Jeu de mots

Publié le 4 Mars 2017

Photo: Brashy Studio

Photo: Brashy Studio

J'ai cherché dans mon dictionnaire et mes encyclopédies, pour savoir si vraiment ce mot là était encore politiquement inacceptable...  et je n'ai rien trouvé. Pourtant il y a une réalité: les mots endossent le poids de l'Histoire et de la Culture. 

Le verbe tondre, par exemple. Un mot plutôt rond, qui met les lèvres en coeur et fait penser à la laine vierge d'un mignon mouton. Pour le mouton ça marche, mais si on associe le mot aux cheveux humains, le ciel s'obscurcie, le tonnerre gronde et des éclairs terrifiants déchirent les ténèbres. Soudain les images qui apparaissent sont celles de prisonniers en pyjama rayé et de femmes lynchées par une foule haineuse, aujourd'hui encore, plus de 70 ans après...   

Photo: Brashy Studio

Photo: Brashy Studio

Il y a de la violence dans ce mot parce qu'il inspire encore punitions et châtiments. Il est pourtant le mieux qualifié pour décrire une coupe où les cheveux seraient coupés très courts, à ras et au moyen d'une tondeuse. 

On lui préfère souvent le verbe raser, un mot plus aigu, plus guttural mais beaucoup moins chargé de honte paradoxalement et finalement impropre à qualifier une manière de couper les cheveux à moins d'évoquer une boule de billard. 

 

Modèle: Cléo Cwiek

Modèle: Cléo Cwiek

Alors peut être qu'il est temps de réhabiliter le juste mot, d'effacer l'anathème et de lui rendre sa place dans le vocabulaire? Pour cela il faut l'utiliser, simplement, joliment, pour traduire une façon de se dépouiller d'un artifice pour faire face à soi même, ou plus couramment pour évoquer la manière qu'ont certaines d'aimer avoir les cheveux ( très ) courts.

Et puisqu'on joue avec les mots, il faut rappeler aussi qu'on peut avoir les cheveux tondus sans pour autant être rasé(e)...

A méditer 

Rédigé par jeaneg

Publié dans #Humeurs

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