Un parfum familier

Publié le 17 Septembre 2014

Un parfum familier

Combien de temps, dans ce miroir, tu as perdu ton regard? Tu semblais fascinée, capturée par cette image de toi même qui envahissait ton esprit. Ta beauté n'était pas une découverte mais cette allure t'était inconnue. D'un seul coup tout paraissait plus grand, plus détaillé, plus délicat. Tes yeux bien sûr et la gracieuse courbe de leurs sourcils, ton nez, tes lèvres, mais surtout cet angle de ta mâchoire sous ta peau juvénile, ton front, si large, si haut, frangé par tes cheveux désormais si courts. En passant tes doigts écartés tu leurs donnes du mouvement, mais il n'y plus l'épaisseur d'avant et tu sens presque ton crâne sous la douceur soyeuse...

Tes oreilles ne t'ont pas déçue, elles sont ciselées comme une orfèvrerie enchassée dans juste ce qu'il faut pour leur servir d'écrin et ta nuque, si tu oses passer ta main dessus, te fait frissonner tant la chair y est nue.

Comment expliquer pourtant à quel point, à cet instant, tu te sens plus femme encore, d'une féminité absolument exaltée, naturelle et sans fard, juste parce que tes cheveux courts t'exonèrent d'artifice

Te voilà androgyne, autant que ton esprit l'était, enfin révélée, avec grâce et féminité.

Photo: Pamela Hanson

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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