Publié le 12 Janvier 2015

Code "Barber"

On dit que les cordonniers sont souvent mal chaussés, mais je crois qu'il en va de moins moins de même pour les coiffeurs.

Ce qui me fascine, c'est de voir de plus en plus de femmes tenir ce rôle et surtout de les voir pour certaines s'approprier les "codes" que je croyais définitivement masculins.

Moi qui suis toujours un peu plus que les autres attentif à ce genre de choses, il ne m'a pas échappé qu'une tendance nous revient des pays anglo-saxons et que certaines boutiques de "barbiers" refleurissent dans nos quartiers. Mais je dis barbiers.. pas simplement des boutiques de coiffeur masculin, non! Des salons "typés", stylés, à l'ambiance "vintage" et aux coiffeurs hipstero-beatniko-rockers, tatoués jusqu'aux oreilles pour les plus authentiques, tour d'oreilles et nuque "à blanc"et barbe soignée. Dans ces salons, la coupe de cheveux est un art. On y fait du travail d'orfèvre, on travaille le "skin fade" comme une pièce de joaillerie, à la tondeuse et au rasoir.

Du coup, mon préjugé négatif sur la capacité des femmes à savoir parfaitement couper les cheveux très courts tombe à l'eau. Mais c'est peut être parce que j'avais en tête cette image de la coiffeuse manucurée, reine du brushing, bavarde et futile qui papote sans arrêt en jonglant avec ses bigoudis. Et si parmi elles, certaines rêvaient secrétement de coupes à la tondeuse ou de dégradés parfaitement fondus, cela ne pouvait être que du domaine du fantasme.

Mais ça.... c'était avant!

Pour pénétrer ce monde un peu fermé, ces temples du hipster, il fallait un poil de masculinité dans l'allure avec toute la sensibilité féminine à l'intérieur, des femmes au caractère trempé, qui savent que ce n'est pas avec des artifices éculés de féminité de peep show qu'on fait sa place ici, mais avec la passion d'une artiste qui taille le cheveu comme on taille une gemme. Et parce que c'est une passion, souvent les codes sont les mêmes, tous genres confondus, dans le vêtement, les tatouages et même les coupes de cheveux.

Et moi... ça m'va!

Photo: Jenny Johansen

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Janvier 2015

"Architexture"

Son corps nu, vu de près, offre comme une cathédrale, des détails d'architecture fantastiques. Il y a la puissance des grands édifices, tendus d'arc-boutants et de contre-forts, aux structures torsadées qui en imposent au regard... et des miniatures délicates taillées par des orfèvres.

Son corps parle, chaque tendon, chaque veine de ce cou à la fois puissant et fragile exprime son envie, son désir peut être. C'est comme si elle s'offrait, heureuse de montrer sa nuque aux cheveux taillés courts, droits, où chaque coups de ciseaux souligne sa peau de satin.

Sa main se retient, ses doigts frôlent sa gorge où l'aorte bat au rythme de cette douce émotion. Et puis elle a ce geste qui revient encore et toujours comme une récompense. Elle pose sa main sur la nuque, pilier de chair comme si elle voulait masquer sa nudité... et puis remonte doucement vers la chevelure soyeuse qu'elle ébouriffe à peine, mélangeant les textures. Puis ses doigts se rétractent, cherchant à saisir les cheveux, sans vraiment y parvenir et cet échec la réjouit...

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 10 Janvier 2015

Nouveau départ

Il y a des matins comme ça, où soudain le soleil qui s'élève de la mer nous transperce de ses rayons pâles et semble brûler tous les miasmes de notre vie passée, d'hier ou de plus loin.

Le sable encore à l'ombre du crépuscule, craque un peu sous ses pas. La brise glisse sur son cou et ses oreilles, désormais nus et cela fait naître un sourire sur ses lèvres. La voilà nouvelle, comme ce matin qui s'éveille. L'instant la réjouit, elle lève la tête et ferme les yeux...

Si peu de changement et pourtant sa vie semble bouleversée. Elle tourne enfin le dos à l'océan et baisse la tête, pour sentir la chaleur caresser sa nuque. C'est tellement nouveau. Des deux mains elle ébouriffe ses cheveux courts, y trouve du plaisir, de l'énergie, effleure ce cou presque rasé...

Elle mesure sa chance, embrasse sa liberté et chérit son bonheur. Il n'est que d'un instant mais il gonfle son coeur d'une fierté qu'elle ne connaissait pas... celle d'être enfin elle même, parfaitement, totalement elle même.

Le littoral désert s'éclaire doucement. Elle marche seule vers le monde qui s'agite déjà. Elle est unique.

Photo: Masha Demianova

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Humeurs

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Publié le 9 Janvier 2015


Il se peut que je ne t'aime pas pour l'éternité
Mais aussi longtemps qu'il y aura des étoiles au dessus de toi

Tu n'auras jamais à douter de mon amour
Je te donnerai tant de certitudes à ce sujet

Dieu seul sait ce que je deviendrais sans toi

Si un jour tu me quittais
Bien que la vie continuerait tout de même crois-moi

Le monde ne pourrait rien m'apporter
Alors de vivre quel bien ça me ferait

Dieu seul sait ce que je deviendrais sans toi

Si un jour tu me quittais
Eh bien la vie continuerait tout de même crois-moi

Le monde ne pourrait rien m'apporter
Alors de vivre quel bien ça me ferait

Dieu seul sait ce que je deviendrais sans toi

 

Texte: Tony Asher

Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...
Dieu seul le sait...

Bien sûr vous n'êtes pas toutes là, mais c'est à vous toutes qui avez contribué à ces pages que je pense...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 8 Janvier 2015

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 7 Janvier 2015

Première fois

Cette première fois, elle arrive quelque fois sans aucune préméditation. Habituée des cheveux courts, la distraction ou la confiance vous font à peine réagir lorsque la coiffeuse pose la question.... puis glisse habilement la tondeuse sur la peau tendue de la nuque. La surprise est agréable mais tout de suite teintée d'inquiétude. Est-ce que ce n'est pas "trop" rasé tout de même, se demande-t-on, avant de découvrir une sensation nouvelle et fascinante.

D'autre fois c'est l'aboutissement d'une volonté déterminée et l'on savoure, les yeux fermés d'abord, cet instant de folie où sous le carré bien lisse, on met à nue sa nuque et l'on a hâte de passer la main pour goûter voluptueusement à un plaisir secret si souvent fantasmé...

Quelque soit la manière, y goûter c'est prendre le risque de ne plus pouvoir s'en passer, d'en vouloir même à chaque fois un peu plus, d'avoir l'audace de le montrer, la fierté de le dévoiler et chaque jour, d'une caresse, mesurer le temps et l'heure où à nouveau il faudra faire tondre ses cheveux pour retrouver l'envoûtement de cette nuque fraîchement rasée...

Photo: Justin N. Lane

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Humeurs

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Publié le 6 Janvier 2015

Fière

Ce jour là, tu as décidé d'être une femme différente. Différente de celle que tous autour de toi voulaient voir, mais bien celle que tu avais toujours été. Tu n'as jamais supporté qu'on te prenne pour une petite chose fragile de toute façon.

Tu as décidé de laisser les autres à leurs illusions, de ne plus jouer le jeu d'une société qui voudrait te considérer avec mépris et condescendance. Parce que tu sais que les choses peuvent être différentes.

Dans la savane, les lions et leur longue crinière ne sont que les profiteurs d'un système qui leur donne une place de maître. Mais ce sont les lionnes, aux poils ras qui mènent la bande, chassent et tuent pour faire vivre la troupe. L'image t'a plu...

Le cheveux ras à ton tour, tu ressens ce courage et cette force qui t'écarte de la masse, qui montrent aux autres à quel point tu es différente, à quel point tu peux, toi aussi, si tu le veux, mener le monde.

Photo: Jay Pieter

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 4 Janvier 2015

Silhouette

On imagine parfois qu'un simple coup d'oeil suffit. On fait confiance aux indicateurs qui depuis des lustres jalonnent notre inconscient collectif. Cette connaissance que l'on voudrait intrinsèque, même pas besoin de l'entretenir ou de la mettre à jour, comme font les pilotes qui apprennent à reconnaitre les avions à leur silhouette. Nope! Inutile, même pas la peine...

Il serait pourtant judicieux de réviser les paramètres, parce que si on en est resté aux cheveux longs, poitrine 95B et hanches prononcées, un bon nombre d'individus risquent de demeurer "non identifiés".

Pas la peine de froncer les sourcils. C'est ainsi.

Parce que finalement, tout bien réfléchi, quand une femme n'a pas la poitrine d'une bimbo et les hanches d'une matrone, elle peut avoir envie d'une coupe de cheveux qui dégage bien les oreilles sans que cela fasse d'elle un alien. Parce que certains êtres ne sont que prisonniers de leur corps et cherchent par d'autres moyens d'être celui qu'ils sont réellement, parce que c'est juste sympa d'avoir la coupe de Tintin quand on s'appelle Elisabeth, parce que... Enfin y a trop de raisons et toutes valables, pour que les femmes qui aiment ça ne se privent pas d'avoir une autre silhouette que celle qui est ancrée dans les cerveaux reptiliens de certains hommes.

Photo: Kai Heath

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 3 Janvier 2015

Les gens sont bizarres.

Madame Triplon semblait au bord du désespoir. Elle racontait presqu'en ayant des sanglots dans la voix que sa fille, sa jolie petite princesse avait tellement changée qu'elle soupçonnait l'influence d'une secte. Intrigué j'ai prêté une oreille à ses lamentations, moi qui d'habitude ne suis pas très compassionnel.

Le Bonne Femme racontait comment, depuis des années maintenant, sa fille rechignait à mettre les robes qu'elle lui achetait, comment elle se détournait d'elle et des choses de la maison...

Comme elle voyait que je semblais attentif, elle me pris le bras et j'ai senti que l'ultime révélation allait se faire à ce moment.

En effet, ce qui pesait lourd sur la patate de la dame, ce qui avait déclenché toute cette détresse, c'est que, comme un achèvement, un coup de grâce, sa fille, sans même lui demander, avait coupé ses cheveux. Ses beaux cheveux qu'elle même prenait tant de soins à brosser, dans le temps, ses cheveux longs et merveilleux qui étaient l'emblème de sa féminité, qui la faisaient si belle et la rendaient si désirable.

Evidemment, cette révélation me consternait. J'attendais un scoop, l'affaire du siècle et déjà j'imaginais comment préter main forte à cette famille dans le désespoir face au kidnaping intellectuel de leur enfant... Et voilà que la mémère se désespère simplement parce que sa fille a décidé d'être elle même et de s'affranchir du joug maternel.

Cette fois la vieille pleurait presque, comme si sa fille était morte. " Mais rendez vous compte mon "pauvre monsieur" qu'elle s'est quasiment rasé la tête!" Autant dire que je n'étais pas dupe. Déjà mécontent d'être traité de "pauvre" par la mégère, je n'avais plus aucune empathie pour son malheur et aurais été heureux à ce moment de rencontrer la jeune fille pour l'assurer de ma plus profonde sympathie.

Comme je tentais de faire entendre raison à la mère éplorée, lui expliquant que sans doute la prunelle de ses yeux jugeait qu'il était temps pour elle d'exprimer sa personnalité (qui avait dû bien souffrir de l'étouffement d'une mère si abusive) et que plus que tout, cette coupe de cheveux était le signal de son indépendance. La mère cessa de sangloter, releva le menton, fronça les sourcils et la bouche déformée par le mépris me lâcha : " Monstre!"

Comme quoi... une fois encore j'aurais mieux fait de m'occuper de mes affaires.

Photo: Lucas Passmore

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 2 Janvier 2015

L'amant

Il a ce pouvoir, d'être le seul spectateur de ton paysage inconnu, cette face de toi même que toi même tu ignores. Il est, on l'imagine, un explorateur minutieux et prudent, capable de s'émerveiller de la géographie de ce corps, de cette image qui est l'écho de ton intérieur le plus secret.

De sa main consciencieuse aux doigts minutieux il peut caresser chaque vague de ce duvet invisible qui souligne l'échine qui le mène à ton cou puis ta nuque où les cheveux tondus toujours plus court dévoilent sans pudeur ton masculin le plus tendre.

Lui seul, sans doute, connait vraiment ton âme pour aimer chaque détails de cette conjugaison harmonieuse d'Andros et de Gyné. Dans le clair obscur c'est une face de garçon qui parfois s'offre à lui, lorsque la femme reste masquée dans l'ombre. Alors tu lui tends la nuque comme on tendrait les lèvres pour avoir un baiser dans ce creux si intime.

Photo: Aabigail Cyanure

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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