Publié le 20 Avril 2019

Photo: Dave Benett

Photo: Dave Benett

Il y a une chose qui me trotte dans la tête depuis longtemps... Je voudrais vous dire, à vous les femmes qui n'avez rien demandé et à tout le monde d'ailleurs, mais surtout à vous qui étiez peut être bien loin de ces considérations, peut être même femme aux cheveux courts auparavant, mais pas tant que ça... et qui soudain êtes frappées par la maladie qui vous oblige, vous force à transformer, ce visage, cette tête et même ce corps, je voulais vous dire que vous devriez être fière de vous et plutôt que de vous cacher, de dissimuler ce crâne comme s'il vous faisait honte, vous devriez le montrer, avertissement courageux de votre détermination à combattre.

Un truc me désole toujours, c'est qu'à chaque fois qu'il y a du malheur et de la peine, on arrive à profiter de cette fragilité et en jouant sur les bons sentiments, l'empathie, on parvient encore à tirer du profit. J'aimerai bien, moi, que comme le sang, on ne parle que de don lorsqu'il s'agit de cheveux. Mais hélas, même le sang, que le donneur offre volontiers et avec compassion pour le bien de ses semblables, même lui devient objet de trafique et source de profit pour certains.

Au contraire, soyez fière de votre lutte, assumez ce crâne qui vous révèle. Personne ne doit avoir honte d'être malade et la perte de vos cheveux n'est pas une marque d'infamie. Au contraire c'est la preuve de votre courage et ce n'est que ça. Partout nous devrions voir ces guerrières, fortes ou fragiles, conquérantes ou résistantes et les encourager du regard, d'un sourire ou d'un mot...

Voilà, j'avais ça à dire. 

"... Tu sais que parfois la vie a connu d'autres couleurs."  

Citation: L'espoir (extrait) - B. Lavilliers

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 18 Avril 2019

Asia Piwka par Turpie Studio

Asia Piwka par Turpie Studio

On croit volontiers que le changement c'est forcément aller du bien vers le mieux. Sauf que parfois le mieux se cache derrière une idée fausse qui fait croire que faire ceci ou faire cela va "aggraver" le cas. C'est une chose fréquente cet état d'esprit que rencontrent les "tomboys" montées en graine et devenues femmes. Une étape a été importante, celle de la première coupe de cheveux, libératrice, qui a changé la physionomie et mis en adéquation un visage avec un caractère. Mais soudain arrive cette idée saugrenue qui vient bouleverser les certitudes. Les couper plus courts, trop courts remettrait la féminité même en cause. Bêtise!

C'est assez étonnant en effet, mais souvent, c'est la demi-mesure qui gâche les choses. La voici, cette jeune femme aux cheveux courts. Elle a toujours été un "garçon manqué", depuis l'enfance où elle ne quittait jamais sa queue de cheval. Et puis un jour, dans l'adolescence, elle a franchi un grand pas qui l'a conduite chez le coiffeur et elle s'est trouvée enfin, androgyne à souhait, en harmonie avec elle même. Mais si l'entourage, toujours prompt à donner son avis, accorde à ces cheveux courts le bénéfice d'une esthétique certaine, il met en garde l'audacieuse, lui faisant croire que plus court serait trop court.

Trop court? Mais trop comment? Est-ce que "trop court" serait une condamnation sans appel et un basculement irrémédiable dans le monde de la masculinité? Eh bien non justement! et très souvent c'est même exactement le contraire. Oui oui, le contraire! Ambiguë avec cette coupe un peu floue, elle apparait soudain extrêmement féminine avec le cheveux ras. Etrange n'est-ce pas? Même cette tendance à s'approprier des styles qui furent masculins dans les années anciennes, cette façon de raser la nuque, de dégrader les tempes, de coiffer les cheveux plus longs dessus, même cela ne parvient pas à atténuer la féminité, qui, comme on le sait depuis longtemps, ne se mesure pas à ce genre de détails. Bizarrement, dans cet équilibre subtil que maintient l'androgyne entre masculin et féminin, le fléau de la balance penchera soudain indiscutablement vers le féminin si le changement n'a pas peur de confondre le "mieux" et le "pire"

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 16 Avril 2019

Photo: Laïla Brisset

Photo: Laïla Brisset

J'ai passé 22 ans de ma vie avec les cheveux longs. Genre vraiment long. Je veux dire des cheveux qui descendent jusqu'au milieu du dos et d'une épaisseur impressionnante. Du plus loin que je me souvienne j'ai eu les cheveux longs. Quand je regarde des photographies de mon enfance, j'ai les cheveux châtains, longs et épais. J'ai cette impression que je suis née avec les cheveux de Pocahontas.

Je n'ai pas à me plaindre, des compliments sur ma chevelure j'en ai eu à foison. J'avais presque toutes mes copines qui me jalousaient, je sortais dans la rue on me faisait des jolies remarques dessus. Puis petit à petit, j'ai commencé à m'effacer derrière ma chevelure. Pour moi, je n'existais que par mes cheveux. Je passais beaucoup de temps à les coiffer, à les toucher et je ressentais ce besoin de recevoir des compliments sur mes cheveux. Je n'avais pas beaucoup confiance en moi. Je ne me trouvais pas spécialement jolie et j’admets que mes 15 kilos en trop ne m'aidaient pas. Le regard des autres me faisait mal, alors il ne me restait plus que mes cheveux. Puis est venu le temps où mes kilos superflus se sont envolés. Mais physiquement je ne me plaisais toujours pas. Je me cachais encore derrière ma chevelure. Je dirais même que c'était pire parce que même si j'ai tout fait pour perdre ces kilos en trop, j'avais l'impression d'avoir perdu une partie de moi. Je n'avais plus cette excuse de « je m'habille comme un mec parce que je suis en sur-poids ». Et je n'avais pas encore trouvé mon style et on ne peut pas dire que j'étais audacieuse à ce niveau-là. Je ne me plaisais toujours pas. Je ne me trouvais pas assez jolie. Et le regard des autres m'effrayait toujours autant. Mais lorsqu'on me complimentait sur mes cheveux, je me sentais rassurée et jolie. Il était hors de question que je m'émancipe d'eux. Ils étaient une partie intégrante de ma vie. Ils étaient moi. Et sans eux, je n'arrive pas à être moi.

photo: Kriss Photography

Puis, les années passaient et je commençais à me lasser de ces compliments sur mes cheveux. On ne remarquait que je faisais du sport, que j'avais fait un effort sur mes vêtements, que je me maquillais... Non ! J'étais des cheveux longs. Inconsciemment, je me suis effacée littéralement derrière eux...

Vient le monde merveilleux d'Instagram où il est possible de suivre des filles audacieuses à l'autre bout du monde. Viennent les soirées dans les bars où je croise ces filles courageuses d'être Elles. Ces filles que j'admirais tant. Je me disais « ah... que j'aimerais... ». Que tu aimerais quoi Delphine ?!

Que tu aimerais être comme ces filles ? Être toi-même ? Vas-y REVELE toi au monde. Révèle toi à toi-même !!!

Alors, j'ai commencé par un carré. J'ai commencé par des piercings. Un tatouage visible. Pas n'importe lequel. Au bras. Un bras complet. J'ai assumé mes tee-shirt AC/DC, Pink Floyd, mes Doc Martens. Mes jeans, mes vestes en cuir, mes cheveux verts, mon trait d'eye-liner... Je me suis assumée. Et un jour, après une rupture difficile, je me suis fait raser les côtés.

Voilà Delphine ! Tu es enfin toi !!!! Ça été un travail de longue haleine mais tu y es arrivée. Tu as tout donné. Tu t'es cherchée pendant 25 ans et le chemin n'est pas terminé, mais tu as réussi à t'émanciper et à te révéler au monde mais surtout à toi-même, tu peux enfin te regarder fièrement dans le miroir et être capable de te trouver jolie.

Alors toi, oui toi qui me lis, je ne te dis pas de te couper les cheveux, de mettre des Doc et monter sur ta moto, je n'en ai pas moi-même, mais révèle toi à toi-même.

Tu verras qu'il est plus aisé d'accepter la critique quand tu te plais, que lorsque l'on te critique pour ce que tu n'es pas. On ne né pas audacieux, on le devient, ça se travaille, tous les jours ! Accepte toi, tu es merveilleuse !!!!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 10 Avril 2019

Erika Linder

Erika Linder

Aimer les femmes aux cheveux courts m'a toujours amené  à considérer que la coupe de cheveux est le reflet exact du caractère et de la personnalité. C'est ce qui me les rend familières et complices, ce goût de l'essentiel et de l'authentique. Dans ce monde de brutes, cela les laisse apparaître comme le meilleur de l'homme, ce qui se fait de mieux en matière d'humain. J'aime l'ambiguïté du genre, pourtant je suis comme tout le monde, je suis curieux et j'aimerai bien savoir à tout coup si l'androgyne merveilleux est mâle ou femelle, alors que souvent iel n'est ni l'une ni l'autre et cette part de mystère devrait exclusivement lui appartenir.

Je m'obstine à croire que ces femmes sophistiquées, ces androgynes ambiguës ou ces jeunes femmes qui inventent une nouvelle féminité sont les meilleures troupes dans un duel permanent pour un équilibre entre hommes et femmes. Hélas certaines, dans ces tourbillons d'émotions, confondent souvent les causes et les effets et voulant abolir les privilèges du patriarcat s'en prennent même à ceux qui ne les revendiquent pas. Pourtant chacun aimerait avoir des privilèges et bien souvent les plus virulentes de ces pseudos militantes  s'octroient l'exclusivité du savoir de ce qui est bien et de ce qui est mal. Ainsi on découvre une forme de sectarisme, une mise en ordre, un classement de tout un chacun en différentes catégories... cela même que les humanistes cherchent à combattre. Les minorités pour se réconforter, se retrouvent ensemble et craignant qui les persécute, rejettent tous et toutes qui ne seraient pas comme elles. Même leurs plus sincères allié.e.s. C'est un peu comme s'il fallait sans cesse donner des gages, de bonne foi et d'honnêteté, tout en risquant à chaque instant de voir mordre la main qui leur est tendue. Alors remonte en surface une diatribe écœurante, un discours haineux et un mépris glaçant pour "l'homme" en général, jugé incapable de déconstruire un système dont certaines sont les complices. Confondant les mots il leur faudrait détruire la virilité qu'elles prennent pour du machisme et instaurer finalement un matriarcat qui leur assurerait sans doute autant de privilèges en retour. Combattre le mâle par le mal en quelque sorte.

Heureusement celles-là ne sont que peu et j'imagine que même Simone de Beauvoir aurait eu de la compassion pour elles.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 7 Avril 2019

Photo: Pascal Pierrou - modèle Chloé Lobre

Photo: Pascal Pierrou - modèle Chloé Lobre

Arrive un moment où, à force de ruminer l'idée, on commence à en parler. "Je le fais, je le fais pas" et on demande l'avis des copines, des ami.e.s... même de parfaits inconnus qui suivent les réseaux sociaux. Et le faisant, on fortifie l'idée, on la matérialise, on finit par parler de détails, certaines racontent leur expérience et l'on se rend compte qu'au lieu d'être une véritable demande d'avis, tout ce qu'on obtient c'est une validation de cette envie qui revient chaque matin au moment de se brosser les dents. Passer la main dans les cheveux, les tirer en arrière, dégager le visage sans trop tirer les traits. Cette petite peur si excitante "je le fais... je le fais pas?", une boule dans l'estomac, pas désagréable, un peu gênante, mais amusante et puis le duel des petites voix intérieures: est-ce que ça va m'aller, que vont dire les gens, ce ne sont que des cheveux, ça repousse vite, j'ai trop envie de le faire, il faut en avoir quand même pour faire ça, et puis merde!

En réalité on aimerait bien se trouver un prétexte, une raison de justifier cette douce folie, on peut, mais en vrai, il n'y en a pas. Alors on peut bien parler de "militantisme", de lutte sociale, de revendication ou bien de projet artistique, d'acte libératoire, d'anticonformisme... de tout ce qu'on veut. Ce n'est qu'une histoire d'envie et de face à face. Cette rencontre avec soi même, cette découverte profonde que l'on fait, avec ses émotions, de la vraie personne que l'on est. Tout le reste ne sont que des conséquences. Alors arrive l'instant fatidique, le moment où les choses se déclenchent et la résolution est prise. Et le bénéfice qui en sera tiré, sera bien supérieur à tous les dividendes.

Photo: Pascal Pierrou avec Chloé Lobre

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 4 Avril 2019

Photo: Louise Chabosseau

Photo: Louise Chabosseau

Combien faut-il que tu en essuies, de ces grains terribles qui noircissent le ciel et agitent ton océan quotidien? Combien de coups de tabac, de nausées et de vomis par dessus le bastingage, dont tu te relèves, le visage noyé autant de pluie que de mer, le teint transparent, les mains tremblantes, épuisée d'être ce fétu emporté par tous les éléments... ? 

Il faut encaisser, retrouver la barre qui un instant t'avait échappée et tenir un cap imaginaire en attendant que la houle s'arrondisse, que le ciel se déchire pour qu'un rai de lumière illumine ta route à nouveau. Le soleil revenu, le corps séché, tu vas pouvoir enfin t'assoupir, toujours un peu, quand on peut, souffler et réparer les avaries.

Et tu comprends qu'il n'y aura jamais de fin, que la route est ainsi tracée, entre les couchers de soleil dorés et les orages dramatiques et que certaines choses ne s'apprennent que dans les tempêtes... 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #Tendresses

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Publié le 3 Avril 2019

Ce que l'on doit à la garçonne

Aujourd'hui, si dans un diner mondain ( oui je vais dans les diners mondains ) je parle de "garçonne", je suis certain que la plupart de mes auditeurs imaginera que je fais allusion à une coupe de cheveux pour femme dans un style un peu masculin. Quelle erreur! Les gens d'aujourd'hui ont une facile tendance à oublier les bénéfices qu'ils tirent des générations qui les ont précédés... 

Si effectivement les cheveux courts féminins sont aisément et abusivement qualifiés de "coupe à la garçonne", la garçonne elle même est un personnage bien plus capital qu'une simple question de style. C'est LA femme moderne des Années Folles, celle qui fume en public, celle qui à jeté son soutien-gorge à la poubelle, tout comme les 20 ou 30cm de tissu en trop sur la longueur de sa robe, quand elle ne s'habille pas en exploratrice, botte de cuir et jodhpurs pour conduire son automobile à tombeau ouvert ou piloter son biplan et celle qui aussi et bien sûr, a coupé ses cheveux, avec ou sans frange, à mi-oreille et la nuque parfaitement tondue. Alors oui, dit comme ça, on pense que cette femme moderne est un peu celle d'aujourd'hui? Mais il faut tout de même se rappeler qu'à cette époque la femme est encore considérée légalement comme un enfant irresponsable, juste un peu plus qu'un animal domestique qui lui même est à peine mieux considéré qu'un meuble. 

Mais la Grande Guerre est passée par là et les femmes, par la force des choses, on acquis une réelle indépendance et une autonomie du fait de l'absence de population masculine pour cause de massacre dans les tranchées. Alors durant ces folles années 20, tout le monde va brûler la chandelle par les deux bouts, profitant de la vie et respirant à plein poumons.

Les garçonnes sont les sœurs européennes des "flappers" américaines et on ne sait pas qui des unes ou des autres a lancé ce véritable mouvement de société dans le monde occidental. Toujours est-il que lorsqu'il est question de simplement se couper les cheveux, les femmes commettent un acte terriblement transgressif qui se termine souvent dans les pages des faits divers, le patriarcat ayant alors le sentiment de perdre pied devant tant d'audace.

Alors oui, si aujourd'hui tout le monde trouve ça naturel de faire du sport, de fumer, de porter un pantalon et de se couper les cheveux, que l'on soit femme ou homme, c'est malgré tout un peu grâce aux garçonnes des 20's

Ce que l'on doit à la garçonne

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 29 Mars 2019

Photo: Marie Corcelle

Photo: Marie Corcelle

C'est comme un sentier obscur, un chemin étroit sur lequel tu dois avancer, coûte que coûte. La marche n'est pas pénible et tu progresses à ton rythme bien sûr. C'est juste que de temps en temps les branches alentour te griffent ou un caillou plus pointu que les autres te blesse. Il faut apprendre à marcher dans ce sentier. Mais tu y es bien, c'est ta route...

Tu ne cultives rien, c'est naturel. Ta façon de porter des fringues de soldat, de fumer comme les mauvais garçons, rien n'est calculé. Tu aimes ta nuque rasée, y passer la main te rassure, te réconforte. Tu as besoin de tout cela pour être toi même, mi-fille, mi-garçon, un genre qui n'en est pas un justement, parce qu'après tout, le genre n'est pas autre chose qu'une classification, une façon qu'on a de vous mettre dans un bord ou un autre. Les gens n'aiment pas qu'on soit au milieu. 

Mais ça va, tu traces ton chemin, tu te moques des "bonjour monsieur" et t'amuses des " oh excusez moi". Tu préfères la vie d'Hemingway à celle de Cendrillon, il y a du Jack Kerouac en toi, mais aussi du sang de toutes ces héroïnes qui n'ont pas fait de leur genre un étendard. Tu n'as rien choisi, sinon d'avoir le courage d'être toi même et c'est comme ça qu'on t'aime...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #gayfriendly

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Publié le 27 Mars 2019

Photo: Anaïs Segrétain

Photo: Anaïs Segrétain

Il y a dans la vie, on le sait bien, une foule de choses anodines qui nous agacent et envers lesquelles on demeure souvent impuissant, comme par exemple ces petites feuilles de persil qui parsèment le plat du jour en guise de déco ou quand TF1 hache votre film préféré avec 1/4 d'heure de publicités toutes les 1/2 heure. On ne peut alors que se résigner qu'à ramasser la petite botte de persil en tas sur le bord de son assiette ou arracher la touche 1 de la télécommande...

Par contre il y a tout de même bien des choses désagréables sur lesquelles on peut exercer son mécontentement. Comme dans ce restaurant, bien sympathique où la serveuse, toute pétillante, aime bien se faire couper les cheveux chez le barbier de son quartier et supporte mal 3 semaines d'affilées sans passer sous sa tondeuse. Un style affirmé et assumé qu'elle souligne d'un rouge à lèvres bien pétant qui lui va comme un gant. Et puis soudain, une cliente toute aussi banale que les autres se prend subitement pour l'arbitre du bon goût et de l'élégance et au moment où la pétillante serveuse la débarrasse, lui balance tout à trac une réflexion sur sa coupe de cheveux, avec l'air entendu et bon enfant de mamie qui donne son bon conseil: " Mais alors cette coupe qu'est ce que c'est moche!" 

"Mais alors cette coupe, qu'est ce que c'est moche!" Non mais je rêêêêêve? Moche! Elle a dit moche! M.O.C.H.E ! Que la coupe était "hideuse" que "si elle cherchait à faire fuir les hommes elle n'avait qu'à s'y prendre de cette façon", que... Non j'arrête, c'est trop! Mais What The Fuck? Comment est-ce qu'on peut être à ce point sans retenue, débridée comme un moteur de mobylette ou perverse en ayant conscience du mal que l'on peut faire en donnant un avis, que personne n'a demandé d'ailleurs, aussi négatif et intolérant... Mais je m'énerve, je m'énerve et ... Reprenons les choses calmement. D'abord, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. On ne dit pas "c'est moche" on dit à la rigueur " je n'aime pas". Et puis c'est quoi ce truc de faire croire encore qu'il faudrait qu'une jeune femme soit: mignonne, bien habillée, bien maquillée, avec des cheveux longs, une jolie poitrine, des reins bien cambrés, des fesses joliment rebondies... pour NE PAS FAIRE FUIR LES HOMMES??? Bel exemple de collaborationnisme de la part d'une femme, pas spécialement gâtée on l'aura compris, qui engage une autre femme à être docile et attrayante pour plaire aux hommes (sic)... 

Hélas hélas hélas, ce monde patriarcal a encore de beaux jours si les femmes elles-mêmes en sont les suppôts. Et elles sont légions ces mégères pas trop apprivoisées, qui, entre autre chose, considèrent que les cheveux courts "c'est moche" parce que, soit disant, cela ne plait pas aux hommes et qui ne manquent jamais une occasion de le faire savoir. Alors je sais pas vous, mais moi dans une circonstance pareille j'ai surtout envie de lui retourner sa bavette d'aloyau en travers de la face à la Cristina Cordula de carnaval, histoire de lui donner un côté "attrayant"! 

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 23 Mars 2019

photo: Pauline Théon

photo: Pauline Théon

Bien souvent après que l'audace l'ait saisie et que dans un élan de confiance et de désir elle ait été jusqu'au bout de son envie en rasant ses cheveux, l'étape suivante est une décoloration qui donne une blondeur rassurante et douce à cette nouvelle physionomie qu'elle craint un peu d'être trop dure. S'engage alors un jeu qui pourrait être sans fin entre le cheveux qui pousse et qu'il faut tondre à nouveau et la couleur repoussée aux extrémités par ce même cheveux qui grandit. Il faut décolorer encore si elle veut que la tondeuse n'efface pas la blondeur...

Mais lorsqu'arrive l'entre-deux, il y a une courte période où le mélange est presque harmonieux, où la blondeur s'éclaire dans la lumière, formant une auréole tout autour de la tête, tandis que le brun naturel accentue l'ombre et pointe au fond de la texture pour contraster la douceur. Le mélange donne alors aux cheveux ras de la profondeur et l'étrange apparence du pelage d'un animal sauvage

C'est dans ce moment de métissage qu'elle se pose la question de savoir s'il faut retrouver la couleur, ou laisser davantage pousser ses cheveux, luttant contre l'envie furieuse de les tondre à nouveau. Toutes les options se présentent, laissant à l'Androgyne le choix de déplacer le curseur sur cette règle qui mesure le partage entre masculin et féminin et où, bizarrement, la tondeuse redonne toujours l'avantage au féminin. 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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