Publié le 25 Mai 2017

L'humeur de Marie #7

'' Je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ''. Si vous vous trouvez dans le passage Molière, qui est une petite voie s'échappant de la rue Saint Martin, et que vous voyez ces quelques phrases célèbres peintes sur la vitrine d'un bâtiment, vous vous trouvez sûrement devant la Maison de la poésie. La scène est petite, tout comme la salle, et cela donne une sensation de promiscuité. Tout est ressenti de manière décuplée : le son, les images, les mouvements. L'obscurité clairsemée de lumières rouges et violettes vous plonge dans un univers musical unique et hors du commun.

5 mots : Yes Is A Pleasant Country. 3 musiciens de talents, amis de longue date, livrant un concert slalomant entre jazz de chambre et free jazz. De longs poèmes lyriques sont mis en chanson, pour ensuite laisser place à des improvisations musicales. Ce soir là, deux compositions de la fameuse chanteuse sont jouées : Be sensational et Night shame pride. Bruno Ruder, ses mains parcourant le clavier de l'imposant piano à queue de manière rapide et subtile, jouant de paire avec le non moins célèbre Vincent Lê Quang, dont on entend le moindre souffle s'échapper de son saxophone.

L'humeur de Marie #7

Dissonants pour mieux se compléter, ces deux instruments s'unissent à la voix de Jeanne Added, qui monte dans les strates les plus aigües ( Reincarnation of a lovebird ) pour tour à tour s'enflammer, puis pour se faire tendre et mélodieuse ( I could write a book ). Vêtue de noir, un pantalon ample et une veste droite, ses cheveux courts coiffés en avant pour finir sur le côté, puis tombant sur son front, elle danse et avance, ne faisant qu'un avec son micro qu'elle tient entre ses deux mains. Un trio, un groupe, un ensemble inséparable. Des artistes passionnés, concentrés, donnant une prestation hors du commun : à la fois totalement présents sur scène, et disparaissant ailleurs. Rien n'est surjoué, rien n'est surfait : tout est vécu et sincère.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Chronique de Marie

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Publié le 24 Mai 2017

Dessin: Delf G.

Dessin: Delf G.

Lorsque comme moi on nourrit une dilection toute particulière, on remarque souvent, dans la littérature, le cinéma ou la peinture, celles et ceux qui partagent ce même goût. J'ai souvent cité Ernest Hemingway dont les romans foisonnent de personnages féminins plein d'ambiguïté, portant les cheveux courts et dans lesquels il ne manque jamais de raconter, en des paragraphes entiers, pourquoi et comment ces jeunes femmes se jouent facilement des codes de leur époque, les cheveux coupés " comme des collégiens".

Les références ne manquent pas non plus au cinéma et l'oeil averti remarquera sans peine que toutes les héroïnes de Luc Besson ou de Patrice Leconte ont les cheveux courts...

Alors quand je découvre ce dessin de mon amie Delphine, je sais "lire" là aussi, les détails subtiles dans le trait de cette nuque visiblement nue, l'étroitesse du cou aux tendons saillants, le savant dégradé qui soutient cette coupe qui n'est que suggérée. Si je ne connaissais pas l'auteure de ces traits, j'aurais parié sans doute et n'aurais certainement jamais eu de réponse. Mais Delphine je la connais, elle est un peu mon double féminin, mon âme damnée et ma soeur , alors je sais bien que ce n'est pas un hasard si son coup de crayon est si habile dans la courbe de cette nuque, fine et rasée...

Delf Gillot sur FB

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 22 Mai 2017

Photo: ©jeaneg

Photo: ©jeaneg

Elles ont le pas décidé et l'allure dégagée. On devine une sorte de fierté que d'aucun trouve arrogante mais ce n'est qu'une façon dérisoire de se protéger. Difficile de ne pas les remarquer à travers la foule des ordinaires, tellement l'ordinaire leur est étranger.

A la terrasse d'un café elles semblent indifférentes, offrent leur visage à la chaleur du soleil, les yeux clos derrière les verres miroir. Puis lorsqu'elles se parlent, leur regard se soudent et leurs mains se touchent, leurs doigts se caressent. Enfin elles se reprennent, tentent plus de conformité, chacune sirotant son verre. 

Elles n'ont de choix que celui d'assumer qui elles sont et le courage d'être elles mêmes dans la multitude conforme et sans ambition. C'est sans doute pour cela qu'on les envie et on s'en veut de cette envie. Alors on rejoint le troupeau qui ricane, incapable de surmonter la différence.

Elles ne font semblant de rien et si elles paraissent insolentes, c'est juste pour se défendre d'une foule imbécile qui les croit provocantes, avec leur dégaine sans genre et leurs cheveux trop courts.

Et si je les sais fragiles et vulnérables, je les veux admirables et triomphantes, pleines de couleurs au milieu de cette populace grise et ordinaire. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 20 Mai 2017

Photo: Yana Bardadim

Photo: Yana Bardadim

Il était une fois.... Karolina que tout le monde appelle Cléo, une jeune femme qui vit en Pologne. Comme Cléo est bien jolie, elle agrémente sa vie d'étudiante en posant pour quelques photographes et finit par en trouver un qui lui plait bien. 

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Fin...

Non j'déconne!

Donc Cléo est jolie, un regard qui "accroche", des traits délicats, grande et mince, ses cheveux longs et châtains tombant sur les épaules. Mais un jour, parlant de tout et de rien avec son boyfriend, elle s'interroge à voix haute:" Je me demande à quoi je pourrais ressembler avec les cheveux courts...?" Ni une ni deux... ni trois ni quatre d'ailleurs, son petit ami bondit sur son ordinateur et en quelques clics de Photoshop sort une photo avec la belle ratiboisée. Troublant... très troublant. Et amusant. Comme le montage est plutôt réussi, la jeune femme le poste sur son Instagram.

Cléo CwiekLe lendemain, les réactions sont nombreuses...et élogieuses. Alors l'idée un peu folle qui lui trottait dans la tête prend finalement corps et bascule dans la réalité, Cléo va se faire tondre!

Et comme elle est charitable, elle en profite pour faire don de sa chevelure à Locks of Love, une association nord américaine qui aide les enfants malades. D'une pierre, deux coups.

Inutile de dire que la transformation propulse la jeune Cléo sur tous les podiums à travers le monde et bouleverse considérablement sa vie.

Moralité: les idées folles ne le sont pas toujours autant qu'on l'imagine, tant qu'on ne les a pas concrétisées. 

 

Modèle: Cleo Cwiek

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Divers & variés, #Portrait

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Publié le 17 Mai 2017

Emily Gafford

Emily Gafford

Ce sont là des choses bien étranges qu'elle même ne sait pas expliquer. Pourquoi le faudrait-il d'ailleurs? Elle n'est pas tourmentée, ni troublée comme l'adolescent qui découvre sa sexualité. Elle a toujours été ainsi. Une femme avec une personnalité de garçon. C'est naturel, elle se dit même que toutes devraient être comme elle, après tout. Elle n'attend rien, de personne, sinon du respect, comme tout un chacun. Elle a tout appris de son père, de sa mère et de la bienveillance de son entourage. Sans que jamais on lui dise que cela n'était pas possible à cause de son genre. Sa mère lui a montré comment être femme et avec son père, elle était aventurière. 

Depuis toujours elle a les cheveux courts. Petite, la toute première fois elle s'est sentie triste de voir ses boucles blondes rouler, inertes et choir sur le sol carrelé. Mais très vite ce fut un sentiment de plus grande liberté et une image d'elle qu'elle trouvait valorisante. Assez vite elle ne s'est plus contentée d'accompagner sa mère 3 ou 4 fois l'année chez le coiffeur. Elle a voulu suivre son père.  Sa mère fut en colère de voir sa nuque tondue. Elle fit le dos rond, glissant un clin d'oeil à son père complice qui, seul, affronta la tempête.

Devenue presque femme, lorsqu'un jour elle retourna chez ce coiffeur où son père l'accompagnait, ce fut comme une bouffée de nostalgie, un courant d'air venu d'antan. Les yeux clos, la tête penchée en avant, la tondeuse qui moissonnait sa nuque fit surgir plein de souvenir d'une enfance heureuse. Dans ces parfums familiers, elle renouait avec sa vraie personnalité, retrouvait la liberté d'être la femme unique, aimant en elle cette parfaite harmonie de genre.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 16 Mai 2017

Photo: Lena Cordiez

Photo: Lena Cordiez

A force d'en parler, on pouvait imaginer que les choses avaient changées... Eh bien pas du tout! Comme avant, comme toujours, certain(e)s coiffeu(r/se)s persistent à savoir mieux que leurs clientes ce qui est bien pour elles. 

" On ne va pas les couper plus court, sinon ça va faire trop "garçon" et ce n'est pas ce que vous voulez, n'est-ce pas?"

Ah ben si, justement, c'est bien ce style là qu'elle veux! Mais quoi? La jeune femme est-elle "trop" jeune pour avoir l'air de savoir ce qu'elle veut? Est-ce qu'il y a une loi implicite qui l'empêcherait d'avoir les cheveux aussi courts qu'elle le souhaite ( et non pas forcément "comme un garçon" )? Est-ce que ça fait saigner les yeux des "bonnes gens" de la voir avec la nuque et les tempes rasées? Et depuis quand les coiffeurs sont les garants de ce dogme ancestral qui veut préserver le monde de ces femmes aux coupes de cheveux "trop masculines"? ( Parce que oui, il y a des coupes de cheveux masculines et d'autres féminines hein... nanmého! )

Mais voilà, encore aujourd'hui, il faut se confronter à des professionnel(le)s qui: ne veulent pas de femmes dans leur salon "pour hommes" ( et après tout, on ne peut guère leur faire reproche, ils annoncent la couleur... ), qui ne savent plus faire de coupes de cheveux "très" courtes sans se contenter de passer bêtement une tondeuse avec un sabot, qui ont peur de couper les cheveux des femmes "trop" courts, comme si le reste du monde allait le leur reprocher et qui savent bien mieux que vous même, ce qui est bien ou pas.

C'est peut être en cela aussi, que j'aime les femmes aux cheveux courts qui savent ce qu'elles veulent et n'ont pas peur d'affronter deux ou trois "nul(le)s pour enfin trouver celle ou celui qui sera à la hauteur de leur audace.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Mai 2017

Onuka

Onuka

Que personne n'aille s'imaginer que je nourri une passion secrète pour le Concours l'Eurovision. Si vraiment c'était le cas, je l'assumerai volontiers, mais là, non! Toujours est-il que samedi soir, en rentrant un peu tard, je suis tombé sur la prestation d'un groupe ukrainien, visiblement hors de la compétition et je suis resté un peu fasciné par ce spectacle. Un son electro envoutant, accompagné de musiciens folkloriques, le tout conduit par trois jeunes femmes en combinaison de stormtrooper, une blonde et deux brunes aux cheveux courts, secouant leur frange en rythme.

Alors comme toujours j'ai cherché à en savoir davantage sur ce groupe et j'ai découvert Onuka, un groupe electro-folk ukrainien. Cela m'a rappelé Nastia, elle aussi ukrainienne, dj réputée aujourd'hui, qui a déjà illustré les pages de ce blog. Le plus amusant, c'est de voir avec quel mimétisme les trois d'Onuka s'accordent a avoir les cheveux courts, tantôt au carré, tantôt plus court, mais toutes adoptant le même style à chaque fois.

 

Techno à l'EstTechno à l'Est
Techno à l'EstTechno à l'Est

Je me demande pourquoi je suis toujours séduit par les femmes qui bougent, qui dansent, qui chantent et jouent de la musique, surtout lorsqu'elles s'affirment dans cette modernité, par le costume ou les cheveux courts, sans renier ni racines ni folklore.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 14 Mai 2017

Photo: Juliette Guenon

Photo: Juliette Guenon

Il l'a connue, jeune femme élégante et sophistiquée, les cheveux un peu courts lui donnaient une allure folle dans sa robe de soirée...

Il l'a revue, jeune homme élégant et raffiné, les cheveux très courts soulignant la finesses de ses traits, dans son costume de bonne façon...

Elle est une, elle est deux, sans jamais savoir lequel d'entre eux elle embrassera. Elle est fille bien sûr, évidemment, cela va de soi... pour les autres. Elle n'en est pas toujours convaincue, c'est pour ça qu'elle aime bien ses cheveux courts, encore un peu plus courts, comme une contre-partie, un équilibre qui ne nuit pas à sa féminité et nourrit l'illusion d'un genre qui la séduit. L'accessoire fera le reste. 

Vice-versa, aussi bien l'un que l'autre et recto-verso, l'un et l'autre. Quand de dos on ne voit que sa nuque aux cheveux ras, on se trompe et d'une volte-face on s'en rend compte en découvrant la douceur de son visage. Merveilleuse et douloureuse ambiguïté, mais aussi malicieux pouvoir d'être prince et déesse à la fois...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 12 Mai 2017

First Laidie

A peine remis de la stupéfaction dans laquelle les résultats de l'élection présidentielle m'avaient plongés ( non j'déconne... ), j'ai pris le temps d'observer d'un peu plus près l'allure de notre nouveau couple vedette et en dehors de tout aspect politique de la chose, je me suis dis que ces deux là avaient tout de même une autre "gueule" que Francinounet et son scooter, Loin du Ciel et Carla, Big Jack et Bernadette ou même "Mitran" et ... me rappelle même plus comment elle s'appelait celle-ci. Bref! On a peut être pas gagné grand chose en matière de démocratie, mais en tout cas on a du glamour à l'Elysée.

Oui du glamour, parfaitement! Un président qui n'a même pas 40 balais et rien que ça, ça lui donne du charisme et une première dame aux airs de Mireille Darc.

First LaidieFirst Laidie

Et là, qu'est-ce que j'apprend? Qu'il y a encore des mal-embouchés qui la ramènent, qui critiquent et qui bavent, sur tout et sur rien. On parle de différence d'âge avec un air outré, alors que le gros blondinet à la Maison Blanche a exactement le même écart avec sa femme et que cela ne gêne personne. Nan mais oh! 

Je vais vous dire...Moi je la trouve très classe et je préfère encore que les étrangers nous envient parce qu'on a des "beaux gosses" à la tête du pays, plutôt qu'ils gloussent en voyant Flanby et ses lunettes pleines de buée.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Mai 2017

Photo: Irina Soboleva

Photo: Irina Soboleva

 Il y a des questions dont on ne se débarrassera jamais, des grandes interrogations existentielles, voir existentialistes, du genre: qui suis-je, d'où viens-je, où vais-je... enfin vous voyez le topo. Et puis il y a parmi ces questions récurrentes, d'autres qui sont peut être moins fondamentales, mais qui n'en sont pas moins importantes et celles là, j'aime bien me les poser aussi de temps en temps. D'ailleurs celle là, c'est quand même bien l'endroit pour ça.

Est-ce que toutes les lesbiennes ont les cheveux courts? Si oui, est-ce qu'une femme qui se coupe les cheveux est lesbienne? et si toutes les femmes aux cheveux courts sont lesbiennes, que devient l'homme qui est amoureux des femmes aux cheveux courts? Est-il condamné à errer sa vie durant dans un monde où l'objet de son désir ne le calculera jamais? Et puis, quid des lesbiennes aux cheveux longs? Sont-elles parmi l'univers saphique les plus audacieuses, démarquées des tendances et des courants majeurs... ?

Bon bref! Tout cela finit par devenir absurde. Mais depuis le temps que je cherche l'argument imparable pour mettre définitivement ce préjugé sans queue ni tête à la poubelle, je crois que j'ai une théorie qui pourrait être recevable.

Evidemment, comme je le rabâche depuis des années ici même, la longueur des cheveux d'une femme n'a aucune influence sur sa féminité et encore moins sur sa sexualité. Avoir les cheveux courts, c'est juste l'expression d'une personnalité affirmée, qui s'affranchie du jugement des autres et prend le contre-pied des stéréotypes dans lesquels l'homme voudrait contenir les femmes. C'est peut être justement sur ce dernier point que les lesbiennes tendance cheveux courts s'appuient le plus, se plaçant à l'exact opposé de l'image fantasmée par l'homme et son désir. Mais cela ne peut être qu'un critère parmi d'autres, comme la simple envie d'être soi même, libre de tout préjugé, ou encore le plaisir, toujours un peu trouble d'avoir les cheveux très courts, ou le choix de l'ambiguïté. Notez que ces critères, tous autant qu'ils sont, s'appliquent également et généralement à tout le monde, si bien qu'il est impossible et stupide d'affirmer que les cheveux courts "ça fait lesbienne". CQFD

Désespérément, je crois que c'est juste le cerveau de l'homme qui est un peu dysfonctionnant.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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