La mélancolie de l'Androgyne

Publié le 22 Décembre 2018

Photo: Marie Corcelle

Photo: Marie Corcelle

Il faut étourdir l'esprit, le nourrir sans cesse de choses nouvelles, pour qu'il ne vagabonde pas, ne s'évade pas, ne finisse pas, encore, en ces terres inconnues, ce no man's land que les autres ignorent, tant ils ont de certitudes... L'Androgyne a de ces mélancolies, qui l'entrainent parfois aux marches de la folie, ce sentiment qui avant d'être une fierté est souvent une détresse, celui d'être, si loin, si haut que le vertige lui fait peur. Alors il lui arrive de se recroqueviller, de mettre en boule ce corps étrange dans on l'a affublé, pour ne voir que son intérieur et dans cette intimité se réconcilier avec lui même.

Ses cheveux courts n'en font pas un garçon et ce trait de liner qui souligne son regard n'en fait pas une fille, mais les deux sont un tour de force, abolissant le genre et détruisant les amarres... Tu n'imagines pas la force qu'il faut pour voyager ainsi, loin des routes fréquentées. Il faut savoir se perdre, refaire le chemin, revenir, repartir et ne jamais renoncer...

Ainsi, dans ces instants de mélancolie, l'Androgyne me rappelle un héros de Flaubert et ces mots nous reviennent...

"Il voyagea.

Il connut la mélancolie des paquebots, les froids réveils sous la tente, l’étourdissement des paysages et des ruines, l’amertume des sympathies interrompues.

Il revint."

 

Citation: Gustave Flaubert - L'éducation sentimentale - 1869

Photo: Marie Corcelle - Autoportrait

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Tendresses

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