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Les Affranchies

nouvelles et petites histoires

Le portier du 891

23 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il aime bien son job Al. Il est portier à l'Ambassadors. On peut dire qu'il en voit. Sans bouger de son carré de trottoir, le monde défile sous ses yeux. Il y a de tout, des clients de passage, des habitués, des couples, des hommes d'affaire, quelques fois des femmes seules... mais qui ne le restent pas. La plupart sont aimables avec lui et il ne manque jamais de faire un compliment aux dames et reste toujours obséquieux avec les messieurs. Ce qu'il aime Al c'est essayer de deviner la vie des uns et des autres. Il sait déchiffrer les humeurs, il perçoit les détails. Un oeil noir, un geste agacé, il y a de l'eau dans le gaz entre monsieur et madame. Pas de chance...

Il aime ces femmes sophistiquées. Il sait bien que ce n'est pas pour lui, mais il les connait toutes. Et avec elles c'est toujours difficile de savoir au premier coup d'oeil. C'est pas comme les hommes. Les hommes se catégorisent tout seul, homme d'affaire en costume sombre, bourgeois en goguette, voyageurs de commerce, touriste en chemisette, Al ne se trompe jamais... Les femmes, c'est différent. Il faut avoir l'oeil. Il y a le chic, la classe naturelle, celles qui l'ont et les autres... Il aime ces femmes à l'assurance désarmante, celles qui n'ont pas peur de lui faire un sourire parce qu'elles se savent inaccessibles... Il aime ces femmes aux cheveux courts, toujours impeccables, aux boucles parfaites, même quand une mèche s'échappe et vient masquer le regard. Il y a toujours ce geste élégant de la tête pour chasser, un instant, ce voile importun, ou la main au poignet chargé d'or qui glisse la rebelle derrière l'oreille ornée de quelque perle... Il s'enivre des parfums qui flottent dans leur sillage, rêve en suivant du regard la courbe d'un dos, d'une nuque... et chaque jour Al est amoureux.

 

Photo: Arthur Elgort

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Tao brouille les cartes

10 Août 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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La grande différence avec Tao, c'était que même si parfois elle me montrait de l'affection, nos rapports ne seraient jamais aussi intimes que ceux qui nous liaient, Moïra et moi. C'était un crève-coeur, je dois l'avouer, mais définitivement Tao aimait les femmes. D'autant plus que je la voyais évoluer, se comporter, mener ses opérations, tout comme le faisait Moïra et les similitudes devenaient de plus en plus criantes, jusque dans sa silhouette depuis qu'elle affectait de se couper les cheveux comme le faisait son héroïne. 

Ça me faisait du bien de retrouver le "terrain". Depuis longtemps je n'avais pas trainé mes guêtres sur les bords de la Tamise. Pour ce repérage nous étions en couple et il faut dire que l'ambiance était vraiment agréable tellement Tao savait jouer ce genre de rôle avec moi, même si le soir venu, à l'hôtel, je ne pouvais me contenter d'autre chose que d'un chaste bisou avant de dormir, malgré tout dans le même lit, mais uniquement pour des raisons professionnelles. 

Le dernier jour Tao m'a entraîné du côté de Camden Town et son marché. Ce genre de balad, si elle ne représentait aucun intérêt pour la mission avait le mérite d'étoffer notre couverture de couple en goguette. Et là, dans une ruelle, comme si elle savait parfaitement où elle allait, Tao est entrée dans une boutique que les anglo saxons signalent par une sorte de cylindre à bandes tricolores tournant sur lui même et donnant une impression de vis sans fin... Un barbershop! L'endroit été tenu par un jamaïcain et les portraits de Bob Marley envahissaient les murs. Sans complexe Tao s'était déjà installée sur le fauteuil et je restais spectateur durant la coupe que le fan de reggae exécutait aux accents de "Buffalo Soldier"...

Cette vision nouvelle de Tao brouillait encore davantage mon souvenir de Moïra et la confusion de mes sentiments était totale. Comme pour me punir Tao devenait encore plus désirable et j'étais en train de tomber amoureux d'elle...

 

Modèle: Courtney McCullough

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Bad girl

29 Juillet 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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A cette heure, le décor a changé. Non pas le décor, l'atmosphère. Comme si tout s'assombrissait malgré les lumières crues de la ville. Personne ne traîne dans les rues, sauf quelques filles qui racolent ça et là, sur le boulevard. Rappelle toi, tu passais par là quelques fois toi aussi... 

N'as-tu jamais imaginé ce monde? Celui là, qui défile derrière les vitres de ta voiture confortable. L'épicier un peu fébrile qui va rester ouvert toute la nuit et ces ombres, capuchonnées, qui par moment entrent dans la lumière d'un réverbère et disparaissent à nouveau dans une ruelle borgne...

Les filles se partagent la rue et à tour de rôle allument le passant qui ralenti avant le carrefour.... Non jamais tu ne t'es posé la question. Ce monde te semble autant étrange qu'étranger et tu files, partagé entre la peur, la pitié et le mépris...

Et puis il y a cette fille blonde. Elle semble si différente. Tout le contraire des autres même. Elle descend de la cabine du camion en tirant un peu sur sa robe, allume une cigarette et jette un regard noir alentour. Avec elle pas d'artifices outrageux, pas de maquillage vulgaire. Ni poitrine généreuse, ni décolleté vertigineux. Pourtant elle vit du plaisir des hommes, comme les autres elle va traîner là une partie de la nuit, avant de rentrer, aux premières lueurs du jour, dormir un peu.

Et peut être que tu la reconnaitras, à son visage dur et à ses cheveux tondus. Peut être que tu voudras lui sourire à la sortie de la crèche ou à la caisse de la superette... Et peut etre que son monde te semblera moins loin du tien.

 

Photo: Paris Macaulay par Christopher Bush


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La métamorphose de Tao

15 Juillet 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Faut croire qu'au cours de toutes ces années je n'avais pas porté sur Tao un autre regard que celui du professionnel. Et tout à coup sa métamorphose me sautait à la figure, comme si Moïra me jetait son portrait à la face en me disant:"N'as-tu donc rien dans le coeur?"

La jeune mannequin un peu effrayée que j'avais rencontré sur mon palier avait bel et bien disparu. A tout jamais.

J'avais suivi tous les instants de l'opération en Mauritanie depuis la salle des Ops et avant même que Tao ne soit de retour à Orléans je savais que parmi les quatre cibles qu'elle avait "traitées" deux étaient mortes, une très grièvement atteinte et que la quatrième survivrait... jusqu'à la prochaine fois. Un bilan dont j'étais fier. Tao avait fait la démonstration de ses exceptionnelles qualités et c'était comme si je pouvais revendiquer cette réussite. 

Elle avait débarqué discrètement à Bricy où une voiture du CPES l'avait récupérée. Après deux jours de débriefing elle était de retour à Paris et la femme que j'avais devant moi ce soir, soudain, me transperçait le coeur, à la manière dont Moïra m'avait subjugué lors de notre première rencontre

Son corps s'était étoffé d'une musculature harmonieuse et son allure souple et féline s'était accentuée. Mais derrière l'apparence il y avait ce regard. Un regard dur. Et je suis sur qu'elle n'avait pas ce regard avant cette mission. Toute la métamorphose était là, à l'intérieur. 

Elle est venu se coller à moi, comme pour se réconforter, une dernière fois, et je l'ai enveloppée de mes bras. Presque naturellement ma main a caressé sa nuque et cette sensation m'a ému. " Ca te plait? J'ai pensé à elle tout le temps et en rentrant j'avais qu'une envie, c'était de les faire couper, comme elle..."

 

Modèle: Courtney McCullough

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Un petit caprice

12 Juillet 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Cette idée là, elle devait bien trotter dans sa tête depuis des semaines. Peut être même des mois. Mais il fallait l'exacte proportion, pas question d'approximation. Avec patience elle a donc lutté contre elle même, quelques fois même fermé les yeux devant son miroir, résister, encore... encore un peu. Et puis un matin ... Elle pouvait passer la main dans ses cheveux et trouver la masse idéale, la longueur suffisante. Pourquoi pas la veille, pourquoi ce matin? Parce que! Ces choses là voyez vous ça ne s'explique pas trop, ça se ressent. 

Comme elle n'attendait que ça, elle a bondit chez son "poto", son complice depuis des siècles, celui qui sait presqu'aussi bien qu'elle ce qu'elle veut, son coiffeur.

Petit à petit, dans le grand miroir, elle a vu prendre forme cette coupe qu'elle imaginait déjà. Beaucoup de volume dessus, un peu effilé au rasoir, la masse coiffée en arrière, ou légèrement sur le côté mais qui pouvait tomber sur le regard et balayer le visage. Et le tour d'oreille bien net, tondu presque, ou le dégradé allait de zéro à plusieurs centimètres très rapidement. Tout comme la nuque. A chaque instant elle passait la main pour suivre l'évolution. Du bout des doigts elle sentait si la coupe était idéale. Longtemps, longtemps elle a laissé faire le coiffeur, puis critique pour chaque détail, elle a tourné la tête dans tous les sens, inspecté tous les angles, montré avec ses mains, un peu plus court là, oui comme ça et là, parfait. 

Cette tête de collégien anglais c'est son style. Un peu "garçonne", un peu "boyish" mais tellement féminin quand elle maquille juste son regard et qu'elle se pare d'un bijou discret...

Sa main a du mal à quitter la nuque où les cheveux sont presque ras, mais elle sort de là triomphante, radieuse et sûre d'elle.

On a beau dire... le style c'est important

 

Model: Sarah Ellison par Liza Ellisson

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Bas fonds

7 Juillet 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Je n'avais plus rien à faire dans cette ville et tu peux me croire, je n'avais qu'une envie, celle de mettre les voiles. Dans ce quartier malfamé, au milieu des sirènes hurlantes, il n'y avait rien d'autre à espérer qu'un coup tordu ou une balle perdue... En même temps il me restait une drôle d'impression...

C'est sûr que cette nana là n'avait pas froid aux yeux. Le vieux Meyers la considérait comme sa propre fille et c'est sûrement elle qui reprendrait l'agence quand il déciderait de raccrocher. En attendant elle m'avait sacrément aidé et professionnellement je n'aurai pas espéré mieux. Restait ce sentiment étrange, cette fascination presque, pour le personnage. Ce petit bout de femme se sapait comme un mec et portait les cheveux courts, la nuque rasée et sans aucun des artifices qui pouvaient attirer ou séduire elle était parvenue à me chiffonner le coeur. Faut pas me demander pourquoi... Même avec sa veste d'homme cabossée par le 45 qu'elle trimballait sous son aisselle j'avais du mal à me concentrer quand je la voyais filer devant moi. Pas de doute qu'elle s'en était vite rendue compte, mais il fallait faire le job avant tout.

Ce n'est qu'au moment de partir... Le taxi attendait déjà devant l'hôtel. Dans le hall elle s'est collée à moi et ses lèvres m'ont parut d'un goût étrange et merveilleux. Je l'ai enlacée, ma main s'est égarée sur sa nuque tondue et la sensation m'a bouleversé...

Le taxi à commencé à râler, elle m'a repoussé... Sur le trottoir elle a ébouriffé sa frange, fait un signe de la main et puis elle a filé en allumant une cigarette.

Alors oui, tu peux me croire, j'avais une drôle d'impression en mettant les voiles de cette foutue ville où je n'avais plus rien à faire... 

 

Photo: Peter Lindbergh  

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Retour au bercail

28 Juin 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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A cette altitude le froid vous pinçait comme en plein hiver. En chien de fusil sur la banquette de toile, Tao essayait de dormir un peu. Toujours un peu, dès qu'on peut... Le mécano de soute avait sorti pour elle une couverture et l'avait bordée comme un bébé... Le C130 des Opérations Spéciales rentrait plein pot vers Bricy, chargé de palettes et de véhicules. Tao était la seule passagère.

La veille, elle avait débarqué d'un thonier dans le port de Nouadhibou et rejoint Nouakchott par la Nationale 2 pompeusement appelée l'Autoroute. A l'entrée de la ville, un contact l'avait conduit directement au musée désaffecté. Le matériel était là, appareils de vision, jour et nuit, arme de poing, au cas ou et un PGM Ultima Ratio tout neuf avec un canon silencieux intégral. Le poste de tir installé au milieu de la pièce, personne ne pouvait soupçonner quoique ce soit de l'extérieur et à travers les lattes de bois qui obstruaient l'ouverture, Tao avait une vue plongeante sur l'école de garçons, à 200 m. 

Dans l'étouffante chaleur il avait fallut patiemment attendre le soir. Tao luttait pour ne pas laisser ses pensées divaguer vers Moïra. Cette fois elle y était, corps et âme, dans la peau de son héroïne... De temps en temps elle jetait un oeil dans l'optique de son fusil, prenant soin auparavant d'évacuer la sueur retenue par ses sourcils. Le soir venu un convoi de 4X4 Toyota est arrivé. Trois hommes sont entrés dans l'école et les véhicules se sont éparpillés dans le quartier, disposant des hommes armés dans tout le périmètre. Sur la terrasse du bâtiment principal une réunion s'est organisée, protégée des vues aériennes par une tonnelle tendue de toile beige.

L'hôte de la réunion, en boubou blanc et les trois hommes arrivés par la route, étaient installées sur des banquettes autour d'une table basse où le chaï infusait. L'obscurité tombait. Tao jeta un oeil sur sa G-Shock. Maintenant. La respiration mesurée et régulière elle fit une dernière correction, avec le soir le vent était tombé...

Elle tira lentement, un coup chaque seconde. Les deux premières cibles furent hors de combat avant que les deux autres ne comprennent et lorsqu'elles réagirent, les balles qui allaient les tuer étaient déjà sur leur trajectoire. Le quartier restait calme, les gardes n'avaient rien entendu. Tao remballa le matériel qu'elle laisserait dans un recoin. De son sac elle extirpa un boubou bleu, dissimula son visage avec un chèche et sorti. Au coin de l'avenue Nasser un taxi vert et jaune attendait, elle montat à bord et sans qu'un mot soit échangé le taxi démarra en direction de l'aéroport. Arrivé le long du grillage à hauteur du bout de piste, la rue était déserte. Tao glissa hors de la voiture, accroupie remonta la clôture sur une dizaine de mètres avant de trouver le passage. Elle fila jusqu'au bord de la piste, dans l'obscurité. Déjà les turbopropulseurs du Hercules hurlaient sur le tarmac modulant leur grondement au rythme du déplacement de l'appareil qui roulait vers elle. Arrivé en bout de piste, à quelques mètres d'elle, la rampe s'ouvrit et resta positionnée à l'horizontale. Elle bondit de son fossé et, à l'abri des vues de la tour, grimpa dans la soute...

 

Modèle: Courtney McCullough

 

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Errance

23 Juin 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Dans ma tête il n'y avait que le bruit de mes pas sur l'asphalte mouillé. De toute façon personne ne m'attendait et j'avais un cafard de trois tonnes sur les épaules. Les poings au fond de mon jean, je déambulais dans les rues qui commençaient à se repeupler après l'averse. Au coin du boulevard je suis entré, j'en avais marre de la foule. En pleine lumière je ne devais pas avoir la mine des grands jours, mais qui s'en souciait? Je me suis mis au coin du bar. Derrière, personne. Un gars au fond de la salle secouait le flipper. Et puis là, au comptoir, il y avait cette fille aux cheveux courts. Elle a jeté un oeil vers moi, puis derrière le bar. Elle a fait le tour et s'est avancée. Sans dire un mot elle m'a interrogé du regard en levant le menton. "Bière!" Elle a sorti deux bouteilles du frigo. Elle avait un joli corps, mais j'étais fasciné par la blondeur de ses cheveux qui s'envolaient en une vague souple sur le sommet de sa tête. Cela contrastait avec le châtain du reste qui était presque tondu. Elle a décapsulé les deux bières et s'est approchée. Elle ne souriait pas mais son visage était beau aussi dans cette neutralité. Elle a cogné ma bière avec le culot de la sienne et dit: " Ça va pas fort on dirait c'soir?" J'ai pas répondu, je regardais ses cheveux, ses yeux, sa peau. C'était pas le genre midinette, prête à sauter sur les genoux du premier badaud. Elle avait un peu des manières de garçon et j'avais le sentiment de boire mon coup avec un pote. Mais elle a tendu le bras et sa main, douce, a caressé ma joue. J'ai souri et son visage c'est éclairé aussi. Elle avait un parfum violent, Opium, ou quelque chose comme ça... J'ai retenu sa main sur ma joue...

Les bières finit, elle m'a entraîné vers l'escalier. J'ai voulu payer, elle m'a dit:" Laisse tomber, c'est un con"... Alors j'ai laissé faire ma vie qui m'emmenait ailleurs... 

 

Photo: Marilina Martin

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L'heure des lions

15 Juin 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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"... Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;

 Une immense bonté tombait du firmament ;

C'était l'heure tranquille où les lions vont boire."


La chaleur de la journée, cette chaleur brûlante qui donne semaine après semaine une couleur dorée à la savane, commençait à peine à s'évanouir. Depuis le promontoire où la maison était bâtie,  la vue était sans limites et le regard pouvait se perdre aux confins,  jusqu'aux rives du grand lac. En s'approchant de la balustrade elle a glissé ses doigts autour de son oreille pour replacer une mèche de cheveux. Sa main s'est attardée sur sa nuque encore humide et fraîche après la douche. Tout à l'heure c'est Tommy le jeune boy qui lui a coupé les cheveux. C'est nouveau pour elle et sous l'eau tiède elle souriait, se prenant pour Deborah Kerr profitant avec délice de ses cheveux courts dans "Les mines du Roi Salomon". Stewart Granger allait sûrement venir boire un scotch tout à l'heure sur la terrasse.

Et puis devant ce paysage grandiose elle s'est prise à rêver. Le feulement des grands fauves au loin, les odeurs portées par l'air chaud, le soleil bas enflammant les couleurs... Sans doute Denys Hatton allait-il passer en rase-motte aux commandes de son Gipsy Moth jaune et noir, ou bien Victor Marswell et Linda Nordley allait-ils arriver, harassés et poussiéreux... Ou peut être serait-ce Sean Mercer et la ravissante "Dallas"... Avoir rêvé en regardant ces vieux films et se retrouver à présent l'héroïne dans cette ferme africaine. La vie des fois vous joue de ces tours.


 

Modèle: Christy Turlington

Photo: Hans Feurer

Citation: V.Hugo - Booz endormi - La Légende des Siècles

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Début de partie

13 Juin 2012 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Il a fallu des mois et même des années. Pourtant les choses sont allées assez vite et la petite Tao, que j'avais trouvée un soir, perdue sur mon palier me semble bien loin aujourd'hui. Patiemment elle a appris les techniques et les savoir-faire, encaissé les coups, bridé son impatience, maîtrisé son désir de vengeance.

Convaincre le Directeur des Opérations n'avait pas été une sinécure mais finalement tout le monde avait perçu l'intérêt que pouvait représenter une recrue qui avait été nourrie au sein de Moïra. Tao nous avait montré de remarquables qualités en tir et elle avait pu, au cours de petites missions à l'étranger, faire preuve de sang froid. 

Évidemment il n'était pas question de se lancer dans une vendetta. Je comptais juste sur le souvenir de Moïra pour animer les qualités de Tao et faire d'elle une sorte de clone, plus jeune, plus malléable, mais aussi plus dangereuse et plus efficace si c'était possible.  Cette fois les dés étaient jetés. Elle partait demain pour Nouakchott, torpiller une réunion de leaders d'AQMI et j'espérai que son tableau de chasse serait à la hauteur de nos espérances...

 

Modèle: Tao Okamoto

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