers Commentaires