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Les Affranchies
Articles récents

Lindbergh s'est envolé

4 Septembre 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Peter Lindbergh

Photo: Peter Lindbergh

Photographe... Pfffft, c'est pas un métier ça!

Ah bon?

Ben non... Franchement, t'as juste à appuyer sur le bouton au bon moment. Si t'as un bon appareil, ça va quoi 

On a tous entendu ça, non?

Peter Lindbergh, le mec qui "appuyait sur le bouton" est mort. Cela ne va pas émouvoir la planète. Après tout, c'est notre lot à tous de disparaitre un jour... Pourtant je dois avouer que sans lui, bien des articles de ce blog n'auraient pas eu autant de saveur parfois. Si l'image n'avait pas eu autant de qualité, s'il n'y avait pas eu d'émotion, de contraste dans ces visages, si les regards n'avaient pas révélés les sentiments, l'inspiration n'aurait pas été la même.

Photo: Gisele Schrober

    Cet homme là aimait les femmes, sans aucun doute.

Peter Lindbergh 

 

 

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Quand c'est l'heure...

24 Août 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Beli et Lara

Beli et Lara

Il y a sur ce blog une atmosphère particulière en ce moment. Une odeur de fin de règne. Peut être avais-je été trop habitué aux éloges et à la complicité? Voilà que ces jours-ci on me conteste, on me remet en question, on me critique... Je ne parle pas des viragos que j'évoque dans l'article précédent. Elles méritent à peine les pixels que je leur ai consacré. Non je parle cette fois de lectrices plutôt "acquises" à ma cause, de celles qui viennent là régulièrement, un peu dans l'ombre, discrètement, pour lire et contempler. Et puis à force de lire et de contempler et de ne pas être totalement satisfaites, l'une d'elle finalement m'interpelle...

C'est sous forme d'un commentaire et ça commence comme ça:

LLIl n y a pas que les femmes aimant les femmes qui portent les cheveux courts ! Vos photos ne représentent qu elles. Je les reconnais puisque ce sont des copines. Elles sont où celles qui sont un peu plus féminines. L androgynie au féminin est pas mal aussi !

Ce à quoi je réponds volontiers en acquiescent, au moins sur la première affirmation. La seconde me semble plus contestable. Dire que mes photos ne représentent que "les femmes aimant les femmes" est tout à fait arbitraire, personne ne leur ayant demandé leur orientation sexuelle pour apparaitre sur ces pages. Bref! Je me contente d'un like et de répondre que c'est vrai! ( qu'il n'y a pas que les femmes aimant les femmes qui ont les cheveux courts )

Mais la réplique semble un peu agacée:

LLAlors pourquoi ne les voit on pas sur votre blog !?

Du coup, le dialogue prend une autre tournure. Imaginant que cette personne s'est contentée, comme beaucoup, de feuilleter les dernières pages parues, je l'invite à explorer davantage les quelques 2753 articles édités, affirmant que le choix des photos ne se fait que sur les critères de qualité et d'esthétique. Et là, enfin, mon interlocutrice lâche sa tirade contestataire:

LLJe ne parle pas d orientation sexuelle, je parle de la féminité des femmes aux cheveux courts qui n a pas été représentée depuis au moins 2014 sur votre blog. Pourquoi ? Elle est là ma question. J ai 54 ans. Je suis coiffeuse pro. Rock n roll et glamour. Adorant les hommes mais l image que vous renvoyez des femmes aux cheveux courts n a vraiment rien d agréable aux yeux des hommes. Bref, le mieux est d en rester là mais je ne dirais plus grand chose de bien à votre propos !

Alors bien sûr quand on me dit qu'on a plus rien de bien à dire à mon sujet, ça me peine. Et puis en relisant, je me dis que c'est un peu exagéré. D'abord je sens qu'on fait là allusion à une forme de féminité. L'androgyne "féminine", les femmes aux cheveux courts "féminines"... Qu'est-ce que cela veut dire? L'androgyne par essence n'est ni féminine ni masculine et la féminité des femmes aux cheveux courts ne s'exprime pas dans leur coupe, on est bien d'accord. La féminité est un état intrinsèque, une femme l'est ou ne l'est pas et la longueur de ses cheveux ne change rien à l'affaire. Puis arrive le coup de grâce, l'estocade. L'image que ce blog renverrait des femmes aux cheveux courts, n'aurait rien "d'agréable aux yeux des hommes"? Vraiment? Réellement? Je lis bien là? C 'est dire que sur 10 ans d'existence de ce blog, durant 5 ans il aurait véhiculé une image des femmes qui ne plairait pas aux hommes? Du coup je ne sais plus trop de quelle moitié il s'agit, vu que mon propos n'a jamais été de parler de femmes " agréables aux regards des hommes ", mais plutôt agréables à leurs propres yeux.

Mais je fais peut être l'âne pour avoir du son... En réalité j'ai bien compris que si LL insiste tant sur le fait qu'elle "adore" les hommes, c'est parce qu'elle me reproche de ne montrer ou de ne parler QUE de femmes qui aiment les femmes comme elle dit. Et c'est vrai, depuis que j'écris ici j'ai rencontré en vrai, beaucoup d'homosexuelles et quelques une d'entres elles sont devenues des amies. J'ai exploré l'univers LGBTQI+, connu des personnes trans tout au long de leur transition, été invité par des collectifs "féministes", participé à des soirées, discuté. Je me suis fait montrer du doigt aussi, insulté simplement parce que je n'étais pas de la famille et que certaines me considèrent comme un privilégié... mais au final, si ce n'est qu'une toute petite partie de ce blog , j'avoue que j'ai pu me laisser dériver. Cela ne se produira plus. Je l'affirme solennellement, j'en ai fini avec la communauté LGBT et le bilan que je peux en tirer... je le garde pour moi. Quant à vous, mes amies, je vous embrasse affectueusement.

 

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Une bonne fois pour toute

16 Août 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Patrick Demarchelier

Photo: Patrick Demarchelier

Parfois le doute m'étreint... Est-il possible, après tout, que l'Humain soit fondamentalement con, prétentieux et destructeur et que, au bout du compte seules quelques exceptions fassent illusion en paraissant intelligentes? Bon enfin, l'Humain, n'exagérons pas, disons une catégorie seulement...

Mais de quoi parle-je? Malgré une somme d'efforts considérables, déployés depuis des années ici même, je m'aperçois que non seulement le mythe persiste, mais qu'en plus il est entretenu par celles-la même qui en sont l'objet. Aujourd'hui encore et depuis toujours et pour toujours, dire qu'une femme aux cheveux courts est "sûrement" lesbienne est une ineptie de première qualité. Jusque là tout va bien et toute personne un tantinet instruite et à l'ouverture d'esprit même moyenne parvient à le comprendre et à l'admettre. Cependant la bêtise crasse qui enveloppe les réseaux sociaux a tout de suite raison du moindre bon sens...

A peine mis en ligne sur Facebook, l'événement qui devrait rassembler pas mal de monde à la fin du mois au Rosa Bonheur des Buttes Chaumont à Paris, surgit de nulle part, une poignée de jeunes filles hystériques s'empare du sujet. Au départ alléchées par le titre et croyant avoir affaire à une soirée " entre meufs" au calme, voilà que le simple fait de préciser qu'il s'agit en réalité de la célébration d'un blog dont l'auteur est un homme, met notre joyeuse bande dans un état de fureur démesurée et la fait hurler proprement au scandale!

Mais comment ose-t-il? C'est à vomir, beurk!... Le dégoût les submerge et le "réseau" fait le reste. Sans même savoir de quoi l'on parle tout le monde y va de son commentaire, plus violent, plus menteur, plus outré que jamais et tout cela résonne dans leur microcosme, échauffant leur cervelle de militantes féministes, dont Dieu merci, le Féminisme a su se priver pour faire avancer les choses.

La morale de cette histoire n'est pas tant dans l'intolérance, la calomnie et la discrimination, c'est simplement que malgré tout, dès que l'on parle de "Femmes aux cheveux courts", certaines lesbiennes s'imaginent que l'on parle d'elles, ( quelle prétention ) se trouvant décontenancées lorsqu'on leur dit que cela n'a rien à voir, perpétuant ainsi ce mythe, ce préjugé qui empêche parfois certaines femmes d'être, enfin, elles mêmes.

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Banalité

8 Août 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Ça n'a l'air de rien comme ça et pour un peu on y prêterait à peine attention. Pourtant, depuis un peu moins d'une dizaine d'années, la tendance se confirme, le style s'affirme et aujourd'hui on trouverait presque banal - oui enfin n'exagérons rien tout de même - de croiser dans la rue une jeune femme aux cheveux courts, coupés à la manière de certains hommes, les côtés et la nuque extrêmement dégagés, presque rasés et pourtant inspirant une réelle féminité, par l'allure et le comportement. 

Parce que les femmes aux cheveux courts ont ce pouvoir d'inventer une autre image de la féminité, en assumant des choix qui sont au-delà du cadre ancestral. Et il ne faut pas s'y tromper, c'est un pouvoir immense.

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Cette image nouvelle pourrait être une voie inattendue vers la dé-construction de mentalités exécrables qui laissent croire aux garçons que tout est possible et que tout est permis dans les rapports qu'ils ont avec les femmes, tant que celles-ci correspondent à l'idéal patriarcal... Allez savoir?

Autre conséquence de cette appropriation, ce style ne s'enferme plus dans la communauté homosexuelle, qui avait tendance à l'accaparer, affichant ainsi une forme de militantisme. Le manque de discernement de nos contemporains suffisant à faire l'amalgame entre femmes aux cheveux courts et lesbiennes...

Enfin, bien des témoignages et des expériences le révèlent, la féminité étant intrinsèque et naturelle, elle se trouve exacerbée lorsqu'on efface les artifices et très souvent, plus les cheveux sont courts, plus elle se dévoile. Etonnant non?

 

 

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Osé

4 Août 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Ria Serebryakova

Ria Serebryakova

La réalité n'était pas tant qu'il préféra les femmes aux cheveux courts, mais plutôt qu'il avait horreur de l'excès de féminité, la fragilité élevée au rang de statut et les atouts féminins à celui d'appâts. Ce jeu de séduction fondé sur l'artifice et l'esbroufe l'écœurait. Et du coup, il sentait dans l'allure d'une femme qui s'affranchirait de tout cela, une forme de complicité, de traitement d'égalité. 

Malgré tout, il avait tout de même tenté l'effort de chercher à savoir, si en dehors du volet "séduction", il y avait un avantage particulier à s'accoutrer comme le font certaines. Le soutien-gorge avait forcément une fonction autre que celle de faire "pigeonner" la poitrine pour qu'elle déborde du décolleté. Certes! Mais les talons hauts? Les jupes et les robes? Les ongles longs, les faux cils... Alors oui, les cheveux longs, il pouvait comprendre que la matière elle même pouvait mériter d'être soignée, embellie et entretenue dans une certaine longueur. Le problème c'est que cela formait un tout et que bien souvent pour rompre avec ce schéma, le moyen le plus spectaculaire était de couper ces cheveux. C'était le préliminaire à l'affranchissement, les reste suivait...

On pouvait bien lui rétorquer qu'il y avait tout de même un aspect "plaisir personnel" et que cela devait être respecté, mais il ne parvenait pas, peut être pour ne l'avoir jamais essayé, à trouver du plaisir à être jambes nues en plein hiver, les chevilles tordues par des talons qui ne pouvaient pas avoir d'autre fonction que surélever la personne et de "galber" son mollet, ou passer un temps précieux à camoufler les imperfections de son visage sous des poudres et des crèmes hors de prix. En fait tout cela venait de tellement loin, de la nuit des temps peut être même. Peut être même que la femme, femelle du mammifère humain, n'était après tout pas fabriquée comme lui? Cela expliquerait beaucoup de choses certainement...

Alors il se contentait de dire qu'il aimait les femmes aux cheveux courts, leur allure, leur détermination, leur envie de se départir de l'image conventionnelle de la femme. Et voilà!

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Intérieur queer

30 Juillet 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Lois Mcleod

Lois Mcleod

L'autre jour, alors que je discutais avec une amie à la terrasse de notre café favori, je ne me souviens plus du sujet principal de la discussion mais toujours est-il qu'à un moment j'ai voulu la définir, comme une personne, non-binaire, genderfluid, bref en un mot "queer". Hélas Je me suis heurté à une réplique un peu cinglante du genre:

" Ah j'en ai rien à faire moi de toute cette grammaire là! Je ne veux pas entrer là dedans. Pour moi si tu as des couilles tu es un garçon et si tu as une chatte tu es une fille. Point!"  

A voir ma mine défaite je suppose qu'elle a du se dire qu'elle avait été un peu trop radicale, bien que son discours soit frappé au coin du bon sens...

" Oui bon, tu vas dire que je suis un peu réac, mais regarde, les individus sont les premiers à refuser les catégories, à ne pas vouloir être mis dans des cases et à la première occasion il en créer de nouvelles et classe les gens. A la moindre "anomalie" on en invente une nouvelle... Moi je suis physiologiquement une nana, avec des seins, oui bon ça va te marre pas, avec une chatte et c'est pas parce que j'aime bien m'habiller comme s'habillent couramment les mecs ou me couper les cheveux à ras, que je dois m'inventer une catégorie particulière?"

Je tentais malgré tout de plaider en affirmant que tout le monde n'avait pas sa force de caractère et que souvent les gens ont besoin, pour se rassurer, de nommer les choses ou de se reconnaître les uns les autres. Mais là encore la riposte fut teintée d'évidence...

"D'accord! Ils ont besoin de se rassurer, de se reconnaitre... malheureusement ils finissent par devenir sectaires, à s'enfermer dans leur case, à se plaindre des autres ou à dénigrer celleux qui ne sont pas dans leurs rangs. Ne me dis pas que c'est faux, tu le sais très bien!"

Alors bien sûr, cette discussion aurait pu être sans fin. J'aurais pu dire que c'est parce que les autres les dénigrent et souvent violemment, qu'ils se replient sur eux mêmes ou se "méfient" des autres. Pourtant, à la fin, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que bien des choses seraient plus simples si tous les "queer" étaient aussi à l'aise avec leur différence que mon amie...

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Militante

29 Juillet 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Filipa Ribeiro

Filipa Ribeiro

Difficile de croire aujourd'hui qu'il n'y a pas un brin de dissidence, une once de provocation, un soupçon de résistance dans l'esprit de chaque femme aux cheveux courts. La pression semble devenue si forte qu'on en aurait presque de la nostalgie en songeant à la relative liberté des années 70 et 80. Mais le patriarcat, un peu déboulonné à cette période, a bien vite retrouvé sa virulence, s'est renforcé du soutien de bonnes âmes qui avaient été elles aussi décontenancées par ce vent d'indépendance, mettant ainsi à jour cette bizarrerie, ce "comportement contre nature" de femmes dénigrant la volonté d'autres femmes qui luttent pour au moins l'égalité. Etrange non?

Alors du coup, on voit volontiers à travers ces coupes "un peu courtes" un signe de rébellion pacifique, une volonté discrète de s'extraire du cadre, une façon d'affirmer "je ne suis pas celle que vous croyez"... A bien y regarder, c'est souvent par la coupe de cheveux que s'exprime cette façon de mettre les points sur les i, histoire de marquer les esprits, à la manière de Sinead O'Connor qui, pour répondre à la demande de sa maison de disque qui la voulait plus "sexy" et plus " girly" s'est pointée le lendemain les cheveux complètement tondus, ce qui en fit une véritable icône d'ailleurs.

Qu'importe, pour moi toutes les femmes aux cheveux courts sont des militantes, qui œuvrent comme le colibri de la fable, en faisant chacune "leur part" pour ne plus être considérées différemment des autres humains. Amen

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Des mots sur le cœur

25 Juillet 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Quartier Libre

Des mots sur le cœur

Je n'ai jamais aimé faire partie d'un groupe, quel qu'il soit. Il faut dire que je ne suis jamais définie à travers ma sexualité, mon genre ou encore le fait d'être sportive. J'aime m'entourer de gens différents. De toutes les ethnies, les religions, les croyances... Je me suis toujours dit que si je faisais partie d'un groupe quelconque je rentrerais dans des cases. Je viendrais à me définir par un trait de caractère alors que je suis un tout. Alors, m'engager dans une communauté ne m'a jamais vraiment enchantée.

Puis un soir, dans la confusion, sans conviction je me suis retrouvée dans ce bar, avec cette soirée des femmes aux cheveux courts. Je me suis assise et j'ai observé. Je n'ai participé à aucune conversation, je me suis installée calmement et j'ai regardé tout ce qui m'entourait. Et je me suis rendue compte que j'étais entourée de Femmes Badass! Toutes plus courageuses les unes que les autres, toutes différentes, toutes belles, qui s'assument! J'étais fascinée et je me sentais tellement petite et insignifiante à côté de toutes ces femmes. Elles rigolaient et s'enlaçaient. Et moi, je voulais faire partie de leur Team. Je voulais en être. Etre courageuse et assumée.

Je suis partie de cette soirée en espérant un jour les retrouver.

Quelque jours après cette soirée, quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai retrouvé mon portrait sur la page Facebook de cette Team. Je n'aime pas être prise en photo à mon insu, d'autant plus si on poste la photo sans mon accord. Mais là, là je me suis sentie badass parce que cette Team m'avait remarquée alors que j'avais eu l'impression d'avoir été insignifiante à côté d'elles toutes.

Je ne vais pas vous mentir, le jour où le grand créateur (celui du blog) m'a contactée et m'a proposée d'aller boire un verre, je me suis dit "c'est quoi ce délire bordel?!". Je me suis tout de même déplacée, par acquis de conscience.

Je crois bien que sur toutes ces dernières années, il a été une de mes plus belles rencontres. Je n'étais pas au mieux. Et ils m'ont intégré dans leur Team.

J'ai appris grâce à eux qu'une communauté ne se résumait pas à un trait de caractère et que dans un même groupe il y a un nombre incalculable de personnes plus différentes et fabuleuses les unes que les autres. Le créateur a réussi à me faire voir les choses d'un autre angle et me faire sentir bien. J'ai commencé à me sentir privilégiée. J'ai repris confiance en moi. J'ai réussi à me sentir unique et badass avec toutes ces femmes. Elles m'inspirent. Et les voir s'assumer, s'aimer les unes les autres et elles-mêmes, se soutenir, se sourire... Ça me donne la force et le courage de dire et de faire des choses dont je ne me préoccupais pas avant...

Cette année est une bonne année. Je rencontre des gens qui m'inspirent, qui me font rendre compte que le combat ne se fait pas dans son coin mais ensemble. Qu'il ne se fait pas dans l'ombre mais dans la lumière.

Cette année, j'ai fait la Pride. Pendant, longtemps je ne me suis pas senti concernée puis j'y suis allée. J'ai pleuré. De fierté. D'émotion. J'ai été émue de voir tous ces gens plus différents les uns que les autres. Ces gens qui marchaient ensembles avec fierté.

Maintenant, je suis fière de faire partie de ce groupe.

Alors, je veux remercier ces gens qui sont entrés dans ma vie, qui ont tout chamboulés, qui ont remis beaucoup de choses en question. Grâce à eux, j'ai pu voir que faire parti d'un groupe te permet de te sentir unique et peut te redonner confiance en toi.

Merci de m'apprendre à me remettre en question, d'apprendre de vous et de me redonner la confiance en moi que je perds parfois dans un moment de faiblesse.

 

Texte: Delphine D.

Photos: Laïla Brisset

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LFACC: Members only

24 Juillet 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Jonathan Valerius

Photo: Jonathan Valerius

Il y a quelques jours, un commentaire à la suite d'un article sur la page Facebook du blog, demandait ce qu'il fallait faire pour "être une femme aux cheveux courts". Au début j'ai souri, j'ai même cru à une plaisanterie. La réponse la plus stupide que j'aurais pu faire aurait été : "ben il faut te couper les cheveux chérie, c'est pas plus compliqué que ça!" Mais bien sur, cela aurait été une erreur de m'en tenir au premier degré. La vraie question était: "que dois-je faire pour faire partie de votre bande, pour, peut être, apparaitre sur vos pages..."

Je suis alors allé visiter le compte FB d'Olivia, mon interlocutrice. Les photos que l'on poste de soi sont souvent très révélatrices. Sur Facebook ou sur Instagram, avec un peu d'attention et d'empathie on parvient à tracer un portrait, on découvre des états d'âme et l'on se fait une idée du caractère de la personne qui s'affiche. Olivia semble être une femme de talent, qui s'exprime par la photographie et l'écriture. Une femme courageuse aussi, qui ne se plaint pas et parvient à trouver dans les détours de la vie de quoi s'émerveiller. Une femme bien entourée, de famille et d'ami.e.s et peut être aussi une femme qui lutte ou a lutté pour combattre la maladie. Une ou deux photos, prises par d'autres, montrent un crâne nu... Mais jamais aucune allusion n'est faite dans les commentaires, alors peut être que je me trompe. Enfin ce n'est pas vraiment le sujet...

Le sujet est: Comment être une Femme Aux Cheveux Courts? Et elle mérite d'être posée cette question! Bien sûr il faut avoir les cheveux coupés, d'une manière ou d'une autre, laissés à leur plus simple expression après le passage de la tondeuse, ou élégamment taillés dans toutes les formes possibles au dessus des épaules. Et je pourrais ajouter, volontairement, sans contrainte. C'est peut être sur cela qu'on pourrait m'opposer le cas de la maladie? Mais en fait non, parce que celles que je connais ne s'en laissent pas imposer et si le traitement de la maladie a pour effet secondaire la perte de leurs cheveux, elles décident, avant que cela n'arrive, de tout raser. Certaines même, ayant vaincu le mal, persistent à garder leur tête tondue, comme un bras d'honneur à leurs souffrances passées.

Alors être une Femme Aux Cheveux Courts ce n'est pas seulement avoir les cheveux courts bien sûr, c'est surtout un état d'esprit, la force d'accepter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être, comme disait Marc Aurèle, l'envie, le besoin d'être authentique, sans artifice et sans fard, la fierté d'être soi-même et de ne pas s'en laisser conter.

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Texture

19 Juillet 2019 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Clara S. par ©jeaneg

Clara S. par ©jeaneg

Si l'on ne fait pas attention aux détails, nous échappent mille nuances, d'ombres et de lumières, de demi-teintes et de tonalités qui apparaissent parfois dans une coupe de cheveux, lorsque le contraste est exploité à son excès, où l'ultra court côtoie la chevelure lourde et lisse et que les reflets de brillance illuminent la matière...

Il y a pourtant dans la mise en évidence de cette texture si particulière, un art qui semble de la sculpture, un travail d'orfèvre où le maillet et les gouges sont remplacés par le peigne et la tondeuse. Ainsi on peut imaginer ce qu'il faut de passion et de sens artistique pour façonner une coupe de cheveux, courte, dans sa longueur, son épaisseur, sa texture, pour que l'ensemble soit harmonieux, ou audacieux, pour dégrader, minutieusement et obtenir un fondu semblable à l'estompage d'un dessinateur et son fusain. La technique seule ne suffit pas, il faut l'œil et le toucher, le goût, presque l'excitation de créer. Et puis l'exercice achevé, la chevelure s'anime, à chaque mouvement de tête quelque soit le sens, l'ensemble reste harmonieux, précis, seules les ombres et les reflets sont différents... jusqu'à la prochaine coupe.

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