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Les Affranchies
Articles récents

Liberté, Egalité... Equité!

4 Mai 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: @jeaneg

Photo: @jeaneg

Il ne faudrait tout de même pas s'imaginer, qu'à part une certaine jeunesse désargentée et quelques lesbiennes butches, l'égalité de traitement et des tarifs chez le coiffeur n'intéresse personne! Je dirais même que dans ce cas précis, toutes les femmes aux cheveux courts sont égales devant tant d'injustice.

Liberté, Egalité... Equité!Liberté, Egalité... Equité!

Alors oui! Je me renseigne et j'entend. Mais les professionnel.le.s les plus honorables ont parfois du mal à argumenter sur cette question. On parle de "soins", de "qualité de service", de "temps passé", voir même de "nature du cheveux" pour justifier un tarif systématiquement plus élevé pour les femmes que pour les hommes... rien de très convaincant quoi! Parmi toutes ces explications plutôt vaseuses, il y en a tout de même une que je pourrais retenir. L'un d'eux déclare qu'il craint, en accueillant des femmes dans son salon pour hommes, d'être confronté à de mauvais commentaires sur les réseaux sociaux si jamais il ne parvenait pas à satisfaire les envies d'une cliente, qui selon lui sont forcément différentes de celles de ses clients habituels. On sait le mal que cela peut faire aux restaurateurs par exemple et du coup cette raison n'est pas totalement irrecevable.

Sauf que...

 

Photo: @jeanegPhoto: @jeanegPhoto: @jeaneg

Photo: @jeaneg

Eh bien sauf que les femmes aux cheveux courts qui font l'effort de franchir la porte d'un salon pour hommes, le font pour deux raisons principales. La première c'est qu'elles ne veulent pas autre chose qu'une coupe de cheveux comme celles qui sont pratiquées dans cet endroit et deuxièmement, elles en ont marre qu'on leur fasse payer 10 ou 15€ de plus sous prétexte qu'elles sont des femmes. Alors évidemment, pour celles qui ne visent que la deuxième raison et voudraient "en plus" qu'on prenne soin de leurs cheveux comme on le fait dans un autre salon, là bien sûr, les craintes de notre barber sont quelques fois fondées.

Alors oui, je sais bien que cela ne résout pas le problème. En réalité, peut être serait-il plus raisonnable de parler non plus de genre, masculin, féminin et autre, mais plutôt de service? Et plutôt que de réclamer l'égalité il vaudrait mieux parler d'équité, qui permettrait à chacun.e d'avoir, au juste prix, la coupe de cheveux qui lui plait.

Non?

 

Photo: Gilles Bensimon

Photo: Gilles Bensimon

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La rue sans nom

2 Mai 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

La rue sans nom

Dans la rue sans nom, il marchait sans raison. A quelques pas de lui, ni trop près, ni trop loin, une personne allait, certainement, sans plus de raison. Leur allure avait le même rythme et l'esprit libéré d'un quelconque motif à sa divagation, il se prit à imaginé le recto, ne voyant que le verso.

La démarche était souple, le corps agile, jeune et sûrement sportif. Chaussures de sports, jean moulant et chemisette flottant librement. Ce qui attirait le regard était ces revers de manche, roulés plus que pliés, emportant dans le mouvement les manches d'un t-shirt blanc porté en dessous. Ça inspirait une image de mauvais garçon des films noirs des années 50... On s'attendait à y voir un paquet de Lucky Strike amarré dans le revers.

Les cheveux étaient blonds avec des racines plus sombres. Cela pouvait être dû à une décoloration, mais cela pouvait tout aussi bien être naturel. Ils étaient coupés courts, particulièrement sur les contours qui étaient tondus ras. La coupe était sans doute récente tant les lignes paraissaient droites et sans bavures. Le lobe de l'oreille gauche clignait un peu, ornée d'un anneau doré tout simple et assez fin... Voilà! C'était tout ce qu'il pouvait voir et à ce point il avait encore du mal à définir un personnage. Il ne voulait pas insister de manière trop indécente, car il savait qu'un regard posé sur soi finit toujours par se sentir. il s'intéressa donc aux vitrine, tout en repassant dans sa tête les différents indices. Pas de formes accentuées, un corps droit, presque masculin... Une coupe très courte, les cheveux naturels, sans produits ajoutés ni accessoires... Des épaules, pas "carrées", mais bien charpentées... Pareil pour les bras, ni trop fins, ni trop musclés, les mains et les poignets sans bijoux.

Bon, en réalité il faisait semblant de faire l'inventaire de ses observations. Il savait, depuis l'instant où il l'avait aperçue qu'il s'agissait d'une jeune femme. Comme ça, sans pouvoir l'expliquer, intuitivement. Et aucun des détails relevés, qui sans doute auraient du l'entraîner vers un autre constat, ne pouvait tenir, ni les manches roulées de bad boy, ni la coupe de cheveux, ni l'absence de bijoux, ni l'anneau à l'oreille... Bref! 

Et puis l'androgyne s'engouffra dans une porte cochère. Il ne vit jamais son visage, l'imagina joli et poursuivit sa promenade sans but, dans la rue sans nom. 

 

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L'effet que ça fait

1 Mai 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Divers & variés

Certaines se sont sans doute posé la question... L'envie ne fait pas toujours tout. Mais voila sûrement de quoi l'exciter. 

Concentration, yeux clos, douceur et attention. Comme si vous y étiez

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Ordre... calme et volupté

28 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Marco PM

Photo: Marco PM

Sans doute formaté dès l'enfance, j'ai souvent aimé les choses ordonnées, lisses, rectilignes, mais sans pour autant en être maniaque. Ainsi j'ai souvent pensé que les femmes dont les cheveux avaient cette raideur qu'ont les passe-lacets, étaient chanceuses, parce qu'elles n'avaient jamais l'air vraiment décoiffées. Mais je me rend compte aujourd'hui que celles qui sont bouclées comme des brebis néozélandaises ont tout autant de chance et pour la même raison finalement...

De toute façon c'est une cause perdue, parce que bien évidemment, chacun souhaite toujours avoir ce qui lui semble mieux chez les autres et lycée d'Versailles comme disait mon oncle Archi. Donc les "brebis" s'évertuent à lisser leurs boucles folles et les baguettes de tambour jouent du fer à friser avec désespoir. Résultat, l'une et l'autre usent de produits et d'engins qui enrichissent le marché des cosmétiques et de l'électroménager alors qu'elle pourraient raisonnablement s'en abstenir et être belles et heureuses comme elles sont. Accepter son lot est déjà un grand pas vers la sagesse.

Cependant on doit admettre que pour celles qui sont adeptes du Do It Yourself et qui, sans scrupules, se coupent elles mêmes les cheveux, les avoir bouclés et même frisés, simplifie grandement la tâche alors que celles qui ont le cheveux raide doivent se méfier du coup de ciseaux maladroit qui pourrait facilement ruiner leur frange ou leur coupe au carré...

Bref! Comme disait tante Mildred, les coiffeurs sont pas fait pour les chiens, sinon tout le monde irait chez le toiletteur. Ceci dit, pour certaines, des fois, on se pose la question... 

Naaaaaan, j'déconne!

 

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Ruth n'en fait qu'à sa tête

27 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Portrait

Ruth Bell

Ruth Bell

Si je prenais mes rêves pour des réalités, je dirais que Ruth est l'amie de Ava ( McAvoy ) et que Ava est l'amie du blog... donc Ruth est l'amie du blog. C'est bien connu, mi casa es tu casa et donc je n'ai pas de scrupules, aucun, à reparler ici de la topmodel britannique qui depuis 2015 est un peu la reine des podiums et des magazines, en toute simplicité.

Surtout qu'au fil de son Instagram, la jeune femme ne manque pas de saisir tous les moments de son évolution capillaire. Finie la boule à zéro. Rapide, pratique et radicale, certes, mais cela manquait un peu de sophistication. Alors depuis, bien sur toujours dans le registre "tomboy" elle joue de la mèche dans les yeux et de l'undercut tendance. C'est bien son style!

Son dernier selfie en date se perd dans la perspective, ç'en est presque artistique. Et c'est inutile de dire en quoi cette image séduit... 

D'ailleurs c'est amusant de voir à quel point une nouvelle coupe de cheveux incite presque toujours à faire un selfie. Alors quand on a 73700 followers comme Ruth, forcément, on se doit à ses fans, mais en réalité, même si vous n'avez que quelques dizaines de personnes qui suivent votre compte, c'est tellement important de montrer " au monde " sa nouvelle tête que personne n'y résiste. Certaines en jouent, annoncent par avance l'imminence d'un changement, d'autres, sans même attendre, se montrent sur le fauteuil du coiffeur et au final, toutes sont impatientes de voir les réactions provoquées par leur nouvelle tête. Une sorte de défi! 

Etonnant, non?

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Les Belles et le Barbu

26 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Les Belles et le Barbu

Est-ce que ce n'est pas un peu incongru d'associer les femmes aux cheveux courts dont la féminité revue et corrigée n'est plus à démontrer et un barbu débordant de testostérone,  archétype de la virilité et chantre d'un domaine réservé au masculin? D'aucun.e.s penseront que oui et qu'on frôle la provocation. Peut être. Comme d'habitude. Mais n'empêche! C'est malgré tout judicieux d'allier les unes à l'autre, comme faire un lien entre deux rives et ouvrir une voie "alternative"... 

Cela pourrait encourager celles qui n'osent pas aller si loin? Cela pourrait démontrer aux hommes, "aux vrais" que certaines femmes "en ont" quelques fois plus que certains, que les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, que le mélange des genres n'a jamais appauvri l'un ou l'autre, au contraire...Et puis surtout, que lorsqu'on aime les cheveux courts et bien coupés comme certaines et bien il vaut mieux s'adresser aux spécialistes de la question, plutôt que de persister dans un monde où l'on va toujours tenter de vous convaincre que c'est mieux comme ci et comme ça. Quant au barbu, quelques grammes de finesse dans son monde de brutes ne pourra pas lui faire de mal. Non j'déconne!

Ainsi, alliant l'action aux convictions, le prochain Apéro des Femmes aux cheveux courts invite le salon Baronet Noir Barber à installer son fauteuil pour la soirée au bar Les Fleurs du Malt - La  Mise en Bières sur les quais de Saône le 18 mai prochain. 

En attendant, certaines n'hésitent jamais, même en voyage, à pousser la porte d'un barbershop et à s'infiltrer en ces lieux souvent 100% testostérone ( en apparence ), comme Oriane, qui accompagnée d'une amie et en visite à Berlin, en a profité pour passer chez Jack Barber Shop 

Les Belles et le Barbu
Les Belles et le BarbuLes Belles et le BarbuLes Belles et le Barbu
Les Belles et le BarbuLes Belles et le Barbu

Une expérience toujours enrichissante...

Et surtout, n'allez pas croire que lorsque vous serez sur ce lourd fauteuil de cuir et de métal, vous devrez vous contenter de montrer du doigt, le modèle de coupe que vous souhaitez et de baisser la tête. Non! Les hommes en réalité, sont parfois encore plus méticuleux et attachés aux détails de leur coupe de cheveux que vous, alors le coiffeur a l'habitude. Son challenge à lui, c'est le temps. 20 minutes par client.e c'est cela qui lui permet d'afficher la coupe à 20€ et c'est pour lui largement suffisant pour raser une nuque à la tondeuse et désépaissir les cheveux plus longs dessus tout en faisant un fondu de qualité.

Alors rendez vous le 18 mai à Lyon?

Merci Oriane, complice de ce blog

L'Apéro des Femmes Aux Cheveux Courts

 

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Tout le monde le sait

24 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Florine Biehlmann

Certain.e.s se plaisent à croire que les cheveux courts seraient une sorte de renoncement, un "jet de l'éponge" sur le ring de la séduction, un façon explicite d'annoncer la couleur... D'autres s'imaginent qu'il ne s'agit que de sens pratique, de commodité d'entretien, de "refoulement" au second plan de cet élément de personnalité...

Soyons honnête, des exemples existent, qui viennent corroborer ces allégations. La révoltée de la Vie avec sa boule à zéro "de dépit", la ménagère de plus de cinquante ans, mère et parfois grand mère qui ne songe plus à séduire, même pas elle même et toutes celles pour qui le coiffeur est une corvée... c'est vrai.

Pourtant la plus grande majorité sait qu'au contraire, avoir les cheveux courts requiert un entretien constant, qu'ils sont un élément de séduction et d'expression de la personnalité de très haut niveau, qu'ils dénotent un caractère sophistiqué, une recherche de l'estime personnelle qui sont des facteurs d'épanouissement et que le qualificatif "pratique" ne se conjugue pas avec celui de "commode".

Et puis toute généralité est injuste, parce qu'il y a des "révoltées de la vie" qui attachent beaucoup de soins à leur boule à zéro et des ménagères qui sont ravies de pouvoir "enfin" s'occuper d'elles et couper leurs cheveux comme ça leur plait. L'essentiel est d'avoir du style, mais ça... tout le monde le sait.

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L'homme est une femme comme les autres...

21 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs

Photo: Alyssia Evans

Photo: Alyssia Evans

... ou l'inverse, je ne sais plus... Des fois je me dis qu'on se fourvoie depuis le début, que finalement le standard ce serait plutôt la femme et que les petits garçons sont contraints dès l'enfance à devenir des êtres "virils", coûte que coûte, pour maintenir un statut artificiel, une construction mentale établie depuis des siècles, une sorte de grand bluff pour faire croire qu'ils sont les maîtres du jeu. Dingue!

Du coup, comme tout le monde n'est pas au courant, certaines se battent comme des folles pour tenter de rétablir la vérité, y parviennent parfois, mais comme le bobard est tellement énorme, la majorité, hommes et femmes, fait obstacle à leur entreprise de démystification et ainsi va la vie. Dingue j'vous dis!

Peut être alors que mon enthousiasme pour les femmes aux cheveux courts est aussi une façon de les considérer dans leur juste rôle, comme des partenaires, fifty-fifty, égales, d'homme à homme, enfin je veux dire d'humain à humain... L'autre soir, j'ai entendu Christiane Taubira parler à la télévision. Elle évoquait Benoite Groult et on ne peut guère, à ce niveau là, contester l'engagement de ces deux femmes pour l'égalité entre homme et femme. Et l'entendre dire que le féminisme ne peut pas être autre chose que de l'humanisme, qu'il ne peut pas être une lutte "contre" mais un combat "avec", une affaire de conviction, de détermination, mais jamais de rejet ou d'exclusion... Tout cela m'a fait chaud au coeur.

Donc, l'essentiel ne serait pas pour certains hommes de laisser " leur part de féminité" s'exprimer librement, quoi que ce serait déjà pas mal, mais plutôt pour les humains de tendre vers une convergence, cet équilibre qu'il convient d'établir en chacun de nous et de réaliser ça à une échelle beaucoup, beaucoup plus grande... entre homme et femme.

Mouais, bon, je vais prendre un café moi... 

 

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Palais de Tokyo

19 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Tendresses, #Nouvelles et petites histoires

Chloé Lobre pour Mazarine Paris

Chloé Lobre pour Mazarine Paris

Il faudra bien un jour que tout cela se termine... Pourtant il ne se sens pas vraiment guéri de cette passion qui l'a longtemps dévoré, mais c'est comme si à présent il n'avait plus besoin de laisser échapper son trop plein d'affection, son surplus d'émotion. Pire même, parfois il a le sentiment que sa vieille carapace repousse, comme une vielle maladie de peau qu'on croyait définitivement disparue et que, doucement, sournoisement, il retombe dans son enfermement...

Et puis un dimanche après midi au Palais de Tokyo, chassant son indifférence au milieu d'un art qu'il ne comprend pas, il se laisse à nouveau prendre au piège quand soudain, devant les grandes baies ensoleillées, une silhouette presque familière vient capter son attention. Il se laisse séduire par l'allure d'une jolie femme insensible aux regards. Son vêtement paraît si confortable qu'elle semble le porter directement sur sa peau nue et de cette masse sombre dans le contre jour par moment, émerge un cou dénudé et une tête aux cheveux très courts. C'est certainement ça qui la rend familière. 

Soudain il s'aperçoit qu'il la fixe depuis plusieurs minutes et il se sent gêné, détourne son regard, fait quelques pas de côté, scrute la Tour Eiffel qui n'est pas si loin... mais il ne la voit pas, il pense à elle, la retrouve à quelques pas de lui. Le visage fermé ne parvient pas à être dur et ses cheveux coupés très haut sur son front lui donne un air d'enfant. Elle est presque tondue. Etonnamment cette coupe n'apporte aucun caractère masculin, pire, cela lui donne de la douceur, une douceur juvénile, contrastée par le visage maquillé et l'équilibre se fait, lui donnant l'allure d'une idéale androgyne.

Alors le feu reprend et pour une fois encore il se laisse séduire, cède à ses émotions et retombe amoureux de l'inconnue du Palais de Tokyo, qu'il ne reverra plus.

 

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Trancher dans le vif

18 Avril 2018 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Humeurs, #Divers & variés

Trancher dans le vif

D'abord... d'abord il y a une sorte d'exaltation. Une excitation étrange, le sentiment de se prêter à un acte totalement insensé, de transgresser une règle secrète et de conquérir une liberté. Une folie oui! Mais c'est tellement bon. Et puis, cette idée, ça fait des semaines qu'elle tournait dans sa tête, jusqu'à cet instant ou elle se retrouve dans le studio du photographe. L'agence a décidé pour elle, ou plutôt les avis ont convergé. On l'encourage. Le coiffeur pro a prêté ses ciseaux. L'objectif est prêt, elle empoigne une mèche sur son épaule et doucement, pendant que le flash crépite, elle sent les lames trancher la matière, crisser sur le cheveux et claquer d'un coup sec. Elle a le cœur qui bat, une sorte de trac qui la fait rire. Elle abandonne la  mèche qu'elle vient de couper, sans un regard, glisse ses doigts à travers les cheveux et empoigne à nouveau ceux qui vont être coupés.

Trancher dans le vif

Un instant, le professionnel reprend la main, rapidement taille les mèches inégales, raccourci encore la chevelure en un carré présentable. Le photos reprennent. Elle a saisi de nouveau la paire de ciseaux, mais cette fois elle les tient tout près de son visage. Elle tire un peu sur les cheveux, comme pour éviter d'être trop près du crâne. Elle sent l'inéluctable, il ne faut plus reculer. Son rire nerveux a disparu, elle se concentre. Coupe, coupe encore. Ce n'est pas désagréable cette amputation sans douleur, presque excitant. 

Cette fois la tête se dessine dans sa rondeur. Le coiffeur est là, reprend les ciseaux, taille encore un peu, ici et là... Puis s'approche avec une tondeuse qui hurle un peu. Le bruit envahi le studio. Cette fois les visages restent graves...

 

 

Trancher dans le vif

Avec adresse le coiffeur a glissé les lames vibrantes sur le crâne, moissonnant les cheveux déjà presque courts. Il est passé puis repassé au même endroit. Les cheveux libérés du poids de leur longueur se redressent comme autant de chaumes d'un champ de blé. Les photos reprennent, cette fois c'est elle qui tient la tondeuse, intimidée. Elle est un peu maladroite. Les crissements des ciseaux sur les mèches soyeuses, un peu intimes, un peu sensuels, sont remplacés par le ronronnement de l'engin qui hache la chevelure, frôlant le crâne, s'appuyant sur la peau. Et au fur et à mesure que les cheveux éparpillés s'accumulent sur les épaules et la chemise, l'émotion grandit.

Trancher dans le vif

Le trouble s'intensifie lorsque la main libre passe délicatement sur les cheveux tondus, caresse l'arrondi du sommet, la nuque. Il y le vide. Doux, soyeux, presqu'aussi agréable que le pelage d'un animal, mais cette nudité soudain l'affole et la bouleverse. 

Elle est heureuse, mais émue presqu'aux larmes. Le coiffeur termine, repasse encore et encore pour que plus rien ne dépasse. Voilà! C'est fait, ses cheveux blonds sont tondus, rasés et ils apparaissent plus sombres. Tout autour d'elle gisent des mèches plus ou moins longues, vestiges de son autre elle même, souvenir de celle qu'elle était auparavant, jolie, blonde, attendue. La voici nouvelle, hors du cadre. Les photos reprennent, les flashes font briller les larmes qui ont coulées sur ses joues, mais cet émoi s'estompe, remplacé par un sentiment étrange, de liberté, de fierté. Oui de fierté.

Modèle: Irka Chiganaeva - Tush Magazine

 

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