Publié le 16 Mai 2015

Ce n'est pas grand chose

Ce n'est pas grand chose, c'est même presque rien... Un instant, il prend le recul suffisant pour réaliser à quel point il l'aime, il se dit que c'est depuis toujours, il se jure que c'est pour toujours.

Sa jeunesse le fascine et il ne parvient pas à trouver un défaut à sa beauté, mais il n'imaginait pas qu'il serait tant troublé. Elle avait coupé ses cheveux et soudain c'était comme s'il la découvrait vraiment. Elle, cet être qui lui était familier, cette personne intime plus que tout autre, il avait le sentiment étrange qu'elle lui était cachée auparavant.

Il était envoûté par le dessin de cette oreille nue, attendri par cette pointe de cheveux ras qui s'esquissait sur sa joue, sous le charme de ce cou élancé qu'il n'avait jamais imaginé si puissant et délicat en même temps. Et le trouble, à cet instant, faisait naître une émotion surprenante, il le sentait bien au rythme de son coeur. 

La réalité était que ce charme nouveau n'était que l'expression d'une âme, d'un intérieur et lui avait ce sentiment orgueilleux d'être enfin initié, d'avoir accès à cette vérité, de découvrir, enfin, cette part d'elle, ambigue, qui la rendait encore plus jeune, encore plus belle.

 

Photo: Eugene Kukulka

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 15 Mai 2015

Icône

Vous pouvez chercher dans votre mémoire... Elles ne sont pas très nombreuses ces étoiles filantes qui dès leur apparition ont subjugué la planète.

Je me demande aujourd'hui si quelqu'un ignore qui était Jean Seberg? Peut être que les plus ignorant(e)s imaginent simplement que c'est un style de coiffure, mais quand bien même, c'est déjà ça.

Question de conjoncture direz vous? Pour être l'icône de la Nouvelle Vague il faut bien arriver au bon moment, ni avant, ni après. Certes! Pourtant cela ne suffit pas.

Icône

Si elle est plutôt jolie du haut de ses 17 ans, le rôle de sainte guerrière qu'on lui fait endosser et les cheveux ras qu'on lui impose sont certainement ce qui va faire la différence. Premiers pas dans le monde et la voilà propulsée au firmament parce que sa jeunesse et sa fraîcheur ne sont pas altérées par cette coupe de cheveux qu'on ne connait pas aux femmes à cette époque. Et cela restera...

Bonjour Tristesse... A bout de souffle. Nous y sommes. Jean Seberg devient d'un seul coup l'image de cette jeunesse éternelle, audacieuse, indépendante, son accent et son t-shirt du Herald Tribune lui donne de l'exotisme et ses cheveux courts la rendent inclassable, merveilleusement féminine en robe, terriblement "tomboy" en pantalon.

Les américains appellent sa coupe de cheveux "gamine" ou "pixie", nous on va dire "garçonne" parce qu'on ne sait pas dire mieux. Cependant, sans rien nier du talent de la jeune américaine, je me demande parfois si les choses auraient été si fortes si elle avait gardé les jolies boucles blondes de son adolescence...

Icône

Photos de haut en bas: Bonjour Tristesse (1958), Sainte Jeanne (1957), A bout de Souffle (1960)

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 14 Mai 2015

Electroménager

Sans doute personne n'aurait imaginé chez Wahl, même dans les rêves les plus hallucinés de son directeur marketing, qu'un jour les produits de la marque auraient autant de notoriété que l'aspirateur de Hoover ou le réfrigérateur de Frigidaire.

L'invention d'un moteur électromagnétique vibrant était génial, il y a 100 ans. Cela réduisait considérablement le volume d'un appareil destiné par exemple à l'entretien des animaux. Du coup les coiffeurs pouvaient eux aussi s'équiper de ces toutes nouvelles tondeuses électriques et ratiboiser à tour de bras les kids de l'Oncle Sam.

Mais surtout, cette facilité d'usage allait permettre à tout un chacun de s'improviser coiffeur à la maison et dès les années 50 la marque faisait la promotion de cet usage domestique, alors bien sûr réservé uniquement au bien être du sexe masculin dont madame s'occupait... Hum!

Bien sûr il fallut un peu plus de temps pour voir chez nous cet appareil exclusivement professionnel muter vers l'électroménager courant. On peu même dire que c'est assez récent.

Récent, mais fulgurant! Je suis prêt à parier mon quart de solde qu'aujourd'hui tout le monde a une tondeuse électrique chez lui. Et si, comme d'habitude, au départ il s'agissait de rafraichir la coupe de monsieur ou celle du petit dernier, ce sont dorénavant les femmes qui en sont les utilisatrices à part égale ( ou presque ). Surtout les plus jeunes ( mais pas que... ) qui sont capables ainsi de survivre au manque de moyens pour se payer le coiffeur régulièrement comme l'exigerait leur coupe de cheveux.

Merci Leo quoi!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Mai 2015

Sexiste mais... bienveillant

Ça devait bien arriver un jour ou l'autre. D'ailleurs pour tout dire, je suis surpris que cela ne se soit pas produit plus tôt. A force d'écrire sur un sujet "si brûlant", d'aimer les choses vraies, de soutenir et d'encourager celles qui sont authentiques, bref, de parler des femmes, il fallait bien qu'à un moment une ou deux "féministes" me tombent dessus.

Jusqu'à présent je bénéficiais d'un royal mépris de la part des militantes les plus orthodoxes d'un féminisme à la maman, bien que mon dévouement pour la lutte des genres apparaisse certainement des plus suspect à leur yeux.

Un premier coup de semonce avait été néanmoins tiré à la suite d'un article intitulé:

T'as l' bonjour du "pervers psychopathe fétichiste" dans lequel j'évoquais à nouveau l'idée de l'homme lesbien. Un commentaire anonyme hélas - ben oui quoi! On a pas salé les morues ensemble non plus - me reprenait de volée pour me dire que c'était un peu abusif pour un homme de s'affubler du qualificatif de lesbien alors que je ne souffrais pas le moins du monde de la discrimination liée au statut de femme ET d'homosexuelle et que donc en me qualifiant d'homme lesbien je niais carrément l'oppression subie par les minorités.... Enfin en substance.

Conciliant, j'ai révisé mon point de vue et décidé d'abandonner l'homme lesbien pour le "non sexiste" beaucoup moins fluide mais bien plus explicite et cela sans même relever la confusion que faisait ma commentatrice sur l'homme lesbien qui pour elle est un transsexuel né fille, qui aime les filles... Bref! Le coup passa si près que le chapeau tomba comme disait Victor...

L'incident était clos dans mon esprit jusqu'à hier où un nouveau commentaire sur le même article fit remonter "l'affaire" à la surface. Anonyme lui aussi comme il se doit, il venait sur le tard, épauler ce premier commentaire fait 3 mois auparavant.

Passée la satisfaction de constater qu'il n'y a pas que l'article du jour qui intéresse ces dames, je me suis pris dans la figure une tirade un peu capillo-tractée ( mais c'est bien normal pour un blog comme celui-ci ) où pelle-mêle ce que j'écris transpire de résidus moisissants d'un sexisme d'autant plus pervers qu'il est persuadé d'en être au dessus (sic) et que tout le blog ne serai que de ce bois, sous sa couche de bonne conscience apportée grâce au bon vieux coup de peinture du sexisme bienveillant (re-sic).

Ô Lord! ... que c'est dur d'être aimé...

Enfin, quoiqu'il en soit je préfère définitivement les lesbiennes à l'esprit ouvert et aux idées larges, c'est à dire celles que je connais, et les féministes qui luttent avec les hommes pour l'égalité et le respect plutôt que contre la Terre entière, une paire de sécateur à la main.

Amen

Photo: Kate Orr pour une pub Levi's

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 11 Mai 2015

La première cigarette du matin

Cette envie n'est pas un caprice, c'est comme un besoin, une nécessité que l'habitude a aggravé.

Pourquoi faudrait-il se priver de ce réconfort et abandonner cet indicible plaisir, comme la première cigarette du matin qui emplie l'atmosphère d'un parfum raffiné et enivre le cerveau...

Evidemment cela semble futile à celles qui encore aiment camoufler leur image véritable sous une apparence d'éternelle adolescente, mais les cheveux courts ont révélés tant de vérités, on fait découvrir tant de détails authentiques.

Et puis ce petit plaisir, cette façon de glisser, d'un doigt, une mèche trop courte pour demeurée derrière l'oreille, ce plaisir de sentir la nudité de sa nuque et la rebrousser doucement... c'est la même saveur que le goût du tabac blond qui glisse dans la gorge à peine humectée par le café du matin.

Photo: Kriss Photography

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 10 Mai 2015

La bonne amie
La bonne amie

C'est tout de même pas compliqué! Il ne s'agit pas d'avoir simplement les cheveux courts ( ou longs ) , ce qui est essentiel dans la vie, c'est d'avoir du style. Et avoir du style quand on a les cheveux courts, ça implique d'avoir une coupe toujours im-pec-cab-le.

Ah ben oui, là tout le monde est d'accord, sauf que, des cheveux courts toujours impeccables c'est un "rafraîchissement" tous les 15 jours ou au minimum un rendez vous mensuel chez le coiffeur.

La bonne amie

Et si vous n'êtes pas parvenue à négocier un tarif préférentiel avec votre coiffeur, autant dire que cela représente un budget pour une étudiante par exemple.

Maiiiiiis... Les femmes aux cheveux courts ne manquent pas de ressources, tout le monde sait cela. Et bien souvent, arrive à son secours "la bonne amie" coiffeuse, professionnelle ou simple passionnée qui a, après sans doute avoir fait quelques victimes, démontré son talent.

Alors du coup, régulièrement, le séjour se transforme en salon de coiffure et de quelques coups de ciseaux habiles, de quelques passages de tondeuse adroits, l'allure reste sauve, retardant parfois le rendez-vous "officiel" chez le coiffeur de plusieurs mois.

Mais la bonne amie ne saurait jamais se substituer à la "vraie" coiffeuse, qui malgré tout, bon an mal an, "rattrape le coup", restructure un peu la coupe et permet de repartir sur les bonnes bases.

La bonne amie

Merci Méli pour les photos et à sa "bonne amie" Fina pour la coupe.

Méli Rzg Model

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 9 Mai 2015

Cette inconnue

C'est une saveur étrange, à la fois douce et pimentée... L'inconnue lui semble familière, malgré le regard dissimulé derrière d'impénétrables reflets.

Pourtant les détails, le dessin de ses lèvres, le creux de ses joues, la sculpture de ses oreilles... Elle tourne un peu la tête, s'éloignant de lui... Ses cheveux. Ces cheveux courts, si courts sur sa silhouette androgyne, la précision autour de l'oreille, tondus au point de laisser paraître la pâleur du crâne et cette visible douceur de la nuque comme un pelage...

Bien sûr ce n'est pas elle, mais elle est comme l'hologramme de ce souvenir si profond, si cher, si douloureux...

Il la suit du regard, se rassasie de cette démarche, souple, fière et chaloupée. Elle relève la mèche sur son front, poursuit son geste jusque vers cette nuque où ses doigts font mine d'agripper les cheveux, en vain tant ils sont ras. Satisfaite, elle redresse le col de cuir et s'enfonce dans la foule...

Photo: Eduardo Rohner

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 8 Mai 2015

Entends-tu?

...

C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères.
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère.
Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rèves.
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève...

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami, si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes.
Chantez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute...

Le Chant des Partisans - extrait

Texte: Maurice Druon - joseph Kessel

Photo: Simonen Segouin, résistante

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Divers & variés

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Publié le 7 Mai 2015

Esprit de clocher

Nous pensions, Frida et moi, en avoir fini des caprices de Laora qui nous avait, semaines après semaines, condamnés à suivre les joutes vocales des candidats d'un télécrochet à grand spectacle, parce que son coeur battait pour l'une d'entre eux. Et d'ailleurs, malgré le résultat final qui courronna un crémier du Jura qui nous semblait être à la Montbéliarde ce qu'était Pierre Bachelet aux corons, l'élue de coeur de notre piémontaise l'emportait haut la main.

Malheureusement, c'était oublier que ce même télécrochet à grand spectacle se déroulait aussi outre Pô et que là aussi, une des candidates, sans doute la meilleure, faisait chavirer le coeur de bergère des Abruzzes.

Laora "- Ma comment vous pouvez mé faire croire qué vous êtes pas amoureux dé la Roberta? Hum? Qu'elle chante comme oune déesse, qu'elle est belle comme oune déesse et qu'elle a oune coupe dé chéveux comme jé rêve..."

Et il faut bien avouer, que même si Frida et moi on entrave pas grand chose à la langue de Dante, la fameuse Roberta a toutes les qualités pour nous séduire.

Esprit de clocher

Frida "- Che zuis zure que tu dis za parce k'en blus à chak soirée elle a une koupe toute fraîche... Hein?... Obzédé va!

Moi - Non c'est pas ça, mais je suis ravi que personne n'ait eu l'idée saugrenue de lui dire que pour réusir dans ce métier il faudrait qu'elle laisse "un peu" pousser ses cheveux. Et ça, j'aime!"

Roberta Carrese

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 6 Mai 2015

Feminarum capillis brevibus Regina*

Il y a, à Montpellier, un lieu où la rumeur finit toujours par conduire les femmes aux cheveux courts. Un endroit un peu surprenant au premier abord et dans lequel, il y a 5 ans, on ne s'attendait pas à voir autant de jeunes femmes.

C'est un salon de coiffure tout ce qu'il y a de plus masculin, style années 60, avec son lot de formica et de linoléum et deux authentiques fauteuils de barbier. Dans ce petit royaume du cheveux court, Gilles est le roi, mais la reine c'est Régine.

Feminarum capillis brevibus Regina*

Si aujourd'hui Régine est devenue une telle référence pour les femmes aux cheveux courts, c'est d'abord et avant tout parce qu'elle même en est une, depuis .... toujours!

Adolescente punk et extravagante, elle avait déjà la tondeuse agile pour faire des coupes à ses copines et copains du lycée. Elle réussi pourtant à échapper aux affres de l'apprentissage et après des études sans intérêt, bac en poche elle intégre une école de coiffure. Formation classique, CAP homme et femme et puis l'expérience acquise dans différents salons qui l'amènent à quitter son Alsace natale...

Finalement et comme depuis toujours son vrai plaisir c'est de couper les cheveux, elle rejoint son complice Gilles, alsacien lui aussi, avec qui son parcours professionnel s'est déjà télescope auparavant. Ksalon, c'est le bingo!

Un salon hommes, mais pas que, puisque, petit à petit, son savoir faire et l'écoute particulière qu'elle porte aux femmes aux cheveux courts, son expérience et la confiance que lui accordent les clientes qui savent que "elle au moins elle n'a pas peur de couper les cheveux courts", vont rapidement faire l'unanimité.

Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*
Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*
Feminarum capillis brevibus Regina*Feminarum capillis brevibus Regina*

C'est que mine de rien, cette mère de 2 ados est parfois aussi queer que ses jeunes clientes. Elle sait mieux que personne saisir leurs attentes et percevoir leurs envies. Elle sait que dans le domaine du style, tout se joue au millimètre près. Elle aime ces jeunes femmes audacieuses, parce qu'elle connait le regard des autres, celui des mortels qui lorgnent sur les nuques trop courtes des filles avec une mine de dégoût et ceux qui médisent de ces femmes aux cheveux courts " qu'on ne reconnait plus ma pauv'dame "... Elle a aussi toutes ces audaces, de la boule à zéro au blond platine, du carré court aux extensions "africaines". C'est comme ça vient et selon les envies. Parce qu'elle sait que l'essentiel est bien d'être soi même et fuck les regards des autres. Grâce à cela, il y a comme une complicité, le regard bienveillant d'une "grande soeur", professionnelle néanmoins, qui sait bien comment " fondre parfaitement ce dégradé au dessus du tour d'oreille bien net et cette nuque que toutes aiment caresser une fois sorties du fauteuil...

* La reine des femmes aux cheveux courts

Ksalon, 6 rue du Petit St Jean, Montpellier

04 67 60 47 39

Photos: jeaneg

Avec l'amicale participation de Eva, Maud, Alexane, Romane, Wiebke, Adeline et Julie

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Quartier Libre, #Portrait

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