Publié le 3 Octobre 2011

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Difficile d'évaluer les ravages qu'avaient causés Moïra en disparaissant de ma vie. Les premiers mois j'avais été l'ombre de moi même, en proie à des interrogations insensées pour le monde dans lequel j'évoluais. Après la tristesse, la colère, le sentiment de trahison avait prévalu, puis à nouveau la tristesse quand la raison reprenait le dessus et que je finissais par comprendre qu'elle avait été elle aussi, un jouet dans les mains de ceux qui nous dirigent. Durant un temps j'avais trompé ma solitude en abusant du travail, multipliant les missions, m'abrutissant sur les dossiers...

Parfois le blues m'emportait vers le bar de la Porte des Lilas où la patronne, compatissante, connaissait le remède qui momentanément, pouvait me soigner...

Puis un jour, sans aucun calcul, j'ai rencontré Anja à Berlin. Elle prenait le même avion pour Paris et nous avons sympathisé. Elle n'avait aucune chance de chasser de mon esprit le souvenir de Moïra. Blonde, la coupe au carré, un joli corps, proportionné mais pas une athlète, plutôt fragile. A Roissy nous avons échangé nos portables et plongé chacun de notre côté, elle vers le bureau parisien de la ZDF et moi vers "la Boîte". 

Jusqu'à un rendez vous convenu pour déjeuner, place de l'Alma, à deux pas de son bureau. Arrivé à l'heure Chez Francis, j'ai cherché du regard en entrant dans la brasserie une tête blonde. Anja me faisait signe de la main, le visage radieux éclairé d'un magnifique sourire. La surprise était totale parce qu'elle avait coupé ses cheveux, très courts, extrêmement court même et subitement son allure m'apparaissait familière. Devinant mon intérêt pour sa nouvelle coupe de cheveux, elle m'expliqua quelle révélation c'était pour elle d'avoir les cheveux aussi courts, les sensations nouvelles que cela lui procurait, surtout la nuque qu'elle ne pouvait s'empêcher de caresser... 

Autour de nous j'avais le sentiment étrange que Moïra était toute proche et nous observait...

 

 

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Moïra

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Publié le 2 Octobre 2011

Ruby.jpgJ'ai dans l'idée que ce qui semble le plus insupportable à mon contemporain de base, ce sont les transgressions qui touchent à l'image de la personne. 

En bon humain basique, élevé au grain de sa religion, il lui faut des repères sûrs, des signaux intangibles qui le maintiennent dans ses certitudes et surtout qui lui permettent de situer son rang dans une certaine échelle de valeur.

Ainsi j'en trouve qui sont outrés en voyant une femme portant un costume masculin, d'autres avec la bave aux lèvres s'ils en voient une avec un tatouage. Je m'attends à en voir un mourir instantanément à la vue d'une femme en costume d'homme, tatouée et portant les cheveux courts.

Ca pourrait être drôle en soi, mais hélas au lieu de mourir, mes contemporains, qui sont plutôt ceux de l'homme de Néanderthal ont une grande facilité pour haïr ce qu'ils ne comprennent pas et qui leur fait peur. 

C'est pas pour me vanter, mais moi justement j'aime beaucoup ça, ce qui du coup, me place super haut dans mon échelle de valeur à moi, qui bien sûr n'est pas la même que celle des autres... 

Ainsi les cheveux courts, mais vraiment courts, une coupe qu'on pourrait dire masculine, portés par une jolie femme, me chavire le coeur. Qu'elle joue de cette ambiguité en portant un costume me fascine. Et si j'arrive à découvrir qu'elle porte un tatouage, ce qui avouons le aujourd'hui est presque banal, et bien cela ne fait que confirmer le statut de cette femme qui vit pour elle avant de vivre à travers l'image d'elle que les autres lui renvoient. Et ça, ça n'a pas de prix comme disait l'autre...

 

Model: Ruby Rose

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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Publié le 1 Octobre 2011

Gabriel-Schkolnick.jpgL'onde venait de quelques mots prononcés, ou bien lus, et elle frappa l'édifice de plein fouet. Un instant on crut qu'il résisterait, puis une lézarde est apparue, qui sans attendre s'est élargie dans de dramatiques proportions. Comme un éclair, elle a déchiré ce que l'on croyait solide...

Dans un fracas silencieux tout s'est effondré. Un amour qu'ils s'étaient juré, pour la vie, depuis toujours, depuis 3 ans. Mais 3 ans quand on en a vécu 17, c'est une éternité. Elle avait des projets pour eux, elle avait parié sur lui, peut être de manière déraisonnable...

N'empêche... Il n'était pas le premier garçon a compter dans sa vie, mais elle croyait que c'était lui, pour toujours. Son coeur est tombé sur le sol dur et en milliers d'éclats s'est brisé. Elle croit perdre pied, vacille et puis s'effondre à son tour dans un torrent de larmes. Le petit coeur vaillant s'arrête de battre, un instant. A quoi bon? Tout ça pour rien? Pourquoi continuer si c'est ainsi? Sans lui je ne vis pas...Plutôt mourir...

Son corps s'est vidé de larmes et tous autour d'elle ont voulus les sécher. Que faire? Tout le monde a déjà foulé ce sentier, traversé cette plaine aride où plus rien n'a de goût et où l'on voudrait que la Mort nous délivre... Il ne faut rien faire, attendre que la raison revienne, que le ciel de pluie s'éclaircisse, pour qu'un soleil brille à nouveau...

Pleure mon petit coeur, pleure encore. L'Amour ça fait toujours mal et ta douleur est légitime. Ce soir la leçon est dure, mais demain ta liberté pourra t'emporter au loin...

You know what i mean...

 

Pour Louise

 

Photo: Gabriel Schkolnick

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Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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