Publié le 25 Mai 2016

Photo: Jake Fisher

Photo: Jake Fisher

Marie est arrivée dans mon esprit après qu'Oriane ( Le Shape c'est Oriane ) m'en ait parlé, avec passion. Premier contact, premier échange... le courant passe. Fort. Alors naturellement, je me suis dit qu'elle seule pourrait vraiment parler d'elle, légitimement.

Quartier Libre: Marie

"Quand tu m’as dit que j’avais quartier-libre pour parler de moi, je me suis vraiment demandé comment j’allais orienter ça pour que ça ait du sens. Puis quand tu as ajouté que ce serait bien que je parle de mes cheveux, je suis restée plus perplexe encore. Mes cheveux sont juste des cheveux courts, même pas teints ni décolorés, pas vraiment rock’n’roll. Mais ça m’a trotté dans la tête toute la journée qui a suivi. Là où je n’avais vu jusque là dans ma coupe de cheveux que le fait que je les aime courts, j’ai réalisé que cette particularité avait eu son importance dans ma vie.

J’ai réalisé l’impact que pouvait avoir une coupe de cheveux pour la 1ere fois lorsque j’avais 9 ans. Ma mère a fait un jour l’erreur de me laisser aller toute seule chez le coiffeur parce qu’elle ne pouvait pas m’y emmener. J’ai insisté auprès du coiffeur et suis rentrée les cheveux coupés très court. J’étais vraiment ravie, cette coupe me correspondait parfaitement, et je suis rentrée très fière de moi! Ma mère s’est décomposée en me voyant, et je ne comprenais pas où était le problème. Ma prise de conscience s’est faite quelques jours plus tard. Je suis allée à mon cours d’arts martiaux, et personne ne m’a reconnue, vraiment personne, même ceux avec qui je pratiquais depuis plusieurs années. Puis en cours d’anglais, même situation. Je ne comprenais pas du tout, j’étais exactement la même, en mieux! A partir de ce moment-là j’ai senti que mon apparence pouvait me poser problème. Mais j’ai gardé les cheveux courts, parce qu’ils me correspondaient et que je ne me voyais pas autrement.

Arrivée en 6ème, au collège les gens me regardaient et se demandaient si j’étais une fille ou un garçon, et je me demandais pourquoi ils se posaient cette question, moi j’étais juste une fille aux cheveux courts! J’étais sportive et grande, j’avais les cheveux courts mais je ne voulais pas être un garçon, les gens se posaient des questions que je ne me posais pas.

Partout où j’allais c’était la même chose, la vendeuse de chaussures disant à ma mère « il a les pieds fins », des « jeune homme » à tout va, une copine de classe me disant que sa soeur trouvait que j’étais le mec le plus mignon de la classe. C’était très perturbant. Les gens ne voyaient pas. Je n’entrais pas dans les cases, j’avais du mal à être moi-même quand les gens me prenaient pour quelqu’un d’autre. J’en suis venue à jouer le jeu des autres pour être tranquille. Les gens avaient l’air de penser que j’étais un garçon, si je voulais être acceptée et avoir la paix il fallait que j’en sois un. Je me suis mise à jouer au foot avec des garçons en disant que je m’appelais Nicolas, et je passais les meilleures journées de la terre. Ca a créé au début de mon adolescence de vrais troubles du genre en moi. L’impression que pour être acceptée dans ce monde il fallait que j’accepte d’être un garçon, si c’était ce que les gens attendaient de moi. Mais ça me rendait très malheureuse.

Puis, autour de 14 ou 15 ans j’ai laissé mes cheveux repousser parce que j’en pouvais plus et je suis redevenue « une fille ». Toujours sportive et grande, pas féminine, mais on ne me prenait plus pour un garçon.

Je suis restée quelques années comme ça, avec des queues de cheval tirées, et l’envie de ne pas me faire remarquer.

Quartier Libre: Marie

A 18 ans, j’ai commencé à trainer dans le milieu gay à Paris, et immédiatement recoupé mes cheveux. J’avais découvert un monde qui acceptait mon apparence, un soulagement immense en moi. A cette même époque j’ai quitté la fac pour travailler dans des bars gay. Puisque je ne trouvais pas ma place du tout dans le circuit normal, il fallait que je vive dans un circuit parallèle. Le monde de la nuit était tout trouvé. La nuit, personne ne regardait les autres, et il y avait toujours plus bizarre que soi-même. J’ai vécu plus de 10 ans dans ce monde-là. Mes cheveux courts n’étaient plus un problème. Je suis passée par toutes les phases, de la coupe Tony&Guy, au mulet (oui!), aux cheveux quasiment rasés, aux décolorations, à la coupe homemade pendant des années.

Photo: Jake Fisher

Photo: Jake Fisher

Puis j’ai quitté le monde de la nuit et suis partie habiter seule à la campagne, et j'ai monté mon entreprise de fabrication artisanale de longboards en bois. Mes cheveux sont restés courts mais, vivant seule et loin de tout, je ne cherchais plus à leur donner d’effets. J’étais beaucoup dehors, ils blondissaient l’été et se ternissaient l’hiver. Ca n’avait plus beaucoup d’importance. Avec le travail du bois, mes cheveux étaient sous des casquettes, des bonnets, ou recouverts de poussière. Quand on fait un travail manuel et salissant on trouve une bonne excuse aux cheveux courts et à leur manque d’entretien.

Quartier Libre: Marie
Quartier Libre: Marie

En Californie, où je vis maintenant, les cheveux courts ne sont vraiment pas un problème, on y voit toutes les excentricités. Les femmes peuvent avoir les cheveux bleus et bosser avec des enfants ou dans une banque, il y a quelque chose de très décomplexant et libérateur. Je me fais coiffer chez le barbier, ils ont l’habitude de couper les cheveux des filles. Quelle que soit mon apparence, que j’aie les cheveux très courts ou pas, personne ne se demande si je suis une fille ou un garçons, les gens me complimentent sur mes cheveux et j’aime bien ça.

Quartier Libre: Marie

Marie a créé sa propre marque de longboards que vous pouvez retrouver

sur FB State of Grace Workshop

et sur le Net http://www.stateofgraceworkshop.com

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Quartier Libre

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Publié le 24 Mai 2016

Photo: Conie Suarez

Photo: Conie Suarez

Je t'en prie ne dis rien, n'ajoute pas ton timbre à la rumeur des gueux, aux mots creux nés de leur ignorance.

Ils vont te reprocher d'avoir les cheveux aussi courts et t'en vouloir de te soustraire à leur désir. Ils enrageront de te voir perdue à leurs yeux parce que leur cerveau granuleux leur dicte qu'une femme aux cheveux courts n'est plus vraiment une femme.

Ils te reprocheront aussi d'être trop blonde, trop grande ou trop petite, d'avoir les yeux trop clairs, enfin tout, puisque tu t'écartes du cheptel.

Les plus sournois te donneront du "monsieur" ou du "jeune homme", comme ils plongeraient une lame dans tes reins, en espérant te blesser. Ne dis rien, ton sourire les rendra fous.

Pense plutôt que tu as de la chance d'être à l'abri de cette fange qui se nourrit des exploits d'analphabètes qui ne sont bons à rien d'autre que taper dans un ballon rond et dont ils font la fortune...

Non ne dis rien.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 22 Mai 2016

La fille chez le coiffeur

Elle était arrivé assoiffée, comme une voyageuse sortant du désert. Depuis des jours déjà, elle sentait ce besoin pressant, une envie irrépressible, une nécessité...

Son tour venu, elle s'est abandonné, les yeux fermés, pendant que tout s'agitait encore autour, elle est entré dans sa bulle, concentrée sur ses sensations. Mais comment expliquer ça, comment traduire ce frisson, long et délicieux, quand une tondeuse à la lame tiède, remonte le long du cou et vibre sur la nuque, comment expliquer cette impatience qui nait, ce désir de passer la main sans attendre, dans ce creux vertébral où les cheveux rasés vont exciter la pulpe des doigts?

Non il n'y a rien à expliquer, tout cela est très ténu. C'est juste le plaisir d'avoir cette allure idéale, cette coupe de cheveux qui souligne tant la personnalité, qui donne tant de confiance...

Mais tout de même...

Il y a aussi ce cou, presque nu, offert aux regards et qu'elle sait désirable. Elle ne le voit pas mais elle le sent, de sa main et elle frissonne lorsqu'on y pose un baiser. C'est peut être cette envie qui la pousse à revenir toujours...

Photo: Jeaneg©

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 21 Mai 2016

Inaperçu(e)?

Aaaah! Cannes, le festival, ses paillettes, ses vedettes, ses people et ses ministres en goguette...

"Trust in me, just in me...." ( vous savez, le serpent Ka dans le Livre de la jungle.. ) Tout n'est qu'illusion, gloire éphémère et carton pâte. Mais bon, après tout le cinéma est bien là pour nous divertir.

Au milieu de tout ça, l'avez vous vu(e)?

Inaperçu(e)?
Inaperçu(e)?

Dans ce film loufoque, elle est une Juliette étrange, amoureuse d'un Roméo déclassé. Mais est-ce qu'on en est bien sûr? Billie van Peteghem joue sur tous les tableaux, fille et fils de famille dans cette bourgeoisie moisie et consanguine. Une histoire d'amour baroque dans un monde baroque.

L'amusant, c'est que même après, le doute subsiste. Sur le générique du film, l'acteur/trice est nommé(e) Raph, ce qui maintient tout le monde dans l'ambiguité et là, en haut des marches du Palais, aux côtés de Juliette Binoche et de Fabrice Luchini, la délicieuse androgyne à choisi le smoking plutôt que la robe de soirée... Bien sûr!

Eh bien moi je dis que c'est bien plus qu'un simple "coup" de cinéma, c'est un petit bout d'amour rendu à l'androgyne, à cellui qui n'est ni fille, ni garçon et qui ne veut pas choisir d'être l'un davantage que l'autre, sinon au gré de son humeur, une fluidité de genre qui m'émerveille toujours et qui, en haut des marches de toutes les folies, a bien fière allure.

Ma Loute, un film de Bruno Dumont ( 2016 ) avec Fabrice Luchini, Juliette Binoche et... Raph

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 20 Mai 2016

Photo: Mia Munini

Photo: Mia Munini

Personne ne t'en voudra, crois moi.

Enfin si. Beaucoup auront un avis à donner, plein autour de toi diront des choses gentilles, confuses, méchantes, désagréables, chacun ira de son commentaire et tous seront tellement divers qu'au bout du compte aucun n'aura d'importance...

Tu pensais avoir un grain de folie? Tu imaginais peut être te mettre en marge? Rassure toi, je crois que tout le monde y a pensé un jour ou l'autre. Bien sûr, y penser ne fait pas tout. Le faire, voilà vraiment où pourrait se trouver la folie. On dit "folie" parce qu'on ne sait pas l'expliquer, cette envie qui vous taraude, comme un désir de transgression ou un espoir de vie nouvelle...

Et puis, tu as déjà les cheveux courts, le pas à franchir n'est pas si énorme. Et pourtant...

La réalité, c'est qu'il y a un monde, vraiment, entre tes cheveux courts bien stylés et cette petite tête au contour régulier où pas un des cheveux tondus ne dépasse. Le front nu t'oblige presque à écarquiller les yeux et tu es stupéfaite de découvrir des détails de ce visage que tu croyais connaître "comme ta poche". Tu retrouves sur ton crâne, ce pelage d'animal, cette douce toison, soyeuse, drue, qui ne supporte aucun courant et revient toujours sous ta main à son immuable rectitude.

Tout cela dans quelques semaines sera estompé et on se rappellera à peine de ce grain de folie qui t'aura poussé à tondre tes cheveux, juste parce que l'envie t'excitait. Mais l'expérience n'est pas anodine. Ce geste t'en apprendra certainement beaucoup sur toi même et sur celles et ceux qui t'entourent...

Allons, ne crains rien, personne ne t'en voudra, crois moi, de cette douce folie.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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Publié le 19 Mai 2016

Laora se raconte des histoires

S'il y a une chose que j'admire chez l'italienne, c'est sa spontanéité et la facilité avec laquelle elle est capable de scénariser le moindre de ses fantasmes.

Bien souvent, Frida et moi nous nous régalons de l'écouter raconter "ses histoires" que la Commission de Contrôle classerait irrévocablement dans la catégorie "X"

La thérapeute de la Forêt Noire, elle, dit que c'est normal et plutôt sain pour l'esprit, d'érotiser sa vie même dans les circonstances les plus triviales... Je m'attend d'un jour à l'autre à la voir recevoir sa clientèle le fouet à la main...

Bien sûr avec mon cabri des Dolomites, il n'est pas étonnant que souvent la scène se déroule chez son coiffeur et que l'histoire intervienne dès la veille ou au retour d'un de ses rendez vous...

Laora "- ... alora, bien sour lé salon il est vide. Il y a jouste lé coiffeur et moi et il mé régarde avec dé la gourmandizze, comme oune bonbon acidoulé... Il sourit et d'oune seul coup il dit : A poil! ... Alors bien sour j'ai peur, ma, en même temps jé souis excitée. C'est lé ton dé sa voix qui fait peur ma sé faire couper les chéveux à poil c'est pas non plous térrible comme fantasme... enfin jé veux dire que c'est courant quoi...

Ma Psy et Moi - ...... ( bouche ouverte, la langue sur les genoux )

Laora - ... Ma loui, il mé couvre le corps nou avé la cape et le col en papier et jé souis lé coul nou sour lé couir dou fauteuil... Et il mé caresse les seins à travers lé nylon... Il coupe mes chéveux, très courts, il rase ma nouque avec la machina et caresse mon dos avec sa main qu'elle est chaude... Et quand la coupe elle est finie, il m'enlève pas lé nylon, il m'agrippe les chéveux courts déssus et il mé penche en avant pour m'encouler...

Ma Psy et Moi - Nooooooon? ( en choeur )

Ma Psy - Et bien zûr tout à l'heure chez ton coiffeur tu penzais à za....

Laora - ... si... et jé mé souis mastourbé doucément pour que personne il lé voit...

Moi - Non... non mais quelle menteuse! Je suis sûr que tu mens!

Laora - Ahaha! Si jé mens, ma c'est dans l'histoire, no?

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Publié dans #Ma Psy et Moi

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Publié le 17 Mai 2016

Photo: Erwin Verweij

Photo: Erwin Verweij

Avec des gestes précis et mesurés, elle avait introduit un chargeur et actionné le système d'armement du MP7, avant de le laisser pendre sur le côté. Puis elle avait vérifié son arme de poing.

Son équipier avait fait de même et les deux semblaient prêt à l'action. Quant à lui, il avait toujours trouvé ce genre de démonstration de force un peu superflue, mais après tout, il se sentait assez fier de la présence de ces deux "professionnels" dont l'Etat le gratifiait, prenant ça pour une marque d'estime...

Comme elle marchait devant lui, il se mit à l'observer dans sa démarche féline, un peu chaloupée sans doute à cause des équipements. Elle avait quelque chose de sensuel, ses bras nus peut être, dont la peau bronzée laissait à peine deviner les tatouages, ou bien son corps athlétique, masqué par le vêtement ample et le harnais, mais qu'il imaginait souple et musclé. Elle avait les cheveux plus courts que son coéquipier, tondus sur la nuque où la peau semblait plus pâle, preuve que la coupe devait être récente. Dessus, ils étaient drus et épais et tenaient dans un mouvement vers l'avant qui lui donnait un air juvénile...

Le parcours en voiture dura moins d'une demi-heure, mais il sentait une tension mesurée chez elle. Son regard était toujours en mouvement, elle semblait comme une lionne en chasse. Arrivé à la résidence, elle avait ouvert sa portière avant même que le luxueux 4X4 ne s'arrête devant le pérron et l'arme au poing elle avait déjà scruté les environs avant d'ouvrir la porte au passager. L'homme s'était extrait de la voiture et leur regards se croisèrent à ce moment là...

"Bonne soirée monsieur" La voix un peu rauque, calme et posée achevait de le séduire...

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Publié dans #Divers & variés, #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 15 Mai 2016

Photo: Jeaneg©

Photo: Jeaneg©

Je profitais, avec Emilie, de ce beau et chaud dimanche, à la terrasse d'un café de la ville, pour papoter et la féliciter à propos de l'habileté avec laquelle elle avait une fois encore réalisé sa dernière coupe de cheveux. Et puis, comme elle était presque dos à la rue, elle s'est un instant retournée, offrant à mon regard cet angle de vue sur sa coupe, fraiche et "faite maison" donc. Alors je me suis dit que c'était cette photo là qu'il fallait faire, pour illustrer le blog...

Emilie n'est pas une séductrice, mais elle a conscience d'être une jeune femme "attractive". Elle l'est parce qu'elle se sent simplement bien dans sa peau et qu'elle assume son style, naturellement quoi! Pourtant elle semblait étonnée que des gens l'abordent, parfois maladroitement, pour la complimenter sur sa coupe de cheveux. Et moi même je reste perplexe, alors que je devrais le comprendre...

S'il y a bien une personne au monde capable de comprendre l'intérêt que peut susciter une jolie femme aux cheveux courts, c'est moi. Cependant, ce qui m'embarasse, c'est la "maladresse" avec laquelle ces personnes cherchent à l'exprimer.

Après tout, tant que la politesse, la courtoisie, le sourire et le respect ne sont pas abandonnés, pourquoi se torturer les méninges, se tordre les doigts, avoir la sueur au front et le rouge aux joues pour exprimer ce qui ne doit être qu'un compliment? Comme un simple "bonjour", sans rien attendre en retour, sinon un autre bonjour et un sourire...

Evidemment, les lourdingues et les obsédés, quel que soit l'objet de leur fascination, sont priés de rester dans leur cave. On est bien d'accord.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 14 Mai 2016

Photo: Giacomo Spaconi

Photo: Giacomo Spaconi

Il n'y a pas d'équivalent, je crois, au niveau de la stupidité, que cette idée reçue, toujours largement véhiculée, qui voudrait que les cheveux courts pour une femme soit l'apanage de son homosexualité.

"Boudiouuu les cheveux courts? Ah bé non hein, j'aurais trop peureu qu'on me prenneu pour uneu lesbienneu..."

Mais il y a longtemps que mon opinion est faite sur la majorité de mes contemporain(e)s et sa capacité à raisonner dans le bon sens. Pourtant, comme toujours, ce genre de réflexion ne résiste pas à la simple observation et à la connaissance du sujet. Hélas, parler de ce que l'on ne connait pas est devenu une véritable spécialité chez certaines gens dirait-on.

Donc, les moustaches, "ça fait pédé", les cheveux courts, "ça fait lesbienne", la chemise à carreaux, "ça fait bûcheron", et le pantalon écossais, " ça fait... écossais"!

Fumer un cigare de la Havane et boire un whisky 15 ans d'âge ne fait pas de moi un nabab ( hélas ), juste un amateur de choses raffinées qui excitent mes sens. Avoir les cheveux courts, c'est un peu la même chose. C'est s'installer dans un mode de vie particulier, audacieux et délicat, ou simplement se laisser aller à son envie, son désir, en étant capable de se soustraire à l'opinion des gueux.

Et puis, il ne faudrait pas se tromper non plus. Quand l'épicière du coin exprime son dégoût pour les femmes aux cheveux courts, en les assimilant toutes à des lesbiennes, c'est juste une forme d'homophobie ordinaire qu'elle peut adapter aussi aux jeunes femmes qui ont des piercings ou qui sont tatouées, mais ça reste de l'homophobie. Et puis est ce que ça ne cache pas finalement, une grosse amertume de ne pas avoir osé, elle aussi, un jour, être elle même?

Parce que les cheveux courts, en réalité, "ça fait juste, la femme qui n'a pas peur d'être elle même". C'est tout!

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 12 Mai 2016

Photo: Zu Reyes

Photo: Zu Reyes

En voyant cette photo de Zu Reyes, la photographe qui travaille avec mon amie Agata Descroix, je suis tombé sous le charme. Et je me suis dit... la vie est vraiment trop injuste!

Emily Rose est modèle depuis qu'elle a 17 ans. Avec des hauts et des bas, parce qu'aux Etats Unis les places sont chères. Alors un jour elle a pris une grande décision... celle de partir travailler à Mexico. C'est étonnant quand on y pense, alors que chaque jour des milliers de mexicains passent la frontière dans l'autre sens pour essayer d'améliorer leur vie. Question de milieu socio-professionnel peut être?

Et puis arrivée à Mexico, Emily a vu passer plusieurs contrats pour des photos commerciales. Le modèle devait dégager du caractère, une allure moderne, déterminée, authentique, sincère, positive... enfin le baratin habituel des communicants. Pourtant c'est bien là que la jeune américaine a perçu qu'elle pouvait faire son métier et être elle même. C'est ce jour là, l'été dernier, qu'elle a coupé ses cheveux.

Libération, grande bouffée d'air, enthousiasme général et addiction, que des symptômes bien connus de toutes les femmes aux cheveux courts.

Et puis il y a ce portrait de Zu Reyes avec la complicité d'Agata Descroix aujourd'hui reconvertie en "make-up artist" et qui se trouve une certaine gémellité avec la jeune américaine.

Un visage épuré, un maquillage naturel au possible, une coupe plus courte encore, comme si depuis ce premier pas, Emily Rose était à la recherche de son âme, mise à nu.

Elle me dit qu'elle est prête à aller bien plus loin, peut être blonde, peut être carrément tondue. Agata me dit qu'elle est adorable et je veux bien le croire vu la manière avec laquelle elle répond à mes questions.

Tant de qualités concentrées en une même personne, tant de finesse dans ce visage presque parfait, tant de réussite pour cette émigrée américaine au Mexique...

Oui vraiment, la vie est trop injuste.

Emily Rose sur Instagram

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Portrait

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