Seule au monde

Publié le 18 Décembre 2018

Photo: Pauline Théon ( recadrée )

Photo: Pauline Théon ( recadrée )

C'est étrange, ce sentiment de ne pas être de cette planète, de venir d'ailleurs, d'un monde différent... Voir le regard des gens qui ne te comprennent pas. A force, on finit par se méfier de tout. Il n' ya pas de peur, non. Mais petit à petit, la certitude que de toute façon personne ne peut comprendre, alors on se désintéresse, pour se mettre à l'abri et on rumine sa colère...

Mais arrive un moment ou la pression est trop forte. Il faut laisser s'échapper l'humeur et les émotions. Et si on ne peut pas le dire aux autres, on peut leur montrer à quel point on est à la fois fort.e et fragile. Il faut être radical.e. Il faut trancher. Ça parait sacrificiel parfois, mais ça ne l'est pas. C'est plutôt une libération de raser ses cheveux. Ça peut être jouissif aussi. La rupture est totale, avec le passé, avec les idées noires, avec les normes sociales. Cette tête rasée, éphémère et salutaire, appelle l'attention pour expliquer que, oui on souffre, parfois, mais aussi que l'on est bien plus forte que ce que chacun a pu imaginer, qu'on est différent.e. Ça n'explique rien, mais ça fait du bien.

Et puis le coup, qu'on a cru de folie, n'est plus si éphémère que cela, parce qu'à lui seul il a révélé tant de choses, qu'elle y revient, lentement mais régulièrement, retrouvant son excitation à chaque passage de la tondeuse, ce sentiment que cette différence est sa force finalement, dispensant de toute explication.

 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :