Publié le 19 Février 2016

Alana Lucia chez Blind Barber

Alana Lucia chez Blind Barber

J'imagine facilement le soulagement de certains parents, lorsqu'un beau matin, la petite dernière que Papamaman s'inquiétaient un peu de ne voir jouer qu'à des jeux de garçons, courir partout et grimper aux arbres, ne jamais quitter ses éternels pantalons et n'avoir aucun goût pour la dinette et le maquillage, leur révèle avec solennité que plus tard, ce qu'elle veut c'est "faire coiffeur"!

Aaaaah! Ouf! Là oui, voilà un métier de fille, tout va bien... Un instant on a cru que... mais non.

Sauf qu'ils n'ont pas fait vraiment attention à l'énoncé, tout heureux qu'ils étaient de voir leur fifille s'orienter "enfin" vers quelque chose de tout à fait féminin, mais la fifille en question n'a pas dit qu'elle voulait être coiffeuse.... elle a dit coiffeur. Nuance.

Qu'importe! Les voilà rassurés. Ils l'imaginent déjà toute pomponnée, s'éclater entre les bacs à shampooing et le roulage de bigoudis... jusqu'au jour où, à peine l'apprentissage débuté, la mignonne rentre à la maison avec une coupe en brosse digne d'une recrue de l'US Army.

Mais... mais... Ben oui, son truc, ce qu'elle aime, ce pourquoi elle veut être coiffeur, et non coiffeuse, c'est couper les cheveux, les trancher, les tailler, les tondre, les raser. Pas la peine de chercher d'où ça lui vient, c'est comme ça... depuis toujours.

Christie Turner @britishmasterbarbers

Christie Turner @britishmasterbarbers

Elle a cette dilection, cette fantaisie, elle aime la matière comme un sculpteur aime le bois ou la glaise. Elle est fascinée depuis toujours par la dextérité de certains à manier la tondeuse, petit monstre d'acier et de plastic qui vous "blanchit" une tempe en rien de temps mais peut aussi vous fondre un dégradé minutieusement. Elle adore le ballet des ciseaux qui cliquettent sur le peigne de corne, rythmé comme un métronome et petit à petit, consciencieusement, méticuleusement, dessinent le "fade", elle adore la lame froide du coupe-chou qui efface le poil et dénude la peau tiède. Bref! Son truc, c'est coiffeur et qu'importe le genre du client, homme ou femme et souvent autre, ce qu'elle préfère ce sont les nuques bien dessinées, rasées, tondues.

Alors c'est bien normal que ce style qu'elle adore, elle le fasse sien...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 18 Février 2016

La taille et la gabelle

Je suis toujours aux anges lorsqu'une amie, réelle ou encore virtuelle, m'annonce l'imminence de son passage chez le coiffeur, histoire de me mettre l'eau à la bouche, ou m'envoye quelques photos de sa dernière coupe.

J'ai droit à un petit compte rendu en général pour me parler aussi du salon dans lequel cela s'est déroulé... Mais hélas, bien souvent, c'est là que mon humeur change, lorsque j'apprend que sa coupe "skin fade" lui a couté 40€ alors que si elle avait été un garçon, pour la même coupe elle aurait certainement payé 20€.

Je suis alors partagé entre l'admiration et la fierté de voir cette belle androgyne cultiver son style de la plus belle façon et l'agacement de ne pas comprendre pour quelle raison saugrenue, cette coupe de cheveux identique en tous points que l'on soit homme ou femme, se trouve taxée au final pour une femme. Une sorte d'impôt? Un truc du même genre que la TVA à 20% sur les tampons et serviettes hygiéniques? Ce serait pas un peu du foutage de gueule des fois?

Remarquez, ça fait longtemps que les marchands de tout poils ont trouvés la combine. Prenez les rasoirs jetables... En bleu ça coûte un bras... en rose deux bras. Sauf que le produit est quasiment le même. Ah c'est le "quasiment" qui coûte... ok ok ok.

Il serait tout de même temps que nos figaros chéris adaptent leurs tarifs, non pas au genre de leurs clients, mais à la longueur de leur tignasse. Ce serait tout de même plus équitable. Mais comme là encore il faut faire une révolution, en attendant, c'est à vous, les clientes, de bien choisir votre coiffeur "pour hommes et femmes aux cheveux courts".

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 17 Février 2016

Maniaque

Le soleil danse sur son visage, une caresse qui réchauffe son torse nu. Sa blondeur illumine le contre jour et ses épaules scintillent encore ça et là, de petits cheveux égarés.

Elle aime cet exercice et si la serviette cache ses seins, ce n'est pas fait exprès. L'instant d'avant elle était assise sur cette simple chaise dans le studio lumineux, livrant sa tête aux mains expertes du coiffeur qui, consciencieusement, méticuleusement, rasait de sa tondeuse les cheveux blonds, égalisait, coiffait les mèches plus longues et redonnait de l'allure à cette coupe si personnelle.

Elle est audacieuse et précisément sans genre particulier pour donner un style diablement féminin ou terriblement ambigu selon l'humeur et le vêtement. Les tempes et la nuque fraîchement rasées confondent la blondeur avec la pâleur de la peau et le reste en panache se coiffe sagement en arrière à la manière d'une banale coupe au carré. Cependant les combinaisons sont multiples et elle se réjouit que son métier lui donne l'occasion de toujours en expérimenter de nouvelles.

A la petite peur de la première fois, c'est substituée une certaine volupté, un plaisir trouble à toujours avoir ce contour tondu au millimètre, une habitude maniaque dont elle ne parvient pas à imaginer une variante...Parfois l'envie lui vient d'avoir la tête entière tondue comme ses tempes, ça ne l'effraie pas, puis sa raison l'emporte. Un jour, peut être...

Photo: Chris Born avec Manouche Bouchain

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 15 Février 2016

Bonjour tristesse

Il est bien trop prompt, le chaland, à d'un seul regard juger d'une personne ou d'un sentiment. Ne dites pas non, je l'entend tous les jours et je le vois, jusque devant ma porte quand les bonnes gens taillent et tranchent ce monde qui les effraie...

Si je vous disais que je la connais, celle qui pour vous a déjà quitté les rangs de l'humain. Ses vêtements sont si étranges qu'on les voit douteux et pourquoi pas sales tant qu'on y est. Et puis cette casquette! C'est exprès figurez vous, c'est leur signe, c'est ainsi qu'ils se reconnaissent, si je l'assure... On me l'a dit.

C'est une jeune femme? Je n'en suis pas sûr, enfin rien ne le démontre et ses cheveux sont tondus. C'est en prison qu'on les rase ainsi, pour éviter les poux et puis pour leur apprendre la vie aussi.. ça fait pas de mal... Si c'est pas malheureux et toute cette drogue qui circule et...

Vous souriez, vous dites que j'exagère bien sûr. J'aimerai bien et après tout on me connait pour ça...

Pourtant non. La jeune femme est de bonne famille, ne boit pas ne fume pas. Elle fait des études, essaie de s'en sortir. Elle a un petit ami... mais voilà St Valentin a un mot d'excuse, son réveil n'a pas sonné. Alors elle est là, sur le banc, un peu décomposée c'est vrai. Mais pas de quoi faire peur aux bonnes gens.

Elle s'habille de son temps, n'est pas si attachée à son genre et se moque d'être confondue avec un garçon juste parce qu'elle porte une casquette de traviole ou qu'elle aime bien se tondre les cheveux. Son Jules aussi s'en moque et cela ne fait pas d'eux des délinquants. Voilà.

Juger des apparences n'apporte jamais rien de bon. Juger tout court non plus d'ailleurs. Si le sort des gens vous intéresse, prenez le temps de vous assoir sur le banc...

Photo: Olly Burn

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 13 Février 2016

Le besoin et l'envie

Je n'imagine pas qu'il ne puisse y avoir d'intention particulière lorsque soi même on exécute ce geste, sans attendre le moment ou la fortune suffisante pour le confier à celui dont c'est le métier. C'est juste que l'on ne peut patienter davantage, que le besoin est là et que l'envie le nécessite. Et c'est étrange de le savoir...

Dans ce rendez vous intime, la main ne tremble pas, l'émotion n'est pas forcément dans le geste, cela viendra après... juste après lorsque la machine à peine tut, les cheveux coupés sont chassés pour laisser place à la douceur d'un gazon fraichement tondu.

Le besoin alors s'efface devant l'envie assouvie. Parce qu'il y a du plaisir à cette sensualité, lorsque les doigts viennent jauger et déterminer si le travail est bien fait. La main mesure toute l'harmonie entre la douceur de la peau tiède et le soyeux de la chevelure rasée. Sans plus d'effort, la tondeuse est parvenue à rendre les contours propres et nets, soulignant l'empreinte personnelle de la nuque, révélant mieux encore son érotique relief.

Enfin l'instant délicieux, hâtif, presque fugace... ou plus langoureux, bref ce bonheur de retrouver, intacte, toute la confiance en ce pouvoir secret de la femme aux cheveux courts.

Photo: Fany Meil

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 10 Février 2016

La moue

Ce n'est pas vraiment une grimace d'ailleurs, plutôt une mine boudeuse, un peu neutre, sans enthousiasme. Elle est là et fait ce geste avec la main dans ses cheveux, comme pour s'excuser de les avoir trop courts. Des épis se forment entre ses doigts et lorsqu'elle retire sa main, sa chevelure ressemble à ces champs de céréales agités par tous les vents.

Non ce n'est pas de la timidité ou de l'embarras et elle ne s'excuse pas d'avoir les cheveux trop courts. Au contraire elle songe plutôt qu'ils sont trop longs. Mais elle aime ce geste et le contact de ses doigts avec la toison courte et drue, une douceur qui lui donne de l'assurance, qui lui rappelle ses choix, sa détermination...

Elle esquisse un sourire, enfin quelque chose se devine dans son regard. Elle tente d'ébouriffer ce qui ne peut pas l'être davantage et s'éloigne, une main sur la nuque, caressant les cheveux courts...

Photo: Sandra Gorska

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 7 Février 2016

Photo: Dancian Hedigon

Photo: Dancian Hedigon

Accentuer le trait, souligner ce que tout le monde remarque, c'est une façon de rendre exceptionnels des détails banals... Ce n'est pas toujours facile d'avoir "une gueule". Une bouche qu'on trouve "trop" grande, des pommettes "trop" saillantes, un nez "trop" fort, des yeux "trop" petits.

Tout cela pourrait sans doute être camouflé derrière une chevelure longue et luxuriante, accentuant l'insignifiance d'un visage pourtant pas banal. Encore faut-il avoir envie d'être remarquée et sortir du lot. Pas franchement indispensable quand on est étudiante, chauffeur de bus ou maitresse d'école... C'est vrai!

Mais quand on est mannequin?

Photo: Mariano Vivanco- Vogue Russie

Photo: Mariano Vivanco- Vogue Russie

Ah ben quand on est mannequin oui! On dirait même que par les temps qui courent c'est recommandé.

Mais franchement, est ce qu'on croit que les modèles n'ont pas les mêmes sentiments, les mêmes états d'âme que n'importe quelle autre femme? Moi je crois qu'elles ont juste la chance d'être dans un milieu plus ou moins artistique où l'image joue un rôle primordial, mais qu'en même temps cela inspire, donne de l'audace et du courage peut être à celles qui parfois se trouvent "pas assez ceci" ou "trop cela"...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 6 Février 2016

Tu ne tueras point (Ex.20.13)

Oui, enfin ça c'est la théorie. Parce que dans la réalité, quand tu sors de chez le coiffeur avec une coupe horrible, une couleur pisseuse, une frange trop courte et une tête qui ne te revient pas ( la tienne ), eh bien on est tout de même pas loin de l'homicide volontaire.

C'est facile d'en rire ou de plaisanter sur le sujet... N'empêche. On a beau se dire que ce ne sont que des cheveux, que cela repousse, que rien n'est définitif et qu'il faut un peu de patience, on a beau être là pour consoler et rassurer celle qui est la victime de ce sabotage, lui dire que ce n'est pas si grave, que non elle n'est pas moche... eh ben on est tout de même au bord du meurtre.

Tu ne tueras point (Ex.20.13)

Parce qu'il y a encore des salons de coiffure qui trouvent intelligent de confier à l'apprentie ou à la stagiaire, le soin de s'occuper d'une nouvelle cliente, au lieu de lui apporter le meilleur est s'assurer de sa fidélité et parce qu'une bonne coloriste n'est pas forcément douée en coupe, ou naturellement visagiste... Bref! Les catas ça existe et là bien sûr vous avez les larmes aux yeux et juste l'envie de vous dissoudre dans l'atmosphère en sortant de cet endroit.

Mais en fait, tout ça c'est comme le sujet de ce blog. Parler des femmes aux cheveux courts...Pfffft quelle plaisanterie, quelle futilité.

Ben oui et non. Non parce que l'estime de soi, la confiance, l'assurance... tout ça, personne ne peut dire que c'est inutile. Et une coupe de cheveux n'est pas simplement un accessoire de notre vie, mais bien l'expression d'une part de notre personnalité.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 5 Février 2016

Et n'en faire qu'à sa tête

Finalement, elle est vraiment sans ambiguité cette expression, parce qu'en ne faisant qu'à sa tête, on fait le choix

1/ de ne faire que ce que l'on veut, sans s'occuper de l'opinion des autres

2/ de ne s'en prendre qu'à sa propre image.

Pourtant ces deux options semblent toujours contestées par "le plus grand nombre", qui, peut être, se sent vexé qu'on n'accorde pas plus d'intérêt à son opinion et ne supporte pas qu'on fasse "son intéressant" en ayant la tête qui dépasse de la foule.

Alors du coup, l'impression persiste qu'il faille être sacrément audacieuse, déterminée, pour oser la confrontation avec la foule molle prête à se montrer sévère face à celles qui n'en font qu'à leur tête.

Mais en réalité il n'y a pas d'affrontement ni de lutte. C'est un bluff et l'on s'aperçoit que passées les petites réflexions hargneuses, revanchardes et impuissantes qui sont lâchées presque à voix basse, l'héroïne aux cheveux décolorés, la nuque toujours rasée à la tondeuse, fraichement, méticuleusement, finit toujours par séduire, grâce aux qualités que tout ces détails inspirent...

N'en faire qu'à sa tête, après tout, c'est juste une question de personnalité.

Photo: Gwénaël Moreau

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 2 Février 2016

La bonne enseigne

Il y a parfois de bonnes surprises. Non ben non, je ne parle pas du dernier salon "Up Hair Cut" ou " Sup'Hair Tif" comme il en fleurit toujours aux quatre coins de nos bourgades... non sérieux...

Dans mon souvenir celui-ci avait pour enseigne:

" Coiffeur pour Hommes ... et pour femmes comme des garçons".

Déjà, intitulé comme ça, je trouvais que cela avait le mérite d'être clair, même si le " comme des garçons" pouvait sembler maladroit ou sexiste. Le salon était en fait un salon de barbier, ce qui à l'époque n'était pas si courant qu'aujourd'hui.

Aujourd'hui les choses ont un peu changées.. en tout cas pour ce salon de Vannes (56). On est moins sur l'idée de femmes qui se coiffent comme des garçons (sic) et davantage sur l'idée qu'une coupe courte n'a pas de genre, ce qui se traduit économiquement par un prix unique, pour homme ET femme. Intelligent ( et honnête )!

La bonne enseigne

N'en reste pas moins que le nom arboré par un salon a toujours un aspect attractif sur l'esprit des client(e)s, pour peu qu'on soit sensible au pouvoir des mots.

Ainsi, "Les Garçonnes" à Aix les Bains (73), offre bien des promesses pour celles qui aiment se faire couper les cheveux court avec style. Reste à voir si le prix offre lui toutes les chances aux femmes et aux hommes aux cheveux courts d'être traités de la même manière...

D'ailleurs ce serait amusant un jour de voir un salon qui pratiquerait un écart de prix entre hommes et femmes, mais au bénéfice de ces dernières. Les garçons payeraient plus cher au prétexte par exemple, que s'ils fréquentent ce salon c'est pour se faire coiffer par ou parmi de jolies garçonnes... Mouais... non, ça fait moyen.

Photos: Google - Krissmaëva

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Rédigé par jeaneg

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