Révision

Publié le 28 Mai 2012

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Elle a son corps de garçon, presque en contre-jour. Un corps gracile, souple, musclé et cette silhouette le trouble, l'excite même. Elle a coupé ses cheveux, courts, comme lui et accentue encore cette ambiguité, qui en ombre, se dessine contre la lumière du matin. Pourtant ce n'est pas le doute qui le réjouit. Imaginer un instant une passion, un amour pour un garçon... Au contraire. C'est cette certitude de la connaître, de la savoir femme. Le sentiment est étrange... Comme si auparavant il ne la voyait pas, enfin pas tout à fait. Peut être l'image d'une femme dans sa féminité convenue. La question ne se posait pas, comme une routine, cette habitude que l'on prend de ne plus voir les choses qui sont en permanence sous nos yeux. Tout à coup chaque détail le séduit, la finesse de ses doigts, la délicatesse de ses épaules, les hanches et la courbure des reins. Soudain tout cela lui semble différent... Et puis... Et puis ce cou élancé, fin et robuste, ces oreilles, ce profil, jusqu'au battement de ses cils. Il a du mal à mettre de l'ordre dans ses pensées, se dit qu'il est stupide. Il la voyait femme, a cru un instant voir un éphèbe et réalise qu'elle est la féminité toute entière.

 

Photo: Picols



Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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