Publié le 12 Avril 2017

Ô rage, ô désespoir

Elle gronde, elle tempête, elle s'agace et s'énerve. Elle en veut à ce maudit coiffeur, mais en même temps elle se reproche tout à elle même. Elle est sortie du salon toute à l'heure avec une envie de pleurer tout juste surmontée. 

C'est sa faute après tout. Ce coiffeur, il lui plaisait bien depuis le début. Un coiffeur pour homme, un type qui ne fait pas de chichis. Elle aime les cheveux courts et les cheveux courts il sait bien les tailler. Alors la confiance s'est installée, au point d'y aller les yeux fermés, au point de s'installer sur le fauteuil et de lâcher un " vas-y coupe tout " largement irréfléchi. Ce type là ne fait pas dans les nuances. Si on lui dit "coupe tout" il coupe tout, même la jolie houppe qui donnait ce style si particulier à sa coupe très courte.

Il taille, il tond, il rase. Le dégradé n'a jamais été si précis, si bien fondu. La peau est mise à blanc par le rasoir, les tempes et la nuque sont rasées comme elle n'avait jamais osé le faire auparavant. C'en est presque excitant... 

Mais hélas, dans cet élan de savoir faire, entre les doigts du magicien, relevés par le peigne, tranchés par les ciseaux, encore et encore, les mèches du dessus n'ont pas résisté à l'enthousiasme du coiffeur qui avait pourtant carte blanche. Et soudain, reposant le regard sur son image, à travers le miroir, elle sent son coeur lâcher, ne retrouve plus la houppette familière, juste quelques centimètres bien trop masculins pour elle. Quel désarrois, quel désespoir. Ce centimètre manquant lui semble la défigurer.

Elle a pourtant l'habitude. Tout le monde la connait avec ses cheveux très courts. Les plus intimes feront peut être une remarque, à propos de cette nuque bien trop blanche, mais ne remarqueront certainement pas cette mèche en moins, dessus. Et puis n'était-ce pas elle qui se moquait, gentiment, de celle qui pleurnichaient de leur coupe au carré où il manquait un demi centimètre, de celles qui se voyaient "presque rasées" quand leur chevelure ne masquait plus leurs omoplates. Les cheveux ont ce pouvoir fabuleux de pousser, d'environ un centimètre par mois et de rendre éphémère les coupes les plus courtes comme les autres...

Mais il faut avoir et aimer ses cheveux courts pour comprendre à quel point c'est important, la différence que peut faire, ne serait-ce que quelques millimètres dans un style et comme il est facile de basculer de l'agréable sentiment de se sentir femme aux cheveux très courts vers celui peut être moins plaisant, d'être femme avec une coupe d'homme.

Photos: Blind Barber 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Avril 2017

Androgyne... ou pas

Il y a tant de force dans les mots, que je suis toujours agacé lorsqu'ils sont mal utilisés. Par les médias souvent et puis par les gens ensuite, forcément... Souvent, très souvent, trop souvent il suffit qu'une jeune femme ait les cheveux courts pour qu'on qualifie son style d'androgyne, sa coupe de garçonne, son allure d'ambigüe, comme si les cheveux très courts lui faisaient traverser le miroir pour lui conférer un autre genre.

C'est sûrement parce que "les gens" ne cherchent pas plus loin que ce qu'on leur met sous le nez, mais en même temps c'est la preuve que les cheveux ont toujours un rôle primordial dans l'image qu'ils donnent de nous...

Mais l'androgyne, lui, elle, le/la vrai(e), a-t-il/elle besoin de cela? 

 

Androgyne... ou pas

C'est tout le paradoxe de ce personnage, fragile et supérieur. Qu'il se coupe les cheveux très courts à la manière d'un garçon fera rejaillir une féminité délicate et indiscutable. Qu'il garde ses cheveux longs et c'est le masculin en lui que l'on remarquera. Etonnant, fascinant...

Un entre-deux, un compromis? Il n'y en a pas bien sûr. La frange droite d'une coupe au carré lui donne cet air de fille un peu garçonne ou de jeune homme efféminé. C'est un atout, un pouvoir ou une malédiction. C'est ainsi. 

Mais ne croyez pas les magazines qui vous baptisent une jeune femme "androgyne" parce qu'elle coupe ses cheveux un peu courts. L'androgyne est ailleurs.

Modèle: Agnès Sokolowska

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 8 Avril 2017

La fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

C'est une femme discrète, à l'allure souple et sportive. Jean, chemise au col boutonné, un bijou  ancien en pendentif, blouson de cuir... Fanny ne joue pas l'ambiguë. Elle cultive sa propre féminité. Une féminité qui ne souffre pas de sa nuque rasée ni de ses oreilles bien dégagées, qui, au contraire, stimulent efficacement son éternelle jeunesse.

La fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

C'était une petite fille aux cheveux longs, toujours bien coiffés, attachés en queue de cheval. Et puis un jour tout le monde l'a découverte encore plus jolie avec les cheveux libres, flottant sur les épaules. Une coupe au carré et puis... et puis. Petit à petit, irrésistiblement, sa jolie tête au carré se raccourci, "s'assymétrise", se taille et se tranche en lignes droites et obliques, la frange toujours très nette, la nuque finement tondue. Mais aujourd'hui les options du carré étant épuisées, la voici enfin les oreilles dégagées, toujours attentive au travail bien fait. Elle sait ce qu'un millimètre en plus ou en moins peut faire comme différence.

Les ciseaux et la tondeuse c'est son quotidien. Elle est coiffeuse elle aussi, mais ses client(e)s ont quatre pattes et une confiance aveugle en son talent à les rendre belles et beaux.

Et quand elle ne travaille pas dans son salon, Fanny jongle, saute, roule, patine et se bagarre, en résumé...

 

La fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

N'allez pas vous fier à sa silhouette fine et son petit gabarit. Fanny, lorsqu'elle ne travaille pas, use une autre partie de son temps en musculation, jonglage et acrobatie à l'école du cirque et à présent roller derby. PoppyWhite ( c'est son pseudo dans l'équipe ) ne donne pas sa part au chien dans cette course par équipe, en roller, où il ne faut pas avoir froid aux yeux.

Mais de ça, je vous reparle bientôt, avec Fanny et son équipe du Derby Club le Crès Lattes Montpellier...

Surprenante Fanny aux cheveux courts, depuis presque toujours, qui encore chaque mois a envie de les couper plus courts, qui parle avec passion de son travail, de ses loisirs, de ses envies, avec la force et l'enthousiasme d'une fille de 20 ans...

 

La fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

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Son salon: "Animachic" 24 rue Vincent Euvrard à Montpellier 04.67.27.77.77

Son club de derby: Derby Club Le Crès Lattes Montpellier ( DCCLM )

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Rédigé par Jeaneg

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Publié le 5 Avril 2017

Violet book

Violet book

C'est sans doute un tempérament foncièrement positif qui aujourd'hui me fait toujours voir dans la démarche d'une jeune femme aux cheveux "rasés" une expression d'enthousiasme et de conquête. Le fait est que toutes celles que je connais, ou que je côtoie, sont toutes pleines d'assurance et de détermination, y compris celles qui se disaient auparavant timides...

Bien sûr, les choses ne sont jamais aussi simples et les raisons qui poussent une femme à se priver de ce que la société dans sa plus grande majorité considère encore comme l'atout majeur de la féminité sont très diverses.

De même, il serait idiot de considérer que toutes les femmes aux cheveux tondus sont identiques dans leur uniformité.

Photo: Ricardo Simal

Photo: Ricardo Simal

Dans le monde de la mode par exemple... Depuis les 90's et l'extraordinaire Eve Salvail avec son dragon tatoué sur le crâne, défilant pour Jean Paul Gaultier, les modèles tondues, petit à petit, se sont popularisées. A tel point qu'aujourd'hui l'idée d'une sorte de challenge magique apparait, qui consisterait à passer sous la tondeuse pour booster une carrière plutôt banale. La demande existe, c'est vrai... Mais dans la même logique des cheveux longs qui vous tiennent au chaud au sein du troupeau, les cheveux courts vous propulsent dans la lumière en donnant une image excentrique de votre personnalité. La réalité, c'est que seule la personnalité fera la différence. Même là, on ne peut pas tricher.

Et les autres? Celles qui aiment ça, celles qui en le faisant assouvissent une envie de longue date, celles qui le font parce qu'il faut affronter la vie et que plutôt qu'attendre d'y être contrainte par la maladie le font comme on revêt une armure pour partir au combat, celle qui le font petit à petit, toujours un peu plus pour se rapprocher de cette image du genre qu'ils n'ont pas sur leurs papiers, celles qui le font pour chasser de leur entourage les "kékés" hâbleurs et prétentieux pour n'avoir affaire qu'à des hommes plus matures, intelligents et large d'esprit, celles qui veulent se montrer aux autres non plus comme des "femelles" bonnes à "chasser" mais au contraire comme des femmes libres de leurs choix, tous leurs choix, celles qui ne craignent rien et sont assez sûres de leur féminité pour la dévoiler totalement...

Diverses et variées je vous dis. Tout est question de personnalité .

Violet

Violet

Modèle: @uvioletlight

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 3 Avril 2017

Madison Paige & Terra Juana

Madison Paige & Terra Juana

C'est un peu le sujet de discussion qui reste éternel et souvent sans vraie conclusion, genre: "Qui de la poule ou de l'oeuf...". Cela ré-apparait, de temps en temps dans les conversations et je me rend bien compte qu'il n'y a alors pas d'autre issue que de reprendre mon bâton de pèlerin pour expliquer les choses...

Les gens confondent tout ma pauv'dame! Et il suffit parfois de rien, pour ruiner une envie. Celui-ci achète un petit 4X4, un SUV comme on dit et à peine a-t-il fait quelques kilomètres avec, il entend une conversation de vestiaire où il est dit que c'est une voiture "pour femme". Piqué dans sa virilité, le macho mettra 3 jours à revendre cette bagnole qui mettait en doute son statut de mâle... C'est bête hein?

C'est un peu la même stupidité qui prévaut lorsque quelqu'un vous dit que les cheveux courts " ça fait lesbienne". D'abord il n'y a pas de statistiques là dessus, mais je suis persuadé qu'il y a plus de lesbiennes avec les cheveux longs qu'il n'y en a avec les cheveux courts. Deuxièmement, cela voudrait dire que les femmes aux cheveux longs, toutes parfaitement hétérosexuelles donc, cultiveraient cette apparence juste pour rester "attractives" aux yeux des hommes. Bon enfin il y aurait tout un tas de conséquences ridicules si cette affirmation était vraie.

Cependant, à force de laisser le terrain aux lesbiennes aux cheveux courts, on finit par "nourrir" le stéréotype et le rendre presque crédible. Alors qu'il suffirait de ne pas en tenir compte pour le faire disparaitre. 

Et puis franchement et surtout, rien ne me rend plus triste que d'entendre quelqu'un qui se prive d'une envie et d'un désir, de peur qu'on la soupçonne d'homosexualité, comme si c'était la dernière des malédictions... Dieu merci, je suis rassuré par celles qui ont assez de caractère pour se moquer de l'opinion des autres, s'amuser des regards noirs des passants, qui s'habillent au rayon homme et vont se faire tailler les cheveux chez le barbier. Et peu importe qu'elles soient à voile ou à vapeur... ou les deux mon capitaine.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 1 Avril 2017

L'humeur de Marie #4

Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
Le dos droit, elle déambule, morose à travers les rues sombres aux pavés humides, les yeux bas et cernés. Des gens se retournent, interloqués. Est-ce une femme ? Ses cheveux rasés laissent supposer le contraire. Est-ce un homme ? Sa démarche le dément. Son air effronté et ses sourcils froncés forment une étrange composition. Les désirs font désordre. Sous ce calme dérangeant transparait une vérité tout autre. Le regard perdu, elle semble vouloir retrouver quelque chose. Un souvenir, une image enfouie au plus profond de son être. Le vent agite les mèches de ses cheveux, mais son visage reste imperturbable.
Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
Une cigarette vissée au coin des lèvres, les mains dans les poches de son blouson en cuir brun, elle avance. Les passants errent, la dévisagent : une larme perle au coin de son œil, malgré tout. La mâchoire crispée, elle tente de la retenir, en vain : elle s'en va tomber au sol. Une faille dans son armure. Les bourrasques du vent s'intensifient, le bruit l'empêche presque de penser : elle n'entend plus Jeanne Added dans ses oreilles. '' Look at them '' ne résonne plus.
Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
La pluie se met à tomber, et ruisselle sur sa nuque dégagée : ses cheveux s'abaissent sur son front, résignés face à ce vieux syndrome de l'impuissance, un combat perdu d'avance.
Elle s'arrête et lève les yeux en direction de ce bâtiment étrange : rectangulaire, avec des fenêtres en forme d'alvéoles. Les marches autrefois immaculées sont maintenant grises, et les portes vitrées sont closes. Personne. Alors elle reviendra, encore. Dans un soupir, elle reprend sa route.
Le temps passait et elle, elle s'oubliait.

 

Texte et Photo: Marie C.

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Publié dans #Chronique de Marie

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Publié le 31 Mars 2017

Photo: Ryan Michael Kelly

Photo: Ryan Michael Kelly

Rien n'est jamais facile et trouver en toutes choses le juste milieu ne l'est pas davantage...

C'est amusant ( enfin jusqu'à un certain point... ) d'entendre les remarques " affectueuses" que prodiguent l'entourage lorsque vous rentrez, les cheveux fraîchement coupés et cette fois un peu plus court que d'habitude. Amusant parce qu'à force "on" a finit pas s'accoutumer à vos cheveux courts, mais que malgré tout, si cette coupe diffère de quelques millimètres, "on" vous fait remarquer tout de même que c'est "bien trop court" cette fois. Comme si ce genre de constat pouvait avoir une influence sur votre désire et votre envie, à vous, d'avoir les cheveux courts.

Photo: Monster Management

Photo: Monster Management

Néanmoins, passer de l'extrême au "raisonnable" n'est pas si aisé quand on a pris goût à cette tête nue et légère, parce qu'au bout de quelques semaines on peut rapidement se retrouver avec une tête de Kiki. Alors il faut bien retrouver le coiffeur et somme toute faire une coupe qui, au final, sera toujours trop longue pour vous... et ne contentera jamais l'affectueux entourage qui, cette fois, s'étonnera de vous voir avec les cheveux plus longs.

Bref!

Oubliez les regrets de maman et de mamie, les reproches de papa et de papy ( ou inversement ), cette femme aux cheveux courts que vous êtes ne peut plus résoudre la quadrature du cercle et contenter les opinions. La seule qui compte est dorénavant la votre.

Modèle: Cléo Cwiek

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Mars 2017

Badaaaaaaaass - Un portrait de Lucile

Les femmes de passion ont toutes une place dans mon coeur. Lucile est l'une d'entre elles et je suis bien heureux de l'avoir rencontrée.

L'histoire est un peu la même pour beaucoup. Une enfance de "garçon manqué", du sport, des genoux écorchés. Déjà petite, Lucile voulait qu'on lui coupe les cheveux au bol comme son frère... Et puis très tôt, trop tôt, le poids des responsabilités, pour suppléer l'absence du père. Le sport avant tout, comme échappatoire. Le foot et ça tombe bien, un club de filles se trouve pas loin.

Lucile est une femme de passion, libre, indépendante. Les disciplines du triathlon ont façonné son corps, la moto, les voyages, son métier qu'on ne peut faire que par passion. Tout ce qu'elle entreprend, elle le fait sans compter.

Il y a 8 mois, lassée de sa chevelure indomptable, elle décide de les couper, radicalement. Elle montre une photo de Jeanne Added à la coiffeuse, elle en est fan. Depuis, inutile de dire à quel point elle aime ça...

 

Badaaaaaaaass - Un portrait de Lucile

Obligatoirement, son séjour à Montpellier devait passer par le Ksalon et la rencontre avec Régine!

Badaaaaaaaass - Un portrait de LucileBadaaaaaaaass - Un portrait de Lucile
Badaaaaaaaass - Un portrait de LucileBadaaaaaaaass - Un portrait de Lucile

Un rafraîchissement, juste le plaisir de retrouver le contact un peu râpeux des cheveux rasés sur la nuque, "blanchir" un peu les tempes et fondre un dégradé dans ses cheveux d'ocre. Comme toujours Régine a su faire et Lucile s'en est sentie requinquée.

Lucille est repartie vers la Picardie, là bas, dans le Noooord... là où les gens savent avoir de la chaleur dans le coeur. Renfiler sa blouse d'infirmière, reprendre ses footing quotidiens, renouer avec les concerts de Jeanne Added qu'elle ne manque ( presque ) jamais, retrouver ses amis, ses amours, ses emmerdes et Yassine, son coiffeur rebeu... La voilà à jamais parmi les Femmes aux cheveux courts. Badass forever!

 

Badaaaaaaaass - Un portrait de Lucile

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Publié le 27 Mars 2017

Cette femme là

Il a parfois du mal à se comprendre lui même, mais il est prisonnier, ligoté comme l'insecte pris dans une toile invisible.

Le premier regard a été fatal. Elle était là, dans le hall, assise avec élégance dans un fauteuil club. Bien sûr il l'a remarquée tout de suite, sa robe de coton blanc, ses jambes bronzées, sa chevelure brune et son teint hâlé. Puis il est revenu à ses préoccupations, a demandé sa clé, s'apprêtait à monter dans les étages.

Elle avait une voix un peu rauque, pas désagréable, profonde. Ils s'étaient retrouvés au bar, le soir, comme deux naufragés dans cette ville étrangère. Entre compatriotes, il faut bien s'aider...

Ce n'est que là qu'il fut saisi par l'androgynie de ses traits et de son allure. Sous la frange de cheveux châtains il découvrait un regard d'azur aux sourcils épais, des pommettes hautes et une bouche aux lèvres ourlées qui lui rappelaient ces visages d'éphèbes grecs taillés dans le marbre... Elle passait volontiers la main sur sa nuque où les cheveux étaient tondus, courts comme ceux d'un garçon, comme le tour de ses oreilles et les pattes carrées que la masse du dessus recouvrait par moment... Voilà, il était pris, attrapés par cette fascination qu'il avait de ces femmes capables de conjuguer leur féminité sans jamais chasser le masculin en elles.

Dès lors il n'avait qu'une envie, la séduire et lui plaire, dans la crainte qu'elle ignore ses sentiments et cela le rendait gauche et maladroit...

Le lendemain elle est partie, tôt, lui laissant son parfum dont les draps gardaient la trace...

Photo: Raymond Depardon

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 26 Mars 2017

Elle était le seul garçon que je connaissais. Je ne sais pas si c'est son allure qui m'a attaché à elle, ou sa façon de gouailler comme un beau voyou, mais si je ne l'avais jamais été, je crois que j'aurais pu être amoureux d'elle et cela me troublait.

Je n'aimais rien tant que sa mine boudeuse, le cou engoncé dans un col de fourrure qui masquait sa nuque toujours rasée et sa blondeur n'adoucissait pas son regard froncé qui voulait transpercer celui des autres.

Trop de fierté, trop de craintes, elle se protégeait sans cesse et cela lui donnait un charme terrible et provoquant qui obligeait constamment à marcher sur le fil d'un rasoir fatal.

Je crois que je l'aimais comme un garçon, juste parce que je la savais fille. Cela effaçait toute la vulgarité du masculin dont elle se parait, le regard hautain, la cigarette aux lèvres, la bière à la main. Cette illusion ne parvenait pas à me tromper. Au contraire, elle me fascinait, m'attirait comme un aimant. Elle donnait l'illusion de n'avoir besoin de personne et moi, si je m'éloignais de lui, mon coeur me faisait mal.

Photo: Txema Yeste

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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