Publié le 29 Juillet 2016

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C'est amusant de voir la force que prennent nos habitudes et l'illusion de changement que donne parfois juste un détail.

Parmi les femmes aux cheveux courts que je connais il y a comme dans tous les courants, des modérées et des radicales. Les modérées s'autorisent parfois de grandes variations dans leur image. Sans considérer que le fait d'avoir les oreilles cachées par leurs cheveux puisse constituer un grave manquement, elles vagabondent entre très court et les différentes phases qui leurs permettent de retrouver une certaine longueur. Si bien qu'elles semblent toujours différentes.

Les radicales ne jouent pas avec ça! Au-delà de quinze jours après leur dernière coupe elles commencent à se désespérer de pouvoir empoigner leurs cheveux sur la nuque ou de voir les plus audacieux atteindre - à peine - le bord de l'oreille. Pour elles les variations se jouent au millimètre et plus d'un mois sans aller chez le coiffeur devient une excentricité. 

Pourtant, tout comme les modérées, les radicales subissent aussi ces besoins de changement, ces envies de différence et je les trouve très fortes dans l'art de modifier leur image d'un simple coup de peigne, couvrant leur front d'une lourde frange ou transformant celle-ci en une mèche aérienne qui va éclairer leur visage. Les couleurs changent aussi, avec elles tout est dans le détail. En quelque sorte il s'agit de changement dans la forme, mais jamais dans le fond et là, modérées et radicales se rejoignent finalement.

 

Photo: Wendy Lehmann

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Cahiers

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Publié le 29 Juillet 2016

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Elle croit avoir un secret... Ou peut être est-ce qu'elle se moque de ce que les autres croient savoir d'elle... Ce n'est pas un secret alors, mais c'est intime tout de même.

La première fois c'était secret. Parce qu'elle s'est dit que personne ne comprendrait vraiment ou qu'on la trouverait bizarre si elle disait ça. Elle rougissait presque en y pensant. Et puis c'est devenu un petit plaisir personnel et habituel. C'est à ça qu'elle a pensé en voyant Amélie Poulain plonger sa main dans le pot de légumes secs, ces petites choses qui faisaient sourire, procuraient du plaisir à condition d'en avoir conscience... Pour elle c'était ça.

Comment c'est arrivé, elle ne sait plus vraiment. Un jour c'est arrivé voilà tout. Une envie à assouvir, une résolution, l'envie d'être elle même simplement. C'est comme ça qu'elle a coupé ses cheveux, sans imaginer un instant ce petit plaisir personnel et intime que ses doigts font naître depuis, en passant doucement sur sa nuque fraichement taillée. C'est agréable comme un velours délicat et à la fois excitant, doux et soyeux dans un sens, rèche et accrocheur dans l'autre. Et puis elle a sous ses doigts le contact de la peau nue dans cette partie de son corps qui s'échauffe d'un simple massage. 

Immanquablement sa coupe est devenue de plus en plus courte. Sans la voir c'est avec ses doigts qu'elle juge si c'est assez court lorsque son coiffeur l'interroge du regard. Du bout de ses phalanges, le picotement fait naitre un sourire sur son visage, électrise son épiderme et cette satisfaction regonfle son moral au point que tant d'assurance lui donne le sentiment d'être irrésistible... C'est tout bête, se dit-elle.

Et pourtant....

 

 

Photo: Splice pictures

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses, #Cahiers

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Publié le 29 Juillet 2016

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Pour beaucoup, cette façon qu'il avait de l'interpeller avait quelque chose de narquois, une façon de considérer que cette tête, si petite, ne pouvait pas contenir suffisamment de cerveau. Pourtant non, il n'y avait rien de méprisant lorsque c'était dit avec autant d'affection. D'ailleurs elle ne l'aurait certainement pas toléré autrement. Pour tout dire même, elle était assez fière de sa petite tête. Outre que cela donnait de l'harmonie à sa silhouette, cette image un brin androgyne lui correspondait totalement.

Lui ne se lassait pas de faire l'éloge de ses oreilles qu'il comparait volontiers à de petites pâtisseries orientales, fragiles et délicieuses. Dans la rue il ne se privait pas, marchant à ses côtés, de caresser son cou nu et de fourrager de ses doigts à travers les cheveux courts de sa nuque. Elle dodelinait un peu de la tête, presque langoureusement, pas comme si elle voulait se soustraire à cette caresse, mais plutôt pour apprécier ce qui pour elle n'était rien d'autre qu'un signe d'affection plein de sensualité, même si là, en pleine rue, cela pouvait frôler l'exhibitionnisme. 

C'était un jeu entre eux, une sorte de plaisir secret. Lui ne se privait pas de moquer parfois son allure de garçonnet et elle s'amusait beaucoup à le traiter de fille malgré son allure d'ours à peu près bien lèché. Une façon de se rappeler l'un à l'autre qu'il ne fallait pas s'enorgueillir de son genre.

 

Ainsi ils se maintenaient chacun sur le même pied.

 

 

Photo: The Following - Valorie Curry

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 28 Juillet 2016

Cahier de vacances - Profondeurs - 07/2013

 

"Ah te revoilà... ?

Alors il suffit que je sois un peu mélancolique, que je sente le vide autour de moi et que le temps d'un verre d'alcool je cherche un sens à ma vie, pour que ta petite bouille reparaisse?

Et avec elle tout un cortège, de douleurs et de plaisirs, de rires et de larmes, de haine et d'amour...

Comment c'est possible... tu m'as tellement fait souffrir. Pourquoi chaque fois que mon âme part au fil des vagues est-ce que c'est ta silhouette que j'imagine, ton regard et tes lèvres qui me sourient, tes cheveux jamais assez courts que j'ai envie de caresser?

Encore un verre...

Je crois qu'on s'est aimé à la folie toi et moi. Au delà du raisonnable, au point d'être soudé l'un à l'autre, incapable de vivre, enchaîné et dépérissant. Bon sang! Comme je t'ai aimé...

Mais il faut me laisser maintenant, parce qu'avec l'alcool je vais finir par te haïr encore en m'apercevant que ma vie n'est qu'un désert de ruines, un sol dur et gris où plus rien ne pousse..."

 

Il a laissé un billet à côté du verre plein et il est parti dans la nuit, relevant le col de son trench.

 

Photo: Alina Süggeler

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Cahiers

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Publié le 28 Juillet 2016

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Tout ceux qui la connaissent disent la même chose. C'est une fille douce et gentille, souriante, toujours aimable. Personne ne lui connaît d'histoire. Une allure de lycéenne, mignonne, la coupe au carré toujours impeccable... C'est fou comme on croit connaître les gens...

Une voix, un message sur son répondeur et le regard juvénile s'est voilé, les yeux bleus ont virés au noir. Elle n'est pas rentré chez elle, a pris un taxi qui l'a déposée devant un hôtel de luxe. Au bar à côté d'elle, un homme a oublié son journal. Elle est ressortie en déchiffrant le message dans les petites annonces. Gare du Nord, direction Bruxelles, le Thalys de 15h25. Blonde, des lunettes de soleil. Dans les toilettes de la voiture 24, sous la trappe de plancher elle récupère un P99 avec un silencieux qu'elle glisse dans sa ceinture. Bruxelles 18h30. Elle est dans le hall de l'immeuble, elle attend. Le type a passé la porte cochère, entre dans le hall, appelle l'ascenseur. Une voix de femme derrière lui l'interpelle: "monsieur Van Der Luyne?" Dans le demi jour il se retourne et répond: " Oui....? " Puis sa vie s'arrête. La première balle est entrée dans l'oeil en fracassant les lunettes. Deux autres ont frappé son coeur.

Elle se penche, palpe l'aorte, ramasse les 3 étuis de 9 mm et disparaît dans le métro.

Boulevard Léopold II elle jette l'arme dans le canal et file vers la gare du Midi. 20h15

22h00 elle retrouve son appartement rue de Clignancourt, au pied du Sacré Coeur. Madame Berthelot a glissé un mot sous la porte pour dire que son mari passerait demain changer l'ampoule de la cuisine... Un travail d'homme assurément.

 

Photo: Ruben Jacob Fees

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Publié le 28 Juillet 2016

Je connais le sentiment de fatigue qui peut envahir chacun de nous à la seule idée de feuilleter durant des heures un album, fut-il aussi riche que ce blog, à la recherche de quelques "pépites" qui nous auraient échappées. Aussi, comme je vous aime bien, je vais pour vous, dans cette nouvelle rubrique, aller à la pêche aux articles anciens et les remettre à la surface pour que vous puissiez élargir votre champs de vision sur Les Femmes aux cheveux courts...

Eve Salvail pour Les Femmes aux cheveux courts

Eve Salvail pour Les Femmes aux cheveux courts

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Cahiers

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Publié le 27 Juillet 2016

Photo: USA Today Megan Rapinoe USA

Photo: USA Today Megan Rapinoe USA

Michelle Heyman Australie
Michelle Heyman Australie

Youpiiiii! Dans quelques jours on remet ça! Oui j'ai beau avoir abandonné depuis longtemps l'idée même de faire du sport, je suis toujours admiratif vis à vis de celles et ceux qui en font leur quotidien... Enfin, si je parviens à ne conserver en tête que l'aspect "sportif", à rester le plus naïf possible en "effaçant" le revers de toutes ces médailles qui vont être distribuées, politique, commercial et ... pharmaceutique. Bref! Place au jeu!

Enfin un grand tournoi de football pour lequel je vais pouvoir m'exciter devant ma télé, vautré dans le canapé une bière à la main. Parce que oui, le foot féminin me plait. Non pas qu'il soit peuplé de femmes aux cheveux courts, ce serait même presque le contraire, mais les exceptions me contentent. Ainsi la plupart des sports d'équipe féminins m'intéressent, parce que j'y trouve encore l'essence même du mot "équipe", une notion qui a depuis longtemps déserté les mentalités masculines, en tout cas pour le foot.

" Les Roses d'Acier " Chine

" Les Roses d'Acier " Chine

En Chine Populaire par exemple, l'idée même d'individualité est certainement passible d'une peine de prison et quand on s'appelle " Les Roses d'Acier " ça veut quand même bien dire qu'on est pas venu pour " beurrer les sandwiches "...

Enfin bref! Une fois de plus, que les meilleures gagnent

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 25 Juillet 2016

Photo: Ramon Felix

Photo: Ramon Felix

Le pauvre... Il était perdu, désemparé. Au fond de l'atelier il se tordait les doigts, observant de loin la personne venue chercher le pick-up réparé la veille. Son patron, le vieux Sam, devait se marrer dans son bureau vitré au dessus du garage. Il s'était bien gardé de préciser à qui il aurait affaire. Et le voilà coincé, lui, par un obstacle stupide, dérisoire, inconséquent... ne parvenant pas à déterminer le genre de la personne à qui il devait s'adresser. Mais il fallait y aller, bon sang! Le... la... client(e) allait finir par s'impatienter, le vieux Sam par l'engueuler... Et tout ça pour une bête question d'appellation...

Encore un coup d'oeil... Des jambes fines, lisses et musclées... mais lisses, comme celles des cyclistes. Mouais... Short en jean, t-shirt, veste en jean... mais pas vraiment de formes sous le t-shirt, c'est possible ça? Et puis ce visage, fin, glabre, ces grands yeux, ces lèvres pulpeuses.. Ben ça pourrait bien être une jeune femme oui, mais... non... enfin... Et puis merde! Cette coupe de cheveux, comme ses potes qui allaient chez Greg le barbier, super stylée.

Tout en marchant il tentait encore de trancher, soumettant son cerveau à un brain storing auquel il n'était pas préparé.

Le voyant s'approcher, la jeune femme lui sourit et lui croit défaillir. Il lui tend les clefs, elle lui tend un billet en retour...Il s'essuie les mains dans son chiffon sale, prend l'argent et bredouille:

"Merci m"sieur, dame.. " et disparait en rougissant...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

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Publié le 24 Juillet 2016

Photo: Peter Coulson

Photo: Peter Coulson

Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, on s'aperçoit assez rapidement que pour vivre intelligemment, il faut toujours chercher à "couper la poire en deux". Cela facilite les rapports entre humains...

Pourtant, moi qui suis fasciné par l'ambiguité, le mélange des genres, l'appropriation des codes masculins par les femmes ( oui ça marche moins dans l'autre sens, mea culpa ) cette façon d'être "fifty-fifty" devrait m'aller... Eh ben c'est moyen.

Cependant, j'ai depuis longtemps avoué que ma dilection pour les cheveux courts et l'apologie que je faisais des femmes qui décidaient en coupant les leurs, de rompre avec le cadre ancestral et coutumier et toutes les qualités que je leur prête, n'enlevaient en rien celles des autres femmes, qui parfois tout aussi déterminées, audacieuses et indépendantes, conservaient malgré tout les cheveux longs.

Alors je ne sais pas, peut être un fond de manichéisme ou je ne sais quoi, mais j'ai du mal à considérer à sa juste valeur, le compromis qui pousse certaines à ne couper qu'une partie de leurs cheveux, souvent de manière radicale d'ailleurs et à conserver intacte le reste de leur chevelure.

C'est pourtant une jolie manière de "ménager la chèvre et le choux" ( oui je suis en veine d'expressions pop' ce matin ) et d'apparaitre, tel Janus avec deux visages, selon l'humeur.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 22 Juillet 2016

Photo: Jade Pointon

Photo: Jade Pointon

On trouvait toujours quelque chose de juvénile dans sa coiffure. Sans doute cette façon de les couper, au ras du lobe des oreilles, ce qui laissait exposé le bas de sa nuque qu'elle s'attachait à faire tondre soigneusement à chaque fois.

Si bien que son cou en paraissait allongé, plus fin, davantage délicat. La masse de ses cheveux, ainsi coupée droite, virevoltait à chaque mouvement de sa tête, provoquant parfois de jolis épis dans sa coiffure.

Une courte frange surmontait son regard espiègle, à laquelle elle apportait aussi toute son attention pour qu'elle fut toujours bien nette et rectiligne, mais qu'elle prenait plaisir à ébouriffer à la première occasion.

Ainsi il y avait dans sa coiffure, le reflet de toute sa personnalité, du sérieux et de la rigueur, de la jeunesse et de la fantaisie.

Bien souvent on la voyait caresser doucement, du bout des doigts, sa nuque rasée. Elle semblait dans ces moments là complètement abandonnée à on ne sait quelle rêverie et paraissait confuse qu'on la surprenne ainsi, presque rougissante.

On l'avait toujours connue comme ça et personne ne pouvait imaginer la voir différemment...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses

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