Publié le 25 Novembre 2017

Photo: Lim Kazuki

Photo: Lim Kazuki

Je n'imaginais pas, il y a quelques années, que je ferai ce constat un jour. Pourtant il y a, parmi les femmes aux cheveux courts que j'ai rencontrées, bon nombre d'entre elles qui sont véritablement "addict" et qui ne supportent pas de passer plus de 3 semaines sans un rendez vous chez le coiffeur. Mais plus encore, il leur faut les cheveux proprement rasés, parfaitement dégradés dans un "fade" qui jusqu'à il y a peu, était un style ancien que seuls quelques hommes avaient osé remettre au goût du jour et qui c'est rapidement développé...

Le phénomène prend de l'ampleur au point de devenir un sujet éditorial dans certains magazines en ligne comme Rue89 et se voir plus ou moins bien traité par des journalistes friands de sensationnel.

Pourtant, moi qui les connais bien, je sais que ces femmes aux cheveux courts, peut être plus extrêmes que les autres, ne sont pas, pour la majorité d'entre elles, dans une expression de révolte, dans une surenchère de provocation ou dans un jusqu'au boutisme effréné. C'est même tout le contraire!

Il y a du style, de la recherche et même de la sophistication à aimer avoir les tempes ou/et la nuque bien rasées. Pas de revendication, juste la conscience ( ou l'inconscience ) qu'il n'y a aucune raison valable à réserver ce style au genre masculin. Juste le goût pour une allure remarquable, une sensation différente, un plaisir secret et sensuel et l'envie d'être définitivement unique c'est à dire elles mêmes, sans chercher à plaire au plus grand nombre.

Alors finalement, je suis assez ravi de voir, de plus en plus fréquemment, des femmes de tous âges céder à ce goût si particulier et j'ai volontiers le sentiment d'être à égalité avec elles, dans cette recherche d'un certain raffinement.

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 24 Novembre 2017

Imagine

Depuis un instant, le stylo court sur le papier, rapide, presque fébrile, par petits coups, nerveux... Rapidement le visage apparait, le trait est sûr et la ressemblance certaine. Un visage presque enfantin. C'est celui de la jeune femme assise en face. Elle a un air scandinave, sans doute les cheveux blonds et les yeux clairs accentuent-ils cette impression. Sur sa peau claire quelques taches de rousseur lui donne cet air juvénile.

Mais soudain le stylo reste suspendu. Une pause, un arrêt, très bref, avant de reprendre sa course. Et tout change. La frange des cheveux blonds s'allège, s'émiette, se raccourcie et trouve un léger mouvement sur le côté. Les oreilles se montrent et le cou reste nu... alors que le modèle, en face, est un peu enveloppée par sa blondeur, le front masqué par une frange bien droite, les oreilles dissimulées et le cou protégé par sa coupe au carré...

L'artiste l'imagine différente, sans cette parure dont personne n'est vraiment sûr qu'elle ne soit pas juste un paravent, un trompe-l'oeil de féminité. La bille du stylo piquette le dessin d'une chevelure, comme un plumage, léger et très court. A travers la table dans ce bistrot bruyant, la jeune femme voit le dessin, se devine et sourit. Elle ébouriffe sa frange trop droite et glisse une main sous ses cheveux pour caresser sa nuque, la mine boudeuse...

Elle prend la main qui tient le stylo, approche son visage et murmure: "J'en rêvais..."

Dessin: Knas Vang

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Nouvelles et petites histoires, #Divers & variés

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Publié le 23 Novembre 2017

Quartier Libre : Coline

C'est aujourd'hui que je suis enfin la personne que j'ai toujours voulu être: une personne qui me ressemble avec un style, qu'ils disent tous "particulièrement différent". J'ai toujours eu ce besoin de vouloir m'exprimer à la "tomboy" depuis mon plus jeune âge. Ma mère n'aimait pas du tout ça, elle me forçait à m'habiller "en fille", quelques fois j'en pleurais; puis je me disais que ce n'était pas de ma faute, que c'était comme ça. Je ne voulais pas la décevoir, je voulais la rendre fière, alors j'ai gardé mes cheveux longs, très longtemps, trop longtemps.

J'essayais de lui plaire dans la façon de m'habiller: des robes, quelques fois des talons.. Je me forçais à lui faire décrocher un sourire de sa part, de lui décrocher quelques mots doux comme "tu es belle ma fille", ou j'essayais de lui montrer que ce n'était pas moi, qu'elle avait tort. Aux yeux de ma famille, j'étais la gosse qui ne décrochait jamais de sourire, qui était moche et qui n'avait aucun potentiel, aucun avenir. Je voyais leur dégoût dans leur regard, j'étais mal car j'avais une image de ma personne horrible. Mes cheveux me mangeaient le visage ainsi que ma personnalité, ce n'était pas moi, ça n'avait jamais été moi. Petit à petit je ne m'occupais plus d'eux, ils ne méritaient plus aucune attention de ma part, je ne voulais plus être leur esclave. Avec eux, je me forçais à être une autre personne, une personne complètement différente de moi. Les gens se moquaient de mon physique, j'étais moche, je ne m'aimais pas, les gens ne m'aiment pas. J'étais mal dans ma peau durant très longtemps.

Puis le 7 juin 2016, j'ai croisé une photo, une belle et magnifique photo d'une femme aux cheveux courts. Le coup de foudre. J'en ai parlé à ma meilleure amie à l'époque, elle trouvait ça "dangereux" de me faire cette coupe là mais elle était partante pour l'aventure. Ce jour là, elle m'a accompagnée chez le coiffeur, mes parents n'étaient pas au courant que j'avais choisi une coupe courte. 1, 2, 3 coups de ciseaux puis j'étais enfin moi. Le sourire jusqu'aux oreilles, j'éclatais de rire à chaque mèche de cheveux qui tombait sur le sol, j'étais fière de moi, c'était la première fois. Petit à petit, je commençais à mettre timidement ma main dans mes cheveux, je n'y croyais pas, je ne croyais pas à ce miracle. C'était un sentiment de bonheur qui m'envahissait, enfin. Le soir même, je suis rentré chez moi. Mes parents m'ont vu, ils se sont arrêtés net. Ils ont ouvert grand leur bouche, et leurs yeux étaient d'une rondeur extrême. Je ne m'attendais pas à cette réaction: ils étaient contents. Ce jour là ma vie a complètement pris un autre tournant: j'étais enfin moi (malgré les questions débiles des gens: "pourquoi t'as fait ça?", "tu aimes les filles du coup?", "tu es une fille ou un garçon?", "tu veux changer de sexe?"...), je m'en foutais du regard des autres, j'étais bien, j'arrivais à m'arrêter devant ce miroir que j'avais brisé de colère il y a longtemps, chaque fragment représentait mon parcours.

Quartier Libre : Coline
Quartier Libre : ColineQuartier Libre : Coline

Ma vie a été bouleversée dans le bon sens, grâce à ce changement capillaire: j'ai acquis une confiance en moi que j'avais perdue, je me suis ouverte aux autres, et j'ai trouver l'amour. Que demander de mieux?

Maintenant, je peux le dire, je suis fière de mon parcours, et c'est en écrivant une partie de mon histoire ici que je me rend compte que pour être heureux, il faut être soi-même.

Texte et photos: Coline M.

Sur instagram

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 22 Novembre 2017

Beli is back!

Il y a comme ça, plein de choses que les "mortels" ne peuvent pas comprendre et qui moi, me réjouissent. Faire la liste serait à la fois bien trop long et très fastidieux, mais quand je vois Beli, j'ai le sentiment de retrouver en elle un véritable "digest" de toutes ces choses...

Elle accumule tout ce que les grincheux sont capables de critiquer. Elle est jeune, belle et charismatique. Là déjà on frôle l'excommunication. Mais ce n'est que le début et les "défauts" s'enchainent presque naturellement. Elle aime la vitesse, les belles voitures et pilote sa propre moto. Scandale! Elle est indépendante, a fait des études et vit de sa passion. J'en entends qui s'étranglent et s'étouffent dans leur bave. Elle est grande et sportive, a un sourire éblouissant et carnassier, un tempérament de "garçon manqué"dont elle aime bien cultiver l'allure. Alors là, définitivement, on lui promet l'Enfer... Son corps androgyne, sa nuque toujours bien rasée, son caractère de battante et son optimisme increvable.. Trop c'est trop!

Beli est de retour dans sa Catalogne tourmentée et je la retrouve chevauchant sa Triumph, fière et puissante et je me dis que la vie est injuste... pour les autres.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 19 Novembre 2017

Dure de dure

Serrer les mâchoires à s'en faire péter les molaires, histoire de faire rouler les muscles maxillaires sous les joues, froncer les sourcils et avoir un oeil noir... juste pour avoir l'air d'un "vrai dur"? Est-ce que c'est bien nécessaire? Comme si les cheveux ras obligeaient à cette dureté? Pas sûr...

C'est un dépouillement extrême, cette façon d'effacer sa chevelure. La toute première fois, c'est brutal. Et puis on s'habitue, on apprécie, on en jouit. Quel que soit le motif, la raison et d'où que vienne l'envie, l'expérience vous transporte dans une autre dimension où plus rien ne peut être caché. Ce sortilège vous donne accès soudain à votre vrai visage, mais aussi au coeur de votre entourage, sans détours et sans précautions de politesse ou de savoir vivre...Alors on peut jouer au dur, se glisser dans la peau du moine dont on vient d'endosser l'habit, mais en réalité, cette tête rasée ne fait qu'ôter toute diversion pour que tout le monde ne se concentre que sur l'essentiel qui n'est plus dissimulé. Dur, mais salutaire.

Certaines y survivent, y reviennent, replongeant la tête sous les lames de la tondeuse, dans une routine rapidement hebdomadaire... ce qui bientôt ne suffit plus, parce qu'il faut en chaque chose et toujours être "sophistiqué". Alors la vulgaire "boule à zéro" devient un style, une allure, qu'il faut soigner. Il faut du "fade", du détail, du précis, pour ne plus laisser croire que le geste était désespéré

Modèle: Terra Juana

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 17 Novembre 2017

Photo: Bertille L.

Photo: Bertille L.

je dois faire un aveu. Je ne parviens pas, mais alors pas du tout, à comprendre les gens qui se permettent un avis sur les goûts des autres et tout spécialement sur leur envie, besoin, désir de cheveux courts.

Je peux le dire sans ambages, je suis un garçon plutôt consensuel, en un seul mot... et malgré un lourd passé qui tendrait à démontrer le contraire, pas du tout querelleur. Mais quand même!

Je la vois, toute pimpante, le regard pétillant de malice, fière de cet élan de courage qui l'a conduite chez le coiffeur du quartier où elle a osé, en fermant un peu les yeux, demander qu'on lui coupe les cheveux, oui très court s'il vous plait, non plus court encore... Je la vois vous dis-je, qui rayonne, un peu le rouge aux pommettes, tellement conquérante, presque invincible. Elle passe la main dans ses cheveux devenus trop courts et je devine son étonnement ravi, elle caresse doucement la nuque et je la vois sourire, espiègle.

Bref! C'est un grand pas et une franche réussite!

Et puis arrive là dessus, les uns et les autres, avec leurs goûts et leurs couleurs tellement formatées, qui vont sournoisement, de petites phrases en mots à peine voilés, tenter de déglinguer la belle assurance et la fierté fraîchement acquise de la belle aux cheveux courts. 

Mais le pire, le pire voyez vous, c'est lorsque la propre famille, les très proches, la chair même qui devrait, quoiqu'il arrive, être toujours là pour vous soutenir, vous encourager, la ramène eux aussi avec des considérations d'un autre âge, du genre: "ohlala mais chérie c'est trop court... bon ben t'as plus qu'à les laisser repousser hein? ... mais pourquoi tu les coupes si courts? ... tu veux changer de sexe ou quoi?..." j'en passe et des plus graves.

Et ça franchement je ne le comprend pas. Comment, pourquoi, de quel droit est-ce que l'on peut s'autoriser à donner un avis, négatif, sur le résultat d'une démarche tellement personnelle, qui touche l'intime, qui construit la confiance en soi, qui réalise l'expression d'une sincère personnalité ( que visiblement l'entourage ignore ) et d'un mot, souvent mal choisi, dire "c'est moche" au lieu de dire " je n'aime pas"?

Heureusement, à l'inverse, il y a des esprits éveillés qui savent voir le monde autrement qu'en noir et blanc et puis surtout ces femmes aux cheveux courts, jeunes, débutantes, qui n'ont pas leur langue dans la poche et résolument le caractère et la détermination qui les définit toutes.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Novembre 2017

Nana Visitor

C'est un peu comme si tout le monde trouvait ça naturel, comme s'il y avait une mystérieuse et secrète date de péremption, inscrite quelque part et qui soudain autoriserait les femmes à avoir les cheveux courts. Comme si un pouvoir leur était retiré...

Est-ce qu'on s'imagine qu'arrivée à cette belle maturité, une femme cesse donc d'être convoitée, qu'elle est mère et peut être même grand mère et que cela la met hors jeu?

Ah non! C'est un peu facile voyez vous, de croire qu'au delà d'un certain âge, plus rien n'a d'importance et que subitement les cheveux courts seraient même un standard recommandé. Non, non et non! Je me tue à le dire presque tous les jours. qu'on ait 18 ans ou qu'on en ait 60, l'esprit reste le même, la volonté d'être ( un peu ) différente, en tout cas soi même, quelque soit l'opinion générale, d'être authentique et sans fard... Et puis souvent, cet état d'esprit ne date pas d'hier. Cette femme de 60 ans était déjà une femme aux cheveux courts à 30 ans et même peut être à 20 ans.. Et peut être même qu'elle l'a toujours été? D'autres profitent de la sérénité que leur offrent les années passées pour "oser" enfin s'affranchir du regard des autres et tailler avec volupté cette tignasse qu'elles se sont longtemps imposée..

Si bien que, vous pouvez en être sûr, ces femmes là ont tout autant le regard qui pétille et le moral regonflé lorsqu'elles sortent de chez le coiffeur, les oreilles bien dégagées et le front large, se sentant invincibles et conquérantes. Elles ont autant de plaisir, comme toutes, à passer discrètement et avec délice, la main sur leur nuque tondue, jetant un oeil sur presque chaque vitrine qui leur renvoie l'image d'une femme belle et déterminée. 

Dans ces moments là, toutes ont une éternelle jeunesse.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 14 Novembre 2017

Toutes les filles ne veulent pas être des princesses

C'est marrant cette façon qu'ont les gens, sans même qu'on le leur demande, de propager des rumeurs et faire vivre des mythes. Je crois bien que ça ne date pas d'hier d'ailleurs...

Enfermé dans son mensonge de la virilité, l'homme a inventé voilà bien des siècles, le personnage légendaire du Prince Charmant, juste pour faire croire au petites filles qu'il devait être leur idéal et leur espoir le plus noble. Ainsi, par dérivation, les petites filles devenues mères on fait croire elles aussi que devenir une princesse était bien le meilleur moyen pour être, un jour, dans les bras du "PC"... Vous m'suivez?

Seulement voilà, il y a belle lurette que les filles ne se font plus avoir par toutes ces sornettes. Alors oui, les jolies robes, les paillettes et les pantoufles de vair, c'est tentant, mais bon! Prince Charmant c'est quand même plus cool!

Aux orties les poupées et les dinettes! Exit la princesse de Walt Disney, les nouvelles princesses ont la nuque fraîche et les oreilles bien dégagées, elles pilotent l'avion et font le coup de feu de temps en temps. Et si un petit prince à leur goût passe par là, elles le croquent volontiers. Pas question "d'inverser les rôles" évidemment. Ce serait bien stupide. Seulement il faut se faire une raison, la virilité et son mythe, ébranlé depuis des années, finit pas s'effondrer... et avec lui les Princes Charmants et les Princesses Endormies.

Photo: Origine inconnue

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Novembre 2017

C'était tout juste après la guerre...

C'était tout juste après la guerre
Dans un p'tit bal qu'avait souffert
Sur une piste de misère
Y'en avait deux à découvert
Parmi les gravats ils dansaient
Dans ce p'tit bal qui s'appelait...
Qui s'appelait... (ter)


Non je n'me souviens plus
Du nom du bal perdu
Ce dont je me souviens
C'est de ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d'eux
Y'avait tant d'insouciance
Dans leurs gestes émus
Alors quelle importance
Le nom du bal perdu ?
Non je ne me souviens plus
Du nom du bal perdu
Ce dont je me souviens
C'est qu'ils étaient heureux
Les yeux au fond des yeux
Et c'était bien et c'était bien.


Ils buvaient dans le même verre
Toujours sans se quitter des yeux
Ils faisaient la même prière
D'être toujours, toujours heureux
Parmi les gravats ils souriaient
Dans ce petit bal qui s'appelait...
Qui s'appelait... (ter)


Et puis quand l'accordéoniste
S'est arrêté, ils sont partis
Le soir tombait dessus la piste
Sur les gravats et sur ma vie
Il était redevenu tout triste
Ce petit bal qui s'appelait...
Qui s'appelait... (ter)


Non je n'me souviens plus
Du nom du bal perdu
Ce dont je me souviens
C'est de ces amoureux
Qui ne regardaient rien autour d'eux
Y'avait tant de lumière
Avec eux dans la rue
Alors la belle affaire
Le nom du bal perdu
Non je n'me souviens plus
Du nom du bal perdu
Ce dont je me souviens
C'est qu'on était heureux
Les yeux au fond des yeux.
Et c'était bien et c'était bien.

Texte: Robert Nyel

Photo: Robert Doisneau

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 12 Novembre 2017

Paula Martin par Raul Bateman

Paula Martin par Raul Bateman

Tu as un peu hésité, puis tu lui as dit, en souriant: " Finalement ton idéal féminin, ce serait un garçon, non? " Il a eu l'air étonné, pas outré ni choqué, juste étonné. Il  s'est tu, un instant, puis en te prenant les mains il t'a fait tourner devant lui. 

C'est parce que tu étais nue et que te voyant de dos il avait exprimé son admiration, parce qu'il aimait les formes de ton corps, qui auraient pu être, il te l'a dit, celles d'un garçon, tant tes hanches étaient étroites et ton dos charpenté. Parce qu'il aimait que toi même en aies conscience et qu'en toute logique tu joues ce registre avec tes cheveux courts. Parce que tu sais bien à quel point il aime quand, distraitement, tu dis que tu dois les faire couper, qu'ils sont trop longs et que tu aimes les sentir tondus sur ta nuque...

Et tu tournes devant lui, montrant tes seins minuscules, ton ventre plat et ton sexe, ombré de poils courts, puis ton dos à nouveau et encore ton visage, sans fard, les tempes rasées et tes reins et ton buste imberbe, encore, encore...

Enfin, t'enveloppant dans ses bras et pressant vos deux corps, peau contre peau, à ton oreille nue sa voix attise ton sourire comme un souffle réchauffe la braise: " Mon idéal, c'est toi et je te trouve bien insolente de penser que je ne puisse voir autre chose chez une femme aux cheveux courts que des indices de son propre masculin. Tu es une femme différente des femmes et je suis, moi, différent des hommes." 

En sentant le baiser sur ta nuque tu as frémis et les yeux clos tu as dis que tu n'avais pas besoin d'être rassurée, que c'était juste pour te taquiner et t'entendre dire ces mots.... Mais tes lèvres n'ont pas bougées.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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