Publié le 19 Juillet 2019

Clara S. par ©jeaneg

Clara S. par ©jeaneg

Si l'on ne fait pas attention aux détails, nous échappent mille nuances, d'ombres et de lumières, de demi-teintes et de tonalités qui apparaissent parfois dans une coupe de cheveux, lorsque le contraste est exploité à son excès, où l'ultra court côtoie la chevelure lourde et lisse et que les reflets de brillance illuminent la matière...

Il y a pourtant dans la mise en évidence de cette texture si particulière, un art qui semble de la sculpture, un travail d'orfèvre où le maillet et les gouges sont remplacés par le peigne et la tondeuse. Ainsi on peut imaginer ce qu'il faut de passion et de sens artistique pour façonner une coupe de cheveux, courte, dans sa longueur, son épaisseur, sa texture, pour que l'ensemble soit harmonieux, ou audacieux, pour dégrader, minutieusement et obtenir un fondu semblable à l'estompage d'un dessinateur et son fusain. La technique seule ne suffit pas, il faut l'œil et le toucher, le goût, presque l'excitation de créer. Et puis l'exercice achevé, la chevelure s'anime, à chaque mouvement de tête quelque soit le sens, l'ensemble reste harmonieux, précis, seules les ombres et les reflets sont différents... jusqu'à la prochaine coupe.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 17 Juillet 2019

Photo: Marina Ishu

Photo: Marina Ishu

C'est sans doute un privilège de nos jours, de pouvoir faire une pause, se mettre sur le bord du chemin et regarder le monde qui s'agite autour de soi, juste un instant. Et si dans cet instant, on prend la peine d'y réfléchir un peu, on doit bien admettre que c'est assez "révolutionnaire" de voir aujourd'hui, le style de certaines femmes aux cheveux courts. Attendez! C'était pas imaginable ça auparavant, ces coupes, tondues à zéro, ces dégradés fondus au millimètre, cette allure presque "virile" endossée par des femmes incontestablement féminines.

Plus spectaculaire que le vêtement, la coupe de cheveux serait en passe d'abolir les genres, d'ouvrir une nouvelle voie. N'allez pas croire qu'il s'agit juste de délire de coiffeurs en mal de création ou de signe ostentatoire d'appartenance à une communauté et si c'est le cas, ce n'est pas que ça. La demande est réelle, le non-genre s'assume de plus en plus. C'est une esthétique nouvelle qui séduit par son côté levée de tabou, transgression des codes. Et puis il y a aussi, indiscutablement des sensations inconnues jusque là, visuelles, tactiles, un sentiment de force, d'invincibilité, nourri par ce style que personne ne s'attendait un jour à voir conjugué au féminin.

Et c'est tant mieux, mine de rien...

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Juillet 2019

Photo: Melody

Photo: Melody

L'humain est ainsi fait qu'il ne supporte pas d'être confronté à des questions qui n'auraient pas de réponse. Il lui faut tout classer, tout ranger dans sa petite tête, que les choses y soient ordonnées pour qu'il soit rassuré. C'est à cause de cela que les inventeurs de génie sont souvent mal compris et qu'ils doivent batailler des années pour faire admettre leur création. Et puis quelques temps plus tard, on trouve ça presque naturel, comme si cela existait depuis toujours...

Avec ça, l'humain parvient presque toujours à tout catégoriser. Même celleux qui se refusent à entrer dans une case, aiment bien y mettre les autres. Il faut inventer des mots, trouver la bonne rubrique. La souplesse de la langue anglaise se prête merveilleusement à cet exercice et l'on se retrouve avec un vocabulaire façon poupées russes, où les mots englobent d'autres mots, qui signifient la même chose mais avec assez de nuance pour créer une sous catégorie et l'on va de queer à genderfluid, voir genderqueer carrément, mais aussi agender, transgender, non-binary gender... etc. En réalité, cela ne facilite la vie de personne et pas forcément non plus celle de l'humain dont le corps biologique féminin ne colle pas du tout avec son esprit, son caractère, son âme, son allure, son type, ses façons, son comportement, son style, ses manières, son attitude, son expression... masculine. Cela ne fait pas pour autant, d'elle un garçon, mais plutôt une inventrice. Une inventrice de génie, qui parvient, sans se forcer, à créer un genre nouveau, un modèle unique, à usage personnel. Et si elle y parvient, si elle est assez forte, elle pourra mépriser les haineux/ses et les simples d'esprit qui n'aiment pas qu'on les embrouille avec des choses qu'ils/elles ne comprennent pas.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Juillet 2019

A deux pas d'ici

On va souvent chercher bien loin ce qui, des fois, se trouve au bout de la rue. Et ce n'est pas Serena qui dira le contraire. Elle qui nous avait emmené jusqu'à Taiwan pour nous faire découvrir un barber de là bas, elle qui voyage souvent et ne manque jamais une occasion de se faire une coupe sur place, qui se partage entre l'Espagne et le bordelais, avait finalement plus d'habitudes chez un barbier de Valencia qu'aux alentours de Bordeaux où elle vit.

Et puis voilà qu'après avoir entendu parlé d'un salon à deux pas de son travail, elle se décide à y faire un tour. Et là, bingo!

C'est un salon " de mecs ", mais elle est bien accueillie, ambiance sympa. Et c'est une coiffeuse qui va lui tailler sans doute un des meilleur "fade" qu'elle ait eu depuis longtemps. Et tout ça pour moins de 15€... What else?

Photos: @deambulateur

Westwood Barber Shop @westwood.bordeaux

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 9 Juillet 2019

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

Combien faudra-t-il encore attendre pour que s'arrête le mensonge assassin qui fait croire aux hommes qu'ils ont le pouvoir et à certaines que cela est vrai? Meurtres, mutilations, asservissement, pas un endroit du monde, du plus sauvage au plus développé, n'est capable de simple justice. L'Humain, unique dans son espèce, est parvenu à se convaincre que sa femelle lui était dévouée, corps et âme, et qu'il pouvait en faire ce qu'il voulait. De la nuit des temps cette illusion persiste, assénée par la contrainte, physique, psychologique, législative et culturelle. Et l'on sent bien que les choses ne s'arrangent pas...

Il faut de la force et du courage, parce que souvent c'est le vie qui est en jeu, pour exprimer une colère légitime. Une force et un courage que toutes n'ont pas, qui se laissent cogner, humilier, exciser, condamner, contraindre, imaginant sans doute que c'est, peut être, de leur faute.

Alors j'aime croire que celles qui transgressent les "règles", celles qui ne s'en laissent pas conter, celles qui jurent comme des charretiers, celles qui gardent leur clope aux lèvres, celles qui sont tatouées, celles qui s'habillent sans s'occuper du rayon où elles se servent, celles qui ne demandent rien à personne, celles qui rasent leurs cheveux et qui se moquent du regard des autres, celles qui sont indépendantes et qui n'ont pas peur d'être seules plutôt que mal accompagnées, celles qui ne veulent pas d'enfants, celles qui boivent de la bière et celles qui savent dire non, toutes celles là et bien d'autres, sont des exemples, des soutiens, des encouragements pour toutes les autres. Plus que la rancœur et la violence verbale, c'est par l'exemple et l'éducation qu'il faut réconcilier l'humain et si chacun fait sa part, les choses changeront.

Je le savais déjà, mais parfois, une simple coupe de cheveux est un acte politique...

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

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Publié le 7 Juillet 2019

Eclairage

Si je prend cette photo pour faire une recherche sur Google Images, le résultat que j'obtiens est: Man

Et là je me dis que l'ingénieur.e qui a travaillé sur l'algorithme ne pouvait pas avoir trente six mille critères à lui fournir pour que ce dernier conclu sa recherche par: Homme. Le seul que je vois ne peut être que la coupe de cheveux. Pourtant le regard et quelques détails anatomiques suffisent pour me faire dire, presque sans réfléchir qu'il s'agit de la nuque d'une femme. Mais, parce que cette femme a les cheveux coupés très courts, une vulgaire machine va se comporter comme le dernier des beaufs du fin fond de sa zone qui s'adresserait à la dame en lui disant monsieur. Bullshit!!

Alors que, on le voit bien, le ou la photographe a mis en œuvre le meilleur de sa technique, cadrage, éclairage, focale... pour mettre en valeur la nuque de cette femme, remarquable par sa structure, la finesse du cou, la symétrie des tendons saillants, le relief occipital, tout cela révélé par une coupe de cheveux aux contours presque rasés, au dégradé parfaitement fondu... Bref! Absolument rien de masculin là dedans.

Des fois, tu t'demandes...

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 6 Juillet 2019

Photo: Clara Sechan

Photo: Clara Sechan

D'une ligne qu'on trace devant soi on fait un horizon. Et on s'imagine une vie pleine du meilleur, ne laissant aucune place au pire. De tout ce qui était arrivé auparavant on fait une boule comme on froisse une page écrite et raturée qu'on jette par dessus son épaule avec nonchalance. Soudain on respire plus intensément, on ferme un instant les yeux, pour jouir de chaque sensations, puis on les rouvre pour constater, amusé, que le décor n'a pas changé. Une main posée sur la nuque tiède suffit à rappeler le chemin parcouru. Doucement les doigts s'écartent, la main glisse en remontant sur les cheveux rasés, comme si cette coupe symbolisait à elle seule une renaissance...

Et la plénitude de cet instant fait croire à l'invincibilité. Tout est en ordre dans notre vie et le monde lui même semble trop petit et fragile pour résister à la force qui nous envahi... pour peu que l'on prenne le temps de s'arrêter quelques secondes pour admirer l'horizon.

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 2 Juillet 2019

Photo: Manon Flebus par Katja Stückrath

Photo: Manon Flebus par Katja Stückrath

Parfois, elle se tient à l'écart du monde, sans cause à défendre, le dos au miroir et elle a cette pause que peut être, avant, elle enviait aux hommes. Mais ne vous trompez pas, l'Androgyne n'est pas en quête d'identité, elle a juste, plus clairement que les autres, conscience de l'injustice, parce que femme elle tutoie la liberté des hommes et si elle est assez audacieuse, elle peut s'en emparer. C'est juste la liberté qui lui importe, celle de n'être pas toujours apprêtée, celle d'avoir les jambes écartées, un bras sur le dossier de la chaise, celle d'avoir les cheveux assez courts pour être ébouriffés sans que cela heurte le regard ou l'harmonie du portrait, cette liberté qu'ont les hommes sans même en avoir l'idée, dont ils jouissent comme d'un privilège qui viendrait de si loin que personne ne sait plus qui le leur aurait accordé...

L'Androgyne est une inventrice, une magicienne qui transforme sa vie, avec la bienveillance des dieux qui lui ont donné quelques atouts. Elle est femme, le meilleur de l'Humain, dépouillée des artifices qui amusent les hommes et ne réclame rien à personne, juste cette liberté d'être une femme différente et de plaire autrement... A égalité 

 

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 30 Juin 2019

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Ce n'est qu'une histoire de langage et pour l'entendre souvent, de la bouche de jeunes femmes ou d'androgynes non-binaires, cela reste toujours en bonne position dans les "to do list" de chacune. Inutile de penser que la chaleur ou quoi que ce soit ait quelque chose à voir la dedans. C'est une envie, point. Mais pourquoi est-ce qu'on entend plus souvent employé le mot "rasée", que tondue, qui serait techniquement plus approprié? Et sans parler d'une exagération bien fréquente qui fait dire à certaines qu'elles se sont "rasé" les cheveux alors que le coiffeur a juste coupé 5cm de leur sempiternelle coupe au carré...

Alors cela doit être le mot lui même qui ne plait pas? Non parce que le dictionnaire lui ne fait pas de différence. Tondre, verbe transitif du latin tondere: couper les cheveux de quelqu'un à ras avec une tondeuse, ex: tondre un prisonnier. C'est peut être cet exemple justement qui heurte, parce que ce verbe est trop souvent associé à une contrainte, une punition, un châtiment. Il a pourtant quelque chose de champêtre, de bucolique, entre pelouse et mouton et puis surtout il veut bien dire ce qu'il dit. Aujourd'hui où pratiquement tout le monde possède une tondeuse électrique chez soi et en use sans vergogne, le terme aurait pu retrouver sa place légitime dans le vocabulaire. D'autant qu'à bien y regarder il sonne un peu comme une provocation, une façon de bousculer la bien pensance, comme ces mots vulgaires que les bourgeoises aiment bien placer dans leur conversation.

Comme toujours, on compte sur les plus jeunes pour effacer les sortilèges du passé, qui ont pu un jour, s'abattre sur les mots...

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Publié le 27 Juin 2019

Photo: John Malonakis

Photo: John Malonakis

Même les psychologues ont du mal à donner une définition de la féminité qui ne serait pas dégoulinante de clichés et de préjugés. Les sociologues se contentent de tracer cela dans le temps et de rappeler les différentes images de la femme à travers les époques. Les femmes elles mêmes, ont toutes une approche personnelle et il apparait impossible d'être catégorique. Il reste pourtant quelques dénominateurs communs, le comportement, le regard, la sensualité, la sensibilité... tout serait dans l'attitude plutôt que dans l'apparence.

L'apparence justement, qui n'aura jamais rien à voir avec la féminité, pas plus le vêtement que la coiffure et que pourtant la plupart des gens persistent à considérer comme son indicateur le plus évident. 

Pourtant, chacune de celles qui l'ont expérimenté, vous dira à quel point elle s'est senti davantage femme et féminine lorsqu'elle s'est redécouverte avec les cheveux coupés très courts. C'est là tout le paradoxe. Il doit y avoir une limite, un point jusqu'auquel le curseur accentue la féminité et au delà duquel il pourrait, peut être, mais rien n'est moins sur finalement, la ruiner. C'est un code nouveau, une affirmation indiscutable, une démonstration de féminité qui ne serait pas entachée par la domination et ramène l'humain à davantage d'égalité sans considération de sexe ni de genre. La femme aux cheveux courts n'est pas une proie. Il aurait même des hommes qui se coupent les cheveux comme elle...

Photo: John Malonakis

 

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