humeurs

Publié le 17 Juillet 2019

Photo: Marina Ishu

Photo: Marina Ishu

C'est sans doute un privilège de nos jours, de pouvoir faire une pause, se mettre sur le bord du chemin et regarder le monde qui s'agite autour de soi, juste un instant. Et si dans cet instant, on prend la peine d'y réfléchir un peu, on doit bien admettre que c'est assez "révolutionnaire" de voir aujourd'hui, le style de certaines femmes aux cheveux courts. Attendez! C'était pas imaginable ça auparavant, ces coupes, tondues à zéro, ces dégradés fondus au millimètre, cette allure presque "virile" endossée par des femmes incontestablement féminines.

Plus spectaculaire que le vêtement, la coupe de cheveux serait en passe d'abolir les genres, d'ouvrir une nouvelle voie. N'allez pas croire qu'il s'agit juste de délire de coiffeurs en mal de création ou de signe ostentatoire d'appartenance à une communauté et si c'est le cas, ce n'est pas que ça. La demande est réelle, le non-genre s'assume de plus en plus. C'est une esthétique nouvelle qui séduit par son côté levée de tabou, transgression des codes. Et puis il y a aussi, indiscutablement des sensations inconnues jusque là, visuelles, tactiles, un sentiment de force, d'invincibilité, nourri par ce style que personne ne s'attendait un jour à voir conjugué au féminin.

Et c'est tant mieux, mine de rien...

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Publié le 15 Juillet 2019

Photo: Melody

Photo: Melody

L'humain est ainsi fait qu'il ne supporte pas d'être confronté à des questions qui n'auraient pas de réponse. Il lui faut tout classer, tout ranger dans sa petite tête, que les choses y soient ordonnées pour qu'il soit rassuré. C'est à cause de cela que les inventeurs de génie sont souvent mal compris et qu'ils doivent batailler des années pour faire admettre leur création. Et puis quelques temps plus tard, on trouve ça presque naturel, comme si cela existait depuis toujours...

Avec ça, l'humain parvient presque toujours à tout catégoriser. Même celleux qui se refusent à entrer dans une case, aiment bien y mettre les autres. Il faut inventer des mots, trouver la bonne rubrique. La souplesse de la langue anglaise se prête merveilleusement à cet exercice et l'on se retrouve avec un vocabulaire façon poupées russes, où les mots englobent d'autres mots, qui signifient la même chose mais avec assez de nuance pour créer une sous catégorie et l'on va de queer à genderfluid, voir genderqueer carrément, mais aussi agender, transgender, non-binary gender... etc. En réalité, cela ne facilite la vie de personne et pas forcément non plus celle de l'humain dont le corps biologique féminin ne colle pas du tout avec son esprit, son caractère, son âme, son allure, son type, ses façons, son comportement, son style, ses manières, son attitude, son expression... masculine. Cela ne fait pas pour autant, d'elle un garçon, mais plutôt une inventrice. Une inventrice de génie, qui parvient, sans se forcer, à créer un genre nouveau, un modèle unique, à usage personnel. Et si elle y parvient, si elle est assez forte, elle pourra mépriser les haineux/ses et les simples d'esprit qui n'aiment pas qu'on les embrouille avec des choses qu'ils/elles ne comprennent pas.

 

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Publié le 9 Juillet 2019

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

Combien faudra-t-il encore attendre pour que s'arrête le mensonge assassin qui fait croire aux hommes qu'ils ont le pouvoir et à certaines que cela est vrai? Meurtres, mutilations, asservissement, pas un endroit du monde, du plus sauvage au plus développé, n'est capable de simple justice. L'Humain, unique dans son espèce, est parvenu à se convaincre que sa femelle lui était dévouée, corps et âme, et qu'il pouvait en faire ce qu'il voulait. De la nuit des temps cette illusion persiste, assénée par la contrainte, physique, psychologique, législative et culturelle. Et l'on sent bien que les choses ne s'arrangent pas...

Il faut de la force et du courage, parce que souvent c'est le vie qui est en jeu, pour exprimer une colère légitime. Une force et un courage que toutes n'ont pas, qui se laissent cogner, humilier, exciser, condamner, contraindre, imaginant sans doute que c'est, peut être, de leur faute.

Alors j'aime croire que celles qui transgressent les "règles", celles qui ne s'en laissent pas conter, celles qui jurent comme des charretiers, celles qui gardent leur clope aux lèvres, celles qui sont tatouées, celles qui s'habillent sans s'occuper du rayon où elles se servent, celles qui ne demandent rien à personne, celles qui rasent leurs cheveux et qui se moquent du regard des autres, celles qui sont indépendantes et qui n'ont pas peur d'être seules plutôt que mal accompagnées, celles qui ne veulent pas d'enfants, celles qui boivent de la bière et celles qui savent dire non, toutes celles là et bien d'autres, sont des exemples, des soutiens, des encouragements pour toutes les autres. Plus que la rancœur et la violence verbale, c'est par l'exemple et l'éducation qu'il faut réconcilier l'humain et si chacun fait sa part, les choses changeront.

Je le savais déjà, mais parfois, une simple coupe de cheveux est un acte politique...

Photo: Pauline Théon

Photo: Pauline Théon

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Publié le 7 Juillet 2019

Eclairage

Si je prend cette photo pour faire une recherche sur Google Images, le résultat que j'obtiens est: Man

Et là je me dis que l'ingénieur.e qui a travaillé sur l'algorithme ne pouvait pas avoir trente six mille critères à lui fournir pour que ce dernier conclu sa recherche par: Homme. Le seul que je vois ne peut être que la coupe de cheveux. Pourtant le regard et quelques détails anatomiques suffisent pour me faire dire, presque sans réfléchir qu'il s'agit de la nuque d'une femme. Mais, parce que cette femme a les cheveux coupés très courts, une vulgaire machine va se comporter comme le dernier des beaufs du fin fond de sa zone qui s'adresserait à la dame en lui disant monsieur. Bullshit!!

Alors que, on le voit bien, le ou la photographe a mis en œuvre le meilleur de sa technique, cadrage, éclairage, focale... pour mettre en valeur la nuque de cette femme, remarquable par sa structure, la finesse du cou, la symétrie des tendons saillants, le relief occipital, tout cela révélé par une coupe de cheveux aux contours presque rasés, au dégradé parfaitement fondu... Bref! Absolument rien de masculin là dedans.

Des fois, tu t'demandes...

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Publié le 30 Juin 2019

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Photo: Chloé Lobre par Anna Harty

Ce n'est qu'une histoire de langage et pour l'entendre souvent, de la bouche de jeunes femmes ou d'androgynes non-binaires, cela reste toujours en bonne position dans les "to do list" de chacune. Inutile de penser que la chaleur ou quoi que ce soit ait quelque chose à voir la dedans. C'est une envie, point. Mais pourquoi est-ce qu'on entend plus souvent employé le mot "rasée", que tondue, qui serait techniquement plus approprié? Et sans parler d'une exagération bien fréquente qui fait dire à certaines qu'elles se sont "rasé" les cheveux alors que le coiffeur a juste coupé 5cm de leur sempiternelle coupe au carré...

Alors cela doit être le mot lui même qui ne plait pas? Non parce que le dictionnaire lui ne fait pas de différence. Tondre, verbe transitif du latin tondere: couper les cheveux de quelqu'un à ras avec une tondeuse, ex: tondre un prisonnier. C'est peut être cet exemple justement qui heurte, parce que ce verbe est trop souvent associé à une contrainte, une punition, un châtiment. Il a pourtant quelque chose de champêtre, de bucolique, entre pelouse et mouton et puis surtout il veut bien dire ce qu'il dit. Aujourd'hui où pratiquement tout le monde possède une tondeuse électrique chez soi et en use sans vergogne, le terme aurait pu retrouver sa place légitime dans le vocabulaire. D'autant qu'à bien y regarder il sonne un peu comme une provocation, une façon de bousculer la bien pensance, comme ces mots vulgaires que les bourgeoises aiment bien placer dans leur conversation.

Comme toujours, on compte sur les plus jeunes pour effacer les sortilèges du passé, qui ont pu un jour, s'abattre sur les mots...

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Publié le 27 Juin 2019

Photo: John Malonakis

Photo: John Malonakis

Même les psychologues ont du mal à donner une définition de la féminité qui ne serait pas dégoulinante de clichés et de préjugés. Les sociologues se contentent de tracer cela dans le temps et de rappeler les différentes images de la femme à travers les époques. Les femmes elles mêmes, ont toutes une approche personnelle et il apparait impossible d'être catégorique. Il reste pourtant quelques dénominateurs communs, le comportement, le regard, la sensualité, la sensibilité... tout serait dans l'attitude plutôt que dans l'apparence.

L'apparence justement, qui n'aura jamais rien à voir avec la féminité, pas plus le vêtement que la coiffure et que pourtant la plupart des gens persistent à considérer comme son indicateur le plus évident. 

Pourtant, chacune de celles qui l'ont expérimenté, vous dira à quel point elle s'est senti davantage femme et féminine lorsqu'elle s'est redécouverte avec les cheveux coupés très courts. C'est là tout le paradoxe. Il doit y avoir une limite, un point jusqu'auquel le curseur accentue la féminité et au delà duquel il pourrait, peut être, mais rien n'est moins sur finalement, la ruiner. C'est un code nouveau, une affirmation indiscutable, une démonstration de féminité qui ne serait pas entachée par la domination et ramène l'humain à davantage d'égalité sans considération de sexe ni de genre. La femme aux cheveux courts n'est pas une proie. Il aurait même des hommes qui se coupent les cheveux comme elle...

Photo: John Malonakis

 

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Publié le 26 Juin 2019

Manuela Giugliano

Manuela Giugliano

Peu m'importe, en fin de compte, qui emportera le trophée. Je ne suis pas très accessible au football en général et plus encore que les joueurs, les supporters m'exaspèrent. Mais bon! Je mesure tout de même que ce sport, sans doute le plus populaire qu'on connaisse, a tout de suite une autre allure dès qu'il est joué par des femmes et je me laisse facilement prendre au jeu. C'est comme si, d'un seul coup d'un seul, tout ce que j'avais à reprocher à ce monde là, se trouvait transformé en son exact contraire. C'est élégant, technique, fair-play, accrocheur, déterminé, loyal et le public redevient familial, féminin, bon-enfant. Enfin bref! Je me demande si comme pour le reste, les femmes ne sont pas aussi l'avenir du football.

Sauf que, avant d'être millionnaires comme les garçons, les filles doivent allécher les sponsors et les diffuseurs télé. Et pour cela, l'ombre plane de certaines injonctions qui leurs seraient faites d'être "un peu plus attractives visuellement", du genre, avoir de beaux cheveux longs pour que les queues de cheval tournoient au gré de leur course, ce qui semblerait être un sommet de la féminité.

Croyez moi, je serai tout aussi révolté si à la manière peut être des chinoises ou des coréennes on leur imposait d'avoir une coupe réglementaire. Heureusement, grâce à certaines, comme Manuela Giugliano ( Italie ) ou Lina Hurtig ( Suède) et bien d'autres finalement, la féminité  

Lina Hurtig

s'exprime d'une autre manière que celle imprimée dans le cortex reptilien des vieux maitres de la FIFA et la diversité, timide, persiste. Alléluia!

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Publié le 17 Juin 2019

Méli Rezeg @youngbadass_

Méli Rezeg @youngbadass_

Voilà bien un sujet dont il n'est pas besoin de discuter durant 107 ans ( Bon ben là, 10 en l'occurrence... ) diront les pragmatiques, celleux qui se posent le moins de questions possible pour aller toujours à l'essentiel. Seulement voilà, l'essentiel n'est pas le même pour tout le monde. Il en est des pour qui l'essentiel est un peu parsemé tout au long du chemin, dans une multitude de petits détails. Et souvent les détails sont l'essentiel, on le sait bien.

Changer, quand depuis longtemps, imagine-t-on, on a la même allure, le même style, c'est bien légitime et très humain. Des années durant, les cheveux courts, très courts même, la nuque rasée, les tempes tondues et un jour vient naturellement l'envie de voir pousser un peu ses cheveux. On a l'état d'esprit pour cela, le temps, l'humeur, alors après avoir sauté un, puis deux rendez vous chez le coiffeur, on se dit pourquoi pas? Puis on y retourne, on lui explique le nouveau cap à suivre et on taille un peu, à peine, histoire de faire propre, mais inéluctablement la chevelure s'épanouie. Alors il faut user d'artifices, de cire, de gomme, de gel, d'épingles et de barrettes... 

Seulement voilà... On sous-estime la force des sensations, celles qu'on a explorées durant des années, ce shoot de confiance en soi qu'on éprouve à chaque coupe bien fraîche, cette volupté à caresser son cou dégagé, cette délectation à l'androgynie tutoyée ou réaffirmée,

MéliMéli
MéliMéli

Méli

ces gestes qui rassurent, qui font sourire et qui sont devenus si familier. Tout cela ne se balaie pas d'un revers de main...

La parenthèse était charmante, certain.e.s y ont cru, d'autres ont souri et puis quelques mois plus tard on retrouve avec bonheur, cette coupe devenue un estampillage personnel, une marque connue, celle avec laquelle tout le monde vous reconnait, depuis si longtemps et ces retrouvailles sont parfois aussi chaleureuses que la satisfaction d'un changement hasardeux aurait pu l'être, l'orgueil d'avoir tenté le coup et la petite jouissance de sentir à nouveau ses cheveux "longs" mâchouillés par les lames de la tondeuse pour avoir à nouveau la nuque bien rasée. 

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Rédigé par jeaneg

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Publié le 16 Juin 2019

La résistance s'organise!

Après les révélations d'une sociologue, soupçonnant la Fédération Internationale de futchebôle "d'inciter" les joueuses à conserver une allure "féminine" pour des raisons obscures d'image médiatique et de droits de retransmission (sic)

(Voir le texte ci-dessous publié sur la page FB du blog )

j'étais, je l'avoue, un peu dépité à la perspective de ne plus voir sur les terrains de France et de Navarre où se déroule la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, que des athlètes courant, dribblant, contrôlant et shootant, le visage battu par les plus longues queues de cheval .. du monde! 

De fait, l'équipe des Bleues que je soutiens de bon cœur, à part Wendie Renard et Sarah Bouhaddi la gardienne de but, m'a fait croire un instant que tout le monde avait été sommé de se faire poser des rajouts pour avoir les cheveux aussi longs que les consignes supposées de la Fédération imposait à chacune. Soudain, la compétition m'a semblé étrange, comme si une fois encore l'homme parvenait à maitriser le comportement de ces joueuses, pour de simples raisons de profits, arguant qu'il fallait en passer par là pour espérer un jour avoir des salaires comparables ( de loin ) à ceux des joueurs masculins.

Et puis, malgré tout, j'ai vu, ici et là, au fil des matches, des joueuses de différentes nationalités qui semblaient résister au diktat, comme par exemple Sophie Schmidt et Rebecca Quinn de l'équipe nationale canadienne

La résistance s'organise!La résistance s'organise!
La résistance s'organise!La résistance s'organise!

ou encore Lorena Benitez de l'équipe argentine. Evidemment je ne parle pas des équipes asiatiques, pour qui visiblement les directives supposées de la FIFA n'ont pas été traduites dans la langue ad hoc et encore moins de la Chine où ce serait plutôt obligatoire d'avoir la coupe réglementaire.  

Il m'avait pourtant bien semblé que l'expression de la diversité était un gage d'épanouissement et d'intelligence... Bon ça fait rien, je continue à regarder jusqu'au bout!

Force & Honneur comme disait Maximus 

 

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Publié le 6 Juin 2019

©jeaneg

©jeaneg

Il faut de l'audace et une belle assurance pour, sans hésiter trop longtemps, passer des cheveux longs aux cheveux courts, puis rapidement aux cheveux très courts, coupés "au bol". Mais l'audace est juste la conséquence d'un caractère. La coupe de cheveux, elle, est la mise en harmonie de ce caractère qui définit la personnalité et l'image que l'on projette sur les autres.

Clara a ce type de détermination et elle n'a pas hésité longtemps avant d'adopter ce style qui, irrémédiablement, la distingue parmi la foule. En le faisant, elle s'inscrit dans une routine où le besoin se confond avec l'envie. Le besoin de retrouver chaque mois la coiffeuse qui va

©jeaneg

soigneusement, de quelques coups de tondeuse, réaffirmer la singularité de la coupe, accentuer le contraste entre long dessus et rasé autour, structurer davantage ce qui dans quelques temps sera une coupe au bol idéale. Mais aussi l'envie, toujours plus intime, de retrouver la texture si particulière des cheveux tondus, la rigueur d'une frange bien nette, l'excitation d'une caresse sur la nuque rasée...

Ainsi le besoin peut se justifier par l'envie et l'envie s'excuser par le besoin, parce qu'une telle coupe ne mérite pas l'approximation, parce que les cheveux très courts nécessitent la précision et la régularité de l'entretien, parce qu'il y a une part de plaisir dont elle n'a aucune raison de se priver.

Plus tard elle envisage d'autres styles, toujours aussi court, peut être même davantage, mais elle a pour l'instant besoin de se rassasier et d'explorer celui-là dans son entier, de l'avoir dans sa plus parfaite expression... Un besoin. Une envie...

©jeaneg

 

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Rédigé par jeaneg

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