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Publié le 30 Juillet 2019

Lois Mcleod

Lois Mcleod

L'autre jour, alors que je discutais avec une amie à la terrasse de notre café favori, je ne me souviens plus du sujet principal de la discussion mais toujours est-il qu'à un moment j'ai voulu la définir, comme une personne, non-binaire, genderfluid, bref en un mot "queer". Hélas Je me suis heurté à une réplique un peu cinglante du genre:

" Ah j'en ai rien à faire moi de toute cette grammaire là! Je ne veux pas entrer là dedans. Pour moi si tu as des couilles tu es un garçon et si tu as une chatte tu es une fille. Point!"  

A voir ma mine défaite je suppose qu'elle a du se dire qu'elle avait été un peu trop radicale, bien que son discours soit frappé au coin du bon sens...

" Oui bon, tu vas dire que je suis un peu réac, mais regarde, les individus sont les premiers à refuser les catégories, à ne pas vouloir être mis dans des cases et à la première occasion il en créer de nouvelles et classe les gens. A la moindre "anomalie" on en invente une nouvelle... Moi je suis physiologiquement une nana, avec des seins, oui bon ça va te marre pas, avec une chatte et c'est pas parce que j'aime bien m'habiller comme s'habillent couramment les mecs ou me couper les cheveux à ras, que je dois m'inventer une catégorie particulière?"

Je tentais malgré tout de plaider en affirmant que tout le monde n'avait pas sa force de caractère et que souvent les gens ont besoin, pour se rassurer, de nommer les choses ou de se reconnaître les uns les autres. Mais là encore la riposte fut teintée d'évidence...

"D'accord! Ils ont besoin de se rassurer, de se reconnaitre... malheureusement ils finissent par devenir sectaires, à s'enfermer dans leur case, à se plaindre des autres ou à dénigrer celleux qui ne sont pas dans leurs rangs. Ne me dis pas que c'est faux, tu le sais très bien!"

Alors bien sûr, cette discussion aurait pu être sans fin. J'aurais pu dire que c'est parce que les autres les dénigrent et souvent violemment, qu'ils se replient sur eux mêmes ou se "méfient" des autres. Pourtant, à la fin, je n'ai pas pu m'empêcher de penser que bien des choses seraient plus simples si tous les "queer" étaient aussi à l'aise avec leur différence que mon amie...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 29 Juillet 2019

Filipa Ribeiro

Filipa Ribeiro

Difficile de croire aujourd'hui qu'il n'y a pas un brin de dissidence, une once de provocation, un soupçon de résistance dans l'esprit de chaque femme aux cheveux courts. La pression semble devenue si forte qu'on en aurait presque de la nostalgie en songeant à la relative liberté des années 70 et 80. Mais le patriarcat, un peu déboulonné à cette période, a bien vite retrouvé sa virulence, s'est renforcé du soutien de bonnes âmes qui avaient été elles aussi décontenancées par ce vent d'indépendance, mettant ainsi à jour cette bizarrerie, ce "comportement contre nature" de femmes dénigrant la volonté d'autres femmes qui luttent pour au moins l'égalité. Etrange non?

Alors du coup, on voit volontiers à travers ces coupes "un peu courtes" un signe de rébellion pacifique, une volonté discrète de s'extraire du cadre, une façon d'affirmer "je ne suis pas celle que vous croyez"... A bien y regarder, c'est souvent par la coupe de cheveux que s'exprime cette façon de mettre les points sur les i, histoire de marquer les esprits, à la manière de Sinead O'Connor qui, pour répondre à la demande de sa maison de disque qui la voulait plus "sexy" et plus " girly" s'est pointée le lendemain les cheveux complètement tondus, ce qui en fit une véritable icône d'ailleurs.

Qu'importe, pour moi toutes les femmes aux cheveux courts sont des militantes, qui œuvrent comme le colibri de la fable, en faisant chacune "leur part" pour ne plus être considérées différemment des autres humains. Amen

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 24 Juillet 2019

Photo: Jonathan Valerius

Photo: Jonathan Valerius

Il y a quelques jours, un commentaire à la suite d'un article sur la page Facebook du blog, demandait ce qu'il fallait faire pour "être une femme aux cheveux courts". Au début j'ai souri, j'ai même cru à une plaisanterie. La réponse la plus stupide que j'aurais pu faire aurait été : "ben il faut te couper les cheveux chérie, c'est pas plus compliqué que ça!" Mais bien sur, cela aurait été une erreur de m'en tenir au premier degré. La vraie question était: "que dois-je faire pour faire partie de votre bande, pour, peut être, apparaitre sur vos pages..."

Je suis alors allé visiter le compte FB d'Olivia, mon interlocutrice. Les photos que l'on poste de soi sont souvent très révélatrices. Sur Facebook ou sur Instagram, avec un peu d'attention et d'empathie on parvient à tracer un portrait, on découvre des états d'âme et l'on se fait une idée du caractère de la personne qui s'affiche. Olivia semble être une femme de talent, qui s'exprime par la photographie et l'écriture. Une femme courageuse aussi, qui ne se plaint pas et parvient à trouver dans les détours de la vie de quoi s'émerveiller. Une femme bien entourée, de famille et d'ami.e.s et peut être aussi une femme qui lutte ou a lutté pour combattre la maladie. Une ou deux photos, prises par d'autres, montrent un crâne nu... Mais jamais aucune allusion n'est faite dans les commentaires, alors peut être que je me trompe. Enfin ce n'est pas vraiment le sujet...

Le sujet est: Comment être une Femme Aux Cheveux Courts? Et elle mérite d'être posée cette question! Bien sûr il faut avoir les cheveux coupés, d'une manière ou d'une autre, laissés à leur plus simple expression après le passage de la tondeuse, ou élégamment taillés dans toutes les formes possibles au dessus des épaules. Et je pourrais ajouter, volontairement, sans contrainte. C'est peut être sur cela qu'on pourrait m'opposer le cas de la maladie? Mais en fait non, parce que celles que je connais ne s'en laissent pas imposer et si le traitement de la maladie a pour effet secondaire la perte de leurs cheveux, elles décident, avant que cela n'arrive, de tout raser. Certaines même, ayant vaincu le mal, persistent à garder leur tête tondue, comme un bras d'honneur à leurs souffrances passées.

Alors être une Femme Aux Cheveux Courts ce n'est pas seulement avoir les cheveux courts bien sûr, c'est surtout un état d'esprit, la force d'accepter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être, comme disait Marc Aurèle, l'envie, le besoin d'être authentique, sans artifice et sans fard, la fierté d'être soi-même et de ne pas s'en laisser conter.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 19 Juillet 2019

Clara S. par ©jeaneg

Clara S. par ©jeaneg

Si l'on ne fait pas attention aux détails, nous échappent mille nuances, d'ombres et de lumières, de demi-teintes et de tonalités qui apparaissent parfois dans une coupe de cheveux, lorsque le contraste est exploité à son excès, où l'ultra court côtoie la chevelure lourde et lisse et que les reflets de brillance illuminent la matière...

Il y a pourtant dans la mise en évidence de cette texture si particulière, un art qui semble de la sculpture, un travail d'orfèvre où le maillet et les gouges sont remplacés par le peigne et la tondeuse. Ainsi on peut imaginer ce qu'il faut de passion et de sens artistique pour façonner une coupe de cheveux, courte, dans sa longueur, son épaisseur, sa texture, pour que l'ensemble soit harmonieux, ou audacieux, pour dégrader, minutieusement et obtenir un fondu semblable à l'estompage d'un dessinateur et son fusain. La technique seule ne suffit pas, il faut l'œil et le toucher, le goût, presque l'excitation de créer. Et puis l'exercice achevé, la chevelure s'anime, à chaque mouvement de tête quelque soit le sens, l'ensemble reste harmonieux, précis, seules les ombres et les reflets sont différents... jusqu'à la prochaine coupe.

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 17 Juillet 2019

Photo: Marina Ishu

Photo: Marina Ishu

C'est sans doute un privilège de nos jours, de pouvoir faire une pause, se mettre sur le bord du chemin et regarder le monde qui s'agite autour de soi, juste un instant. Et si dans cet instant, on prend la peine d'y réfléchir un peu, on doit bien admettre que c'est assez "révolutionnaire" de voir aujourd'hui, le style de certaines femmes aux cheveux courts. Attendez! C'était pas imaginable ça auparavant, ces coupes, tondues à zéro, ces dégradés fondus au millimètre, cette allure presque "virile" endossée par des femmes incontestablement féminines.

Plus spectaculaire que le vêtement, la coupe de cheveux serait en passe d'abolir les genres, d'ouvrir une nouvelle voie. N'allez pas croire qu'il s'agit juste de délire de coiffeurs en mal de création ou de signe ostentatoire d'appartenance à une communauté et si c'est le cas, ce n'est pas que ça. La demande est réelle, le non-genre s'assume de plus en plus. C'est une esthétique nouvelle qui séduit par son côté levée de tabou, transgression des codes. Et puis il y a aussi, indiscutablement des sensations inconnues jusque là, visuelles, tactiles, un sentiment de force, d'invincibilité, nourri par ce style que personne ne s'attendait un jour à voir conjugué au féminin.

Et c'est tant mieux, mine de rien...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 15 Juillet 2019

Photo: Melody

Photo: Melody

L'humain est ainsi fait qu'il ne supporte pas d'être confronté à des questions qui n'auraient pas de réponse. Il lui faut tout classer, tout ranger dans sa petite tête, que les choses y soient ordonnées pour qu'il soit rassuré. C'est à cause de cela que les inventeurs de génie sont souvent mal compris et qu'ils doivent batailler des années pour faire admettre leur création. Et puis quelques temps plus tard, on trouve ça presque naturel, comme si cela existait depuis toujours...

Avec ça, l'humain parvient presque toujours à tout catégoriser. Même celleux qui se refusent à entrer dans une case, aiment bien y mettre les autres. Il faut inventer des mots, trouver la bonne rubrique. La souplesse de la langue anglaise se prête merveilleusement à cet exercice et l'on se retrouve avec un vocabulaire façon poupées russes, où les mots englobent d'autres mots, qui signifient la même chose mais avec assez de nuance pour créer une sous catégorie et l'on va de queer à genderfluid, voir genderqueer carrément, mais aussi agender, transgender, non-binary gender... etc. En réalité, cela ne facilite la vie de personne et pas forcément non plus celle de l'humain dont le corps biologique féminin ne colle pas du tout avec son esprit, son caractère, son âme, son allure, son type, ses façons, son comportement, son style, ses manières, son attitude, son expression... masculine. Cela ne fait pas pour autant, d'elle un garçon, mais plutôt une inventrice. Une inventrice de génie, qui parvient, sans se forcer, à créer un genre nouveau, un modèle unique, à usage personnel. Et si elle y parvient, si elle est assez forte, elle pourra mépriser les haineux/ses et les simples d'esprit qui n'aiment pas qu'on les embrouille avec des choses qu'ils/elles ne comprennent pas.

 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 9 Juillet 2019

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

Combien faudra-t-il encore attendre pour que s'arrête le mensonge assassin qui fait croire aux hommes qu'ils ont le pouvoir et à certaines que cela est vrai? Meurtres, mutilations, asservissement, pas un endroit du monde, du plus sauvage au plus développé, n'est capable de simple justice. L'Humain, unique dans son espèce, est parvenu à se convaincre que sa femelle lui était dévouée, corps et âme, et qu'il pouvait en faire ce qu'il voulait. De la nuit des temps cette illusion persiste, assénée par la contrainte, physique, psychologique, législative et culturelle. Et l'on sent bien que les choses ne s'arrangent pas...

Il faut de la force et du courage, parce que souvent c'est le vie qui est en jeu, pour exprimer une colère légitime. Une force et un courage que toutes n'ont pas, qui se laissent cogner, humilier, exciser, condamner, contraindre, imaginant sans doute que c'est, peut être, de leur faute.

Alors j'aime croire que celles qui transgressent les "règles", celles qui ne s'en laissent pas conter, celles qui jurent comme des charretiers, celles qui gardent leur clope aux lèvres, celles qui sont tatouées, celles qui s'habillent sans s'occuper du rayon où elles se servent, celles qui ne demandent rien à personne, celles qui rasent leurs cheveux et qui se moquent du regard des autres, celles qui sont indépendantes et qui n'ont pas peur d'être seules plutôt que mal accompagnées, celles qui ne veulent pas d'enfants, celles qui boivent de la bière et celles qui savent dire non, toutes celles là et bien d'autres, sont des exemples, des soutiens, des encouragements pour toutes les autres. Plus que la rancœur et la violence verbale, c'est par l'exemple et l'éducation qu'il faut réconcilier l'humain et si chacun fait sa part, les choses changeront.

Je le savais déjà, mais parfois, une simple coupe de cheveux est un acte politique...

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 7 Juillet 2019

Eclairage

Si je prend cette photo pour faire une recherche sur Google Images, le résultat que j'obtiens est: Man

Et là je me dis que l'ingénieur.e qui a travaillé sur l'algorithme ne pouvait pas avoir trente six mille critères à lui fournir pour que ce dernier conclu sa recherche par: Homme. Le seul que je vois ne peut être que la coupe de cheveux. Pourtant le regard et quelques détails anatomiques suffisent pour me faire dire, presque sans réfléchir qu'il s'agit de la nuque d'une femme. Mais, parce que cette femme a les cheveux coupés très courts, une vulgaire machine va se comporter comme le dernier des beaufs du fin fond de sa zone qui s'adresserait à la dame en lui disant monsieur. Bullshit!!

Alors que, on le voit bien, le ou la photographe a mis en œuvre le meilleur de sa technique, cadrage, éclairage, focale... pour mettre en valeur la nuque de cette femme, remarquable par sa structure, la finesse du cou, la symétrie des tendons saillants, le relief occipital, tout cela révélé par une coupe de cheveux aux contours presque rasés, au dégradé parfaitement fondu... Bref! Absolument rien de masculin là dedans.

Des fois, tu t'demandes...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 30 Juin 2019

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Ce n'est qu'une histoire de langage et pour l'entendre souvent, de la bouche de jeunes femmes ou d'androgynes non-binaires, cela reste toujours en bonne position dans les "to do list" de chacune. Inutile de penser que la chaleur ou quoi que ce soit ait quelque chose à voir la dedans. C'est une envie, point. Mais pourquoi est-ce qu'on entend plus souvent employé le mot "rasée", que tondue, qui serait techniquement plus approprié? Et sans parler d'une exagération bien fréquente qui fait dire à certaines qu'elles se sont "rasé" les cheveux alors que le coiffeur a juste coupé 5cm de leur sempiternelle coupe au carré...

Alors cela doit être le mot lui même qui ne plait pas? Non parce que le dictionnaire lui ne fait pas de différence. Tondre, verbe transitif du latin tondere: couper les cheveux de quelqu'un à ras avec une tondeuse, ex: tondre un prisonnier. C'est peut être cet exemple justement qui heurte, parce que ce verbe est trop souvent associé à une contrainte, une punition, un châtiment. Il a pourtant quelque chose de champêtre, de bucolique, entre pelouse et mouton et puis surtout il veut bien dire ce qu'il dit. Aujourd'hui où pratiquement tout le monde possède une tondeuse électrique chez soi et en use sans vergogne, le terme aurait pu retrouver sa place légitime dans le vocabulaire. D'autant qu'à bien y regarder il sonne un peu comme une provocation, une façon de bousculer la bien pensance, comme ces mots vulgaires que les bourgeoises aiment bien placer dans leur conversation.

Comme toujours, on compte sur les plus jeunes pour effacer les sortilèges du passé, qui ont pu un jour, s'abattre sur les mots...

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 27 Juin 2019

Photo: John Malonakis

Photo: John Malonakis

Même les psychologues ont du mal à donner une définition de la féminité qui ne serait pas dégoulinante de clichés et de préjugés. Les sociologues se contentent de tracer cela dans le temps et de rappeler les différentes images de la femme à travers les époques. Les femmes elles mêmes, ont toutes une approche personnelle et il apparait impossible d'être catégorique. Il reste pourtant quelques dénominateurs communs, le comportement, le regard, la sensualité, la sensibilité... tout serait dans l'attitude plutôt que dans l'apparence.

L'apparence justement, qui n'aura jamais rien à voir avec la féminité, pas plus le vêtement que la coiffure et que pourtant la plupart des gens persistent à considérer comme son indicateur le plus évident. 

Pourtant, chacune de celles qui l'ont expérimenté, vous dira à quel point elle s'est senti davantage femme et féminine lorsqu'elle s'est redécouverte avec les cheveux coupés très courts. C'est là tout le paradoxe. Il doit y avoir une limite, un point jusqu'auquel le curseur accentue la féminité et au delà duquel il pourrait, peut être, mais rien n'est moins sur finalement, la ruiner. C'est un code nouveau, une affirmation indiscutable, une démonstration de féminité qui ne serait pas entachée par la domination et ramène l'humain à davantage d'égalité sans considération de sexe ni de genre. La femme aux cheveux courts n'est pas une proie. Il aurait même des hommes qui se coupent les cheveux comme elle...

Photo: John Malonakis

 

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Rédigé par jeaneg

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