Publié le 19 Avril 2010

437899515 68f80980bc bIl avait fallu inventer un nouveau prétexte pour justifier les 24 heures de transit en Californie. Qu'importe, je n'étais pas à une embrouille près, et la perspective de cette école buissonnière me plaisait terriblement. Je m'attendais à une surprise, mais lorsque le taxi me déposa devant le 15322 Antioch St, un large sourire me vint aux lèvres. L'adresse n'était pas autre chose qu'un barbershop tenu par un couple de chicanos. J'ai eu beau cherché, il n'y avait pas d'autre entrée. En pénétrant dans le salon je m'attendais à trouver mon amie installée dans un fauteuil mécanique, en train de se faire coiffer...Le coiffeur me regarda de travers, suspectant que je pourrais lui apporter des ennuis. Comme convenu je lui glissais à l'oreille :" Looking for good karmha", sorte de sésame que m'avait confié Moïra avant de quitter Mexico City. Le barbier s'approcha d'un de ses tiroirs et sembla fouiller sous la console qui courrait le long du mur. Puis il revint à son client comme si de rien n'était, m'observant à la dérobé à travers le miroir. Soudain, le frigo au fond du salon se mit à bouger et s'avança sur le carrelage noir et blanc. Et Moïra apparue. Pantalon de cuir et débardeur blanc. Cela me rappela la Bosnie, où je l'avais rencontrée la première fois il y a ...bien longtemps déjà. Elle me fit signe de la suivre et nous nous engouffrâmes derrière le frigo, qui obstrua de nouveau le passage aussitôt. Un couloir sombre sur quelques mètres, pour déboucher dans un bureau plutôt vaste et étonnamment éclairé. Un mur entier n'était fait que d'un miroir sans tain qui permettait de voir l'intérieur du salon de coiffure.

"- Tu te rinces l'oeil je vois.

- Incroyable cet endroit, non?

- J'avoue..."

Elle m'entraina vers le canapé qui meublait le mur en face et entreprit de défaire mon pantalon. Cette ambiance était irréelle. J'avais le sentiment d'être observé par la fillette et les deux hommes en train de se faire couper les cheveux devant moi.

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Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Publié le 17 Avril 2010

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Ah oui! C'est toujours plus facile à dire qu'à faire. C'est sûr. N'empêche, combien de fois on entend " Oh je rêverai de faire ça, mais je n'ose pas." Oser, voilà un mot dont le spectre enveloppe bien des actions. Défier des interdits, rompre des tabous, surmonter sa timidité, prendre un risque... Jouer avec son apparence n'est pas anodin. C'est jouer avec soi même penserai-t-on, mais en réalité non. C'est brouiller les codes, éveiller l'attention, provoquer les réactions. Pourtant il s'agit quelque fois de simples détails, sans grande importance et rarement irréversible, un vêtement, un piercing, une coupe de cheveux. C'est bête non? Pourtant l'expérience vaut le coup d'être tentée, d'être osée. C'est instructif, sur la nature humaine et cela rend toujours plus fort.

 

Photo: wip-hairport

 

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 16 Avril 2010

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A l'instant, tout beau tout chaud, "J" m'envoie une dernière photo depuis son ile lointaine. Et en découvrant cette nuque finement travaillée, je sens également l'excitation qui l'anime, fixant le miroir qui lui montre l'angle sous lequel la photo va être prise. "Regarde, mon ami, regarde comme ma nuque est bien tondue. Je sais que cela va te plaire. Je pensais à toi pendant que mon coiffeur glissait sa tondeuse sur mon cou..."

C'est sans doute ce qu'elle m'aurrait dit, si j'avais été là à la sortie du salon. Elle tourne la tête mais je la vois sourire, rire même peut être. C'est cela aussi une femme aux cheveux courts, capable de se faire plaisir tout en sachant le pouvoir qu'elle possède d'attirer le regard des autres. Et en jouer. Isn't she lovely?

 

Source

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Avril 2010

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De cette discussion était née l'idée que nous pourrions cesser cette bouderie et renouer le contact avec notre bavaroise commune. C'était sans doute plus facile à dire qu'à réaliser, car ni Laora ni moi ne savions vraiment comment nous y prendre pour arriver à tirer un bon trait sur ce passé là. Je pris la décision d'un nouveau rendez vous à son cabinet, mais sous une nouvelle identité, pour que l'effet de surprise puisse m'être favorable. A vrai dire je ne savais rien de l'état d'esprit dans lequel elle pouvait être...

L'étincelle que je perçus dans son regard au moment où j'entrais, me rassura.

Ma Psy-" Arch! Mais ki foilà?" J'étais ravi de constater qu'elle avait persisté et que ses cheveux blonds avaient belle allure...Pendant plus d'une heure je plaidais notre cause, essayant de faire comprendre à la brandebourgeoise que nous ne voulions plus nous priver d'elle.

-" Maiz tis moi? Ezke zela zouzendend ke zekzuellement auzi nous retefenons amis, elle, toi, moi?" Je me demande si la bouffée de chaleur que j'ai ressenti à ce moment là c'est traduite par une coloration de mes joues, toujours est-il que j'ai entendu ma bouche prononcer un "oui" très clair.

-" Und....Esk'il y a tes kondizions à zette akord?

Moi- Je t'en prie, ne sois pas si formelle. Il ne s'agit pas d'un "accord". Laora et moi nous voulons juste que tu redeviennes notre amie.

Ma Psy- Che d'ai manké liebling?

Moi- Je ne devrais peut être pas le dire, mais....Oui. Ta nuque bien tondue m'a laissé un souvenir inoubliable, même si je me suis habitué aux longs cheveux de Laora...

Ma Psy- Wie? Du ne lui as bas enkore koupé les jefeux?

Voilà qui mettait le doigt  sur un nouveau paradoxe, et de taille....

 

Photo: jf_berlin

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Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 14 Avril 2010

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Dans la vie elle est photographe. Elle sait fixer un regard, une attitude. Elle est experte. Dans sa vie, il lui arrive de ne pas tout aussi bien maîtriser.  Elle se laisse entrainer, dominer. Jamais contraindre. Tout est érotisme en elle. Son valentina2.jpgcorps, ses lèvres, sa coupe de cheveux "garçonne". Pour toujours elle a 26 ans, née à Milan et depuis 1968 une icône de la bande dessinée ...

 

Du coup, depuis Louise Brooks qui aura inspirée bien des cinéastes, auteurs et dessinateurs, cette silhouette, ce casque de cheveux noirs coupés au carré est devenu un vrai symbole. Femmes étranges, vénéneuses, sauvages, esclaves et dominatrices indifféremment, du moment qu'il y a du plaisir à prendre. Valentina est dans cette veine...Et j'aime à croire que les femmes d'aujourd'hui qui s'inspirent de ce style ont le même caractère....

 

 

Photo: Jayne Helliwell

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Avril 2010

Hummm...Je crois que celui là est plus dur.

 

 

Puzzle 5

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Publié dans #Divers & variés

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Publié le 13 Avril 2010

detail.jpgJe l'observais durant notre bavardage. Le soleil tapait sur ses épaules dorées, mais cette chaleur et la proximité de la plage étaient les bienvenues. Ses cheveux avaient de beaux reflets, une couleur auburn, un châtain soutenu qui s'accordait parfaitement à son regard. Je voyais bien qu'elle les avait recoupés depuis la dernière fois. Ils étaient même très courts cette fois, délicieusement hérissés par endroit. En pleine lumière comme ça, je pouvais deviner les coups de ciseaux, réguliers autour des oreilles, bien dégagées. J'ignorais toujours le dessin de sa nuque où les cheveux gardaient une longueur raisonnable, qui, dans un mouvement délicat, rejoignaient les côtés de son cou gracieux.

Ce n'était pas une surprise, le changement n'était pas si radical. Cependant elle n'avait rien dit.

Peut être cela lui aurait semblé pervers de me torturer et de me raconter tout cela la veille lorsque nous avons décidé de ce repas en bord de mer. Elle m'aurait fait bouillir d'impatience ou me morfondre de désir si elle m'avait dit que ce samedi là elle ne pouvait pas parce que son emploi du temps la ménerait chez son coiffeur.

Le pouvoir de certains mots a autant de force que les caresses que l'on échange lorsque qu'on échauffe nos sens. Cependant, la force des êtres cérébraux c'est aussi de savoir érotiser ces choses et de se contenter parfois du plaisir de simples préliminaires.

Ce dimanche fût merveilleux.

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 12 Avril 2010

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...Dis moi que tu seras là quand j'en aurais besoin, tu ne me tourneras pas le dos, tu m'aideras à me sortir de cette vie que je mène. Souviens toi de la promesse que tu m'as faite...

 

C'est toujours difficile de réaliser, quand cela vous tombe dessus. Le médecin a voulu être rassurant, ne pas dramatiser. Mais sa vie à elle va changer. Dans son corps elle ne sent pas encore la douleur. Elle sait juste qu'elle va souffrir. On le lui a dit. Ses veines vont bouillir et ses cheveux vont tomber. Cela lui fait peur. Mais elle n'attendra pas, elle ne subira pas, elle luttera. Il sera là, il a promis. Il ne tournera pas le dos et l'aidera à s'en sortir...Il a promis.

 

Photo: Margot Pandone

 

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Publié dans #Tendresses

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Publié le 11 Avril 2010

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Publié dans #Humeurs

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Publié le 10 Avril 2010

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Le soleil rasant faisait plisser son regard, et je sentais l'émotion, dans la façon qu'elle avait de fixer la route, et au loin, de plus en plus loin, cette voiture qui emportait son coeur. Son destin était en train de filer comme le sable entre les doigts. Sans croire en Dieu elle aurait voulu malgré tout faire une prière, invoquer un ange, demander qu'on veille sur lui, être sûre qu'il reviendrai en vie. Peut être que les hommes sont trop stupides pour comprendre cela. Il était fier de lui, content d'aller avec ses compagnons défendre la liberté du monde. Elle n'a pas pleuré, pour qu'il soit fier d'elle aussi, mais cette boule dans l'estomac lui fait mal. Ces choses là les dépassent. A présent elle va attendre, dans la crainte et dans l'espoir. Il lui racontera ses batailles ou son ennui et elle, elle dira qu'elle est fière de lui. Juste ça...

 

Photo: Lilya Ganeeva

 

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Publié dans #Tendresses

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