Publié le 17 Avril 2017

Angie Hill

Angie Hill

Le premier jour, au fond de ce regard, il y avait comme une sorte d'interrogation, un besoin d'indulgence et de compréhension. Ces billes d'azur semblaient dire de ne pas lui en vouloir, qu'elle en avait envie et que, bien sûr ça change, mais finalement c'est pas si mal, non?

Et puis les fois suivantes, cette quête d'absolution avait disparu. Une drôle de réalité avait durci le noir de ses pupilles. Elle avait entendu des choses si absurdes venant de gens qu'elle croyait de bon sens, des mots qui faillirent la blesser et des sentences cruelles et stupides...

"Oh quel dommage, tu avais de si beaux cheveux - Tu es jolie, pourquoi tu as coupé tes cheveux? - Je ne pourrais pas, j'aurais l'impression de draguer un mec.. - Mon Dieu, c'est bien trop court! Qu'as-tu fait de ta féminité? - C'est moche! ... "

Bien sûr, tout cela a été légèrement tempéré par quelques compliments, mais qui finalement sonnaient faux. Qu'est-ce qui avait changé? Elle était toujours la même, son caractère était intact, son visage, sa bouche, ses yeux aussi. Son corps n'avait pas changé, son esprit non plus... C'est juste qu'elle ne se cachait plus derrière cette illusion de féminité, ce paravent de convenance, qu'elle avait abandonné l'ultime appât de séduction, c'est pour ça que tous lui en voulaient? Ou bien était-ce parce que soudain elle se plaçait sur le même banc que ceux qui auparavant la voyaient avec condescendance comme un simple objet de désir?

Dans le fond de son regard, il y a un reflet qui lance des éclairs de défi. Et chaque fois, ses cheveux toujours plus courts, elle se réjouit de la détresse des gens simples d'esprit qui ne savent pas ce qu'est la féminité et dénient aux femmes le droit d'être elles mêmes. Et puis c'est la fierté qui prend le dessus...

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 15 Avril 2017

Photo: Erik Wandmedia Photography

Photo: Erik Wandmedia Photography

A force de parcourir de ses doigts fins la géographie de son cou délicat, elle a, à la manière de l'aveugle, finit par définir précisément l'anatomie merveilleuse enfouie dans ses cheveux déjà courts. De sa main pleine elle pouvait envelopper l'étroite et robuste colonne de chair. Du bout des doigts elle glissait alors dans le sillon des cervicales s'enfonçant sous l'occiput et d'un mouvement latéral elle jouait aux montagnes russes sur les tendons proéminents, terminant sa caresse sur cette peau tendre et sensible, derrière l'oreille.

Vient alors cette folle envie d'avoir les cheveux plus courts encore, de sentir sous la pulpe de ses doigts, sa nuque enfin nue, de frissonner à la caresse sur ces vallons moissonnés, d'avoir, le plus haut possible ce contact avec la peau délicate et sensible, excité par les cheveux, plus ras que jamais...

Imaginer enfin, l'exploration d'une main étrangère et intime, le souffle tiède de sa respiration juste avant de sentir ses lèvres douces embrasser la peau fragile avant de mordre tendrement ce tendons de chair exposé.

Mais la réalité resurgit, pendant que les doigts encore distraitement fourragent à travers les cheveux longs qui recouvrent la nuque... Aller... Si j'osais.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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Publié le 14 Avril 2017

Around the World - Coralie au Sri Lanka

Nouvel épisode dans cette rubrique, après Julie à Los Angeles, Marie Lou à Montréal, Adeline à Pékin, Coralie nous raconte son expérience, au Sri Lanka...

A l’autre bout du monde.

Depuis 6 ans, j’aime cette sensation de tondeuse qui frotte mon crâne. Et depuis 6 ans, c’est un besoin viscéral. Je ne me suis donc pas posée la question de savoir ou non s’il fallait que je me coupe les cheveux là-bas, il le fallait. Point. De plus, dès que cette idée m’est venue en tête, il m’était impossible de cesser d’y penser. J’ai donc tout fait pour trouver un endroit où me rendre. Je n’ai ressenti aucune appréhension particulière, après tout, un barbier reste un barbier et il sait raser, barbe ou cheveux, à la demande des clients. J’ai donc commencé par demander aux hôtes et responsables du camping où nous étions s'ils connaissaient un barbier dans le coin. En quelques secondes à peine, j’avais ensuite à ma disposition un tùk-tùk avec chauffeur pour m’emmener, m’attendre sur place, puis me déposer de nouveau dans l’endroit magique où nous avions atterrit.

Around the World - Coralie au Sri LankaAround the World - Coralie au Sri Lanka

A 17h, je suis donc arrivée devant la porte du barbier. Le monsieur qui tenait ce shop ne parlait pas un mot d'anglais et l’expérience n’en a été que plus belle puisque j’avais à mes côtés le chauffeur de tùk-tùk qui venait maintenant de devenir mon traducteur. L’accueil a d’abord été « étrange", les gens présents se demandaient si c’était bien moi qui voulait me faire couper les cheveux, et en même temps, voyant ma coupe, le questionnement a été de courte durée. Je revoit encore le visage du monsieur à mon arrivée. Les gens ont donc été finalement intrigués par cette femme, au style rock’n roll, venue dans cette boutique. Néanmoins, l’accueil a été merveilleux. Je crois qu’aucun coiffeur ne m’a jamais rasé les cheveux avec autant de précision, de douceur et faisant attention à chaque geste. Le résultat a été au delà de mes espérances. Le temps passe, le temps passe. Je commence à me sentir à l’aise, les gens autour aussi. Pascal prenait des photos. Et plus le temps passait, plus la foule arrivait! C’était incroyable. Les hommes à l’intérieur de la boutique prenaient des photos de moi, ne croyant pas ce qu’ils étaient en train de voir et en quelques minutes, une partie du village d’Uda Walawe était présente à l’extérieure, grâce aux appels de tout le monde à l'intérieur. Des enfants qui demandaient qui nous étions, comment nous nous appelions, pourquoi je me faisait raser les cheveux alors que j’étais une femme…etc. Et le lendemain, tout le monde était au courant que j’avais été au barbier du coin!

Around the World - Coralie au Sri LankaAround the World - Coralie au Sri Lanka

Et le lendemain, tout le monde était au courant que j’avais été au barbier du coin! Le sentiments qui m’a parcouru le plus pendant cette expérience, comme tout au long de ce voyage, c’est cette forme de liberté que je revendique par rapport à mon style, et que les sri lankais ont tous vu et apprécié. Je n’ai jamais eu aucun regard lubrique ou malsain venant de la gente masculine, même sur la plage. Mais plutôt des regards et des questionnements sur ce look que j’affirmais là-bas. En fait, je pense que les hommes m’ont considérés comme un petit mec. Et les femmes ont toutes été intriguées, à me tenir les mains, me sourire, vouloir s’asseoir à mes côtés. Ce que je garde le plus en tête c’est ça, le regard de ces femmes, le regard envieux de quelque chose qu’elles n’auront jamais. Sans aucune haine, mais beaucoup d’admiration. Car je pense en effet, qu’aucune sri lankaise ne s’est jamais fait raser les cheveux chez un barbier, et qu’aucun barbier, n’a jamais vu de femme dans sa boutique.

Around the World - Coralie au Sri LankaAround the World - Coralie au Sri Lanka

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Over the World

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Publié le 13 Avril 2017

C'est déjà ça

Je sais bien que, rue d'Belleville,
Rien n'est fait pour moi,
Mais je suis dans une belle ville :
C'est déjà ça.
Si loin de mes antilopes,
Je marche tout bas.
Marcher dans une ville d'Europe,
C'est déjà ça.


Oh, oh, oh, et je rêve
Que Soudan, mon pays, soudain, se soulève...
Oh, oh,
Rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça.

 

Y a un sac de plastique vert
Au bout de mon bras.
Dans mon sac vert, il y a de l'air :
C'est déjà ça.
Quand je danse en marchant
Dans ces djellabas,
Ça fait sourire les passants :
C'est déjà ça.

 

Déjà...
Pour vouloir la belle musique,
Soudan, mon Soudan,
Pour un air démocratique,
On t'casse les dents.
Pour vouloir le monde parlé,
Soudan, mon Soudan,
Celui d'la parole échangée,
On t'casse les dents.

 

Je suis assis rue d'Belleville
Au milieu d'une foule,
Et là, le temps, hémophile
Coule.

Photo: Nykhor Paul @nykhor

Texte: L. Voulzy

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs, #Tendresses, #Divers & variés

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Publié le 12 Avril 2017

Ô rage, ô désespoir

Elle gronde, elle tempête, elle s'agace et s'énerve. Elle en veut à ce maudit coiffeur, mais en même temps elle se reproche tout à elle même. Elle est sortie du salon toute à l'heure avec une envie de pleurer tout juste surmontée. 

C'est sa faute après tout. Ce coiffeur, il lui plaisait bien depuis le début. Un coiffeur pour homme, un type qui ne fait pas de chichis. Elle aime les cheveux courts et les cheveux courts il sait bien les tailler. Alors la confiance s'est installée, au point d'y aller les yeux fermés, au point de s'installer sur le fauteuil et de lâcher un " vas-y coupe tout " largement irréfléchi. Ce type là ne fait pas dans les nuances. Si on lui dit "coupe tout" il coupe tout, même la jolie houppe qui donnait ce style si particulier à sa coupe très courte.

Il taille, il tond, il rase. Le dégradé n'a jamais été si précis, si bien fondu. La peau est mise à blanc par le rasoir, les tempes et la nuque sont rasées comme elle n'avait jamais osé le faire auparavant. C'en est presque excitant... 

Mais hélas, dans cet élan de savoir faire, entre les doigts du magicien, relevés par le peigne, tranchés par les ciseaux, encore et encore, les mèches du dessus n'ont pas résisté à l'enthousiasme du coiffeur qui avait pourtant carte blanche. Et soudain, reposant le regard sur son image, à travers le miroir, elle sent son coeur lâcher, ne retrouve plus la houppette familière, juste quelques centimètres bien trop masculins pour elle. Quel désarrois, quel désespoir. Ce centimètre manquant lui semble la défigurer.

Elle a pourtant l'habitude. Tout le monde la connait avec ses cheveux très courts. Les plus intimes feront peut être une remarque, à propos de cette nuque bien trop blanche, mais ne remarqueront certainement pas cette mèche en moins, dessus. Et puis n'était-ce pas elle qui se moquait, gentiment, de celle qui pleurnichaient de leur coupe au carré où il manquait un demi centimètre, de celles qui se voyaient "presque rasées" quand leur chevelure ne masquait plus leurs omoplates. Les cheveux ont ce pouvoir fabuleux de pousser, d'environ un centimètre par mois et de rendre éphémère les coupes les plus courtes comme les autres...

Mais il faut avoir et aimer ses cheveux courts pour comprendre à quel point c'est important, la différence que peut faire, ne serait-ce que quelques millimètres dans un style et comme il est facile de basculer de l'agréable sentiment de se sentir femme aux cheveux très courts vers celui peut être moins plaisant, d'être femme avec une coupe d'homme.

Photos: Blind Barber 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 11 Avril 2017

Androgyne... ou pas

Il y a tant de force dans les mots, que je suis toujours agacé lorsqu'ils sont mal utilisés. Par les médias souvent et puis par les gens ensuite, forcément... Souvent, très souvent, trop souvent il suffit qu'une jeune femme ait les cheveux courts pour qu'on qualifie son style d'androgyne, sa coupe de garçonne, son allure d'ambigüe, comme si les cheveux très courts lui faisaient traverser le miroir pour lui conférer un autre genre.

C'est sûrement parce que "les gens" ne cherchent pas plus loin que ce qu'on leur met sous le nez, mais en même temps c'est la preuve que les cheveux ont toujours un rôle primordial dans l'image qu'ils donnent de nous...

Mais l'androgyne, lui, elle, le/la vrai(e), a-t-il/elle besoin de cela? 

 

Androgyne... ou pas

C'est tout le paradoxe de ce personnage, fragile et supérieur. Qu'il se coupe les cheveux très courts à la manière d'un garçon fera rejaillir une féminité délicate et indiscutable. Qu'il garde ses cheveux longs et c'est le masculin en lui que l'on remarquera. Etonnant, fascinant...

Un entre-deux, un compromis? Il n'y en a pas bien sûr. La frange droite d'une coupe au carré lui donne cet air de fille un peu garçonne ou de jeune homme efféminé. C'est un atout, un pouvoir ou une malédiction. C'est ainsi. 

Mais ne croyez pas les magazines qui vous baptisent une jeune femme "androgyne" parce qu'elle coupe ses cheveux un peu courts. L'androgyne est ailleurs.

Modèle: Agnès Sokolowska

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 8 Avril 2017

La fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

C'est une femme discrète, à l'allure souple et sportive. Jean, chemise au col boutonné, un bijou  ancien en pendentif, blouson de cuir... Fanny ne joue pas l'ambiguë. Elle cultive sa propre féminité. Une féminité qui ne souffre pas de sa nuque rasée ni de ses oreilles bien dégagées, qui, au contraire, stimulent efficacement son éternelle jeunesse.

La fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

C'était une petite fille aux cheveux longs, toujours bien coiffés, attachés en queue de cheval. Et puis un jour tout le monde l'a découverte encore plus jolie avec les cheveux libres, flottant sur les épaules. Une coupe au carré et puis... et puis. Petit à petit, irrésistiblement, sa jolie tête au carré se raccourci, "s'assymétrise", se taille et se tranche en lignes droites et obliques, la frange toujours très nette, la nuque finement tondue. Mais aujourd'hui les options du carré étant épuisées, la voici enfin les oreilles dégagées, toujours attentive au travail bien fait. Elle sait ce qu'un millimètre en plus ou en moins peut faire comme différence.

Les ciseaux et la tondeuse c'est son quotidien. Elle est coiffeuse elle aussi, mais ses client(e)s ont quatre pattes et une confiance aveugle en son talent à les rendre belles et beaux.

Et quand elle ne travaille pas dans son salon, Fanny jongle, saute, roule, patine et se bagarre, en résumé...

 

La fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de FannyLa fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

N'allez pas vous fier à sa silhouette fine et son petit gabarit. Fanny, lorsqu'elle ne travaille pas, use une autre partie de son temps en musculation, jonglage et acrobatie à l'école du cirque et à présent roller derby. PoppyWhite ( c'est son pseudo dans l'équipe ) ne donne pas sa part au chien dans cette course par équipe, en roller, où il ne faut pas avoir froid aux yeux.

Mais de ça, je vous reparle bientôt, avec Fanny et son équipe du Derby Club le Crès Lattes Montpellier...

Surprenante Fanny aux cheveux courts, depuis presque toujours, qui encore chaque mois a envie de les couper plus courts, qui parle avec passion de son travail, de ses loisirs, de ses envies, avec la force et l'enthousiasme d'une fille de 20 ans...

 

La fille qui a du chien - Un portrait de Fanny

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Son salon: "Animachic" 24 rue Vincent Euvrard à Montpellier 04.67.27.77.77

Son club de derby: Derby Club Le Crès Lattes Montpellier ( DCCLM )

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Rédigé par Jeaneg

Publié dans #Portrait

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Publié le 5 Avril 2017

Violet book

Violet book

C'est sans doute un tempérament foncièrement positif qui aujourd'hui me fait toujours voir dans la démarche d'une jeune femme aux cheveux "rasés" une expression d'enthousiasme et de conquête. Le fait est que toutes celles que je connais, ou que je côtoie, sont toutes pleines d'assurance et de détermination, y compris celles qui se disaient auparavant timides...

Bien sûr, les choses ne sont jamais aussi simples et les raisons qui poussent une femme à se priver de ce que la société dans sa plus grande majorité considère encore comme l'atout majeur de la féminité sont très diverses.

De même, il serait idiot de considérer que toutes les femmes aux cheveux tondus sont identiques dans leur uniformité.

Photo: Ricardo Simal

Photo: Ricardo Simal

Dans le monde de la mode par exemple... Depuis les 90's et l'extraordinaire Eve Salvail avec son dragon tatoué sur le crâne, défilant pour Jean Paul Gaultier, les modèles tondues, petit à petit, se sont popularisées. A tel point qu'aujourd'hui l'idée d'une sorte de challenge magique apparait, qui consisterait à passer sous la tondeuse pour booster une carrière plutôt banale. La demande existe, c'est vrai... Mais dans la même logique des cheveux longs qui vous tiennent au chaud au sein du troupeau, les cheveux courts vous propulsent dans la lumière en donnant une image excentrique de votre personnalité. La réalité, c'est que seule la personnalité fera la différence. Même là, on ne peut pas tricher.

Et les autres? Celles qui aiment ça, celles qui en le faisant assouvissent une envie de longue date, celles qui le font parce qu'il faut affronter la vie et que plutôt qu'attendre d'y être contrainte par la maladie le font comme on revêt une armure pour partir au combat, celle qui le font petit à petit, toujours un peu plus pour se rapprocher de cette image du genre qu'ils n'ont pas sur leurs papiers, celles qui le font pour chasser de leur entourage les "kékés" hâbleurs et prétentieux pour n'avoir affaire qu'à des hommes plus matures, intelligents et large d'esprit, celles qui veulent se montrer aux autres non plus comme des "femelles" bonnes à "chasser" mais au contraire comme des femmes libres de leurs choix, tous leurs choix, celles qui ne craignent rien et sont assez sûres de leur féminité pour la dévoiler totalement...

Diverses et variées je vous dis. Tout est question de personnalité .

Violet

Violet

Modèle: @uvioletlight

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 3 Avril 2017

Madison Paige & Terra Juana

Madison Paige & Terra Juana

C'est un peu le sujet de discussion qui reste éternel et souvent sans vraie conclusion, genre: "Qui de la poule ou de l'oeuf...". Cela ré-apparait, de temps en temps dans les conversations et je me rend bien compte qu'il n'y a alors pas d'autre issue que de reprendre mon bâton de pèlerin pour expliquer les choses...

Les gens confondent tout ma pauv'dame! Et il suffit parfois de rien, pour ruiner une envie. Celui-ci achète un petit 4X4, un SUV comme on dit et à peine a-t-il fait quelques kilomètres avec, il entend une conversation de vestiaire où il est dit que c'est une voiture "pour femme". Piqué dans sa virilité, le macho mettra 3 jours à revendre cette bagnole qui mettait en doute son statut de mâle... C'est bête hein?

C'est un peu la même stupidité qui prévaut lorsque quelqu'un vous dit que les cheveux courts " ça fait lesbienne". D'abord il n'y a pas de statistiques là dessus, mais je suis persuadé qu'il y a plus de lesbiennes avec les cheveux longs qu'il n'y en a avec les cheveux courts. Deuxièmement, cela voudrait dire que les femmes aux cheveux longs, toutes parfaitement hétérosexuelles donc, cultiveraient cette apparence juste pour rester "attractives" aux yeux des hommes. Bon enfin il y aurait tout un tas de conséquences ridicules si cette affirmation était vraie.

Cependant, à force de laisser le terrain aux lesbiennes aux cheveux courts, on finit par "nourrir" le stéréotype et le rendre presque crédible. Alors qu'il suffirait de ne pas en tenir compte pour le faire disparaitre. 

Et puis franchement et surtout, rien ne me rend plus triste que d'entendre quelqu'un qui se prive d'une envie et d'un désir, de peur qu'on la soupçonne d'homosexualité, comme si c'était la dernière des malédictions... Dieu merci, je suis rassuré par celles qui ont assez de caractère pour se moquer de l'opinion des autres, s'amuser des regards noirs des passants, qui s'habillent au rayon homme et vont se faire tailler les cheveux chez le barbier. Et peu importe qu'elles soient à voile ou à vapeur... ou les deux mon capitaine.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 1 Avril 2017

L'humeur de Marie #4

Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
Le dos droit, elle déambule, morose à travers les rues sombres aux pavés humides, les yeux bas et cernés. Des gens se retournent, interloqués. Est-ce une femme ? Ses cheveux rasés laissent supposer le contraire. Est-ce un homme ? Sa démarche le dément. Son air effronté et ses sourcils froncés forment une étrange composition. Les désirs font désordre. Sous ce calme dérangeant transparait une vérité tout autre. Le regard perdu, elle semble vouloir retrouver quelque chose. Un souvenir, une image enfouie au plus profond de son être. Le vent agite les mèches de ses cheveux, mais son visage reste imperturbable.
Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
Une cigarette vissée au coin des lèvres, les mains dans les poches de son blouson en cuir brun, elle avance. Les passants errent, la dévisagent : une larme perle au coin de son œil, malgré tout. La mâchoire crispée, elle tente de la retenir, en vain : elle s'en va tomber au sol. Une faille dans son armure. Les bourrasques du vent s'intensifient, le bruit l'empêche presque de penser : elle n'entend plus Jeanne Added dans ses oreilles. '' Look at them '' ne résonne plus.
Un blouson en cuir, ça ne pleure pas.
La pluie se met à tomber, et ruisselle sur sa nuque dégagée : ses cheveux s'abaissent sur son front, résignés face à ce vieux syndrome de l'impuissance, un combat perdu d'avance.
Elle s'arrête et lève les yeux en direction de ce bâtiment étrange : rectangulaire, avec des fenêtres en forme d'alvéoles. Les marches autrefois immaculées sont maintenant grises, et les portes vitrées sont closes. Personne. Alors elle reviendra, encore. Dans un soupir, elle reprend sa route.
Le temps passait et elle, elle s'oubliait.

 

Texte et Photo: Marie C.

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Chronique de Marie

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