Publié le 11 Février 2020

Erika Sainte dans Les Rivières Pourpres

Erika Sainte dans Les Rivières Pourpres

On va me dire qu'à force de tout voir à travers le prisme des cheveux courts, je fini par prendre mes désirs pour des réalités... et c'est bien possible. Mais après tout, cela vaut peut être la peine de noter, quand on le voit, ce qui va dans notre bon sens à nous. Ainsi, j'ai l'impression, mais peut être  me trompe-je, encore une fois, que les héroïnes sont moins "sexualisées", dans les films, les séries, les illustrations, les jeux vidéos... Les nuances sont subtiles, bien sûr, mais j'ai l'impression qu'on préfère mettre l'accent sur un côté "badass", plutôt que sur le côté "bonasse"

En tout cas moi je veux le croire, même si je sais bien tout au fond de l'intérieur de moi qu'il faudra toujours pour attirer le plus grand nombre, dessiner des femmes aux formes "généreuses" et à la chevelure opulente. Mais c'est un début. Peut être certaines productions ont noté qu'il fallait mettre l'accent sur le fitness, l'allure, l'authenticité et le pragmatisme pour avoir des personnages féminins crédibles.  Hein? Peut être? Enfin j'ai le droit d'y croire...

Les temps changent... Ah non pas tant que ça
Les temps changent... Ah non pas tant que ça

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 3 Février 2020

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Il faut se confronter aux gens de la rue pour se rendre compte à quel point on se met en danger lorsqu'on s'écarte des schémas établis. Parler des femmes aux cheveux courts, pour certain.e.s cela reste une sorte d'abstraction où l'on imagine qu'il est question de féminité - ou pas - alors qu'un enfant de 5 ans comprend que cela n'a rien à voir.

Photo: John Manolakis
Photo: John ManolakisPhoto: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Mais à quoi bon? Tenter de faire comprendre ces choses par les mots semble avoir autant d'effet que de pisser dans une contrebasse pour faire de la musique. Il faut s'en remettre au pouvoir de l'exemple... et encore. Là aussi l'objectivité n'est pas la première vertu de mes contemporain.e.s, puisque même face à la plus féminine des femmes, vêtue d'une robe, chaussée par des talons mais dont la nuque serait rasée et les oreilles dégagées, on trouverait certainement qu'elle a une allure masculine. Comme si depuis toujours et pour toujours, les cheveux courts, comme le bleu étaient associés inéluctablement aux garçons. Certaines d'ailleurs le revendiquent, cherchant à faire une totale abstraction de leur genre, elles vont éviter tous les - faux - critères de la féminité cités plus haut, jetant le rose, les robes, les talons et leurs cheveux aux orties. Cependant tout cela ne reste qu'accessoire. Ne vous y fiez pas.

Photo: John Manolakis

Photo: John Manolakis

Hélas personne ne pourra convaincre tout ces gens restez coincés dans leurs préjugés avec leur formules toutes faites et leurs airs suffisants. Alors, ben faites le et ne vous préoccupez pas de ce que pensent ces gens là, pataugeant heureux dans leur médiocrité.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 9 Janvier 2020

Photo: Stéphane Courtois

Photo: Stéphane Courtois

D'abord il y a les chiens et les loups qu'on ne distingue plus les uns des autres... Puis comme la nuit avance, ce sont les chats qui sont tous gris... même les chattes. Certaines s'en accommodent bien. Enveloppées de pénombre on se moque de les savoir mâle ou femelle...

Certains êtres sont comme ces loups, ces chiens et ces chats gris, bien heureux qu'on ne les discerne pas plus que ça. Elles glissent dans le clair obscur, silhouettes aux cheveux courts, faisant illusion et confusion. Et puis, dans la lumière, le visage aux traits fins, montre un pâle sourire, comme pour se faire pardonner de la révélation, parce que malgré la nuque rasée, on devine bien que l'ange n'est pas un garçon, même si l'on est pas toujours sûr qu'il s'agisse d'une fille. C'est alors qu'on devine que ce sourire n'est pas tant pour s'excuser, mais plutôt pour se moquer de l'idiot confus. Tout ça c'est à cause de la nuit...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 2 Janvier 2020

Photo: © @fyodorlainor

Photo: © @fyodorlainor

Quel meilleur auspice pour prédire une très bonne année à toutes les femmes aux cheveux courts, que l'annonce de l'ouverture mardi prochain à Bordeaux, du premier barbershop mixte aux tarifs non genrés. Une initiative assurément audacieuse, à l'heure où tout est calcul et rentabilité, un pari sur les cheveux courts, quelle que soit la tête qui les porte, où on devine l'envie et la passion. Bravo!

Serait-il possible, à l'aube des années 20, comme il y a 100 ans, d'espérer une décennie de folies, de liberté et d'insouciance, un élan d'indépendance et d'affranchissement où les femmes aux cheveux courts inventent leur propre féminité, en dehors du carcan d'une image fabriquée par et pour un mâle qui aurait oublié d'évoluer...

C'est l'heure des changements et des résolutions, l'heure de se jeter à l'eau, de se laisser emporter par la douce folie de ses envies trop longtemps refoulées.

A Bordeaux, Lucie se lance, avec la force de sa jeunesse, sur l'herbe encore fraîche , à côté du sentier (trop) battu. 

Bonne et Heureuse Année 2020!

Holy Cut Bordeaux, 59 rue du Mirail, 33000 Bordeaux - 05 54 49 55 48

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 30 Décembre 2019

Photo: André le Téméraire

Photo: André le Téméraire

C'est une gymnastique difficile d'entrainer son cerveau à ne pas croire les schémas simples de la binarité. On l'a tellement habitué...

Elle pourrait être un personnage de Camus, de Kerouac ou d'Hemingway. Elle trimballe une forme de virilité que certains garçons n'ont même pas. C'est naturel bien sûr et depuis toujours. Mais auparavant cela ne se voyait pas, presque pas, cela se ressentait peut être mais l'apparence était sauve, la petite fille blonde ne troublait pas les esprits bien pensants. Cela vient avec le temps, les choses s'affirment, les goûts se concrétisent, le caractère s'affranchit et finalement la jeune fille sort du cadre, disparait du schéma et bouleverse les idées confortablement installées dans nos cerveaux.

Photo: André le Téméraire

Petit à petit l'assurance s'installe dans cette forme d'authenticité qu'elle réclamait depuis toujours. Avec ses vêtements rugueux et ses cheveux rasés elle s'éloigne le plus possible de la proie, ce rôle inhérent que les hommes imposent aux femmes... Elle n'est pas de celles-là. Elle, elle est Corto Maltese, Martin Eden ou Robert Jordan... mais n'en est pas moins jeune femme. C'est possible, il suffit de l'admettre et pour la comprendre, la connaitre.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 23 Décembre 2019

Photo: Michelle Raye Drake

Photo: Michelle Raye Drake

Bien sûr, toutes n'ont pas la soif de l'or, de la conquête et du pouvoir. Ce serait même plutôt le contraire, mais il y a dans l'image de ces femmes comme Michelle, une dureté qui n'en est pas une, un visage d'ascète, émacié, un regard sans indulgence, les yeux cernés qui inspirent un monde guerrier, sans repos. 

Elle a cette beauté médiévale, qu'on imagine des chevaliers, incandescents, brûlés par un feu sacré qui les consume de l'intérieur. Rien ne pouvait mieux exacerber cette allure que cette coupe en rond, ce bol à la frange courte qui éclaire le visage, ces oreilles nues alourdies d'anneaux et de boucles et cette nuque rasée jusqu'à l'extrême qui contraste tant avec le savant désordre du reste de la chevelure dont elle semble ne pas se soucier.

Michelle Raye Drake

Conquistadora  dans un monde de conquistadores, sans complaisance, mais pas sans grâce, chevalier au genre incertain, plein de peurs et de reproches, en quête d'elle même, dépouillée d'artifices et de mensonges, âme brute, à peine taillée et pourtant éclatante comme un diamant.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 17 Décembre 2019

Photo: Jackie Vénérosy

Photo: Jackie Vénérosy

Il ne faut pas écouter "les autres". En général ils ne savent pas s'exprimer. Ils se contentent de répéter sempiternellement des mots qu'ils ont entendus, des idées qu'on leur a soufflées, sans jamais s'arrêter deux secondes pour réfléchir par eux même. Ça a été ça, rappelle toi la première fois que tu t'es coupé les cheveux. Tu te souviens de leurs mots:

"Oooh mais pourquoi tu as fait ça...?" 

"Tes beaux cheveux, quel dommage..."

"Mais tu ressembles à un garçon comme ça"

" Comment veux tu trouver un homme pour te marier à présent? "

ce sont les mêmes depuis des générations, invariablement. Alors tu as bien fait de n'en faire qu'à ta tête. Et maintenant que tes cheveux sont courts, c'est comme un défi que tu leur lances à chaque fois que tu les fais couper davantage, une provocation, une transgression... Tu en jouirais presque lorsque ta main enfonce ses doigts dans la masse soyeuse et que l'instant d'après elle caresse ta nuque rasée, chaque fois un peu plus. Mais pendant que les haineux te haïssent, d'autres s'extasient sur les courbes délicates de cette nuque révélée, admirent ton audace et ta fierté...

Alors inutile d'écouter "les autres", les ignares, les incultes. Confie toi plutôt aux enthousiastes, aux gourmand.e.s, à celleux qui savent toucher avec les yeux, se rassasier du bout des doigts et dont l'esprit se nourrit des choses nouvelles.

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 14 Décembre 2019

Photo: Chloé François

Photo: Chloé François

Tu n'as pas tout à fait renoncé à te poser les questions que trop de gens se posent en te voyant... Dans les meilleurs jours cela te donne de la force de voir que tu es différente et dans les jours sombres cela t'entraine dans les abîmes. Parce qu'on aurait vite fait de t'enfermer dans une case bien nette, bien identifiée et c'est peut être ça qui t'effraie le plus. Est-ce qu'on peut être une femme, bien dans son genre, bien dans sa sexualité, aimer le foot, la bière et se faire couper les cheveux deux fois par mois, avoir une allure d'Antiope et le buste d'un éphèbe, ne pas vouloir d'enfant, être amoureuse de son homme et aimer le regard que certaines femmes posent sur ses hanches... ?

Quand trop de questions l'assaillent elle trouve du réconfort en accentuant le trait, vêtements sans genre et coupe toujours plus courte. Ça lui donne du courage, de l'assurance, elle joue de la sensualité et du charme ambigu, puis fini toujours par s'aimer. Mais toujours, toujours, il y aura des questions...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 9 Décembre 2019

Faudrait voir à pas tout confondre...

Quand on est un peu observateur, on s'aperçoit que se développe, petit à petit, dans l'esprit des gens, une forme de confusion qui tendrait à assimiler une image de femmes aux cheveux courts à ce qu'elles ne sont pas forcément. C'est marrant comme très (trop? ) souvent on associe aux cheveux courts le mot "tomboy" ou androgyne, ce qui fondamentalement n'a rien à voir évidemment ( Erika Linder, tomboy aux cheveux longs, Freja Beha Ericsen  androgyne aux cheveux longs... ) Bref! On perd trop souvent la force du langage à utiliser les mots en dépit du bon sens.

Mais ce n'est pas encore ça le plus grave, cette confusion avec l'androgynie. Le pire reste toujours l'assimilation qui est faite d'une coupe de cheveux avec une orientation sexuelle, à tel point que 

Photo: @reimi_1012

certaines sont carrément qualifiées de "coupe lesbienne", simplement parce qu'une catégorie d'homosexuelles adoptent volontiers ce style depuis un certain temps. C'est d'autant plus regrettable que ce "courant" est beaucoup plus généralisé aujourd'hui pour n'être limité qu'à une sous catégorie de lesbienne. Pourtant, souvent, c'est l'argument qui formera le plus obstacle au désir très fréquent de se laisser aller à quelque chose de nouveau et d'excitant qui abolirait le genre.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 28 Novembre 2019

Photo: Fany Meil

Photo: Fany Meil

Il faudra un instant de répit, comme on fait pour reprendre son souffle. Et dans cet instant, éphémère et splendide,  imaginer les doigts, délicats, effleurer la peau veloutée, ondulants sur chaque vertèbre, jusqu'à la naissance des cheveux qu'elle ne perçoit plus qu'à peine. Elle s'imagine, presque rasée et en frissonne, d'effroi ou de plaisir... sans doute de l'un plus que de l'autre. Elle en est quasi confuse, de cette audace qui l'emmène aux confins d'une illusion qu'elle connait bien, cette femme que beaucoup imaginent garçon.

Elle a longtemps résisté, comme si sa chevelure était le dernier rempart d'une féminité qu'elle n'a jamais compris. Enfin elle s'est inventée, provoquant ce mensonge délicieux qui l'installe à part, femme différente, à la fois éphèbe et odalisque, dans un paysage onirique. Quelques coups de ciseaux et la morsure inexorable des fines dents d'acier, vibrantes et acérées ont eu raison des esprits simples, les jetant dans la confusion et le doute. 

La voici enfin, telle qu'elle même, androgyne absolue et résolue.                             

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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