Publié le 7 Avril 2015

Western

Il y avait devant le motel cette vieille anglaise, garée là comme on laissait les chevaux devant le saloon autrefois, attachés à une barre de bois ou à l'abreuvoir. Le soleil naissant faisait éclater les chromes et l'acier et les rondeurs de la machine la rendait familière. Il y avait quelque chose de charnel dans le galbe, une fluidité...

Du patio une fille est arrivée. La démarche souple, jean serré, bottines, t-shirt sans manche... En marchant elle enfilait un Perfecto à la patine authentique et arrivée à côté cde la machine elle s'est accroupie, une main sur le réservoir comme on flatterait l'encolure d'un cheval...

Elle a ouvert l'essence, tiré un starter, mis le contact et enfourché l'engin pour déployer le kick. De tout son poids, avec élan elle a enfoncé la pédale et un vacarme surprenant a résonné sur la façade, un ronflement viril, puissant, saccadé. La fille souriait. Elle a relevé le col de son cuir sur sa nuque, glissé une main dans ses cheveux pour les rejeter en arrière et noué un foulard pour masquer son visage et après avoir relevé la machine et chassé doucement la béquille, elle a commencé à rouler lentement, virant vers le soleil, comme si elle tirait les rènes de son quaterback. Bientôt il n'y eu qu'un nuage de poussière au bout de l'allée et le bruit sourd du moteur qui cadançait ses cylindres comme des sabots ferrés sur la terre battue...

Photo: Ramon Felix

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 6 Avril 2015

Queer as hell!

Tu sais, cet air qu'elles ont, de toujours sembler en colère, ce visage dur, fermé, comme si c'était une façon de paraître plus virile...

Et le regard ombrageux, qui ne sourit jamais, comme si c'était une faiblesse...

Le style impeccable toujours, stricte ou décontracté, quelque chose qui n'appartient qu'à elles, pas vraiment masculin, pas franchement féminin... Le col toujours boutonné, la sape toujours originale

Et la coupe de cheveux... ah la coupe de cheveux! Presque une obsession, toujours clean, maniaque dans le fondu du dégradé, dans la netteté de la raie sur le côté, dans la précision du tour d'oreille...

C'est vrai elles sont comme ça... vues de l'extérieur.

C'est vrai, elles ne veulent pas de cette féminité mièvre et fragile, mais elles ne veulent pas non plus de cette stupide et prétentieuse virilité. Juste être elles mêmes, sans se préoccuper des codes.

Il faut du courage pour ça. Parfois il y a la tentation de glisser dans une case ou dans l'autre pour devenir "conforme"... parfois aussi le doute s'installe et elles s'interrogent sur le genre. Sur leur genre... Corps de fille, esprit de mec, goût de l'androgyne, fluidité de genre, amours universelles et l'audace de tout inventer à leurs mesures.

Une force qui fascine...

Photo: Ramon Felix

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 5 Avril 2015

Des promesses

Ça vous prend comme une envie de bonheur. Au départ ce n'est rien, ou presque rien, une main qu'on passe dans ses cheveux, un regard à travers le miroir, une main qui caresse la nuque et l'on se dit, comme si ce n'était qu'un constat d'hygiène, qu'il faut aller chez le coiffeur...

Et puis, sans qu'on l'imagine, cette proposition va devenir une promesse de bien être qui va aller bien au delà de la satisfaction d'avoir une belle image. Une sorte de chimie qui va plonger un à un dans son tube les ingrédients d'une explosion de plaisirs...

Un peu d'excitation, l'envie comme toujours de les couper un peu plus courts que la dernière fois et puis se laisser aller aux gestes sûrs du professionnel, fermer les yeux quand la tondeuse vibre sur les cervicales, chasser d'un doigt le petit cheveux tombé sur la joue, quand le peigne griffe doucement le sommet de la tête entrainant à chaque fois un mouvement en arrière avant que les ciseaux ne taillent la mèche emprisonée... Un instant s'inquiéter en voyant la pluie de petits cheveux couvrir les épaules et sourire irrésistiblement en découvrant ce visage conquérant.

Une fois retournée au monde, avoir le sentiment que tous n'ont d'yeux que pour nous, que les regards sont fixés sur notre nuque, presque rasée, qu'on aime caresser soi même comme on caresse un cachemire délicat et avoir ce sentiment d'invincibilité qui rend toutes choses possibles.

Enfin retrouver l'être cher qui à son tour va explorer les contours nets et soyeux et laisser son corps s'échauffer, frissonner, se tendre et se détendre au gré de son souffle amoureux murmurant à l'oreille et de ses doigts qui vont bouleverser les cheveux courts et tenter de les empoigner, en vain...

Et une fois encore se dire que cette chimie là... c'est de la bombe!

Photo: John Swannell

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 3 Avril 2015

Fastoche!

Habituellement, je laisse ce type de vidéo sans commentaire, parce qu'il s'agit d'une performance où le geste est le sujet et le modèle unique.

Là il s'agit pour Ariana London, le modèle, de faire partie d'un ensemble parmi 10 autres personnages pour la campagne 2015 de la marque Equinox dont le slogan est:

"This year, forget about resolving to be better. Now is the time to resolve to be bolder. And be proud of what you have to show for it."

Ce qu'on pourrait traduire par: Cette année laissez tomber l'idée d'être le/la meilleur(e). A présent il est temps d'être le/la plus audacieu(x)se. Et d'être fière(e) de ce que vous avez à montrer.

Et c'est d'autant plus audacieux que ce geste ne devient juste "qu'un accessoire" de cette campagne, n'apparaissant au final que sur 3 plans d'une seconde.

Alors oui, de l'audace, il en faut.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 2 Avril 2015

Ces deux là n'auraient jamais dû se séparer...

Non je ne fais pas dans la critique de cinéma. J'aime le cinéma, c'est tout.

J'aime bien Emma De Caunes, je trouve que Yannick Renier est un beau gosse, j'aime la Bretagne, ses maisons de granit et ses toits d'ardoise, j'aime les belles photos et la bonne musique et puis qu'on me raconte une histoire qui me touche, avec des mots qui résonnent encore longtemps après dans ma tête.

Eléonore est belle comme Emma De Caunes et elle tuerait le premier qui dirait du mal de son père. Eléonore est triste, en colère, agacée, amoureuse et la voix qui raconte l'histoire m'a averti qu'elle ne se passera pas de Samuel, son âme soeur. Eléonore est photographe, alors des photos il y en a, plein, belles, noir & blanc. Ce sont celles de Frédéric Stucin qui parsèment l'histoire. Une histoire d'amour, une histoire d'humains où rien n'est jamais simple, on le sait bien.

Ils sont beaux, et comme Claire on aimerait les aimer l'un et l'autre, en même temps.

Ces deux là n'auraient jamais dû se séparer...

"Les Châteaux de Sable" de Olivier Jahan en salle depuis hier

Photos: Frédéric Stucin

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 1 Avril 2015

Remise à niveau

Il y a tout de même une large différence entre masculinité et apparence masculine. Les gens confondent toujours tout. Je vois par exemple ma voisine, non pas l'épicière, la boulangère. Elle ne parvient pas à comprendre qu'une femme puisse porter une cravate. Soit disant c'est l'accessoire typiquement masculin d'après elle et donc se l'approprier équivaut à se masculiniser...

Mais se masculiniser comme elle dit, ne veut rien dire en réalité. Il s'agit de prendre l'apparence du masculin et ça, ça commence quand on enfile un pantalon. Enfin si l'on s'en tient aux normes occidentales actuelles.

Si je me rappelle bien, ça fait une bonne centaine d'années que les femmes sont montées à l'assaut des codes masculins. Pantalons, cheveux courts, costumes, cravates... Et pourtant aujourd'hui encore cette idée de masculinité imaginée comme un renoncement à la féminité demeure dans l'esprit de la boulangère de moins de 50 ans.

Par contre, la même boulangère va me dire que cela lui semble quasiment naturel pour une femme noire ou métisse, d'avoir le crâne rasé, sans faire aucune référence au masculin ou au féminin cette fois... C'est tout de même étrange, non?

Photo: Christopher Dixit

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 31 Mars 2015

Tout bien réfléchi...

J'ai reçu ce matin un message de Lauriane. Un de ces messages que je reçois assez fréquemment, mais qui chacun me font toujours un immense plaisir, tellement je ne me rend pas compte à quel point ce que j'écris ici peu résonner dans l'esprit de nombreuses personnes... Bref! Un message gentil et reconnaissant.

Et puis, dans la seconde partie de son discours, Lauriane déclare que sa fille aussi a les cheveux courts. Sa fille de 2 ans, à qui elle coupe elle même les cheveux, chaque mois. Et là, au premier abord, je trouve ça dur, sévère, cruel, injuste peut être, après tout, la petiote n'a rien demandé...

Mais au premier abord seulement... Parce que oui, pourquoi cette petite fille devrait-elle avoir les cheveux longs, sinon au nom des sacro-saints principes patriarcaux qui depuis des siècles imposent, dès le plus jeune âge, un rôle à jouer et un code à respecter, du bleu pour les petits garçons, du rose pour les filles... Et il me semble bien que dans ce blog, c'est un refrain qui sonne souvent.

Alors comment sortir de ces schémas si d'entrée de jeu les dès sont pipés? Et pourquoi ne pas accepter qu'un enfant avec les cheveux courts ne soit pas forcément un petit garçon?

Lauriane m'a écrit de nouveau, pour m'expliquer plus en détails sa petite famille, l'ainé, le garçon, qui braille un peu quand deux fois par an on lui taille la tignasse et la petite fille qui adore quand sa maman glisse la tondeuse sur sa nuque pour lui faire une petite tête toute mignonne chaque mois.

Extrait:

"Parce qu'on ne se rend pas compte de l'inégalité que l'on inflige aux gamines avec leurs cheveux dans le visage, qui les gênent pour tout et pour rien, qui se collent dans la morve et que l'on attache avec des barettes et des élastiques meurtrissant. Et ne parlons pas de ce geste de se dégager la mèche de la figure, de se remettre les cheveux en arrière: "Oh, elle a déjà des gestes féminins! C'est marrant comme les petites filles sont délicates" Non, les petites filles se debrouillent des fantasmes qui sont déjà projetés sur leur soi disant féminité au travers de leurs charmantes petites anglaises et autres palmiers qui font fondrent les parents..."

Il me semble bien qu'on est plus près du bon sens que de la torture infantile, non?

Hélas le chemin est encore bien compliqué pour faire admettre quelques simples divergences aux règles qui semblent absolues et immuables.

Pour ne rester que dans le domaine des cheveux courts, je voudrais juste citer l'exemple de Jetta Fosberg, une gamine de 10 ans dont la vie est devenue un enfer à son école parce qu'elle a un jour décidé de tondre ses cheveux pour qu'on en fasse une perruque pour les enfants malades du cancer. Alors non, rien n'est gagné.

Mais à confondre encore féminité et cheveux longs, on finit par être bien sagement dans le moule...

Extrait:

"... Je ne me fait pas beaucoup d'illusions, la cour de récréation étant truffée de Raiponce miniatures, elle me réclamera certainement ses longueurs dans quelques années. Je la laisserai libre de ses cheveux, c'est bien la moindre des revendications! Mais en attendant j'embrasse sa petite nuque et je réponds inlassablement aux badauds: "Non, c'est une petite fille"..."

C'est bien ça, non? Bravo Lauriane!

Photo: Jaime Nicolau

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 30 Mars 2015

Légitime défense

N'espère aucune grâce, rentre la tête dans les épaules, penche le buste en avant, un pas, puis un autre, protège-toi, la garde haute, balance sur tes pieds, à droite, à gauche, ne laisse pas passer ta chance et frappe, vite, fort, sans retenue... Peut être le coup sera décisif, il t'évitera alors un long combat épuisant, jusqu'à la prochaine fois. Gauche, droite gauche, esquive...

N'espère rien d'autre que ce que t'aura appris toute la sueur laissée sur le parquet, des heures entières, à faire et refaire ces mêmes gestes, cuir contre cuir. Transpire, renifle, serre les dents.

N'espère aucune clémence, ce qui est dur le sera deux fois plus pour toi, mais qui sait si la récompense ne sera pas cent fois plus belle...

Bats-toi, sans cesse, contre les autres et contre toi même, le désespoir et la fatigue. Et ton ardeur et ton courage t'offriront la liberté.

Photo: Gabriele Capelli

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 29 Mars 2015

MartinE invite les Femmes Aux Cheveux Courts

Y a des priorités dans la vie! Moi, quand Virginie m'invite en me disant: " viens tu vas voir, ce sera plein de filles aux cheveux courts", il est évident que je ne vais pas résister. J'ai donc remballé ma crève de la mort, ma fièvre et un début de lumbago pour une soirée bar-musique-photo-vidéo-performance, à la rencontre de MartinE.

Et je n'ai pas été déçu!

La nuque de Lucjia et la frange de Mam'Claud, les Stamps

La nuque de Lucjia et la frange de Mam'Claud, les Stamps

Paule, pétillante photographe ( aux cheveux courts ) exposait photos et vidéos dans un projet original et audacieux dans lequel je retrouvais Alex mon tomboy préférée et les Stamps, Lucja et Mam'Claud emplissait l'atmosphère de sons électro.

Il n'y avait rien d'exclusif, mais Virginie avait raison, la tendance était quand même femmes aux cheveux courts et c'était parfois bien agréable d'entendre " Ah mais je connais" au moment où je me présentais en parlant du blog pour entamer un brin de conversation.

Nathalie et Marie-Eve, Elsa, Tiphaine et Anne-ElisabethNathalie et Marie-Eve, Elsa, Tiphaine et Anne-Elisabeth

Nathalie et Marie-Eve, Elsa, Tiphaine et Anne-Elisabeth

Des visages connus et de belles découvertes, retrouver Anne-Elisabeth et faire la connaissance "en vrai" de Tiphaine et de Virginie... Une soirée vraiment sympa quoi!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés, #gayfriendly

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Publié le 28 Mars 2015

God save the queer

Ne comptez pas sur moi pour vous sortir une définition du mot. A l'origine, on l'utilise pour stigmatiser certaines personnes à l'allure étrange, mais depuis ce temps là on a inventé tellement d'autres mots pour définir des catégories s'écartant du séculaire système binaire hétéro/homo, que je crois qu'aujourd'hui chacun a la sienne.

La mienne serait plutôt de considérer celles qui ne veulent entrer dans aucune catégorie justement, sans détermination de genre ni de préférence sexuelle, s'attachant à moduler des styles et des comportements puisés indifféremment dans le masculin ou le féminin.

Autant de largesse me plait toujours, d'autant plus que pour beaucoup , le masculin se traduit par des coupes de cheveux toujours soignées et précises. Un savoir-faire que j'ai longtemps cru être le domaine réservé des coiffeurs hommes, mais... mais... mais.

D'ailleurs, ça me fait penser que chez mon coiffeur aussi, une femme sait bien satisfaire les désirs capillaires des queers de ma grande ville du Sud. Mais je vais y revenir bientôt ...

Photo: Aubrey Kia

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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