Sensuelle architecture

Publié le 16 Décembre 2017

Sensuelle architecture

Personne ne saurait véritablement expliquer la fascination que peut susciter la vision d'une nuque féminine, lorsqu'elle se trouve fine et déliée, qu'elle charpente un cou étroit, isthme entre petite tête et épaules délicates.

Il faut un talent particulier pour la mettre en valeur, la dévoiler, un peu ou davantage et dessiner en coupant les cheveux qui la couvrent, cette géographie toute en sensualité. Lorsqu'elle est idéale, cette architecture élance comme deux arcboutants de cathédrale, de solides tendons qui vont entre eux creuser un sillon soulignant l'implantation variable des cheveux. 

Et c'est tout l'art du coiffeur que de tailler avec précision, un dégradé si bien fondu qu'il donne l'illusion de deux colonnes de chair pénétrant le pelage aux ombres contrastées, selon que le cheveux est ras ou plus long, épars ou rassemblé.

Et c'est tout le paradoxe, pour celle qui dévoile aux regard ce joyau d'anatomie, de ne pouvoir jouir elle même de cette exposition, développant, comme les aveugles, ce sens du touché qui lui permet d'explorer les monts et les vallées, de caresser les chaumes rasés et d'en éprouver du plaisir, au moins autant que lorsqu'une âme amoureuse y dépose un baiser.

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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