Publié le 4 Septembre 2017

Photo: ©jeaneg

Photo: ©jeaneg

Ça m'plairait assez qu'on arrête un jour de catégoriser toutes les choses qui n'ont pas besoin de l'être... 

Par exemple... une coupe de cheveux. Aujourd'hui encore, selon que vous êtes homme ou femme, mais avec les cheveux courts l'un et l'autre, "on" va vous faire une coupe d'homme ou une coupe de femme. Si si, vous savez, le genre on vous laisse les pattes un peu plus longues, en pointe, la nuque un peu plus épaisse et toujours un peu longue, histoire de "féminiser" des cheveux que le coiffeur ou plus souvent la coiffeuse jugera sinon "trop courts".

Mais bon sang d'bonsoir! De quoi j'me mêle? Est-ce qu'on ne pourrait pas envisager seulement deux options: court ou long ( y compris pour des coiffures clairement identifiées, comme le bol ou le carré par exemple ). Et du coup naîtraient des salons qui seraient dédiés aux cheveux courts et d'autres aux cheveux longs... Dans les salons "cheveux courts" le choix couvrirait l'ensemble de ce qui aujourd'hui est proposé aux hommes, rasés ou pas. Et les professionnel(le)s seraient juste des spécialistes, des experts, des Mozart de la tondeuse et des ciseaux...

Mais je délire, je divague, je m'égare. En même temps, cela réglerait définitivement le problème des tarifs. Quels qu'ils soient, hommes et femmes seraient assujettis aux mêmes, par la force des choses... Enfin bref! Quelqu'un sans doute me dira que cela existe déjà, que les femmes aux cheveux "très courts" ne deviennent pas automatiquement des hommes en sortant de chez le coiffeur et qu'elles paient le même prix que leur petit ami lorsqu'elles se font un "skinfade" bien fondu... Bon. Ok... Ok!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 1 Septembre 2017

Photo: Iris Erlings

Photo: Iris Erlings

Pour l'occasion, elle avait mis cette petite robe toute simple, la seule qu'elle ait jamais envisagé de porter et puis elle avait maquillé son regard et ses lèvres. Cela lui donnait une allure inhabituelle, élégante et adoucie, laissant voir une féminité que la plupart ne soupçonnait pas.

Elle avait patienté, sagement, concentrée sur le travail de l'artisan, sans s'occuper du regard des autres, puis son tour venu, presque timidement elle s'était installée dans le fauteuil large et confortable. A cet instant, le plus naturellement du monde, elle croisa les jambes avec élégance, les bras nus posées sur les accoudoirs de faïence, elle avait une allure de princesse, un peu altière, installée sur un trône. 

Elle n'a rien perdu de cette grâce au moment où on l'enveloppa de la camisole rayée, bordant son col de papier crépon. Elle se scrutait dans le reflet du miroir, la mine grave, le visage masqué par ses cheveux sombres. Pour répondre à l'interrogation du coiffeur, elle lui montra une photo capturée sur son portable. L'homme fronça gentiment les sourcils, insista pour entendre sa voix et s'assurer qu'elle était fermement décidée. 

Les choses alors sont allées assez vite. L'homme avait les gestes précis, techniques et elle trouvait cela apaisant. Malgré tout elle sentait son coeur battre et s'emballer un peu plus chaque fois qu'une mèche, plus lourde que la précédente, venait mourir au creux que le nylon formait sur ses jambes croisées. Les ciseaux tranchants les cheveux faisaient un bruit déchirant, un lent crépitement et l'instant d'après le peigne semblait glisser plus aisément dans la chevelure. Enfin le silence se fit. Ses yeux pétillaient de malice en voyant la petite tête déjà dégagée de la masse sombre. Mais la dramaturgie montait d'un cran. Cette fois l'atmosphère se remplie toute entière du bourdonnement de la tondeuse qui rugit comme un petit monstre affamé. Elle baisse la tête, sans soumission, la relève, la penche, à droite, à gauche à chaque vibration qui effleure son crâne, elle se sent un peu plus légère, un peu plus libre. Malgré tout l'émotion la submerge lorsque l'appareil impitoyable ratiboise son front et enlève tout marque d'une quelconque coquetterie. La voilà tondue, rasée, ne supportant plus qu'à peine un demi centimètre de cheveux sur le sommet de son crâne et son visage explose dans le reflet du miroir où elle ne voit plus désormais que ses yeux immenses, son front large, ses pommettes saillantes, son nez fin aux narines qui palpitent. Ses yeux brillent et elle sourit irrésistiblement...

L'homme à présent fignole, harmonise, ne voulant pas laisser un seul cheveux dépasser, comme un jardinier amoureux sur son gazon de luxe...

Enfin le voile de nylon s'efface et lui redonne son corps d'où la féminité exulte dans la petite robe toute simple. Elle s'approche du miroir, époussette son visage, passe une main étonnée sur ses cheveux ras. Son visage s'éclaire, comme si elle venait de reconnaitre son amie la plus chère qui lui tendait les bras... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 31 Août 2017

Urgence

Certaines peuvent ne pas comprendre ce qui anime quelques fois les femmes aux cheveux courts. Pourquoi, très souvent, elles ressentent une sorte d'addiction, d'irrépressible besoin de se faire couper les cheveux, le plus régulièrement possible parfois de plus en plus court. Ces choses là sont tellement inexplicables...

Mais il y a pire! Il y a l'urgence...

Lorsque l'échéance approche, lorsque les délais sont atteints et qu'inexorablement les cheveux ont poussés, plus qu'on ne le tolère habituellement. Alors soudain on se rend compte que le coiffeur est en vacances, que l'agenda ne laisse plus de marge et qu'il va falloir, si rien n'est fait, supporter cette tête devenue insupportable.

Alors ressortent les bonnets et les casquettes, les épingles et les chouchous, dérisoires artefacts qui ne résistent pas au passage d'une main sur la nuque qui vient s'agacer dans les quelques millimètres qui font toute la différence. L'état est proche de celui du junkie en manque et les idées les plus radicales s'envisagent...

Jusqu'au soulagement, la délivrance, qui intervient par chance, alors qu'un rendez vous se libère. Enfin la tondeuse élimine ce surplus, cet indécent excès de cheveux qui avait fini par mettre mal à l'aise.

Mais personne ne peut comprendre ça... 

Photo: ©jeaneg

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 29 Août 2017

Jésus Marie Joseph! Comme le temps passe... Nous voilà déjà fin août, à l'heure où naquit, il y a 8 ans déjà, cette idée folle d'écrire un blog pour révéler au mooooooonde entier que les femmes aux cheveux courts, ça compte! Et pas qu'un peu!

Pour dire aussi à quel point je les aime, ces femmes déterminées qui n'ont pas peur de ré-inventer l'image de la féminité, qui ont assez de confiance en elles pour ne pas céder à la volonté de ceux qui voudraient imposer les règles.

Je suis pour les femmes d'action qui ont le sens pratique et ne font pas de concessions. Je suis pour celles qui trouvent dans leur coupe de cheveux un bon moyen de gommer les injustices du genre. Je suis pour celles qui aiment ça, simplement et sans calcul, juste parce qu'elles se reconnaissent enfin et ont l'agréable sentiment de ne pas se mentir. Je suis pour les "tomboys", les "garçons manqués" qui savent découvrir le féminin qui est en elles. Je suis pour les sensuelles, les sophistiquées qui aiment la rigueur et l'intransigeance d'une nuque rasée. Je suis pour les sportives, je suis pour les geeks, les gourmandes et les voyageuses. Je suis pour celles qui s'ébouriffent et celles qui se caressent.

Je suis pour celles qui s'aiment. 

Alors au nom de toutes celles là, je lui souhaite un bon anniversaire à ce fucking blog!

 

Photo: Amandine Gaillard pour Faretra Paris

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 27 Août 2017

Ma Psy rentre de vacances

Bon je l'avoue, l'absence d'une oreille professionnelle et attentive à mes déballages émotionnels commençait à me peser et je n'ai pas caché ma joie à l'annonce du retour de ma psy, partie depuis des semaines dans les bordures mexicaines, sans doute sur les traces de son arrière grand oncle qui à son époque, en bon officier du Kaiser, était venu avec son savoir-faire prussien, botter les fesses d'Emiliano Zapata.

J'étais donc béa et benêt, heureux de sentir le grand appartement revivre un peu au rythme de mes fantasques complices, même si Laora prolongeait encore sa découverte de l'Asie mystérieuse, entre Macao et la baie d'Ha Long, ce qui était pour nous la promesse de chaudes soirées à venir...

Avant toute autre chose ( je crois même qu'elle s'y est arrêtée sur le chemin qui la ramenait de l'aéroport ) Frida était passée chez le coiffeur et c'est la nuque fraiche et bien rasée que je la retrouvais ce matin là. Assise en tailleur dans le canapé, elle avait son laptop sur les genoux et je l'imaginais prête à me faire une séance diapos de ses vacances... ce ne fut pas le cas.

Il s'agissait bien de photo pourtant...

Ma Psy: "Tis moi ce que tu fois zur zette photo darling!"

L'image était de qualité, en noir et blanc et très gros plan. Au premier coup d'oeil je reconnu une nuque bien rasée caressée par une main féminine. Le cou aussi me semblait féminin...

Moi:"Eh bien... je dirais qu'il s'agit d'une bien belle photo... C'est l'Italienne? 

Ma Psy - Nein, mais tis moi blutôt ce que tu fois?

Moi - Une main de femme qui caresse une nuque où les cheveux sont proprement tondus...

Ma Psy - Tu me dézois darling! Je penzais que tu zerais blus attendif à ce chenre d'imache."

J'écarquillais les yeux, piqué au vif dans mon amour propre par cette dernière réplique.

Ma Psy : " Tu n'y es pas tu dout. C'est un pubis himmelkreuz!!

Moi - Nooooooon!... " Je suis resté ainsi, bouche bée et aussi stupide qu'une valise sans poignée. Trompé par le gros plan qui m'avait empêché de situer plus précisément l'anatomie, j'avais confondu - mais est-ce un hasard?- ces deux parties du corps si sensibles et chargées d'érotisme que sont la nuque et le pubis. L'angle de vue, l'étroitesse du cadre, le sillon amorcé par la convergence de l'implantation et que j'avais confondu avec le sillon des cervicales... J'étais bluffé.

Frida se gondolait de rire, satisfaite de son effet et prête à disserter sans fin sur les similitudes entre ces champs que l'on aime bien voir tondus, consacrant ainsi nos retrouvailles.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 23 Août 2017

Vous dire que je l'ai aimée en Impératrice Furiosa dans le dernier Mad Max serait un léger euphémisme. Et croyez moi sur parole, ce n'était pas juste à cause de sa coupe double zéro. D'ailleurs il se trouve que le blond peroxydé et la frange qui lui mange les yeux lui vont tout aussi bien. C'est plutôt le côté "femme d'action" qui m'enthousiasme et là, franchement, je ne suis pas déçu.

Pendant que le Mur de Berlin se casse la gueule, Lorraine Broughton vient chercher des noises au KGB, défaire les embrouilles du MI6 et de la CIA et rouler des pelles à la DGSE. Bon, cherchez pas, le scénario est un peu léger et ce film là n'est pas un film d'espionnage. 

Mais par contre c'est un vrai film de baston, un film d'action dont l'héroïne est une femme, avec tout les atouts d'une bombe atomique et le coup de coude dans les molaires dévastateur.

Ooooh bullshit!

"Pleasure to offer, joy to receive", autrement dit quand on donne, il faut savoir recevoir et la blonde, toute atomique qu'elle soit, se fait pas mal démonter le portrait dans des bagarres où on entendrait presque les os craquer. A ce jeu là, elle sait donner.

Et ça me fait plaisir, à moi, de voir au cinéma des rôles bien trempés tenus par des femmes aussi badass que Charlize Theron

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 21 Août 2017

La vie en vrai

Je n'ai rien à confesser, pas de pêché à avouer, mais je dois vous dire à quel point certaines choses me rendent heureux. A travers ce blog qui est sur le point de fêter son 8ème anniversaire, j'ai rencontré beaucoup beaucoup de femmes aux cheveux courts. Je dis rencontrer parce que je ne peux jamais me satisfaire de ne connaître les gens que virtuellement, par correspondance. Alors, le plus souvent et en tout cas chaque fois que cela est possible, j'aime qu'on se retrouve, devant une tasse de café et qu'on fasse réellement connaissance.

Ce moment là en particulier fait mon bonheur parce que depuis longtemps j'aime bien avoir dans mon environnement des gens beaux et intelligents. Question de karma! Et je soigne le mien en m'éloignant le plus possible des moches et des grincheux. Oui je sais, c'est assez égoïste comme démarche. Je le concède et ne m'en excuse pas.

La vie en vrai

C'est dans cet esprit que j'ai rencontré Amandine dont j'avais tracé le portrait le mois dernier, juste pour le plaisir, pour soigner mon karma et agrandir autour de moi le cercle de mes connaissances, belles et intelligentes... Et puis en faisant cela, oui je sais, ça peut paraître naïf ou prétentieux, mais j'ai le sentiment que nous devenons amis, sans arrière-pensée ni quelconque ambiguïté. Et ça, c'est "priceless" comme dirait mon pote qui travaille dans la publicité.

Ce jour là, une photographe de talent m'accompagnait. Alors ce fut d'une pierre deux coups, comme on dit. La vie " en vrai " c'est toujours mieux...

Photos: Kriss Photography

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 19 Août 2017

Photo: Ashlyn Harris pour Umbro

Photo: Ashlyn Harris pour Umbro

Il fut un temps où l'on pouvait entendre, dans la conversation, parler de coupe de cheveux "masculine" ou "féminine"... Ooooh, j'vous parle de ça... ça remonte à loin hein? D'ailleurs ce temps est révolu...

Noooon, j'déconne! 

Et pourtant on voit bien que des efforts sont produits pour effacer petit à petit cette "catégorisation" des cheveux courts. Parce que finalement qu'est-ce que cela signifie, masculin ou féminin lorsqu'on parle de coupe de cheveux ou de vêtements? Oui bien sûr, c'est mon point de vue, un point de vue d'homme et les spécialistes, ou les femmes diront que, tel quel, les vêtements qui habillent les hommes ou une coupe de cheveux sur une chevelure d'homme sont inadaptés. Il faut les modifier, les adapter. Les adapter... techniquement. Mais pas les "féminiser". Oui je sais... on chipote. Mais le Diable est dans les détails, tout le monde sait cela. Et le Diable c'est cette façon que l'on a encore aujourd'hui de croire que:

1/ une femme  se "masculinise"  en se coupant les cheveux très/trop courts.

2/ que laisser les pattes "en pointe" ou la nuque plus longue est plus "féminin"

J'en connais moi, des femmes aux cheveux courts, qui adorent se faire couper les cheveux comme on coupe les cheveux des hommes, qui aiment aussi mettre du rouge à lèvres et souligner leur regard d'un trait de mascara...

Non parce que, au cas où cela aurait encore échappé à certain(e)s, la féminité n'est pas dans le vêtement ou la coupe de cheveux, c'est un état, un sentiment profond et intrinsèque, une manière d'être et de se comporter. Ma poissonnière de voisine, eut-elle les cheveux trèèèèès longs, une robe à fleur et un maquillage de voiture volée, quand je l'entend parler avec son vocabulaire de charretier ou que je la vois déambuler avec son allure chaloupée de marin d'Amsterdam, eh ben ce n'est pas le mot "féminité" qui me vient spontanément à l'esprit voyez vous?

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 18 Août 2017

La belle androgyne - Un portrait de Marion

Il y a parfois derrière l'androgynie, des drames qui se jouent, à huis-clos, dans la tête. Une lutte étrange entre le masculin et le féminin. Mais souvent l'âge, la maturité apaisent les tourments et sans que la physionomie ne change, l'âme de l'androgyne s'épanouie...

Marion a toujours était un "garçon manqué". Ça vous étonne? Non bien sur! Enfant déjà elle avait l'inévitable coupe au carré des petites filles turbulentes mais avait autant de plaisir à jouer au foot qu'avec ses poupées. 

Et puis la plante a grandie, dans cette terre bordelaise qui sait faire de si belles choses. Adolescente, les cheveux n'étaient guère plus longs mais la coupe " emo" façon Justin B. finalement ça énervait tout le monde et ce fut presque un soulagement général lorsqu'à 16 ans, encouragée par une amie, elle décida enfin de se couper les cheveux... courts.

Mais rapidement, enfin, durant les années qui suivirent, les coiffeurs fréquentés ne parvenaient pas à la satisfaire. Elle avait toujours ce sentiment sournois de "paraître" trop masculine avec ses cheveux chaque fois coupés trop courts. Ce qu'elle voulait, c'était garder cette chevelure folle, ce panache irréductible, ces mèches indomptables et le conjuguer avec un tour d'oreille et une nuque bien nets... Jusqu'au jour où, un ami bienveillant, pour rendre service, de quelques coups de tondeuse rafraîchit sa coupe. Les contours fraichement rasés, Marion se dit que finalement ce n'était peut être pas si compliqué de faire ça soi-même et s'en alla s'acheter une tondeuse. De ce jour, elle ne remit plus les pieds chez un coiffeur... 

Depuis ce jour, avec un peu de cire et quelques pincées de poudre miracle, elle façonne son abondante "tignasse" et donne à sa coiffure l'allure qui lui plait, la rassure, marque sa différence et donne l'avantage, dans ce combat intérieur, à sa part de féminin.

 

Oh bien sûr il y eut quelques ratés, quelques coups de tondeuse malheureux, au début. Mais assez vite, les erreurs se fondaient dans le volume et en peu de temps tout rentrait dans l'ordre. Habilement, de temps en temps, elle désépaissi aux ciseaux le dessus et sans se tromper de sabot, ratiboise sa nuque et le tour des oreilles, le tour est joué!

Ainsi l'androgyne se revendique "femme aux cheveux courts"... Définitivement!

                                                 

La belle androgyne - Un portrait de Marion

Photos: Marion M.

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 16 Août 2017

La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe !

Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !

Texte: Charles Baudelaire  "Les Fleurs du Mal"  (1857) - Les bijoux

Photo: S. Borel

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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