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Les Affranchies

nouvelles et petites histoires

Tout recommence...

19 Mai 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Il pleuvait sur Paris. J'arrivais porte d'Orléans et la circulation était au ralenti. Depuis une semaine l'idée tournait en boucle dans ma tête.

Finalement Tao m'avait révélé qu'elle connaissait la vie de Moïra, dans tous ses détails. Comme si elle lui avait légué une sorte de testament et l'avait faite témoin de sa vie pour obtenir une absolution. Bouleversée par la disparition de son amie, Tao semblait vouloir chausser les bottes de combat et le cuir désormais sans âme. J'avais écouté son plaidoyer, comprenant que les choses étaient encore trop brûlantes pour décider quoi que ce soit.

Et puis je voyais en elle comme un recommencement, un retour des années en arrière à l'instant où le destin de Moïra allait changer. Est ce que moi, à mon tour, j'allais aussi laisser cette femme plonger dans l'obscurité, dans ce monde de tricheurs où la vie humaine n'est qu'une donnée statistique... Il me semblait avoir sous les yeux cette Moïra que je n'avais pas connu, à peine sortie de l'enfance et qu'on allait dresser comme un agent, dur et implacable...

Il était encore temps de faire machine arrière, de ramener Tao vers la lumière. Hélas tout ne dépendait pas de moi ni même du Service. Tao avait une farouche volonté, peut être l'aiguillon de la vengeance. Sans trop d'effort elle pourrait peut être même être plus forte que Moïra. Elle en avait presque la silhouette déjà, avec ses cheveux qu'elle avait définitivement décidé de porter courts...

 

 

Modèle: Courtney Mc Cullough

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Dent de lion

17 Mai 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il y avait au pied de l'arbre une nymphe égarée. Ou du moins je le croyais car en y regardant mieux, la créature qui me tournait le dos avait la nuque rasée d'un garçonnet mais les épaules frêles d'une jeune fille. Sous mes pas une brindille craqua et l'androgyne tourna son regard vers moi. Il m'était impossible de définir un genre et j'ai vite chassé de mon esprit cette tentation. M'approchant encore, eile me fit face, appuyée sur un coude et son vêtement dissimulait à peine son torse... Je me suis assis adossé à l'arbre pour profiter de sa compagnie. L'androgyne a souri, plissant le regard sous sa frange de cheveux noirs et a repris sa rêverie au soleil du matin, laissant sous mes yeux cette nuque si parfaitement tondue que je sentais en moi monter l'envie d'une caresse. Eile devina sans doute mon désir car pour y mettre fin eile se releva, ébouriffa ses cheveux et disparu, comme emporté par un souffle. Avant qu'eile ne se perde j'ai pu voir sur son épaule le tatouage d'une aigrette de pissenlit dispersée par le vent... Ce qu'eile était en somme...

 

Photo: Joseph Quevedo

Modèle: Lise Aanes

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A la fontaine

12 Mai 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Je me souviens de cet instant précis. C'était à la fontaine. Nous avions marché dans la chaleur de juillet, grimpant escaliers après terrasses dans ce village de l'arrière pays, orné de jarres ocres où s'enracinaient des aloès démesurés. Un filet d'eau claire s'écoulait d'un tuyau en cuivre sortant d'une borne de pierre et remplissait un petit bassin au pied d'un mur taché de lichen. Elle a laissé glisser sa sandale et troussé sa robe pour plonger un pied dans l'eau fraîche... A l'ombre des platanes l'air était moins brûlant mais sa peau luisait un peu de transpiration. Une peau dorée à l'or fin. La tête ainsi penchée, la courbe de sa nuque absolument dégagée, conjuguée à son décolleté généreux ont subitement chassés toute sensation de fraicheur pour moi. J'aurais voulu être peintre pour sublimer à jamais cet instant et le reproduire à l'envie, tantôt aquarelle où il aurait la douceur du pastel, tantôt gouache où la pointe de mon couteau aurait sculpté toute la puissance de ce corps féminin et exprimer l'immense désir suscité par cette chair tiède, cette cuisse, ces seins, autant de fruits mûrs...

Photo: Sante d'Orazio

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La blonde du parc

2 Mai 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il ne passait jamais par là habituellement. Et puis ce matin, bizarrement il s'était dit qu'il avait le temps et que ce parcours pouvait être agréable aussi. A cette heure ils étaient peu comme lui à courir en ville. Il longeait le parc au rythme de sa foulée, souplement, sans trop avoir de sujet de réflexion, concentré sur la façon de poser son pied à chaque fois, talon, pointe en déroulant correctement la plante... 

Au bout de la perspective soulignée par la grille du parc il y avait cette femme, blonde, un peu masquée par l'ombre des grands arbres. A chaque rai de lumière que le soleil parvenait à projeter à travers le feuillage il percevait comme un éclat de lumière le reflet de ses cheveux. Ils étaient courts, comme si elle même les avait coupés, droit au dessus du maxilaire, si bien qu'ils venaient facilement glisser sur sa joue et cacher son regard. Tout en s'approchant il se disait que cette femme était belle. Elle ne paraîssait pas triste ou mélancolique. Peut être attendait-elle quelqu'un ou bien promenait-elle un chien. Il jeta un oeil aux alentours. Il arrivait à sa hauteur, elle baissa la tête, son visage disparaissant sous le voile de sa blondeur. Il aperçu sa nuque.

"Bonjour!" Elle releva la tête, souriante, pour rendre le bonjour et son visage se referma comme elle détournait la tête. Il n'y avait rien d'autre à faire que de poursuivre, au rythme de sa foulée, laissant derrière lui la blonde du parc qu'il ne reverrait sans doute jamais...

 

Modèle: Kirsty Hume

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Tao - Révélation

29 Avril 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Tao avait fini par apprendre la disparition de Moïra, sans que je sache vraiment comment. Elle était parti, plusieurs jours, à Tel Aviv pour son travail et je ne l'avais pas vu depuis son retour. Juste un texto: "ils l'ont tuée". C'était plutôt laconique et cela m'inquiétait. Que savait-elle? Est ce qu'elle me soupçonnait de lui avoir caché la vérité?

Le soir suivant elle m'attendait sur le palier, emmitouflée dans son trench coat. Sans attendre et sans un mot nous nous sommes engouffrés dans l'appartement et là, à la lumière, alors qu'elle me tendait son manteau, j'ai découvert son nouveau visage.

Elle avait les trait tirés et les yeux cernés traduisaient son état de fatigue, mais surtout elle avait coupé ses cheveux, très courts, comme l'aurait fait Moïra. J'ai approché ma main pour caresser la tempe presque blanchie tant la coupe était rase. Tao me fixait avec une intensité que je n'avais jamais vu dans son regard. Elle répéta : Ils l'ont tuée et je voyais les muscles de sa machoire se contracter tellement elle serrait les dents. J'avais besoin de réponses. J'ai ouvert une bouteille de vin, la soirée allait être longue. J'avais décidé d'affranchir la jeune Tao, mais avant même que je me lance elle lâcha: Je sais plus de choses que tu ne crois tu sais. C'est donc par là que nous allions commencer. Il me fallait me concentrer parce que cette nouvelle allure de Tao, sa determination, ses cheveux très courts, tout cela me troublait. J'avais le sentiment de retrouver Moïra, mais la Moïra que je n'avais pas connue, à peine sortie de l'adolescence, avant qu'elle ne plonge dans le monde de l'ombre...

 

modèle: Courtney P Mc Cullough

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Arrière pays

18 Mars 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

Constance Jablonski

Sous les platanes il y avait cette belle voiture décapotable, une allemande. Les garçons avaient bien tourné autour un moment. Et puis Antoine les avait ouspillés. Le vieux aimait bien que la terrasse de son café reste tranquille. Du coup il avait pris la commande et de l'extérieur il avait fait chanter son accent du Midi: " Lolie, une anisette pour la dame!" et Lolie avait fébrilement préparé sur son plateau un petit seau de glace, un cruchon d'eau en terre cuite et le verre droit où elle avait fait couler une dose du liquide doré. Elle avait tiré un peu sur son t-shirt et respiré profondemment puis, son plateau sur le bras, elle était parti à la rencontre de la dame...

Elle n'avait jamais ressenti une chose pareille. Depuis qu'elle l'avait vu arriver, Lolie ne parvenait pas à la quitter des yeux. Elle avait tellement de charme et d'élégance. Une classe naturelle... En s'approchant d'elle, elle ne voyait que sa nuque où un peu de transpiration perlait. La peau était dorée et sacrément mise en valeur par la jolie robe jaune. En déposant le verre sur la table elle cherchait à voir son regard, caché sous les lunettes de marque. La femme parut amusée. Elle humecta ses lèvres. Lolie était comme hypnotisée. Elle allait repartir avec le cruchon d'eau et la glace, la femme posa sa main sur son bras pour la retenir. Elle avait une surprenante voix grave:" Je crois que je vais prendre cela aussi". Lolie bafouilla, s'excusa et déposa le reste sur la table avant de filer à nouveau derrière son comptoir. Elle essuyait mécaniquement les verres, le regard toujours rivé sur les boucles brunes coupées juste au dessus de la nuque...

Sans se retourner, la femme a quitté la terrasse, est remontée dans sa Mercedes et a démarrer. Le coeur cognant Lolie a rejoint la table sur laquelle il y avait un billet coincé sous le verre vide. Elle restait là, les bras balants, regardant la voiture s'éloigner. Résignée, elle débarrassa la table. A l'intérieur du billet il y avait une carte, parfumée, avec un numéro de téléphone à l'encre violette... 

 

Modèle: Constance Jablonski

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Fin

12 Mars 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Je n'avais pas le courage de dire la vérité à Tao. 

La jeune femme, de passage à Paris, avait débarqué chez moi durant le week end. J'avais feint une mauvaise grippe, prétexté que je n'avais pas de nouvelles, moi non plus. Sous sa frange brune j'avais vu son regard s'obscurcir, sans doute devinait-elle mon embarras, soupçonnait-elle mon mensonge... J'avais du mal moi même à me convaincre.

Moïra était morte.

Dans cette chambre d'hôtel au fin fond de l'Ukraine où elle m'attendait, j'avais senti dès le premier instant que quelque chose clochait. Moïra était en nage et les meubles de la suite étaient comme agencés par un tsunami. A peine dans mes bras elle s'est effondrée. Je l'ai allongée sur le lit. Elle ne grimaçait pas, elle semblait sereine, mais son chemisier était gorgé de sang. Ses lèvres bougeaient mais aucune parole ne me parvenait. Elle me regardait intensément. J'ai approché mon visage du sien et dans un souffle juste ces mots: GO AWAY... I LOVE YOU.

J'ai palpé sa gorge à la recherche du pouls, rien. Elle était partie. J'ai fait le tour de la suite. Dans la salle de bain le lavabo cassé témoignait de la violence de la lutte. Coincé entre la baignoire et le mur un homme gisait, le visage en sang, la tête disloquée, sans doute les vertèbres brisées. A côté de lui une dague dont la lame mat était ensanglantée. Inutile de s'attarder. Je suis revenu dans la chambre. Dans le torse, sous le bras gauche, Moïra avait une plaie pas plus large que la lame effilée de la dague. Je n'imaginais pas comment elle avait pu se laisser surprendre par cet homme. Il fallait déguerpir et vite. J'ai caressé ses cheveux courts, ébouriffé la mèche sur son front, une dernière fois...

 

Modèle: Tao Okamoto

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До Полтаві

23 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

Yurii Yatel 2

Elle aurait pu choisir de m'emmener à Moscou, les salons d'équipements militaires et de sécurité n'y manquent pas, ou bien encore à Odessa pour la régate de printemps sur la mer Noire. Les uns sont bien trop surveillés et l'autre beaucoup trop touristique. Si bien que je me suis retouvé au coeur de l'Ukraine profonde où à Poltava, rien ne se passe. Je ne sais pas ce qu'elle y faisait. Quant à moi je n'ai eu aucun mal à me glisser parmi les occidentaux en mal d'amour, venant en Ukraine chercher leur âme soeur...

Et finalement ce contexte un peu bizarre me convenait parfaitement. J'aimais autant être loin de toute chose connue pour enfiler mon nouveau costume de traître. J'avais décidé de précipiter les choses. Il me fallait savoir jusqu'à quelle extrémité Moïra voulait me pousser. Le jeu était subtil, elle me savait amoureux d'elle et sans doute avait-elle quelques sentiments pour moi. Ses nouveaux maîtres exigeaient sûrement qu'elle profite de cet avantage pour étoffer leurs sources d'informations à Paris. De mon côté, Tao qui malgré tout m'était redevable, constituait un canal d'information direct avec Moïra. J'étais donc prêt à "balancer" quelques dossiers en échange de confidences. 

Malgré tout j'appréhendais cette rencontre la mort dans l'âme. J'aurais aimé que notre relation, même dans le monde auquel nous appartenions, se place bien au dessus des contengences nationales... 

Un taxi me déposa au Palazzo. Elle m'attendait. Brune le cheveux taillé court, la peau mat elle dégageait toujours cette allure d'aventurière qui dès le premier instant m'avait séduit. Mais j'ai tout de suite senti que quelque chose n'allait pas. 

 

Photo: Yurii Yatel

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Passage à table - un café, l'addition

14 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Ces femmes androgynes il me les fallait " garçons manqués", mêlant une fragilité physique à un caractère de guerrier. Pas toujours évident... Par ailleurs il y avait ce fétichisme des cheveux courts, ce détail qui pouvait me bouleverser à tout instant, un mot une phrase, un geste. Bref! Cette période où chacun cherche sa chacune a été compliquée et douloureuse. 

Pendant que ma mère, inconsciente du trouble qu'elle avait immiscé dans ma construction psycho-sexuelle bien des années auparavant, s'apprêtait à signer un contrat mirobolant de danseuse orientale avec un cabaret cairote pour touristes indifférents aux pyramides, je parcourais le monde. Des expériences merveilleuses au gré des ethnies rencontrées, une black façon Grace Jones, une amérindienne genre Pocahontas, une indonésienne à la coupe carrée, une allemande à la brosse blonde...

Malgré toute cette richesse, un jour vint où je tombais nez à nez avec celle avec laquelle j'allais assouvir mon plus bas instinct d'humain: me reproduire. Cependant, au lieu du mini-moi attendu, la progéniture fut féminine et je l'abandonnais sur le champs. Un acte qui me procura moins de honte que d'avouer que j'étais le frère d'un cardinal jeté dans un cul de basse fosse au Vatican pour abus de bien sociaux.

Aujourd'hui débarrassé de toutes mes inhibitions, je me penche sur ma vie passée, sentant le froid du caveau de famille me lécher les épaules et je me dis que j'ai quand même perdu pas mal de temps à tourner autour du pot, alors que, je m'en rend compte, il aurait suffit d'être juste soi même, assumant ses goûts et revendiquant ses choix pour profiter davantage de ma vie d'amoureux incurable des femmes aux cheveux courts. 

 

Modèle Ronja Furrer

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Dernière marche avant le paradis

11 Février 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Avant qu'elle ne se retourne il voulait encore admirer sa silhouette androgyne soulignée par cette nuque où le duvet blond couvrait la peau comme celle d'un fruit d'été. Cette nuque brune dessinée en accolade sous la masse des cheveux blonds où chaque détail le fascinait, la peau plus claire, le grain de beauté, le mouvement de l'implantation...

Elle a enfilé un pull, comme ça, à même la peau sans prendre la peine de l'ajuster et sa main s'est glissée dans la chevelure, cherchant à la discipliner. Sans se retourner elle lui a lancé : " Je vais me couper les cheveux!" Une phrase qui l'a saisit, presque stupéfait. Il pensait que ses cheveux étaient déjà coupés et plutôt courts. Sans répondre il tentait d'imaginer ce que pourrait être cet ange blond, les cheveux encore plus courts... Il était excité. Comme il ne répondait pas elle jeta un regard par dessus son épaule : " Tu m'entends? Je coupe tout, très court." Luttant contre sa rêverie il articula : " Mais... très court, tu veux dire tondu carrément? " Cela la fit sourire. Elle savait! Elle savait à quel point elle était en train de le bouleverser, de le rendre fou :" Non pas tondu, mais très court, partout."

Son corps rapproché se colla à son dos, le revers de sa main monta doucement sur les cheveux de la nuque, il murmura derrière son oreille : " Et là... Ce sera presque rasé?..." - " Peut être oui..." 

Il l'enveloppait de ses bras et ses mains pelotaient les petits seins. Elle avait gardé les bras le long du corps et ses mains caressaient l'entre-jambes derrière elle. De quelques mots elle avait allumé un brasier et ils parcouraient ensemble les dernières marches avant le paradis...

 

Photo: Bec Parsons

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