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Les Affranchies

nouvelles et petites histoires

Dans la chaleur du Sud

1 Septembre 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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"When I first met you, baby
Baby, you were just sweet sixteen
First met you, baby
Baby, you were just sweet sixteen
You just left your home then, baby
The sweetest thing I'd ever seen..."
 

 Il y avait ce vieux blues qui résonnait dans sa tête... Cela le rassurait un peu, il se disait que l'histoire n'était pas nouvelle et que sans doute des tas de gars avant lui avaient eu aussi ce désir pour une jolie fille à peine sortie de l'enfance...

Mais comment résister, elle sourit à tout le monde et tout le monde dans le quartier l'aime bien, à part les vieilles bigotes qui sûrement devaient la trouver bien dévergondée. Peut être que sa fraîcheur et son naturel les dérangeaient... et que sa jeunesse leur faisait affront.

Sous son casque de blondeur il y avait côté face des yeux comme deux turquoises, qui souriaient toujours, un nez mutin et des lèvres pleines comme un fruit gorgé de sucre. Côté pile les cheveux étaient ras terminant sa nuque fine comme un tapis de velours juste sous les mèches plus longues de sa coupe au bol qui lui donnait une allure d'adolescent quand elle jouait au foot avec les garçons...

Après la grosse chaleur elle quittait la maison en laissant claquer la moustiquaire sur l'encadrement de la porte restée ouverte, sa mère devait lui dire de ne pas rentrer tard, elle répondait de loin et filait à pied ou en vélo, les épaules nues et les cheveux encore mouillés... Il devait lutter pour ne pas laisser son esprit s'égarer... mais la raison prenait vite le dessus. 

Au carrefour, quand elle passait devant lui, il lançait juste un sifflement de la sirène qui faisait flasher la barre des girophares, comme les marins sifflent les jolies filles dans les ports. Elle souriait et s'approchait

Où vas-tu Lola?

Jusqu'au Mall retrouver les copines

Sois prudente Lola, méfie toi des loups

Ahaha! Je ne vais pas voir ma mère grand dans la forêt...

Les loups sont partout Lola... partout.

 

 

 

Photo: Flickr

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Ivresse

17 Août 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il y avait aussi cette femme, un peu à l'écart... Elle était appuyée à une voiture de sport, oui je sais, par ici c'est plutôt courant... je parle des voitures de sport. Non parce que la femme, elle... comment dire... elle avait quelque chose. Je ne sais pas comment dire... une sorte de classe naturelle, vous voyez? 

Elle semblait attendre quelqu'un alors je me suis dit que ce type devait être un sacré veinard... Elle portait une sorte de veste blanche, mais vraiment blanche et ça faisait terriblement ressortir son bronzage, même sous les lampadaires.

Ah oui... ben comment dire, elle était grande, assez mince, le teint mat comme je vous ai dit, brune les cheveux très courts, oui très courts... J'adorais la façon dont elle tenait sa cigarette, vous savez, comme font les personnes raffinées, juste au bout des doigts, l'index et le majeur et les autres doigts sont repliés comme s'ils tenaient quelque chose... Elle ne paraissait pas ennuyée ou énervée, non, elle regardait autour d'elle mais sans vraiment voir les gens...

Si elle avait l'air de connaitre les gars? Ben je ne crois pas non, sincèrement. D'ailleurs quand ils sont sortis de la bijouterie, ça a fait du barouf pourtant, ben elle a pas bronché. Elle a juste laissé tomber sa cigarette et elle l'a écrasée avec son escarpin... puis elle a passé la main dans ses cheveux, comme ça, comme pour se recoiffer, mais elle était pas décoiffée vu qu'elle avait les cheveux tellement courts... et avec sa veste blanche la lumière de la rue faisait comme une auréole autour d'elle...

Elle a regardé les gars partir et le bijoutier leur courir après, mais son visage ne bronchait pas, de beaux yeux, des lèvres pulpeuses vous savez, comme les filles de magazine... et puis la peau sur son cou doré... on aurait dit du satin et...

 

Ah les braqueurs? Non désolé, j'ai pas bien vu.

 

Photo: Tiziano Magni

 

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Privée

17 Juin 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Au bout d'un moment elle a eu mal à la main droite. Inconsciemment, le poing serré, les jointures blanchies, sa main s'était tétanisée et le sang avait du mal à circuler. Elle a secoué le bras comme pour jeter un objet imaginaire au sol et l'a laissé pendre le long de son corps. Elle a frotté ses cheveux blonds, tondus le matin même. Le contact était surprenant, elle ne s'en lassait pas. Un instant elle a tenté de les prendre en refermant ses doigts mais ne parvint pas à les saisir. Elle a passé une dernière fois sa main en arrière, très lentement puis s'est levé d'un bond, fourrant ses poings dans les poches du blouson de cuir.

 

Elle n'avait pas peur, certainement pas. Une sorte d'apréhension plutôt, comme un trac. L'heure approchait. Elle a jeté un coup d'oeil à travers l'espace fait dans l'angle d'un carreau cassé. Le champs était réduit mais suffisant pour observer l'entrée de l'immeuble d'en face. 

 

Une histoire sordide, comme souvent. Des enfants maltraités. Au bout du compte elle avait décidé de les récupérer au moins pour le mettre en sûreté et on verrait bien après, pour le côté "légal", ce qu'il faudrait faire. Quelque chose bougea. Elle resta attentive, le regard fixé à travers son bout de carreau. C'était lui qui venait de sortir. Depuis une semaine elle connaissait ses habitudes. Elle avait 30 minutes avant qu'il revienne, sauf imprévu. Elle colla son téléphone sur l'oreille... "Maintenant" dit-elle. Calmement elle quitta sa planque. En traversant la rue elle aperçu la voiture qui venait lentement se mettre en position. Elle respirait plus fort à la fois pour contrôler son stress et pour oxygèner ses muscles le plus possible avant l'action.

 

Vingt minutes plus tard, sans se précipiter, sans affoler les enfants, elle les fit monter dans la voiture. Son regard balayait tous les angles, le bout de la rue, les fenêtres de l'immeuble... Elle installa une couverture sur eux, monta à la place du passager et la voiture démarra. Trois rues plus loin seulement elle parvint à se relacher. Le coude à la portière elle caressait doucement sa nuque, réfléchissant au coup d'après. Les emmerdes commençaient maintenant... Tout ça pour le prix habituel.

 

Plus les frais...

 

Photo: Boo George

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Littoral

8 Mai 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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A parcourir la grève elle fait remonter en elle des jours heureux pleins de soleil. Petite, avec son frère, elle fouillait le sable encore humide, tantôt cherchant un galet fabuleux aux formes parfaites, tantôt édifiant une forteresse éphémère. Ni l'un ni l'autre ne survivait au lendemain et chaque jour était une quête nouvelle.

La plage l'a vue grandir et si elle avait pu fixer chaque été une image nouvelle, elle déroulerait aujourd'hui un album émouvant où l'on verrait la petite fille brune, espiègle et insouciante, devenir adolescente inquiète et tourmentée puis jeune femme aujourd'hui, loin de l'été, glissant ses pieds nus dans le sable froid pour nourrir sa nostalgie.

Le vent ne cesse jamais ici. Il emporte ses courtes mèches qui volent devant son visage et caresse sa nuque rasée que le col relevé ne parvient pas à protéger. Le vent sur son cou et le sable entre ses orteils valent bien mieux qu'une course sans fin vers un bonheur d'illusions, galet aux rondeurs idéales et château éphémère...

Là bas au bout de la bande de sable une voiture blanche fait des appels de phare, ça lui rappelle un vieux film...

 

Photo: Justin Hollar

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Tao se livre

20 Avril 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires, #Tao

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Dans ce métier tout le monde vieillit plus vite... Et Tao, malgré son air d'adolescente, avait en quelques années du faire le deuil de bien des illusions que l'on peut nourrir à son âge. Elle était parvenu à court-circuiter les connexions qui auraient du lui faire considérer son activité principale comme une erreur. Tuer n'avait rien de criminel pour elle. C'était une activité technique dont elle maîtrisait aujourd'hui parfaitement les savoir-faire.

Pourtant son coeur n'en était pas devenu pour autant un granit froid et dur. Elle devait son parcours à l'amour qu'elle avait connu auprès de Moïra et sans doute avait elle eu le sentiment que suivre ses traces pouvait rapprocher leurs deux âmes. 

Lancée dans une quête de vengeance, sans possible rédemption, son amour s'était consummé dans la violence et ses seules escales dans ce monde sans humanité, restaient auprès de moi, comme une passerelle.

Je savais deviner ces soirs là, lorsqu'elle apparaissait sur mon palier, la mine sombre, les mâchoires serrées...

Souvent appaisée, après avoir passé la nuit avec moi, elle disparaissait, sans laisser son coeur s'ouvrir davantage. Pas ce matin là...

Son corps tiède lové contre le mien, la tête posée sur ma poitrine, je caressais doucement ses cheveux courts, imaginant à son souffle régulier qu'elle dormait enfin.

" Continue, j'aime ça lorsque tu passes ta main sur mes cheveux. Tu faisais ça aussi avec elle? Moi aussi, j'adorai ça, lorsqu'elle venait juste de les faire couper c'était délicieux ce petit picotement sur le bas de sa nuque... Et puis maintenant c'est moi... Tu vois, des fois j'ai peur que plus personne ne m'aime... Est ce que tu m'aimes? "

 

 

 

Photo: Thomas White

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L'orée parfumée

19 Avril 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Si la cigarette le dérangeait? Non... non, bien sûr que non!

Une réponse un peu automatique, vaguement balbutiée, presque gênée... La cigarette lui importait peu, mais la question l'avait surpris, en flagrant délit. Il ne fumait pas, pourtant l'odeur de ce tabac blond l'emportait dans des atmosphères douces et sensuelles. Penchée sur son briquet elle laissait voir cette nuque délicate à l'orée d'une chevelure aux boucles parfumées. Elle releva la tête, secoua doucement les mèches qui voilaient son visage et glissa une main sur sa nuque, empoignant les cheveux courts puis les aérant de ses doigts écartés...

Il voulait dire un compliment et se sentait soudain empétré dans ses pensées. Un mot gentil, sans arrière pensée... Vous avez une jolie nuque... cette coupe de cheveux vous va bien...

Elle lui tournait presque le dos et déjà elle replongeait dans sa lecture, la tête un peu penchée, laissant sa cigarette se consummer entre ses doigts délicats. Immanquablement le regard qu'il portait sur le cou d'albâtre, la gorge que le contre jour laissait voir douce comme la peau d'un fruit, l'implantation de ses cheveux si joliment découpée, soutenant cette masse souple et brillante.... elle ne tarderait pas à sentir le poid de ce regard sur elle.

"Vous avez une très jolie nuque...

- Merci... ça fait du bien un compliment" Elle n'avait pas fermé son livre, juste posé la main sur sa page, tournée son regard vers l'homme qui venait de lui parler et ses yeux lui souriaient...

 

Photo: Margot Pandone

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Une lettre

29 Mars 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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C'est toujours avec beaucoup de circonspection que j'inspecte ma boîte aux lettres tellement je sais qu'elle peut me livrer de choses plus ou moins agréables et que cela risque d'influencer mon humeur pour la journée entière. Mais lorsque je trouve à l'intérieur autre chose qu'une enveloppe à fenêtre avec l'adresse imprimée, en général je suis plutôt ravi puisque cela annonce quelques nouvelles amicales. Et ça fait toujours plaisir.

Je traite donc ce courrier avec la plus grande bienveillance, le considérant comme un "petit plaisir", lui ménageant du temps et de l'attention. Lorsque le moment propice arrive, je décachette soigneusement et je lis. Mais là, reconnaissant l'écriture d'une amie, je ne parvenais pas à décrypter le ton juste et me demandais au fil de ma lecture, si j'avais à faire à une déclaration d'amour ou à une lettre de rupture. Voici, en substance, ce qu'elle disait:

 

"Toi! Ooooh toi....!

Lorsque je t'ai connu, je ne savais pas à quel point tu pourrais avoir de l'influence sur moi. Je me croyais forte et déterminée, capable d'assumer tous mes choix et de mener ma barque exactement là où je le souhaitais. Et cela dans tous les domaines. Mais si en général j'y parviens parfaitement, il y a une chose contre laquelle je suis incapable de lutter aujourd'hui et c'est totalement de ta faute. Je me demande même si je ne vais pas en arriver à te haïr... Salaud! Pervers! Gourou!

Bon, j'admets que j'y ai mis de la bonne volonté et j'assume ma responsabilité. Mais tu m'as quand même bien embarquée avec ton baratin et ta foutue sensualité de "lesbien"...

J'ai toujours été d'accord avec l'idée, comme toi, que les cheveux courts ont toujours quelque chose de dynamique qui démontre un caractère volontaire et audacieux. Ca me collait bien, même si lorsque je t'ai connu, je cherchais encore à me "camoufler" derrière l'apparence d'une femme bon chic avec mes cheveux sur les épaules. J'avoue, l'envie était là et tu n'as pas eu beaucoup à batailler pour me convaincre d'être moi même, y compris dans ma coupe de cheveux. 

Mais mon salaud, ce que tu ne m'avais pas dit c'est que ce pas franchi, je ne pourrais plus faire marche arrière. J'ai bien tenté pourtant, j'ai essayé de revenir à un carré de bon aloi, ou de retrouver mes cheveux longs, juste pour voir... Impossible! Au bout de quelques mois, je ne me supporte plus, je tourne en rond, je suis en manque, je me déteste et retourner chez mon coiffeur est ma seule thérapie. Je te hais!

Pire encore c'est qu'après avoir renoncé définitivement à les laisser pousser, j'en suis à les faire couper chaque fois un peu plus courts. Je ne sais pas où je vais m'arrêter...   "

 

Heureusement la lettre se terminait sur un ton qui m'a semblé plus amical et la lecture terminée, j'avais un léger sourire qui déformait mon visage habituellement si harmonieux. Pourtant, le post-scriptum me laissait un sentiment partagé, entre amusement et inquiétude...

 

"PS: je me demande ce que Robert pourrait penser de tout cela... Tu sais Robert? Le type qui travaille à la Miviludes. Non je plaisante... ou pas.


 Photo: BellieHops

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Belle et le clochard

15 Mars 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il n'y peut rien. Pourtant elle doit à peine avoir l'âge de son rejeton, mais quand il la voit ainsi, il est impressionné.

 

La toute première fois, il s'en rappelle, elle avait des cheveux longs et il avait mis longtemps avant d'apercevoir son visage, à travers les mèches qui dégoulinaient sous la pluie. Elle restait là, sous l'averse, sans parler et il ne savait pas si c'était le ciel ou des larmes qui coulaient sur ses joues. Ils ont partagé une cigarette et elle s'est laissé aller sur son épaule, à bout de forces. Dans ses sanglots elle lui racontait qu'elle n'avait plus personne, qu'elle allait se foutre en l'air... Il n'était pas très fort pour remonter le moral en chute libre, lui même parfois se demandait ce qu'il faisait encore là, pourtant il avait trouvé des mots. Surpris, il lui avait parlé d'un monde à découvrir, d'aventures à vivre, de combats à mener... et puis du soleil qui forcément revient quand la pluie a cessé.

 

Après la pluie, après la nuit, la belle est partie et le vieux l'a oublié.

 

Il ne l'a pas reconnue tout à l'heure. Les cheveux coupés très courts, la veste en cuir.... Ils ont partagé une cigarette. Elle n'avait rien oublié... Sur le banc, la nuit durant, ils ont parlé de la vie, de l'amour, de la mort... et puis de la vie. Elle lui semblait si forte, tellement plus forte que lui. Et sa résurrection lui faisait tant de bien...

 

Photo: Arnold Veber

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Retour à Amsterdam

16 Février 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Il y avait entre Tao d'aujourd'hui et Moïra d'hier une ressemblance d'autant plus stupéfiante qu'elle n'était sûrement pas voulue. En la retrouvant à l'aéroport de Schiphol j'avais soudain l'impression d'un bon en arrière qui me ramènerait dans les rues de Bruxelles, chez les diamantaires, lorsque Moïra était revenu travailler pour les israéliens. J'aurais dû me douter à cette époque de la terrible collusion avec son employeur, mais je crois que j'étais trop amoureux d'elle pour ça. Elle revenait de plusieurs semaines d'entraînement dans le Neguev et elle était rentrée avec le teint hâlé et les cheveux tondus. Mais le souvenir le plus marquant restait pour moi notre étreinte au marché du diamant brut...

Et voilà que Tao rentrait elle aussi du Moyen Orient, resplendissante, bronzée et la tête tondue comme une recrue.

Elle perçu tout de suite mon trouble. L'accueil fût chaleureux, elle m'embrassa et me chuchota à l'oreille : " Tu aimes? Oui tu aimes, je le sais... " Bien sûr je ne pu m'empêcher de passer ma main sur la courte toison qui formait une douce brosse sur le sommet de sa tête, et cela la fit sourire...

Une fois en ville, je lui racontais cette période de la vie de Moïra. Tao m'écoutait comme si je lui révèlais l'histoire de sa propre famille. Je savais qu'elle rentrait de Beyrouth, où cette fois personne n'avait entravé sa mission... Elle cherchait elle aussi dans sa mémoire à quel moment elle aurait pu percer le secret qui lui aurait fait comprendre que Moïra, un jour ou l'autre trahirait...Mais elle était trop amoureuse pour ça... Peut être tout comme moi.

 

 

Photo: Courtney McCullough par Sophie Melis

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La fille dans le miroir

4 Février 2013 , Rédigé par jeaneg Publié dans #Nouvelles et petites histoires

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Soudain la porte s'est ouverte et une jeune femme est entré dans l'ascenseur. Elle a marché tout droit jusqu'au miroir et s'est plantée là. Comme elle n'avait appuyé sur aucun bouton, la porte s'est refermée et l'engin a reprit son ascension. La fille toujours concentrée sur son reflet a tourné légèrement la tête comme si elle cherchait à voir derrière elle. Elle a passé une main sur sa nuque, laissant les doigts remonter doucement à travers les cheveux courts et son geste avait une sensualité étrange parce que les cheveux étaient si courts que sa caresse semblait faite sur le pelage d'un chat. Un sourire carnassier apparut sur son visage... 

Elle remonta le col de son cuir puis ébouriffa la frange droite au dessus de son regard. Dans un sursaut la cabine s'immobilisa et la porte glissa sur le côté. La jeune femme fit volte face et quitta l'ascenseur. Mais juste avant, à travers le miroir, il lui sembla qu'elle avait fait un clin d'oeil...

 

Photo: M de Bohème en Voyage

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